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Timoteo

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  1. Salut ! Je suis libraire et également auteur d'une chronique consacrée au monde du manga pour une revue trimestrielle à destination des professionnels du livre (non distribuée en kiosque). Je prépare un prochain article dont le sujet principal sera "Pourquoi j'aime, tu aimes, ils aiment Naruto" dans lequel je voudrais défendre toutes les qualités intrinsèques de ce manga, parfois trop facilement négligé par les professionnels en raison, paradoxalement, de son succès commercial. C'est pourquoi j'aimerais collecter quelques réponses ici à une question très simple à laquelle il peut être compliqué de répondre de manière courte : POURQUOI AIMEZ-VOUS NARUTO ? (en n'évoquant que le manga, pas l'anime). Seule règle, si possible : ne faites pas plus de deux ou trois phrases simples, sans réfléchir longuement. Dites simplement ce qui vous traverse l'esprit à la lecture de cette question, ou ce que vous avez sur le coeur. N'essayez pas d'être complet ni d'analyser. Dites simplement ce qui vous vient. Merci pour votre aide. Je vous ferai par du contenu de l'article au complet une fois que celui-ci aura été rédigé. PS : ne sachant pas trop dans quelle partie du forum cette question devait être posée, je l'ai diffusée également dans celui consacré au news de Gaara France ; excusez- moi pour ce doublon.
  2. Il s'écoule un temps vraiment long entre la préparation d'un article pour une revue trimestrielle et le moment de sa parution. Mais je suis content de pouvoir vous faire part maintenant de cet article qui sortira dans quelques jours dans la revue des Librairies Spécialisées Jeunesse (assez largement distribué - tirage de 30.000 ex. - et à laquelle toutes les bibliothèques de France et de Navarre sont abonnées à titre professionnel, même si ce n'est pas toujours accessible au public). Bien sûr, vous regretterez sûrement plein de choses qui auraient dû ou n'auraient pas dû se trouver dans cet article. Entre le fait que j'aime Naruto, mes impératifs de chroniqueur et les contraintes éditoriales, il a fallu faire des choix et assumer des angles particuliers. J'espère toutefois que chacun s'y retrouvera plus ou moins. MERCI encore pour votre participation à ma réflexion et à mon travail préliminaire, vraiment ! *********************************************** Le continent manga (4) : Pourquoi j’aime, tu aimes, ils aiment Naruto En compagnie de Sasuke et Sakura, Naruto, le pire garnement de l'école des ninjas du village caché de Konoha, poursuit son apprentissage : voilà l'incipit immuable des résumés qui accueille les lecteurs de Naruto depuis maintenant une trentaine de volumes. Cette phrase contient en germe une bonne partie de ce qui captive ces lecteurs, nous y reviendrons. Naruto (de Masashi KISHIMOTO, publié par Kana en France) est en effet LA série au succès phénoménal en France depuis deux ans (lorsqu'un volume paraît il est très souvent la première semaine en tête de toutes les ventes de livres en France, tout genres confondus), sujet d'étonnement en soi au coeur d'un autre phénomène d'ampleur déroutante : la part grandissante et galopante du manga parmi les ventes de BD dans notre pays. L'idée de cette chronique n'est pas de voler aux basques d'un succès qui n'a désormais nul besoin de davantage de publicité. Simplement, il m'a paru intéressant d'essayer de comprendre l'enthousiasme de l'ensemble de ces lecteurs, jeunes et moins jeunes, garçons et filles, afin de dégager parmi ses qualités quelques ingrédients types qui font la magie de la potion « manga ». L’intitulé de cette chronique l’indique, j'aime personnellement beaucoup Naruto et j'en discute avec d'autres lecteurs ; pour aller plus loin, j'ai demandé aux participants de forums sur internet entièrement consacrés à Naruto, de me dire en quelques mots « pourquoi » ils aiment ce manga. Plusieurs de leurs remarques concluent cet article et je les remercie chaleureusement d'avoir contribué à l'inspirer et à l'enrichir. Commençons par admettre que les spécialistes déclarés de la bande dessinée, du manga ou de la culture japonaise contemporaine négligent souvent Naruto, voire méprisent la série plus ou moins ouvertement, interprétant son succès et sa popularité comme l'indice des dérives mercantilistes d'un art industrialisé en manque d'inspiration. Ainsi, on lit dans Les Mondes Manga (de Jérome SCHMIDT et Hervé Martin DELPIERRE, éditions EPA) : « un shonen très classique, dessiné sommairement, et principalement dédié au combat. (...). L'exemple de Naruto rappelle les pages les moins glorieuses de la culture manga.(...) Pur produit de consommation et de divertissement bon marché (...) » (p. 168). Bigre ! Evidemment, je ne partage pas un tel jugement et même si certains éléments de l'analyse des auteurs peuvent être repris, leur interprétation doit être à mon avis critiquée. Il me semble que dans un ouvrage par ailleurs très bien fait, richement illustré et particulièrement intéressant car il permet de découvrir de nombreux pans de la culture manga au Japon, les auteurs se sont un peu servis de Naruto comme caution de crédibilité critique afin de trouver un pendant négatif à tout ce qu'ils apprécient par ailleurs, donnant ainsi du grain à moudre aux contempteurs du manga en général. En réalité, leur analyse peut être remise en cause sur deux points principaux. Ils expliquent, à raison, qu'au Japon Naruto fait l'objet d'un merchandising délirant et représente ainsi une vache à lait apte à satisfaire de manière basique les goûts de Japonais et à rapporter le maximum d'argent, ce qui impose de calibrer le produit, d'en gommer les aspérités, d'en raboter toute originalité, bref de le stériliser. Certes, l'industrie du manga a en effet toujours surexploité ses séries à succès, tirant le maximum de bénéfices en les dérivant sous forme de films d'animation ou live, comédies musicales, jeux vidéos, objets de toute sorte, de la housse pour téléphone portable au papier toilette imprimé, etc. Mais cela n'explique pas comment la série créée par Masashi KISHIMOTO a gagné à l'origine le coeur de millions de lecteurs passionnés au Japon (le merchandising n'est venu se greffer qu'après le succès, d'ailleurs inattendu, d'un très jeune auteur qui jusqu'à présent ne s'était guère distingué). Ce fait n'explique pas non plus pourquoi Naruto connaît un succès également phénoménal dans les autres pays où il a été traduit, notamment en France, où le merchandising est infiniment plus faible (les Japonais concédant rarement des droits en ce sens) et où les films et les jeux vidéos Naruto, par exemple, n'ont pas tous été distribués. Le deuxième point sur lequel l'analyse des auteurs des Mondes Manga peut être reprise et réinterprétée va me permettre d'aborder directement les raisons qui, selon moi (et bien d’autres amateurs de manga), font tout l'intérêt de Naruto, série emblématique du genre « shonen » méritant son succès actuel. Il s’agit, d’après Schmidt et Delpierre, de l’évocation de cette règle d'or qu'avouent souvent les auteurs et les maisons d'édition : le secret d'un bon manga (sous-entendu : qui fait de très grosses ventes) industriel (sous-entendu : fabriqué à la chaîne, sans âme, pour plaire au plus grand nombre), c'est la simplicité ! Simplicité du trait pour une lisibilité immédiate et une grande fluidité de lecture ; simplicité de l'action et des ressorts dramatiques pour ne perdre aucun lecteur en chemin. En fait, il serait nécessaire de développer finement cette idée de « simplicité » ; elle est très intéressante. Prise dans le sens négatif que souligne les auteurs à l'appui de leur thèse (la médiocrité globale de Naruto), elle signifie « simplisme », « manque d'originalité » et « artifice ». Et pourtant, en décalant à peine la perspective, on peut tout aussi bien considérer que cette simplicité est la qualité qu'atteint un auteur lorsqu'il développe avec talent et vérité des thèmes qui s'imposent d'emblée à l’œil, à l'esprit et au coeur d'un très grand nombre de lecteurs, précisément parce que ces thèmes sont universels, immémoriaux et forment la trame constante à partir de laquelle nombre de mythes, de légendes, de contes, de romans, de films ou de chansons... populaires et à succès (par définition) ont été créés. Ainsi, lorsque nos auteurs reprochent à Naruto de ne mettre en scène que « des sentiments basiques (peur, courage, honneur, vengeance) » (p. 168), que font-ils d'autres que souligner la parenté naturelle, toute proportion gardée, entre l'oeuvre de Kishimoto et celle... d'Homère, par exemple ?! Bref, la simplicité est loin d'être un défaut ; tout dépend de la manière dont on la traite. Lorsque l'auteur de manga trouve des moyens de rendre cette simplicité vivante, palpitante, étonnante, émouvante, alors il touche à une certaine universalité qui explique en grande partie que beaucoup de mangas aient réussi (à la surprise même des Japonais !) à s'imposer dans tout le reste du monde, en passionnant autant un lecteur français ou américain que japonais. Certes, de la simplicité prétendant à l'universalité par le biais de grands sentiments on risque vite de verser dans la soupe narrative façon Hollywood. Mais de même qu'il existe de bons films américains à succès, de bonnes séries télévisées originales, il existe aussi de bons mangas populaires. Cette chronique n'a pas pour but de raconter en long et en large l'histoire de Naruto à ceux qui ne la connaissent pas. Livrons tout de même l'essentiel de la base de l'histoire en revenant à notre première citation, l'incipit des résumés. Si vous voulez que rien ne vous soit défloré, évitez donc de lire ce qui suit. - « En compagnie de Sasuke et Sakura » : Naruto est une grande histoire d'amitié complexe entre trois jeunes d'une même génération (ils ont une douzaine d'années au début de l'histoire), aux caractères bien trempés, différents mais bien plus complémentaires qu'opposés, malgré la rivalité opposant les deux garçons, Naruto et Sasuke. Ce dernier est un beau garçon ombrageux, très doué, fier jusqu'à l'orgueil, dissimulant en réalité le secret tragique d'une famille décimée par son frère aîné qui ne semble avoir laissé la vie sauve à Sasuke que pour donner au destin une possibilité de le punir un jour de son crime. Quant à Sakura, elle est la fille du trio, représentante « classique » de valeurs plus féminines que masculines mais sublimant en réalité cette dichotomie en finissant par tenir avec le même courage et la même volonté que les deux garçons un rôle complet de combattante (spécialisée dans la préservation de la vie) ; Sakura permet également au récit d'adopter quelques passages sentimentaux et amoureux au sein du trio, sans s'appesantir. - « Naruto, le pire garnement de l'école... » : Naruto, le héros éponyme, est un cancre, mais du genre de ces cancres sympathiques, plein de bonne volonté, d'énergie et de vitalité ! Réfractaire aux enseignements trop pesants, trop statiques, trop abstraits, il compense largement ce côté peu intellectuel par sa joyeuse malice, son inventivité et ses astuces, sans parler de son courage, de sa persévérance infinie, de sa dureté au mal, de sa capacité à « changer les autres » en leur offrant sans détour (avec de la pudeur et beaucoup de bonne humeur à la fois) son amitié et en se dévouant corps et âme pour eux. - « des ninjas du village caché de Konoha » : Naruto s'inscrit au départ dans un genre traditionnel et balisé, les histoires de ninjas. Il existe au Japon une riche tradition en la matière, en grande partie fabriquée même si elle repose sur des faits historiques réels, tout un imaginaire qui empreinte aux thèmes du combat, de la protection, du secret, de la nature et de l'ésotérisme. Le manga s'en nourrit généreusement et a l'excellente idée d’offrir à ses lecteurs dans des pages additionnelles à chaque chapitre nombre de renseignements historiques très sérieux et utiles qui tendraient presque à faire de nous des érudits ! Cette manière de prendre au sérieux les lecteurs, tout en restant accessible et divertissant, est vraiment très louable de la part de l'éditeur français Kana. A l'attention des parents et des éducateurs chez nous, si inquiets encore quant au contenu des mangas et de ce qu'ils véhiculent, il est nécessaire d’insister sur ceci : bien que certains combats soient parfois sanglants, bien que certains faits tragiques surviennent, ils ne sont jamais gratuits ni complaisants. Au contraire, ils sont l'occasion de souligner combien les héros positifs de l'histoire sont attachés à la préservation de la vie, à la protection des plus vulnérables et de ceux qu'ils aiment, à la réconciliation entre les groupes ou les frères ennemis, au rétablissement de la paix quand la guerre fait des ravages, etc. Quant aux combats eux-mêmes, nombreux il est vrai, je crois qu'il faut tout simplement les considérer comme des « morceaux de bravoure », des scènes chorégraphiées enthousiasmant les lecteurs grâce à l'inventivité très stimulante dont l'auteur fait preuve ; il lui suffit de multiplier les types de pouvoir étonnants et variables à l'infini dont chaque ninja peut-être doté pour rendre chaque combat aléatoire et spectaculaire, chacun à sa manière, et la force n'est rien alors sans l'intelligence, l'astuce, l'habileté, l'endurance, la volonté, l'expérience ou le petit grain de folie. Alors voilà, Naruto peut bien paraître aux yeux de certains critiques se réduire à une succession continuelle de combats, mais en réalité (outre que c'est en partie faux) ces combats voient leur intérêt dramatique se renouveler sans cesse et donnent lieu à chaque fois à des performances tout à fait étonnantes, que ce soit dans le dessin dynamique et vivant ou les rebondissements qui bluffent les lecteurs quant à leur issue. Bref, Naruto peut être lu de 12 à 120 ans ! En dessous de 12 ans, ça dépend des lecteurs. - « [Naruto] poursuit son apprentissage. » : Naruto, tel qu'on en a parlé tout à l'heure, est un « rêve » d'identification pour bien des jeunes, garçons ou filles, que rebute un quotidien scolaire ou familial trop contraint, trop formaté. Ce qui est plus le cas au Japon qu'ailleurs en Occident, mais l'ennui ou les frustrations excessives dues à une société parfois attristante sont loin d'épargner notre propre jeunesse. Attention, il n’y a pas dans Naruto prétexte à condamner toute éducation ou tout effort, bien au contraire ! Le jeune apprenti ninja est ainsi très à l’écoute de quelques adultes autour de lui qui, ayant compris sa personnalité et trouvé le chemin de son coeur, parviennent à capter son attention, à gagner sa confiance, à obtenir de lui des efforts remarquables et lui permettent ainsi de grandir en préservant ses qualités originales. A ce titre, les personnages adultes du jeune professeur Iruka et surtout de Kakashi, mentor des trois jeunes héros et dont la personnalité est très mature tout en sachant être subtile et pince-sans-rire, sont des exemples d’excellents éducateurs, même s’ils ne sont pas parfaits ni idéalisés. Au début de la série, les obstacles à l'épanouissement de Naruto sont particulièrement sévères, puisqu'il est vu par son village comme un enfant à part, orphelin, et dont on se méfie ; en effet, dans son corps à sa naissance a été scellé un démon d'une puissance extrêmement destructrice, ceci afin de protéger le village menacé par ce monstre (le rituel auquel on a alors procédé était le seul moyen de contenir le péril). Ainsi, le personnage de Naruto est symbolique de plusieurs maux qui affectent parfois les jeunes et dont ils peuvent souffrir cruellement, le tout premier d’entre eux étant de ne pas être pleinement accepté, ni par sa communauté ni par ses pairs. Sans faire davantage de psychologie ou de psychanalyse ici, il est évident que la lecture de Naruto peut apporter des bienfaits cathartiques à nombre de jeunes se sentant « différents », ou plus ou moins « rejetés », ou croyant qu'ils n'ont pas « les talents qu'il faut » pour grandir en devenant « quelqu'un de bien » et « quelqu'un qu'on aime », etc. Le manga apporte l'exemple que tout cela n’est pas une fatalité face à laquelle on serait impuissant, sans jamais tourner à la démonstration à gros sabots ; au contraire, les passages de « gratification » qui explicitent les progrès de Naruto dans sa marche vers une maturité réjouissante sont traités avec pudeur, distance et légèreté. Un franc et large sourire sur le visage du jeune héros peut alors être la conclusion brève et magnifique à des centaines de pages d'épreuves traversées précédemment.
  3. Timoteo

    NARUTO à l'honneur : un long article

    Deux dimensions de Naruto, le manga, sur lesquelles j'aimerais encore insister, sans les développer entièrement toutefois (la place manquerait et on y reviendra certainement à propos d'autres oeuvres) : la forme « feuilleton en série » et les liens tissés entre l'auteur et les lecteurs. Ces aspects signent également l'originalité des mangas, qui les distingue de la plupart des productions européennes ou américaines, même s'il ne s'agit pas d'une exclusivité. Naruto en est actuellement à son 31ème tome paru en France ; il y en a 39 pour le moment au Japon et ce n'est pas prêt de prendre en fin. Ce qui fait déjà environ 7500 pages format manga. En soi, la quantité n'a rien de forcément qualitatif et certains n'hésitent pas alors à n'y voir qu'un signe de production en chaîne quasi tayloriste et sans charme. Or, c'est se méprendre et négliger deux éléments : tout d'abord les héros ne cessent d'évoluer au gré des événements auxquels ils sont confrontés et donc l'histoire se transforme et s'enrichit comme toute vie humaine (le temps qui passe est une variable maîtrisée et contribue à l'intérêt de la narration, ce qui est assez fascinant sur le long terme). Ensuite, loin d'être une tare du manga, la longueur de ces récits permet d'entrer réellement et finement dans la psychologie des personnages ; cela les rend au final d'autant plus crédibles donc intéressants et attachants. C'est Osamu TEZUKA (déjà évoqué dans une chronique antérieure) qui a le premier théorisé et surtout magnifiquement mis en pratique cet aspect baptisé « story-manga ». Nous retrouvons à chaque parution les héros des séries de manga comme des amis dont nous aurions des nouvelles très régulièrement et qui vivraient une « vraie » vie parallèle à la notre, quelque part, ailleurs, une vie plus captivante dont le récit fidèle agrémente nos propres vies et même les « améliorent » parfois en nous inspirant des exemples que nous transposons, chacun à sa façon, dans le monde réel. Ce qui est tout simplement la vocation la plus élevée de toute fiction ou de toute création. Quant aux liens tissés entre Masashi KISHIMOTO et ses millions de lecteurs, ils s'inscrivent dans une tradition éditoriale qui, certes, a d'abord une vocation commerciale mais qui se révèle dans le cas présent singulièrement développée, sympathique et utile. En effet, les auteurs de mangas livrent souvent avec les chapitres de leurs histoires (chaque chapitre, je vous le rappelle, fait l'objet d'une prépublication hebdomadaire en magazine - ce qui est très certainement une manière beaucoup plus logique et intéressante de les lire pour en suivre le rythme et en goûter toute la saveur) des pages de commentaires libres dans lesquelles ils s'adressent à leur public, leur parlant de tout et de rien, à propos de leur vie de mangaka ou même de leur vie personnelle. Le plus souvent, ce n'est qu'anecdotique car le quotidien des mangakas est bien peu intéressant tant ils sont pris dans leur obligation sans fin de « produire » la suite de leurs séries ; ils ont peu de temps libre donc. Ces petites annotations entretiennent cependant l'impression d'une familiarité avec son auteur préféré et sont très appréciées des lecteurs japonais qui se déchaînent aussi par le courrier, certains auteurs faisant quasiment l'objet d'un culte idolâtre ! Avec KISHIMOTO, dans Naruto, l'auteur a cependant fait davantage et c'est fort intéressant pour les lecteurs occidentaux. Tout d'abord il a longuement parlé de sa propre enfance et de sa « formation » de fan de manga et d'animation. Il a également évoqué et expliqué comment il avait été remarqué par un éditeur mais aussi combien cela avait été un très long chemin, très dur, très décourageant parfois, avant de devenir un auteur digne de ce nom ayant une histoire valable à raconter et un style graphique propre, efficace et limpide ; cela est absolument passionnant et démystifiant pour bien des jeunes lecteurs qui pourraient s'imaginer que c'est facile d'écrire une histoire ; ils se rendent compte ainsi des exigences très élevées de l'écriture, des nombreux échecs que l'on connaît avant d'aboutir à quelque chose et de la nécessité de se remettre souvent en question, avec courage et lucidité, en sachant profiter de l'expérience des grands anciens et des chefs d'oeuvre de la littérature. Vraiment, des pages à mettre entre toutes les mains et qui forment une alliance intime, finalement, avec l'histoire de Naruto elle-même. En conclusion, voici un florilège des réponses à ma question, aussi simple a priori que délicate lorsqu'on s'y plonge, posée sur des forums virtuels consacrés à Naruto : « En quelques mots seulement : Pourquoi aimez-vous Naruto ? » : « Naruto. J'adore vraiment. De l'humour, de l'action , du suspense, des astuces , du combat... bref tout ce que j'aime ! Bon il y a une petite touche d'amour » « Pas mal de persos développés et différents (il y en a de tous les âges, tous les modes de pensée, bref pour tous les goûts) » « Voir l'évolution du perso si il va accomplir son rêve » « J'aime ce manga car il nous fait découvrir un monde nouveau ; à l'instar de Harry Potter c'est tout un monde qui nous est décrit dans les moindre détails. Une gamme de personnages tous attachants, les uns comme les autres. Et surtout un scénario plus qu'attractif et très bien ficelé. Humour, baston, analyse, émotion,... que du bonheur !!! » « Pour moi c'est simple : les dessins sont tout simplement magnifiques et de plus en plus beaux au fil des tomes, l'histoire est très fouillée et les personnages sont charismatiques » « L'histoire : base simple, déroulement compliqué. Ca parle en gros de choses classiques, amitiés, haine, folie, et tout le tralalala. Mais Kishimoto arrive à y mettre un vrai mystère, si bien que l'on s'étonne de choses que l'on connaît pourtant très bien » « Un scénario bien construit où le hasard n'a pas sa place ; un monde vaste et étudié ; des dessins très attirants, très fluide à lire ; des personnages uniques ; enfin j'aime beaucoup les mangas où l'humour tient une place importante » « Univers très bien construit, basé sur le monde passionnant des ninjas, inspiré par la mythologie, [qui] nous permet grâce à sa richesse d'exprimer des théories complètes sur des évènements à venir » « Il n'y a vraiment que le scénario qui traîne dans ma tête quand je dire pourquoi j'aime Naruto... Franchement, quand on parle de Naruto, il est impensable de passer à côté du scénario » « Les personnages sont variés, avec chacun un caractère bien à lui ce qui le démarque des autres. Aussi il y a une différence par rapport aux autres mangas qui parlent de combats, il n'y a pas de héros qui veut sauver le monde et des méchants qui déferlent tous les 20 épisodes » « je trouve que l'histoire nous transporte complètement dans le monde inventé par le créateur qui pourtant se base sur l'histoire et la géographie du japon. Nous découvrons ainsi ce pays dont les coutumes nous changent de l'occident et tous les persos sont aussi très attachants ». Merci encore à chacun ! Olivier ANSELM, Librairie VOYELLES (Sables d’Olonne)
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