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Taedros


Saysiju
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J'ai commencé un roman (mais inspiré d'un manga) et j'aimerais avoir quelques avis. Je n'ai écris que 6 chapitres actuellement, que je suis entrain d'éditer, mais selon les éventuels encouragements je compte continuer plus ou moins loin. Aussi, je voudrais ajouter que certaines parties seront censurés pour respecter les règles du forum et que certaines scènes pourraient heurter la sensibilité des plus jeunes et/ou des âmes sensibles.

 

Chapitre 1 : Amour secret

 

Le corps tomba lourdement aussitôt après l’impacte. Sa tête se fracassa sur les dalles froides du hall de la gare, mais cela n’avait aucune importance car il était déjà mort. Un cercle rouge au milieu de son front témoignait de l’impacte de la balle. L’homme avait tiré si vite et à bout pourtant en plus. Le reste du groupe n’en revenait pas. Alors que le sang provenant de la tête de la victime s’éparpillait lentement sur le sol, les regards se tournèrent vers le policier. Ses yeux bleus, si perçants et sa chevelure blonde si brillante impressionnaient à présent tout le monde. D’ailleurs, s’il avait eu la moustache et la barbe, on l’aurait confondu avec un viking. Son pistolet rangé, il regarda l’homme à côté de lui. Juste un seul regard et l’homme à ses côtés doutait à cet instant que tout soit réel.

 

D’un regard furtif en arrière, il entraperçu quelques personnes dont le visage lui était familier. Le jeune homme regarda à nouveau devant lui, puis à sa gauche tout en continuant d’avancer dans cette rue qui finissait en cul de sac. D’autres personnes de l’autre côté de la route se rendaient aussi là où il allait. Il regarda alors à nouveau devant lui, le visage sans émotions. Lui, c’était Michael, Michael Dulin et l’endroit où il se rendait n’était simplement que son école, le collège Saint François-Xavier I, surnommé SFXI.

 

Arrivé presque au bout de la rue, Michael n’avait plus qu’à bifurquer sur sa droite pour entrer dans l’école et aboutir dans la grande cour. Le jeune homme ralentit un peu son allure, comme pour figer le tableau. Des élèves passèrent devant lui et lui semblait presque contempler la cour, alors qu’il la voyait tous les jours… Michael arrêta sa contemplation dont il se rendit compte qu’elle était stupide pour braquer son regard vers un endroit précis de la cour. Il sourit en voyant que ce qu’il y cherchait était bien là. L’étudiant se dirigea alors d’un pas un peu plus pressé qu’auparavant vers cet endroit de la cour. Un jeune garçon semblait l’y attendre, son regard et celui de Michael se croisèrent et ils se sourirent. Une fois qu’ils furent face à face, ils se saluèrent et se firent la bise. Michael soupira et déposa sa mallette un peu trop lourde à côté de son meilleur ami. Nicolas Mylanner, c’était son nom et il ne tarda pas à prendre la parole.

 

«  Alors, Mike, ça va ? »

«  Ouais, ouais… », répondit il spontanément et sans conviction.

 

Ce dernier baissait les yeux et son ami le dévisagea comme pour scruter ce qui ne pourrait ne pas aller. Cependant, comme Michael pouvait sentir se regarder pesant, il s’empressa de continuer la discussion.

 

«  Et toi… ? »

« Bah, comme tout les matins… Je me fais chier avant les cours… »

« Je vois… »

«  T’as remarqué ? »

 

Michael releva la tête vers son ami, intrigué. Bien qu’il ait deviné la réponse à l’air qu’il avait prit, Nicolas lui laissa le temps de répondre.

 

«  Non… »

 

Nicolas se décolla du mur où il était appuyé pour faire quelques pas en avant. Michael le suivit, puis son ami s’arrêta pour montrer un endroit qui se situait dans le prolongement du mur, mais qu’il aurait été impossible de voir sans se déplacer. Le garçon suivit le doigt de son camarade et remarqua que deux vitres avaient été brisées. C’était les vitres des fenêtres du bureau du préfet de discipline. Michael fit la moue et remarqua qu’il n’y avait aucun morceau de verre à terre, cela devait s’être passé depuis un petit moment déjà. Il ne tarda pas à avoir d’amples précisions.

 

«  Des vandales… »

 

Michael se tourna vers son ami au son de sa voix, quant à ce dernier, il ne détachait pas son regard de la scène de vandalisme. Nicolas commença alors un discours sur le vandalisme que son ami n’écouta que d’une oreille. Le jeune homme allait réprimandait son camarade pour son manque d’attention, quand la sonnerie du début des cours retentit. Un brouhaha s’en suivit. Nicolas haussa les épaules et décida de laisser tomber.

 

« On dirait que c’est l’heure, tu viens… ? »

 

Michael le regarda et acquiesça. L’instant d’après, ils poirotaient dans leur rang, celui de la 6B. Le règlement de l’école voulait qu’à chaque matin et à la reprise des cours de l’après-midi, les élèvent doivent attendre leur professeur dans un rang qui correspondait au local où ils allaient avoir cours. Beaucoup trouvait ça stupide, c’était comme si on les prenait pour des enfants alors qu’ils étaient en dernière année. Enfin, c’était le règlement et ils s’y accommodaient, ils n’avaient pas le choix de toute façon si ils voulaient passer cette année. Les deux camarades se mirent au bout de ce rang. Nicolas, les mains dans les poches, scrutait les jeunes demoiselles des autres classes tandis que Michael, les bras le long du corps, semblait regarder dans le vague. Il passa un long moment et le prof n’arrivait toujours pas, cela était peut-être du à l’incident de vandalisme de la nuit passé, mais tout les élèves s’en foutaient. Cependant, comme le temps semblait long, Nicolas remarqua l’étrange silence de son ami. Il jeta un œil à son ami.

 

« Hey, t’as rien à raconter ou quoi… ? »

 

Aucune réponse. Nicolas fronça les sourcils et se décida à suivre le regard de son ami. Il découvrit que son ami ne regardait pas le vide et la chose semblait plutôt même intéressante. Nicolas sourit. La chose était en faite, une jeune fille de leur classe. Elle n’était pas particulièrement jolie, mais elle semblait visiblement plaire à Michael. Nicolas ne la regardait jamais, c’est normal, il ne s’intéressait qu’aux brunes. Cependant, d’un point de vu objectif, il avoua que pour une blonde, elle n’était pas trop mal. Il regarda son camarade du coin de l’œil en gardant la direction de son visage vers la jeune fille et le stoppa dans sa contemplation d’un coup de coude assez brusque. Michael, mou comme il était, faillit basculer. Il se reprit et mit une main sur son épaule avant de répondre tout aussi mollement :

 

«  Quoi… ? »

 

Nicolas ne pu s’empêcher de sourire un peu plus à cause de sa réaction.

 

« C’est Mélinda qui t’intéresse… ? »

 

Michael rougit malgré lui et ne trouva pas la force de nier les faits.

 

« C’est pas une bombe sexuelle, mais elle te conviendrait… Allez fonce ! »

 

Michael reçu une tape dans le dos qui faillit le faire tomber en avant. Le jeune homme releva la tête vers son ami d’un air un peu gêné et pu voir à son sourire qu’il semblait ravi de le voir amoureux. Michael n’eut pas le temps de répondre quoique ce soit que la voix pressée de son professeur le tira de cette situation embarrassante.

 

« Désolé de mon retard ! Allez, on monte vite encore, on a cinq bonnes minutes à rattraper ! »

 

Un énorme soupir s’éleva de la classe et tout le monde se mit en mouvement. Michael jeta un dernier coup d’œil à Mélinda avant de suivre le groupe et d’essayer de se concentrer sur le cours qui allait suivre.

 

Les élèvent entrèrent les uns après les autres dans la classe, Michael en dernier. Il referma la porte derrière lui et évita de croiser le regard de la fille qu’il avait déjà tant observer, de son professeur, de Nicolas ou de qui que ce soit d’ailleurs. Il se sentait si gêné à présent d’être si amoureux de Mélinda. Il avança vers le fond de la classe et occupa sa place à habituel. Le garçon partagea le même banc que Nicolas, mais cette fois, il aurait voulu être seul de peur de subir les remarques de son ami. Un chuchotement ne tarda pas se faire entendre.

 

«  Alors ça fait longtemps… ? »

«  De… de quoi ? »

 

Nicolas sourit, il savait qu’il faisait semblant de ne pas comprendre.

 

« Que t’as flashé sur Mélinda… »

« Je… heu, oui… »

« Combien de temps… ? »

« Plusieurs mois… mais ces temps-ci, elle m’obsède plus que d’habitude… »

 

Nicolas sourit un peu plus, voyant qu’il avait réussi à délier la langue de son ami. Il n’allait pas s’arrêter en si bon chemin…

 

«  Et quoi ? Qu’est-ce que t’attends pour aller te déclarer ? »

«  Je… »

« Nicolas, Michael, mon cours ne vous intéresse pas ? »

 

Nicolas et Michael relevèrent la tête pour s’apercevoir que leur professeur leur parlait. Michael, un peu gêné et n’ayant pas l’habitude d’être sermonné par le professeur, détourna la tête. Nicolas soupira alors et répondit pour eux d’eux :

 

«  Si Mlle Lingueberg, nous étions juste entrain de comparer les réponses que nous avions pour le devoir… »

 

Leur professeur fit la moue, ne croyant pas une seule seconde à ce mensonge.

 

«  Ce n’était pas nécessaire, nous allons commencer le cours, mais si vous voulez dire le mot à mon cours, faites le en anglais. »

« Yeah… », conclua Nicolas.

 

Le jeune homme avait dit ça d’un air un peu las, mais spontanément, n’ayant aucun problème en anglais. Le professeur commença alors son cours ne parlant à présent plus qu’en anglais. Nicolas détourna un instant son regard vers son ami, mais se retint de dire un seul mot, n’ayant pas envie d’être exclu du cours. Il soupira alors et décida de prêter une oreille au cours, bien qu’il sentait qu’il n’y apprenait rien.

 

Michael releva doucement la tête, il entendait les consignes du professeur, mais ne les écoutaient pas. Il essayait de prêter attention, mais à chaque instant il ne cessait de penser à Mélinda. Il regarda dans sa direction et ne pu s’empêcher de sourire béatement. Il la trouvait si jolie. Bien qu’elle soit une fille banale pour les autres, tout lui plaisait en elle, de ses longs cheveux blonds, à ses longues jambes fines en passant par ses yeux bleus qu’il n’osait jamais regarder plus de cinq secondes d’affilés. Cet air si innocent le faisait craquer, elle avait vraiment l’air d’un ange et…D’un seul coup, il ne la voyait plus. Elle avait tourné la tête, sentant ce regard pesant sur elle et comme croiser son regard lui serait insurmontable, le garçon avait détourné les yeux.

 

Michael avait à présent dans son champ de vision Julien. Julien Tagmon était un élève de sa classe, il était plutôt calme, mais peut-être un peu obsédé. Le jeune homme ne faisait qu’observer en cachette Vanessa Hopins, la fille la plus jolie de la classe, voir même de l’école. Souvent, n’en tenant plus, remuant sur sa chaise comme s’il allait exploser d’un instant à l’autre, il demandait au professeur pour s’absenter du cours. On n’en était pas sûr, mais tous les garçons de la classe disaient qu’ils s’absentaient pour aller se -censure- n’en tenant plus de regarder Vanessa. Si c’était vrai, cela voudrait dire qu’il se -censure- au moins quatre fois par jour et on estimait ses pratiques à une bonne demi-douzaine par jour… Michael ne pouvait pas croire qu’un garçon si timide pouvait être un si grand obsédé sexuel, mais son meilleur ami Nicolas était de l’avis général de la classe.

 

Il jeta alors son regard sur Vannessa, comment pouvait on aimer une fille pareille ? C’était une vraie pimbêche, stupide et une matérialiste. Une fashion victim comme on dirait de nos jours. Il hocha de la tête. Ce ne devait pas être de l’amour, juste une attirance sexuelle un peu démesurée de la part de ce qui pourrait être le pire obsédé sexuel de tout l’établissement. Il arrêta ses réflexions sans trop d’importances pour faire l’effort ultime de se concentrer sur le cours. Il participa d’ailleurs autant qu’il pouvait et s’efforça de réfléchir en anglais pour éviter un maximum d’être distrait par autre chose. Le cours d’anglais passa alors relativement vite et il persévéra dans ces efforts de concentration pour que la journée se passe au mieux.

 

A 16 heures, Michael était devant l’établissement en compagnie de Nicolas et regardait les élèves sortir l’un après l’autre. Il aperçut enfin Mélinda qu’il ne quitta plus des yeux.

 

«  Alors, on rentre ? », lui demanda son camarade.

 

Michael hésita un moment à répondre, bien qu’il avait pris sa décision dès le déjeuner.

 

«  Rentre tout seul, je… »

 

Nicolas suivit le regard de son ami et esquissa un sourire.

 

« Tu vas tenter de l’aborder ? »

 

Michael acquiesça, ne pouvant détacher son regard de Mélinda qui s’éloignait doucement en bas de la rue. Nicolas déposa une main sur son épaule et Michael se décida enfin à regarder son ami.

 

«  Bonne chance mec. »

 

Michael le regarda dans les yeux. Il hocha à nouveau la tête et sourit faiblement pour lui montrer qu’il acceptait avec joie ses encouragements, mais qu’il avait encore beaucoup d’angoisses.

 

«  Ne t’inquiètes pas, tout va bien se passer… Tu me raconteras tout demain ! »

 

Et sur ces mots, Nicolas descendit à son tour la rue et fit un signe de la main au garçon alors qu’il lui faisait dos. Michael regarda à nouveau Mélinda qui se trouvait à présent au bout de la rue. Il semblait maintenant décidé, mais au moment où il allait s’encourager lui-même, elle bifurqua sur la rue à sa gauche. Michael reprit alors ses esprits et dévala la rue, manquant de bousculer son ami qui sourit en le voyant si énergique. Après quelques secondes de courses effrénées, il s’arrêta au bout de la rue et regarda à sa gauche pour se rendre compte qu’il n’était plus très loin de Mélinda. Il marcha alors d’un pas pressé vers elle, tentant de reprendre sa respiration. Cependant, il n’y arrivait pas, même si après quelques secondes il s’était remis de sa course, le stresse de lui parler lui faisait haleter. Plus il marchait, plus il s’approchait d’elle, bientôt il serait à côté d’elle et il n’aurait d’autres choix que de lui parler. C’était mauvais ! Il allait bégayer à coup sûr ! Et puis qu’allait il donc lui dire ? Il ne pouvait pas lui dire un truc du genre : « Salut Mélinda, je t’observe en cachette depuis cinq moins déjà, est-ce que tu voudrais qu’on sorte ensemble ? ». S’il lui disait ça, elle le rejetterait à coup sûr… Mince, c’était trop tard ! Il était à présent à côté d’elle… Ils marchaient côte à côte. Michael la regarda du coin de l’œil, mais elle ne semblait pas le voir, elle regardait droit devant elle. Peut-être faisait elle semblant de ne pas le voir, peut-être était il repoussant ? En tout cas, c’est ce qu’il ne cessait de se dire. Cependant, arrivé à ce stade, il ne pouvait plus faire marche arrière. Il avala sa salive et se décida à baragouiner quelques mots.

 

«  Je… Salut, Mélinda… »

 

Aucune réponse, elle marchait toujours droit devant elle. Alors, elle l’ignorait vraiment ? C’était comme si son monde s’écroulait et déjà Michael n’avait plus la force de marcher. Alors que le jeune garçon venait juste de s’arrêter quelque chose d’inattendu se passa. Michael qui baissait déjà les yeux du les relever aussitôt pour remarquer que Mélinda s’était aussi arrêtée elle aussi. Elle lui sourit à son grand étonnement et retira les écouteurs de son Ipod de ses oreilles avant de l’interpeller.

 

«  Michael… ? Je ne t’avais pas vu… Tu retournes aussi à pied ? »

 

Michael ne répondit pas tout de suite, encore surpris par sa réaction.

 

«  Heu… oui… »

 

Mélinda lui sourit à nouveau.

 

«  Tu veux faire un bout de chemin avec moi ? »

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Je ne sais pas si les doubles postes sont autorisés, mais je vais mettre mon 2ième chapitre, car c'est vraiment dans celui-là que l'intrigue commence.

 

Chapitre 2 : Drôle de rêve

 

La porte vitrée de la librairie s’ouvrit dans une petite sonnerie et Nicolas s’avança au fond de la pièce, prêt du comptoir attendant l’arrivé du libraire. Il regarda tout autour de lui et remarqua qu’il y avait une étagère dédiée aux  magazines pornographiques, mais ne s’y attarda pas. L’instant d’après la porte au fond de la pièce s’ouvrit sur un homme d’une trentaine d’années. Cependant, les rides qu’il présentait et son état de fatigue avançée lui donnaient déjà la quarantaine. Le libraire s’avança vers le comptoir et y posa ses deux mains avec insistances comme si sans elles, il défaillirait. L’homme était rouge et transpirait beaucoup. Nicolas pensa un instant que ce type lui faisait presque peur, mais chassa vite cette idée, n’ayant nullement envie de se préoccuper de ce qu’il faisait juste avant.

 

«  Une recharge Mobistar, s’il vous plaît… »

 

L’homme ne répondit pas tout de suite, il haletait. Nicolas essaya de ne pas y prêter attention et détourna la tête de peur de sentir une haleine putride.

 

«  De combien… ? »

«  Quinze euros. », répondit le garçon sans vraiment regarder le libraire.

 

L’homme souffla un grand coup et tapa quelque chose sur sa machine avant de regarder le ticket sortir lentement de celle-ci. Nicolas fixait aussi le ticket et le vit se faire arracher de la machine d’un coup sec. Le bout de papier était maintenant dans les mains du libraire et allait passer dans celles du garçon quand une tâche rouge se fit sur celle-ci. Nicolas releva instinctivement la tête et remarqua que le libraire saignait à la bouche. Ce dernier, confus, l’empêcha de dire quoique ce soit et essuyer le sang d’un revers de la main.

 

«  Ce n’est rien… », dit le libraire d’une voix qui se voulait rassurante.

 

Comme Nicolas continuait de le regarder, l’homme déposa le ticket dans sa main et la referma. Aussi plus Nicolas plongeait son regard dans les yeux du libraire, plus il pouvait y reconnaître de la peur. De la peur, oui et ses yeux semblaient presque lui parler… Il lui demandait… de l’aide ?! Une voix s’éleva de derrière le libraire. Il se tourna alors brusquement vers la porte qu’il avait empreinte pour venir.

 

« Eric ! », criait la voix.

 

Le libraire avala difficilement sa salive avant de répondre.

 

«  J’… J’arrive, ma chérie, je… Je termine de servir le client ! »

«  Viens tout de suite, ici ! »

«  Mais… »

«  Tout de suite, j’ai dit ! »

«  J… J’arrive ! »

 

Le libraire se précipita alors pour rejoindre sa femme, mais une fois arrivé à l’encadrement de la porte, il s’arrêta. L’homme se retourna alors vers Nicolas et croisa à nouveau son regard. L’étudiant ne su pas comment, mais il pu distinctement lire dans son regard : « Adieu, je m’en vais mourir ».

 

«  Je suis désolé, je dois y aller… mais vous pouvez déposer l’argent sur le comptoir… »

 

La voix oppressante de sa femme l’appela à nouveau.

 

«  Je… Je vous fais confiance… », ajouta il avant de disparaître par là où il était venu.

 

Nicolas resta un instant  paralyser, ne sachant comment réagir. Il finit par secouer la tête et sortir quinze euros de son portefeuille qu’il déposa sur le comptoir. Il sentait que quelque chose n’allait pas chez cet homme, mais il ne pouvait pas s’initier dans sa vie comme ça. Le cri d’Eric retentit peu après dans la librairie, mais Nicolas était déjà parti.

 

Un sourire aux lèvres, Michael referma la porte de chez lui. Le moment qu’il avait passé avec Mélinda, aussi court fut il, le rendait extrêmement heureux. Il n’y avait pas que la joie d’ailleurs. Comme il entrait dans le salon pour saluer sa mère, il se rendit compte qu’il avait aussi repris confiance en lui.

 

«  Salut Michael, ça a été à l’école… »

« Oui… », répondit il pensif.

 

Il tourna les talons pour quitter le salon en repensant à ce qu’il s’était passé. Il avait fait les premiers pas vers une relation avec Mélinda. Le garçon monta les escaliers. Oui, demain, il pourrait lui parler plus facilement et peut-être même qu’à partir de cet instant, il pourrait rentrer tout les jours avec elle. Il sourit à cette pensée en ouvrant la porte de sa chambre au deuxième étage. Son frère qui jouait sur son ordinateur le salua sans quitter les yeux de l’écran.

 

«  Je suppose que tu veux squatter le PC… »

 

La réponse de Michael fut positive et son frère ne se plaint pas une seule seconde. Il se contenta de sauvegarder sa partie et de laisser la place à son grand frère. Et pendant que Michael quittait les applications de son frère pour lancer les siennes, ce dernier lui racontait sa journée à l’école ainsi que ses dernières avancée dans son jeu. Michael le laissa parler sans trop écouter et s’adonna à ses activités habituels jusqu’au soir où toute la famille se retrouva pour le souper.

 

La famille de Michael comportait six membres, lui, son père, sa mère, son petit frère, Christophe, sa petite sœur, Christal et son autre petit sœur, âgée de huit mois seulement, Isaline. Michael prit place le dernier à table et occupa sa place habituel, c'est-à-dire entre Christal et Christophe et juste en face de sa mère. Il était 19 heures passées et la famille mangeait en silence pendant que les parents suivaient les informations. Bien qu’il ait déjà dix-sept ans et donc l’âge de s’intéresser à ce genre de chose, Michael n’écoutait que rarement les informations. Il aurait dû cette fois-ci. A l’écran, défilaient plusieurs images de sa ville et le reporter faisait état d’un cas assez étrange.

 

«  Verviers. Marc Dewere, un homme d’une quarantaine d’années a été retrouvé mort dans son lit. A première vue, il aurait été tué par une balle tirée à bout portant à la tête. »

 

La mère de Michael s’exclama un « Mon Dieu ! », mais ce dernier n’y prêta pas attention. Un policier fit son apparition à l’écran et l’on pouvait lire « Didier Rollens, Policier » en bas de celui-ci.

 

« On a reçu un appel de secours vers 8h aujourd’hui. Moi et mon coéquipier étions à 8h30 sur les lieux et avons découvert le corps. Ce qui est étrange, c’est qu’il n’y avait ni traces d’effractions, ni de sang autour du cadavre. Un interrogatoire de la famille de Mr. Dewere ainsi que du voisinage est en cours, mais pour l’instant nous penchons pour un crime prémédité de la part de sa femme. »

«  L’enquête est donc en cours », reprit le reporter, « s’agit il d’un membre de sa famille ou un intrus ayant pu s’infiltrer dans la maison sans effractions ? Le temps saura nous le dire. »

« C’est horrible… », s’épouvanta la mère de Michael.

« Michael, tu as suivi ? », le questionna son père.

« Non. »

« Tu t’en fous ? »

« Oui. »

 

Christophe éclata de rire et son père souffla.

 

« A ton âge, tu devrais suivre les informations ! Ca pourrait t’aider à l’école, tu sais… », le réprimanda son père.

« Et même pour toi… », ajouta sa mère.

«  Ouais, ouais… », s’empressa t’il de répondre pour clôturer la discussion.

 

Le reste du repas se passa en silence et une fois la table débarrassée, Michael s’empressa de remonter dans sa chambre. Il passa son temps devant quelques animes, bien qu’il aurait pu tout aussi bien ne rien faire. L’adolescent était tellement obsédé par le moment qu’il avait passé avec Mélinda qu’il ne profitait d’aucunes de ses activités. Il finit par laisser la place au PC à son frère avant de rêvasser sur son lit. Aussi avant qu’il se ne rende compte, il était déjà vingt-trois heures. Le jeune homme se leva avec un sourire, sortant d’un fantasme qu’il trouvait des plus plaisant. Il prit une douche, se brossa les dents et était paré pour une nuit qu’il pensait des plus paisibles.

 

« Bonne nuit. », lui souhaita son frère avant de se blottir sous sa couverture.

«  Ouais, bonne nuit… », lui répondit Michael en se couchant à son tour dans son lit, «  J’ai hâte d’être demain… Mélinda… ».

 

Il esquissa un sourire et ce fut sa dernière pensée avant de plonger dans le monde des rêves.

 

Michael ouvrit les yeux et la première chose qu’il vit fut un ciel étoilé. En effet, il était couché à même le sol, sol froid d’ailleurs et il s’empressa de se relever. La seconde chose qu’il vit fut plus étrange : son professeur, Mlle Lingueberg se tenait devant lui en robe de nuit. Il rougit et remarquerait plus tard que cela était le moins étrange dans cette histoire. Tout d’abord, lui-même était habillé en slip et d’ailleurs il passa rapidement ses bras autour de lui. Pas seulement pour se cacher, mais parce qu’il faisait froid et nuit. Il n’eut qu’à jeter un seul coup d’œil autour de lui pour se rendre compte qu’il était dans la cour de son école.

 

«  Pardon… Michael, est-ce que tu sais ce qui se passe… ? », le questionna Mlle Lingueberg.

 

Il dévisagea son professeur, celle-ci rougit et s’empressa de croiser les bras sur sa poitrine, se souvenant que sa robe de nuit était totalement transparente. Michael détourna les yeux vivement de la jeune femme, c’est vrai qu’elle avait à peine vingt-six ans, qu’elle avait de belle forme. D’ailleurs, bons nombres de ses camarades fantasmaient sur elle. Il se souvient de Bruno, le délégué de la classe parlait de ses longs cheveux lisses, de ses lèvres pulpeuses et de ses yeux émeraude. Sans parler, du plus important : sa poitrine généreuses et son « petit cul ». Michael rougit encore plus quand il se surprit à avoir une -censure-. Bon sang, il était entrain de fantasmer… et sur sa prof ! Il se gifla mentalement et se persuada de ne pas être pervers avant de se retourner à nouveau vers son professeur.

 

Cette dernière avait détourné son regard sur deux des autres élèves de sa classe. En effet, Mélinda Willer, Julien Tagmon et Vanessa Hopins se tenaient assis à côté de lui. Oui, Mélinda Willer, la même Mélinda qu’il avait osé aborder après tant de temps. Elle était juste assise à côté de lui, en soutien-gorge. C’était comme un rêve, d’ailleurs ça devait l’être, qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ?

 

«  M… Michael… ? », bégaya elle.

 

Le jeune homme resté bouche bée ne su pas répondre. A sa gauche, Julien se leva lentement, habillé d’un simple slip, cependant quelque chose l’empêchait de frissonner. Alors que tout le monde se posait des questions sur la nature de ce qui se passait, lui avait les yeux braqués sur Vanessa. Oh oui, Vanessa la Déesse du collège SFXI. Des pensées obscènes ne tardèrent pas à l’envahir et un cri s’en suivit.

 

«  Ha ! Julien, t’es dégelasse ! », lança Vanessa.

 

L’adolescente en robe de chambre, qui d’ailleurs était encore plus provocante que celle de son professeur, pointa la chose qui se dressait doucement hors du slip de Julien. Le reste du groupe se tourna vers lui et à peine gêné, il cacha le bout de son -censure- d’une main et dévisagea les autres d’un air mauvais. Vanessa prononça encore quelques insultes, partagée entre la peur et le dégoût et déjà le groupe s’attardait sur des questions plus importantes comme : « Où étaient ils ? »et « Que se passait il ? ».

 

« Est-ce que je rêve… ? Pourquoi est-ce que je rêverai de toi… ? », se demanda Mélinda en fixant Michael des yeux.

 

Ce dernier, rougissant, détourna la tête.

 

«  Moi, ça ne m’étonne pas que je rêve de toi… », pensa t’il.

« Moi aussi ça m’étonne, pourquoi rêverai-je de mes élèves… », approuva le professeur, « et puis, il y a ces deux gens que je ne connais même pas ».

 

En plus, de Mlle Lingueberg et ses élèves, il y avait un homme d’une quarantaines d’années qui semblait être un policer et ainsi qu’un autre d’une trentaines d’années. Ce dernier, rouge pivoine, semblait exténué. Pire que ça, il avait la bouche en sang et semblait avoir été battu. Il était resté assis et haletait doucement alors que le policier s’était relevé directement et regardait tout autour de lui. Et pendant que les regards s’attardaient sur cet homme qui semblait être en difficulté, Mlle Lingueberg fixait le policier.

 

« Dites, je vous ai déjà vu quelque part vous… », lança t’elle.

 

Le policier se tourna brusquement vers le professeur. Elle eut un sourire en voyant qu’elle ne se trompait pas.

 

« Oui, je vous ai vu au journal TV ! J’ai même retenu votre nom… Attendez… Didier Rollens, c’est ça ? »

 

L’homme semblait un peu confus, mais il ne pouvait répondre que par l’affirmation.

 

« Oui, c’est bien moi… est-ce vous savez ce qu’il se passe ici ? »

« Non, je n’en ai pas la moindre idée… J’espérais que vous me le disiez… Dites pourquoi vous et cet homme êtes les deux personnes à être habillé décemment ? »

 

Didier retira sa casquette et se gratta la tête, encore plus confus.

 

« Je n’en ai pas la moindre idée... »

« Personne n’en a donc aucune idée d’où on est et qu’est-ce qu’il se passe ? », demanda t’elle dans un soupir.

 

Michael hésita un instant, mais finit par prendre la parole.

 

« Si nous racontions chacun ce que nous souvenions avant d’atterrir ici, peut-être que ça nous aiderait… »

 

Mlle Lingueberg ne réagit pas tout de suite, sûrement surprise par la réactivité de son élève qu’elle trouvait un peu mou ces derniers temps. A part ce jour-ci, en cours, il n’avait cessé de rêvasser et ses côtes baissaient doucement. Elle était d’ailleurs sur le point de lui toucher un mot quand elle le vit enfin participer au cours d’anglais. Enfin, peu importe, même si elle l’avait questionné, Michael n’aurait jamais avoué que si ces notes baissaient, c’était à cause d’une fille.

 

«  Très bonne idée Michael ! Tu veux commencer… ? »

 

Le garçon hésita encore, mais voyant que tous les regards étaient tournés vers lui, il se lança.

 

«  A vrai dire, je n’ai rien fait de spécial. Je suis rentré chez moi comme chaque jour. J’ai fais mes devoirs, j’ai souper, j’ai eu quelques distractions sur mon PC et vers minuit après avoir brosser mes dents et pris ma douche, je suis allé me coucher… J’ai fermé les yeux, je me suis endormi je crois et… me voilà. »

 

Il eut un petit silence avant que Mlle Lingueberg prenne la parole.

 

«  Moi aussi, je crois que je me suis endormie… C’est d’ailleurs pour ça qu’au début j’ai cru que nous étions dans un rêve… Tout est si… »

« Réel… », la reprit Michael.

 

Il y eut un nouveau silence. Alors que Mélinda voulu prendre la parole, elle fut coupée par une étrange sonnerie. Les uns se tournèrent vers les autres, attendant que l’un d’eux sorte un gsm. Cependant, à part cet homme à terre et Didier, personne d’autres ne pouvait avoir de gsm. Didier hocha négativement de la tête tandis que l’autre étranger était toujours entrain de se remettre de ce qu’il avait enduré avant son sommeil. De toute façon, il y avait peu de chance que cela provienne d’un gsm, c’était plus comme un jingle et ça semblait venir du ciel. Michael fut donc le premier à lever les yeux vers le ciel étoilé, sans rien apercevoir. Alors que les regards se levaient vers le ciel, une voix semblant y provenir se fit entendre.

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