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Les Mercenaires


Saysiju
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Voilà, je poste ici une histoire de type fantastique/humour, tout commentaire est le bienvenu  :).

 

Chapitre 1 : Le vieil homme (Partie 1)

 

Le pas lourd, mais rapide, l’homme avançait dans cette étendue presque déserte. Cela faisait déjà plusieurs jours qu’il marchait sans avoir jamais rien rencontré sur sa route. La terre était aride et le soleil de plomb, sans parler du manque d’eau. Il savait que cela serait dur, mais il devait le faire, il devait faire ce voyage. L’homme avait espéré qu’après une centaine de kilomètres, il trouverait une habitation, un endroit pour se reposer et peut-être même s’installer quelques temps. Enfin, il l’avait trouvé. Il ralentit le pas en approchant de la petite maisonnette pour pouvoir la contempler.

 

-Plus qu’à espérer qu’elle n’est pas vide…

 

Quelques secondes plus tard, l’homme était face à la porte de l’habitat. Il hésita un instant, mais finit par toquer, il était là pour ça après tout. Aucune réponse. N’y avait-il personne… ? Ou peut-être est-ce qu’ils n’avaient pas entendu ?

 

-Il y a quelqu’un ?! cria l’homme.

 

Toujours aucune réponse. Après un instant de réflexion, il pressa la poignée et se rendit compte que la porte était ouverte. L’habitation devait être abandonnée.

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-Bah au moins, je pourrai me reposer ici tranquillement, se dit il en ouvrant la porte.

 

Il ferma la porte derrière lui et traversa ensuite le hall, bien décidé à visiter la baraque, quand il s’arrêta net à la vue du salon. Un vieil homme s’y trouvait. Aussitôt que l’inconnu croisa son regard, il se leva pour serrer le voyageur dans ses bras. Le jeune homme fut surpris, mais eut ensuite un petit sourire aux lèvres, supposant que c’était ainsi qu’on accueillait les étrangers dans ce pays. Le vieil homme pleurait.

 

-Philippe, mon amour, commença le vieil homme, j’ai faillit perdre espoir !

 

Le jeune homme sursauta et repoussa gentiment le vieil homme, bien qu’être son « Philippe d’amour » le dégoûtait.

 

-Heu désolé, monsieur, je ne suis pas Philippe…

-Oh Philippe ! Quand tu m’as dit que tu étais allé chasser le cerf, je savais que tu ne reviendrais pas avant longtemps…

-Hey, il ne m’a pas entendu ou quoi, pensa l’homme ?

 

Le vieil homme lâcha son étreinte pour contempler la personne qu’il pensait être « Philippe ». Il commençait à se douter de quelque chose. L’étranger fit la moue et se répéta encore :

 

-Je ne suis pas Philippe !

-Oh, poussa le vieil homme dans un petit étonnement.

 

Il se retira alors pour retourner à la table où il était assis auparavant. Le voyageur ne pu s’empêcher de s’excuser en voyant l’air penaud de son hôte, mais ce dernier ne répondit rien. Il se contenta de prendre ses lunettes et de se retourner pour découvrir la véritable identité du visiteur.

 

-Hum, dit-il en notant que son physique était différent de celui de Philippe, vous êtes étranger ?

 

Le visiteur sursauta presque.

 

-Comment le savez-vous ?!

-Votre nez est anormalement long…

-Hein ?! Qu’est-ce qu’il a mon nez?! dit il en louchant et se frottant le bout du nez.

-…Et vous avez les lèvres légèrement pulpeuses.

-Hein ?! Mes lèvres ne sont pas pulpeuses !

-Sexy, murmura le vieil homme en s’humectant les lèvres.

 

Cependant, le voyageur ne remarqua rien à ce geste, troublé par les remarques du vieil homme.

 

-Quel est votre nom ? demanda le propriétaire des lieux

-Heu… Moi, c’est Roland…

-Hum, c’est un nom débile…

-Quoi ?! C’est un nom pourtant très répandu dans mon pays ! 25% des garçons s’appellent Roland…

-Alors, c’est un pays de débile, conclua le vieil homme avant de retourner à sa place.

 

Roland resta un instant bouche bée, puis se reprit avant de prendre une chaise pour s’asseoir.

 

-Est-ce que je vous ai donné la permission de vous asseoir… ?

-Heu…

-Non, je plaisantais, faites à votre aise.

-Heu, merci, dit il un peu embarrassé avant de s’asseoir. Hum… qu’est-ce que je voulais dire…

-Vous alliez me dire que votre pays n’est pas un pays de débile.

-Comment… ? Peu importe, c’est effectivement ce que j’allais dire… Bien que ce soit loin d’être le meilleur des pays, ce n’est pas un pays de débile… Enfin, je crois, ajouta t’il avant de rendre compte que son interlocuteur ne l’écoutait même pas.

 

Ce dernier tripotait une tasse de café… froid.

 

-Heu, commença Roland, pardon… puis-je savoir votre nom ?

-Mortimer, mais tout le monde m’appelle Morty… enfin, quand je dis tout le monde, je veux dire Philippe m’appelait comme ça, ajouta t’il légèrement triste.

 

Roland nota que son surnom et même son prénom était bien plus cool que le sien, mais ne dit rien pour ne pas lui faire ce plaisir.

 

-C’est déjà bien plus cool que ton prénom, hein ?!

 

Roland baissa les yeux sourit et rougit.

 

-Et c’est quoi ton surnom… ? Roro, le lent ?!

 

Roland rougit de plus belle et le vieil homme se mit à rire à gorge déployée, comme s’il avait soudainement oublié la disparition de Philippe.

 

-Excusez-moi, finit il par dire pour s’arrêter de rire ! Voulez vous que je vous serve une tasse de café froid pour me faire pardonné, dit il en se levant avec sa tasse.

-En faites, je préférerai une tasse de café chaud…

 

Le vieil homme fit volte-face.

 

-Vous voulez pas non plus du champagne ! répondit il offusqué.

-Heu… tout compte fait, une tasse de café froid m’irait très bien.

-Ha, je préfère ça…

 

Morty servit donc la dite tasse à Roland et en profita pour remplir la sienne.

 

-Voilà, dit-il en posant la tasse sur la table.

-Merci…

 

Roland contempla le liquide noir et froid avant de poser ses yeux sur Morty qui s’asseyait.

 

-Hum, dites, est-ce que vous êtes gay… ?

-Grand Dieu, non !

 

Il eut un silence. Morty finit par rajuster ses lunettes et reprendre la parole :

 

-Ce n’est pas parce qu’on a eu une ou deux expériences sexuelles avec un garçon qu’on gay,… n’est-ce pas ?

-Heu, si vous le dites…

-Juste une question… est-ce que vous avez un faible pour moi… ?

-Non, non ! Moi non plus, je ne suis pas de ce bord !

-Bien, alors tout est réglé, dit il en avalant une gorgée de café froid.

 

Il posa ensuite ses yeux oppressants sur Roland qui, troublé, eut le mauvais réflexe de boire une gorgée de sa tasse.

 

-Keuf, keuf !

-Vous n’avez jamais bu de café froid ou quoi ?!

-Non !

-Bon Dieu…

-Au faite, si vous n’avez pas de faible pour moi… Pourquoi m’avez-vous interrogé sur mes penchants sexuels ?

-Eh bien… c’est parce que vous m’avez appelé Philippe…

-Et ?

-Eh bien, Philippe est un nom… masculin…

-Grand Dieu, non ! Philippe est un nom absolument féminin !

-Ha… ? Bah là d’où je viens… il est typiquement masculin.

-En tout cas, je peux vous assurer que je ne connais aucun Philippe de sexe masculin.

 

Ce que Morty ne précisa pas, c’est qu’il ne connaissait qu’une personne… enfin, maintenant deux.

 

-Ha… bon, d’accord…

 

Morty soupira.

 

-Philippe… voilà déjà trois mois qu’elle est partie, je crois qu’elle ne reviendra plus…

-Que c’est-il passé… ?

-Eh bien, c’est une histoire un peu longue, est-ce vous avez le tend de l’écouter… ?

-A vrai dire, je comptais loger ici…

-Hum…

-Si vous êtes d’accord, bien sûr !

-Hum… Je pense que j’ai besoin de compagnie…

-Est-ce un oui ? demanda Roland avec espoir.

-C’est cela, le seul hic, c’est qu’il n’y a qu’un lit pour deux.

-Pas de chambre d’ami ?

-Non.

-Pas de canapé ?

-Non.

-Je peux prendre le sol alors…

-Si les quelques rats qui vivent ici ne vous dérangent pas…

 

Roland fit la moue face à son interlocuteur qui dissimulait un sourire sournois.

 

-Bon… je suppose que je n’ai d’autres choix que de dormir avec vous, dit il avec un peu d’anxiété dans la voix.

-Parfait, répondit son interlocuteur en s’humectant à nouveau les lèvres.

 

Roland eut un frisson l’espace d’un instant.

 

-Bon si vous me racontiez cette histoire…

-Quelle histoire ?

-Celle de votre… enfin, celle de Philippe.

-Ha oui celle là, dit il en avalant une autre gorgée de café froid comme pour se donner des forces. Eh bien, avant, moi et Philippe vivions ensemble heureux.

-Elle était votre femme… ?

-Oui, je me souviens encore de notre mariage. Cela s’est passé ici même.

 

Roland jeta un coup d’œil autour de lui.

 

-Même s’il n’y avait rien que nous deux ce jour-là, l’instant était magique.

-Comment ça rien que vous deux ?

-Oui, qui voulez vous que j’invite ? Je ne connaissais qu’elle…

-Il n’y avait même pas de prêtre ?

-Non.

-Hum… alors, j’ai le regret de vous dire que votre mariage était bidon.

-Oh mon Dieu, dit-il d’un air attristé… Alors tout ce temps, j’ai couché avec une inconnue ? Quel beau salop, je fais…

-Heu, pas une inconnue… une amie.

-Non, ça n’avait rien avoir avec de l’amitié… Je l’aimais vraiment…

 

Voyant son air attristé, Roland ne pu s’empêcher de mettre sa main sur la sienne pour le réconforter.

 

-Je suis sincèrement désolé…

-Mais lâchez votre main sale gay !

 

Roland vu sa main rejetée aussitôt et ne dit plus un mot, partagé entre la surprise et la honte.

 

-Bref, tout allait bien. Nous vivions de nos propres récoltes : des pommes de terre, des carottes, des radis…

-Mais comment faites vous pour cultiver tout ça dans une terre si aride ! Et je n’ai vu aucun potager en venant !

-Le truc c’est que nous cultivions sous terre… dans la cave. Grâce au soupirail, les plantes ont l’apport nécessaire en lumière et pour le reste, ce n’est pas un problème…

-Ha, je commence à comprendre…

-Pas étonnant que vous soyez surnommé « Roro, le lent »…

-Bon, bon, dit-il en rougissant, on va pas revenir là-dessus.

-Oui, vous avez raison… Je disais donc, nous cultivions de tout. Nous avions même un caféier… Boire un bon café froid aux aurores, c’était notre petit plaisir à nous…

-Bah ça je vous le laisse, pensa Roland en terminant difficilement sa tasse de café.

-Je vous en ressers un autre ?

-Non, non, merci ! C’est gentil…

-C’est vous qui voyez, dit il en se levant pour aller se resservir une tasse !

-Continuez plutôt votre récit…

-Ha oui, le récit, dit il en se rasseyant, en faites, tout le problème vient des plantes que nous cultivions.

-Ha bon… elles étaient mauvaises ?

-Non, elles étaient excellentes et elles le sont toujours d’ailleurs, c’est juste que nous ne mangions que ça… Lors de sa visite annuelle, notre docteur nous a averti que si nous continuions avec ce régime nous risquerions de tomber malade. Il devait avoir raison car à ce moment cela faisait déjà quelques semaines que moi et Philippe nous sentions un peu faible. Il nous manquait un apport important en protéine. Une carence qui pourrait nous être fatal… Dire que je n’ai jamais mangé de viande de ma vie et que ce n’est qu’à la fin de celle-ci qu’il devient indispensable d’en manger…

-Vous n’avez jamais mangé de viande ?!

-Non.

-Eh ben…

-Bref, le lendemain de la visite du docteur, Philippe me proposa d’aller chasser. Evidemment, j’ai tout de suite protesté ! C’est le travail des hommes d’aller chasser. Cependant, elle se justifiait en disant que j’étais plus faible qu’elle, c’est logique elle a mangé de la viande plus récemment que moi.

-Logique si vous n’en avez jamais mangé.

-Exact, de plus, elle s’est justifié en disant qu’elle avait déjà vu son père chasser et donc qu’elle se débrouillerait bien mieux que moi. J’ai donc fini par céder, alors elle m’a sourit et m’a dit : « Je te ramènerais un grand cerf ! », depuis, je ne l’ai plus revue…

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Chapitre 2 : Le bar

 

Roland fixa un instant le vieil homme, redevenu triste.

 

-Triste histoire.

-Je ne vous le fais pas dire… Qu’est-ce qu’elle me manque…

 

Il eut un court silence et quand le vieil homme pu se tirer de sa mélancolie, il questionna Roland.

 

-Assez parlez de moi, dites moi plutôt ce qui vous amène dans notre beau pays.

 

Roland fixa son hôte un instant avant de s’exprimer.

 

-La guerre, dit-il en baissant légèrement les yeux.

-Oh…

-Depuis l’élection du nouveau président, une guerre civile a éclaté. Le président MacDoom, cet homme est mauvais et corrompu, la population le sait très bien pour l’avoir déjà eu comme président. Quand il s’est présenté à nouveau, personne ne pensait le voir gagner, mais étrangement, il a gagné avec plus de 70% des voix. Les élections étaient truquées, cela ne fait aucun doute. Des manifestations ont commencés à éclater dans les rues, mais elles furent repoussées une après une. Plus elles étaient repoussées, plus elles revenaient en force. Finalement, le président a décidé d’envoyer l’armée directement dans les maisons pour faire ce qu’il a appelé un « grand nettoyage ». Toutes les personnes qui n’avaient pas manifestés leur accord avec ses principes dans les 24 heures avant son avertissement furent éliminées.

-C’est horrible…

-Oui, la majorité de la population ne plia pas sous ses menaces… Ce fut un massacre. Beaucoup tentèrent de fuirent sans succès, mais à part moi, je ne connais personne qui aille pu y échapper. J’ai à peine eu le temps de faire mes bagages et m’en aller…

-Vous avez laissé de la famille derrière vous… ?

-Oui, mon père est mort sous mes yeux pour nous laisser une chance à moi et ma mère de nous échapper. Mais le chaos qui régnait à l’extérieur fit que je la perdis de vue…

-Pauvre de vous, dit-il en posant une main sur la sienne.

-Heureusement, notre ville n’était pas très loin de la frontière. Je n’ai donc du marcher qu’une centaine de kilomètres d’une zone inhabitée. J’espérais qu’en venant ici, je pourrais revivre une vie normale…

-Franchement la démocratie, c’est nul.

-Vous savez, la démocratie n’échoue pas dans chaque pays, le mien est une exception… Vous préférez peut-être une théocratie ou une dictature ?

-Aucun des deux.

-Heu… quel régime politique y a-t-il dans ce pays.

-Il n’y a pas de gouvernement…

-Quoi, cria en t’il en se levant, c’est l’anarchie alors ?!

 

Morty se leva à son tour, retirant sa main avec un peu de déception, pour aller à la fenêtre.

 

-Si vous voulez appeler ça comme ça…

 

Roland retomba sur sa chaise aussitôt, manquant de défaillir. Il avait quitté la guerre civile pour l’anarchie, était-ce vraiment mieux ?

 

-Alors… c’est le chaos… ?

-Non, les rues sont très sûr… du moment que vous savez vous battre ou que vous avez un garde du corps.

-Et comment faites vous pour les subventions, les impôts, les allocations, les assurances,…

-De quoi… ?

-Il n’y a donc rien de tout ça ici… ? Même pas de police ?!

-La police… ?

-Vous savez les gens qui vous protégent contre les gens qui vont font du mal ? Ceux qui arrêtent les vilains !

-Heu… Ha ! Vous voulez dire ceux qui vous emmerde ?

-Heu oui, c’est à peu près ça…

-Pour ça, il y a les gardes du corps ou les mercenaires !

-Les mercenaires ?

-Oui, des chasseurs de primes si vous voulez… Il y a une organisation qui collecte tout les besoin de la population. Les clients payent d’avance et ces besoins sont redistribués sous forme de missions aux mercenaires. Une fois la mission terminée, ceux-ci empochent un certain pourcentage de l’argent versé par le client. Il existe un office de mercenariat dans chaque ville, c’est vraiment très facile de se procurer ses missions et donc de l’argent…

-Oh, je vois… c’est donc un bon filon si je veux travailler dans ce pays !

 

Morty se retourna vers Roland, constatant son trop plein d’enthousiasme.

 

-Doucement jeune homme, le métier de mercenaire est très dangereux, vous savez…

-Oui, mais je n’ai aucune formation… Je ne peux pas devenir potier, sculpteur, boulanger… ou même un simple commerçant, il me manquerait de toutes façons l’investissement pour démarrer mon commerce.

-Oui, c’est juste…

-Vous êtes donc décidé à devenir mercenaire ?

-Vous avez une autre proposition…

-Oh moi vous savez, si vous vous faites tuer, ce n’est pas mon problème…

-…

-La prochaine ville est loin d’ici, mais à cheval, vous pourriez y être en quelques heures seulement.

 

Roland se précipita vers la fenêtre, où se trouvait Morty, espérant pouvoir apercevoir quelque chose, mais il ne vit rien.

 

-Heu… la ville est du côté opposé…

-Dites vous pensez qu’en partant maintenant, à cheval, je pourrais y arriver avant la tombé de la nuit ?

-Oui, je pense…

-Génial !

-Vous pensez que vous pouvez me prêter une monture… ?

-Non.

-Oh, dit Roland de déception, alors que Morty s’écartait de la fenêtre.

-J’en ai bien une, mais…

-Pourquoi ne pas me la prêter ?

-Pourquoi vous la prêterai-je ? Vous ne reviendrez plus jamais…

-C’est vrai… Je veux dire, je vous promets de revenir une fois que j’aurais gagné suffisamment d’argent pour me payer ma propre monture…

-Vous voyez… ? Dans tout les cas, vous ne reviendrez jamais…

-Vous n’avez donc pas confiance en mes capacités de mercenaire ?!

-Vous ?! Un gringalet comme vous ne tiendrait pas trois missions… Que dis-je ?! Même pas une seule… Mais j’ai une idée…

-Laquelle ?

-Je vais vous accompagner et devenir mercenaire avec vous…

-Vous ?! Mais vous n’êtes qu’un vieux crou-

 

Roland n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’il se retrouva à terre, la joue en feu.

 

-Aïe ! Je pensais que vous étiez faible depuis quelques mois ! protesta le jeune homme en se relevant.

-Oui, mais quelqu’un de faible peut facilement battre quelqu’un de très faible…

-Je ne suis pas très faible… Non, non, c’est bon plus de coups poing !

-C’est vous qui voyez…

-Je pense qu’on ferait mieux de partir maintenant, si on veut vraiment arriver avant la tombé de la nuit.

-Oui, vous avez raison, répondit il en finissant sa tasse de café froid.

-Au faite, comme on risque de passer plus de temps à l’avenir… vous pouvez me tutoyer.

-Si tu veux mon gars, y a pas de problème !

-Sans être trop familier…

-J’y tâcherai…

 

Roland lui sourit.

 

-Si vous me permettez de mon côté de vous tutoyer…

-A ta guise.

-Merci.

-Allez, trêve de politesse, on a une jument à grimper…

 

Morty fixa Roland un instant.

 

-Enfin, façon de parler… Je n’ai jamais eu de pratiques zoophiliques.

-Je n’en doute pas…

-Je voulais simplement dire, chevaucher…

-Je… j’en suis sûr.

-J’espère bien, dit il en tournant les talons, je n’ai pas envie que vous vous fassiez de fausses idées à mon sujet !

-Je crois qu’il est un peu tard pour ça, pensa Roland en suivant son nouveau compagnon.

 

Morty s’avança vers le hall d’entrée et en bifurquant sur leur gauche, les deux compagnons atteignirent une porte sous l’escalier qui donnait au premier étage. Le vieil homme s’y infiltra en premier et en le suivant Roland découvrit une cave dont il ne pouvait que s’extasier.

 

-Wow ! C’est donc ça votre plantation !

-Hey oui, dit il sans même la regarder.

-Il y a vraiment de tout ici, ajouta t’il sans savoir qu’il n’était pas écouter.

 

Morty était déjà plus loin et avait atteint la deuxième pièce du sous-sol.

 

-Allez viens !

 

Roland se retourna pour constater qu’il parlait dans le vide. Il fit la moue, regarda une dernière fois le potager et l’ingénieux soupirail avant de retrouver Morty. Et avant même qu’il pu le rejoindre, un porte s’ouvrit devant lui vers une petite écurie qui ne comportait qu’un seul animal.

 

-Roland, je te présente ma jument : Peny.

-Quoi, mais… il n’y a qu’une seule monture ?

-T’ai-je dit qu’il y en avait plusieurs ?

-Non, mais je pensais que comme tu m’avais dit que tu venais avec…

-Déstresse un peu gamin, on aura qu’à aller tout les deux dessus…

-Hum, tout compte fait c’est mieux que de partager un lit avec lui, pensa Roland.

-Il m’enlève déjà le plaisir de partager mon lit avec lui, pensa Morty, il ne faudrait pas qu’il se défile ici en plus !

-Bon, ok…

-Il n’y a qu’une selle évidement, dit il en se baissant pour ramasser celle-ci, on va être très serrer.

 

Un haussement des sourcils de la part de Morty fit frissonner Roland. Tout d’un coup, ce dernier réalisa quelque chose.

 

-C’est bien beau tout ça, mais… comment on va la faire sortir ?

-Comment ça ?

-Je veux dire, il y a un escalier.

-Ce n’est pas un problème.

 

Quelques minutes plus tard.

 

-Wawhe, je n’aurais jamais cru qu’une jument de cette taille puisse franchir un escalier où j’arrivai à peine à passer…

-Héhé, ce n’est pas n’importe qui, c’est ma Peny !

-Huuuuu !

-Tu as raison Peny, tu as bien mériter une carotte, avoua Morty en en sortant une de son sac.

-Et moi aussi, je peux en avoir une… ?

-Tu veux pas non plus de caviar, non plus ?!

-Mais, ça fait presque une semaine que je n’ai plus rien manger…

-Eh bien voilà, si tu attends un jour de plus, ça ne va pas te tuer… Ces carottes sont pour Peny, point à la ligne.

-Mais-

-Pour Peny et pour moi, dit il en en mangeant une.

 

Roland soupira avant de monter à son tour sur Peny.

 

-On n’est bien serrer, hein, dit Morty en se retournant vers le jeune homme ?

 

Sa bouche touchait presque celle de Roland.

 

-Heu… ouais…

-Allez accroche toi bien à moi ! dit il en se retournant pour regarder devant lui.

-Oh, soupira Roland.

-Allez en avant Peny !

-Huuu !

 

Comme prévu, les deux hommes arrivèrent avant la tombé de la nuit. Et malgré que Morty ne connaissait pas la ville, il n’eut aucun mal à trouver un bar pour qu’ils puissent se reposer… et boire.

 

-Une verre d’eau s’il vous plaît, demanda Morty en s’asseyant au bar.

 

Le barman fit une drôle de tête. Il n’avait jamais vu d’aussi vieux débris dans son bar, mais ce n’était pas ça qu’il le dérangeait.

 

-On sert que de l’alcool ici…

-Oh… Alors donnez moi un verre de lait…

-Bon ça va, j’ai compris… Je vais vous mettre du lait… avec un peu de vodka.

-Tant qu’il y a du lait !

-Et vous, je vous sers quoi, dit le barman en s’adressant à Roland.

 

Ce dernier arrêta sa contemplation du bar pour se tourner vers le barman imposant.

 

-Ha, hum… Je prendrais une bière brune.

-Une bière brune… ? J’connais pas…

-Heu, alors une blonde…

-Heu, si vous cherchez les putes… c’est en haut…

-Non, non… je veux juste une bière…

-Bon écoute étranger, peut-être que dans vos pays les bières sont blondes, ont des gros seins et les yeux bleux, mais ici-

-Mais… Mais comment savez-vous que je suis étranger ?!

-Votre nez est anormalement long et vos lèvres légèrement pulpeuse, répondit il.

-Mais, mais c’est un complot ou quoi, s’interrogea Roland en se tournant vers Morty ?!

 

Cependant, ce dernier ne l’écoutait pas et préférait regarder les hommes jouer au billard à l’autre bout de la pièce.

 

-Oh, soupira Roland, en plus tu ne m’écoutes jamais…

-Tu disais, demanda Morty en se tournant vers lui, je regardais les jolies filles à côté des hommes qui jouaient au billard.

 

Evidemment, Roland n’en croyait pas un mot. S’il regardait vraiment les filles, ils n’auraient pas mentionné les hommes.

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