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  1. papillonrouge24

    Snk 128

    [ Pavé incoming, encore, les femmes ne savent pas faire court] Doraay, je trouve que tu me fais un procès d'intention. Je ne peux raisonnablement pas vouloir imposer mon point de vue aux dizaines et dizaines de personnes que je lis sur les quatre forums que je consulte. Je pense surtout à titanfolk très fréquenté. Au pire, je réponds parfois à propos d'Armin quand je suis motivée. Le fait est que j'observe et lis les les interprétations qui y sont proposées et que... ben si elles sont farfelues, fausses, fantaisistes et exagérément orientées, je ne peux pas m'empêcher de le remarquer. Comme je ne peux pas m'empêcher de remarquer que le soleil chauffe. Je fais un peu comme un éthologue (et qu'on ne croie pas là que je veux dire que les lecteurs sont des troupeaux de bêtes) qui observe le comportement et les réactions des animaux qu'il étudie pour tenter de comprendre comment ils fonctionnent. Je constate, c'est tout. Alors, non, je ne veux pas uniquement parler de la forme, mais bien du fond qui est parfois bien à côté de la plaque. Un exemple tout bête concernant encore Armin: il n' y a pas longtemps, dans un sujet de titanfolk, il était question de son rapport avec Annie et un message disait que depuis qu'elle était sortie de son cristal, Armin semblait mal à l'aise à ses côtés et qu'il la regardait en douce régulièrement.... et là, je (et d'autres aussi) se sont demandé d'où sortait cette affirmation manifestement fausse. Une parmi d'autres, sur d'autres sujets (mais je ne les ai plus toutes en tête). Celle-ci était dans la catégorie "romance" où ça délire particulièrement. Ou bien encore des discussions puériles autour du chapitre 112 pour savoir qui, d'Eren, d'Armin ou de Mikasa a dit "cécuikidikié" (un esclave) en premier, afin d'accuser les personnages d'en face d'être des gamins. Tout ceci avec force distorsion des événements, mauvaise foi et "cherry picking" comme on dit dans certains milieux. Bien dommage quand on pense que la portée de cet échange doit aller bien au-delà de ces enfantillages. Sans parler de la mode qui fut en vigueur un certain temps de rendre Mikasa et Armin, ces mauvais amis incapables de s'intéresser à la tristesse d'Eren, responsables de son choix, Eren faisant alors figure de victime incomprise et absolue. Encore un moyen d'éclairer les événements sous un jour qui arrange les partisans exclusifs d'Eren. Je ne vais pas tout citer, je n'ai pas fait de liste de ces tendances et de ces tactiques (j'aurais dû, ça aurait été intéressant), mais j'ai croisé pléthore de lectures douteuses depuis les deux ans que je m'intéresse à ce que disent les lecteurs. Bref, c'est tout ce qui me fait dire que ces gens passent à côté du manga, ou du moins d'une grosse partie. Evidemment, je parlais d'un constat général et d'analyses que tu n'as sûrement pas pu faire parce que tu n'as pas lu autant que moi de réactions (et d'ailleurs étant donnée ton orientation spontanée tu aurais été plus réticent à en trouver certaines à côté de la plaque). Alors, je crois que tu ne peux pas trop juger de mes motivations profondes quand j'exprime ce que j'ai noté du comportement de la fanbase que j'ai pu observer. De ce fait, ce n'est pas que certaines réactions ne me conviennent pas, c'est qu'elles ne conviennent pas tout court. On me rétorquera que chacun lit comme il veut, certes. Mais si tu viens me dire que la pluie est sèche, tu auras beau me dire que tu lis la réalité comme tu veux, je ne pourrais m'empêcher de penser que tu as un souci psychologique ou un souci de vocabulaire. Ce que je trouve intéressant dans la lecture des réactions (intéressant mais pas forcément rassurant sur le comportement humain), c'est la mise au jour des mécanismes de défense qu'on est prêt à mettre en branle pour avoir raison. Dans les cas où il s'agit, dans une discussion sur internet, de sujets sociétaux, sentimentaux, bref de sujets où chacun a son propre vécu, il est toujours un peu difficile de juger les biais des intervenants, parce qu'on ne sait pas vraiment d'où ils partent, et l'intensité de l 'orientation idéologique ou sentimentale (qui peut se muer en mauvaise foi plus ou moins consciente) qui accompagne leurs récits des expériences qu'ils font. Avec ces réactions au manga, et c'est ça qui attire mon attention, je trouve plus évidentes et visibles ces tendances à la déformation. Puisqu'on a un manga, le même pour tout le monde. On sait que toute oeuvre de fiction se prêtent à des interprétations multiples, et qu'elle est inévitablement créée par son lecteur au final, le récepteur qui lui donne vie dans sa tête. Certes. Dans le cas de notre manga,les traductions, parfois fautives et imprécises car trop rapides, faussent davantage encore le message linguistique. Sans compter le phénomène naturel qui consiste à bâtir du sens sur ce qu'on a déjà compris, et qui peut faire qu'on s'enlise dans une interprétation biaisée quand on continue sur une lancée biaisée. Cependant, il faut savoir raison garder. Il y a de la latitude dans l'interprétation ,mais si on franchit les Colonnes d'Hercules, on tombe dans le vide de l'absurde. Et j'en vois qui franchissent,voyageurs intrépides mais inconscients, ces Colonnes. Si le lecteur est incompétent et/ou de mauvaise volonté, alors sa lecture ne doit pas être prise aussi au sérieux que celle de quelqu'un de plus pondéré. Et c'est là que je suis un peu frustrée: j'ai tout bêtement l'impression que des perles ont été jetées aux cochons. Des avis différents, oui, dans la mesure du raisonnable. Quand il y a délire, il y a délire. Ici, c'est pas grave, c'est un manga (et encore je crois que certains seraient capables d'en venir aux mains), mais il n' y aucune raison de penser que ce genre de réflexes est absent de toute affaire plus sérieuse concernant des points de la vie réelle. Et encore, je dis ça, mais il me semble que dans le cas d'SNK l’interprétation, je veux dire l’interprétation honnête et véritable (car il y en a une, qui épouse l'idée d'Isayama et ses intentions d'auteur qui sait ce qu'il fait) est quand même assez déterminée par tous les événements que l'auteur a organisés, tout ce qu'il a fait dire aux personnages, toute l'intrigue bien verrouillée et tellement serrée que si un lecteur idéal avait l'esprit assez large pour tout y soupeser il ne pourrait pas prédire une fin précise, dans un sens ou l'autre. Car toi-même, en disant qu'SNK nous a habitués aux drames, montres cette difficulté à tout voir. Ce n'est pas exact qu'SNK nous a habtués aux drames. Ce n'est qu'une partie de ce qu'a fait SNK. Dans chaque arc, il y a du drame, mais à la fin, il y a toujours eu une victoire, des gens qui s'en sortent, et pas forcément seulement nos héros de l'époque. Dans l'arc du titan féminin, il y a certes toute l'escouade de Livai qui y passe, mais Annie s'en sort, dans l'arc du clash, il y a massacre sur la plaine, mais Reiner et Berthold s'en sortent, dans Uprising, il y a des morts humains encore, mais nos héros sont toujours là à la fin, un peu moins héroïques parce qu'ils s'en sont pris à des compagnons humains, dans RTS, Berthold y passe (un "méchant", qui n'apparaissait déjà plus aussi méchant, de moins!) mais Reiner survit... et il y a un mort important du côté de Paradis. Le drame n'est jamais complet, ni d'un côté, ni de l'autre. A chaque fois, il y a une solution qui coûte cher, mais qui aboutit à une situation qu'on peut juger pas si mal pour l'"humanité". Le drame est toujours intiment imbriqué avec l'espoir. Pourquoi serait-ce différent à présent? En fait, cette idée qu'on est habitués au drame est encore orientée et résulte une fois de plusdu choix de ne voir que ce qui paraît annoncer une fin pessimiste. D'ailleurs, si tu as fini par digérer l'alliance, c'est bien parce que, comme tu le dis, tu penses qu'Isayama la fera plonger... et qu'en penseras-tu si ce n'est pas le cas, du moins si ce n'est pas un gros plongeon vers le chaos total pour Paradis? Ce qui me fait dire ça, c'est que j'ai l'impression que beaucoup de lecteurs ne sont vraiment plus en phase avec l'évolution de la situation telle qu'Isayama la mène par pure paresse. Et, plus encore que s'en sentir vexés ou choqués, ils ne tentent même pas de comprendre ce qu'il se passe. J'en reviens encore à Armin et au chapitre 124 où il exprime son envie d'aider Gabi pour ne pas envenimer la situation avec les guerriers, un moment où cette tendance est devenue évidente. Dés qu'il a eu dit ça, j'ai pu voir des réactions piquées (euphémisme!) qui mettaient Armin du "mauvais côté", comme s'il commettait une erreur, qu'il n'avait plus toute sa tête, comme s'il pactisait tout bonnement avec l'"ennemi" contre Paradis, dans une opposition tranchée. Et comme on était encore à l'époque où Conny venait de kidnapper Falco pour le donner à manger à sa mère, les gens pensaient que Conny parviendraient à ses fins quoi qu'Armin tente...car Conny était encore dans le camps de Paradis pour eux, forcément, la bonne logique voulait qu'il se débarrasse de Falco, un ennemi... Armin, déjà symboliquement du côté des ennemis, devait échouer, se faire envoyer sur les roses. Mais manifestement ce n'est pas le choix d'Isayama. Toute la suite donne raison à Armin, en fait, puisque les membres de l'alliance n'en seraient pas là si Falco avait péri. Il serait plus juste de dire que la situation actuelle est en partie son oeuvre. Et ce tournant dans l'intrigue a été mal géré par ceux qui n'ont pas été assez souples pour se mettre un peu du point de vue de personnages comme Armin, particulièrement ceux qui voulaient que les guerriers et Gabi, bref, ceux venus de Mahr, continuent d'être vus comme les méchants de l'histoire. Le hic c'est que les personnages de la 104 n'ont aucune raison de détester farouchement Gabi comme le font les haters de la fanbase. Je crois que ces gens sont de jeunes lecteurs qui n'ont pas connu de guerre et qui laissent libre court à leur "hate" brute (qu'elle soit dictée par le fait que Gabi est dans le mauvais camp, qu'elle leur semble mal écrite, qu'importe...), et voudraient la voir assumée et partagée par les personnages qu'écrit Isayama, qui sont pour le coup des guerriers plus réfléchis et raisonnables que ces lecteurs insatisfaits. Des personnages qui ne vont pas ignorer leurs raison et sentiments pour plaire à des lecteurs frustrés. Bref, Isayama écrit des personnages plus intelligents que certains lecteurs, des personnages qui sont obligés de l'être sinon ils s'enfonceraient dans ce à quoi ils entent d"échapper justement. Et là ta comparaison avec le monde d'SNK où la difficulté de s'entendre a mené à cette situation inextricable est intéressante: n' y-a-t-il pas eu des gens qui ont voulu réécrire l'histoire, exagérer certains faits, en ignorer d'autres, inventer des éléments, au profit de leur propre côté, le seul à avoir raison bien sûr, dans les deux camps? Exactement ce que fait une partie de la fanbase avec ses "cécuikidikié" et ses " c'est nul si Paradis gagne pas, Eren n'a pas le choix, le monde reviendra toujours à la charge et Paradis est condamnée" (affirmation non fondée et même pas suffisante pour justifier la mort d'enfants étrangers au problème). Ceci dit, ces personnes qui s'efforcent de défendre leur point de vue sont des victimes d'Isayama qui avait prévu le coup. Il devait bien s'attendre à ce qu'une grande partie de la fanbase ne sache pas se détacher de Paradis, se retrouve en quelque sorte piégée dans ses affections (subjugués, pour les plus jeunes plus impressionnables, par les abdos d'Eren) et se projette dans les habitants de l'île. Comme les gens d'en face, ceci dit, qui pencheraient plutôt pour l'alliance et ont par conséquent à faire face, avec leurs propres arguments et leur inévitable manque de moyens, à la logique instinctive des pro-Eren . Pourtant, d'un point de vue détaché, la logique mathématique est du côté d'Hanji, ne serait-ce que parce que les habitants de Paradis sont beaucoup moins nombreux que les habitants du monde. Ce que je trouve dommage, c'est ce manque de capacité à se détacher d'un parti pris, même temporairement. Cette tendance à ne pas vouloir comprendre ce que dit l'auteur, cette tendance à réduire ce qu'il fait faire et dire à ses personnages, toutes les nuances, les subtilités, les ambiguïtés, les incomplétudes volontaires à des affirmations péremptoires et partiales, ou à l'inverse à ignorer certaines parties d'explications ou de dialogues pour n'en retenir que ce qui arrange. Non pas qu'il n' y a pas des points clairement établis et des faits qu'on peut difficilement remettre en question dans l'oeuvre. Mais qui le sont quand même quand ça sert les vues de tel ou tel lecteur. Et en guise de prévention pour les remarques du genre "oui, mais tu fais partie du lot de lecteurs toi aussi", j'ajoute un petit paragraphe. Je suis une lectrice moi aussi, j'ai mes biais et j'ai beau avoir une bonne mémoire, il y a des choses qui m'ont sûrement échappé dans l'oeuvre. Je ne me mets donc pas hors du lot, pas complètement. J'ai cependant la faiblesse de penser que mes penchants ne me mènent pas à des extrémités où je ne saurais rien faire d'autre que rager ou ragequit, et que j'ai une plus haute idée de l'art de lire. Et une plus haute idée des capacités d'Isayama. Là, je n'ai aucun mérite, c'est ma propension naturelle à faire confiance à un auteur qui a fait ses preuves à mes yeux. D'ailleurs, si j'avais été de ce niveau de lecteurs rageux, j'aurais claqué la porte depuis un bout de temps déjà, vu comment l'histoire maltraite mon personnage favori. Et pourtant, malgré de longs moments où je m'en attriste, je ne peux rien reprocher rationnellement à Isayama, car dés que j'y réfléchis un peu et que je prends en compte tous les paramètres que l'auteur a mis en place, je ne peux déjà plus dire que c'est une si grosse chute que ça dans l'absolu, mais en plus c'est tout à fait cohérent, réaliste, et plus intéressant que tout ce qui avait été fantasmé à l'époque de serumbowl. Dernier petit point, après, je le jure, c'est fini: je parlais d'un médecin pour qui il aurait été insupportable d'aider un patient à partir malgré les souffrances invivables. Dans sa logique, la conscience aurait toujours été du côté du "laisser vivre" et que la patient souffre ne lui pèserait pas autant. Evidemment, si tu transformes mon médecin en un médecin qui aura un vrai dilemme entre les deux chemins ou dont la conscience sera plus affectée par le fait de laisser le patient souffrir, ça ne marche plus. Mais mon objectif n'était pas de débattre sur l'euthanasie, juste de donner un exemple où on soulage sa conscience pour soulager sa conscience alors que ça peut faire plus de mal que de bien. Il est donc inutile de parler loi française ou autre, c'est hors-sujet (d'ailleurs entre ce que dit la loi et ce qui est pratiqué en hôpital... ). Voilà, je ne pensais pas que quelques notes sur ce que j'ai remarqué chez les lecteurs te feraient dire que je devrais m'abstenir de remarquer les biais de la fanbase et de cesser de leur accorder de l'importance (étrange pour quelqu'un qui lit un forum où d'autres personnes exposent leurs avis) . J'ai pensé au contraire que ce serait intéressant pour certains qui auraient la patience de lire.
  2. papillonrouge24

    Snk 128

    Doraay, je vois que ma tirade t'a laissé "confused". Attention pavé en approche. Je comprends qu'elle semble tomber de nulle part, puisqu'elle résume un peu les réactions que j'ai pu lire de-ci de-là et que tout le monde n'en a pas forcément fait autant. Mais confinement oblige, j'ai eu du temps pour parcourir les forums. D'ailleurs, j'ai toujours assez de temps pour pas mal suivre les réactions après chaque chapitre. Je ne vois pas trop le rapport entre le fait d'avoir quelques regrets au sujet des réactions de la fanbase et ma capacité autoproclamée à "recevoir l"oeuvre". Je peux tout de même continuer à rester en attente passive de la suite (j'ai un talent fou pour ça) en analysant ces remous chez les lecteurs, je crois? En l’occurrence, je déplore la vivacité et l'insistance avec laquelle certains insistent sur la conscience d'Hanji. Oui, la voie qu'elle emprunte paraît être celle où elle aura la conscience la moins lourde, mais on dirait que les gens qui lui reprochent son choix insistent sur ce fait comme si ça ne devait la concerner qu'elle-même. Si on met de côté pour un temps le fait que Paradis est le côté qu'on veut voir gagner (le cas échéant) et qu'Hanji est officiellement censée travailler à ses intérêts, si Hanji doit avoir la conscience lourde, c'est bien parce que dans la réalité, elle aura de vraies raisons de l'avoir, et qu'elle est confrontée tangiblement et urgemment à la réalité de la mort d'innocents. Dans la vie parfois, on peut être tenté d'agir pour soulager sa conscience, sans vraiment savoir si sur le long terme on aura vraiment agi pour le meilleur, on peut même agir en écoutant sa conscience en sachant qu'en fait cette action est plus mauvaise qu'autre chose. Bon, je ne veux pas entrer dans des sujets labyrinthiques, mais par exemple,si la conscience d'un médecin s'oppose à l'idée d'euthanasie et qu'en même temps il voit son malade souffrir atrocement sans espoir de guérison, et qu'il ne veut pas sacrifier sa conscience pour le soulager, ne pourra-t-on pas dire qu'il a agi selon sa conscience mais pas dans le plus grand intérêt du patient? Toutes considérations juridiques et complications éthiques mises à part, je pense qu'on voit où je veux en venir. Hanji écoute sa conscience, mais dans l'intérêt bien réel et évident de personnes réelles et tangibles (à moins de considérer la mort comme un bienfait, ce qui est encore un autre point de vue, mais pas celui adopté par le commun des mortels et pas par la grosse majorité des lecteurs d'SNK visiblement). Et plus nombreuses (la question du nombre se pose aussi, du moins dans ce genre de dilemme, elle ne peut pas être ignorée) Le critère qui semble le plus pertinent dans ce contexte, pour les lecteurs, c'est que ce n'est pas dans l'intérêt de Paradis. Comme je l'ai dit, du point de vue Paradisien, ça se comprend, mais... il y a tout de même une tendance dans la fanbase commentant activement à s'attarder et à s'étendre sur le fait que ça soulage la conscience d'Hanji, comme si on voulait bien prouver que l’égoïsme est de son côté. Sur un autre forum que je lis, un internaute insistait pour faire de Jean une exception dans le groupe, le seul qui ne serait pas égoïste, juste parce qu'il avait formulé tout haut ce que tout le monde dans la 104 sait déjà (à savoir que si Eren est arrêté Paradis sera en danger), et Jean aurait finalement choisi de renoncer à tout: ses désirs et sa conscience morale pour céder à la pression du groupe, montrant par là qu'il est vraiment dans l'altruisme à l'inverse des autres qui préfèrent écouter tous leur conscience (évidemment, c'est faux, Jean cède justement à sa conscience, avec un peu plus de difficultés que les autres, à cause de ses aspirations à la vie facile). L'exemple est très précis mais représentatif des distorsions qu'on peut faire subir à l'oeuvre pour la faire pencher de son côté, et j'en ai vu d'autres qui mettent pareillement Jean sur un piédestal en enfonçant ses compagnons sur le même prétexte de la conscience. Peut-être y'a-t-il aussi un effet de groupe, des gens qui en lisent d'autres et réutilisent des idées qui leur plaît. Seulement, ce n'est pas sur les critères d' égoïsme ou d'altruisme que, comme d'autres l'ont vu, on pourra départager les deux camps. L'altruisme et l’égoïsme n'étant que les deux faces d'une même action, et finissant par se résorber l'une dans l'autre... parce que, pour aller encore plus loin, si Hanji sacrifiait sa conscience et laissait Eren faire, ne pourrait-ton pas dire qu'elle a été égoïste en faisant ce sacrifice de sa bonne conscience et en acceptant de porter le poids de la culpabilité? Coupable d'avoir renoncé à être coupable? C'est sans fin. Sur ce point, il n' y que la subjectivité et le parti pris du lecteur qui fera briller sous un éclairage orienté tel ou tel élément dans l'ensemble moiré du tissu de l'intrigue. Et, je sais je me répète, beaucoup de lecteurs sont du côté de Paradis, ils grossissent et minimisent ce qui les arrange. Réflexe humain. Juste, parfois, ils y vont fort, au point de dénaturer et de réécrire le manga, et c'est là que je commence à être un peu dérangée. Parce qu'il ne s'agit plus de gens qui échangent de manière un peu construite sur un point ou deux, mais de discussions malsaines...enfin le terme est un peu fort... je veux parler de ce genre de discussions où on laisse libre cours à cet instinct qui vous fait contredire l'interlocuteur automatiquement et chercher dans les matériaux à disposition de la matière à lui opposer, quitte à prendre quelques arrangements avec la teneur de l'intrigue, transformer plus ou moins, et plus ou moins consciemment, ce qu'Isayama propose (avant souvent de s'en auto-persuader et de repartir avec une idée parfois très biaisée en tête pour lire la suite). Ce doit être courant dans les fanbases, d'après certaines remarques que j'ai pu voir, mais pour moi c'est une découverte et pas des plus agréables. Puis, je pense que j'ai pas mal de chance de ne pas avoir vu énormément de shônen ou de films de super-héros avec des alliance de la gentillesse et de la justice à la fin. Les gens gavés de ce genre de clichés doivent certainement ne voir plus que lui derrière le travail d'Isayama, au point d'ignorer tout ce qui lui tord le cou et le casse. Plus haut,, il y a justement quelqu'un qui se plaint qu'Isayama va peut-être donner une fin "idéaliste" à son manga alors que ce même intervenant mentionne bien le fait que nos héros passent un très mauvais quart d'heure, à l'opposé de l'idéalisme. Oui, là, je pourrais insérer l'analyse de la fin du 128 qu'a mentionné Doraay. J'y ajouterai tout de même que cette scène peut être vue comme un résumé de la situation de Paradis telle qu'elle se présente au lecteur, telle qu'il a pu la comprendre jusqu'à maintenant: Eren obligé d'en arriver à des extrémités à la limite de l'inconcevable pour préserver la vie des siens. Mais qu'elle n'annonce peut-être pas la conclusion de la grande action en cours. Eren réussira-t-il à supprimer toute vie hors de Paradis comme Conny a pris la vie de Samuel? De plus, l'action de Conny est bien montrée comme une action énervée,causée par l'exaspération, dictée par le ras-le-bol. C'est même ce que pas mal de lecteurs lui ont reproché: d'en avoir trop fait sous le coup de la colère. Pourquoi avait-il besoin de tirer en plein visage? Ne pouvait-il pas immobiliser son adversaire, lui tirer dans les membres? Si je reprends mon analogie avec Eren, ces mêmes lecteurs ne penseront sans doute pas à lui reprocher d'empêcher Mahr d'agir en lui tirant dans les pattes. Encore une fois, le critère est que dans le cas de Conny, il s'en prend à un membre bossant pour Paradis. Bon, je ne vais pas plus m'appesantir sur ce point, on aura compris. Pour le reste, Tenroku a tout dit. Que ça m'agace de voir des lecteurs accuser Hanji et co de vouloir la perte de Paradis avec ce faux dilemme: "s'ils veulent sauver le monde, alors ils veulent la perte de Paradis"! C'est quand même plus subtil que ça. C'est SNK voyons, et SNK n'a jamais été si tranché.
  3. papillonrouge24

    Snk 128

    Eren a dit que les titans des Murs élimineraient toute vie sur Terre. Le pays des Azumabito est donc concerné. Il n' y aucune raison qu'il en réchappe. EDIT: un gros pavé: Je suis une lectrice qui a beaucoup de chance: j'ai la tendance naturelle de recevoir ce que m'offre un auteur sans y plaquer ce que je voudrais voir, des attentes bien spécifiques pour un personnage, des événements. D'ailleurs, je ne pourrais même pas dire ce que je voudrais voir précisément (bon d'accord, Armin briller un peu, mais pas au point de devenir haineuse comme certains fanatiques d'un perso peuvent le devenir quand ils estiment qu'on a n'a pas rendu justice à leur chouchou), je laisse faire Isayama. De toute évidence, ce n'est pas le cas de l'écrasante majorité des lecteurs (je ne vise personne en particulier, je parle de ce que j'ai pu lire sur les différents espaces où on parle du manga), qui veulent voir se réaliser tel ou tel de leur rêve, de leur fantasme,de leur "ship",bref, qui réclament d'être satisfaits dans leurs petites exigences souvent mesquines (dans le cas du shipping, on est en plein dans le fantasme sexuel ou romantique pur et dur où le manga ne sert plus que de prétexte à des rêveries érotiques plus ou moins teintées de névroses et de perversion). Je m'égare un peu, ceci dit. C'est pourquoi j'ai déploré cette rage qu'ont montrée pas mal de lecteurs au moment de la sortie du chapitre 126, bien caractéristique de cette difficulté à recevoir l'oeuvre et de cette tendance à se braquer quand elle paraît contredire une envie, à savoir celle de ne pas voir une "alliance' de gentils contre un gros méchant. Je ne peux pas nier que le chapitre était surprenant et mal ficelé sur bien des points. Mais à propos de la fin, c'était particulièrement agaçant. D'accord la pose à la avengers et le "to save the world" de Conny pouvait laisser penser à première vue qu'Isayama prenait la route de l'alliance des gentils amis contre les forces du Mal. Cependant, même à l'époque, avec un peu de jugeote, il était tout de même possible de se dire que, puisque c'est à Conny qu'Isayama avait fait lâcher cette réplique gnangnan, il y avait sérieusement anguille sous roche. Avec le 127 et plus encore le 128, j'aurais pensé que l'ironie d'Isayama dans cette dernière image du 126 allait être évidente (Conny qui pensait sauver le monde découvre horrifié qu'il va devoir trucider d' anciens camarades). Mais non! Une partie des lecteurs continue de se plaindre que l'alliance est "bisounours", qu'Isayama fait du "pouvoir de l'amitié". J'ai l'impression que ces lecteurs ne comprennent tout simplement rien à ce que raconte le manga en ce moment. Evidemment que l'alliance (puisqu'il faut bien donner un nom à cette réunion) n'a rien d'une alliance de l'amitié. Ça ne veut pas dire que forcément tous ses membres se détestent mutuellement et cordialement, juste qu'ils ont d'autres préoccupations que de devenir amis et chacun des intérêts à arrêter Eren. Ça me surprend d'autant plus quand j'en vois certains reprocher à Armin et Mikasa de ne pas être automatiquement du côté d'Eren et de le trahir (ben là, l'amitié doit jouer alors?) Je trouve vraiment dommage que certains n'arrivent pas à apprécier les complications, les ambiguïtés, qu'Isayama introduit dans son récit. Mais je suis encore plus désarçonnée quand je vois des gens se plaindre d'un point de la narration en lui reprochant précisément ce qui en fait tout l'intérêt. Le meilleur exemple restant les lecteurs qui se lamentent sur le fait que Conny tue d'anciens camarades alors qu'il voulait "sauver le monde" et que c'est pas logique, idiot, incohérent, quel imbécile ce Conny!...alors que c'est justement la naïveté de Conny face à la réalité qu'Isayama voulait mettre en valeur. Un peu comme s'ils enfonçait une porte ouverte. Je m'étonne aussi devant les gens qui blâment Hanji, Armin et plus généralement ce qui reste de la 104ème parce qu'ils ont l' "égoïsme" de ne pas étouffer leur conscience et de faire passer leurs valeurs morales avant l'intérêt de Paradis. Je veux bien que d'un point de vue Paradisien, si on veut défendre son steak, c'est un argument qu'on peut sortir, mais il n'est pas très rationnel ni très honnête. On reproche à Hanji de s'en foutre de Paradis (??), d'être égoïste parce qu'elle a des valeurs et qu'elle pense aux gens du monde? Pourquoi ne pas reprocher son égoïsme à Eren qui veut défendre les siens alors qu'il pourrait y renoncer? En fait, il s'agit, et ce n'est pas si étonnant, d'un manque de recul face aux deux parties. Comme on a envie de défendre Eren et Paradis, on en vient à être démesurément critique à l'égard des personnages qui ne se montrent pas en accord avec les actions d'Eren. Parce que pour aller jusqu'à leur reprocher aussi violemment d'avoir une conscience, il faut être très très engagé et prêt à faire feu de tout bois pour critiquer. Enfin, bref, un pavé où je me déchargeais de mes frustrations face à la fanbase.
  4. papillonrouge24

    Snk 128

    Je résumerais ce que j'en pense en disant que je ne crois pas que Floch conçoit ses objectifs comme le dépassant. Je crois même qu'il s'identifie beaucoup trop avec eux et que s'il s'y investit autant, c'est qu'il a projeté dans cet Empire d'Eldia des désirs de puissance rassurante. Et comme jusque-là, tout a bien marché pour lui,il n'a pas eu de raison de paniquer ou de montrer de défaillance psychologique. C'est d'ailleurs la nécessité de se soustraire au danger qu'il percevait de manière si aiguë après RTS, puisqu'en effet il avait conscience d'être lâche et de ne pas se suffire à lui-même en terme de motivation, qui l'a poussé à se trouver une position où un lâche ne serait pas inquiété. Et quoi de mieux que bras droit sacré d'un dieu intouchable? En bref, son bain dans la cruelle réalité lui a donné envie de se maintenir au-dessus des eaux. Mais chacun voyant midi à sa porte, et SNK étant un matériaux qui se prête extraordinairement bien à l'activité si humaine de la réécriture et de l’interprétation (parfois très) orientée, il n'est pas étonnant qu'on voie des lectures du personnage un peu tirées par les cheveux. Dans ce chapitre, d'ailleurs, son traitement a mis en colère pas mal de lecteurs qui voulaient voir en lui un surhomme incarnant leurs aspirations pour l'histoire.
  5. papillonrouge24

    Snk 128

    Au sujet du personnage de Floch, on aurait pu avoir à son poste un personnage un peu comme un sorte de Jean qui pencherait plus vers le côté du pragmatisme égoïste tout en ayant conscience que ses choix pragmatiques, et nécessaires si on veut se référer à Machiavel, condamnent à une mort atroce des milliards (?) d'être humains innocents, et qu'il aurait donc les mains salies par ses actions, et l'esprit au moins un peu meurtri par ses décisions. Cependant, jamais Isayama ne nous montre Floch comme un être qui conçoit qu'il fait souffrir et va faire souffrir des innocents. Il ne nous le montre que comme un être insensible, qui pavane devant une vieille dame qu'il croit à sa merci, qui prend un plaisir froid à soumettre tous ceux qui l'entoure à l'Empire d'Eldia dont il se voit comme le prêtre, serviteur de la divinité Eren. A l'inverse, il nous montre Conny et Armin face à Daz et Samuel qui finissent par mourir à cause d'eux, sauf que Conny et Armin ont des remords et ne sont clairement pas impassibles devant ce qu'ils font, à l'inverse de Floch qui tue sans sourciller. Lui, ce qui le distingue, c'est cette absence de compassion, ne serait-ce qu'une étincelle vite étouffée par la nécessité de tuer, devant la personne qu'il s'apprête à plomber (quand il s'en prend aux volontaires,on peut encore se dire qu'il veut éliminer de potentiels ennemis...mais les inoffensifs ingénieurs d'Izuru?) Si dans les faits, toutes ses démarches, décisions et attitudes vont dans le sens du sauvetage de Paradis menacé de mort, et que ça peut être vu comme une réaction humaine et légitime devant une menace si imminente, il en profite tout de même bien pour passer ses nerfs et se mettre en scène comme un dominateur. Ceci dit, Floch a beau être enivré de pouvoir, il n'est pas idiot et le souci de ne pas se laisser doubler le rend prudent: il ne mord pas à l’hameçon d'Armin et flaire l'arnaque (et puis ça aurait été moins marrant qu'il morde). Il répond avec une certaine célérité à l'attaque de Mikasa en s'en allant par la fenêtre avec son équipement pour tenter de coordonner la riposte face aux Cuirassé et Féminin. Il a des qualités. Mais elles semblent toutes se déployer dans un contexte où Floch tente de jouer au petit chef. D'aucuns diraient que les dictatures politiques n'ont pas que de mauvaise conséquences (et là, je pense à un certain youtubeur qui regarde les étoiles...): elles permettent une discipline de la population parfois salutaire, du civisme, de la propreté, de l'organisation... toute qualité qu'une population dont les individus sauraient se gouverner eux-même pourrait avoir. Je pense que si certains veulent voir les choses ainsi, on pourrait dire que Floch fait ce qu'il faut et que les conséquences de ses actions sont positives pour le but visé, mais que ça l'arrange bien de faire tout ça parce que ça lui plaît de devoir être un dictateur. Aussi, en tant que "vilain" et "boss", Floch ne peut-être qu'un sociopathe incurable insensible au dialogue, avec qui les personnages de la 104 ne peuvent même pas penser interagir pacifiquement. Sinon, ils n'auraient pas eu de raison de s'infiltrer, la tuerie n'aurait pas eu lieu, et Isayama n'aurait pas pu faire son parallèle avec la pseudo-trahison des guerriers dans l'arc du clash des titans. Je crois qu'Isayama a essayé de construire ce personnage comme un random traumatisé, qui ne se remet pas de sa confrontation avec la mort, qui a fait de l'Empire d'Eldia le symbole de ce lieu où rien ne pourra plus le menacer, et qui tente depuis de se mettre continuellement à l'abri, éliminant tout ce qu'il imagine comme potentiellement dangereux pour son utopie, même d'assez loin. ll ne veut même pas de la possibilité de voguer sur les flots! Isayama est-il en train de dépeindre Floch comme un gars qui refuse l'exploration, la science et la recherche? Un gars qui n'hésiterait pas à garder l'humanité enfermée sur sa petite île? Un gars avec qui reviendraient les jours de l'humanité ignorante dans sa cage?
  6. papillonrouge24

    Snk 128

    J'ai envie de dire certaines choses à propos de ce chapitre et de l'histoire en général qui me sont venues à l'esprit en lisant les critiques parfois salées des lecteurs mécontents de la tournure que prend le manga. J'en vois beaucoup se plaindre et dire qu'Armin, Mikasa, Jean, Connie sont maintenant des traîtres parce qu'ils se décident finalement à tuer leurs anciens camarades (incarnés par Samuel et Daz) pour venir en aide à des étrangers qu'ils ne connaissent pas et qui leur veulent du mal. Ils devraient plutôt, selon les critiques désapprobatrices, s'allier aux yeagerists et laisser faire Eren, parce que là, toujours d'après ces critiques, tout est illogique, les personnages de la 104 sont détruits, incohérents etc. Mais il m'est venu à l'esprit que ces critiques ignorent qu'Isayama a déjà exploré ce schéma qui met le bataillon d'exploration face à la nécessité de tuer pour défendre une humanité qui ne les porte pas dans son cœur. Si on se souvient, le bataillon d'exploration n'a jamais été bien vu de l'"humanité", à l'époque d'avant la cave, et ses membres n'étaient guère aimés. Dans Uprising, les autorités officielles de l'humanité ont même essayé de les éliminer, et pourtant le bataillon d'exploration continuait de se battre, en tuant pour la première fois d'autres êtres humains, pour faire avancer cette humanité, malgré elle et malgré certains membres qui leur mettaient sérieusement des bâtons des les roues. Le bataillon d'exploration n'a été applaudi qu'après le succès de RTS. On a donc déjà eu cette configuration "on se bat pour des gens dont beaucoup nous veulent du mal". Certes l'inimitié de l'humanité envers le bataillon n'allait pas jusqu'à la haine belliqueuse que semble provenir du monde aujourd'hui, mais la logique fondatrice est déjà là. Pourquoi Eren, Mikasa et Armin auraient bien fait de risquer leur vie quand il sont eu 12 ans pour sauver une "humanité" qui méprisait le corps d'armée où ils sont entrés, d'abord? Pourquoi maintenant ne se battraient-ils pas pour une humanité qui leur veut du mal en tuant une nouvelle fois d'autres êtres humains? Certes, la grandes différence qui change tout pour certains est que l'humanité actuelle, hors de l'île, veut anéantir toute une île et une"nation" naissante, et ce qui prend le pas sur toute autre considération chez les lecteurs, c'est cette importance de la nation, notion familière et chérie (et c'est bien compréhensible). Les personnages qui avant faisaient figure de héros, en faisant passer leurs intérêts personnels après l'avancée de l'humanité vers la vie libre, font maintenant figure de traîtres alors qu'ils mettent une nouvelle fois leurs intérêts personnels de côté (accepter d'affronter d'anciens compagnons d'armes ne les rend pas joyeux) pour que l'humanité dans l'ensemble n'ait pas à disparaître. A ce propos...je reviens au chapitre 82 et à son titre "héros" qui sonne maintenant comme une grosse blague de la part d'Isayama, lequel a bien joué avec son lecteur... A l'époque, tout le monde prenait ce titre au premier degré: et ben oui Eren et Armin ont finalement eu le gros méchant Berthold, Livai a bien tranché le gros méchant Sieg et on a applaudi, beaucoup ont savouré la mort de Berthold, les cris de Sieg harcelé par Livai...Mais Isayama, lui savait qu'il ne donnait à voir qu'un versant de la chose, celui qui allait dans le sens du lecteur qui suit Paradis depuis le début, et que ce "héros" n'était qu'un nom qu'on met sur quelqu'un dont on approuve les actions parce qu'elles vont dans le sens du groupe pour lequel on a pris parti. Maintenant, il nous montre le bataillon qui se lance à l'assaut d'une difficulté qui semble encore plus insurmontable que celle d'RTS et cette fois, il ne le dépeint pas comme un groupe de personnages aux actions aussi clinquantes et tapageusement héroïques qu'à RTS. Ce sont des personnages qui ne peuvent se voir comme des héros puisqu'ils savent qu'ils s'en prennent à des êtres humains au fond pas pire que les autres (à part Floch...), et que les lecteurs ne peuvent voir comme des héros non plus,vu qu'Isayama dépeint bien leur tristesse d'en arriver là, et leur malaise. C'est excellent. C'est ce qui me fait dire qu'Isayama n'a pas perdu pied comme pensent certains qui croient qu'il est en train d'improviser sous la pression d'éditeurs en demande d'une fin guimauve. J'ai l'impression qu'au contraire, il boucle parfaitement les boucles qu'il a ouvertes. Au passage, la scène d'Armin et Connie est très chargée symboliquement: c'est dans la bouche,l'organe de la parole, que Samuel atteint Armin. Armin,incapable d'articuler et d'expliquer quoi que ce soit à un Daz écrasé par la peur, doit se laisser sauver par un Connie qui n'a jamais été très bon pédagogue ou manipulateur de mots,et qui laisse plutôt parler sa spontanéité et ses bonnes intentions à l'égard d'Armin. Je crois comprendre que si Connie explose la tête de Samuel à la fin, c'est par ras-le-bol et par rage d'avoir été obligé de tuer Daz pour sauver Armin. C'est comme s'il se disait dans sa tête "bon ben maintenant que c'est commencé et que j'ai tué, autant achever celui-ci aussi, ça leur apprendrai!". Je trouve que cette situation résume bien ce qu'on sait de la démarche d'Eren jusqu'à présent. La mâchoire éclatée d'Armin,c'est l'impossibilité des gens de Paradis de se faire entendre des apeurés prêts à se montrer agressifs du dehors (Daz symbolise la trouille, Sameul l'agressivité irréfléchie: il tire sur Armin dans un réflexe quand Armin esquisse un pas), Armin qui se traîne et empêche Daz de réparer son détonateur, c'est Paradis qui retarde un peu les événements avec les moyens du bord mais sans grande chance de réussir, Connie qui tire et s'énerve, c'est Eren qui agit pour ne pas que ses proches se fasse tuer par l'opposant. Moi, j'aime bien cette répétition du grand schéma en plus petit. Pour le reste du chapitre, je ne m'attendais vraiment pas à la réaction de Kiyomi, et elle m'a bien fait rire. Certains se plaignent qu'il est invraisemblable qu'un soldat entraîné comme Floch se fasse maîtriser par une grand-mère, mais n'oublions pas qu'à Paradis on n'a jamais été particulièrement fort au corps-à-corps, que Kiyomi a de la technique précise et que Floch s'est laissé surprendre. Je ne sais pas où tout cela va, mais ça ne me déplaît pas. Sans doute ai-je eu la chance, comme je l'ai dit ailleurs, de ne pas avoir lu Naruto oud'autres mangas shonen avec des alliances mielleuses à la fin qui usent du pouvoir de l'amitié pour vaincre le grand méchant. J'ai le regard assez vierge. EDIT.Traduction officielle plus fluide: https://mangaseeonline.us/read-online/Shingeki-No-Kyojin-chapter-128.html
  7. papillonrouge24

    Snk 128

    Bonne lecture: https://readshingekinokyojin.com/manga/shingeki-no-kyojin-chapter-128/
  8. papillonrouge24

    Snk 128

    Moi aussi,j'ai tellement hâte, je rafraîchis les sites où on trouve l'annonce du typeset toutes les deux minutes, c'est affolant.
  9. papillonrouge24

    Snk 127

    Le cas "Jean" est intéressant. les différents factions en présence dans la fanbase tentent de tirer son personnage vers elles et de se l'approprier en fonction de ce qu'elles veulent y voir. Pour les uns, il est le seul personnage lucide qui pense à Paradis (alors que non, factuellement, il pense plutôt davantage à lui, à son propre confort, son éventuelle famille et son alcool de luxe) tandis que les autres s'en ficheraient. Pour certains encore, il est le seul à comprendre Eren (et Floch, s'ils mettent Floch dans le même sac qu'Eren) et va se retourner contre l'alliance prochainement. Pour d'autres, c'est un brave garçon qui finit par voir la lumière en restant dans l'alliance après un moment de tentation. Bref, un personnage assez flou et qui supporte beaucoup de lectures orientées.
  10. papillonrouge24

    Snk 127

    [Je n'édite pas mon précédent post qui concernait un autre sujet clos à présent, et j'enchaîne avec un autre sujet] Ce qu tu dis, Rouletabille, du schéma bâton/carotte.compréhension se retrouve très concentré dans la relation entre Uri Reiss et Kenny Ackerman. Je ne sais plus si j'n ai déjà parlé ici, mais je sais que j'en ai parlé quelque part. Uri commence par être la cible de Kenny, qui reçu des ordres (bâton). Pour arrêter Kenny dans sa tentative d'assassinat, il le saisit de sa grosse main de titan et l'empêche de bouger (toujours bâton pour Kenny) puis il lui parle en s'inclinant (cohabitation forcée, car Kenny ne peut y échapper) et enfin ils finissent amis (compréhension). Je ne sais pas dans quelle mesure cette scène de l'histoire préfigure la fin possible, si toutefois elle la préfigure, en tout cas, c'est un indice laissé par Isayama que même des antagonismes puissants peuvent se calmer.
  11. papillonrouge24

    Snk 127

    Wou la la, j'aurais bien des petites choses à répondre, mais que ce soit sur le parallèle avec Magath ici ou sur d'autres points en mp, j'ai une flemme monstre. Donc bless you Machiavel. Pas la force.
  12. papillonrouge24

    Snk 127

    Quand ai-je dit que les études post-coloniales étaient racistes? Je me suis contentée de dire que le racisme "anti-blanc", des Etats-Unis d'abord, avait vu le jour à la suite du développement de ces études dans le monde universitaire, puis de la diffusion, auprès d'un public plus large, moins outillés intellectuellement et sûrement avide d'attention (par là j'entends de jeunes gens en peine de combats et d'occupations, donc les étudiants... pour la plupart...et certainement pas les meilleurs), de certaines idées mal comprises, propices à la création d'idéologies victimaires. Puis, je ne sais comment, ces mouvements immatures et absurdes ont trouvé du soutien auprès des institutions officielles apeurées, jusqu'à ce qu'elles s'embourbent dans le marécage qu'elles avaient créé. Je sais bien que les universitaires sérieux qui se sont penchés sur les imaginaires coloniaux avaient bien conscience d'étudier une dynamique précise et un imaginaire particulier. Et que justement, parce qu'il s'agissait d'un imaginaire, ces universitaires savaient bien qu'ils manipulaient des termes fragiles aux frontières mouvantes, dans l'espace et dans le temps. Dans mon domaine, mais c'est pareil sous la plume de tout chercheur qui se respecte, quand on parle d' "Occident" ou d' "Orient", on prend toujours la peine de prévenir le lecteur, même déjà averti, qu'on est obligés là d'employer un singulier collectif qui ne rend pas le caractère informe et multiforme de ce qu'on veut désigner, donc qu'on ne veut pas essentialiser, mais que le langage étant ce qu'il est, il faut bien en passer par là. Moi-même, quand j'employais l'expression "communauté nikkei" pour le Pérou j'avais en permanence en tête que je ne savais pas précisément ce que c'était exactement. Par ailleurs, les travaux des fondateurs du post-colonialisme sont tellement difficile à lire (sûrement intentionnellement rendus abscons parfois) que je doute que tous ces "militants" les aient consultés. Eux, militants, qui essentialisent à tout-va et dans tous les sens, en commençant toujours à regarder un individu ou une idée par sa couleur de peau. Réelle ou fantasmée. Et donc, sachez, mesdames, messieurs, que la Science est Blanche. Oui. Sinon, j'évoque le fait que sur la scène publique on évoque moins la traite des Noirs par les Arabes parce la France est un pays où les Arabes sont nombreux, mais, pour une certaine frange de la population et des politiques, il faut qu'ils restent toujours des victimes, alors que l'Homme Blanc, lui, a été et est toujours un vilain exploiteur oppresseur. On oubliera vite l'héritage esclavagiste de l'Arabe. Pas celui du Blanc. Parce que ça arrange. C'est un peu comme on oublie que les populations arabes produisent des hommes misogynes et pour le coup de vrais oppresseurs de femmes parce qu'on préfère plutôt accuser seulement l'homme blanc d'être un porc. C'est pareil des deux côtés : je vois aussi des gens s'offusquer devant des actes qui ne sont racistes que dans leur tête affaiblie. La fameuse "blackface" qu'on croit voir dés qu'un non-Noir a voulu se déguiser en personnage Noir, comme s'il s'agissait de la bonne vieille blackface bien moqueuse de l'époque. Comprenez les intentions,les gens! Un ami du Fossoyeur de film qui fait le cosplay d'un perso de Pulp Fiction qu'il aime beaucoup n'est pas un clown qui se sert du faciès caricaturé des gens Noirs pour faire rire.
  13. papillonrouge24

    Snk 127

    Personnellement, je trouve qu'on est en plein dans le sujet. D'autre part, puisqu'on lit SNK, une oeuvre qui brasse et explore à bras-le-corps des idées et des réactions humaines prégnantes actuellement, je trouve que ce serait un minimum de pouvoir s'exprimer sans vulgarité ou insulte sur ces sujets et de ne pas se voir brimer par une censure malvenue dans un pays qui se prétend celui des libertés. J'ai souvent vu strikefreedom faire des comparaisons simplistes et qui, si on les étendait point par point, ne donneraient pas grand-chose (notamment celle Sieg/Hitler). En revanche, ne soyons pas de mauvaise foi. L'idée principale de son propos, c'est que des générations qui ne sont pour rien dans ce qu'ont fait leurs ancêtres soient culpabilisées par les descendants de ceux qui ont été lésés par ces ancêtres. Il ne s'agit alors pas forcément de parler de "crime" au sens légal du terme (encore que...) mais d'une idéologie raciste en générale, qui essentialise les groupes ethniques. Je t'invite à te renseigner sur ce qu'il s'est passé sur le campus d'Evergreen (youtube t'aidera) et sur les multiples manifestations de racisme anti-blanc (enfin, particulièrement anti-homme blanc) allant jusqu'à l'agression physique. Bien sûr, ces manifestations, et d'autres, sont le fruit de certaines mouvements dans les milieux universitaires des Etats-Unis, qui sont parvenus parmi nous et empoisonnent des générations d'étudiants, dans certaines facs parisiennes. Des mouvements inspirés des études post-coloniales initiées par Edward Said (qui s'en retournerait de sa tombe s'il voyait ce qu'on fait de son travail), propagandistes, donc déshonnêtes, qui distordent et transforment des concepts pour les faire entrer dans un discours orienté. Quand parfois ces "universitaires" ne se contentent pas d'inventer un concept tout bonnement raciste et sexiste dans son principe même qui sort tout droit de leurs névroses ( "masculinité toxique" ou autre "blancheur toxique") pour entretenir leurs luttes stériles. Dans ce contexte, l'esclavagisme des Noirs à l'époque coloniale, même s'il est étudié avec sérieux et impartialité par certains, forme bel et bien le terreau d'une certaine animosité, et je dirais "haine" pour utiliser le mot consacré, des personnes noires à l'encontre des Blancs actuels (mais là, il faut visiter les réseaux sociaux, c'est moins facile qu'un article pondu par un journal officiel qui préférera plaindre un membre d'une minorité ethnique s'il lui arrive quelque chose plutôt qu'un Blanc s'il lui arrive la même chose). D'ailleurs, on parle bien plus de la responsabilité de l'Europe dans l'esclavage en Afrique, moins de celle des Arabes (qui on pourtant réduit en esclavage environ 5 millions de personnes de plus que les Blancs), ce qui est un sérieux indice de qui on veut viser. Pour l'instant, ces mouvements ne sont pas encore très médiatisés en France, car il ne faudrait pas les dénoncer dans un contexte où le gouvernement veut faire croire que tout va bien et que tout est acceptable, mais les gens les voient, et commencent à les vivre. Et même de les vivre à cause de certains membres du gouvernement qui utilisent ces techniques de culpabilisation pour éviter de répondre à des remarques qui les gênent. En réalité, ce racisme est plus insidieux, passe moins par la violence physique, il est même encouragé par les élites et les universités concernées (qui organisent des réunions en non-mixité parce qu'une personne blanche qui s'y présenterait empêcherait forcément la parole des "racisés" et qu'elle serait l'ambassadrice, volontaire ou non du groupe oppresseur) et surtout il est véhiculé par des jeunes gens ignorants,sans aucun recul sur les raisonnements qu'onleur expose, en recherche d'identité à qui ces luttes inventées donnent une raison de s'agiter. Un truc très malsain. Ça se complique encore quand les "luttes" pour les diverses minorités (sexuelles, de "race", de religion, les handicapés, les personnes atteinte de pathologies psychiatriques), qui exigent donc des connaissances sur ces situations précises, connaissances qui font défaut aux chevaliers qui luttent, se superposent et entrent en conflit dans un même groupe: leschevaliers se retrouvent face à des paradoxes intenables, mais essaient tout de même de faire tenir leur discours qui finissent moqués (mais là, ils peuvent crier au vilain raciste suprématiste blanc). Ou bien ils éclatent et s’engueulent, comme les gamins frustrés qu'ils sont. S'il y a des personnes noires qui lisent ce topic, je suis sûre qu'elles sont assez intelligentes pour faire la part des choses. Et puis, ne soyez pas des fragiles. Ne commencez pas à faire comme si vous étiez en sucre, comme les SJW dans leur "safe space". Et ne vous voilez pas la face. Dernier point: il n'est pas question de dire qu'on ne doit pas parler de ce qu'on a pas connu. J'ai parlé dans ma thèse des migrations japonaise en Amérique du Sud. Je n'ai jamais été japonaise ni habitante en Amérique du Sud. C'est le travail du chercheur de parler de ce qu'il n'a pas vécu. Comment feraient les historiens sinon? En revanche, oui, certains réclament réparation pour eux-mêmes de ce que leurs parents ont vécu à des gens qui ne leur ont jamais rien fait. Au Canada (pays de fous sur certains points), les personnes Noires avaient demandé que les Blancs du pays leur reversent une taxe pour compenser les méfaits de leurs aïeux. La loi n'est pas passée, heureusement. Bon, c'est tout pour moi sur ça.
  14. papillonrouge24

    Snk 127

    Il me semblait pourtant que j'étais assez claire. Je pointais justement le fait que certaines personnes avec des convictions bien précises, forgées par certaines circonstances et certains contextes sociopolitiques dans nos contrées occidentales, ont eu envie de lire SNK avec leurs lunettes déformantes et d'y voir un plaidoyer pour leurs idées d'occidentaux actuels (pour être limpide, je parle des gens qu'on peut dire "de droite"). J'ai tenu à préciser que je n'étais pas en désaccord avec certaines de leurs idées par honnêteté, pour ne pas donner l'impression que je voulais les écraser et les mépriser. En revanche, je leur reproche de manquer de recul face à SNK et d'avoir voulu qu'Isayama confirme leur vision et leurs convictions dans sa fiction. Le parallèle que tu as apparemment cru que je faisais, ce sont ces gens qui le font. Je l'ai pourtant dit explicitement. Pour ma part, j'ai beau partager certains de leurs raisonnements quant à l'état de la société (sans pour autant me sentir très investie), je n'ai pas l'idée de chercher dans une oeuvre de fiction la confirmation que l'auteur pense comme moi. C'est plus clair à présent? EDIT: je précise également que si, tout mon développement a bien à voir avec cette notion d'"honneur" car elle semble ne pas être perçue de la même façon par les personnages (je rappelle que le chapitre précédent se nommait "amour-propre" et nous montrait les personnages se motiver pour arrêter le massacre) que par certains lecteurs, pour qui, justement, l'honneur consiste à ne pas se laisser tuer et à ne pas sauver ses ennemis, comme sont en train de le faire Hanji and co, parce que ça résonne trop avec les discours bien pensant de la tolérance qui circulent actuellement et que ces lecteurs ne supportent plus. Je ne parle pas d'Annie, Reiner, Magath, parce que ce ne sont pas eux qui sont visés quand certains commentateurs blâment les Paradisiens pour leur choix de ne pas laisser faire Eren. Voilà pourquoi Armin, Connie, Mikasa et les autres de l'équipe Paradis sont devenus des traîtres pour ces lecteurs.
  15. papillonrouge24

    Snk 127

    Je crois qu'il y a un truc tout simple que pas mal de monde oublie. C'est le sens de l'honneur. Beaucoup de gens que je lis ici ou sur l'autre forum où je traîne mette cet honneur dans le devoir de protéger son propre peuple,ainsi que sa propre famille,ses propres amis comme un symbole de ce peuple. Mais la conception de l'honneur à la japonaise, ce n'est pas ça. Si la 104 adopte l'esprit samourai, alors ils se doivent d'éviter la mort d'innocents. C'est ainsi qu'on fait la guerre honorablement. La guerre est affaire de guerriers, donc d'individus qui s'y consacrent. Et leur devoir est de protéger la veuve et l'orphelin. Evidemment, dans le cas de nos personnages, ils ont déjà été amenés à causer la perte de nombreux civils (on se souvient de Stohess), mais c'était toujours pour protéger davantage encore de civils, et toute l'humanité de l'époque. A présent que l'humanité s'est élargie, leur devoir de samourai s'est élargi aussi. Cette vision se heurte à la vision actuelle de l'honneur, surtout européenne, chez certaines personnes. Comme je le dis sur l'autre forum, et là j'aborde des sujets touchy mais je dois en passer par là, en Europe, depuis quelques décennies, les Etats imposent au peuple des charges lourdes: une immigration massive ingérable entraînant des conflits sociaux dus aux incompatibilités culturelles entre les mentalités des populations immigrées et les valeurs de la République, une culpabilisation de l'"homme blanc" et de la "blanchitude" en général, un vivre-ensemble forcé qui se traduit dans la réalité par des paradoxes à rendre dingue un bodhisattava. Bref, les gens réagissent et défendent l'idée de "patrie" à protéger contre l'idéologie destructrice et folle du "on peut tous vivre ensemble, même si on n'a pas du tout les mêmes idées", et la "France est à tout le monde". Dans ce contexte, défendre une identité, un " chez-soi" devient un devoir, et c'est ça l'honneur: ne pas accepter tout et n'importe quoi. Je ne peux personnellement leur donner tort, et même je leur donnerais plutôt raison, tant il me paraît difficile de nier qu'on ne peut faire cohabiter impunément des communautés aux valeurs souvent diamétralement opposées qui ne sont plus harmonisées par un système scolaire qui sombre dans la médiocrité, avec des enseignants bobos qui souffrent des conséquences de leur propre idéologie inculquée dans les lieux de formation (des élèves et des parents qui les menacent parce que l’enseignant n'est plus à respecter, l'interdiction de faire sentir à l'élève qu'il a des progrès à faire parce qu'il faut être "bienveillant"), et qui s'en rendent péniblement compte tout en ne l'avouant que du bout des lèvres (les forums d'enseignants sont très éloquents et disent long sur cette dissonance), un système scolaire sans moyens, avec de plus en plus d'élèves aux profils différents à gérer tous mélangés dans une même classe, qui doivent impérativement réussir, même s'ils sont nuls, et des enseignants impuissants en trop petit nombre. Bref,la France a voulu trop en faire alors qu'elle n'a pas les épaules, parce qu'elle a elle-même affaibli ses épaules tout en acceptant des charges démesurées. Pour autant, si j'en crois ce que je vois, beaucoup de lecteurs avec cette sensibilité exagèrent et projettent beaucoup trop leurs propre état d'esprit et leurs visions sur l'oeuvre d'Isayama. On compare la décision de l'alliance d'essayer d'arrêter le GT avec la volonté de certains Français de rapatrier des terroristes musulmans qui ont tué pour les juger sur le territoire français, avec le laxisme bien connu de la "justice" française. On compare les membres de l'alliance aux "cucks" bobos parisiens, sans-frontièristes seulement en théorie, mais bien protégé dans leur petite bulle de champagne (ou plus probablement de limonade, car le bobo, malgré son surnom, n'est pas forcément si bourgeois que ça, mais il veut tout de même maintenir un certain standing idéologique), et on ne pense pas qu'un cuck, c'est quelqu'un qui ne se bouge pas, certainement pas un gars qui se démène et prend un risque tellement énorme qu'il en paraît idiot comme ceux de notre alliance. On croit qu'Isayama est en train de dire "le multiculturalisme et l'ouverture sur le monde ou plutôt la soumission au monde, c'est chouette!" alors qu'il parle depuis sa petite île qui a une façon bien à elle d'être ouverte sur le monde et ne se fait pas embêter par des idéologies bien-pensantes où les frontières s'abolissent. En d'autres termes, si Armin et Hanji parlent de négocier et de faire la paix, ce n'est certainement pas pour instaurer un régime où toute la planète viendrait crécher sur Paradis et se dire paradisienne sans suivre les règles de la société qui l'accueille. Tout ce pavé pour dire que la réception de l'oeuvre d'Isayama est fortement conditionnée par le vécu et l'expérience des lecteurs français qui n'adhèrent pas aux idéologies de gauche, et qui aurait aimé voir illustrer dans l'histoire du mangaka leurs idées: le Grant Tremblement non contrarié, principalement, comme un indice que l'auteur approuve cette méthode pour sauver son propre peuple. De ce fait, l'alliance est une bande de traîtres, comme sont qualifiés les "bobos-gochos-collabos" qui participeraient (j'utilise le conditionnel, mais en fait je suis d'accord avec cette vision des choses) à la destruction de tous les cadres qui ont fait de la France un chouette pays après la guerre (on peut toujours faire mieux, mais là pour le coup, on ne fait pas mieux). Ces lecteurs commettent la même erreur que certains lecteurs SJW américains que j'ai pu lire, dont un anime-only qui voyait en Levi et Erwin les incarnations de l'idéologie d'extrême-droite d'Isayama et n'arrivait cependant jamais à dégager de la substance de l'oeuvre une démonstration convaincante des idées qu'il lançait. Pour tout dire, il n'essayait même pas. Il ignorait le contexte, l'évolution de la diégèse, les interrogations que cela construisait, et ne faisait que se plaindre que les gens ne voyaient pas qu'SNK était une grosse propagande de droite. Ces lecteurs, donc, font une erreur monumentale et s'imaginent qu'Isayama écrit un pamphlet et veut à travers ses personnages et son oeuvre défendre une méthode. Et pour nos lecteurs européens dont je parlais, ça devait être la méthode "butons-les tous, la patrie d'abord!".(Je dis européens, mais des idées similaires circulent aux Etats-Unis où l'extrême gauche en folie a bien agacé aussi, et les lecteurs états-uniens ont le même genre de réactions que les Français) Voilà pourquoi tant de gens peinent à prendre du recul sur le dilemme actuel et ragent violemment contre Hanji et co. Au fond, ils en veulent à l'auteur.
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