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Mereoleona

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  1. Bonjour @Mige Les chapitres de Tokyo Revengers sortent en anglais chaque mardi ou mercredi, traduit par la team First Division Scanlations, et déposé sur Catmanga. Ils sont également disponibles en français grâce à la team Anglais : https://catmanga.org/series/tr Français : Tu peux aussi retrouver la liste des teams françaises de traductions, ainsi que la liste de leurs projets (dont Scantrad). Pour les fans de cette série, j’ai lu une interview de l’auteur Ken Wakui par l’éditeur Glénat : https://www.glenat.com/sites/default/files/tokyo_revengers_-_dp.pdf J’ai trouvé cela intéressant de connaître les inspirations de l’auteur. Il s’est donc servit de sa propre expérience de voyou, pour écrire Tokyo Revengers. Le saut dans le temps lui permet essentiellement de décrire ce qu’il connaît le mieux ; les loubards de son époque, leurs valeurs et leurs codes. Sur le net, une photo rappelant l’uniforme, l’étendard et l’écharpe blanche nouée au dos, ressemblant au Tokyo 卍 Kai. EDIT de goon : pas de liens ou de pub vers d'autres équipes FR.
  2. Death Note / Tokyo Revengers. Vote Blanc. ⭐⭐⭐⭐⭐ J'en profite pour promouvoir Tokyo Revengers, que j'ai découvert il y a peu. C'est un véritable coup de cœur, qui bénéficie aussi de sa version animée. L'histoire émouvante d'un homme de 26 ans, qui apprend le décès de sa petite amie d'enfance, et qui au seuil de sa propre mort, parvient à remonter 12 ans dans le passé. Il redécouvre sa période collégienne de délinquent, et réécrit sa vie, tout en se fixant l'objectif de sauver la vie de son amie. De fil en aiguille, il passe d'un homme défait à une personne courageuse. L'amitié, l'amour, les gangs, leurs combats et l'humour sont au rendez-vous. Certains personnages sont très charismatiques, les scènes de combats parfois impressionnants, certains évènements sont parfois crus, difficiles à lire, et d'autres extrêmement émouvantes. Le héros atypique, parvient à me conquérir au fur et à mesure de ses aventures. Pour les lecteurs qui aiment le genre furyō, je pense que cette histoire pourrait vous plaire. C'est une oeuvre qui semble avoir beaucoup de succès, puisqu'outre sa version animée, elle bénéficie aussi d'un film live action.
  3. Madara raconte une légende à Hashirama ; celle de la princesse Kaguya, qui mangea le fruit du chakra dans le but d’arrêter les guerres. À ce moment-là, Zetsu manipulait l’histoire shinobi et Madara, grâce à la tablette modifiée du clan Uchiha. Dans Naruto, on découvre l’arbre divin, qui lorsqu’il perd son fruit du chakra devient un monstre, le Jyūbi. Dans Boruto, le Jyūbi est planté dans le sol, et seul l’arbre qui pousse au-dessus de sa carapace est visible. Dans Boruto, Jyūbi est encore une énigme. Il est une créature étrange manipulée par le clan Ōtsutsuki. Nous ne savons pas ce qu'elle est, ni d'où elle vient. Une planète, même dans Boruto/Naruto, a certainement des milliards de formes de vie, et pas seulement humaine. Absorber l’énergie vitale demande certainement du temps. Kaguya avait d’ailleurs surnommé la Terre « sa pépinière » ; autrement dit une terre utilisée pour produire son armée. Si le Jyūbi absorbait vraiment l’énergie complète d’une planète, alors il n’y aurait ni de Naruto, ni de plan pour contrer les Ōtsutsuki de la part de Kaguya. Je pense que Jyūbi absorbe une partie de l’énergie vitale jusqu’à la création d’un fruit du chakra. Mais en soit, il est possible qu’il puisse fabriquer plusieurs fruits du chakra, jusqu’à épuisement des ressources terriennes. En revanche, si un sacrifice Ōtsutsuki est une condition sine qua non, alors je me demande qui Kaguya a donné en pâture à cette créature : Jyūbi a été planté avant l’arrivée de Kaguya et Isshiki sur Terre, par un autre duo. Dans le manga Boruto, Sasuke entre dans la dimension Ōtsutsuki, et découvre des dessins sculptés représentants les cornes des membres de cet illustre clan ; 3 encadrés pour 2 cornes chacun (Kaguya/Isshiki - Kinshinki/Momoshiki - dernière illustration détruite) ; Le complice d’Urashiki a été utilisé comme sacrifice (s'il est canon) ; Kaguya a trouvé un moyen détourné d’exécuter ce rituel. D’ailleurs, Jyūbi ne mue pas. Il est enterré sous terre comme une graine. On ne voit que sa carapace évoluer en un arbre gigantesque, à mesure qu’il absorbe l’énergie terrestre. Dans Naruto, lorsqu’il est dépouillé de son fruit, il devient destructeur. Dans Boruto, il tente de se rebeller contre Jigen/Isshiki lorsque ce dernier l’approche pour absorber son chakra. Personnellement, je ne vois pas d’incohérence. Boruto a simplement approfondi le concept du Jyūbi. Dans Naruto, il était un arbre donnant un fruit du chakra, qui devient une créature lorsqu’il cherche à récupérer son dû. Dans Boruto, Jyūbi est une créature enterrée dans le sol qui produit un arbre gigantesque au terme duquel éclos un fruit du chakra. Kaguya utilise le Jyūbi de la même façon qu’un jinchūriki ; elle l’absorbe et devient la créature, tout comme Bee et Naruto, en Beast Mode. Amado dit que les Ōtsutsuki effectuent une mise à jour d’eux-mêmes. Lorsqu’un Ōtsutsuki est dévoré par le Jyūbi, ses informations génétiques, au même titre que les données de la planète, sont mixés dans le fruit du chakra. Lorsqu’un Ōtsutsuki le mange, il récupère l’ADN de son collègue… Comme le fruit du pouvoir qu’est devenu Kinshiki. Ils évoluent aussi entre eux. Question hors-sujet : Ne serait-il pas plus judicieux de créer un sujet regroupant l'animé Boruto, plutôt que de créer un sujet par épisode ? En jetant un œil dans la rubrique Naruto, je m'aperçois qu'il n'y a pas ou peu de contributions, parfois. Pourquoi ne pas faire un sujet similaire à l'animé dédié à One Piece, par exemple ?
  4. Dans le chapitre précédent Le village se débat. Les Hagoromo jubilent. CHAPITRE VIII ... ET SES RACINES SE FORTIFIENT. Le village se réveillait au lendemain de la bataille sanglante. Les nuages grisonnants s’étaient invités, appelant avec eux, l’averse. Les habitants, tout de noir vêtu, formaient un cortège en direction du cimetière. En cette triste matinée, les blasons claniques avaient été laissés au placard ; les habitants formaient un seul et unique peuple. La cérémonie fut courte et tout en sobriété. La pluie s’intensifiait, faisant écho à l’humeur générale, comme si le village pleurait, lui aussi. Une statue symbolisant une flamme fut érigée, et les noms de chaque shinobis tombés y étaient gravés. Ce fut un moment émouvant, où les femmes et les enfants tentaient de ravaler courageusement leurs larmes, et les guerriers de refouler leur colère et leurs impuissances. Le silence des représentants était tout aussi éloquent, et leurs statures les faisaient redevenir, à cet instant, de simples humains. Lorsque sonna la fin de la cérémonie, le flot humain s’éparpilla. Chacun retournait à sa vie. Néanmoins, cette épreuve commune lia beaucoup d’habitants, pourtant issus de clans différents. - C’est dans les épreuves les plus difficiles que se lient les amitiés les plus fortes, dit Sasuke. - En effet, on peut dire que cela a eu au moins un aspect positif, répondit tristement Hashirama. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Les jours passèrent et la vie reprenait peu à peu. En hommage à ceux qui s’étaient sacrifiés, les enfants sortaient à nouveau s’amuser, et les femmes se rejoignaient à nouveau pour bavarder et commérer. Les shinobis avaient repris le chemin des terrains d’entraînement et des missions. Le village réapprenait doucement à vivre. Malgré cela, l’ombre du clan Hagoromo planait encore. Madara, Chūshin et leurs équipes avaient quitté le village trois jours plus tôt. Tout le monde attendait leur retour. Les gardes et les rondes avaient été renforcées ; les leaders et leurs seconds, eux-mêmes, s’y aventuraient parfois. Les chefs de clan s’étaient à nouveau rencontrés, pour discuter de la bataille ; pointer les défauts, et explorer de nouvelles pistes. Malheureusement, la discussion dériva ; chacun accusant son voisin. - Peu importe ! Madara-Sama et Hashirama-Sama n’auraient pas dû partir tous les deux ! Vous êtes les plus forts, l’un de vous deux aurait dû rester au village ! Accusa Shinku. - Les ravages les plus considérables étaient à l’endroit où se trouvait Habu ! Contra Izuna, furieux. - Allons, allons ! Ce qui est fait, est fait ! Nous avons pu stopper les groupes… - Sasuke-Sama, nous devons notre salut à vos retours miraculés ! Lança Shèn. - … - Oui, nous étions sur le point de tous nous faire tuer ! Ils étaient à un cheveu d’entrer dans le village ! Nous n’avons pas été organisés et il y a tant d’autres choses à dire, continua l’unique femme du groupe, acerbe. On toqua à la porte. Un garde se présenta. - Les maîtres Uchiha et Hatake sont de retour. Les esprits échaudés se calmèrent. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Par une après-midi ensoleillée, le groupe missionné en territoire ennemi faisait enfin son retour. Les leaders Uchiha et Hatake étaient acclamés par les guerriers et certains habitants du village ; la nouvelle se propagea rapidement. Madara et Chūshin n’étaient pas revenus les mains vides. Derrière eux, un groupe de femmes et d’enfants les suivaient, docilement. Ils furent pris en charge par une équipe et menés vers les campements de fortunes érigés quelques jours auparavant lors de l’attaque. - Bien joué, Madara ! Bon retour, Chūshin-Sama ! Salua Hashirama. - Bon retour, Onii-san ! - Izuna, conduit nos invités vers les campements et organise des équipes de surveillance, demanda l’aîné. Les Uchiha avaient été désignés pour conduire les interrogatoires. Les survivants du clan Hagoromo resteront sous étroite surveillance ; après tout, ils demeuraient une menace pour le village. Après avoir donné ses dernières instructions, Madara rentrait enfin chez lui. Cela lui avait semblé être une éternité qu’il n’était pas revenu au quartier Uchiha. En traversant le village, il lui a semblé que le cours de la vie avait repris. Pourtant, l’homme ne pensait qu’à une chose ; retrouver son lit et reposer son corps endolori par les combats, les courses-poursuites, les veilles nocturnes et les discussions migraineuses sans fins. Lorsqu’il entra dans son quartier, l’ambiance avait l’air plus chaude qu’à l’accoutumé. Les femmes, d’ordinaire discrètes, avaient formé un groupe et discutaient autour d’un pique-nique improvisé dans les petites ruelles. Elles riaient, blaguaient, sans jamais se défaire de la surveillance de leurs enfants. Lorsqu’elles l’aperçurent, leurs sourires s’agrandirent. Elles se levèrent et s’inclinèrent pendant qu’il continuait sa marche. - Bon retour, Madara-Sama ! Le saluèrent-elles, de concert. - J’espère que votre mission s’est bien passée ? - Bonjour, mesdames. Oui, la mission s’est bien passée. Toujours aussi peu loquace, les Uchiha ne lui en tenaient guère rigueur. Elles savaient lire entre les lignes. Le leader continua sa route, nonchalamment. Même s’il ne le montrait pas, Madara était satisfait de voir son clan aspirer à la paix, et s’acclimater à ce nouveau mode de vie. Il gagna finalement ses quartiers. Toujours à l’heure, Nadeshiko, l’attendait. Comme d’habitude, la jeune femme était allongée, éclairée par la lumière naturelle du jour, filtrant derrière les shoji*. - Pas aujourd’hui. - Je resterais à vos côtés, sans vous gêner. Le brun l’ignora. Il posa sa faux et son éventail sur les portes-armes muraux, et commença à se défaire de son armure. La jeune femme, se releva avec l’intention de l’aider. - Ne t’approche pas, femme. - Mais… - Je suis couvert de sang séché. Nadeshiko le regarda faire, légèrement sonnée par ses ordres. Elle se ressaisit, et se hâta dans la salle d’eau ; elle ôta le couvercle de la baignoire en bois, où l’eau était encore à bonne température. L’homme entra dans la pièce quelques minutes plus tard débarrassé de sa tenue. Il s’approcha pour se nettoyer. Nadeshiko l’enlaça gentiment par les épaules où elle y déposa un baiser innocent. Elle l’aida ensuite à se laver les cheveux, puis son dos et le quitta. - Je vais vous préparer un thé, et votre kiseru, Madara-Sama. - J’ai appris pour ton père… - … - Mes condoléances, Nadeshiko. La jeune femme ne répondit pas, elle se contenta de hocher la tête. Oui, son père faisait partie des shinobis tombés durant l’attaque, mais elle ne voulait pas en parler. Elle souhaitait simplement s’oublier dans les bras de l’autre homme qu’elle chérissait le plus au monde. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Au lendemain du retour de Madara et de ses troupes, les Uchiha, désignés pour conduire les interrogatoires, veillaient le reste des Hagoromo. Il y avait une trentaine de femmes de tout âge et une cinquantaine d’enfants. En somme, des civils inaptes au combat. Les descendants du clan Hagoromo étaient physiquement proches de la plupart des clans du pays du Feu, à l’exception de leur couleur de peau d’un blanc blafard leur donnant un aspect presque maladif. Leurs infâmes actes et leur nature élémentaire, souvent liée à la maîtrise traditionnelle de la faux, faisaient ressortir alors cet aspect sinistre, rappelant la légende des shinigamis. Habu fut un shinobi tristement célèbre pour sa cruauté sans égale. Il était un maître exceptionnel du vent, et du maniement de la faux. Combiné à cela, il avait la particularité d’invoquer des serpents gigantesques à qui il offrait des offrandes humaines au beau milieu des champs de bataille. Il se refusait à respecter le sacrifice et les morts nobles de ses adversaires. Il devint chef de clan dès l’âge de onze ans, puis se maria à l’âge de quatorze ans. Son épouse, plus âgée, lui donna cinq enfants dans la foulée puis mourut. Plus tard, ses fils décédèrent également au combat. N’ayant plus d’héritiers, il se maria à nouveau à l’âge de trente ans et il eut d’autres enfants qui succombèrent encore. Habu continua ainsi, ne voyant aucun désagrément à user les femmes de son clan comme si elles n’étaient que des incubateurs à bébés ambulants. À sa mort, il laissa derrière lui quatre enfants : Sakishima* faisant désormais office d’héritier, Honha*, Tokara* et enfin sa fille unique, Hime*. Ils étaient tous âgés de moins de treize ans. Madara se souvient encore de la façon dont ils se sont laissés capturer. Les successeurs du clan contrôlaient l’ensemble du village Hagoromo et parlaient comme un seul. Sakishima ne semblait nullement impressionné par l’escouade venue les arrêter, et invoqua intelligemment son droit à une sentence juste. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Après un entraînement matinal avec son vieil ami, le leader aux sharingan marchait vers les portes du village en direction des campements où étaient surveillés les reliquats de l’infâme clan. Il devrait boucler cette histoire en une matinée. Un groupe d’Uchiha conduit par Kagami, l’un des meilleurs shinobi du clan, donnait des directives afin de limiter le nombre de personnes par groupe. - Kagami, comment s’est passée ta nuit ? Questionna Madara en arrivant. - Bonjour Madara-sama. Plutôt bien, il n’y a eu aucune mutinerie. En fait, ils se sont étrangement bien comportés. - Bien, je te remercie. Ton équipe et toi serez relevés dès l’arrivée de l’équipe d’Obito. Kagami s’inclina respectueusement et retourna à ses tâches. Le leader entra dans la tente principale où une table et deux chaises ont été installées. Un sceau au sol portant l’emblème du clan était visible, afin d’empêcher toute discussion d’être espionnée. Enfin, un homme assis en retrait à une table basse avec de l’encre et un parchemin vierge, attendait. Il salua le leader à son arrivé et se prépara à écrire. - Commençons ! Amenez-moi la première personne. Quelques minutes plus tard, une femme âgée fut amenée et assise sur la chaise face à Madara. Ce dernier n’avait nullement l’intention de faire dans la dentelle. Il mit les pieds dans le plat, sans attendre. - Reste-t-il des shinobis vivant de votre clan ? - … - … Où sont vos vassaux ? - … - Tsk… Où est fabriqué votre armement ? Silence radio. Madara tentait de se tempérer. Il ne pouvait pas blesser des civils, encore moins lorsqu’il s’agissait de femmes et d’enfants. Mais il n’était pas connu pour sa grande patience. Et de toute évidence, les Hagoromo n’avaient pas l’intention de parler alors qu’ils avaient explicitement demandé à se défendre. - Appelez-moi Obito !! Le concerné arriva en catastrophe et s’inclina en manquant de se cogner la tête au sol. - Obito, organise une équipe en parallèle. Vous allez interroger les femmes sans le sharingan. Surtout, ne les remettez pas dans leur groupe, gardez-les isolées de ceux qui n’ont pas été encore interrogés. - Bien, Madara-sama ! - Kakiyaku*, envoi moi l’héritier du clan, ordonna Madara à l’assistant installé en retrait. Quelques minutes plus tard, le jeune Sakishima entra. Son visage, serein, ne démontrait pas l’ombre d’un stress ou d’autres formes d’angoisses. Il sourit à Madara et s’installa sans inquiétude face à lui. - Ton nom ? - Sakishima Hagoromo, répondit le jeune garçon, sans se départir de son sourire. - Reste-t-il des shinobis au sein de ton clan ? - Aucun. - Qu’en est-il des mercenaires ? - Ils se sont enfuis. - Et vos armes ? - Tous utilisés durant notre dernier raid. - Bien, merci de ta coopération ! Répondit le leader, suspicieux. - … - Tu ne verrais pas d’inconvénient à ce que je vérifie tes dires, alors ? Madara activa ses pupilles écarlate et entra dans la tête de l’enfant sans attendre sa permission. Cela ne fut l’affaire que de quelques secondes. ~ L’enfant et son étrange sourire, Madara, frappé par la stupeur ~ Les rouages se mirent en place, pendant que les dernières paroles de Habu lui revenaient en mémoire : « Ma volonté ne s’éteindra pas, mes fils continueront mon travail jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de vous ». ️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️️️ 📽️ Flashback 📽️ ️ - Jeune maître Sakishima ! - Que se passe-t-il ? - Nous avons ceci pour vous. Un vassal Hagoromo tendit un petit serpent blanc au garçon. Les quatre derniers enfants d’Habu étaient réunis dans la maison principale de leur village. - C’est un des serpents de père. Il m’apporte certainement un message. - Que dit-il ? - Hum… Père a été capturé… - Père a été capturé ?! Mais comment va-t-on faire ? - Ne t’inquiète pas, petit frère. Père m’a confié des instructions. Nous les suivrons à la lettre. Madara assistait à ces scènes du passé, à mesure que la stupéfaction le gagnait. Sakishima avait organisé le clan en sachant que ni les vassaux, ni les shinobis ne survivront. Ils seront éliminés jusqu’au dernier, car tel était le fonctionnement de tous les clans du pays. Suivant les consignes de Habu, il ordonna alors aux jeunes femmes de se saisir des derniers matériaux, pour se fabriquer des plastrons blanc piégés. Ils devront être équipés sous les kimonos, juste sous la poitrine, donnant l’illusion d’une grossesse. Les petites filles, elles, colleront des parchemins piégés sur leurs corps. - Ils n’oseront jamais fouiller les petites filles et les femmes… Surtout si elles ont l’air enceinte. - Je vais le faire aussi, grand frère Sakishima ! - Oui, Hime ! Père sera fier de toi ! L’héritier continuait de lire les consignes. - Les garçons seront fouillés et désarmés. Les civils ne seront pas tués. Nous, les héritiers seront certainement soumis à la question*… - … - Père dit aussi, que les femmes âgées et les garçons doivent porter un sceau piégé sur la langue… Ce Habu est fou… Pensa Madara, témoin de ces souvenirs. - D’après père, le sharingan est capable de pénétrer notre esprit, et d’en prendre le contrôle. Ils seront certainement ceux qui nous interrogerons. Si c’est le cas, nous n’aurons aucune chance. - Que devons-nous faire, Sakishima-Sama ? - Ne vous en faites pas ! Vous, vous serez tous tués ! Le mercenaire, choqué par le sourire presque fou de l’enfant, se retira. - Nous attendrons le moment opportun pour frapper. - À quel moment, grand-frère ? - Lorsque le leader Uchiha sera sur place bien sûr. - D’accord ! Je suis prêt, moi ! - C’est bien petit-frère ! Père sera fier de toi ! Ils n’avaient aucune chance. Habu haïssait tant le pouvoir divin conféré par le sharingan, qu’il ne voyait aucun inconvénient à utiliser les civils de son clan. Ils attendront le moment propice pour les toucher à grande échelle, et décimer, une bonne fois pour toute, ce maudit clan, quitte à emporter le reste des Hagoromo. 📽️🎬 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ 🎞️ ️ Madara hurla des ordres afin d’être entendu par tout le campement ! - Évacuez !! Ce sont tous des kamikazes ! 💥💥💥💥💥 Trop tard. Des explosions à la chaîne retentirent emportant la plupart des shinobis. Un rire se fit entendre ; celui de l’héritier Hagoromo. - Je crois que vous m’avez oublié ! L’enfant tira insolemment la langue, révélant le sceau « explosion ». Une lumière intense envahie la tente. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Le village tremblait et détonnait. La peur gagna à nouveau les villageois, pendant que les shinobis se dépêchaient de rejoindre les portes du village, suivant le son des déflagrations. Le tronc et le bras squelettique du susanō avait fait son apparition, protégeant son hôte et Kakiyaku. Madara contemplait les dégâts. La tente avait été soufflée révélant le paysage détruit : Des flammes ici et là, des infrastructures effondrées, et bien sûr, le mur protecteur du village en miette. Pris d’une rage incontrôlable, ses sharingans captèrent certains enfants du clan Hagoromo qui avaient miraculeusement survécu. Sans une once d’hésitation, il se saisit d’un kunai dans les décombres et fonça sur eux, les fauchant tous. Dans sa vendetta, il finit par apercevoir Obito sous les décombres, sévèrement touché. - Obito ! - Mada…Madara…Sa… - Ne t’agite pas ! Le leader déplaça le mur de pierre sous lequel se trouvait le malheureux, tout en posant ses mains sur les blessures du shinobis. Il héla les secours, qui arrivaient de toute part. - Pas encore…Pas encore... Murmura-t-il, pour lui-même. L’homme s’asseyait sur les restes d’un débris. Il observait ce qui se passait autour de lui, sans être présent. Sa vue se teintait lentement de rouge : Était-ce la couleur du sang ou peut-être celle des ténèbres ? Il avait toujours dansé sur le champ de bataille, mais n’avait jamais succombé à son ivresse, ou peut-être une fois, lorsque son précieux petit frère Izuna, avait été mortellement touché. Et comme cette fois-là, il se sentait à nouveau appelé. Était-ce la voix des ténèbres ? Était-ce le démon maudit de son clan ? - Madara ! - … - Madara !! - … - Madara, réveille-toi !!! Cria Hashirama en le secouant. - Qu'es... Qu’est-ce que tu veux ? Répondit froidement l’Uchiha, revenant à lui. - Comment ça ?! Je veux savoir ce qu’il s’est passé !! - Ohh, tu veux savoir ce qui s’est passé ? Madara se releva. - Il s’est passé ce que tu souhaitais, Hashirama... Le ton froid et le regard dur, firent mettre sur ses gardes, le Senju. Il resta, toutefois, silencieux. - Tu ne voulais pas massacrer un clan coupable des pires atrocités, parce que ce sont des enfants et qu’ils peuvent être changés. Je te laisse admirer la conséquence de tes choix ! Madara passa devant son vieil ami, et s’arrêta un instant. - Oh, et je suis sûr que tu es désolé des pertes Uchiha, n’est-ce pas ? 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Quelques heures après l’attentat, les Uchiha se cloîtrèrent dans leur quartier. À l’arrivée de leur chef, l’un d’entre eux le héla : - Madara-Sama, nous devons nous réunir pour vous parler, demanda-t-il en s’inclinant, genou à terre. - Très bien, réunit tous nos hommes à la maison principale dans une heure. - Merci beaucoup. Madara ne prit pas la peine d’avertir le conseil. Il s’agissait d’une simple réunion de clan sans incidence particulière. S’il doit y avoir des décisions importantes, il les consultera en temps et en heure. Il entra dans ses quartiers et trouva son frère attablé. - Petit frère, réunion dans une heure. - Bien… - Qu’est-ce qu’il y a ? - … - On en discutera à la réunion… Face au silence de son cadet, Madara s’approcha et lui caressa affectueusement la crinière. Il le savait secoué par l’attentat. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 C’est dans une pièce spacieuse et frappée par le sceau du clan au sol, gage de discrétion, que la réunion commença. Madara était dans le même état d’esprit que ses frères. En tant que leader, il se devait de garder la tête froide et se modérer. Izuna s’était installé à ses côtés, assit en tailleur. Il avait devant lui un parchemin afin de noter toute les demandes ou remarques des membres du clan. - Commençons ! - Madara-Sama, nous pensons tous que nous sommes ciblés alors que nous sommes le clan fondateur au même titre que les Senju ! - Oui, c’est bien vrai ! Ils nous ont accusé lors de la bagarre il y a quelques semaines ! - Ils ont fait exprès de nous donner les Hagoromo pour réduire notre nombre !! - Maintenant, ils vont nous accuser d’avoir mal fait notre travail !! - Ils cherchent à nous éliminer depuis le début !! - Ils nous regardent de travers et nous méprisent !! - Ils nous ont utilisés pour construire ce village et nous prendre notre territoire ! Tout le monde parlait en même temps, mais étonnement, Madara percevait clairement chaque mot. Il y avait une part de vérité et il avait besoin d’entendre ces mots. Le jeune chef était maintenant bien éveillé et il était temps qu’il remette les choses en ordre. - Du calme ! - … - Je vous ai entendu ! Soyez assuré que je défendrais les intérêts de notre clan en demandant rapidement une réunion avec les autres chefs. Pendant ce temps-là, agissez normalement, quoi qu’il puisse se passer ! Ne vous laissez pas aller à la colère, ça ne ferait qu’empirer les choses, compris ? Ils s’inclinèrent tous en signe d’accord. Même si les Uchiha ne semblaient pas très expressifs, ils avaient en réalité beaucoup de respect pour leur chef, et une fierté démesurée lorsqu’il s’agissait de louer sa force. Madara en avait conscience, et pour ces raisons-là, il s’efforçait de garder la tête hors de l’eau. Depuis quelque temps, il se sentait attiré par les ténèbres, mais il luttait. Les récents événements ne l’aidaient malheureusement pas dans cette entreprise, et le comportement d’Hashirama lui donnait envie de tout envoyer en l’air. Parfois, il aurait préféré prendre son clan et partir. Mais depuis la construction du village, il a vu l’apaisement et le bonheur se dépeindre sur les visages des femmes et des enfants : Il ne pouvait pas leurs ôter ça. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Au village, les rumeurs allaient bon train et elles n’étaient pas favorables aux porteurs du sharingan. Un groupe de shinobis revenant des terrains d’entraînement, discutaient tranquillement, ne se souciant guère d’être entendu : - J’ai vu le susanō de leur chef, c’est lui qui a tué tous les enfants et provoqué ces dégâts. - Je ne suis pas étonné, j’ai entendu dire que le sharingan rend fou. - Ah ! Alors ça explique cette attaque ! Maintenant, ils vont se faire passer pour les victimes. - J’espère qu’ils seront sanctionnés. - Arrêtez ça tout de suite ! Lança une voix féminine, derrière eux. Le groupe fut saisi d’effroi. Face à eux, se dressait une petite femme aux cheveux roux. La futur épouse d’Hashirama, Mito Uzumaki. Elle revenait de l’hôpital et semblait exténuée. - Vous faites honte à Hashirama-Sama ! - Princesse Mito… - Laissez-moi vous rappeler que les Uchiha font partis de notre village ! Médire sur eux est inconvenant ! Que je ne vous entende plus parler de cette manière !! - Bien Mito-Sama, dirent-ils en cœur. Ils disparurent de son champ de vision, sans demander leurs restes. Mito était bien la seule à défendre le clan Uchiha. Malheureusement, elle ne pouvait pas arrêter les personnes de parler et de penser. Contrairement à Tobirama, la jeune femme avait complétement embrassé les idéaux de son bien-aimé. Alors, tout comme lui, elle croyait que les Uchiha et les Senju pouvaient s’entendre. Elle s’était faite de nombreuses amies parmi ce clan, et en étant proche d’elles, elle avait perçu la véritable passion qui entourait leur nom. Au lieu de rentrer, elle décida d’aller au quartier Uchiha. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Alors que Mito s’approchait du grand torī, elle croisa Madara qui sortait. - Uchiha-Sama, mes condoléances pour les pertes de ce matin, dit-elle en s’inclinant devant lui. - Merci, Princesse. Il passa à côté d’elle sans plus de cérémonie. - Excusez-moi ! Il s’arrêta. - Je sais que vous êtes en deuil, mais sachez que je ferais tout pour vous aider ! Cette fois, Madara se tourna complétement vers elle. - Nous n’avons pas besoin de votre pitié. - Ce n’est pas de la pitié. Je veux que notre cohabitation fonctionne ! - Cet homme est réellement intimidant, je me demande comment Hashirama fait pour ne pas tressaillir sous son regard ! - Tu parles comme lui, s’en est écœurant… Madara s’éloigna. Mito resta sans voix. À cet instant, elle le réalisa. Il y avait une cassure entre les Uchiha et le reste du village. Elle ne s’en était pas rendu compte depuis tout ce temps, occupée à courir après ses propres objectifs. Les Uchiha avaient désormais des doutes, et les habitants du village ne semblaient leur accorder aucune chance. Elle s’approcha du mur du quartier et se laissa tomber jusqu’au sol, sanglotant silencieusement. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Kiku Uchiha était, elle aussi, éreintée. Elle avait passé sa matinée à l’hôpital au chevet de son frère. Les dieux étaient de son côté, il s’en était sorti de peu. En revenant au quartier, elle tomba sur Mito Uzumaki assise au sol, des larmes coulant sur son visage de porcelaine. Elle se précipita vers elle. - Princesse ?! - Ohh !! Euh… Tout va bien… Juste un peu fatiguée ! - Vous êtes sûre ? - Oui, oui, ne vous en faites pas… Euh… Il faut que je rentre ! - Très bien, mais pas avant de m’avoir suivi ! - Non vraiment, ne vous en faites pas, je…. - Les Uchiha ont des bons yeux, vous savez ! L’interrompu-t-elle, en lui faisant un clin d’œil. Kiku aida Mito à se remettre debout et la traîna à travers le quartier, jusque chez elle. Elle lui offrit un thé et lui présenta sa mère. Mito lui conta alors ses pensées et sa brève discussion avec Madara. La jeune fille, quant à elle, lui fit la promesse qu’elle allait tout arranger. - Ne vous en faites pas, Princesse ! Je ne laisserais pas mon clan sombrer ! - … - Reposez-vous ! - Kiku, je crois que vous ne saisissez pas ce que je veux dire ! - J’ai très bien compris. Mais avec tout le respect que je vous dois, ce n’est pas votre affaire ! - Euh ?! - J’ai moi aussi entendu de nombreuses rumeurs à propos de mon clan. Je suis aussi en colère. Mais c’est mon travail. Je m’assurerais que les Uchiha ne soient pas rejetés ! Faites-moi confiance ! - Dans ce cas, soit ! Mito remercia chaleureusement sa nouvelle amie. - C’est marrant, son aura est aussi chaude et bienveillante qu’Hashirama…
  5. Dans le chapitre précédent Les Hagoromo passent à l’attaque. La coalition entre en scène. CHAPITRE VII L'ARBRE APRÈS LE VENT EST ROBUSTE... Les rues du village avaient été désertées. Les cris et rires d’enfants s’étaient estompés, laissant place aux bruits de pas lourds et pressés, qui allaient et revenaient sans cesse. Sarutobi Ran avait pris le contrôle de la situation en main. À ses côtés, quelques guerriers et civils compétents, s’étaient organisés pour protéger et calmer la population. Lorsque l’alerte fut officiellement sonnée, les villageois s’étaient affolés. Les enfants et les personnes fragilisés étaient envoyés au QG, l’endroit le plus éloigné des portes. En complément des guerriers, les primates du clan Sarutobi s’étaient éparpillés pour se positionner sur les structures les plus hautes du village, afin d’y monter la garde. Le chef des Hatake avait laissé derrière lui son escouade de chiens traqueurs qui patrouillaient au sol. Dans chaque quartier, les habitants, anxieux, se rassemblaient dans les grandes maisons principales et patientaient. Aux portes du village, des tentes de fortune avaient été levées. Mito accompagnée de Hiyori et Ritsuko, filtraient et redirigeaient les retours des combattants, afin de ne pas engorger l’hôpital. L’Uzumaki, comme tous les membres de son clan, était douée dans l’art du fūinjutsu*. Elle l’utilisait judicieusement pour sceller, temporairement, les blessures nécessitant des soins importants et urgents. Ritsuko pratiquait, sur les blessés légers, la technique de la « paume mystique », enseignée par son amie rousse à certaines femmes du village. Bien que cette maîtrise fût réputée relativement basique, elle sollicitait un contrôle précis de son chakra. En complément, elle appliquait des bandages et pansements aux combattants n’ayant pas besoin d’aller à l’hôpital dans l’immédiat. Enfin, très à l’écart des autres tentes accueillant les blessés, Hiyori s’occupait des héros tombés au combat. Elle avait pour rôle, délicat, de rendre présentable les défunts. Elle tenait une liste dans laquelle étaient répertoriés leurs prénoms, lorsqu’ils étaient connus, leurs clans d’appartenance et la tranche d’âge. Tout cela afin de faciliter et guider les familles, le moment venu. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Pendant ce temps, à l’extérieur du village, Shèn résistait afin de contenir l’illusion intacte. Juste devant les portes du village, elle s’était assise en tailleur, formant et maintenant le mūdra* de la chèvre. Elle parvenait à rester concentrée sur sa tâche, tout en dirigeant son groupe. Elle était assistée de deux combattants, qui lui rapportaient les nouvelles du front. Shèn était une dame âgée d’une cinquantaine d’années, au visage strict et tatoué d’une fleur de lotus rouge au centre de son front. Ses yeux noirs, sans pupilles, semblaient toujours vides, ce qui lui valut sa réputation de femme intimidante ; car il était impossible d’y lire la moindre parcelle d’émotion. Sa longue chevelure noire était habituellement coiffée en un haut chignon soutenu par un long kanzashi. Toutefois, sur le champ de bataille, elle lâchait ses cheveux pour les unir en une natte en leurs bouts, le tout surmonté par un chapeau conique en bambou, cachant une grande partie de son visage à ses adversaires. Elle portait une longue et ample qipao*, de couleur verte forêt, rattachée par un ornement doré au niveau du col. Ses manches larges et longues lui offraient la possibilité d’y cacher toutes sortes d’objets contondants, ainsi que de former des signes sans être vue. - Dame Shèn, l’ennemi à percer notre défense sur le côté est ! L’informa-t-on. - Quelles sont les capacités de l’ennemi ? - Il utilise des chakram* de vent et de feu, et des parchemins explosifs ! Nous n’avons pas d’autres possibilités que la défense, et même nos… - Il a compris. Il cherche à m’approcher… - … Que devons-nous faire, maître ? - Renforcer vos défenses autour de moi, laissez-les s’approcher, nous allons les prendre au piège dans un genjutsu ! Très vite, les combattants se replièrent en position de défense. Ils s’éloignaient de l’ennemi tout en resserrant leurs rangs. Les shinobis Kurama et Yuhi se plaçaient autour de leur cheffe, se préparant à lancer des illusions en masses. Des murs de terre et d’eau s’érigeaient et des lignes de feu se traçaient. La coalition cherchait à délimiter et à freiner l’invasion. - Dame Shèn, ils savent que nos illusions ne se déclencheront qu’au contact visuel… Le piège va se retourner contre nous ! Il y a beaucoup trop de morts de notre côté ! Désormais, nous sommes en sous-nombres et nous… - Vas-tu te taire ?! Menaça le leader. La noble dame, se leva et hurla ses derniers ordres avant l’arrivée de l’ennemi. - Écoutez-moi ! Ces imbéciles regarderont vos mains. C’est sur elles que vous devez reposer vos illusions ! Lorsqu’ils seront immobilisés, utilisez vos ninjutsus les plus puissants pour les tuer, sans tarder ! Les Kurama étaient confiants, mais ce n’était pas le cas des autres shinobis. Ils acquiescèrent sans y croire. - Utiliser le genjutsu sur un champ de bataille… Je n’ai jamais vu ça, murmura, dans sa barbe, un combattant. - On va tous y passer… - Cette bonne femme n’a aucune expérience des champs de bataille… Et Merde… Quelques secondes d’un silence angoissant, ponctué par des déglutitions nerveuses, des respirations de plus en rapides et des jambes de plus en plus tremblantes. Tout le monde se tenait prêts à jouer sa partie. - Ils sont là ! Hurla un éclaireur, lançant l’assaut. Immédiatement, les utilisateurs de genjutsu composèrent leurs mūdra, mettant en évidence leurs mains, pendant que d’autres allaient au contact de l’ennemi, entrechoquant leurs armes. Le combat faisait rage, de nombreux morts étaient à déplorer. Le leader Kurama avait conscience que s’ils tombaient, le village serait massacré en grande pompe, sans égards pour les femmes et les enfants. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Sur le flanc ouest, le groupe de Yuhi Shinku se débattait, tant bien que mal. Toka faisait partie de cette unité. Elle s’était revêtue de son armure rouge pour l’occasion, et performait son genjutsu auditif avec son instrument de musique de prédilection ; le shamisen*. La kunoichi s’était cachée en hauteur, sur les branches d’un arbre feuillu, restant à distance de son groupe. Sa musique illusionnelle libérait des ondes sonores paralysantes ; quiconque entendait ses notes était plongé dans un état d’hébétement. Ainsi dissimulée, Toka avait une vue d’ensemble sur le champ de bataille. Elle ajustait la portée de ses techniques d’illusions, lorsque ses ennemis parvenaient à se faufiler dans la zone qui la séparait de son groupe. Elle était le dernier bastion qui protégeait la muraille, momentanément invisible, du village. - Tiens, tiens… Je t’ai trouvé, petit rat ! Entendit-elle. - Qu’est-ce que… !!! - Il résiste à mon genjutsu ! Comment est-ce possible ?! Plus important… Je ne l’ai pas entendu, ni même sentit s’approcher !! La guerrière se releva rapidement, cachant sa surprise. Son instrument sur le dos, elle s’élança, agilement, de branche en branche, jusqu’à atteindre son adversaire. - Si je frappe la première, je garderai le contrôle du combat ! - Aiguilles empoisonnées ! Murmura-t-elle. À quelques mètres de son adversaire, Toka tira des senbons imbibés de chakra et de poisons. L’homme, gigantesque et tout en muscle, présageait un combattant exceptionnel. Alors, la jeune femme gardait ses distances, tout en veillant à ne pas rester immobile. De son côté, l’opposant, semblait confiant. Son sourire en coin n’inaugurait rien de bon. - Réessaye, petit rat ! - Il n’a pas bougé d’un iota ! J’étais pourtant sûre que mes aiguilles le toucheraient ! - Tsk… Aiguilles empoisonnées !!! Aucun effet. L’homme, hilare, continuait de la provoquer. - Encore une fois, petit rat ! Hahaha !! - Ce n’est pas possible ! Comment fait-il ?!! - Aiguilles… - Épée du vent ! Contra le guerrier. L’air sembla se distordre. Une lame invisible s’abattit sur la kunoichi. Cette dernière, instinctivement, plaça son instrument devant elle, qui se brisa sous la force de l’impact. Elle fut projetée quelques mètres plus loin, mais parvint à se stabiliser et à se replacer sur une branche. - Je vois… Tu utilises des techniques de vent… C’est comme ça que tu parviens à réorienter mes senbons. - Je n’ai pas besoin de forcer avec toi ! Je n’ai pas eu besoin de forcer non plus, avec tes petits camarades ! Hahaha ! Vous êtes tellement faibles que ça en est pathétique ! - Tsk… Ç’en était assez. Toka, folle de rage, s’élança sur son adversaire, ignorant ses qualités physiques évidentes. L’homme, toujours aussi confiant, la laissa s’approcher. Dans un geste purement provocateur, il tendit ses bras, comme une invitation à le blesser. - Hahaha ! - La danse des aiguilles empoisonnées !! Elle s’arma de trois longs senbons empoisonnés à chaque main, qu’elle maintenait entre ses doigts fermés, comme des griffes. À la dernière seconde, elle s’accroupit et entama alors une succession de rapides coup-de-poing, tentant de percer le bas du corps de l’homme… En vain. D’un geste rapide, ce dernier saisit la kunoichi par les cheveux, et la remonta jusqu’à son visage. - Armure du vent… Petit rat ! Si tu ne peux pas me toucher à distance, tu ne pourras pas faire grand-chose non plus de près… Hahaha ! - Sa maîtrise du chakra est exceptionnelle ! C’est pour ça que je n’arrive pas à le jauger ! Jouons le tout pour le tout, alors ! - … Tsk… Il te faut tes deux mains pour composer tes signes… Grand dadais ! Dans un dernier élan, elle lui planta l’une de ses aiguilles dans le cou. - Ahhhhhhh ! L’homme touché, posa un genou à terre, libérant par la même occasion son otage. - Haaa…Ha… - … On ne t’entend plus jacasser… - Technique de vent …Pre…ssion ravageuse, brailla-t-il, dans un ultime effort tentant de résister. Le souffle, quoiqu’affaiblit par l’empoisonnement, restait tout de même important. Une véritable petite tornade prenait forme et ampleur. La jeune femme se releva et s’éloigna spontanément. Elle fut tout de même touchée. L’explosion la balaya violemment, sur plusieurs mètres, emportant aussi une partie de la végétation. Toka heurta plusieurs branches d’arbres et reçue quelques projectiles ; son atterrissage fut très violent. De son côté, l’assaillant convulsa ; ses yeux, son nez, ses oreilles saignaient abondamment. Sa peau prenait une teinte violacée. Après plusieurs minutes allongée, évanouie au sol, Toka réémergea. Elle tenta de se relever, mais prit conscience de ses blessures. Son armure avait volé en éclats, avait de multiples entailles, la cheville cassée, et une blessure plutôt sérieuse au niveau du ventre. Plus loin, elle distingua son adversaire, figé, à genoux. - Est-il est mort ? … Dire qu’il n’était pas à pleine puissante…. Murmura la jeune femme, sidérée. Elle plaqua ses mains contre sa blessure à l’abdomen avant de se rendre compte qu’elle était surtout entourée de deux hommes accroupis à quelques mètres d’elle. Ils l’observaient silencieusement. Ils s’approchèrent un peu plus tandis qu’elle s’obligeait à rester éveillée. - Ce n’est pas vrai… Merde… Je suis mal ! Toka se risqua à une dernière technique forçant sur ses ultimes réserves de chakra. - Nu… Nuage de poison ! Souffla-t-elle en direction des deux hommes qui s’éloignèrent rapidement. Se pensant à l’abri, elle se releva et décida de rejoindre le reste de son groupe tant bien que mal. - Tu es bien naïve, femme ! Le duo avait tout simplement contourné son nuage toxique. Ils la rattrapèrent et la mirent à genoux, accentuant sa fracture à la cheville. Toka comprit qu’ils n’avaient pas l’intention de la tuer, mais de l’humilier. Des larmes de rage coulaient maintenant le long de ses joues, alors que l’un de ses agresseurs commençait à se défaire de la partie inférieure de son armure, pendant que l’autre la maintenait par ses cheveux défaits et liait ses mains derrière son dos. - Amusons-nous un peu, avant de la tuer, mon frère ! - Cette salope a réussi à crever grand frère Jūryō* !! Toka, à moitié consciente, priait pour qu’un miracle se produise. La peur avait pris possession de son esprit, et petit à petit ses regrets la submergeaient. - Qu’est-ce que je fais là ?! J’aurais dû rester au village… - Ce n’est pas très noble de votre part, messieurs… Toka ouvrit grand les yeux. Les deux hommes, eux, se tournèrent en direction de la voix. Ils tombèrent sur une paire de sharingan aux étranges motifs tournoyants. - Eh toi ! Qui est…. - Tsukuyomi… Les agresseurs s’immobilisèrent, relâchant Toka dans le processus. Ils avaient succombé à la terrifiante illusion du kaléidoscope hypnotique. Izuna, car c’était lui, ne prit pas la peine de les achever. Il les laissa souffrir et mourir de la plus ignoble des manières. Il s’approcha de la jeune femme, qui gisait au sol. - Eh ! Tout va bien ?! Aucune réponse. La guerrière s’était évanouie. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Aux portes du village, Shèn maintenait toujours l’illusion intacte. Sa stratégie, quoiqu’inhabituelle, avait pris au dépourvu l’ennemi. Les guerriers, regonflés de courage, avaient alors lutté de plus belle, réussissant à travailler de concert. - C’est un véritable exploit, dame Shèn ! Félicita l’un de ses assistants. - Nous n’avons pas encore battu l’ennemi ! Restez concentré ! Même si les assaillants étaient moins nombreux, ils restaient individuellement supérieurs. De ce fait, les contenir et les repousser n’étaient pas sans conséquence. Ces derniers utilisaient judicieusement les explosions générées par leurs parchemins pour blesser, désorienter, freiner leurs adversaires, et frapper au moment opportun. La coalition voyait ses effectifs se réduire sérieusement, pendant que les derniers mercenaires Hagoromo avançaient dangereusement vers le leader Kurama. - Visez la bonne femme !! Hurlèrent certains mercenaires. - Protéger le maître ! Avec vos corps, s’il le faut ! Hurlaient, en retour, les assistants de Shèn. La tension était à son comble. Une explosion retentie. Un chakram de feu, sortit de la fumée et fila tout droit sur la kunoichi. Shèn se releva, levant accidentellement son illusion, et révélant les portes du village. - Et merde ! Hurla-t-elle. Un de ses assistants se positionna devant elle, recevant de plein fouet, l’arme enflammée. Il tomba au sol, inconscient. - Ce n’est pas fini ! Dame Shèn, attention !! - Hmm ?! Dans l’ombre du chakram de feu, s’était dissimulé un chakram de vent. Shèn sortit son tantō de sa manche et contra l’arme. - Bien essayé ! Cette arme de vent a nourri les flammes du premier, et est même beaucoup plus aiguisée ! Mais ça ne fonctionne pas contre moi… L’arme, ayant fini de tournoyer, fut repoussée et retomba au sol. Alors qu’elle s’apprêtait à entrer dans la danse, la kunoichi s’immobilisa. Au loin, le groupe d’Hashirama et Madara faisait son retour. Devant eux, Habu, blessé et ligoté, était traîné par des Uchiha, dont les yeux écarlates, brillaient de fierté. - Hagoromo ! Vous avez perdu ! Vous êtes encerclés et votre leader a mordu la poussière ! Hurla la kunoichi, tentant de mettre fin à la bataille. - Huh ?!! - Vous n’avez qu’à regarder derrière vous ! Les derniers shinobis de l’alliance, épuisé, blessé, luttant pour leurs vies, voyaient une lueur d’espoir se rallumer. - C’est Hashirama-Sama et Madara-Sama ! - Nous sommes sauvés ! Les mercenaires Hagoromo, pris aux pièges, déposèrent les armes, quand d’autres préféraient la mort. - Ce n’est pas trop tôt ! Lança la noble dame Kurama, soulagée. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Sur tous les champs de bataille, les derniers assaillants furent, peu à peu, mis hors d’état de nuire. Les groupes d’Izuna, Tobirama et Sasuke arrivèrent en renfort des groupes protégeant le village. Bientôt, tout le monde fut réuni devant les grandes portes. Ils entrèrent au village, acclamés par les médecins et shinobis qui avaient gardé le fort. Bien vite, les blessés et les morts furent pris en charge. Dans les quartiers, la nouvelle se répandit et les familles commencèrent à sortir afin de rejoindre leurs proches. Habu Hagoromo enchaîné, fut emmené à la prison du village. Les habitants le regardaient traverser la grande rue principale. Certains lui crachaient dessus ou lui jetaient des pierres et d’autres encore le couvraient d’insultes. - Qu’il soit surveillé 24 heures sur 24. Ne lui adressez pas la parole et n’entrez pas dans la cellule ! Ordonna Madara. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Les chefs de clans et leurs seconds s’étaient réunis au palais. Ils discutaient de leurs missions quand Madara entra enfin. - Bien, maintenant que tout le monde est là, nous pouvons commencer, annonça Hashirama. Sasuke prit la parole, le premier : - Nous avons été pris au piège par des shinobis. Bien que l’emblème des Hagoromo fût visible sur leurs armures, ils n’en étaient pas. Peu d’entre eux utilisaient des techniques de vent. - Ce sont des mercenaires et fugitifs d’autres pays, informa Madara. - Je vois, si ce sont des fugitifs, ils ont probablement une certaine valeur aux yeux de ceux qui les recherchent ! Nous pouvons aisément gagner de l’argent en les capturant… Les hommes se tournèrent vers la seule femme de la tablée, choqués par la teneur de ses propos. Les shinobis étaient des guerriers défendant des valeurs qui leur étaient propres. Parler d’argent, lorsqu’ils venaient d’essuyer une telle déconvenue était malvenue. - Ce n’est pas le sujet ! Nous devons savoir s’ils restent des membres armés qui seraient susceptibles de nous attaquer encore, intervint Shinku Yuhi. - La guerre nous coûte cher, les pertes d’aujourd’hui doivent être compensées et…. - Cela suffit ! Madara était lassé par ce discours abject. Il réorienta la discussion. - Il y a plus urgent ! Nous devons répondre à leur attaque. Nous devons pénétrer le territoire Hagoromo et les mettre hors d’état de nuire ! - Je refuse de commettre un génocide, Madara ! - Anija, nous avons été confrontés à des enfants kamikazes !!! - C’est malheureux, mais je suis d’accord avec Madara-Sama, renchérit Chūshin Hatake. - Ils entraînent leurs enfants à commettre des massacres. Les Hagoromo sont réputés pour perpétrer des attaques ignobles sur des villages non armés, continua-t-il. - Dans la mesure du possible, nous pouvons toujours tenter d’éliminer les mercenaires et les shinobis seulement, intervint Sasuke. Le leader Uchiha n’aimait pas la tournure de cette conversation. Son regard se faisait sombre, la colère le gagnait. - Il faut tous les tuer ! - … - Leurs enfants sont comme nous, ils ont été élevés pour haïr. Que croyez-vous qu’ils feront lorsqu’ils seront adultes ?! - Madara ! Les enfants peuvent changer ! Ils sont le futur, si nous leur montrons la bonne voie, je suis sûr qu’ils ne tenteront aucune vengeance ! - Aniki*, les Hagororomo sont censés être aussi puissants que les Senju ou les Uchiha ! Malgré cela, bien que leur attaque fût aveugle et de front, ils ont mis en difficulté six clans !! Lança Izuna à l’adresse d’Hashirama. - C’est exact, nous avons été humiliés ! Et nos pertes sont lourdes, s’emporta le leader Yuhi. - Les Hagoromo restent un grand clan du pays du feu, leur nature élémentaire est rare et très utile. N’oubliez pas que détruire un clan signifie diminuer la puissance d’un pays, tenta de tempérer le vieux Sarutobi. Après plus d’une heure de débat, les leaders choisirent de procéder à l’élimination pure et simple des guerriers et vassaux Hagoromo. Les femmes et les enfants seront épargnés et ramenés au village, où ils seront gardés sous étroite surveillance. À la suite de cette réunion, des équipes furent formées. Guidées par Madara et Chūshin Hatake, elles auront pour mission de pénétrer le territoire Hagoromo par des chemins séparés afin de prendre l’ennemi en tenaille. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Le jour s’achevait enfin et le village comptait encore ses morts. Hashirama se dirigea vers les grandes portes, au campement de fortune mis en place. Sa fiancée était encore au travail, épuisée. Partout où son regard se posait n’était que désolation et tristesse. Il fut rejoint par Shinku. - J’ai été bien naïf de penser que les seuls problèmes qu’on aurait seraient d’ordre technique… Avoua le Senju. - C’est une véritable hécatombe… Une humiliation ! Nous n’avons pas été suffisamment préparés et avons surestimé nos ennemis, répondit Shinku, furieux. - … - Hashirama-Sama, vous avez bon cœur et c’est ce qui vous a permis de rendre votre rêve réalité. Mais il vous faut savoir que certains problèmes ne peuvent pas être réglés avec de bons sentiments ! Vous devez accepter que pour que ce village fonctionne, le noir doit cohabiter étroitement avec le blanc ! - Que voulez-vous dire ?! - L’équilibre ! Shinku s’éloigna, laissant Hashirama en pleine réflexion. Il fut, tout de même, dérangé par un messager. - Maître, nous avons un problème ! - Que se passe-t-il ? - Le Hagoromo… Il est mort… - Quoi ?!! Mais comment ?!! - Il… Il a avalé sa langue… Hashirama soupira et rebroussa chemin.
  6. Ce manga est une sympathique découverte. Je n’ai pas encore fini de le lire, mais l’histoire et les personnages sont attachants, même si cela reste très classique pour le genre. Aucune forme de magie, sauf le saut temporel de 12 ans dans le passé, effectué par le personnage principal. L’histoire se concentre sur les différents gangs, leurs affrontements et la mission de Takemichi. Les chara-designs et les scènes de combat sont soignés. L’auteur parvient à me faire ressentir l’urgence de certains évènements, comme un compte à rebours lancé à toute vitesse. J’apprécie beaucoup le héros de l’histoire (adolescent et adulte), qui grandit et acquiert de belles valeurs au contact de ses nouveaux amis, et grâce aux encouragements de sa petite amie. J’ai beaucoup aimé le voir devenir plus courageux et protecteur au cours de ses confrontations. L’antagoniste principal est aussi attrayant, tant il est difficile de le cerner et de comprendre ses ambitions. Il semble être un ennemi atypique pour le genre shōnen et furyō. Il y a aussi beaucoup de flashback racontant l’histoire de la formation des gangs, des rencontres entre personnages, mettant en avant la misère sociale et justifiant leurs choix présents. Le défaut que je pourrais lui trouver est l’abondance des personnages, dont certains se ressemblent beaucoup. J’ai eu, parfois, du mal à me souvenir des noms ou de certains visages. En somme, une belle et émouvante histoire d’amitié. Je vous la conseille. Ce manga n’est pas traduit par Scantrad, ni même par son partenaire Furyô Squad.
  7. Dans le chapitre précédent Le village accueille de nouveaux habitants. Les premières tensions apparaissent. CHAPITRE VI L'ARBRE ÉLEVÉ ATTIRE LE VENT. Toka Senju était une femme flegmatique, âgée d’une vingtaine d’années. Elle portait une longue chevelure brune, nouée en un chignon complexe au sommet de sa tête, laissant échapper quelques mèches. Cette coiffure était enjolivée par trois kanzashi en argent, rappelant des senbons. Ses yeux marron, en amande, étaient soulignés par un trait de khôl, et ses lèvres recouvertes d’un rouge à lèvres bordeaux foncé. Toka était aussi une kunoichi ; la seule de son clan. Elle pouvait alors se permettre de porter des vêtements près du corps et courts. Son kimono amarante, sans manches, était agrémenté par des jambières et protèges bras sombres, eux-mêmes revêtus de plaques métalliques. Enfin, un large obi* de couleur pêche, venait ceinturer sa taille et fermer sa tenue avec élégance. Étant orpheline depuis l’âge de huit ans, elle avait reçu l’aval, très spécial, de son ancien maître Butsuma, de fouler le champ de bataille. Afin de gagner sa croûte et justifier sa place, Toka n’a eu de cesse de s’entraîner. Pourtant, rien ne l’a prédestiné à devenir une guerrière et conseillère de premier plan. Les femmes ninjas étaient rares, leurs missions consistaient bien souvent à espionner et à récolter des informations, au détriment de leurs vertus. La jeune fille s’était endurcie, à la fois, pour faire face à l’horreur du champ de bataille, et pour ne pas se démonter face aux regards et commentaires peu élogieux de ses collègues masculins. Elle devint une experte en illusions auditives, et poisons. Lorsque Hashirama prit le pouvoir, la kunoichi était déjà une guerrière renommée. Son intelligence et ses analyses furent d’une aide précieuse pour l’homme, alors novice. Bien sûr, cette place avait fait jaser ; peu de shinobis acceptaient d’écouter une femme lorsqu’il s’agissait de parler stratégie. Son caractère intransigeant lui valut d’être respectée par ses pairs. Malheureusement, c’est aussi ce qui les empêche de l’approcher. En ce jour de repos, la jeune femme se leva aux aurores pour aller aux terrains d’entraînement. Elle avait placé des cibles sur des arbres, au sol et suspendus aux branches, afin de s’exercer à viser des cibles mouvantes. Après deux heures de travail acharné, elle sentit une personne s’approcher rapidement dans sa direction. En une fraction de seconde, elle se tourna et dégaina ses aiguilles, qu’elle tira au sol : - Pas mal ! Lança le nouveau venu, qui dévia de sa trajectoire et sauta habilement sur un arbre. - Que viens-tu faire ici ? Demanda la kunoichi, menaçante, sortant cette fois, un kunai de sa jambière. - Tout doux ! Je t’ai entendu t’entraîner, je suis venu voir. - … - D’ailleurs, tu t’y prends mal, si je puis me permettre, ajouta-t-il insolemment. - C’est comme ça qu’on s’entraîne à viser et à tirer. - Je suis un Uchiha, et nous sommes experts en lancé d’armes ! - Je sais qui tu es, Izuna Uchiha. Et je ne pense pas que tu aies quelque chose à m’apprendre, conclut-elle froidement, avant de retourner à ses cibles. - Ouille ! Lança-t-il, mimant une attaque au cœur. Il descendit de l’arbre et s’approcha d’elle. - Alors c’est vrai ce qu’on raconte, Toka Senju est aussi froide que la glace ! La jeune femme l’ignora superbement et tenta de se concentrer, à nouveau, sur ses cibles. L'homme, derrière elle, s’amusait à commenter et à lancer des onomatopées d’animaux lorsqu’elle s’apprêtait à tirer. Après plusieurs ratés, la kunoichi retourna finalement ses armes contre le nouveau venu, qui esquiva adroitement. - Vas-tu te taire ?! - Seulement si tu acceptes un duel avec moi ! - … Très bien, soupira-t-elle, après un moment. - Voici les règles : Taijutsu et armes blanches. Pas de ninjutsu, pas de genjutsu et… Pas de sharingan. - Ça marche ! Je n’aurais pas besoin de mes yeux de toute façon, piqua encore l’impertinent. Il n’en fallut pas plus pour la rendre furieuse. Ils se saluèrent respectueusement et firent un bond en arrière. Ils se jaugèrent quelques secondes, et la femme fut la première à lancer les hostilités. Ils dansèrent gracieusement enchaînant les acrobaties ; Izuna esquivait les attaques pendant que son opposant le contraignait à garder ses distances. De son côté, le shinobi, finalement lassé, lança plusieurs shurikens en l’air qu’il fit ricocher entre eux et qui retombèrent comme une pluie tranchante sur elle. In extremis, Toka se jeta sur le côté, près des arbres, afin de se mettre à l’abri. Aussi rapide que l’éclair, Izuna enchaîna son combo en surprenant la combattante, apparaissant devant elle. Il la frappa d’un coup-de-poing, qu’elle contra miraculeusement avec ses protèges bras. Face à la force de l’attaque, elle ne put éviter de s’entailler à la joue avec ses protections. Elle répondit à son tour avec un coup de genou entre ses jambes qu’il esquiva, le forçant à reculer. - Ça, c’était déloyal ! - Ça reste du taijutsu… La jeune femme se rua sur lui, tantō* en avant. Elle faisait habilement alterner sa lame d’une main à l’autre, l'empêchant de lire ses mouvements. Elle n’avait ni sa force, ni sa robustesse. En revanche, grâce à sa grande connaissance des poisons, elle avait longuement étudié le corps humain. Elle s’attela alors à inciser les parties sensibles et handicapantes de son adversaire. Lorsque l’homme s’en rendit compte, il prit ses distances. - Tu es sacrément maligne ! - … Izuna concentra son chakra sur ses pieds et bondit suffisamment haut, décochant une multitude d’étoiles d’acier. Les lames fusaient de toutes parts. Le shinobi utilisait sa vitesse de rotation et le vent pour contrôler les trajectoires de ses outils. Se sentant acculée, Toka utilisa une bombe fumigène, empêchant l’ennemi de la localiser, avant de se déplacer et de lancer un fil métallique en direction des chevilles de son adversaire. Elle tira d’un coup sec pour le faire descendre de son piédestal. Grand mal lui en a pris. Izuna se laissa prendre au piège, avec plaisir, réduisant dangereusement la distance entre eux. Lui tombant souplement dessus, il initia un coup-de-poing, qu’il arrêta à quelques centimètres de son visage. - Tu as perdu. Fin du combat. Izuna en sortit victorieux. Il aida la jeune femme à se relever. - Tu te débrouilles bien, mais comme je te l’ai dit, tu as des lacunes en… - C’est comme ça que l’on m’a appris ! - Je peux t’apprendre deux ou trois astuces si tu le souhaites. - Non, merci, répondit-elle sèchement, retournant ramasser ses armes de jet. - Oh, allez ! Tu seras bien plus forte après ça ! - … - Ah, je sais, c’est parce que je suis un Uchiha, c’est ça ? - Cela n’a rien à voir ! - Alors pourquoi tu refuses ? - … J’ai l’habitude de m’entraîner seule. Aurevoir ! - Oh allez ! C’est plus marrant à deux ! - N’y a-t-il pas de kunoichis à enquiquiner dans ton clan ?! - Malheureusement non, les femmes ninjas sont extrêmement rares, et la plupart du temps, pas aussi jolie que toi, avoua-t-il, entrant dans son espace vital. Il eut le souffle coupé. La jeune femme lui asséna un coup-de-poing au ventre. Cette fois, elle ne l’avait pas loupé. - Très bien, demain à 5 heures. Ici. Ne sois pas en retard, Uchiha ! Toka quitta le terrain d’entraînement, satisfaite. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Izuna croisa son frère en rentrant au quartier Uchiha. Il l’avait quitté la veille au soir après un après-midi de paperasse ennuyeuse et urgente demandée par le Conseil des Anciens. - Onii-san, tu n’as pas l’air dans ton assiette. - J’ai travaillé toute la nuit. - Pourquoi ne m’avoir rien dit ? J’aurais pu rester avec toi et on aurait fini plus vite ! - Ce n’est pas ton rôle ! - Techniquement, je suis ton assistant et… - Techniquement, je suis le chef de clan et je décide, point final. - Hm, pas dans ton assiette et de mauvais poil avec ça, je sens que ça va être une journée fantastique, répondit le cadet, avec sarcasme. - As-tu entendu les rumeurs, Izuna ? Interrogea l’aîné, changeant de sujet. - À propos de quoi ? - De la supposée malédiction de notre clan… Depuis l’incident au centre du village, nous sommes montrés du doigt. On nous désigne comme un clan instable et fou. Le cadet était furieux. Il avait refusé l’alliance avec les Senju, mais pour son frère, il accepta de faire profil bas. Il s’était même surpris à apprécier la compagnie d’Hashirama et de certains autres membres de son clan. La construction du village avait apaisé sa haine bien ancrée. Il savait qu’il y aurait tôt ou tard des frictions, mais il ne pensait pas que l’on désignerait son clan coupable alors que les Senju et Kurama étaient les premiers impliqués. Il fit subitement demi-tour et courut en direction du palais, laissant son frère qui l’appelait, en plan. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Parcourant les étages quatre à quatre, Izuna arriva devant le bureau des fondateurs. Sans prendre la peine de se faire annoncer, il ouvrit les portes coulissantes avec fracas, ne se souciant guère des personnes présentes. - Il faut qu’on parle ! Hurla-t-il fou de rage, sharingan activé. - Recule-toi maintenant ! Se leva subitement Tobirama, tentant de le retenir. - Pousse-toi, je dois parler avec ton frère ! Le regard courroucé de l’Uchiha fixait Hashirama, sans sourciller. - Laisse-le, indiqua l’aîné Senju qui s’était levé de son bureau. - Vous ne dites rien ?! - … - On traîne notre nom dans la boue, et vous ne dites rien ?! Silence - Nous sommes un clan maudit à ce qu’il paraît ! Nous sommes fous ! Instables ! Nous ne sommes pas dignes de confiance ! - … - C’était ça, votre plan ? Nous donner une illusion de paix pour mieux nous exterminer après ?! - Jamais de la vie ! Mon seul plan a toujours été la paix, répondit enfin Hashirama. - Alors, pourqu… - J’ai entendu ces rumeurs, mais elles sont infondées. Ne laissez pas ces mots vous atteindre. Le chemin est encore long, et les préjugés demeurent, il faut du temps pour guérir les blessures, Izuna. - … Tsk… Nous sommes les fondateurs ! Sans nous, il n’y aurait pas eu ce village !! Tâchez de ne pas l’oublier ! Menaça l’Uchiha en quittant le bureau, fou de rage. Hashirama se rassit sur sa chaise. Il souffla pensif. - Il faut trouver une solution, et vite ! - À quoi ? Ces rumeurs sont fondées. - Tobirama, ce n’est pas le moment ! - Anija ! Cet homme vient de le confirmer ! Un jour ou l’autre, ils nous trahiront ! - Voilà exactement le genre de remarque qui rendrait fou n’importe qui ! Intervint une voix. Dans l’encadrure de la porte du bureau mal fermée, se dessinait la silhouette de Sasuke Sarutobi. - Maître Sarutobi, quelle surprise ! Lança Hashirama en se levant et lui présentant une chaise face à son bureau. - Merci mon garçon. Laissez-moi vous apprendre une chose ou deux. La paix nécessite de faire des concessions et sa base doit être solide comme du rock. L’honnêteté et la loyauté doivent être les piliers de ce village ! Les deux jeunes shinobis, baissèrent la tête, coupables. Le vieil homme, ravi de son effet, poursuivit : - Si vous ne faites pas taire ces rumeurs, vous distillerez la méfiance au sein des Uchiha, et la paix sera alors rompue. Tobirama se sentait honteux d’avoir été découvert par le vieux singe. Contrairement à son frère, il n’avait pas la capacité de mettre de côté sa haine aussi facilement. Les souvenirs de ses nombreuses escarmouches avec les Uchiha, et ses jeunes frères, morts de la main de ces derniers, avaient du mal à s’effacer. Il faisait de nombreux sacrifices pour le bien de son frère, car il croyait en la paix, mais il ne pouvait ignorer la dangerosité que représentait ce clan. Les écarter après un temps était le seul moyen pour lui de protéger son frère bien-aimé, ainsi que son rêve. - Pourquoi ne pas organiser une réunion entre chefs de clans ? Proposa finalement Hashirama. - Oui, mettre les points sur les i, et s’accorder à éduquer nos clans respectifs seraient un bon moyen de redémarrer sur de bonnes bases, encouragea Sasuke. - Très bien, dans ce cas, je vais voir Madara. Tobi tu t’occupes des autres clans. Disons-nous pour demain matin afin de laisser tout le monde se préparer ! Les trois hommes acquiescèrent et se séparèrent sur cette discussion. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Habu Hagoromo admirait son armure flamboyante, fraîchement nettoyée. Il pensait au massacre qu’il allait commettre, bientôt. Le clan s’était réuni quelques jours auparavant, pour convenir d’une attaque de front sur le nouveau territoire unifié. Des bombes artisanales, fumigènes et parchemins piégés, destinés à faire des centaines de victimes, avaient été fabriqués en masse. Les Hagoromo avaient confiance en leur capacité et en leur chef. Les mercenaires, vassaux du clan, se tenaient prêts. Ces derniers étaient, pour la plupart d’entre eux, de formidables combattants. En ce jour de printemps, ils étaient tous réunis devant le village Hagoromo, genoux à terre et têtes inclinées vers le sol, signe de respect pour leur leader. - Aujourd’hui est un grand jour. La fin de ces maudites merdes aux sharingan et ces faiblards Senju a sonné ! Commença le vil chef. - N’aillez aucune hésitation ! Aucune peur ! Ne perdez pas votre temps ! Attaquez pour tuer, simplement ! Si je vois l’un d’entre vous hésiter, avoir ne serait-ce qu’une once de peur, je vous arracherais la tête à mains nues !! - ... - Gloire aux Hagoromo !! S’égosilla Habu, levant sa faux en l’air. - Gloire aux Hagoromo !! Hurlèrent de concert les guerriers. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Avant même de franchir le territoire de la coalition, les sentinelles distinguèrent un groupe armé, approchant à vive allure, sans chercher à se cacher. Ils tentèrent de sonner l’alerte, mais furent coupés, littéralement, par une rafale de vent tranchante. Le groupe continua sur sa lancée en tirant des armes de jet aux parchemins piégés sur les arbres et sur leurs victimes, qui tombaient comme des mouches. Habu, à la tête du groupe et équipé de sa faux, lançait des attaques de vent en masse perforant les défenses adverses et évoluant plus profondément sur le territoire ennemi. La sensation de bien-être l’envahissait. L’adrénaline ne cessait de monter, elle lui donnait des ailes ! Une ligne de guerriers se forma brusquement devant lui : - Le rempart de terre ! Crièrent-ils en cœur, érigeant une grande muraille de terre, freinant l’évolution des attaquants, malgré les nombreux kunais et shurikens piégés. En réponse, les Hagoromo se séparèrent en groupes distincts, s’éparpillant dans différentes directions. Le groupe d’Habu, composé d’une cinquantaine de guerriers, faisait maintenant face à l’impressionnante muraille. Quelques secondes d’un silence lourd, comme si le temps s’était arrêté ⌛⌛⌛ - Raaaahhhhhhh !! Possédés par une rage diabolique, les Hagoromo s’élancèrent, armes en avant, grimpant l’intimidant rempart, sous les yeux satisfait de leur leader. - Boule de feu suprême ! Surgissant par surprise au sommet de la muraille, la coalition n’avait pas dit son dernier mot. Cette attaque brûla tous les Hagoromo à sa portée. Habu s’était réceptionné sur une branche d’arbre haute, observant la contre-attaque s’organiser. - Pas mal du tout… Mais ça ne nous stoppera pas ! Vermisseaux ! Hahahaha ! Il sauta si haut qu’il traversa en quelques secondes la distance le séparant de ses chers ennemis. Il atterrit souplement sur le mur, refoulant les attaques avec son arme. Il s’attarda sur le sommet de la muraille, éliminant les shinobis et permettant à ses hommes de finir de grimper sans encombre. Il jeta un œil en contrebas. - Regardez-moi ces petits vermisseaux s’agiter ! Hahaha ! Le monstre se jeta alors au sol, arme en avant, atterrissant dans un grand fracas et dispersant les guerriers adverses. Habu entama alors une danse macabre, rompant, coupant, déchiquetant les malheureux à sa portée. Néanmoins, un miraculé s’échappa discrètement, prenant la direction du village, dans l’espoir de porter la nouvelle. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Aux abords du village paisible, les gardes baillaient. Ils attendaient avec impatience la fin de leur service, réfléchissant à leurs diners et à leurs activités. - On m’a demandé de m’occuper de deux nouveaux chimpanzés. Ils m’en font voir de toutes les couleurs… - Oh, c’est génial ! Partout, au village, les enfants parlent de vos singes. Même mes fils cherchent à en voir. - Hahaha ! Nos enfants ont du mal à se contenir, ils adorent ces animaux aussi. - Peut-être que je devrais amener mes…. - Nous…Nous sommes attaqués !! Les gardes se mirent en position de défense. - Nous sommes attaqu… - Tu entends ça ? - Oui, mais je ne comprends rien ! Au loin, la silhouette, de plus en plus claire, d’un shinobi se dessinait. Il semblait blessé. - Reste ici, je vais aller voir ! En approchant, il découvrit avec horreur l’un des sentinelles des postes d’avant-gardes, dandiner, couvert de multiples entailles. - Ehh ! Tiens bon ! Qu’est-ce qu’il s’est passé ! - Nous sommes attaqués !!! Révéla-t-il, avant de s’évanouir. Au village, certains villageois s’approchèrent curieusement. À la vue du combattant évanouis, ils commencèrent à s’enfuir, propageant l’information. Les shinobis présents sur les lieux tentèrent d’apaiser la foule, pendant qu’un autre portait la nouvelle au QG. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Un garde entra, dans le bureau où se déroulait la première réunion des six clans. Il s’annonça avant de révéler la nouvelle, à son tour : - Maîtres, nous sommes attaqués ! - Nous n’avons rien entendu, dit Madara, faisant référence au système de cloches dispersées sur le territoire, aux postes d’avant-garde, et permettant d’être entendues à des kilomètres. - Ce sont les Hagoromo, leurs techniques de vent ont tous détruit ! - Où se trouvent-ils ? Demanda Shinku. - Je n’ai pas plus d’information. Il n’y a qu’un shinobi qui est revenu. Il vient du poste Ouest. Il a été conduit à l’hôpital. Il n’en fallut pas plus pour que les chefs sortent rapidement se préparer et hurler les premiers ordres. Les civils furent sommés de rentrer chez eux et de rester cloîtrés. Hashirama et Madara convergèrent directement en direction de l’ouest, l’endroit d’où venait la victime. Tobirama et Izuna, accompagnés d’un groupe, prirent le chemin qui conduisait à la limite de leur territoire, près de la rivière Naka. Sasuke et Asuma bifurquaient à l’opposé, à l’est. Enfin, trois groupes de shinobis menés par les leaders Kurama, Yuhi et Hatake entourèrent le village en trois points, afin de le défendre. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Tobirama et Izuna évoluaient dans la vaste forêt, atteignant les limites de leur territoire, là où continuait de s’écouler la rivière Naka. Bientôt, ils tombèrent nez à nez avec des enfants armés jusqu’aux dents et couverts d’un étrange plastron blanc qui jurait avec la couleur de leurs armures. Pourtant, ces enfants ne semblaient pas vouloir se battre, ils se jetaient simplement sur eux. Après quelques échanges de coups, Izuna hurla : - À couvert !! Ce sont des kamikazes !! Son sharingan avait percé le sceau invisible sur l’armure et lui avait permis de donner l’alerte pour ceux qui pouvaient encore y échapper. Une première déflagration se fit entendre, emportant hommes et végétation. - Tobirama, il faut les isoler et les désarmer ! Utilise tes techniques d’eau ! - Ne me donne pas d’ordre, je sais ce que j’ai à faire ! Le shinobis aux cheveux blancs créa alors de multiples clones de lui-même, qui composèrent, de concert, une série de signes : - Technique de la prison aqueuse ! Les enfants à sa portée, furent enfermés dans des sphères d'eau, maintenues par flux de chakra constant. D’autres guerriers utilisaient leurs techniques afin de contenir les assaillants. Le but étant de les empêcher de se tuer ; ils étaient une mine d’informations précieuses pour le village. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Après plusieurs minutes de manœuvres, le groupe soufflait enfin, ravi d’avoir pu stopper les mouvements ennemis. - Des enfants kamikazes… Même nous, on ne fait pas ça ! Lança un guerrier, choqué. Soudain, une chaîne d’explosion retentie, balayant toute la zone. Tobirama se releva le premier. Légèrement assommé, ses sens encore engourdis, il s’efforçait de rester éveiller. Devant lui, tout n’était que ruine, mort et désolation. L’eau si claire, était parsemée de rochers, tronc d’arbres, cadavres et de sang. Titubant, il se dépêcha de venir en aide aux shinobis encore en vie. - Eh Izuna, debout ! Il y a peut-être d’autres ennemis dans le coin ! - Les Hagoromo sont définitivement cinglés, murmura un guerrier, tentant de se relever. - Raison de plus pour les stopper et les annihiler définitivement… Putain ! Répondit Izuna, furieux. Parmi les kamikazes, aucun n’avait survécu. Bien vite, les guerriers réalisèrent que les bombes artisanales avaient été fabriquées avec un limitateur. Si les bombes n’étaient pas enclenchées manuellement, elles finissaient, tôt ou tard, par exploser. Afin de ne pas s’attarder dans la zone, le groupe se divisa. Pendant qu’on rapatriait les corps, d’autres se séparaient à la recherche d’ennemis. Tobirama sortit un rouleau duquel il invoqua un set de quatre étranges bambous. - Ce sont des bambous de foudre, utilisez-les en les pointant vers le ciel pour lancer l’alerte en cas d’autres attaques. Sur ces mots, le groupe se sépara. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Du côté Est, Asuma s’enfonçait dans les bois. Les singes du clan se mouvaient d’arbre en arbre à ses côtés. Il était suivi de près par Sasuke et son groupe. Sans tarder, ils arrivèrent au beau milieu d’une clairière parsemée de grands arbres, ici et là. Étrangement, il n’y avait pas âme qui vive. - Il n’y a rien, jugea un combattant un peu trop téméraire. - Justement, c’est trop calme, répondit Asuma, sentant le danger. Il scrutait le terrain en quête du moindre indice. - Oui, ils sont là et ils nous encerclent, informa calmement Sasuke. Tout le monde était sur le qui-vive, scrutant le ciel, le sol, les arbres, et même attentif au moindre bruissement de feuille. - Formation en cercle dos à dos ! Ordonna le vieux singe. Instantanément, Sasuke lança une attaque devant lui transformant la terre en mare boueuse, levant alors le camouflage ennemi et débutant les hostilités. Les mercenaires s’élancèrent sur le groupe, prenant chacun un ou deux combattants adverses. Sasuke Sarutobi, malgré ses quatre-vingts printemps, était aussi agile et rapide qu’un singe. Ses sens aiguisés lui permirent d’identifier la technique « camouflage dans la roche » et de perturber la concentration de celui qui la maintenait. Ceux qui se jetèrent sur lui, piétinèrent la mare boueuse, se rendant compte, tardivement, de la nature de la technique « les marécages des limbes » qui les engloutie entièrement. De son côté, une jeune kunoichi du clan Yuhi se défendait contre un imposant mastodonte. Il frappait fort, et la jeune femme esquivait ses coups facilement. Elle finissait de grimper à un arbre et se jeta sur lui, atterrissant souplement sur ses épaules. Elle utilisa les bandages, enroulés autour de ses avant-bras, pour l’étrangler. Une fois le mercenaire à genoux et légèrement sonné, elle se réceptionna devant lui : - Puissante illusion distordue, murmura-t-elle. Aussitôt, l’assaillant se retrouva enfermé dans une illusion où il se voyait enchaîné par les racines d’un arbre, jusqu’à être totalement absorbé. La guerrière profita de ce moment pour lui porter un coup de kunai mortel à la carotide. Pas le temps de souffler. Elle se retourna pour contrer un autre malfrat, qui venait juste de tuer un membre de son groupe. Elle fit un bond en arrière et tenta de l’enfermer dans une illusion, à son tour. - Les terribles genjutsu des Yuhi, complimenta le mercenaire avec un sourire mauvais. - Tsk… - Le problème, c’est qu’ils ne valent pas ceux des Uchiha, hahaha ! La Yuhi esquivait habilement ses attaques, l’entaillant parfois, et usant intelligemment de son environnement. Mais cette danse dura trop longtemps, au point où elle se retrouva essoufflée. Elle fut prise de court lorsqu’elle ses pieds s’emmêlèrent dans des branches tombées d’un arbre. Elle sentait sa fin arriver lorsqu’Asuma surgit derrière l’ennemi et lui donna un violent coup à la tête avec ses lames de chakra. - Reste sur tes gardes, ce n’est pas fini ! La sermonna-t-il. La jeune femme acquiesça, se releva et retourna au combat. Après presque une heure de lutte acharnée, les derniers mercenaires Hagoromo rendaient leurs derniers souffles. Bien que cela fut une victoire, elle était amère pour le groupe. Les guerriers, silencieux, se recueillaient sur les dépouilles de leurs frères tombés, tentant de refouler leurs rages. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Hashirama et Madara arrivèrent enfin sur le champ de bataille et ils constatèrent avec effroi la monstrueuse hécatombe performée par le shinigami* Hagoromo. Ce dernier se tenait fièrement au sommet d’une pile de cadavres nettoyant sa lame ensanglantée. Il les attendait. - Les deux imbéciles heureux !! - … - On raconte que vous êtes en couple ! Hahahaha !! - Tu as assez fait de dégâts comme ça, Habu. Sonne le retrait de tes troupes, maintenant ! Nous avons l’avantage du terrain et du nombre, ordonna un Hashirama devenu blême. - Je ne parle pas avec les faibles… Le monstre se tourna alors vers le leader Uchiha. - Je suis étonné de toi, Madara. Je croyais que tu étais comme moi. Le combat avant tout !! - Les temps changent… Sans attendre, Madara s’élança sur son nouvel adversaire. Toute sa colère et sa frustration contenues se déversèrent sur lui. Un combat ahurissant, mêlant taijutsu et ninjustu se déroulait devant les yeux d’innombrables shinobis du village. Beaucoup étaient admiratifs de sa force, d’autres furent renforcer par un sentiment de crainte. Hashirama se concentra sur les soins et l’évacuation des guerriers vers le village. Il décida de laisser son ami se déchaîner, il en avait besoin. Les cliquetis des armes s’entrechoquaient inlassablement. Parfois, l’odeur métallique du sang envahissait les narines, des bruits sourds de corps tombant au sol, ou le craquement des os se faisaient entendre. Alors que le champ de bataille était plus actif que jamais, un serpent blanc gigantesque fit son apparition. Ce dernier provoqua l’horreur et la fuite dans les deux camps, lorsqu’il se mit à gober les cadavres, et les malheureux encore en vie. Au sommet de sa tête, trônait fièrement le leader Hagoromo. - Il n’y a pas à dire, tu es devenu un vrai monstre, Madara ! Ces yeux… Ce ne sont pas les sharingans, n’est-ce pas ? - … - Très bien ! Laisse-moi te présenter, le roi des Serpents ! Hahahaha ! Peu importe tes techniques, tu ne peux rien face à lui ! Amuse-moi encore un peu ! - Comme tu voudras... Sa colère se muait dangereusement en folie. Un sourire machiavélique naquit sur ses lèvres. Le leader Uchiha semblait transformé. Son chakra, habituellement bleu clair, s’assombrit, devenant dense. Son œil se mit à saigner abondamment, et un squelette se forma autour de lui. Bientôt, l’invincible armure du Susanō fit son apparition. - Su… Susanō ?! - … Qui a-t-il, Habu ? Tu sembles inquiet, se moqua l’Uchiha. - J’en ai entendu parler, mais je ne pensais que tu avais une maîtrise aussi poussée de ton dōjutsu ! Ce fut le début d’un combat impitoyable aux ravages titanesques. Aucun des combattants ne lâchait. Madara avait fini de s’amuser. Les lames du samurai de chakra battaient le sol dans le but d’empaler la créature visqueuse. Cette dernière, rapide et souple évitait les attaques, tout en avançant vers son adversaire. Lorsqu’enfin, elle atteignit sa cible, elle s’enroula autour du guerrier géant, tentant de l’immobiliser. - Amaterasu ! L’autre œil de l’Uchiha saigna. Instantanément, les mythiques flammes noires prirent d’assaut le gigantesque serpent blanc, qui se tortilla avant de relâcher sa proie. Habu échappa à cette attaque, miraculeusement. - Toujours en vie, Habu ? - …Tsk… Après quelques secondes, Madara décida d’éteindre ses flammes. La carcasse du monstre gisait au pied du Susanō. - Qu’est-ce que je vais faire de toi, hum ? Il annula son armure et s’élança sur son adversaire. C’est à ce moment, que le sol se fragmenta et que la carcasse du serpent fondit. La grande gueule béante du monstre surgit de sous-terre, dans l’espoir de l’avaler. - Pauvre imbécile ! Les serpents muent, mon cher petit Madara ! Haha ! - C’est tout ce que tu as ? Le serpent blanc fut à nouveau immobilisé. Sur ses rétines s’imprimaient désormais trois tomoe*, signe distinctif du sharingan. Madara se réceptionna nonchalamment sur la tête du serpent, défiant l’ancien maître. Revanchard, il obligea l’animal à utiliser son panel de techniques empoisonnées contre son propre invocateur. Malgré ses techniques de vent, Habu fut touché par l’animal. Le venin de ce monstre d’écaille était violent. Madara, du haut de sa tour d’ivoire, observait l’homme se défendre et attaquer, jusqu’à diminuer. Après plusieurs minutes, le quadragénaire tomba à genoux. Son chakra était épuisé et sa faux avait été détruite. - Une dernière volonté ? Demanda un Madara hautain et supérieur. - Ma…Ma volonté… Ne… Ne s’éteindra pas, gamin… Mes fils… Mes… Ils continueront mon travail… Jus… Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de vous !!! Alors que le chef Uchiha s’apprêtait à sonner le glas de sa vie, il fut arrêté par des piliers de bois qui l’encerclèrent. - Non, Madara ! Nous avons besoin de lui en vie ! - Pourquoi faire ? Tu crois que les Hagoromo ont quelque chose à nous apprendre ?! - Jetons-le dans nos cachots, et décidons plus tard. L’essentiel est d’arrêter le massacre ! Pour toute réponse, Madara fit apparaître un bras armé squelettique fait de chakra, qui trancha nette la tête de l’animal géant. Il tourna le dos à son ennemi. C’est ainsi que Habu Hagoromo fut enchaîné et traîné fièrement, comme un trophée de guerre au village nouvellement formé. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Devant les portes du village, un groupe d’ennemis courait à vive allure. Il s’approchait, mais n’était pas capable de voir le village, seulement l’attroupement. Les Kurama et les Yuhi avaient combiné leurs techniques afin de camoufler le village. - Cible en approche, indiqua un Uchiha à Shen. - Bien ! L’ennemi utilise essentiellement des techniques de vent et des parchemins explosifs. Messieurs, préparez-vous à utiliser vos murs de terre et vos attaques à distance, brailla la cheffe. Lorsque l’ennemi fut à moyenne distance, les shinobis protecteurs s’engagèrent au corps-à-corps. Les ennemis n’étaient pas nombreux, mais ils étaient forts. Cela promettait une longue et pénible bataille.
  8. Dans le manga, ce clan n’est évoqué que brièvement. Il n’a pas fait partie de Konoha. Je souhaitais vraiment lui donner un rôle. J’ai toujours imaginé que pour ces clans, la guerre a toujours été un but, parce que c’est d’elle que les guerriers en tirent renommée et gloire. Habu est un personnage particulier. Je me suis inspirée, à la fois, du manga et de l’histoire du Japon (Tokugawa Ienari) pour le construire. À travers ce clan, je voulais surtout montrer que les habitants du pays du Feu ne partagent pas forcément tous les mêmes idéaux, ni même les buts qu’Hashirama ou Madara. Le problème de cette période de l’histoire, est qu’il y a peu de personnages connus. J’en ai imaginé quelques-uns, mais au fil du temps je me suis demandée s’il ne fallait pas insérer des personnages du présent. Telle que je l’ai écrite, l’histoire comptera d’autres personnages secondaires. Oui. Les Uchiha et les Senju ont eu le temps de « s’apprivoiser » durant la construction du village. Ce n’est pas le cas des nouveaux clans. Ils doivent apprendre à cohabiter, et essayer de faire table rase du passé. La haine est toujours présente. Ces clans se font la guerre depuis l’époque d’Indra et Asura (presque 1000 ans). Cette unification ne semble pas être de tout repos pour les fondateurs.
  9. Dans le chapitre précédent Un rêve d’enfant, un projet d’adulte ; Konoha l’arbrisseau. Mito Uzumaki entre dans la danse. Du vent avant la tempête CHAPITRE V AVANCER DOUCEMENT, S’ACCORDER VITE, S’EMBELLIR SÛREMENT. Deux mois s’écoulèrent depuis l’invitation des clans. Leurs arrivées furent organisées en quelques voyages, afin de sécuriser les routes et prioriser les femmes et les enfants. Ces nombreux déplacements avaient néanmoins suscité la curiosité des villages environnants, et renforcé la suspicion des clans de la région. De leur côté, les Uchiha et les Senju avaient pris soin de déployer leurs meilleurs shinobis tout le long de leur territoire afin d’anticiper toutes attaques. Des groupuscules se voulant discrets approchaient parfois le nouveau territoire unifié, provoquant des rixes mortelles. Par chance, aucun blessé, ni mort ne fut à déplorer parmi les civils. Les Sarutobi avaient pris leur quartier près de l’entrée du village au nord-est, tandis que les Hatake et les Kurama se stationnaient au centre du village, le long de la grande rue principale. Les Yuhi, quant à eux, trouvèrent refuge au sud-ouest près du quartier Uchiha. Le vieux chef Sarutobi accueillait les derniers arrivants aux portes du village et fut rejoint par Madara. - Je n’aurais jamais cru cela possible ! - Quoi donc ? Feignit l’Uchiha. - Cette alliance, voyons ! Tu es encore jeune, mais lorsque tu atteindras mon âge, tu comprendras. - Il n’y a rien à comprendre, les temps changent et cette alliance n’existe que parce que chacun d’entre nous souhaite la survie de sa famille, lança le jeunot, devenu subitement froid. - Hum, j’ai fait la guerre toute ma vie, et voir des clans habiter ensemble dans un même village sans s’esquinter est révélateur, mon garçon. La paix existe, termina le vieil homme songeur. - … - Ne te laisse pas ronger par les ténèbres, je connais le pouvoir que renferme le sharingan. Accroche-toi à ce projet, tu as déjà fait beaucoup plus que tous tes ancêtres réunis. Tu as réussi là où ils ont échoué ! Sur ces paroles, le vieil homme posa une main rassurante sur son épaule, avant de le quitter. Ce dernier resta de marbre. Il n’appréciait guère qu’on lise en lui comme dans un livre ouvert. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Sasuke Sarutobi avait combattu de nombreux Uchiha tout au long de sa vie. Il a été témoin à maintes reprises du pouvoir de la terrifiante pupille écarlate. Au-delà de ses particularités remarquables au combat, elle apportait désarroi et ressentiment à ses possesseurs, en gravant sur la rétine, l’image de l’être chéri, perdu à jamais. Il savait ce qui tracassait le jeune homme, et il n’avait pas l’intention de fermer les yeux. Le clan Uchiha était l’un des créateurs de ce village, et il entendait faire perdurer cette paix naissante. Les Sarutobi avaient élu domicile près des portes du village leur donnant un grand accès à la forêt, car ce clan couvait de nombreuses espèces de primates qu’ils élevaient avec amour, et qu’ils dressaient pour de nombreuses missions de vol, de messager, de guetteur et parfois même au combat. Ils sont également des spécialistes des techniques de feu, et de la cendre brûlante, les rendant alors aussi malins que des singes, sur les champs de bataille. Les clans Kurama et Yuhi étaient, quant à eux, deux clans réputés et redoutés pour leurs genjutsu. Ils étaient d’ailleurs de lointains descendants des Uchiha. Les Yuhi avaient d’ailleurs hérité de leurs particularités physiques : Vestige de cet héritage ; une chevelure de jais et un regard écarlate. Leurs illusions étaient si puissantes qu’elles ne pouvaient être transpercées que par l’unique pouvoir du sharingan. Son chef Shinku* en était un grand maître, performant son art sans avoir à composer de signes. Il est l’auteur de nombreuses illusions dont celle qui l’a rendu célèbre « la plongée dans les ténèbres ». Les Kurama eux, n’étaient pas un clan de combattants purs. Ils excellaient dans l’art du camouflage, se spécialisant dans l’espionnage. Leurs illusions avaient le pouvoir de transcender la réalité au travers des arts du divertissement tel que la peinture, la musique ou l’écriture. Ils étaient commandés par Shèn*, une redoutable kunoichi qui a changé les règles de son clan en faisant commerce de l’information au plus offrant. De ce fait, les Kurama étaient les dépositaires de nombreuses richesses qui n’ont rien à envier aux nobles Hyūga. Enfin, les Hatake étaient un petit clan discret de traqueurs et d’assassins. Ils étaient reconnaissables à leur crinière argentée et à leur accoutrement sombre, cachant jusqu’à leur visage. Ils sont peu loquaces mais terriblement réactifs et efficaces. Leur origine remonte au pays du Fer dont les ancêtres étaient des samouraïs. Ils en ont gardé de nombreuses coutumes et des techniques de combat. Son chef Chūshin*, était d’ailleurs reconnu jusqu’au-delà des frontières, comme un maître du sabre sans pareil. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Ces quatre clans venaient ajouter un poids démesurément important à la puissance du village. En cela, les Hagoromo ne le manquèrent pas. Cela faisait presque un an qu’ils tentaient d’espionner les Senju et Uchiha, sans succès. Les déplacements inopinés de leurs alliés et les nombreux volatiles qui bifurquaient à destination de leur territoire, les ont définitivement mis sur leur garde. Ils n’avaient pas l’intention de laisser leurs pires ennemis prendre leurs aises. Les Hagoromo faisaient partie du podium clanique du pays du Feu. Tout aussi redoutable et craint que leurs rivaux, ce clan était bénit par la nature élémentaire du vent, véritable rareté dans ces contrées. À la différence de ses formidables ennemis, ce clan était en plus, impitoyable, n’hésitant pas à faucher femmes et enfants pour arriver à ses fins. Son territoire est d’ailleurs composé de villages abandonnés, ruinés et appauvris, mais regorgeant de bandits, mercenaires et autres fugitifs. Habu* Hagoromo était le tyran sanguinaire à la tête de cette famille. Âgé d’une quarantaine d’années, et père d’une dizaine d’enfants encore en vie, il leur inculquait avec ferveur la loi du plus fort. À ses yeux, rien ne comptait plus que la force. Il était d’ailleurs en train d’observer avec intérêt l’un de ses fils exécuter des mouvements de taijutsu dans le dōjō, quand il fut dérangé par l’un de ses serviteurs : - Oyakata*, il n’y a quasiment plus de mouvement sur les territoires Senju et Uchiha. - Avez-vous fini de décoder ces fichus messages ?? - N… Non… Tout ce que l’on sait, c’est que ce sont eux qui les ont envoyés, bredouilla le mercenaire, la tête inclinée vers le sol. - Si les Uchiha et les Senju ont fait la paix, alors ces deux imbéciles se sont ramollis. Je ne suis pas étonné d’Hashirama, mais Madara me déçoit. Préparez-moi mon armure ! - Mais Maître, nous ne savons pas ce qui se trame chez eux et…. Il ne put finir sa phrase. Habu avait tranché, nette, sa tête qui roula jusqu’aux pieds de son fils. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Au village nouvellement formé, Mito s’affairait en cuisine. Cette fois, elle opta pour des monaka*, de délicieuses gaufrettes fourrées à la pâte d'haricot et enrobées de génoises. Ses rencontres régulières avec ses nouvelles amies Uchiha l’avaient conforté dans son idée d’unifier le village. Aujourd’hui, elle ira souhaiter les bienvenus aux quatre nouveaux clans. C’était donc une journée chargée qui l’attendait. Elle était si concentrée sur ses œuvres culinaires qu’elle ne remarqua pas Hashirama se glisser derrière elle et attraper une pâtisserie. - Ahh ! - Oups, je t’ai fait peur, je croyais que tu m’avais entendu ! - Tu m’as surprise, et j’ai d’ailleurs failli te recouvrir de pâte ! - Haha, en tout cas, c’est délicieux. C’est pour quelle occasion ? - Aujourd’hui, je vais saluer les nouveaux clans. Ils ont fini de s’installer, je dérangerais moins, dit-elle fièrement. - Je suis sûr que tu te feras des nouvelles amies ! - Oui ! Je sais que je ne te le dis pas souvent, mais je suis fière de toi et de ce que tu as accompli. Tu m’inspires ! Hashirama sourit et se pencha sur sa compagne pour l’embrasser. C’est dans ces instants-là, qu’il savait qu’il avait fait le bon choix. Il quitta la jeune femme, non sans reprendre une pâtisserie supplémentaire. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Mito, armée de son panier à pâtisserie marchait maintenant en direction du quartier Sarutobi. Elle s’était chaussée de zōri* au lieu de ses habituelles hautes okobo*. Le district étant en partie caché dans la forêt, elle ne souhaitait nullement se tordre la cheville durant son escapade. - Ce village est en train de devenir un véritable arc-en-ciel multiculturel, pensa la rouquine. Elle s’émerveilla lorsqu’elle entra dans la forêt ; un fabuleux paradis haut en couleur. Les maisons en bois s’élevaient sur deux étages et étaient reliées entre elles par des petits ponts suspendus. Les arbres avaient été décorés d’origamis* colorés et des lampions rouges, verts et bleus, réchauffant l’austérité naturelle de la forêt. Les petites ruelles de terres étaient embellies par des lanternes de bois sur pied, dont les motifs reprenaient des postures naturelles du singe. Au centre du quartier, une grande place y avait été aménagée ; utilisée comme aire de jeu, d’entraînement matinal, repos et restauration. À l’heure des repas, des yatai* florissaient autour de cette place pour offrir de quoi sustenter les membres du clan. Au plus profond de la forêt, se dressait une étrange maison de bois ouverte, peinte en bleu. Il s’agissait d’un abri destiné à entraîner les primates du clan. Mito, fut, par ailleurs, surprise par la présence d’adorables singes, ici et là, qui l’observaient sans l’approcher. Elle s’arrêta brusquement, découvrant sur son chemin l'un d'eux, couché, aux yeux presque larmoyants. Elle s’accroupit et tendit sa main dans sa direction. - Je ne ferais pas ça à votre place, indiqua une voix masculine, derrière elle. - Les singes sont des animaux intelligents. C’est la première fois qu’ils vous voient, et en plus, vous avez l’air de transporter de la nourriture avec vous, continua l’inconnu. Il passa devant elle et ramassa le mignon ouistiti blond. - Oh Haha, je vois ! J’étais donc sur le point de me faire détrousser ! - Oui, ils savent qu’ils sont mignons, alors ils en profitent. Je suis Asuma* Sarutobi, se présenta-t-il enfin, tendant sa main vers la jeune femme pour l’aider à se relever. - Merci, je suis Mito Uzumaki. - Oh la fameuse fiancée d’Hashirama ! Vous êtes plus ravissante qu’on ne le dit. - Eh bien… Merci. Dites-moi, savez-vous où je pourrais trouver la matriarche de votre clan ? Asuma lui fit signe de le suivre. Il était aussi grand qu’Hashirama, brun aux cheveux courts, légèrement ébouriffés, et portait une barbe garnie, mais bien taillée. Les Sarutobi ressemblaient beaucoup aux Senju. Ils arrivèrent devant une imposante demeure, devant laquelle était assis un vieil homme à la longue chevelure et barbe blanches. Il se leva et sourit en voyant arriver la rouquine. - Grand-père, je te présente Mito Uzumaki, la fiancée d’Hashirama. Princesse Uzumaki, voici mon grand-père et chef du clan, Sasuke. - Je suis ravi de vous rencontrer, princesse ! - Moi de même. Je suis venue saluer votre épouse. Étant donné que vous venez juste de finir votre installation, je me suis dit que c’était peut-être le moment propice. - Ran* se trouve à l’intérieur, entrez donc ! Asuma va vous guider jusqu’à elle. Elle entra dans la demeure qui était de toute beauté. Après avoir suivi l’homme dans un dédale de couloirs, elle tomba sur un jardin magnifiquement décoré, et dans lequel une dame d’un certain âge et d’une grande élégance était attablée. Elle semblait faire de la calligraphie. Sa chevelure poivre et sel, était retenue en un chignon sophistiqué et gracieux, le tout surplombé par un long kanzashi* doré. - Grand-mère, tu as de la visite ! Lança Asuma. L’élégante dame releva la tête et fut surprise de voir Mito. - Qu’avons-nous là ? Qui est cette jeune femme ? - Je suis Mito Uzumaki, s’avança la nouvelle venue. Elle remercia Asuma, qui fit demi-tour. - Approchez, mon enfant. Mito s’avança jusqu’à la table basse, ouvrit son panier et y sortit un petit coffret qu’elle offrit à son hôte. - C’est une spécialité de mon clan, des monaka. - C’est très gentil de votre part. Asseyez-vous donc. - Je suis venue rendre visite et apprendre à connaître votre clan. Je souhaiterais que tous nos clans puissent s’entendre et cohabiter ensemble, en paix. - Ce ne sera pas facile. Les Sarutobi et les Senju sont déjà alliés, mais pour les clans autrefois ennemis, c’est une autre paire de manches. Avez-vous visité d’autres clans ? - J’ai commencé par les Uchiha bien avant votre arrivée. Nous nous entendons bien. J’ai de nombreuses amies parmi elles. - Je suis ravie de l’entendre. Mito passa un agréable moment au côté de la matriarche, autour d’un thé de forêt, spécialité du clan. Ran était une dame avisée et de bon conseil. Elle était aussi une ancienne kunoichi. Bien qu’elle n’ait jamais fait la guerre, elle fut néanmoins formée à la protection des civils de son clan et des villages de l’ancien territoire Sarutobi. Lorsqu’elle devint mère, elle s’appliqua à seconder son époux, et à administrer le clan durant ses absences. Lorsque la jeune femme sentit que son hôte était ouvert à la discussion, elle ne put s’empêcher de livrer ses rêves pour ce village. Ran comprenait son combat, et son désir de changer des règles devenues trop archaïques pour ces temps nouveaux. - C’est un rêve enfantin… - … - Mais c’est aussi ce que j’ai pensé de celui de votre fiancé. Cela ne l’a pas empêché de le concrétiser. - Je sais que cela peut paraître invraisemblable, mais… - Princesse Mito, nous les femmes, agissons différemment des hommes qui sont directement soumis à la pression et à la brutalité des champs de bataille. Et parce que nous sommes épouses, filles, mères et sœurs, nous souhaitons les préserver de la folie autant que possible. Nous pouvons alors mettre nos différends de côté et nous entendre plus facilement qu’eux. - Est-ce que vous penser que nous nous entendons uniquement par sacrifice pour nos hommes ? - Oui. Nous avons toutes perdu un être cher de la main d’un ennemi. Le côtoyer chaque jour est difficile. - … Ce n’est pas ce que je ressens. - Vous êtes une Uzumaki. En diriez-vous autant des clans ennemis aux pays des Remous ? - … - Pardonnez mon indélicatesse, mon enfant. Sachez simplement, qu’il ne sera pas aisé d’apaiser des siècles de souffrances et de haine aussi facilement. Il en va de même pour les règles instaurées depuis des temps immémoriaux. - Ran-Sama, je suis convaincue que mon fiancé, saura nous aider le moment venu. Les femmes du clan Uchiha ont aussi le désir de changer de comportement et de rôle. Si nous parlons toutes d’une même voix, alors tout nous sera possible ! - Dans ce cas, je vous épaulerais volontiers dans cette entreprise, sourit la matriarche. - Merci beaucoup ! Dites-moi, accepteriez-vous de m’accompagner visiter les clans Yuhi, Kurama et Hatake ? - C’est entendu. Mais avant cela, permettez-moi de vous présenter à ma petite-fille, Hiyori. Elle vous ressemble beaucoup. Peut-être acceptera-t-elle de nous accompagner, elle aussi ? 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 La journée de Mito fut enrichissante et passionnante. Elle fit la rencontre de Hiyori, une brunette du même âge qu’elle, et au fort tempérament. Ensemble, elles firent la rencontre des femmes Hatake qui se révélèrent douce et docile, des femmes Yuhi qui se montrèrent tendues avant de finalement baisser leur garde, et enfin, de l’étrange clan Kurama qui resta très courtois mais secret. Leur rencontre fut d’ailleurs très brève. - Dame Shen est incroyablement intimidante, avoua Hiyori sur le chemin du retour. - C’est un Chef de clan, ce qui est extrêmement rare. Elle doit donc être implacable afin de ne pas montrer une once de faiblesse à ses hommes, informa Ran. - Ce n’est pas une raison ! Bouda sa petite-fille, faisant rire Mito. - Il faut leur laisser un peu de temps, leur vie à changer en l’espace de deux mois après tout, dit l’Uzumaki. - C’est ici que nos chemins se séparent. Je vous remercie pour cette journée, ajouta Mito. - Ce fut un plaisir partagé, répondit Ran. - S’il te plaît, Mito revient nous voir quand tu veux ! - Eh bien, j’irai voir mes amies au quartier Uchiha demain, si tu le souhaites, je peux te les présenter. - J’ai hâte ! Alors à demain ! Sur ces salutations, la rouquine reprit la route du quartier Senju. Elle ne put s’empêcher de sentir une légère tension le long de la rue principale. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Tout comme Madara le craignait, des mésententes commençaient à émerger. Des altercations entre des Kurama et Senju eurent lieu. Les rancœurs passées avaient du mal à être digérés et mettaient à mal ce début de paix durement gagnée. Kagami Uchiha, qui passait par là, s’arrêta et observa la rixe, avant de finalement tenter de calmer le groupe. - Eh les gars, du calme ! S’approcha le malheureux, avant de se prendre un coup, à son tour. Ce fut la goutte d’eau pour les Uchiha qui observaient dédaigneusement les autres se battre. Ils se mêlèrent au combat qui gagna rapidement de l’ampleur. - Prison des quatre colonnes ! Brusquement, des piliers sortirent de terre pour former une grande prison de bois. Le chef du clan Senju se tenait devant eux, furieux. - Si vous continuez, je vous enfermerai dans cette cellule ! Cela suffit à calmer les esprits échaudés. Beaucoup observaient impressionnés la gigantesque cage de bois, tandis que les Senju s’inclinèrent en signe de respect et de soumission. - Je sais que c’est difficile pour vous, mais vous devez faire des efforts ! Tenez bon encore un peu, s’il vous plaît ! Supplia le leader, en s’inclinant, à son tour. La foule se dissipa et Hashirama resta là, pensif. Il reprit le chemin du Quartier Général afin de réfléchir à une solution.
  10. Je suis heureuse de voir un sujet dédié à ce manga. Je l’ai aussi découvert dans le vaste catalogue de scantrad, et il est l’un de mes mangas favoris. L’histoire est très inhabituelle, même déroutante, de prime abord. Elle prend place dans un univers scolaire et actuel. Les protagonistes sont des élèves aux personnalités si différentes qu’il est difficile de les imaginer vivants des aventures ensemble. Ils n’ont, à priori, rien en commun. Ayase est une fille populaire et « Complonou » un geek renfermé. L’une croit en l’existence des esprits, quand l’autre croit en celle des aliens. Confrontant leurs croyances, les deux personnages font un pari, débutant leur aventure, totalement délurée. L’auteur maîtrise l’humour, les moments sérieux et, les « révélations chocs » si je puis les appeler ainsi. Il sait raconter avec beaucoup d’émotion, l’histoire des antagonistes. De plus, les dessins sont très élaborés, que cela soit le chara design ou les scènes d’action. Sur scantrad, ce manga bénéficie d’une communauté grandissante, majoritairement satisfaite. D'après twitter, le 1er tome a réalisé un bon démarrage au Japon, atteignant la 5ème place, d'après le classement Shoseki. Je vous le conseille aussi !
  11. Bonjour I shiro, Je te remercie d’avoir pris le temps de lire, et d’écrire ce commentaire. Naruto était une très bonne histoire ; celle qui m’a initié aux mangas. L’univers proposé et raconté par son auteur pourrait s’inscrire dans l’histoire du Japon, puisque les ninjas étaient des mercenaires qui louaient leurs services à des seigneurs et autres samouraïs (contrairement à l’univers magique de Black Clover, par exemple). Bien que ce « métier » fût essentiellement destiné aux hommes, il y avait aussi des femmes, kunoichi, dont le travail s’articulait essentiellement sur la manipulation et la séduction. Dans le manga Naruto, cet aspect n’est pas montré. En revanche, les kunoichis sont décrites comme des expertes dans un domaine précis (soins, poison, illusions, armes, etc.). Le flashback racontant l’histoire des guerres de clans me semble presque « historiquement » véridique. J’ai donc souhaité faire un lien entre l’histoire, les traditions ancestrales et la façon dont sont perçues les femmes guerrières. Comment passent-elles « d’espionnes », à combattantes de premier plan ? Dans Naruto, il y a des femmes qui sont devenues chefs de villages, à l’instar de Tsunade, Mei ou Konan. D’autres étaient reconnues pour leurs prouesses durant les guerres, comme ce fut le cas pour Tsunade, Chiyō ou Sakura. En me relisant, j'ai presque l'impression de passer pour une féministe chevronnée. Cette fiction ne raconte pas le « girl power ». C'est une histoire qui raconte le changement d'une ère, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. J'ai mis un peu plus en avant les femmes, parce qu'elles vivent dans un monde d'homme. Le changement sera plus prononcé pour elles. Je ne m’étais pas rendu compte de la longueur des chapitres. J’ai tendance à penser que j’introduis de nombreuses trames, mais que je n’en dis pas assez. Je tâcherais d’ajouter un cours résumé des chapitres précédents. C’est une histoire que j’ai commencé à écrire il y a un petit moment, et je suis rendue au 21ème chapitre. Je poste régulièrement, parce que je ne fais que corriger, modifier ou approfondir l’histoire. J’ai, pour le moment, beaucoup d’avance, en sachant que j’aurais des difficultés à maintenir le rythme en raison de mon travail qui fluctue selon les périodes. Oui. Je vais ajouter un index des personnages en spoilers à la suite de la présentation de la fiction. Je te remercie pour cette suggestion. Tu n’es pas au bout de tes surprises. 😊 Oui, il y a de le jalousie, et une autre raison qui sera expliquée plus tard. Concernant les femmes du clan Uchiha, je me suis inspirée du caractère maternelle de Mikoto, et du garçonnet qu'était Sasuke. Le manga a mis en scène les Uchiha sous leurs plus mauvais jours, malheureusement.
  12. Dans le chapitre précédent Les deux ennemis parviennent à trouver un terrain d’entente, mettant fin à un carnage vieux d’un millénaire. CHAPITRE IV UNE ÈRE DE PAIX, PROMESSE D'UN BONHEUR SUPRÊME. Près d’un an après la réunion des clans ennemis, le havre de paix prenait forme. Hashirama et Madara, juchés sur la plus haute falaise surplombant le village, admiraient leur œuvre. - C’est irréel… Est-ce que tu te rends compte ?! - Hn… Il y a encore à faire. - Hahaha ! Madara… Fidèle à toi-même ! Pourquoi ne te réjouirais-tu pas ? - Parce que ce n’est que le début. - Juste un petit peu ? - … Ce village, encore sans nom, imaginé par deux jeunes enfants, puis modelé par deux leaders charismatiques, avait désormais des allures de grandes villes avec ses larges chemins pavés, ses petits espaces verts, ses sublimes petits ponts franchissant la rivière Naka, ses berges nouvellement reformées, et sa grande rue principale décorée de ses lanternes en pierre. De nombreux quartiers de toutes tailles avaient vu le jour, prenant en compte les spécificités de ses futurs habitants. D’autres édifices pointaient le bout de leurs nez, ici et là, destinés au bien commun, tels que la prison, l’hôpital, la salle d’archives, la volière, les dōjōs ou les aires d’entraînements. Au fond de ce bourg, reposant contre le haut-plateau rocheux, une bâtisse s’élevant sur plusieurs étages dont le toit, peint en rouge, portait les emblèmes des deux clans. Il s’agissait du Quartier Général ; palais où se jouerait leur destin. Les quartiers Uchiha et Senju s’étendaient de part et d’autre de cet édifice, comme deux bras armés, entourant le village en un demi-cercle. Enfin, d’hautes murailles de bois délimitant la commune avaient été dressées, à la fois intimidantes et protectrices. La nature, elle, se chargeait d’en faire un cocon caché au milieu de la luxuriante forêt du pays du Feu. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Mito déambulait sur les petits chemins fraîchement rénovés en direction du quartier Uchiha. L’excitation laissait place à l’appréhension à mesure qu’elle approchait sa destination. Issue de l’illustre clan Uzumaki du pays des Tourbillons, allié de longue date des Senju, la jeune femme savait que la haine et la rancœur avaient la dent dure. Arrivant presque à destination, ses pas commencèrent à se faire hésitants et ses pensées l’incitaient à rebrousser chemin. Elle serra son panier fermement, et psalmodia des mots d’encouragements. Bientôt, elle fut éblouie par la beauté du district et ses magnifiques décorations. Son entrée était habillée par un imposant torī*, frappé en son sommet par les kanjis du clan. Les murs d’un blanc purs étaient parés du noble blason rouge et noir, et des lampions écarlates décoraient ses ruelles. Mito avait l’impression d’entrer dans un sanctuaire. Les enfants jouaient près de leurs maisons et couraient dans les petites rues. À la vue de la jeune femme, ils s’approchèrent d’elles, curieux : - Bonjour les enfants, je vois que vous avez l’œil ! - Nous sommes des Uchiha ! Nous avons une bonne vue, répondit fièrement un petit garçon. Les enfants avaient senti une douce odeur sucrée émaner de son panier. Ils devinèrent aisément qu’il s’agissait de gourmandises. Mito, s’agenouilla à leur hauteur et retira le torchon, dévoilant des mets colorés aux formes arrondies. - Ohhhhh, c’est joli ! - Ça sent bon ! - Alors servez-vous ! Leur proposa-t-elle. - Humm ! C’est bon ! C’est quoi ? - Ce sont des petites pâtes de fruits appelées yokan*. Ce sont des spécialités de mon clan. Tu en peux reprendre, si tu veux. La foule d’enfants attira l’attention des adultes, et plus encore, celle des femmes. L’une d’elles s’approcha et dispersa les enfants. - Je suis vraiment désolée, mais vous savez comment sont les enfants. - Il n’y a pas de mal, j’aime les enfants. Ils sont si purs et francs ! - Oui… Je suis Ritsuko ! - Ravie de vous rencontrer, je suis Mito Uzu… - Je sais qui vous êtes. Nous sommes surprises de vous voir ici. - …En fait… En fait, je suis venue pour vous rencontrer… - Vraiment ? - Oui… Hm… Je suis arrivée la semaine dernière au village… - Je sais, oui. Votre arrivée a fait grand bruit, « La princesse du clan Uzumaki et fiancée d’Hashirama-Sama s’installe au village » ! On s’attendait à voir plus de membres de votre clan, mais vous semblez être la seule… - Je comprendrai tout à fait, si vous ne souhaitez pas me voir ici. - Allons, nous ne sommes pas des barbares ! Nous sommes surprises, car voyez-vous, les femmes du clan Senju ne nous parlent pas beaucoup… - Oui, à moi aussi, elles ne me parlent pas beaucoup… Contre toute attente, cette dernière confession provoqua un fou rire, contagieux, brisant finalement la glace. - Venez avec moi, je vous invite à prendre le thé ! Mito fut guidée à travers les ruelles du quartier. Son passage provoquait la surprise et l’émerveillement. Les Uzumaki portaient en eux une particularité physique reconnaissable entre mille : Leur chevelure flamboyante comme le feu. La jeune femme avait aussi une peau d’albâtre et de magnifiques yeux bleu nuit. À cela, s’ajoutaient ses goûts vestimentaires exquis dignes d’une geisha, un maquillage soulignant finement ses yeux en amande, et recouvrant ses lèvres pulpeuses d’un rouge prune : Elle était d’une beauté certaine. - Installez-vous, je vais nous faire du thé. - Voici des gourmandises que j’ai préparé pour vous ! Alors que Ritsuko filait en cuisine, elle entrevit par l’entrebâillement de sa fenêtre, les femmes de son clan, agglutinées devant sa porte. - Je peux vous aider ?! - Ri… Ritsuko ! Euh… C’est la princesse Uzumaki, n’est-ce pas ? - … Bon… Entrez ! Elle est venue pour nous rencontrer après tout ! Très vite, la maisonnée se transforma en lieu de meeting. La rouquine au centre de toutes les intentions, tentait, tant bien que mal, de répondre aux questions. Petit à petit, l’angoisse et les appréhensions laissèrent place au bien-être. - Moi qui m’attendais à des difficultés de communication et de rejet… Elles ne sont pas si terribles que ça, les Uchiha ! Pensa l’Uzumaki. L’après-midi défila à toute vitesse, si bien que Mito ne s’en rendit compte que lorsque le soleil commença à décliner, exposant un ciel aux couleurs chaudes. Sur le chemin du retour, Mito repensa à son agréable journée. Elle sentait qu’elle pourrait accomplir de grandes choses pour les femmes de ce village. Sa décision de s’installer auprès de son fiancé, était finalement une bonne idée. Pourtant, rien n’était gagné. Son arrivée avait provoqué les foudres des femmes Senju. Mito leur posait problème, non pas parce qu’elle était issue d’un clan différent, mais parce que du haut de ses vingt-cinq ans, elle refusait encore et toujours d’épouser Hashirama. Cette décision avait pourtant été prise en accord avec ce dernier. Bien qu’elle ne s’attendît pas à ce que certaines femmes la comprennent, elle ne souhaitait pas mettre au monde un enfant en ces périodes troubles. Elle était une femme calme, mais qui n’hésitait jamais à prendre position, ni même à revenir sur une parole donnée. Les femmes du clan Senju ont toujours vu cette union d’un mauvais œil, trouvant cela irrespectueux, que leur chef ne puisse pas être marié à presque trente ans et qu’il a fait le choix d’attendre que sa promise soit prête. Elles espéraient secrètement qu’il finirait par perdre patience et prendrait la décision d’épouser une femme de son lignage. Parmi elles, se trouvait Sazanka*. Elle était âgée de dix-neuf ans, avait de longs cheveux bruns coiffés en taregami*, des yeux noirs en amande discrètement soulignées et recouverts d’un fard à paupières rose. Elle était en plus, la fille d’un haut placé du clan, et n’avait alors aucun scrupule à rendre le séjour de Mito difficile. La jeune fille était courtisée par de nombreux guerriers, mais se refusait systématiquement de répondre à leurs avances. Elle n’avait d’yeux que pour son chef. Et puisque lui seul importait, elle avait bien l’intention d’user de toutes les stratégies possibles et inimaginables pour mettre l’étrangère hors course. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 La journée fut également bien remplie pour les fondateurs. Ils avaient entendu les rumeurs qui commençaient à circuler au sujet de leur alliance, flairant alors des tentatives d’espionnages ou d’attaques. Les frères Senju et Uchiha géraient leurs clans et leurs missions tout en conciliant les travaux du village. Ce n’était pas une partie de plaisir, mais ils sentaient que le moment était venu de se renforcer. - Mes hommes m’ont indiqué des allés et venus suspects de la part du clan Hagoromo près de nos frontières, indiqua Madara. - Ce clan est vil, mais leur chef est stupide, oseront-ils nous attaquer de front ? Questionna Tobirama. - Nous sommes les deux plus puissants clans du pays, s’ils suspectent une alliance, ils n’auront alors aucune chance s’ils nous attaquent de front, lança fièrement Izuna. - Les gros travaux sont finis, nous avons la capacité d’accueillir d’autres clans. Pourquoi ne pas commencer à inviter nos plus proches alliés ? Questionna Hashirama. - Très bien, Izuna, envoi des missives codées aux clans Yuhi et Kurama, ordonna Madara. - Bien, dans ce cas Tobi et moi, nous occuperons des clans Sarutobi et Hatake ! 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Madara quitta le palais pour rejoindre son quartier. Il était satisfait du village, bien qu’il eût toujours du mal à en croire ses yeux. Le village était si grand qu’il semblait vide. L’idée d’accueillir d’autres habitants suscitait sa curiosité, tout en lui faisant craindre le pire. Si les Senju savaient fidéliser durablement leurs alliés, les Uchiha eux, faisaient reposer leurs alliances sur un but autrement plus lucratif. Néanmoins, les enfants et les femmes de son clan paraissaient rassurés par ce nouveau mode de vie. Il rejoignit son bureau afin de finir d’administrer les affaires internes. - Bonsoir, Madara-Sama. Votre journée s’est-elle bien déroulée ? Demanda une petite femme brune agenouillée à la table basse, près de son imposant bureau. - Plutôt bien, répondit Madara, pas surpris le moins du monde. - Que fais-tu dans mon bureau ? Qui t’a permis d’entrer ? - J’ai demandé aux gardes. Je vous ai apporté un plat chaud et du thé au jasmin. Comme vous avez encore beaucoup de travail, je me suis dit que vous n’auriez sûrement pas le temps de manger. - Je te remercie, tu peux disposer. Sur ces mots, la jeune femme quitta le bureau. Elle n’était pas blessée par les mots secs et expéditifs de son chef de clan. Il a toujours été ainsi. Kiku* était l’une de ses cousines éloignées. Elle a été élevée dans les plus pures traditions du clan, et naturellement, ne trouvait rien à redire à sa condition. Sa longue chevelure de jais, attachée en un momoware* parfait, et son maquillage sophistiqué lui donnaient des airs de geiko. La jeune fille s’était éprise de Madara dès sa plus tendre enfance, ou plutôt du titre d’épouse et de matriarche. De ce fait, elle s’évertuait à montrer à son chef, qu’elle était une femme consciencieuse et dévouée à la cause des siens. À l’aube de ses dix-huit ans, elle espérait que l’homme remarquerait enfin ses efforts. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Il était minuit passé, et Madara finissait enfin son travail. Il rejoignait finalement ses quartiers privés. Les prochains jours allaient être difficiles, mais malgré cela, il ne se sentait pas anxieux. Outre, le rapprochement d’avec les Senju, le leader n’avait jamais perdu ses habitudes. Il restait sur ses gardes, se levait aux aurores pour s’entraîner, et travaillait tardivement. En entrant dans sa chambre, il trouva une silhouette féminine allongée sur son lit, dans la pénombre. Son kimono était ouvert suffisamment pour laisser entrevoir ses longues jambes d’albâtre et le début de sa poitrine. C’était Nadeshiko*, la beauté incontestable parmi les Uchiha. Comme toutes les femmes de son clan, elle avait une longue chevelure d’encre. Ses grands yeux noirs en amande étaient toujours soulignés par un trait de khôl lui donnant l’air félin, et ses lèvres pulpeuses toujours recouvertes d’un rouge à lèvres intense. Elle se releva, alluma la bougie au chevet du lit, puis se dirigea vers l’homme. Elle le salua d’un baiser langoureux, puis s’installa à la table basse située dans un coin de la chambre où elle lui prépara un thé et son kiseru*. Ce dernier retira son haori qu’il jeta nonchalamment sur le lit et rejoignit sa compagne. Il n’y avait pas besoin de parler ; leur relation était faite de chair et de silence. Nadeshiko était l’unique fille d’un shinobi influent, qui fut le bras droit de Tajima, père et prédécesseur de Madara. Il avait continué de travailler aux côtés des frères. De ce fait, la jeune femme jouissait d’un statut particulier. Tout comme Kiku, elle fut élevée en étant fière de sa condition et de sa lignée. Du haut de ses vingt printemps, elle était très observatrice et comprenait que les hommes avaient besoin de se détendre dû à l’exigence de leur travail. Elle tenait de sa mère de nombreux conseils et entendait bien les utiliser pour attirer cet homme dans ses filets. Ainsi, elle s’était persuadée qu’en lui offrant sa vertu, celui-ci se sentirait suffisamment honoré pour l’épouser. Ce soir-là, comme de nombreuses nuits depuis deux ans, elle s’était unie à lui, dans une lente danse érotique et sensuelle. Et comme de coutume, elle s’éclipsait au petit matin à l’abri des regards indiscrets. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Depuis le commencement des travaux, Hashirama et Madara se rejoignaient chaque matin, aux premières lueurs du soleil, sur le terrain d’entraînement. Ils s’échauffaient, s’échangeaient des coups et discutaient de tout et de rien. Un moment de détente avant d’entamer des journées chargées et difficiles. Pourtant, c’est ce moment de quiétude que Tobirama choisit de perturber. Il laissa délibérément son chakra fluctuer, pour informer le duo de son arrivée. Bien qu’il fût toujours calme, le cadet Senju était incapable de cacher son mépris face à l’Uchiha. - Nous avons des nouvelles d’un des clans. Je vous attends au QG. Le ton était sec et n’attendait aucune réponse ; il sonnait presque comme un reproche. Les deux hommes acquiescèrent silencieusement et rentrèrent se préparer. Lorsque les deux leaders arrivèrent au palais, Tobirama et Izuna étaient en pleine discussion avec un homme. À leur entrée, ce dernier se leva et s’inclina devant eux : - Messieurs, c’est un honneur de vous rencontrer ! - Les Sarutobi… Dois-je en déduire que nous n’avons reçu aucune autre réponse de la part des autres alliés ? - Pas encore, Onii-san. - Cela fait plus d’une semaine que nous avons envoyé nos requêtes… - Au moins, nous avons reçu une réponse ! Écoutons ce que cet homme a à nous dire ! Proposa Hashirama. - Sasuke-Sama accepte de se joindre à vous, mais il me charge d’être ses yeux et ses oreilles pour cette mission. Afin de préparer au mieux notre arrivée parmi vous, j’ai besoin de voir les installations qui ont été préparées pour nous, énonça le messager. - Bien évidemment, je vais vous faire une visite guidée ! - Pas si vite ! Avez-vous eu des difficultés à atteindre notre territoire ? Questionna encore l’Uchiha, suspicieux. - Non, je n’ai eu aucun problème durant mon trajet. Cependant, nous avons répondu à votre lettre, restée sans réponse. Lorsque notre animal ne revenait pas, nous avons pensé que le message avait été intercepté. C’est pourquoi le maître m’a chargé de vous transmettre le message par voie orale. - Je vois… C’est bien ce qu’il me semblait. Les Hagoromo préparent quelque chose… - Pourquoi les Hagoromo ? Nous avons de nombreux ennemis en commun, après tout ! Répondit Hashirama. - Non, ce sont les Hagoromo. Ils sont aussi puissants et grands que nous… - On dirait qu’ils essayent de nous isoler. Nos messages atteignent leurs destinations, mais nous n’avons aucun retour, ajouta Tobirama. - Changeons de stratégie, portons les messages nous-mêmes, proposa alors Izuna. - Envoyons nos meilleurs guerriers, si ce maudit clan tente une attaque, ils seront servis, ajouta Tobirama. C’est ainsi que deux équipes dirigées par les seconds furent mises en place. Les fondateurs n’étaient pas au bout de leur peine. Convaincre et se battre au nom d’une idéologie romanesque, pour la grande majorité des habitants de ce pays, relevait presque d’une mission impossible. - Toujours des embûches… Pensa Madara en soupirant. Il commençait à douter de la longévité de cette paix naissante.
  13. Dans le chapitre précédent Le chemin vers la sérénité se poursuit. Hashirama voit une part de son rêve devenir réalité. CHAPITRE III LA PARTITION DU TEMPS, CHANT DE LA PAIX. Izuna marchait furieusement en direction du bureau de son frère. Les gardes et les servantes s’écartaient presque instinctivement sur son passage ; il dégageait une aura menaçante. Tout aussi redoutable et craint que son aîné, il était la seconde tête pensante du clan, né pour danser sur le champ de bataille et faire perdurer la légende du clan à l’éventail. Uchiha Izuna était de ceux qui croyaient en la gloire et en la guerre, car « tel était le destin des mercenaires ». Son réveil avait été tumultueux ; se sentant d’abord insulté d’avoir reçu les soins miraculeux de l’éternel ennemi, puis, l’annonce d’une alliance fut la goutte d’eau, vécue comme une trahison. Il entra sans frapper, écartant les portes coulissantes avec fracas. Son arrivée ne sembla pas déranger Madara, le moins du monde. Ce dernier continuait d’étudier son parchemin, ne prenant même pas la peine de relever les yeux vers lui. - Onii-san*, il faut qu’on parle !! - Je vois que tu es en pleine forme. Mais tu n’es réveillé que depuis peu, je te suggère d’économiser tes forces. - … - Bien… Je t’écoute. Le chef déposa son rouleau et se réinstalla confortablement dans son siège, braquant son regard sur son cadet. Ce dernier, en colère, serrait ses points si forts que ses jointures en devinrent blanches. - La paix entre nos deux clans… Vraiment ?!... Onii-san… La seule réponse à leur donner est… - Sais-tu ce que j’ai ressenti en pensant te perdre ? - …Onii-san… Cette simple question atténua la colère du cadet. Il comprenait. Il avait déjà vécu cette terrible épreuve maintes fois. - Il ne s’agit plus de nous, Izuna. Il s’agit du clan. Ils ne nous font plus confiance, beaucoup de nos frères sont lassés de se battre. Nous devons accepter le changement ou notre famille en pâtira. - Nous sommes shinobis ! C’est notre travail et notre destinée de faire la guerre ! - Non, notre destin et notre travail sont de défendre notre clan. Ce projet de paix n’est pas la fin, au contraire, il embellira notre monde. - Mais avec les Senju… - C’est justement parce que ce sont eux. Fais-moi confiance, petit frère. Madara se leva et s’approcha d’Izuna, lui caressant d’abord la crinière avant de l’enlacer. Il montrait rarement son affection, mais quand il s’agissait de lui, c’était une autre histoire. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Près d’une semaine s’était écoulée depuis cette rencontre improbable. Dans les deux camps, tout le monde se questionnait sur le but véritable de cette alliance, chacun y voyant un moyen de duper l’autre. Cependant, dans les hautes strates, on réfléchissait sérieusement à ce projet « enfantin ». Les Senju, en attendant la réponse définitive des Uchiha, s’étaient intéressés aux détails qui constitueront le village et son évolution. Hashirama était à la tête du clan depuis quelques années seulement, faisant suite à son père, Butsuma. Dès les premiers jours de son règne, le jeune homme, inexpérimenté, avait mis les pieds dans le plat, proposant des solutions pacifiques et parlant d’arrêter les guerres. Naturellement, ce fut accueilli avec hostilité et beaucoup s’étaient insurgés allant jusqu’à demander son retrait en faveur de Tobirama. Ce dernier, agissant dans l’ombre de son aîné, lui conseilla alors de jouer avec les cartes du clan : L’autorité totalitaire du chef. En effet, alors que les Uchiha jouissaient du Conseil des Anciens pour apposer son veto, les Senju eux, n’avaient pas voix au chapitre. C’est ainsi que de nombreux changements virent le jour ; l’interdiction de fouler le champ de bataille avant sa douzième année, tuer des shinobis enfants, ou encore l’obligation de maîtriser une technique ou un savoir-faire médical. Petit à petit, les Senju changèrent et acceptèrent la voie paisible sur laquelle les entraînait Hashirama. Alors que le chef de clan peaufinait son projet de village, son frère cadet entra dans son bureau, apportant avec lui un parchemin. - Anija, nous avons reçu un message du clan Uchiha. Peut-être leur réponse ? - Que dit ce message ? Tobirama parcourait le rouleau de ses yeux écarlates, un sourire en coin naquit. Il était fier de son frère et de ses accomplissements. - Les Uchiha acceptent de faire la paix. Quant à l’alliance, elle ne se fera qu’à condition de leur fournir un projet viable sur le long terme… - C’est une excellente nouvelle !! Je n’arrive pas à en croire mes yeux, ce jour tant rêvé arrive enfin ! - Ne t’excite pas ! Nous devons garder la tête froide. Ils n’ont pas encore accepté notre projet, seulement la paix… - Très bien, très bien ! Hashirama ne pouvait s’empêcher de sourire béatement. Il repensait à sa discussion avec les Anciens. C’était une première victoire. - Madara s’est souvenu ! C’est tout ce qui m’importe ! Pensa-t-il. - Bien, je vais répondre en leur demandant une réunion au sein de notre village. Nous avons accepté de faire le premier pas en allant chez eux, c’est désormais à leur tour de nous montrer leur bonne volonté, dit le guerrier aux cheveux blancs. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 La seconde rencontre des deux clans ennemis se mit en place en quelques jours et ce fut au tour des Uchiha de se déplacer. Sans surprise, Madara et Izuna se présentèrent, accompagnés par un membre du Conseil des Anciens, Toshinokō*. La tension était perceptible dans les deux camps, sauf pour Hashirama qui attendait impatiemment l’arrivée de son vieil ami aux portes du petit village. Les Senju vivaient au creux d’un plateau rocheux, entourés par la forêt et barricadés derrière de grandes murailles de bois ; leur village était un lieu naturellement protégé. Un imposant chêne, vieux de plusieurs siècles, gravé des kanjis du clan, trônait au milieu du village comme une figure de proue. La famille principale gouvernante habitait une gigantesque demeure, qui faisait également office de bâtiment administratif, et reposait contre l’immense mur rocheux. Les quartiers s’organisaient en arc-de-cercle autour du grand chêne, marquant la séparation entre les familles et les célibataires. Ainsi, les familles nombreuses habitaient toujours au cœur du village pendant que les quartiers abritant les guerriers vivants seuls, s’étendaient vers les portes, côtoyant la forêt et les terrains d’entraînement. Dès leur arrivée, Hashirama les guida rapidement vers la demeure principale, évitant habilement les regards scrutateurs et messes basses des villageois. Ils s’installèrent dans une pièce donnant sur un magnifique jardin truffé de bonzaïs. On vint leur apporter à boire avant de fermer les portes coulissantes, marquant le début de la réunion. - Permettez-moi de vous présenter Toka, une conseillère de confiance qui pourra nous aider dans notre projet, ainsi que mon frère Tobirama que vous avez déjà rencontré ! - Oh ! Tu es la kunoichi experte en genjutsu, si j’ai bonne mémoire, dit Izuna avec un sourire. - C’est exact, répondit cette dernière, impassible. - Bien, entrons dans le vif du sujet ! Nous avons peaufiné certains détails de notre projet et cela devrait vous plaire ! - Commencez plutôt par nous dire où se trouvera ce village, sa taille, sa composition, etc. Le ton dur de Toshinokō coupa court la vivacité d’Hashirama, qui se reprit bien vite. Sur un ton plus sérieux, il expliqua : - Le village regroupera une partie du nôtre et continuera au-delà de la rivière sur votre territoire, c’est la meilleure façon de lier nos deux clans, sans piétiner sur les autres villages civils de nos territoires respectifs. Tobirama apporta une carte représentant le territoire régional des clans qu’il plaça au milieu de la table. - En effet, c’est très judicieux. Nous pourrons éventuellement l’élargir afin d’y accueillir d’autres clans, répondit le vieil homme, en jetant un coup d’œil au support. - Hashirama, as-tu parlé de ce projet à tes alliés ? - Oui, seulement le clan Uzumaki. Ils sont nos lointains cousins, après tout. - Dans ce cas, pouvons-nous mettre à contribution les Uzumaki, même s’ils ne sont pas issus du pays du Feu ? Questionna Toshinokō. - Bien sûr, je consulterai leur chef. Par ailleurs, y a-t-il des clans alliés qui seraient susceptibles d’accepter de nous rejoindre ? - Nous avons les Yuhi et les Kurama. Nous en discuterons. - Très bien, de notre côté, les Sarutobi et les Hatake pourraient accepter, nous discuterons également avec eux, ajouta Tobirama. La seule femme du groupe, jusque-là silencieuse, se contentant d’étudier les comportements des Uchiha, prit la parole. - Si je puis me permettre, je pense que rester discret pour le moment est le meilleur moyen de nous assurer de la bonne avancée de notre projet. Face au silence et aux regards braqués sur elle, la brune continua. - Nous sommes les deux plus puissants clans du pays. Si ce projet arrive aux oreilles de notre shōgun, ou à d’autres clans ennemis, ils pourraient attaquer en pensant que notre alliance a pour but de décimer les autres clans. - … En effet, je n’y avais pas pensé ! Bien vu Toka-chan ! Sourit, Hashirama. - Hashirama-Sama, vos techniques de bois feront avancer grandement ce projet. Lorsque nous serons officiellement installés ensemble, nous pourrons commencer à rassembler. Qu’en pensez-vous ? Interrogea le vieil homme. Le groupe acquiesça. Pour la première fois de leur histoire, les Uchiha et les Senju furent sur la même longueur d’onde. Cette entente faisait naître, à la fois, l’espoir et la peur. Laquelle des deux vacillera en premier ?
  14. Dans le chapitre précédent Les Uchiha et les Senju s’affrontent depuis une éternité. Un évènement marquant initia les prémices de la paix. CHAPITRE II ... MAIS LE TEMPS S'EST SUSPENDU. Hashirama Senju était reconnu sur le champ de bataille comme un guerrier hors pair, mais aussi pour son corps exceptionnellement robuste. Lorsque sonnait la fin des affrontements, il se dépêchait de porter secours aux blessés. Tobirama criait les derniers ordres afin d’évacuer au plus vite ; ceux qui pouvaient se déplacer furent sommés de transporter les blessés et les morts. D’autres encore furent priés de ligoter les prisonniers de guerre. Cette organisation systématique à chaque fin de combat, permettait d’anticiper toutes les attaques venant d’un autre groupe téméraire. Arrivés au village Senju, les guerriers furent accueillis avec ferveur. Les proches se dépêchant de rejoindre leurs conjoints, enfants ou parents, comblés de les voir revenir en vie. Les ninjas médecins accompagnés des aides-soignantes se dépêchaient de prendre en charge les blessés aux différents points du village. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Hashirama n’avait pas le temps de se reposer. En tant que Chef de Clan, il travaillait d’arrache-pied pour subvenir aux besoins des siens. Cette énième bataille contre les Uchiha lui laissait un goût amer. Voilà des heures qu’il réfléchissait, encore, à un stratagème visant à calmer l’animosité entre eux. - Qu’est-ce que je peux faire de plus ? Je ne peux pas tuer Madara, ça ne ferait qu’empirer les choses… - Anija*, une missive des Uchiha est arrivée. Tobirama entra, sans frapper, surprenant son frère en pleine réflexion. Le parchemin qu’il tenait semblait officiel. Il se releva rapidement, espérant une réponse à ses demandes incessantes de paix. - Que dit-elle ? - Une rencontre, aujourd’hui même avant la tombée de la nuit… - Bien ! Allons-y !! - Certainement pas ! Tobirama était le frère cadet d’Hashirama. Aussi grand et bien bâtit que son aîné, il restait pourtant une anomalie parmi les hommes de son clan. Parce qu’il naquit avec une étrange chevelure blanche et des yeux écarlates, il travailla plus dur que n’importe qui pour s’imposer et justifier sa place au sein de son groupe. Les malheurs et son expérience sur le champ de bataille s’étaient chargés de le rendre froid et calculateur. Il assistait son frère dans ses tâches administratives, et était reconnu pour ses capacités intellectuelles et stratégiques. Tobirama était une aide précieuse pour Hashirama, car il comblait ses lacunes. Le shinobi croyait aussi en la paix imaginée par son aîné, malgré sa méfiance. Ainsi, il émit des réserves quant à ce changement de ton de leur vieil ennemi. Il pensa à un piège. Qui n’y croirait pas ? - Je t’en prie Tobirama. S’il n’existe qu’une infime chance de renouer nos liens, je la saisirai ! - Même si cela doit te coûter la vie, mon frère ? - … - Nous allons prendre une escorte avec nous, et organiser le clan afin de contrer une éventuelle attaque ennemie. - Bien ! Où a lieu cette rencontre ? - La rivière… Répondit-il, soupçonneux, cherchant un plan de secours. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Pendant ce temps-là, du côté du clan Uchiha, Madara avait organisé une petite équipe qui l’accompagnerait au lieu de rendez-vous. Il passa au chevet d’Izuna, toujours inerte : - Petit frère, j’ai trouvé une solution pour te sauver. Mais tu ne vas pas l’apprécier… Il se tourna vers l’équipe médicale, s’affairant autour du blessé, tentant vainement de trouver une solution. - Comment se porte-t-il ? - Nous avons stabilisé son état, mais c’est temporaire. Madara-Sama… Ses fonctions vitales vont commencer à décliner peu à peu… - Maintenez-le encore un peu. Je reviendrais le sauver ! 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Deux groupes se faisaient face de part et d’autre de la rivière. À leur tête, deux ennemis autrefois amis. - Voilà presque quinze ans que je ne suis pas revenu ici… Pensa Hashirama, triste. Ce cours d’eau avait emporté avec lui, tous les souvenirs heureux de leur amitié. Mais tout comme le temps, l’eau s’écoule en un cycle infini, et les souvenirs perdus reviendront. - Madara, j’ai bien reçu ta lettre et je suis ici. Je t’en prie, dis-moi que tu es venu pour notre accord de paix ! - Hashirama… Je réponds à la volonté des Uchiha. Je t’ai demandé de venir pour négocier une trêve. - Qu’en-est-il de l’accord de paix ? - Une trêve. - … - Anija, faisons demi-tour, c’est une perte de temps ! Alors que le groupe Senju faisait demi-tour, Madara s’exprima à nouveau. - Mon frère se meurt, Hashirama. - … - Tue ton frère ou sauve le mien. À l’entente de ces mots, le chef Senju se rembrunit. Il releva son visage, déformé par sa fureur, qui fit frémir les combattants adverses. Ces derniers se mirent en position de défense, activant leurs sharingans. Seul Madara demeurait imperturbable. - Anija, c’est un piège !! - Tout n’est qu’une question d’équivalence. La mort d’Izuna entraînera plus de haine et des guerres à n’en plus finir. En revanche, la mort de ton frère, rétablira l’équilibre… - Si je sauve Izuna, puis-je espérer plus qu’une trêve ? - Cela ne dépend que de toi, Hashirama. - Anija, n’écoute pas ces paroles ! L’agitation de Tobirama poussa les gardes Senju à se mettre en position de défense, à leur tour. Ils entourèrent rapidement leur chef. - Il lui reste peu de temps. La balle est dans ton camp, Hashirama… - Soit ! Je vais soigner ton frère ! Sans hésitation, le leader Senju s’avança vers le groupe ennemi, avant d’être freiné par son cadet. - Certainement pas ! Ils cherchent à t’attirer sur leur territoire ! - Non mon frère, ne t’inquiète pas ! Je vais revenir. Je fais le premier pas, et nous finirons par marcher ensemble, à nouveau. Reste ici, je serais vite de retour ! - Non, je viens avec toi. Nous avons monté cette équipe pour te protéger ! Et c’est ainsi que les deux petits groupes prirent le chemin du village Uchiha, non sans une tension palpable. Hashirama rejoignit le chevet d’Izuna et l’ausculta. Il était évident que des soins normaux seraient inutiles. Il utilisa une technique médicale très avancée, permettant de réactiver et accélérer le développement cellulaire. Les médecins et aides-soignantes présents dans la pièce furent subjugués par ses performances. Après presque une demi-heure de soin, Hashirama sortit de la pièce, rejoignant Madara. - Il est sauf. D’ici quelques heures, il reprendra connaissance ! - … Merci, murmura ce dernier pour que seul Hashirama l’entende. Pour ne pas perdre contenance, il laissa l’équipe médicale veiller son frère puis guida les Senju vers le quartier des anciens afin de négocier le fameux accord de paix. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Le village Uchiha ne disposait que d’une seule entrée officielle. Il était organisé autour d’une grande maison traditionnelle ; celle de la famille principale qui gouvernait le clan depuis ses origines. Elle abritait en son sein de nombreux quartiers, servants aux réunions de guerres et des anciens, ainsi qu’aux rassemblements plus civils. Il y avait même de grands jardins et des pièces permettant d’organiser toutes sortes de festivités. Autour de cette maison, les membres du clan y avaient construit leurs propres foyers en fonction de leurs rangs (généraux, capitaines, artisans, marchands, paysans). Il y avait plusieurs maisonnées servant de cliniques d’urgence à l’entrée, au centre et aux extrémités du village, ainsi que des aires d’entraînement. Enfin, le village était entouré de fortifications en bois, avec plusieurs tours de guet. Les Uchiha étant connus pour leurs talents au genjutsu, avaient alors posé de nombreuses illusions aux alentours, permettant uniquement aux possesseurs de l’œil écarlate de voir au travers de ces techniques. Ainsi, seuls ceux qui étaient accompagnés d’un shinobi du clan pouvaient trouver l’emplacement du village. Madara guida le petit groupe à travers de nombreux couloirs. Il les fit entrer dans une pièce spacieuse et les laissa patienter, non sans laisser une équipe de surveillance avec eux. Les minutes passèrent, le thé fut servi et finalement le fameux conseil fit son entrée. Après quelques salutations respectueuses, un membre du conseil prit la parole. - Senju-Sama, est-ce de la témérité ou une décision inconsciente de votre part ? Venir ici, entouré par tout un clan ennemi… - Hahaha ! On me reproche souvent mon inconscience. Mais à dire vrai, je souhaite plus que tout au monde faire la paix avec vous. Malgré notre passé commun tumultueux, je souhaite faire table rase du passé et construire un avenir meilleur pour nos enfants. - Êtes-vous conscient que notre conflit est beaucoup trop enraciné pour envisager ne serait-ce qu’une entente cordiale entre nous ? - C’est justement parce que nous sommes les pires ennemis que nous devons essayer de nous donner la main. Le pays du Feu ne sera jamais en paix, si leurs deux plus puissants clans ne sont pas capables de montrer l’exemple. - Je vois, changer les mentalités… Cela demande du temps. Que proposez-vous ? À cette question, Hashirama sourit, il inspira et expira profondément, sachant que sa réponse devait absolument les séduire. - Je nourris un rêve depuis mon enfance, celui de construire un village réunissant tous les clans du pays. Ce village serait l’emblème de la paix, un pont vers l’avenir et qui pourrait mettre fin aux traditions cruelles engendrées par nos guerres. Nos enfants vivront plus longtemps, nos femmes prendront goût à la vie et nos compétences ninja serviront la paix. Pour ce faire, nos deux clans doivent être les fondations de ce village. Les clans se rallieront à nous lorsque nous ferons ce premier pas ! - C’est un rêve enfantin. Vous savez que ce n’est pas envisageable. Aucun Uchiha n’acceptera de vivre avec un Senju, et je suis sûr qu’il en va de même pour les membres de votre clan. - Je suis d’accord avec Hashirama. Silence Madara, muet depuis le début de l’échange, s’exprima pour la première fois surprenant aussi bien les conseillers que les Senju. - Vous avez vous-même dit que les effectifs de nos clans se réduisent de jour en jour. Je crois que la paix peut exister entre nous, malgré ce que j’ai pu dire auparavant. Construire un village demande du temps et des efforts, et contribuera à renforcer ces liens. - Je pense aussi qu’il faut prendre ce chemin. Je ne dis pas que cela sera facile, mais c’est notre dernière chance. Récemment, le pays de la Terre a perdu une partie de ses clans, le pays de l’Eau est actuellement en train de voir s’éteindre les siens. Notre shōgun se lassera de nos guerres et nous subirons le même sort, renchérit Tobirama. Silence Chacun réfléchissait à ce projet et à ses failles. - Convenons d’une trêve en échange de nos prisonniers en bon état, et libre dès aujourd’hui. - Cela me convient ! Dit Hashirama. - Attendez ! Une simple trêve ? Vous balayez notre proposition ? Questionna Tobirama, furieux. - Nous avons besoin de temps pour réfléchir à ce projet. - Allons, Tobirama, du calme ! Que diriez-vous d’un délai de réponse ? Tenta Hashirama. - Cela me semble convenable. Libérez les prisonniers, nous vous donnerons une réponse définitive dans une semaine. - Comment savoir que vous respecterez votre parole ? - Tobirama… - Vous n’avez aucun moyen de le savoir, c’est à prendre ou à laisser, trancha Madara.
  15. CHAPITRE I LE DÉMON DU TEMPS DANSE… Le monde s’enflamme, les shōguns* défilent et admirent leurs pays endeuillés pendant que leurs clans s’entretuent. Il en est ainsi depuis de nombreux siècles. Les clans rêvent de paix, mais cette notion reste vague dans leurs esprits. La roue inarrêtable de la vengeance continue de tournoyer entraînant dans son sillage, de nombreux enfants shinobis, et laissant des mères désenfantées, tristement désœuvrées. En ces temps obscurs, la différence est problématique et la connaissance mortelle. Pourtant, deux jeunes garçons parviendront à transcender cette fatalité : Hashirama et Madara, issus des deux plus puissants clans du pays, ennemis jurés depuis tant de siècles qu’ils en oublièrent les raisons de leur conflit. Ils étaient les héritiers d’un macabre héritage teinté de haine, transmis de génération en génération. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Hashirama Senju était âgé de douze ans, brun aux cheveux courts, coiffés en bol, et de grands yeux chocolat, qui semblaient presque innocents. Il était toujours joyeux et plein d’entrain, malgré son monde sanguinaire. Étant l’aîné d’une fratrie de cinq enfants, orphelin d’une mère et fils du chef, il s’efforçait, jour après jour, de sourire afin d’apporter un peu de répit dans le cœur de ses jeunes frères. Il avait conscience de la dureté de la vie de mercenaire, et c’est la raison pour laquelle il profitait de la sienne pleinement, se prenant même à rêver de paix. Depuis toujours, le jeune garçon aimait se promener près de la rivière qui bordait le territoire de son clan. Contempler l’eau apaisait son esprit torturé par de lugubres souvenirs. Plic, plac, ploc Plongé dans ses pensées, il ne remarqua pas la présence d’une autre personne de l’autre côté du ruisseau. Les clapotis de l’eau provoqués par les ricochets d’un galet lancé depuis l’autre rive, le sortirent de ses rêveries. Immédiatement, il se releva, aux aguets. - Qui va là ?! Devant lui, un jeune garçon qui semblait aussi âgé que lui. Il tenait un caillou dans sa main et le fixait de son regard de jais. Ce cours d’eau marquait la limite entre les territoires Uchiha et Senju. Il n’était donc pas rare de voir flotter des cadavres, armes ou autres restes d’armures. Les deux enfants continuaient de s’observer, sur leurs gardes, à l’affût du moindre indice. Le jeune inconnu portait de courts cheveux noirs et hirsutes, tel le plumage d’un corbeau. Ses yeux noirs d’encre, inquisiteurs et froids, n’aidaient pas Hashirama à se détendre. Cependant, ce dernier décida tout de même d’initier la conversation : - Sa… Salut ! Es tu venu contempler la rivière, toi aussi ? - Hn… J’ai besoin de me détendre… Face au caractère peu loquace de son vis-à-vis, Hashirama ramassa lui aussi un galet, et le fit ricochet sur la surface de l’eau. Ils jouèrent ainsi quelques minutes, avant que l’énigmatique inconnu franchisse la rivière en marchant sur l’eau. Le Senju se tendit subitement. Cela n’échappa pas au regard noir de son nouvel ami. - C’est un shinobi ! - Je… Je m’appelle Hashirama, et toi ? - Je suis Madara Uch… Madara… Cette rencontre fortuite marqua le début de leur amitié. Ils se retrouvèrent secrètement à cet endroit, discutaient de leurs journées, de leurs espoirs et de leurs rêves, sans jamais divulguer d’informations sur leurs clans. - J’ai gagné !! Hurla Hashirama. - Tu es parti avant moi !! - Peu importe, regarde ce paysage, on voit toute la forêt d’ici ! - Oui, on peut voir loin d’ici. - C’est décidé, on installera notre campement ici ! - Hein ? - Nous construirons notre village ici et ferons en sorte que les enfants n’aient plus besoin d’aller sur le champ de bataille. Nous créerons une école et aussi… - Il n’y a que toi pour dire des bêtises pareilles ! - Sincèrement, qu’en penses-tu, Madara ? - Ça ne m’a pas l’air trop mal. Si on s’installe ici, je pourrai veiller sur mes petits frères et les protéger dans cet endroit où l’on voit à perte de vue ! Et tout comme le monde continuait de s’enflammer, la roue du destin, revancharde, repris son chemin funèbre, tournoyant si fort et si bien, qu’elle sépara les deux amis. Après deux années de fréquentation, ils furent découverts et obligés de rompre leurs liens. Le démon du temps danse ⏳⏳⏳ Hashirama, était désormais un jeune adulte et guerrier respecté qui nourrissait encore et toujours son rêve de paix. Madara quant à lui, marchait sur le chemin de la vengeance, son rêve n’était plus qu’un lointain souvenir. La perte successive de ses trois jeunes frères l’avait naturellement guidé sur cette voie. Pourtant, chaque bataille était l’occasion pour le Senju, de rappeler à son ami d’enfance leur projet et la possibilité de l’accomplir. Car oui, ces jeunes hommes étaient les héritiers respectifs de leurs clans. Malheureusement, les pertes humaines assombrissaient le cœur des guerriers et rendaient impossible toute forme de communication et de compréhension. Les Uchiha, redoutés pour leur dōjutsu, et les Senju, pour leur force vitale peu commune, s’affrontaient inlassablement dans une danse mortelle qui réduisait peu à peu leur nombre. Tout ceci pour le plus grand plaisir des autres clans du pays. Le démon du temps danse ⏳⏳⏳ Hashirama et Madara étaient dorénavant les chefs respectifs de leurs clans. Mais ils continuaient de s’affronter, au grand dam des Senju. Ils étaient reconnus et redoutés pour leurs forces, leurs talents quasi innés et leurs particularités presque divines. Les autres clans du pays espéraient encore et toujours les voir s’entretuer, à défaut de ne pouvoir les combattre. Madara, assisté de son jeune et dernier frère encore en vie Izuna, menaient leur clan à la baguette. Les Uchiha se battaient pour la vengeance ; ils étaient les fervents adorateurs de la divinité destructrice, Susanō. La gloire était la seule façon d’honorer leurs morts. De son côté, Hashirama était lui aussi assisté par son seul frère survivant, Tobirama. Bien que froid et calculateur, ce dernier voue son existence à protéger son frère et son clan. La force de persuasion d’Hashirama avait peu à peu mené les siens vers une voie plus pacifique. Ainsi, malgré ses nombreuses missives envoyées aux Uchiha afin de négocier un accord de paix, Madara restait sourd à ses appels. Au beau milieu du champ de bataille, alors que l’Uchiha soufflait inlassablement ses flammes enragées, Hashirama sur la défensive, tentait une approche plus verbale : - Je t’en prie, Madara… Reconsidère ma proposition. Ha… Nous pouvons changer les… Les choses ! - Tu n’as pas changé, Hashirama. Toujours… Toujours en train de causer des mêmes âneries. La paix n’existe pas, elle n’est qu’une illusion créée par les faibles d’esprit ! Raaah ! - …Tu ne peux pas avoir oublié ! - Les Uchiha sont nés pour détruire les Senju, Hashirama ! Tu t’accroches à des rêves d’enfants ! De l’autre côté du champ de bataille, Izuna et Tobirama s’affrontaient sans savoir que leur duel allait changer le court des événements : - Technique du Dragon Aqueux ! Invoqua Tobirama en riposte à l’attaque de feu d’Izuna. Le choc des deux éléments créa une fumée épaisse, offrant au Senju une contre-attaque de shurikens. - Malheur à ceux qui ne disposent pas du sharingan ! L’Uchiha esquiva miraculeusement les étoiles mortelles. - Entaille du Dieu du tonnerre ! Tobirama apparut subitement devant son ennemi, armé de son épée sanguinolente. Malgré son acuité exceptionnelle, Izuna ne put voir, ni même comprendre, la dernière attaque de son adversaire. La lancinante douleur à l’abdomen, et le son du sang qui s’écoule, le ramenèrent durement à la réalité. Il s’écroula. 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 Au loin, Madara aperçut Izuna s’écrouler au sol. Délaissant son combat, il accourut auprès de lui : - Tiens bon, petit frère ! Je vais te sauver !!! Le sang du cadet se répandait dangereusement, et les Senju menaçants entouraient désormais les deux frères. - Arrêtons-nous là, Madara ! Regarde autour de toi, il y a de nombreux morts dans nos deux camps. Je t’en prie, reconsidère ma proposition ! Pour toute réponse, Madara disparut dans un nuage de fumée, laissant en plan les Uchiha prisonniers, et donnant l’opportunité à ceux qui le pouvaient encore de s’enfuir. Il courut aussi vite que possible en direction de son village afin de procurer des soins d’urgence à Izuna. Arrivant sur les lieux, il hurla : - Mon frère a besoin de soins, tout de suite !! Le leader avait peur… Pour la première fois depuis très longtemps. Son jeune frère était son dernier rempart avant la folie et il en avait conscience. Les mots de son vieil ennemi tournaient en boucle dans son esprit. Ils étaient aussi tentants que la folie destructrice qui l’habitait perpétuellement. Les minutes lui semblèrent des heures. Les membres du clan lui tournaient autour, donnant des informations plus ou moins importantes, mais il n’entendait rien. - Madara-Sama ? - … - Madara-Sama ? L’homme émergea de ses pensées. Une jeune femme affublée d’un kimono blanc, légèrement tâché de sang, lui faisait face. Elle faisait partie de l’équipe d’assistance médicale. - Izuna-Sama ne passera probablement pas la nuit, il a perdu beaucoup de sang et ses organes vitaux ont été sévèrement touchés. - J’aimerais le voir. Sans même lui laisser le temps de réagir, il la bouscula et entra dans la pièce. Il se pressa au chevet de son frère, évanoui, dont le visage trahissait une souffrance terrible. - Petit frère… Je suis ici, je vais trouver le moyen de te sauver. Tiens bon encore un peu, petit frère… Il déposa un baiser sur sa tempe et se tourna vers l’équipe médicale. Ses yeux lançaient des éclairs : - Gardez-le en vie, et s’il meurt, je vous le ferai payer !! 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂 À peine quitta-t-il son chevet, qu’il fut convoqué par le Conseil du Clan. Cet organisme était formé par cinq vieux shinobis retraités, ayant le pouvoir de statuer contre les décisions du chef, ou au contraire de les appuyer. Madara se recomposa un visage stoïque et entra dans la pièce. Il s’installa face à eux : - Madara-Sama, bon retour. Nous avons eu vent des derniers combats. - Oui, Izuna a été grièvement blessé. - Nous sommes désolés de l’entendre. Cependant, nous vous avons convoqué pour d’autres raisons. Vous avez abandonné vos camarades aux mains des Senju et avez pris la fuite, lâchement ! L’homme sentait sa rage gronder doucement. - Non, ce n’est pas exact. Les Senju ne tueront pas nos frères, ils resteront prisonniers. Nous avons été acculés et j’ai créé une brèche permettant à ceux qui le pouvaient encore de s’enfuir. - Madara-Sama, est-il vrai que les Senju ont à de nombreuses reprises demandé un accord de paix ? Nous n’avons pourtant jamais reçu de telles missives… - Il est vrai que les Senju ont envoyé deux messages dans lesquels ils demandaient une trêve. J’ai estimé que les Uchiha n’ont pas besoin de faire la paix. Nous brillons par notre force et la paix ne peut exister entre nous ! Le Conseil était loin de craindre son leader. Ils continuèrent leur interrogatoire, n’hésitant pas à le fustiger. - Cette décision nécessitait notre approbation ! - … - Notre clan se réduit de jour en jour, nos femmes pleurent et leurs murmures autrefois inaudibles résonnent désormais avec celui de nos hommes ! - Nous devons entendre ce que les Senju ont à nous dire. Il est primordial de faire primer la survie de notre clan avant toute chose !! - Bien. Dans ce cas, je vais répondre positivement aux Senju et organiser une rencontre afin d’établir les détails de notre accord, concéda finalement Madara dans un dernier soupire. À la suite de cette conversation houleuse, le leader se retira en ayant une idée bien en tête. Il restait le Chef de ce clan, il fera donc les choses à sa manière, tout en répondant favorablement à la demande des siens.
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