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Naruto | Les Femmes de l'Ombre [Chapitre XXIII]


Moon Lover

CuriositĂ© & Conseils  

  1. 1. À premiĂšre vue, est-ce que les thĂšmes abordĂ©s [Ă©mancipation fĂ©minine, changement d’ùre, guerre, romance] vous intĂ©ressent ?

    • Oui
      0
    • Bof
      0
    • Non
      0
  2. 2. À quel degrĂ© vous sentez-vous immergĂ©(e) dans la fiction ?

    • Je suis totalement plongĂ©(e) dans le rĂ©cit
      0
    • Je dĂ©croche de temps en temps
      0
    • Je n’accroche pas
      0
    • Autre
      0
  3. 3. Si vous aviez un conseil Ă  me prodiguer, quel serait-il ?

    • Être plus attentive aux fautes d’orthographe, de syntaxe, aux rĂ©pĂ©titions
      0
    • DĂ©tailler davantage les scĂšnes
      0
    • Étoffer les dialogues
      0
    • Faire plus de recherches sur le manga, sur l’histoire du Japon ou d'autres sujets
      0
    • Raccourcir les chapitres
      0
    • Rallonger les chapitres
      0
    • Autres
      0

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Messages recommandés

Bonjour,

 

Étant une grande fan de Naruto, j’ai souvent imaginĂ© ce qu’aurait pu donner l’histoire de Masashi Kishimito, dans une version moins shƍnesque. Le manga recĂšle de nombreuses histoires Ă  travers des flashbacks, parfois poignants. Parmi elles, je me suis attardĂ©e sur la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant le village de Konoha, tel qu’il nous l’a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© et contĂ© par son auteur.

 

J’ai Ă©crit, timidement, un dĂ©but d’histoire sur la pĂ©riode des guerres de clans, et la naissance du village de Konoha. J’ai essayĂ© de mettre en exergue le rĂŽle des femmes, leur Ă©mancipation, et leur consĂ©cration, tout en essayant de garder une cohĂ©rence « historique ». En somme, c’est une histoire qui raconte la difficultĂ© des clans Ă  s’accorder en raison de leurs passĂ©s communs tumultueux, de l’envie d’un avenir moins sanglant, qui va fatalement provoquer des changements Ă  la fois sur le fonctionnement du « mĂ©tier » de ninja, et sur les femmes, leur donnant l'envie d’assumer d’autres rĂŽles.

 

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Période des guerres de clans : Les morts incessantes ont conduit les clans Uchiha et Senju à faire la paix. Cet événement mena à la construction du village de Konoha. Pendant que l'arbre s'endurcit et que ses racines imprÚgnent fermement la terre, les femmes sortent de l'ombre et gagnent leur place dans cette nouvelle société.

 

Chapitres

 

Chapitre I : Le démon du temps danse


Chapitre II : 
 Mais le temps s’est suspendu.

Chapitre III : La partition du temps, chant de la paix.

Chapitre IV : Une Ăšre de paix, promesse d’un bonheur suprĂȘme.

Chapitre V : Avancer doucement, s’accorder vite, s’embellir sĂ»rement.

Chapitre VI : L’arbre Ă©levĂ© attire le vent.

Chapitre VII : L’arbre aprùs le vent est robuste


Chapitre VIII : 
 Et ses racines se fortifient.

Chapitre IX : Fleurir l’amitiĂ©, conquĂ©rir l’amour.

Chapitre X : Les souvenirs du vent assombrissent les nuages.

Chapitre XI : MaĂźtre des lois, ennemi sans foi.

Chapitre XII : Nuages de rĂȘves, perle de pluie.

Chapitre XIII : Étincelles d’espoir, feu du dĂ©sespoir.

Chapitre XIV : Le masque de la libertĂ©, le ciment de l’union.

Chapitre XV : La ruse du renard, silencieuse trahison.

Chapitre XVI : Le renard monte Ă  cru, vers le berceau des illusions.

Chapitre XVII : Les cendres du renard, l'incandescence du renouveau.

Chapitre XVIII : Façonner le destin, conjurer la réalité.

Chapitre XIX : Le vent de la renaissance, le courage du désespoir.

Chapitre XX : Prélude, aux chasseurs d'utopies.

Chapitre XXI : Mémoires du passé, les cendres avant le feu.

Chapitre XXII : La cité providentielle.

Chapitre XXIII : L'amour ; vivace, impitoyable et déraisonnable soldat.

 

Quelques dĂ©tails d’écriture

 

👉 Les phrases en italique dans un dialogue dĂ©crivent les pensĂ©es d’un ou des personnages.

👉 Les paragraphes situĂ©s entre đŸ“œïžđŸŽŹđŸŽžïžÂ đŸŽžïžÂ đŸŽžïžÂ đŸŽžïžÂ ïžđŸŽžïž et đŸŽžïžÂ đŸŽžïžÂ đŸŽžïžÂ đŸŽžïžÂ đŸŽžïžđŸ“œïžđŸŽŹ dĂ©signent les souvenirs ou les flashbacks.

👉 Les passages en italique situĂ©s entre đŸ‘ïžđŸ‘ïž mettent en scĂšne des illusions.

 


 

Liste des personnages

 

Révélation

      Les clans du village

 

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Le pays du Feu

   

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  Les ennemis

 

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CHAPITRE I

LE DÉMON DU TEMPS DANSE...

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le monde s’enflamme, les shƍguns* dĂ©filent et admirent leurs pays endeuillĂ©s pendant que leurs clans s’entretuent. Il en est ainsi depuis de nombreux siĂšcles. Les clans rĂȘvent de paix, mais cette notion reste vague dans leurs esprits. La roue inarrĂȘtable de la vengeance continue de tournoyer entraĂźnant dans son sillage, de nombreux enfants shinobis*, et laissant des mĂšres dĂ©senfantĂ©es, tristement dĂ©sƓuvrĂ©es.

En ces temps obscurs, la diffĂ©rence est problĂ©matique et la connaissance mortelle. Pourtant, deux jeunes garçons parviendront Ă  transcender cette fatalité : Hashirama et Madara, issus des deux plus puissants clans du pays, ennemis jurĂ©s depuis tant de siĂšcles qu’ils en oubliĂšrent les raisons de leur conflit. Ils Ă©taient les hĂ©ritiers d’un macabre hĂ©ritage teintĂ© de haine, transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Hashirama Senju Ă©tait ĂągĂ© de douze ans, brun aux cheveux courts coiffĂ©s en bol, et de grands yeux chocolat, qui semblaient presque innocents. Il Ă©tait toujours joyeux et plein d’entrain, malgrĂ© son monde sanguinaire. Étant l’aĂźnĂ© d’une fratrie de cinq enfants, orphelin d’une mĂšre et fils du chef, il s’efforçait, jour aprĂšs jour, de sourire afin d’apporter un peu de rĂ©pit dans le cƓur de ses jeunes frĂšres. Il avait conscience de la duretĂ© de la vie de mercenaire, et c’est la raison pour laquelle il profitait de la sienne pleinement, se prenant mĂȘme Ă  rĂȘver de paix.

Depuis toujours, le jeune garçon aimait se promener prĂšs de la riviĂšre qui bordait le territoire de son clan. Contempler l’eau apaisait son esprit torturĂ© par de lugubres souvenirs.

 

 ~ Plic, Plac, Ploc ~

 

PlongĂ© dans ses pensĂ©es, il ne remarqua pas la prĂ©sence d’une autre personne de l’autre cĂŽtĂ© du ruisseau. Les clapotis de l’eau provoquĂ©s par les ricochets d’un galet lancĂ© depuis l’autre rive, le sortirent de ses rĂȘveries. ImmĂ©diatement, il se releva, aux aguets.

 

  • Qui va là ?!

 

Devant lui, un jeune garçon qui semblait aussi ĂągĂ© que lui. Il tenait un caillou dans sa main et le fixait de son regard de jais. Ce cours d’eau marquait la limite entre les territoires Uchiha et Senju. Il n’était donc pas rare de voir flotter des cadavres, armes ou autres restes d’armures. Les deux enfants continuaient de s’observer, sur leurs gardes, Ă  l’affĂ»t du moindre indice.

Le jeune inconnu portait de courts cheveux noirs et hirsutes, tel le plumage d’un corbeau. Ses yeux noirs d’encre, inquisiteurs et froids, n’aidaient pas Hashirama Ă  se dĂ©tendre. Cependant, ce dernier dĂ©cida tout de mĂȘme d’initier la conversation :

 

  • Sa
 Salut ! Es-tu venu contempler la riviĂšre, toi aussi ?
  • Hm
 J’ai besoin de me dĂ©tendre


 

Face au caractĂšre peu loquace de son vis-Ă -vis, Hashirama ramassa lui aussi un galet et le fit ricochet sur la surface de l’eau. Ils jouĂšrent ainsi quelques minutes, avant que l’énigmatique inconnu franchisse la riviĂšre en marchant sur l’eau. Le Senju se tendit subitement. Cela n’échappa guĂšre au regard noir de son nouvel ami.

 

  • C’est un shinobi !
  • Je
 Je m’appelle Hashirama, et toi ?
  • Je suis Madara Uch
 Madara


 

Cette rencontre fortuite marqua le dĂ©but de leur amitiĂ©. Ils se retrouvĂšrent secrĂštement Ă  cet endroit, discutaient de leurs journĂ©es, de leurs espoirs et de leurs rĂȘves, sans jamais divulguer d’informations sur leurs clans.

 

  • J’ai gagné !! Hurla Hashirama.
  • Tu es parti avant moi !!
  • Peu importe, regarde ce paysage, on voit toute la forĂȘt d’ici !
  • Oui, on peut voir loin d’ici.
  • C’est dĂ©cidĂ©, on installera notre campement ici !
  • Hein ?
  • Nous construirons notre village ici et ferons en sorte que les enfants n’aient plus besoin d’aller sur le champ de bataille. Nous crĂ©erons une Ă©cole et aussi

  • Il n’y a que toi pour dire des bĂȘtises pareilles !
  • SincĂšrement, qu’en penses-tu, Madara ?
  • Ça ne m’a pas l’air trop mal. Si on s’installe ici, je pourrai veiller sur mes petits frĂšres et les protĂ©ger dans cet endroit oĂč l’on voit Ă  perte de vue !

 

Et tout comme le monde continuait de s’enflammer, la roue du destin, revancharde, reprit son chemin funĂšbre, tournoyant si fort et si bien, qu’elle sĂ©para les deux amis. AprĂšs deux annĂ©es de frĂ©quentation, ils furent dĂ©couverts et obligĂ©s de rompre leurs liens.

 

 ⏳ Le dĂ©mon du temps danse  ⏳

 

 

Hashirama était dĂ©sormais un jeune adulte et guerrier respectĂ© qui nourrissait encore et toujours son rĂȘve de paix. Madara quant Ă  lui, marchait sur le chemin de la vengeance, son rĂȘve n’était plus qu’un lointain souvenir. La perte successive de ses trois jeunes frĂšres l’avait naturellement guidĂ© sur cette voie. Pourtant, chaque bataille Ă©tait l’occasion pour le Senju, de rappeler Ă  son ami d’enfance leur projet et la possibilitĂ© de l’accomplir. Car oui, ces jeunes hommes Ă©taient les hĂ©ritiers respectifs de leurs clans. Malheureusement, les pertes humaines assombrissaient le cƓur des guerriers et rendaient impossible toute forme de communication et de comprĂ©hension. Les Uchiha, redoutĂ©s pour leur dƍjutsu*, et les Senju, pour leur force vitale peu commune, s’affrontaient inlassablement dans une danse mortelle qui rĂ©duisait peu Ă  peu leur nombre. Tout ceci pour le plus grand plaisir des autres clans du pays.

 

⏳ Le dĂ©mon du temps danse  ⏳ 

 

Hashirama et Madara Ă©taient dorĂ©navant les chefs respectifs de leurs clans. Mais ils continuaient de s’affronter au grand dam des Senju. Ils Ă©taient reconnus et redoutĂ©s pour leurs forces, leurs talents quasi innĂ©s et leurs particularitĂ©s presque divines. Les autres clans du pays espĂ©raient encore et toujours les voir s’entretuer, Ă  dĂ©faut de ne pouvoir les combattre.

 

Madara, assistĂ© de son jeune et dernier frĂšre encore en vie Izuna, menaient leur clan Ă  la baguette. Les Uchiha se battaient pour la vengeance ; ils Ă©taient les fervents adorateurs de la divinitĂ© destructrice, Susanƍ. La gloire Ă©tait la seule façon d’honorer leurs morts. De son cĂŽtĂ©, Hashirama Ă©tait lui aussi assistĂ© par son seul frĂšre survivant, Tobirama. Bien que froid et calculateur, ce dernier voue son existence Ă  protĂ©ger son frĂšre et son clan. La force de persuasion d’Hashirama avait peu Ă  peu menĂ© les siens vers une voie plus pacifique. Ainsi, malgrĂ© ses nombreuses missives envoyĂ©es aux Uchiha afin de nĂ©gocier un accord de paix, Madara restait sourd Ă  ses appels.

 

Au beau milieu du champ de bataille, alors que l’Uchiha soufflait, sans rĂ©pit, ses flammes enragĂ©es, Hashirama sur la dĂ©fensive, tentait une approche plus verbale :

 

  • Je t’en prie, Madara
 ReconsidĂšre ma proposition. Ha
 Nous pouvons changer les
 Les choses !
  • Tu n’as pas changĂ©, Hashirama. Toujours
 Toujours en train de causer des mĂȘmes Ăąneries. La paix n’existe pas, elle n’est qu’une illusion créée par les faibles d’esprit ! Raaah !
  • 
Tu ne peux pas avoir oublié !
  • Les Uchiha sont nĂ©s pour dĂ©truire les Senju, Hashirama ! Tu t’accroches Ă  des rĂȘves d’enfants !

 

De l’autre cĂŽtĂ© du champ de bataille, Izuna et Tobirama s’affrontaient sans savoir que leur duel allait changer le court des Ă©vĂ©nements :

 

  • Technique du Dragon Aqueux ! Invoqua Tobirama en riposte Ă  l’attaque de feu d’Izuna.

 

Le choc des deux éléments créa une fumée épaisse, offrant au Senju une contre-attaque de shurikens*.

 

  • Malheur Ă  ceux qui ne disposent pas du sharingan !

 

L’Uchiha esquiva miraculeusement les Ă©toiles mortelles.

 

  • Entaille du Dieu du tonnerre !

 

Tobirama apparut subitement devant son ennemi, armĂ© de son Ă©pĂ©e sanguinolente. MalgrĂ© son acuitĂ© exceptionnelle, Izuna ne put voir, ni mĂȘme comprendre, la derniĂšre attaque de son adversaire. La lancinante douleur Ă  l’abdomen, et le son du sang qui s’écoule, le ramenĂšrent durement Ă  la rĂ©alitĂ©. Il s’écroula.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Au loin, Madara aperçut Izuna s’écrouler au sol. DĂ©laissant son combat, il accourut auprĂšs de lui :

 

  • Tiens bon petit frĂšre ! Je vais te sauver !!!

 

Le sang du cadet se répandait dangereusement, et les Senju menaçants entouraient désormais les deux frÚres.

 

  • ArrĂȘtons-nous lĂ , Madara ! Regarde autour de toi, il y a de nombreux morts dans nos deux camps. Je t’en prie, reconsidĂšre ma proposition !

 

Pour toute rĂ©ponse, Madara disparut dans un nuage de fumĂ©e laissant en plan les Uchiha prisonniers, et donnant l’opportunitĂ© Ă  ceux qui le pouvaient encore de s’enfuir. Il courut aussi vite que possible en direction de son village afin de procurer des soins d’urgence Ă  Izuna. Arrivant sur les lieux, il hurla :

 

  • Mon frĂšre a besoin de soins, tout de suite !!

 

Le leader avait peur
 Pour la premiĂšre fois depuis trĂšs longtemps. Son jeune frĂšre Ă©tait son dernier rempart avant la folie et il en avait conscience. Les mots de son vieil ennemi tournaient en boucle dans son esprit. Ils Ă©taient aussi tentants que la folie destructrice qui l’habitait perpĂ©tuellement. Les minutes lui semblĂšrent des heures. Les membres du clan lui tournaient autour, donnant des informations plus ou moins importantes, mais il n’entendait rien.

 

  • Madara-Sama ?
  • 

  • Madara-Sama ?

 

L’homme Ă©mergea de ses pensĂ©es. Une jeune femme affublĂ©e d’un kimono blanc, lĂ©gĂšrement tĂąchĂ© de sang, lui faisait face. Elle faisait partie de l’équipe d’assistance mĂ©dicale.

 

  • Izuna-Sama ne passera probablement pas la nuit, il a perdu beaucoup de sang et ses organes vitaux ont Ă©tĂ© sĂ©vĂšrement touchĂ©s.
  • J’aimerais le voir.

 

Sans mĂȘme lui laisser le temps de rĂ©agir, il la bouscula et entra dans la piĂšce. Il se pressa au chevet de son frĂšre, Ă©vanoui, dont le visage trahissait une souffrance terrible.

 

  • Petit frĂšre
 Je suis ici, je vais trouver le moyen de te sauver. Tiens bon encore un peu, petit frĂšre


 

Il dĂ©posa un baiser sur sa tempe et se tourna vers l’équipe mĂ©dicale. Ses yeux lançaient des Ă©clairs :

 

  • Gardez-le en vie, et s’il meurt, je vous le ferai payer !!

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

À peine quitta-t-il son chevet, qu’il fut convoquĂ© par le Conseil du clan. Cet organisme Ă©tait formĂ© par cinq vieux shinobis retraitĂ©s, ayant le pouvoir de statuer contre les dĂ©cisions du chef, ou au contraire de les appuyer.

 

Madara se recomposa un visage stoïque et entra dans la piùce. Il s’installa face à eux :

 

  • Madara-Sama, bon retour. Nous avons eu vent des derniers combats.
  • Oui, Izuna a Ă©tĂ© griĂšvement blessĂ©.
  • Nous sommes dĂ©solĂ©s de l’entendre. Cependant, nous vous avons convoquĂ© pour d’autres raisons. Vous avez abandonnĂ© nos camarades aux mains des Senju et avez pris la fuite, lĂąchement !

 

L’homme sentait sa rage gronder doucement.

 

  • Non, ce n’est pas exact. Les Senju ne tueront pas nos frĂšres, ils resteront prisonniers. Nous avons Ă©tĂ© acculĂ©s et j’ai créé une brĂšche permettant Ă  ceux qui le pouvaient encore de s’enfuir.
  • Madara-Sama, est-il vrai que les Senju ont, Ă  de nombreuses reprises, demandĂ© un accord de paix ? Nous n’avons pourtant jamais reçu de telles missives

  • Il est vrai que les Senju ont envoyĂ© deux messages dans lesquels ils demandaient la paix. J’ai estimĂ© que les Uchiha n’ont nullement besoin de cela. Nous brillons par notre force et la paix ne peut exister entre nous !

 

Le Conseil Ă©tait loin de craindre son leader. Ils continuĂšrent leur interrogatoire, n’hĂ©sitant pas Ă  le fustiger.

 

  • Cette dĂ©cision nĂ©cessitait notre approbation !
  • 

  • Notre clan se rĂ©duit de jour en jour, nos femmes pleurent et leurs murmures autrefois inaudibles rĂ©sonnent dĂ©sormais avec celui de nos hommes !
  • Nous devons entendre ce que les Senju ont Ă  nous dire. Il est primordial de faire primer la survie de notre clan avant toute chose !!
  • Bien. Dans ce cas, je vais rĂ©pondre positivement aux Senju et organiser une rencontre afin d’établir les dĂ©tails de notre accord, concĂ©da finalement Madara dans un dernier soupire.

 

À la suite de cette conversation houleuse, le leader se retira en ayant une idĂ©e bien en tĂȘte. Il restait le chef de ce clan, il fera donc les choses Ă  sa maniĂšre, tout en rĂ©pondant favorablement Ă  la demande des siens.

 

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Dans le chapitre précédent

Les Uchiha et les Senju s’affrontent depuis une Ă©ternitĂ©.

Un évÚnement marquant initia les prémices de la paix.

 

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CHAPITRE II

... MAIS LE TEMPS S'EST SUSPENDU.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Hashirama Senju Ă©tait reconnu sur le champ de bataille comme un guerrier hors pair, mais aussi pour son corps exceptionnellement robuste. Lorsque sonnait la fin des affrontements, il se dĂ©pĂȘchait de porter secours aux blessĂ©s. Tobirama criait les derniers ordres afin d’évacuer au plus vite ; ceux qui pouvaient se dĂ©placer furent sommĂ©s de transporter les blessĂ©s et les morts. D’autres encore furent priĂ©s de ligoter les prisonniers de guerre. Cette organisation systĂ©matique Ă  chaque fin de combat, permettait d’anticiper toutes les attaques venant d’un autre groupe tĂ©mĂ©raire.

 

ArrivĂ©s au village Senju, les guerriers furent accueillis avec ferveur. Les proches se dĂ©pĂȘchant de rejoindre leurs conjoints, enfants ou parents, comblĂ©s de les voir revenir en vie. Les mĂ©decins accompagnĂ©s des aides-soignantes se dĂ©pĂȘchaient de prendre en charge les blessĂ©s aux diffĂ©rents points du village.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Hashirama n’avait pas le temps de se reposer. En tant que chef de clan, il travaillait d’arrache-pied pour subvenir aux besoins des siens. Cette Ă©niĂšme bataille contre les Uchiha lui laissait un goĂ»t amer. VoilĂ  des heures qu’il rĂ©flĂ©chissait, encore, Ă  un stratagĂšme visant Ă  calmer l’animositĂ© entre eux.

 

  • Qu’est-ce que je peux faire de plus ? Je ne peux pas tuer Madara, ça ne ferait qu’empirer les choses

  • Anija*, une missive des Uchiha est arrivĂ©e.

 

Tobirama entra sans frapper, surprenant son frĂšre en pleine rĂ©flexion. Le parchemin qu’il tenait semblait officiel. Il se releva rapidement, espĂ©rant une rĂ©ponse Ă  ses demandes incessantes de paix.

 

  • Que dit-elle ?
  • Une rencontre, aujourd’hui mĂȘme avant la tombĂ©e de la nuit

  • Bien ! Allons-y !!
  • Certainement pas !

 

Tobirama Ă©tait le frĂšre cadet d’Hashirama. Aussi grand et bien bĂątit que son aĂźnĂ©, il restait pourtant une anomalie parmi les hommes de son clan. Parce qu’il naquit avec une Ă©trange chevelure blanche et des yeux Ă©carlates, il travailla plus dur que n’importe qui pour s’imposer et justifier sa place au sein de son groupe. Les malheurs et son expĂ©rience sur le champ de bataille s’étaient chargĂ©s de le rendre froid et calculateur. Il assistait son frĂšre dans ses tĂąches administratives, et Ă©tait reconnu pour ses capacitĂ©s intellectuelles et stratĂ©giques. Tobirama Ă©tait une aide prĂ©cieuse pour Hashirama car il comblait ses lacunes.

 

Le shinobi croyait aussi en la paix imaginĂ©e par son aĂźnĂ©, malgrĂ© sa mĂ©fiance. Ainsi, il Ă©mit des rĂ©serves quant Ă  ce changement de ton de leur vieil ennemi. Il pensa Ă  un piĂšge. Qui n’y croirait pas ?

 

  • Je t’en prie Tobirama. S’il n’existe qu’une infime chance de renouer nos liens, je la saisirai !
  • MĂȘme si cela doit te coĂ»ter la vie, mon frĂšre ?
  • 

  • Nous allons prendre une escorte avec nous et organiser le clan afin de contrer une Ă©ventuelle attaque ennemie.
  • Bien ! OĂč a lieu cette rencontre ?
  • La riviĂšre
 RĂ©pondit-il soupçonneux, cherchant un plan de secours.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Pendant ce temps-lĂ , du cĂŽtĂ© du clan Uchiha, Madara avait organisĂ© une petite Ă©quipe qui l’accompagnera au lieu de rendez-vous. Il passa au chevet d’Izuna, toujours inerte :

 

  • Petit frĂšre, j’ai trouvĂ© une solution pour te sauver. Mais tu ne vas pas l’apprĂ©cier


 

Il se tourna vers l’équipe mĂ©dicale, s’affairant autour du blessĂ©, tentant vainement de trouver une solution.

 

  • Comment se porte-t-il ?
  • Nous avons stabilisĂ© son Ă©tat, mais c’est temporaire. Madara-Sama
 Ses fonctions vitales vont commencer Ă  dĂ©cliner peu Ă  peu

  • Maintenez-le encore un peu. Je reviendrai le sauver !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Deux groupes se faisaient face de part et d’autre de la riviĂšre. À leur tĂȘte, deux ennemis autrefois amis.

 

  • VoilĂ  presque quinze ans que je ne suis pas revenu ici
 Pensa Hashirama, triste.

 

Ce cours d’eau avait emportĂ© avec lui, tous les souvenirs heureux de leur amitiĂ©. Mais tout comme le temps, l’eau s’écoule en un cycle infini, et les souvenirs perdus reviendront.

 

  • Madara, j’ai bien reçu ta lettre et je suis ici. Je t’en prie, dis-moi que tu es venu pour notre accord de paix !
  • Hashirama
 Je rĂ©ponds Ă  la volontĂ© des Uchiha. Je t’ai demandĂ© de venir pour nĂ©gocier une trĂȘve.
  • Qu’en-est-il de l’accord de paix ?
  • Une trĂȘve.
  • 

  • Anija, faisons demi-tour, c’est une perte de temps !

 

Alors que le groupe Senju faisait demi-tour, Madara s’exprima à nouveau.

 

  • Mon frĂšre se meurt, Hashirama.
  • 

  • Tue ton frĂšre ou sauve le mien.

 

À l’entente de ces mots, le chef Senju se rembrunit. Il releva son visage, dĂ©formĂ© par sa fureur, qui fit frĂ©mir les combattants adverses. Ces derniers se mirent en position de dĂ©fense, activant leurs sharingans. Seul Madara demeurait imperturbable.

 

  • Anija, c’est un piĂšge !!
  • Tout n’est qu’une question d’équivalence. La mort d’Izuna entraĂźnera plus de haine et des guerres Ă  n’en plus finir. En revanche, la mort de ton frĂšre rĂ©tablira l’équilibre

  • Si je sauve Izuna, puis-je espĂ©rer plus qu’une trĂȘve ?
  • Cela ne dĂ©pend que de toi, Hashirama.
  • Anija, n’écoute pas ses paroles !

 

L’agitation de Tobirama poussa les gardes Senju Ă  se mettre en position de dĂ©fense, Ă  leur tour. Ils entourĂšrent rapidement leur chef.

 

  • Il lui reste peu de temps. La balle est dans ton camp, Hashirama

  • Soit ! Je vais soigner ton frĂšre !

 

Sans hĂ©sitation, le leader Senju s’avança vers le groupe ennemi, avant d’ĂȘtre freinĂ© par son cadet.

 

  • Certainement pas ! Ils cherchent Ă  t’attirer dans leur territoire !
  • Non mon frĂšre, ne t’inquiĂšte pas ! Je vais revenir. Je fais le premier pas et nous finirons par marcher ensemble, Ă  nouveau. Reste ici, je serais vite de retour !
  • Non, je viens avec toi. Nous avons montĂ© cette Ă©quipe pour te protĂ©ger !

 

Et c’est ainsi que les deux petits groupes prirent le chemin du village Uchiha, non sans une tension palpable. Hashirama rejoignit le chevet d’Izuna et l’ausculta. Il Ă©tait Ă©vident que des soins normaux seraient inutiles. Il utilisa une technique mĂ©dicale trĂšs avancĂ©e, permettant de rĂ©activer et accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement cellulaire. Les mĂ©decins et aides-soignantes prĂ©sents dans la piĂšce furent subjuguĂ©s par ses performances. AprĂšs presque une demi-heure de soin, Hashirama sortit de la piĂšce, rejoignant Madara.

 

  • Il est sauf. D’ici quelques heures, il reprendra connaissance !
  • 
 Merci, murmura ce dernier pour que seul Hashirama l’entende.

 

Pour ne pas perdre contenance, il laissa l’équipe mĂ©dicale veiller son frĂšre puis guida les Senju vers le quartier des anciens afin de nĂ©gocier le fameux accord de paix.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le village Uchiha ne disposait que d’une seule entrĂ©e officielle. Il Ă©tait organisĂ© autour d’une grande maison traditionnelle ; celle de la famille principale qui gouvernait le clan depuis ses origines. Elle abritait en son sein de nombreux quartiers, servants aux rĂ©unions de guerres et des anciens, ainsi qu’aux rassemblements plus civils. Il y avait mĂȘme de grands jardins et des piĂšces permettant d’organiser toutes sortes de festivitĂ©s.

Autour de cette maison, les membres du clan y avaient construit leurs propres foyers en fonction de leurs rangs (gĂ©nĂ©raux, capitaines, artisans, marchands, paysans). Il y avait plusieurs maisonnĂ©es servant de cliniques d’urgence Ă  l’entrĂ©e, au centre et aux extrĂ©mitĂ©s du village, ainsi que des aires d’entraĂźnement.

Enfin, le village Ă©tait entourĂ© de fortifications en bois, avec plusieurs tours de guet. Les Uchiha, connus pour leurs talents au genjutsu*, avaient alors posĂ© de nombreuses illusions aux alentours, permettant uniquement aux possesseurs de l’Ɠil Ă©carlate de voir au travers de ces techniques. Ainsi, seuls ceux qui Ă©taient accompagnĂ©s d’un shinobi du clan pouvaient trouver l’emplacement du village.

 

Madara guida le petit groupe à travers de nombreux couloirs. Il les fit entrer dans une piÚce spacieuse et les laissa patienter, non sans laisser une équipe de surveillance avec eux. Les minutes passÚrent, le thé fut servi et finalement le fameux Conseil fit son entrée. AprÚs quelques salutations respectueuses, un des membres prit la parole.

 

  • Senju-Sama, est-ce de la tĂ©mĂ©ritĂ© ou une dĂ©cision inconsciente de votre part ? Venir ici, entourĂ© par tout un clan ennemi

  • Hahaha ! On me reproche souvent mon inconscience. Mais Ă  dire vrai, je souhaite plus que tout au monde faire la paix avec vous. MalgrĂ© notre passĂ© commun tumultueux, je souhaite faire table rase du passĂ© et construire un avenir meilleur pour nos enfants.
  • Êtes-vous conscient que notre conflit est beaucoup trop enracinĂ© pour envisager ne serait-ce qu’une entente cordiale entre nous ?
  • C’est justement parce que nous sommes les pires ennemis que nous devons essayer de nous donner la main. Le pays du Feu ne sera jamais en paix si leurs deux plus puissants clans ne sont pas capables de montrer l’exemple.
  • Je vois, changer les mentalitĂ©s
 Cela demande du temps. Que proposez-vous ?

 

À cette question, Hashirama sourit, il inspira et expira profondĂ©ment, sachant que sa rĂ©ponse devait absolument les sĂ©duire.

 

  • Je nourris un rĂȘve depuis mon enfance, celui de construire un village rĂ©unissant tous les clans du pays. Ce village serait l’emblĂšme de la paix, un pont vers l’avenir et qui pourrait mettre fin aux traditions cruelles engendrĂ©es par nos guerres. Nos enfants vivront plus longtemps, nos femmes prendront goĂ»t Ă  la vie et nos compĂ©tences ninja serviront la paix. Pour ce faire, nos deux clans doivent ĂȘtre les fondations de ce village. Les clans se rallieront Ă  nous lorsque nous ferons ce premier pas !
  • C’est un rĂȘve enfantin. Vous savez que ce n’est pas envisageable. Aucun Uchiha n’acceptera de vivre avec un Senju, et je suis sĂ»r qu’il en va de mĂȘme pour les membres de votre clan.
  • Je suis d’accord avec Hashirama.

 

Silence

 

Madara, muet depuis le dĂ©but de l’échange, s’exprima pour la premiĂšre fois surprenant aussi bien les conseillers que les Senju.

 

  • Vous avez vous-mĂȘme dit que les effectifs de nos clans se rĂ©duisent de jour en jour. Je crois que la paix peut exister entre nous, malgrĂ© ce que j’ai pu dire auparavant. Construire un village demande du temps et des efforts, et contribuera Ă  renforcer nos liens.
  • Je pense aussi qu’il faut prendre ce chemin. Je ne dis pas que cela sera facile, mais c’est notre derniĂšre chance. RĂ©cemment, le pays de la Terre a perdu une partie de ses clans, le pays de l’Eau est actuellement en train de voir s’éteindre les siens. Notre shƍgun se lassera de nos guerres et nous subirons le mĂȘme sort ! RenchĂ©rit Tobirama.

 

Silence

 

Chacun réfléchissait à ce projet et à ses failles.

 

  • Convenons d’une trĂȘve en Ă©change de nos prisonniers en bon Ă©tat et libre dĂšs aujourd’hui.
  • Cela me convient ! Dit Hashirama.
  • Attendez ! Une simple trĂȘve ? Vous balayez notre proposition ? Questionna Tobirama, furieux.
  • Nous avons besoin de temps pour rĂ©flĂ©chir Ă  ce projet.
  • Allons, Tobirama, du calme ! Que diriez-vous d’un dĂ©lai de rĂ©ponse ? Tenta Hashirama.
  • Cela me semble convenable. LibĂ©rez les prisonniers, nous vous donnerons une rĂ©ponse dĂ©finitive dans une semaine.
  • Comment savoir que vous respecterez votre parole ?
  • Tobirama

  • Vous n’avez aucun moyen de le savoir, c’est Ă  prendre ou Ă  laisser ! Trancha Madara.

 

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Le chemin vers la sérénité se poursuit.

Hashirama voit une part de son rĂȘve devenir rĂ©alitĂ©.

 

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CHAPITRE III

LA PARTITION DU TEMPS, CHANT DE LA PAIX.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Izuna marchait furieusement en direction du bureau de son frĂšre. Les gardes et les servantes s’écartaient presque instinctivement sur son passage ; il dĂ©gageait une aura menaçante.

 

Tout aussi redoutable et craint que son aĂźnĂ©, il Ă©tait la seconde tĂȘte pensante du clan, nĂ© pour danser sur le champ de bataille et faire perdurer la lĂ©gende du clan Ă  l’éventail. Uchiha Izuna Ă©tait de ceux qui croyaient en la gloire et en la guerre, car « tel Ă©tait le destin des mercenaires ». Son rĂ©veil avait Ă©tĂ© tumultueux ; se sentant d’abord insultĂ© d’avoir reçu les soins miraculeux de l’éternel ennemi, puis, l’annonce d’une alliance fut la goutte d’eau, vĂ©cue comme une trahison.

 

Il entra sans frapper, Ă©cartant les portes coulissantes avec fracas. Son arrivĂ©e ne sembla pas dĂ©ranger Madara le moins du monde. Ce dernier continuait d’étudier son parchemin, ne prenant mĂȘme pas la peine de relever les yeux vers lui.

 

  • OnÄ«san*, il faut qu’on parle !!
  • Je vois que tu es en pleine forme. Mais tu n’es rĂ©veillĂ© que depuis peu, je te suggĂšre d’économiser tes forces.
  • 

  • Bien
 Je t’écoute.

 

Le chef du clan déposa son rouleau et se réinstalla confortablement dans son siÚge, braquant son regard sur son cadet. Ce dernier, en colÚre, serrait ses points si forts que ses jointures en devinrent blanches.

 

  • La paix entre nos deux clans
 Vraiment ?!... OnÄ«san
 La seule rĂ©ponse Ă  leur donner est

  • Sais-tu ce que j’ai ressenti en pensant te perdre ?
  • 
OnÄ«san


 

Cette simple question atténua la colÚre du cadet. Il comprenait. Il avait déjà vécu cette terrible épreuve maintes fois.

 

  • Il ne s’agit plus de nous, Izuna. Il s’agit du clan. Ils ne nous font plus confiance, beaucoup de nos frĂšres sont lassĂ©s de se battre. Nous devons accepter le changement ou notre famille en pĂątira.
  • Nous sommes des shinobis ! C’est notre travail et notre destinĂ©e de faire la guerre !
  • Non, notre destin et notre travail sont de dĂ©fendre notre clan. Ce projet de paix n’est pas la fin, au contraire, il embellira notre monde.
  • Mais avec les Senju

  • C’est justement parce que ce sont eux. Fais-moi confiance, petit frĂšre.

 

Madara se leva et s’approcha d’Izuna, lui caressant d’abord la criniĂšre avant de l’enlacer. Il montrait rarement son affection, mais quand il s’agissait de lui, c’était une autre histoire.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

PrĂšs d’une semaine s’était Ă©coulĂ©e depuis cette rencontre improbable. Dans les deux camps, tout le monde se questionnait sur le but vĂ©ritable de cette alliance, chacun y voyant un moyen de duper l’autre. Cependant, dans les hautes strates, on rĂ©flĂ©chissait sĂ©rieusement Ă  ce projet « enfantin ». Les Senju, en attendant la rĂ©ponse dĂ©finitive des Uchiha, s’étaient intĂ©ressĂ©s aux dĂ©tails qui constitueront le village et son Ă©volution.

 

Hashirama Ă©tait Ă  la tĂȘte du clan depuis quelques annĂ©es seulement, faisant suite Ă  son pĂšre, Butsuma. DĂšs les premiers jours de son rĂšgne, le jeune homme, inexpĂ©rimentĂ©, avait mis les pieds dans le plat, proposant des solutions pacifiques et parlant d’arrĂȘter les guerres. Naturellement, ce fut accueilli avec hostilitĂ© et beaucoup s’étaient insurgĂ©s allant jusqu’à demander son retrait en faveur de Tobirama. Ce dernier, agissant dans l’ombre de son aĂźnĂ©, lui conseilla alors de jouer avec les cartes du clan : l’autoritĂ© totalitaire du chef. En effet, alors que les Uchiha jouissaient du Conseil des Anciens pour apposer son veto, les Senju eux, n’avaient pas voix au chapitre.  

 

C’est ainsi que de nombreux changements virent le jour ; l’interdiction de fouler le champ de bataille avant sa douziĂšme annĂ©e, tuer des shinobis enfants, ou encore l’obligation de maĂźtriser une technique ou un savoir-faire mĂ©dical. Petit Ă  petit, les Senju changĂšrent et acceptĂšrent la voie paisible sur laquelle les entraĂźnait Hashirama.

 

Alors que le chef de clan peaufinait son projet de village, son frĂšre cadet entra dans son bureau, apportant avec lui un parchemin.

 

  • Anija, nous avons reçu un message du clan Uchiha. Peut-ĂȘtre leur rĂ©ponse ?
  • Que dit ce message ?

 

Tobirama parcourait le rouleau de ses yeux écarlates, un sourire en coin naquit. Il était fier de son frÚre et de ses accomplissements.

 

  • Les Uchiha acceptent de faire la paix. Quant Ă  l’alliance, elle ne se fera qu’à condition de leur fournir un projet viable sur le long terme

  • C’est une excellente nouvelle !! Je n’arrive pas Ă  en croire mes yeux, ce jour tant rĂȘvĂ© arrive enfin !
  • Ne t’excite pas ! Nous devons garder la tĂȘte froide. Ils n’ont pas encore acceptĂ© notre projet, seulement la paix

  • TrĂšs bien, trĂšs bien !

 

Hashirama ne pouvait s’empĂȘcher de sourire bĂ©atement. Il repensait Ă  sa discussion avec les Anciens. C’était une premiĂšre victoire.

 

  • Madara s’est souvenu ! C’est tout ce qui m’importe !
  • Bien, je vais rĂ©pondre en leur demandant une rĂ©union au sein de notre village. Nous avons acceptĂ© de faire le premier pas en allant chez eux, c’est dĂ©sormais Ă  leur tour de nous montrer leur bonne volonté ! Dit le guerrier aux cheveux blancs.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

La seconde rencontre des deux clans ennemis se mit en place en quelques jours et ce fut au tour des Uchiha de se dĂ©placer. Sans surprise, Madara et Izuna se prĂ©sentĂšrent, accompagnĂ©s par un membre du Conseil des Anciens, Toshinokƍ. La tension Ă©tait perceptible dans les deux camps, sauf pour Hashirama qui attendait impatiemment l’arrivĂ©e de son vieil ami aux portes du petit village.

 

Les Senju vivaient au creux d’un plateau rocheux, entourĂ©s par la forĂȘt et barricadĂ©s derriĂšre de grandes murailles de bois ; leur village Ă©tait un lieu naturellement protĂ©gĂ©. Un imposant chĂȘne, vieux de plusieurs siĂšcles, gravĂ© des kanjis* du clan, trĂŽnait au milieu du village comme une figure de proue. La famille principale gouvernante habitait une gigantesque demeure, qui faisait Ă©galement office de bĂątiment administratif, et reposait contre l’immense mur rocheux. Les quartiers s’organisaient en arc-de-cercle autour du grand chĂȘne, marquant la sĂ©paration entre les familles et les cĂ©libataires. Ainsi, les familles nombreuses habitaient toujours au cƓur du village pendant que les quartiers abritant les guerriers vivants seuls, s’étendaient vers les portes, cĂŽtoyant la forĂȘt et les terrains d’entraĂźnement.

 

DĂšs leur arrivĂ©e, Hashirama les guida rapidement vers la demeure principale, Ă©vitant habilement les regards scrutateurs et messes basses des villageois. Ils s’installĂšrent dans une piĂšce donnant sur un magnifique jardin truffĂ© de bonsaĂŻs. On vint leur apporter Ă  boire avant de fermer les portes coulissantes, marquant le dĂ©but de la rĂ©union.

 

  • Permettez-moi de vous prĂ©senter Tƍka, une conseillĂšre de confiance qui pourra nous aider dans notre projet, ainsi que mon frĂšre Tobirama que vous avez dĂ©jĂ  rencontré !
  • Oh ! Tu es la kunoichi* experte en genjutsu, si j’ai bonne mĂ©moire ! Lança Izuna, tout sourire.
  • C’est exact, rĂ©pondit cette derniĂšre, impassible.
  • Bien, entrons dans le vif du sujet ! Nous avons peaufinĂ© certains dĂ©tails de notre projet et cela devrait vous plaire !
  • Commencez plutĂŽt par nous dire oĂč se trouvera ce village, sa taille, sa composition, etc.

 

Le ton dur de Toshinokƍ coupa court la vivacitĂ© d’Hashirama, qui se reprit bien vite. Sur un ton plus sĂ©rieux, il expliqua :

 

  • Le village regroupera une partie du nĂŽtre et continuera au-delĂ  de la riviĂšre sur votre territoire, c’est la meilleure façon de lier nos deux clans, sans piĂ©tiner sur les autres villages civils de nos territoires respectifs.

 

Tobirama apporta une carte reprĂ©sentant le territoire rĂ©gional des clans qu’il plaça au milieu de la table.

 

  • En effet, c’est trĂšs judicieux. Nous pourrons Ă©ventuellement l’élargir afin d’y accueillir d’autres clans, rĂ©pondit le vieil homme, en jetant un coup d’Ɠil au support.
  • Hashirama, as-tu parlĂ© de ce projet Ă  tes alliĂ©s ?
  • Oui, seulement le clan Uzumaki. Ils sont nos lointains cousins, aprĂšs tout.
  • Dans ce cas, pouvons-nous mettre Ă  contribution les Uzumaki, mĂȘme s’ils ne sont pas issus du pays du Feu ? Questionna Toshinokƍ.
  • Bien sĂ»r, je consulterai leur chef. Par ailleurs, y a-t-il des clans alliĂ©s qui seraient susceptibles d’accepter de nous rejoindre ?
  • Nous avons les Yuhi et les Kurama. Nous en discuterons.

  • TrĂšs bien, de notre cĂŽtĂ©, les Sarutobi et les Hatake pourraient accepter. Nous discuterons Ă©galement avec eux ! Ajouta Tobirama.

 

La seule femme du groupe, jusque-lĂ  silencieuse, se contentant d’étudier les comportements des Uchiha, prit la parole.

 

  • Si je puis me permettre, je pense que rester discret pour le moment est le meilleur moyen de nous assurer de la bonne avancĂ©e de notre projet.

 

Face au silence et aux regards braqués sur elle, la brune continua.

 

  • Nous sommes les deux plus puissants clans du pays. Si ce projet arrive aux oreilles de notre shƍgun, ou Ă  d’autres clans ennemis, ils pourraient attaquer en pensant que notre alliance a pour but de dĂ©cimer les autres clans.
  • 
 En effet, je n’y avais pas pensĂ© ! Bien vu Tƍka ! 
  • Hashirama-Sama, vos techniques de bois feront avancer grandement ce projet. Lorsque nous serons officiellement installĂ©s ensemble, nous pourrons commencer Ă  rassembler. Qu’en pensez-vous ? Interrogea Toshinokƍ.

 

Le groupe acquiesça.

 

Pour la premiĂšre fois de leur histoire, les Uchiha et les Senju Ă©taient sur la mĂȘme longueur d’onde. Cette entente faisait naĂźtre, Ă  la fois, l’espoir et la peur. Lequel des deux vacillera en premier ?

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Les deux ennemis parviennent à trouver un terrain d’entente,

mettant fin Ă  un carnage vieux d’un millĂ©naire.

 

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CHAPITRE IV

UNE ÈRE DE PAIX, PROMESSE D'UN BONHEUR SUPRÊME.

 

 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

PrĂšs d’un an aprĂšs la rĂ©union des clans ennemis, le havre de paix prenait forme. Hashirama et Madara, juchĂ©s sur la plus haute falaise surplombant le village, admiraient leur Ɠuvre.

 

  • C’est irrĂ©el
 Est-ce que tu te rends compte ?!
  • Hm
 Il y a encore Ă  faire.
  • Hahaha ! Madara
 FidĂšle Ă  toi-mĂȘme ! Pourquoi ne te rĂ©jouirais-tu pas ?
  • Parce que ce n’est que le dĂ©but.
  • Juste un petit peu ?
  • 


 

Ce village, encore sans nom, imaginĂ© par deux jeunes enfants, puis modelĂ© par deux leaders charismatiques, avait dĂ©sormais des allures de grandes villes avec ses larges chemins pavĂ©s, ses petits espaces verts, ses sublimes petits ponts franchissant la riviĂšre Naka, ses berges nouvellement reformĂ©es, et sa grande rue principale dĂ©corĂ©e de ses lanternes en pierre. De nombreux quartiers de toutes tailles avaient vu le jour, prenant en compte les spĂ©cificitĂ©s de ses futurs habitants. D’autres Ă©difices pointaient le bout de leurs nez, ici et lĂ , destinĂ©s au bien commun, tels que la prison, l’hĂŽpital, la salle d’archives, la voliĂšre, les dƍjƍs* ou les aires d’entraĂźnement.

 

Au fond de ce bourg, reposant contre le haut-plateau rocheux, une bĂątisse s’élevant sur plusieurs Ă©tages dont le toit, peint en rouge, portait les emblĂšmes des deux clans. Il s’agissait du Quartier GĂ©nĂ©ral ; palais oĂč se jouerait leur destin. Les quartiers Uchiha et Senju s’étendaient de part et d’autre du palais, comme deux bras armĂ©s, entourant le village en un demi-cercle.

 

Enfin, de hautes murailles de bois dĂ©limitant la commune avaient Ă©tĂ© dressĂ©es, Ă  la fois intimidantes et protectrices. La nature, elle, se chargeait d’en faire un cocon cachĂ© au milieu de la luxuriante forĂȘt du pays du Feu.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Mito dĂ©ambulait sur les petits chemins fraĂźchement rĂ©novĂ©s en direction du quartier Uchiha. L’excitation laissait place Ă  l’apprĂ©hension Ă  mesure qu’elle approchait sa destination. Issue de l’illustre clan Uzumaki du pays des Tourbillons, alliĂ© de longue date des Senju, la jeune femme savait que la haine et la rancƓur avaient la dent dure. Arrivant presque Ă  destination, ses pas commencĂšrent Ă  se faire hĂ©sitants et ses pensĂ©es l’incitaient Ă  rebrousser chemin. Elle serra son panier fermement, et psalmodia des mots d’encouragements.

 

BientĂŽt, elle fut Ă©blouie par la beautĂ© du district et ses magnifiques dĂ©corations. Son entrĂ©e Ă©tait habillĂ©e par un imposant torÄ«*, frappĂ© en son sommet par les kanjis du clan. Les murs d’un blanc purs Ă©taient parĂ©s du noble blason rouge et blanc, et des lampions Ă©carlates dĂ©coraient ses ruelles. Mito avait l’impression d’entrer dans un sanctuaire. Les enfants jouaient prĂšs de leurs maisons et couraient dans les petites rues. À la vue de la jeune femme, ils s’approchĂšrent d’elles, curieux :

 

  • Bonjour les enfants, je vois que vous avez l’Ɠil !
  • Nous sommes des Uchiha ! Nous avons une bonne vue ! DĂ©clara fiĂšrement un petit garçon.

 

Les enfants avaient senti une douce odeur sucrĂ©e Ă©maner de son panier. Ils devinĂšrent aisĂ©ment qu’il s’agissait de gourmandises. Mito, s’agenouilla Ă  leur hauteur et retira le torchon, dĂ©voilant des mets colorĂ©s aux formes arrondies.

 

  • Ohhhhh, c’est joli !
  • Ça sent bon !
  • Alors servez-vous ! Leur proposa-t-elle.
  • Humm ! C’est bon ! C’est quoi ?
  • Ce sont des petites pĂątes de fruits appelĂ©es yokans*. Ce sont des spĂ©cialitĂ©s de mon clan. Tu en peux reprendre, si tu veux.

 

La foule d’enfants attira l’attention des adultes, et plus encore, celle des femmes. L’une d’elles s’approcha et dispersa les enfants.

 

  • Je suis vraiment dĂ©solĂ©e, mais vous savez comment sont les enfants.
  • Il n’y a pas de mal, j’aime les enfants. Ils sont si purs et francs !
  • Oui
 Je suis Ritsuko !
  • Ravie de vous rencontrer, je suis Mito Uzu

  • Je sais qui vous ĂȘtes. Nous sommes surprises de vous voir ici.
  • 
En fait
 En fait, je suis venue pour vous rencontrer

  • Vraiment ?
  • Oui
 Hm
 Je suis arrivĂ©e la semaine derniĂšre au village

  • Je sais, oui. Votre arrivĂ©e a fait grand bruit, « La princesse du clan Uzumaki et fiancĂ©e d’Hashirama-Sama s’installe au village » ! On s’attendait Ă  voir plus de membres de votre clan, mais vous semblez ĂȘtre la seule

  • Je comprendrais tout Ă  fait, si vous ne souhaitez pas me voir ici.
  • Allons, nous ne sommes pas des barbares ! Nous sommes surprises, car voyez-vous, les femmes du clan Senju ne nous parlent pas beaucoup

  • Oui, Ă  moi aussi, elles ne me parlent pas beaucoup


 

Contre toute attente, cette derniĂšre confession provoqua un fou rire, contagieux, brisant finalement la glace.

 

  • Venez avec moi, je vous invite Ă  prendre le thé !

 

Mito fut guidĂ©e Ă  travers les ruelles du quartier. Son passage provoquait la surprise et l’émerveillement. Les Uzumaki portaient en eux une particularitĂ© physique reconnaissable entre mille : leur chevelure flamboyante comme le feu. La jeune femme avait aussi une peau d’albĂątre et de magnifiques yeux bleu nuit. À cela, s’ajoutaient ses goĂ»ts vestimentaires exquis dignes d’une geisha*, un maquillage soulignant finement ses yeux en amande, et recouvrant ses lĂšvres pulpeuses d’un rouge prune ; elle Ă©tait d’une beautĂ© certaine.

 

  • Installez-vous, je vais nous faire du thĂ©.
  • Voici des gourmandises que j’ai prĂ©parĂ© pour vous !

 

Alors que Ritsuko filait en cuisine, elle perçut par l’entrebĂąillement de sa fenĂȘtre, les femmes de son clan, agglutinĂ©es devant sa porte.

 

  • Je peux vous aider ?!
  • Ri
 Ritsuko ! Euh
 C’est la princesse Uzumaki, n’est-ce pas ?
  • 
 Bon
 Entrez ! Elle est venue pour nous rencontrer aprĂšs tout !

 

TrĂšs vite, la maisonnĂ©e se transforma en lieu de meeting. La rouquine au centre de toutes les attentions, tentait, tant bien que mal, de rĂ©pondre aux questions. Petit Ă  petit, l’angoisse et les apprĂ©hensions laissĂšrent place au bien-ĂȘtre.

 

  • Moi qui m’attendais Ă  des difficultĂ©s de communication et de rejet
 Elles ne sont pas si terribles que ça, les Uchiha !

 

L’aprĂšs-midi dĂ©fila Ă  toute vitesse, si bien que Mito ne s’en rendit compte que lorsque le soleil commença Ă  dĂ©cliner, exposant un ciel aux couleurs chaudes. 

Sur le chemin du retour, Mito repensa Ă  son agrĂ©able journĂ©e. Elle sentait qu’elle pourrait accomplir de grandes choses pour les femmes de ce village. Sa dĂ©cision de s’installer auprĂšs de son fiancĂ©, Ă©tait finalement une bonne idĂ©e.

 

Pourtant, rien n’était gagnĂ©. Son arrivĂ©e avait provoquĂ© les foudres des femmes Senju. Mito leur posait problĂšme, non pas parce qu’elle Ă©tait issue d’un clan diffĂ©rent, mais parce que du haut de ses vingt-cinq ans, elle refusait encore et toujours d’épouser Hashirama. Cette dĂ©cision avait pourtant Ă©tĂ© prise en accord avec ce dernier. Bien qu’elle ne s’attendĂźt pas Ă  ce que certaines femmes la comprennent, elle ne souhaitait pas mettre au monde un enfant en ces pĂ©riodes troubles. Elle Ă©tait une femme calme, mais qui n’hĂ©sitait jamais Ă  prendre position, ni mĂȘme Ă  revenir sur une parole donnĂ©e.

 

Les femmes du clan Senju ont toujours vu cette union d’un mauvais Ɠil, trouvant cela irrespectueux, que leur chef ne puisse pas ĂȘtre mariĂ© Ă  presque trente ans et qu’il a fait le choix d’attendre que sa promise soit prĂȘte. Elles espĂ©raient secrĂštement qu’il finirait par perdre patience et prendrait la dĂ©cision d’épouser une femme de son lignage.

Parmi elles, se trouvait Sazanka. Elle Ă©tait ĂągĂ©e de dix-neuf ans, avait de longs cheveux bruns coiffĂ©s en taregami*, des yeux noirs en amande discrĂštement soulignĂ©es et recouverts d’un fard Ă  paupiĂšres rose. Elle Ă©tait en plus, la fille d’un haut placĂ© du clan, et n’avait alors aucun scrupule Ă  rendre le sĂ©jour de Mito difficile. La jeune fille Ă©tait courtisĂ©e par de nombreux guerriers, mais se refusait systĂ©matiquement de rĂ©pondre Ă  leurs avances. Elle n’avait d’yeux que pour son chef. Et puisque lui seul importait, elle avait bien l’intention d’user de toutes les stratĂ©gies possibles et inimaginables pour mettre l’étrangĂšre hors course.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

La journĂ©e fut Ă©galement bien remplie pour les fondateurs. Ils avaient entendu les rumeurs qui commençaient Ă  circuler au sujet de leur alliance, flairant alors des tentatives d’espionnages ou d’attaques.

 

Les frĂšres Senju et Uchiha gĂ©raient leurs clans et leurs missions tout en conciliant les travaux du village. Ce n’était pas une partie de plaisir, mais ils sentaient que le moment Ă©tait venu de se renforcer.

 

  • Mes hommes m’ont indiquĂ© des allĂ©s et venus suspects de la part du clan Hagoromo prĂšs de nos frontiĂšres ! Informa Madara.
  • Ce clan est vil, mais leur chef est stupide, oseront-ils nous attaquer de front ? Questionna Tobirama.
  • Nous sommes les deux plus puissants clans du pays, s’ils suspectent une alliance, ils n’auront alors aucune chance s’ils nous attaquent de front ! Lança fiĂšrement Izuna.
  • Les gros travaux sont finis, nous avons la capacitĂ© d’accueillir d’autres clans. Pourquoi ne pas commencer Ă  inviter nos plus proches alliĂ©s ? Questionna Hashirama.
  • TrĂšs bien, Izuna envoi des missives codĂ©es aux clans Yuhi et Kurama.
  • Bien, dans ce cas Tobi et moi, nous occuperons des clans Sarutobi et Hatake !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Madara quitta le palais pour rejoindre son quartier. Il Ă©tait satisfait du village, bien qu’il eĂ»t toujours du mal Ă  en croire ses yeux. Le village Ă©tait si grand qu’il semblait vide. L’idĂ©e d’accueillir d’autres habitants suscitait sa curiositĂ©, tout en lui faisant craindre le pire. Si les Senju savaient fidĂ©liser durablement leurs alliĂ©s, les Uchiha eux, faisaient reposer leurs alliances sur un but autrement plus lucratif. NĂ©anmoins, les enfants et les femmes de son clan paraissaient rassurĂ©s par ce nouveau mode de vie.

Il rejoignit son bureau afin de finir d’administrer les affaires internes.

 

  • Bonsoir, Madara-Sama. Votre journĂ©e s’est-elle bien dĂ©roulĂ©e ? Demanda une petite femme brune agenouillĂ©e Ă  la table basse, prĂšs de son imposant bureau.
  • PlutĂŽt bien.

Madara n'était pas surpris le moins du monde.

  • Que fais-tu dans mon bureau ? Qui t’a permis d’entrer ?
  • J’ai demandĂ© aux gardes. Je vous ai apportĂ© un plat chaud et du thĂ© au jasmin. Comme vous avez encore beaucoup de travail, je me suis dit que vous n’auriez sĂ»rement pas le temps de manger.
  • Je te remercie, tu peux disposer.

 

Sur ces mots, la jeune femme quitta le bureau.

 

Elle n’était pas blessĂ©e par les mots secs et expĂ©ditifs de son chef de clan. Il a toujours Ă©tĂ© ainsi. Kiku Ă©tait l’une de ses cousines Ă©loignĂ©es. Elle a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e dans les plus pures traditions du clan, et naturellement, ne trouvait rien Ă  redire Ă  sa condition. Sa longue chevelure de jais, attachĂ©e en un momoware* parfait, et son maquillage sophistiquĂ© lui donnaient des airs de geiko*. La jeune fille s’était Ă©prise de Madara dĂšs sa plus tendre enfance, ou plutĂŽt du titre d’épouse et de matriarche. De ce fait, elle s’évertuait Ă  montrer Ă  son chef, qu’elle Ă©tait une femme consciencieuse et dĂ©vouĂ©e Ă  la cause des siens. À l’aube de ses dix-huit ans, elle espĂ©rait que l’homme remarquerait enfin ses efforts.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Il Ă©tait minuit passé et Madara finissait enfin son travail. Il rejoignait finalement ses quartiers privĂ©s. Les prochains jours allaient ĂȘtre difficiles, mais malgrĂ© cela, il ne se sentait pas anxieux. Outre le rapprochement d’avec les Senju, le leader n’avait jamais perdu ses habitudes ; il restait sur ses gardes, se levait aux aurores pour s’entraĂźner, et travaillait tardivement.

 

En entrant dans sa chambre, il trouva une silhouette fĂ©minine allongĂ©e sur son lit, dans la pĂ©nombre. Son kimono Ă©tait ouvert suffisamment pour laisser entrevoir ses longues jambes d’albĂątre et le dĂ©but de sa poitrine. C’était Nadeshiko, la beautĂ© incontestable parmi les Uchiha.

Comme toutes les femmes de son clan, elle avait une longue chevelure d’encre. Ses grands yeux noirs en amande Ă©taient toujours soulignĂ©s par un trait de khĂŽl lui donnant l’air fĂ©lin, et ses lĂšvres pulpeuses toujours recouvertes d’un rouge Ă  lĂšvres intense.

 

Elle se releva, alluma la bougie au chevet du lit, puis se dirigea vers l’homme. Elle le salua d’un baiser langoureux, puis s’installa Ă  la table basse situĂ©e dans un coin de la chambre oĂč elle lui prĂ©para un thĂ© et son kiseru*. Ce dernier retira son haori* qu’il jeta nonchalamment sur le lit et rejoignit sa compagne. Il n’y avait pas besoin de parler ; leur relation Ă©tait faite de chair et de silence.

 

Nadeshiko Ă©tait l’unique fille d’un shinobi influent, qui fut le bras droit de Tajima, pĂšre et prĂ©dĂ©cesseur de Madara. Il avait continuĂ© de travailler aux cĂŽtĂ©s des frĂšres. De ce fait, la jeune femme jouissait d’un statut particulier. Tout comme Kiku, elle fut Ă©levĂ©e en Ă©tant fiĂšre de sa condition et de sa lignĂ©e. Du haut de ses vingt printemps, elle Ă©tait trĂšs observatrice et comprenait que les hommes avaient besoin de se dĂ©tendre dĂ» Ă  l’exigence de leur travail. Elle tenait de sa mĂšre de nombreux conseils et entendait bien les utiliser pour attirer cet homme dans ses filets. Ainsi, elle s’était persuadĂ©e qu’en lui offrant sa vertu, celui-ci se sentirait suffisamment honorĂ© pour l’épouser.

Ce soir-lĂ , comme de nombreuses nuits depuis deux ans, elle s’était unie Ă  lui, dans une lente danse Ă©rotique et sensuelle. Et comme de coutume, elle s’éclipsait au petit matin Ă  l’abri des regards indiscrets.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Depuis le commencement des travaux, Hashirama et Madara se rejoignaient chaque matin, aux premiĂšres lueurs du soleil, sur le terrain d’entraĂźnement. Ils s’échauffaient, s’échangeaient des coups et discutaient de tout et de rien. Un moment de dĂ©tente avant d’entamer des journĂ©es chargĂ©es et difficiles.

Pourtant, c’est ce moment de quiĂ©tude que Tobirama choisit de perturber. Il laissa dĂ©libĂ©rĂ©ment son chakra fluctuer, pour informer le duo de son arrivĂ©e. Bien qu’il fĂ»t toujours calme, le cadet Senju Ă©tait incapable de cacher son mĂ©pris face Ă  l’Uchiha.

 

  • Nous avons des nouvelles d’un des clans. Je vous attends au QG.

 

Le ton Ă©tait sec et n’attendait aucune rĂ©ponse ; il sonnait presque comme un reproche. Les deux hommes acquiescĂšrent silencieusement et rentrĂšrent se prĂ©parer.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Lorsque les deux leaders arrivĂšrent au palais, Tobirama et Izuna Ă©taient en pleine discussion avec un homme. À leur entrĂ©e, ce dernier se leva et s’inclina devant eux :

 

  • Messieurs, c’est un honneur de vous rencontrer !
  • Les Sarutobi
 Dois-je en dĂ©duire que nous n’avons reçu aucune autre rĂ©ponse de la part des autres alliĂ©s ?
  • Pas encore, OnÄ«san.
  • Cela fait plus d’une semaine que nous avons envoyĂ© nos requĂȘtes

  • Au moins, nous avons reçu une rĂ©ponse ! Écoutons ce que cet homme a Ă  nous dire ! Proposa Hashirama.
  • Sasuke-Sama accepte de se joindre Ă  vous, mais il me charge d’ĂȘtre ses yeux et ses oreilles pour cette mission. Afin de prĂ©parer au mieux notre arrivĂ©e parmi vous, j’ai besoin de voir les installations qui ont Ă©tĂ© prĂ©parĂ©es pour nous ! RĂ©cita le messager.
  • Bien Ă©videmment, je vais vous faire une visite guidĂ©e !
  • Pas si vite ! Avez-vous eu des difficultĂ©s Ă  atteindre notre territoire ? Questionna encore l’Uchiha, suspicieux.
  • Non, je n’ai eu aucun problĂšme durant mon trajet. Cependant, nous avons rĂ©pondu Ă  votre lettre, restĂ©e sans rĂ©ponse. Lorsque notre animal ne revenait pas, nous avons pensĂ© que le message avait Ă©tĂ© interceptĂ©. C’est pourquoi le maĂźtre m’a chargĂ© de vous transmettre le message par voie orale.
  • Je vois
 C’est bien ce qu’il me semblait. Les Hagoromo prĂ©parent quelque chose

  • Pourquoi les Hagoromo ? Nous avons de nombreux ennemis en commun, aprĂšs tout ! RĂ©pondit Hashirama.
  • Non, ce sont les Hagoromo. Ils sont aussi puissants et grands que nous

  • On dirait qu’ils essayent de nous isoler. Nos messages atteignent leurs destinations, mais nous n’avons aucun retour.
  • Changeons de stratĂ©gie, portons les messages nous-mĂȘmes.
  • Envoyons nos meilleurs guerriers, si ce maudit clan tente une attaque, ils seront servis !

 

C’est ainsi que deux Ă©quipes dirigĂ©es par les seconds furent mises en place. Les fondateurs n’étaient pas au bout de leur peine. Convaincre et se battre au nom d’une idĂ©ologie romanesque, pour la grande majoritĂ© des habitants de ce pays, relevait presque d’une mission impossible.

 

  • Toujours des embĂ»ches


 

Madara commençait à douter de la longévité de cette paix naissante.

 

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Il y a 20 heures, I shiro a dit :

Je fais briĂšvement un point sur le rendu du travail avant que mes commentaires futurs soient plus axĂ©s sur l'histoire et l'intrigue. Eh bien, ça fait hyper longtemps que je n'ai pas lu de fanfic sur un forum. Un concept qui se perd de nos jours. Alors trĂšs bonne mise en page de ta part, la lecture est trĂšs fluide et pertinente. Pour ĂȘtre honnĂȘte, je ne suis pas trĂšs emballĂ© par le concept mĂȘme si en soi il est trĂšs louable et respectable d'avoir l'ambition de mettre en avant le rĂŽle des femmes dans ce genre de rĂ©cit. 

Bonjour I shiro,

 

Je te remercie d’avoir pris le temps de lire, et d’écrire ce commentaire.

 

Naruto Ă©tait une trĂšs bonne histoire ; celle qui m’a initiĂ© aux mangas. L’univers proposĂ© et racontĂ© par son auteur pourrait s’inscrire dans l’histoire du Japon, puisque les ninjas Ă©taient des mercenaires qui louaient leurs services Ă  des seigneurs et autres samouraĂŻs (contrairement Ă  l’univers magique de Black Clover, par exemple). Bien que ce « mĂ©tier » fĂ»t essentiellement destinĂ© aux hommes, il y avait aussi des femmes, kunoichi, dont le travail s’articulait essentiellement sur la manipulation et la sĂ©duction.

Dans le manga Naruto, cet aspect n’est pas montrĂ©. En revanche, les kunoichis sont dĂ©crites comme des expertes dans un domaine prĂ©cis (soins, poison, illusions, armes, etc.). Le flashback racontant l’histoire des guerres de clans me semble presque « historiquement » vĂ©ridique.

J’ai donc souhaitĂ© faire un lien entre l’histoire, les traditions ancestrales et la façon dont sont perçues les femmes guerriĂšres. Comment passent-elles « d’espionnes », Ă  combattantes de premier plan ?

Dans Naruto, il y a des femmes qui sont devenues chefs de villages, Ă  l’instar de Tsunade, Mei ou Konan. D’autres Ă©taient reconnues pour leurs prouesses durant les guerres, comme ce fut le cas pour Tsunade, Chiyƍ ou Sakura.

 

En me relisant, j'ai presque l'impression de passer pour une féministe chevronnée. Cette fiction ne raconte pas le « girl power ». C'est une histoire qui raconte le changement d'une Úre, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. J'ai mis un peu plus en avant les femmes, parce qu'elles vivent dans un monde d'homme. Le changement sera plus prononcé pour elles.

 

Il y a 20 heures, I shiro a dit :

J'aime Ă©galement ce style d'Ă©criture qui huile bien les choses : en apparence un chapitre est bien long mais comme l'immersion est pratiquement totale, il est facile de tout lire en à peine cinq-dix minutes sans trop se prendre la tĂȘte.

Je ne m’étais pas rendu compte de la longueur des chapitres. J’ai tendance Ă  penser que j’introduis de nombreuses trames, mais que je n’en dis pas assez. Je tĂącherais d’ajouter un cours rĂ©sumĂ© des chapitres prĂ©cĂ©dents.

 

Il y a 20 heures, I shiro a dit :

Je ne vais pas mentir, je doute de rĂ©ussir à suivre assidument l'histoire pour une question de temps et le rythme me parait un peu Ă©levĂ© (2 chapitres par semaine). Mais ça en vaut vraiment le coup d'Ɠil de prendre le temps d'en lire quelques-uns et de souligner ce travail tellement qualitatif et soignĂ©.

C’est une histoire que j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire il y a un petit moment, et je suis rendue au 21Ăšme chapitre. Je poste rĂ©guliĂšrement, parce que je ne fais que corriger, modifier ou approfondir l’histoire. J’ai, pour le moment, beaucoup d’avance, en sachant que j’aurais des difficultĂ©s Ă  maintenir le rythme en raison de mon travail qui fluctue selon les pĂ©riodes.

 

Il y a 20 heures, I shiro a dit :

Serait-il possible de créer un index pour les personnages ? 

Oui. Je vais ajouter un index des personnages en spoilers à la suite de la présentation de la fiction. Je te remercie pour cette suggestion.

 

Il y a 20 heures, I shiro a dit :

Sinon pour revenir un peu à l'histoire, c'est un peu trop beau que les choses puissent se faire sans encombres. Le clan Hagoromo risque, si j'en crois sa grande renommée, de causer pas mal de soucis pour l'unification totale de ce village/pays. Donc il faudra tenter de vite régler la situation, sinon ça risque de perturber cette paix.

Tu n’es pas au bout de tes surprises. 😊

 

Il y a 20 heures, I shiro a dit :

Et c'est dommage que les femmes du clan Senju soient un peu froides et si jalouses. On obtient cette sorte de séparation relationnelle que vit la fiancée d'Hashirama entre les femmes des deux clans, c'est vraiment le jour et la nuit de ce cÎté. On va voir maintenant ce qui va se passer la prochaine fois.

Oui, il y a de le jalousie, et une autre raison qui sera expliquée plus tard.

Concernant les femmes du clan Uchiha, je me suis inspirée du caractÚre maternelle de Mikoto, et du garçonnet qu'était Sasuke. Le manga a mis en scÚne les Uchiha sous leurs plus mauvais jours, malheureusement.

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Dans le chapitre précédent

Un rĂȘve d’enfant, un projet d’adulte ; Konoha l’arbrisseau.

Mito Uzumaki entre dans la danse. Du vent avant la tempĂȘte

 

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CHAPITRE V

AVANCER DOUCEMENT, S’ACCORDER VITE, S’EMBELLIR SÛREMENT.

 

 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Deux mois s’écoulĂšrent depuis l’invitation des clans. Leurs arrivĂ©es furent organisĂ©es en quelques voyages, afin de sĂ©curiser les routes et prioriser les femmes et les enfants. Ces nombreux dĂ©placements avaient nĂ©anmoins suscitĂ© la curiositĂ© des villages environnants et renforcĂ© la suspicion des clans de la rĂ©gion. De leur cĂŽtĂ©, les Uchiha et les Senju avaient pris soin de dĂ©ployer leurs meilleurs shinobis tout le long de leur territoire afin d’anticiper toutes attaques. Des groupuscules se voulant discrets approchaient parfois le nouveau territoire unifiĂ©, provoquant des rixes mortelles. Par chance, aucun blessé ni mort ne fut Ă  dĂ©plorer parmi les civils.

 

Les Sarutobi avaient pris leur quartier prĂšs de l’entrĂ©e du village au nord-est, tandis que les Hatake et les Kurama se stationnaient au centre du village, le long de la grande rue principale. Les Yuhi, quant Ă  eux, trouvĂšrent refuge au sud-ouest prĂšs du quartier Uchiha.

 

Le vieux chef Sarutobi accueillait les derniers arrivants aux portes du village et fut rejoint par Madara.

 

  • Je n’aurais jamais cru cela possible !
  • Quoi donc ? Feignit l’Uchiha.
  • Cette alliance, voyons ! Tu es encore jeune, mais lorsque tu atteindras mon Ăąge, tu comprendras.
  • Il n’y a rien Ă  comprendre, les temps changent et cette alliance n’existe que parce que chacun d’entre nous souhaite la survie de sa famille.
  • Hum, j’ai fait la guerre toute ma vie, et voir des clans habiter ensemble dans un mĂȘme village sans s’esquinter est rĂ©vĂ©lateur, mon garçon. La paix existe !
  • 

  • Ne te laisse pas ronger par les tĂ©nĂšbres, je connais le pouvoir que renferme le sharingan. Accroche-toi Ă  ce projet, tu as dĂ©jĂ  fait beaucoup plus que tous tes ancĂȘtres rĂ©unis. Tu as rĂ©ussi lĂ  oĂč ils ont Ă©choué !

 

Sur ces paroles, le vieil homme posa une main rassurante sur son Ă©paule, avant de le quitter. Ce dernier resta de marbre. Il n’apprĂ©ciait guĂšre qu’on lise en lui comme dans un livre ouvert.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Sasuke Sarutobi avait combattu de nombreux Uchiha tout au long de sa vie. Il a Ă©tĂ© tĂ©moin Ă  maintes reprises du pouvoir de la terrifiante pupille Ă©carlate. Au-delĂ  de ses particularitĂ©s remarquables au combat, elle apportait dĂ©sarroi et ressentiment Ă  ses possesseurs, en gravant sur la rĂ©tine, l’image de l’ĂȘtre chĂ©ri, perdu Ă  jamais. Il savait ce qui tracassait le jeune homme, et il n’avait pas l’intention de fermer les yeux. Le clan Uchiha Ă©tait l’un des crĂ©ateurs de ce village, et il entendait faire perdurer cette paix naissante.

 

Les Sarutobi avaient Ă©lu domicile prĂšs des portes du village leur donnant un grand accĂšs Ă  la forĂȘt, car ce clan couvait de nombreuses espĂšces de primates qu’ils Ă©levaient avec amour et qu’ils dressaient pour de nombreuses missions de vol, de messager, de guetteur et parfois mĂȘme au combat. Ils sont Ă©galement des spĂ©cialistes des techniques de feu, et de la cendre brĂ»lante, les rendant alors aussi malins que des singes sur les champs de bataille.

 

Les clans Kurama et Yuhi Ă©taient, quant Ă  eux, deux clans rĂ©putĂ©s et redoutĂ©s pour leurs genjutsus. Ils Ă©taient d’ailleurs de lointains descendants des Uchiha. Vestige de cet hĂ©ritage, les Yuhi avaient aussi hĂ©ritĂ© d’une chevelure de jais et d’un regard aussi inquisiteur, qu’écarlate. Leurs illusions Ă©taient si puissantes qu’elles ne pouvaient ĂȘtre transpercĂ©es que par l’unique pouvoir du sharingan. Shinku Yuhi en Ă©tait un grand maĂźtre, performant son art sans avoir Ă  composer de signes. Il est l’auteur de nombreuses illusions dont celle qui l’a rendu cĂ©lĂšbre ; « la plongĂ©e dans les tĂ©nĂšbres ».

 

Les Kurama eux, n’étaient pas un clan de combattants purs. Ils excellaient dans l’art du camouflage, se spĂ©cialisant dans l’espionnage. Leurs illusions avaient le pouvoir de transcender la rĂ©alitĂ© au travers des arts du divertissement tel que la peinture, la musique ou l’écriture. Ils Ă©taient commandĂ©s par ShĂšn, une redoutable kunoichi qui a changĂ© les rĂšgles de son clan en faisant commerce de l’information au plus offrant. De ce fait, les Kurama Ă©taient les dĂ©positaires de nombreuses richesses qui n’ont rien Ă  envier aux nobles HyĆ«ga.

 

Enfin, les Hatake Ă©taient un petit clan discret de traqueurs et d’assassins. Ils Ă©taient reconnaissables Ă  leur criniĂšre argentĂ©e et Ă  leur accoutrement sombre, cachant jusqu’à leur visage. Ils sont peu loquaces mais terriblement rĂ©actifs et efficaces. Leur origine remonte au pays du Fer dont les ancĂȘtres Ă©taient des samouraĂŻs. Ils en ont gardĂ© de nombreuses coutumes et des techniques de combat. Leur chef, ChĆ«shin, Ă©tait d’ailleurs reconnu jusqu’au-delĂ  des frontiĂšres, comme un maĂźtre du sabre sans pareil.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Ces quatre clans venaient ajouter un poids dĂ©mesurĂ©ment important Ă  la puissance du village. En cela, les Hagoromo ne le manquĂšrent pas. Cela faisait presque un an qu’ils tentaient d’espionner les Senju et les Uchiha, sans succĂšs. Les dĂ©placements inopinĂ©s de leurs alliĂ©s et les nombreux volatiles qui bifurquaient Ă  destination de leur territoire, les ont dĂ©finitivement mis sur leur garde. Ils n’avaient pas l’intention de laisser leurs pires ennemis prendre leurs aises.

 

Les Hagoromo faisaient partie du podium clanique du pays du Feu. Tout aussi redoutable et craint que leurs rivaux, ce clan Ă©tait bĂ©nit par la nature Ă©lĂ©mentaire du vent, vĂ©ritable raretĂ© dans ces contrĂ©es. À la diffĂ©rence de ses formidables ennemis, ce clan Ă©tait en plus, impitoyable, n’hĂ©sitant pas Ă  faucher femmes et enfants pour arriver Ă  ses fins. Son territoire est d’ailleurs composĂ© de villages abandonnĂ©s, ruinĂ©s et appauvris, mais regorgeant de bandits, mercenaires et autres fugitifs.

 

Habu Hagoromo Ă©tait le tyran sanguinaire Ă  la tĂȘte de cette famille. ÂgĂ© d’une quarantaine d’annĂ©es, et pĂšre d’une dizaine d’enfants encore en vie, il leur inculquait avec ferveur la loi du plus fort. À ses yeux, rien ne comptait plus que la force. Il Ă©tait d’ailleurs en train d’observer avec intĂ©rĂȘt l’un de ses fils exĂ©cuter des techniques de taijutsu* dans le dƍjƍ, quand il fut dĂ©rangĂ© par l’un de ses serviteurs :

 

  • Oyakata*, il n’y a quasiment plus de mouvement sur les territoires Senju et Uchiha.
  • Avez-vous fini de dĂ©coder ces fichus messages ??
  • N
 Non
 Tout ce que l’on sait, c’est que ce sont eux qui les ont envoyĂ©s, bredouilla le mercenaire, la tĂȘte inclinĂ©e vers le sol.
  • Si les Uchiha et les Senju ont fait la paix, alors ces deux imbĂ©ciles se sont ramollis. Je ne suis pas Ă©tonnĂ© d’Hashirama, mais Madara me déçoit. PrĂ©parez-moi mon armure !
  • Mais MaĂźtre, nous ne savons pas ce qui se trame chez eux et
.

 

Il ne put finir sa phrase. Habu avait tranchĂ© nette sa tĂȘte qui roula jusqu’aux pieds de son fils.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Au village nouvellement formĂ©, Mito s’affairait en cuisine. Cette fois, elle opta pour des monakas*, de dĂ©licieuses gaufrettes fourrĂ©es Ă  la pĂąte de haricot et enrobĂ©es de gĂ©noises. Ses rencontres rĂ©guliĂšres avec ses nouvelles amies Uchiha l’avaient confortĂ© dans son idĂ©e d’unifier le village. Aujourd’hui, elle ira souhaiter les bienvenus aux quatre nouveaux clans. C’était donc une journĂ©e chargĂ©e qui l’attendait.  Elle Ă©tait si concentrĂ©e sur ses Ɠuvres culinaires qu’elle ne remarqua pas Hashirama se faufiler derriĂšre elle et attraper une pĂątisserie.

 

  • Ahh !
  • Oups, je t’ai fait peur, je croyais que tu m’avais entendu !
  • Tu m’as surprise ! En plus, j’ai failli te recouvrir de pĂąte de haricot !
  • Haha, en tout cas, c’est dĂ©licieux. C’est pour quelle occasion ?
  • Aujourd’hui, je vais saluer les nouveaux clans. Ils ont fini de s’installer, je dĂ©rangerais moins !
  • Je suis sĂ»r que tu te feras des nouvelles amies !
  • Oui ! Je sais que je ne te le dis pas souvent, mais je suis fiĂšre de toi et de ce que tu as accompli. Tu m’inspires !

 

Hashirama sourit et se pencha sur sa compagne pour l’embrasser. C’est dans ces instants-lĂ , qu’il savait qu’il avait fait le bon choix. Il quitta la jeune femme, non sans reprendre une pĂątisserie supplĂ©mentaire.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Mito, armĂ©e de son panier Ă  pĂątisserie marchait maintenant en direction du quartier Sarutobi. Elle s’était chaussĂ©e de zƍris* au lieu de ses habituelles hautes okobos*. Le district Ă©tant en partie cachĂ© dans la forĂȘt, elle ne souhaitait nullement se tordre la cheville durant son escapade.

 

  • Ce village est en train de devenir un vĂ©ritable arc-en-ciel multiculturel !

 

Elle s’émerveilla lorsqu’elle entra dans la forĂȘt ; un fabuleux paradis haut en couleur. Les maisons en bois s’élevaient sur deux Ă©tages et Ă©taient reliĂ©es entre elles par des petits ponts suspendus. Les arbres avaient Ă©tĂ© dĂ©corĂ©s d’origamis* colorĂ©s et des lampions rouges, verts et bleus, rĂ©chauffant l’austĂ©ritĂ© naturelle de la forĂȘt. Les petites ruelles de terres Ă©taient embellies par des lanternes de bois sur pied, dont les motifs reprenaient des postures naturelles du singe. Au centre du quartier, une grande place y avait Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©e ; utilisĂ©e comme aire de jeu, d’entraĂźnement matinal, repos et restauration. À l’heure des repas, des yatais* florissaient autour de cette place pour offrir de quoi sustenter les membres du clan. Au plus profond de la forĂȘt, se dressait une Ă©trange maison de bois ouverte, peinte en bleu. Il s’agissait d’un abri destinĂ© Ă  entraĂźner les primates du clan.

Mito fut par ailleurs surprise par la prĂ©sence d’adorables singes, ici et lĂ , qui l’observaient sans l’approcher. Elle s’arrĂȘta brusquement, dĂ©couvrant sur son chemin un minuscule primate, couchĂ©, aux yeux presque larmoyants. Elle s’accroupit et tendit sa main dans sa direction.

 

  • Je ne ferais pas ça Ă  votre place !
  • !?
  • Les singes sont des animaux intelligents. C’est la premiĂšre fois qu’ils vous voient, et en plus, vous avez l’air de transporter de la nourriture avec vous.

 

La voix inconnue passa devant elle et ramassa le mignon ouistiti blond. Un homme aussi grand que son fiancé lui faisait face.

 

  • Oh ! Haha, je vois ! J’étais donc sur le point de me faire dĂ©trousser !
  • Oui, ils savent qu’ils sont mignons, alors ils en profitent. Je suis Asuma Sarutobi, se prĂ©senta-t-il enfin, tendant sa main vers la jeune femme pour l’aider Ă  se relever.
  • Merci, je suis Mito Uzumaki.
  • Oh la fameuse fiancĂ©e d’Hashirama ! Vous ĂȘtes plus ravissante qu’on ne le dit.
  • Eh bien
 Merci. Dites-moi, savez-vous oĂč je pourrais trouver la matriarche de votre clan ?

 

Asuma lui fit signe de le suivre. Il Ă©tait aussi grand qu’Hashirama, brun aux cheveux courts lĂ©gĂšrement Ă©bouriffĂ©s, et portait une barbe garnie, mais bien taillĂ©e. Les Sarutobi ressemblaient beaucoup aux Senju.

 

Ils arrivÚrent devant une imposante demeure, devant laquelle était assis un vieil homme à la longue chevelure et barbe blanches. Il se leva et sourit en voyant arriver la rouquine.

 

  • Grand-pĂšre, je te prĂ©sente Mito Uzumaki, la fiancĂ©e d’Hashirama. Princesse Uzumaki, voici mon grand-pĂšre et chef du clan, Sasuke.
  • Je suis ravi de vous rencontrer, princesse !
  • Moi de mĂȘme. Je suis venue saluer votre Ă©pouse. Étant donnĂ© que vous venez juste de finir votre installation, je me suis dit que c’était le moment propice.
  • Ran se trouve Ă  l’intĂ©rieur, entrez donc ! Asuma va vous guider jusqu’à elle.

 

Elle entra dans la demeure qui Ă©tait de toute beautĂ©. AprĂšs avoir suivi l’homme dans un dĂ©dale de couloirs, elle tomba sur un jardin magnifiquement dĂ©corĂ©, et dans lequel une dame d’un certain Ăąge et d’une grande Ă©lĂ©gance Ă©tait attablĂ©e. Elle semblait faire de la calligraphie. Sa chevelure poivre et sel, Ă©tait retenue en un chignon sophistiquĂ© et gracieux, le tout surplombĂ© par un long kanzashi* dorĂ©.

 

  • Grand-mĂšre, tu as de la visite !

 

L’élĂ©gante dame releva la tĂȘte et fut surprise de voir Mito.

 

  • Qu’avons-nous là ? Qui est cette jeune femme ?
  • Je suis Mito Uzumaki.

 

La rouquine remercia Asuma, qui fit demi-tour.

 

  • Approchez, mon enfant.

 

Mito s’avança jusqu’à la table basse, ouvrit son panier et y sortit un petit coffret qu’elle offrit à son hîte.

 

  • C’est une spĂ©cialitĂ© de mon clan, des monakas.
  • C’est trĂšs gentil de votre part. Asseyez-vous donc.
  • Je suis venue rendre visite et apprendre Ă  connaĂźtre votre clan. Je souhaiterais que tous nos clans puissent s’entendre et cohabiter ensemble, en paix.
  • Ce ne sera pas facile. Les Sarutobi et les Senju sont dĂ©jĂ  alliĂ©s, mais pour les clans autrefois ennemis, c’est une autre paire de manches. Avez-vous visitĂ© d’autres clans ?
  • J’ai commencĂ© par les Uchiha bien avant votre arrivĂ©e. Nous nous entendons bien. J’ai de nombreuses amies parmi elles.
  • Je suis ravie de l’entendre.

 

Mito passa un agrĂ©able moment au cĂŽtĂ© de la matriarche, autour d’un thĂ© de forĂȘt, spĂ©cialitĂ© du clan. Ran Ă©tait une dame avisĂ©e et de bon conseil. Elle Ă©tait aussi une ancienne kunoichi. Bien qu’elle n’ait jamais fait la guerre, elle fut nĂ©anmoins formĂ©e Ă  la protection des civils de son clan et des villages de l’ancien territoire Sarutobi. Lorsqu’elle devint mĂšre, elle s’appliqua Ă  seconder son Ă©poux et Ă  administrer le clan durant ses absences.

 

Lorsque la jeune femme sentit que son hĂŽte Ă©tait ouvert Ă  la discussion, elle ne put s’empĂȘcher de livrer ses rĂȘves pour ce village. Ran comprenait son combat, et son dĂ©sir de changer des rĂšgles devenues trop archaĂŻques pour ces temps nouveaux.

 

  • C’est un rĂȘve enfantin

  • 

  • Mais c’est aussi ce que j’ai pensĂ© de celui de votre fiancĂ©. Cela ne l’a pas empĂȘchĂ© de le concrĂ©tiser.
  • Je sais que cela peut paraĂźtre invraisemblable, mais

  • Princesse Mito, nous les femmes, agissons diffĂ©remment des hommes qui sont directement soumis Ă  la pression et Ă  la brutalitĂ© des champs de bataille. Et parce que nous sommes Ă©pouses, filles, mĂšres et sƓurs, nous souhaitons les prĂ©server de la folie autant que possible. Nous pouvons alors mettre nos diffĂ©rends de cĂŽtĂ© et nous entendre plus facilement qu’eux.
  • Est-ce que vous pensez que nous nous entendons uniquement par sacrifice pour nos hommes ?
  • Oui. Nous avons toutes perdu un ĂȘtre cher de la main d’un ennemi. Le cĂŽtoyer chaque jour est difficile.
  • 
 Ce n’est pas ce que je ressens.
  • Vous ĂȘtes une Uzumaki. En diriez-vous autant des clans ennemis aux pays des Tourbillons ?
  • 

  • Pardonnez mon indĂ©licatesse, mon enfant. Sachez simplement, qu’il ne sera pas aisĂ© d’apaiser des siĂšcles de souffrances et de haine aussi facilement. Il en va de mĂȘme pour les rĂšgles instaurĂ©es depuis des temps immĂ©moriaux.
  • Ran-Sama, je suis convaincue que mon fiancĂ© saura nous aider le moment venu. Les femmes du clan Uchiha ont aussi le dĂ©sir de changer de comportement et de rĂŽle. Si nous parlons toutes d’une mĂȘme voix, alors tout nous sera possible !
  • Dans ce cas, je vous Ă©paulerais volontiers dans cette entreprise, sourit la matriarche.
  • Merci beaucoup ! Dites-moi, accepteriez-vous de m’accompagner visiter les clans Yuhi, Kurama et Hatake ?
  • C’est entendu. Mais avant cela, permettez-moi de vous prĂ©senter Ă  ma petite-fille, Hiyori. Elle vous ressemble beaucoup. Peut-ĂȘtre acceptera-t-elle de nous accompagner, elle aussi ?

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

La journĂ©e de Mito fut enrichissante et passionnante. Elle fit la rencontre de Hiyori, une brunette du mĂȘme Ăąge qu’elle, et au fort tempĂ©rament. Ensemble, elles firent la rencontre des femmes Hatake qui se rĂ©vĂ©lĂšrent douces et dociles, des femmes Yuhi qui se montrĂšrent tendues avant de finalement baisser leur garde, et enfin, de l’étrange clan Kurama qui resta trĂšs courtois mais secret. Leur rencontre fut d’ailleurs trĂšs brĂšve.

 

  • Dame ShĂšn est incroyablement intimidante ! Avoua Hiyori sur le chemin du retour.
  • C’est un chef de clan, ce qui est extrĂȘmement rare. Elle doit donc ĂȘtre implacable afin de ne pas montrer une once de faiblesse Ă  ses hommes, informa Ran.
  • Ce n’est pas une raison ! Bouda sa petite-fille, faisant rire Mito.
  • Il faut leur laisser un peu de temps, leur vie Ă  changer en l’espace de deux mois aprĂšs tout ! C’est ici que nos chemins se sĂ©parent. Je vous remercie pour cette journĂ©e ! Annonça l'Uzumaki.
  • Ce fut un plaisir partagé ! RĂ©pondit Ran.
  • S’il te plaĂźt, Mito revient nous voir quand tu veux !
  • Eh bien, j’irai voir mes amies au quartier Uchiha demain, si tu le souhaites, je peux te les prĂ©senter.
  • J’ai hĂąte ! Alors Ă  demain !

 

Sur ces salutations, la rouquine reprit la route du quartier Senju. Elle ne put s’empĂȘcher de sentir une lĂ©gĂšre tension le long de la rue principale.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Tout comme Madara le craignait, des mĂ©sententes commençaient Ă  Ă©merger. Des altercations entre des Kurama et des Senju eurent lieu. Les rancƓurs passĂ©es avaient du mal Ă  ĂȘtre digĂ©rĂ©es et mettaient Ă  mal ce dĂ©but de paix durement gagnĂ©. Kagami Uchiha, qui passait par lĂ , s’arrĂȘta et observa la rixe, avant de finalement tenter de calmer le groupe.

 

  • Eh les gars, du calme ! S’approcha le malheureux, avant de se prendre un coup, Ă  son tour.

 

Ce fut la goutte d’eau pour les Uchiha qui observaient dĂ©daigneusement les autres se battre. Ils se mĂȘlĂšrent au combat qui gagna rapidement de l’ampleur.

 

  • Prison des quatre colonnes !

 

Brusquement, des piliers sortirent de terre pour former une grande prison de bois. Le chef Senju se tenait devant eux, furieux.

 

  • Si vous continuez, je vous enfermerai dans cette cellule !

 

Cela suffit Ă  calmer les esprits Ă©chaudĂ©s. Beaucoup observaient impressionnĂ©s la gigantesque cage de bois, tandis que les Senju s’inclinĂšrent en signe de respect et de soumission.

 

  • Je sais que c’est difficile pour vous, mais vous devez faire des efforts ! Tenez bon encore un peu, s’il vous plaĂźt ! Supplia le leader, en s’inclinant, Ă  son tour.

 

La foule se dissipa et Hashirama resta là, pensif. Il reprit le chemin du Quartier Général afin de réfléchir à une solution.

 

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Le 15/08/2021 à 21:46, I shiro a dit :

Je me demandais si le clan Hagoromo allait poser de sacrĂ©s problĂšmes lorsque les diffĂ©rents clans intĂ©greraient ce nouveau village, finalement ils se sont fait bien gĂ©rer par les clans fondateurs. Mais comme je m'attendais, ils ne vont pas en rester lĂ . Étonnant d'apprendre que le chef des Hagoromos, Habu, compte une dizaine de fils, j'ai hĂąte d'en apprendre un peu plus sur eux. Si, finalement, tous partagent le mĂȘme but que leur pĂšre et quelle ait la nature de leurs relations Ă  l'intĂ©rieur de cette sphĂšre familiale ?

 

Dans le manga, ce clan n’est Ă©voquĂ© que briĂšvement. Il n’a pas fait partie de Konoha. Je souhaitais vraiment lui donner un rĂŽle. J’ai toujours imaginĂ© que pour ces clans, la guerre a toujours Ă©tĂ© un but, parce que c’est d’elle que les guerriers en tirent renommĂ©e et gloire.

Habu est un personnage particulier. Je me suis inspirĂ©e, Ă  la fois, du manga et de l’histoire du Japon (Tokugawa Ienari) pour le construire. À travers ce clan, je voulais surtout montrer que les habitants du pays du Feu ne partagent pas forcĂ©ment tous les mĂȘmes idĂ©aux, ni mĂȘme les buts qu’Hashirama ou Madara.

 

Le 15/08/2021 à 21:46, I shiro a dit :

Belle surprise de constater qu'Asuma Sarutobi se retrouve ĂȘtre de la partie, j'espĂšre qu'on aura d'autres "surprises" de ce genre plus tard.

Le problĂšme de cette pĂ©riode de l’histoire, est qu’il y a peu de personnages connus. J’en ai imaginĂ© quelques-uns, mais au fil du temps je me suis demandĂ©e s’il ne fallait pas insĂ©rer des personnages du prĂ©sent. Telle que je l’ai Ă©crite, l’histoire comptera d’autres personnages secondaires.

 

Le 15/08/2021 à 21:46, I shiro a dit :

Sinon la cohabitation entre clans est assez inégale : en premier temps tout semblait aller pour le mieux, et on apprend que dans les derniÚres lignes ça dégénÚre pas mal. Donc il y a toujous beaucoup de travail à ce niveau malgré les apparences. 

Oui. Les Uchiha et les Senju ont eu le temps de « s’apprivoiser » durant la construction du village. Ce n’est pas le cas des nouveaux clans. Ils doivent apprendre Ă  cohabiter, et essayer de faire table rase du passĂ©. La haine est toujours prĂ©sente. Ces clans se font la guerre depuis l’époque d’Indra et Asura (presque 1000 ans). Cette unification ne semble pas ĂȘtre de tout repos pour les fondateurs. 

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Dans le chapitre précédent

Le village accueille de nouveaux habitants.

Les premiĂšres tensions apparaissent.

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CHAPITRE VI

L'ARBRE ÉLEVÉ ATTIRE LE VENT.

 

 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Tƍka Senju Ă©tait une femme flegmatique, ĂągĂ©e d’une vingtaine d’annĂ©es. Elle portait une longue chevelure brune, nouĂ©e en un chignon complexe au sommet de sa tĂȘte, laissant Ă©chapper quelques mĂšches. Cette coiffure Ă©tait enjolivĂ©e par trois kanzashis en argent, rappelant des senbons*. Ses yeux marrons, en amande, Ă©taient soulignĂ©s par un trait de khĂŽl, et ses lĂšvres recouvertes d’un rouge Ă  lĂšvres bordeaux foncĂ©.

 

Tƍka Ă©tait aussi une kunoichi ; la seule de son clan. Elle pouvait alors se permettre de porter des vĂȘtements prĂšs du corps et courts. Son kimono amarante, sans manches, Ă©tait agrĂ©mentĂ© par des jambiĂšres et protĂšges bras sombres, eux-mĂȘmes revĂȘtus de plaques mĂ©talliques. Enfin, un large obi* de couleur pĂȘche, venait ceinturer sa taille et fermer sa tenue avec Ă©lĂ©gance. Étant orpheline depuis l’ñge de huit ans, elle avait reçu l’aval, trĂšs spĂ©cial, de son ancien maĂźtre Butsuma, de fouler le champ de bataille. Afin de gagner sa croĂ»te et justifier sa place, Tƍka n’a eu de cesse de s’entraĂźner. 

 

Pourtant, rien ne l’a prĂ©destinĂ© Ă  devenir une guerriĂšre et conseillĂšre de premier plan. Les femmes ninjas Ă©taient rares, leurs missions consistaient bien souvent Ă  espionner et Ă  rĂ©colter des informations, au dĂ©triment de leurs vertus. La jeune fille s’était endurcie, Ă  la fois, pour faire face Ă  l’horreur du champ de bataille, et pour ne pas se dĂ©monter face aux regards et commentaires peu Ă©logieux de ses collĂšgues masculins. Elle devint une experte en illusions auditives et poisons.

 

Lorsque Hashirama prit le pouvoir, la kunoichi Ă©tait dĂ©jĂ  une guerriĂšre renommĂ©e. Son intelligence et ses analyses furent d’une aide prĂ©cieuse pour l’homme, alors novice. Bien sĂ»r, cette place avait fait jaser ; peu de shinobis acceptaient d’écouter une femme lorsqu’il s’agissait de parler stratĂ©gie. Son caractĂšre intransigeant lui valut d’ĂȘtre respectĂ©e par ses pairs. Malheureusement, c’est aussi ce qui les empĂȘche de l’approcher.

 

En ce jour de repos, la jeune femme se leva aux aurores pour aller aux terrains d’entraĂźnement. Elle avait placĂ© des cibles sur des arbres, au sol et suspendus aux branches, afin de s’exercer Ă  viser des cibles mouvantes. AprĂšs deux heures de travail acharnĂ©, elle sentit une personne s’approcher rapidement dans sa direction. En une fraction de seconde, elle se tourna et dĂ©gaina ses aiguilles, qu’elle tira au sol :

 

  • Pas mal ! Lança le nouveau venu, qui dĂ©via de sa trajectoire et sauta habilement sur un arbre.
  • Que viens-tu faire ici ? Demanda la kunoichi menaçante, sortant cette fois, un kunai* de sa jambiĂšre.
  • Tout doux ! Je t’ai entendu t’entraĂźner, je suis venu voir.
  • 

  • D’ailleurs, tu t’y prends mal, si je puis me permettre.
  • C’est comme ça qu’on s’entraĂźne Ă  viser et Ă  tirer.
  • Je suis un Uchiha, et nous sommes experts en lancĂ© d’armes !
  • Je sais qui tu es, Izuna Uchiha. Et je ne pense pas que tu aies quelque chose Ă  m’apprendre, conclut-elle froidement, avant de retourner Ă  ses cibles.
  • Ouille !

 

Izuna mima une attaque au cƓur, avant de descendre de l’arbre.

 

  • Alors c’est vrai ce qu’on raconte, Tƍka Senju est aussi froide que la glace !

 

La jeune femme l’ignora superbement et tenta de se concentrer, Ă  nouveau, sur ses cibles. Le jeune homme, derriĂšre elle, s’amusait Ă  commenter et Ă  lancer des onomatopĂ©es d’animaux lorsqu’elle s’apprĂȘtait Ă  tirer. AprĂšs plusieurs ratĂ©s, la kunoichi retourna finalement ses armes contre le nouveau venu, qui esquiva adroitement.

 

  • Vas-tu te taire ?!
  • Seulement si tu acceptes un duel avec moi !

AprĂšs un moment, elle soupira.

  • TrĂšs bien. Voici les rĂšgles : taijutsu et armes blanches. Pas de ninjutsu*, pas de genjutsu et
 Pas de sharingan.
  • Ça marche ! Je n’aurais pas besoin de mes yeux de toute façon !

 

Il n’en fallut pas plus pour la rendre furieuse. Ils se saluĂšrent respectueusement et firent un bond en arriĂšre. Ils se jaugĂšrent quelques secondes, et la femme fut la premiĂšre Ă  lancer les hostilitĂ©s. Ils dansĂšrent gracieusement enchaĂźnant les acrobaties ; Izuna esquivait les attaques pendant que son opposante le contraignait Ă  garder ses distances. AprĂšs un temps, le shinobi, finalement lassĂ©, lança plusieurs shurikens en l’air qu’il fit ricocher entre eux et qui retombĂšrent comme une pluie tranchante sur elle. In extremis, Tƍka se jeta sur le cĂŽtĂ©, prĂšs des arbres, afin de se mettre Ă  l’abri.

 

Aussi vif que l’éclair, Izuna enchaĂźna son combo, surprenant la combattante en apparaissant devant elle. Il la frappa d’un coup-de-poing, qu’elle contra miraculeusement avec ses protĂšges bras. Face Ă  la force de l’attaque, elle ne put Ă©viter de s’entailler Ă  la joue avec ses protections. Elle rĂ©pondit Ă  son tour avec un coup de genou entre ses jambes qu’il esquiva, le forçant Ă  reculer.

 

  • Ça, c’était dĂ©loyal !
  • Ça reste du taijutsu


 

La jeune femme se rua sur lui, tantƍ* en avant. Elle faisait habilement alterner sa lame d’une main Ă  l’autre, l’empĂȘchant de lire ses mouvements. Elle n’avait ni sa force, ni sa robustesse. En revanche, grĂące Ă  sa grande connaissance des poisons, elle avait longuement Ă©tudiĂ© le corps humain. Elle s’attela alors Ă  inciser les parties sensibles et handicapantes de son adversaire. Lorsque l’homme s’en rendit compte, il prit ses distances.

 

  • Tu es sacrĂ©ment maligne !
  • 


 

Izuna concentra son chakra sur ses pieds et bondit suffisamment haut, dĂ©cochant une multitude d’étoiles d’acier. Les lames fusaient de toutes parts. Le shinobi utilisait sa vitesse de rotation et le vent pour contrĂŽler les trajectoires de ses outils. Se sentant acculĂ©e, Tƍka utilisa une bombe fumigĂšne, empĂȘchant l’ennemi de la localiser, avant de se dĂ©placer et de lancer un fil mĂ©tallique en direction des chevilles de son adversaire. Elle tira d’un coup sec pour le faire descendre de son piĂ©destal. Grand mal lui en a pris. Izuna se laissa prendre au piĂšge avec plaisir, rĂ©duisant dangereusement la distance entre eux. Lui tombant souplement dessus, il initia un coup-de-poing qu’il arrĂȘta Ă  quelques centimĂštres de son visage.

 

 

  • Tu as perdu.

 

Fin du combat. Izuna en sortit victorieux. Il aida la jeune femme Ă  se relever.

 

  • Tu te dĂ©brouilles bien, mais comme je te l’ai dit, tu as des lacunes en

  • C’est comme ça que l’on m’a appris !
  • Je peux t’apprendre deux ou trois astuces si tu le souhaites.
  • Non, merci, rĂ©pondit-elle sĂšchement, retournant ramasser ses armes de jet.
  • Oh, allez ! Tu seras bien plus forte aprĂšs ça !
  • 

  • Ah, je sais, c’est parce que je suis un Uchiha, c’est ça ?
  • Cela n’a rien Ă  voir !
  • Alors pourquoi refuses-tu ?
  • 
 J’ai l’habitude de m’entraĂźner seule. Aurevoir !
  • Oh aller, c’est plus marrant Ă  deux !
  • N’y a-t-il pas de kunoichis Ă  enquiquiner dans ton clan ?!
  • Malheureusement non, les femmes ninjas sont extrĂȘmement rares, et la plupart du temps, pas aussi jolie que toi, avoua-t-il, entrant dans son espace vital.

 

Il eut le souffle coupĂ©. La jeune femme lui assĂ©na un coup-de-poing au ventre. Cette fois, elle ne l’avait pas loupĂ©.

 

  • TrĂšs bien, demain Ă  5 heures. Ici. Ne sois pas en retard, Uchiha !

 

Tƍka quitta le terrain d’entraünement, satisfaite.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Izuna croisa son frĂšre en rentrant au quartier Uchiha. Il l’avait quittĂ© la veille au soir aprĂšs un aprĂšs-midi de paperasse ennuyeuse et urgente demandĂ©e par le Conseil des Anciens.

 

  • OnÄ«san, tu n’as pas l’air dans ton assiette.
  • J’ai travaillĂ© toute la nuit.
  • Pourquoi ne m’avoir rien dit ? J’aurais pu rester avec toi et nous aurions fini plus vite !
  • Ce n’est pas ton rĂŽle !
  • Techniquement, je suis ton assistant et

  • Techniquement, je suis le chef de clan et je dĂ©cide, point final.
  • Hm, pas dans ton assiette et de mauvais poil avec ça, je sens que ça va ĂȘtre une journĂ©e fantastique, rĂ©pondit le cadet, avec sarcasme.
  • As-tu entendu les rumeurs, Izuna ? Interrogea l’aĂźnĂ©, changeant de sujet.
  • À propos de quoi ?
  • De la supposĂ©e malĂ©diction de notre clan
 Depuis l’incident au centre du village, nous sommes montrĂ©s du doigt. On nous dĂ©signe comme un clan instable et fou.

 

Le cadet Ă©tait furieux. Il avait refusĂ© l’alliance avec les Senju, mais pour son frĂšre, il accepta de faire profil bas. Il s’était mĂȘme surpris Ă  apprĂ©cier la compagnie d’Hashirama et de certains autres membres de son clan. La construction du village avait apaisĂ© sa haine bien ancrĂ©e. Il savait qu’il y aurait tĂŽt ou tard des frictions, mais il ne pensait pas que l’on dĂ©signerait son clan coupable alors que les Senju et les Kurama Ă©taient les premiers impliquĂ©s. Il fit subitement demi-tour et courut en direction du palais, laissant son frĂšre qui l’appelait, en plan.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Parcourant les étages quatre à quatre, Izuna arriva devant le bureau des fondateurs. Sans prendre la peine de se faire annoncer, il ouvrit les portes coulissantes avec fracas, ne se souciant guÚre des personnes présentes.

 

  • Il faut qu’on parle ! Hurla-t-il fou de rage, sharingan activĂ©.
  • Recule-toi maintenant ! Se leva subitement Tobirama, tentant de le retenir.
  • Pousse-toi, je dois parler avec ton frĂšre !

 

Le regard courroucĂ© de l’Uchiha fixait Hashirama, sans sourciller.

 

  • Laisse-le, indiqua l’aĂźnĂ© Senju qui s’était levĂ© de son bureau.
  • Vous ne dites rien ?!
  • 

  • On traĂźne notre nom dans la boue, et vous ne dites rien ?!

 

Hashirama resta silencieux.

 

  • Nous sommes un clan maudit Ă  ce qu’il paraĂźt ! Nous sommes fous ! Instables ! Nous ne sommes pas dignes de confiance !
  • 

  • C’était ça, votre plan ? Nous donner une illusion de paix pour mieux nous exterminer aprĂšs ?!
  • Jamais de la vie ! Mon seul plan a toujours Ă©tĂ© la paix, rĂ©pondit enfin Hashirama.
  • Alors, pourqu

  • J’ai entendu ces rumeurs, mais elles sont infondĂ©es. Ne laissez pas ces mots vous atteindre. Le chemin est encore long et les prĂ©jugĂ©s demeurent, il faut du temps pour guĂ©rir les blessures, Izuna.
  • 
 Tsk
 Nous sommes les fondateurs ! Sans nous, il n’y aurait pas eu ce village !! TĂąchez de ne pas l’oublier ! Menaça l’Uchiha en quittant le bureau, fou de rage.

 

Hashirama se rassit sur sa chaise. Il souffla pensif.

 

  • Il faut trouver une solution et vite !
  • À quoi ? Ces rumeurs sont fondĂ©es.
  • Tobirama, ce n’est pas le moment !
  • Anija ! Cet homme vient de le confirmer ! Un jour ou l’autre, ils nous trahiront !
  • VoilĂ  exactement le genre de remarque qui rendrait fou n’importe qui ! Intervint une voix.

 

Dans l’encadrure des portes du bureau mal fermĂ©es, se dessinait la silhouette de Sasuke Sarutobi.

 

  • MaĂźtre Sarutobi, quelle surprise ! Lança Hashirama en se levant et lui prĂ©sentant une chaise face Ă  son bureau.
  • Merci mon garçon. Laissez-moi vous apprendre une chose ou deux. La paix nĂ©cessite de faire des concessions et sa base doit ĂȘtre solide comme du rock. L’honnĂȘtetĂ© et la loyautĂ© doivent ĂȘtre les piliers de ce village !

 

Les deux jeunes shinobis, baissĂšrent la tĂȘte, coupables. Le vieil homme, ravi de son effet, poursuivit :

 

  • Si vous ne faites pas taire ces rumeurs, vous distillerez la mĂ©fiance au sein des Uchiha, et la paix sera alors rompue.

 

Tobirama se sentait honteux d’avoir Ă©tĂ© dĂ©couvert par le vieux singe. Contrairement Ă  son frĂšre, il n’avait pas la capacitĂ© de mettre de cĂŽtĂ© sa haine aussi facilement. Les souvenirs de ses nombreuses escarmouches avec les Uchiha, et ses jeunes frĂšres morts de la main de ces derniers, avaient du mal Ă  s’effacer. Il faisait de nombreux sacrifices pour le bien de son frĂšre, car il croyait en la paix, mais il ne pouvait ignorer la dangerositĂ© que reprĂ©sentait ce clan. Les Ă©carter aprĂšs un temps Ă©tait le seul moyen pour lui de protĂ©ger son frĂšre bien-aimĂ©, ainsi que son rĂȘve.

 

  • Pourquoi ne pas organiser une rĂ©union entre chefs de clans ? Proposa finalement Hashirama.
  • Oui, mettre les points sur les i et s’accorder Ă  Ă©duquer nos clans respectifs, seraient un bon moyen de redĂ©marrer sur de bonnes bases, encouragea Sasuke.
  • TrĂšs bien, dans ce cas, je vais voir Madara. Tobi, tu t’occupes des autres clans. Disons-nous pour demain matin afin de laisser tout le monde se prĂ©parer !

 

Les trois hommes acquiescÚrent et se séparÚrent sur cette discussion.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Habu Hagoromo admirait son armure flamboyante, fraĂźchement nettoyĂ©e. Il pensait au massacre qu’il allait commettre, bientĂŽt. Le clan s’était rĂ©uni quelques jours auparavant, pour convenir d’une attaque de front sur le nouveau territoire unifiĂ©. Des bombes artisanales, fumigĂšnes et parchemins piĂ©gĂ©s, destinĂ©s Ă  faire des centaines de victimes, avaient Ă©tĂ© fabriquĂ©s en masse. Les Hagoromo avaient confiance en leur capacitĂ© et en leur chef. Les mercenaires, vassaux du clan, se tenaient prĂȘts. Ces derniers Ă©taient, pour la plupart d’entre eux, de formidables combattants.

 

En ce jour de printemps, ils Ă©taient tous rĂ©unis devant le village Hagoromo, genoux Ă  terre et tĂȘtes inclinĂ©es vers le sol, signe de respect pour leur leader.

 

  • Aujourd’hui est un grand jour. La fin de ces maudites merdes aux sharingans et ces faiblards Senju a sonnĂ©, commença le vil chef.

Un silence religieux. Marchant entre ses guerriers, il les observait, les jaugeait.

  • N’aillez aucune hĂ©sitation ! Aucune peur ! Ne perdez pas votre temps ! Attaquez pour tuer, simplement ! Si je vois l’un d’entre vous hĂ©siter, avoir ne serait-ce qu’une once de peur, je vous arracherais la tĂȘte Ă  mains nues !!

Certains déglutissaient nerveusement et transpiraient de peur. D'autres se sentaient galvanisés. Habu savait se montrer convaincant.

  • Gloire aux Hagoromo !! S’égosilla Habu, levant sa faux en l’air.
  • Gloire aux Hagoromo !! HurlĂšrent de concert les guerriers.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Avant mĂȘme de franchir le territoire de la coalition, les sentinelles distinguĂšrent un groupe armĂ©, approchant Ă  vive allure, sans chercher Ă  se cacher. Ils tentĂšrent de sonner l’alerte, mais furent coupĂ©s, littĂ©ralement, par une rafale de vent tranchante. Le groupe continua sur sa lancĂ©e en tirant des armes de jet aux parchemins piĂ©gĂ©s sur les arbres et sur leurs victimes, qui tombaient comme des mouches.

 

Habu, Ă  la tĂȘte du groupe et Ă©quipĂ© de sa faux, lançait des attaques de vent en masse perforant les dĂ©fenses adverses et Ă©voluant plus profondĂ©ment sur le territoire ennemi. La sensation de bien-ĂȘtre l’envahissait. L’adrĂ©naline ne cessait de monter, elle lui donnait des ailes ! Une ligne de guerriers se forma brusquement devant lui :

 

  • Le rempart de terre ! CriĂšrent-ils en cƓur, Ă©rigeant une grande muraille de terre freinant l’évolution des attaquants, malgrĂ© les nombreux kunais et shurikens piĂ©gĂ©s.

 

En rĂ©ponse, les Hagoromo se sĂ©parĂšrent en groupes distincts, s’éparpillant dans diffĂ©rentes directions. Le groupe d’Habu, composĂ© d’une cinquantaine de guerriers, faisait maintenant face Ă  l’impressionnante muraille.

 

Quelques secondes d’un silence lourd, comme si le temps s’était arrĂȘtĂ©

 

  • Raaaahhhhhhh !!

 

PossĂ©dĂ©s par une rage diabolique, les Hagoromo s’élancĂšrent, armes en avant, grimpant l’intimidant rempart, sous les yeux satisfait de leur leader.

 

  • Boule de feu suprĂȘme !

 

Surgissant par surprise au sommet de la muraille, la coalition n’avait pas dit son dernier mot. Cette attaque brĂ»la tous les Hagoromo Ă  sa portĂ©e.

 

Habu s’était rĂ©ceptionnĂ© sur une branche d’arbre haute, observant la contre-attaque s’organiser.

 

  • Pas mal du tout
 Mais ça ne nous stoppera pas ! Vermisseaux ! Hahahaha !

 

Il sauta si haut qu’il traversa en quelques secondes la distance le sĂ©parant de ses chers ennemis. Il atterrit souplement sur le mur, refoulant les attaques avec son arme. Il s’attarda sur le sommet de la muraille, Ă©liminant les shinobis et permettant Ă  ses hommes de finir de grimper sans encombre. Il jeta un Ɠil en contrebas.

 

  • Regardez-moi ces petits vermisseaux s’agiter ! Hahaha !

 

Le monstre se jeta alors au sol, arme en avant, atterrissant dans un grand fracas et dispersant les guerriers adverses. Habu entama alors une danse macabre, rompant, coupant, déchiquetant les malheureux à sa portée.

 

NĂ©anmoins, un miraculĂ© s’échappa discrĂštement, prenant la direction du village, dans l’espoir de porter la nouvelle.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Aux abords du village paisible, les gardes baillaient. Ils attendaient avec impatience la fin de leur service, réfléchissant à leurs diners et à leurs activités.

 

  • On m’a demandĂ© de m’occuper de deux nouveaux chimpanzĂ©s. Ils m’en font voir de toutes les couleurs

  • Oh, c’est gĂ©nial ! Partout, au village, les enfants parlent de vos singes. MĂȘme mes fils cherchent Ă  en voir.
  • Hahaha ! Nos enfants ont du mal Ă  se contenir, ils adorent ces animaux aussi.
  • Peut-ĂȘtre que je devrais amener mes
.
  • Nous
Nous sommes attaquĂ©s !!

 

Les gardes se mirent en position de défense.

 

  • Nous sommes attaqu

  • Entends-tu ça ?
  • Oui, mais je ne comprends rien !

 

Au loin, la silhouette, de plus en plus claire, d’un shinobi se dessinait. Il semblait blessĂ©.

 

  • Reste ici, je vais aller voir !

 

En approchant, il dĂ©couvrit avec horreur l’une des sentinelles des postes d’avant-gardes, tituber, couvert de multiples entailles.

 

  • Ehh ! Tiens bon ! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
  • Nous sommes attaquĂ©s !!! RĂ©vĂ©la-t-il, avant de s’évanouir.

 

Au village, certains habitants s’approchĂšrent curieusement. À la vue du combattant Ă©vanouis, ils commencĂšrent Ă  s’enfuir, propageant l’information. Les shinobis prĂ©sents sur les lieux tentĂšrent d’apaiser la foule, pendant qu’un autre portait la nouvelle au QG.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Un garde entra dans le bureau oĂč se dĂ©roulait la premiĂšre rĂ©union des six clans. Il s’annonça avant de rĂ©vĂ©ler la nouvelle, Ă  son tour :

 

  • MaĂźtres, nous sommes attaquĂ©s !
  • Nous n’avons rien entendu !!

 

Le territoire Ă©tait protĂ©gĂ© par un systĂšme de cloches. Ces derniĂšres, fixĂ©es aux postes d’avant-garde, permettaient d’ĂȘtre entendues Ă  des kilomĂštres, lorsqu’elles sonnaient.

 

  • Ce sont les Hagoromo, leurs techniques de vent ont tout dĂ©truit !
  • OĂč se trouvent-ils ? Demanda Shinku.
  • Je n’ai pas plus d’information. Il n’y a qu’un shinobi qui est revenu. Il vient du poste Ouest. Il a Ă©tĂ© conduit Ă  l’hĂŽpital.

 

Il n’en fallut pas plus pour que les chefs sortent rapidement se prĂ©parer et hurler les premiers ordres. Les civils furent sommĂ©s de rentrer chez eux et de rester cloĂźtrĂ©s. Hashirama et Madara convergĂšrent directement en direction de l’ouest, l’endroit d’oĂč venait la victime. Tobirama et Izuna, accompagnĂ©s d’un groupe, prirent le chemin qui conduisait Ă  la limite de leur territoire, prĂšs de la riviĂšre Naka. Sasuke et Asuma bifurquaient Ă  l’opposĂ©, Ă  l’est. Enfin, trois groupes de shinobis menĂ©s par les leaders Kurama, Yuhi et Hatake entourĂšrent le village en trois points, afin de le dĂ©fendre.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Tobirama et Izuna Ă©voluaient dans la vaste forĂȘt, atteignant les limites de leur territoire, lĂ  oĂč continuait de s’écouler la riviĂšre Naka. BientĂŽt, ils tombĂšrent nez Ă  nez avec des enfants armĂ©s jusqu’aux dents et couverts d’un Ă©trange plastron blanc qui jurait avec la couleur de leurs armures. Pourtant, ces enfants ne semblaient pas vouloir se battre, ils se jetaient simplement sur eux. AprĂšs quelques Ă©changes de coups, Izuna hurla :

 

  • À couvert !! Ce sont des kamikazes* !!

 

Ses sharingans avaient percĂ© le sceau invisible sur l’armure et permis de donner l’alerte pour ceux qui pouvaient encore y Ă©chapper. Une premiĂšre dĂ©flagration se fit entendre, emportant hommes et vĂ©gĂ©tation.

 

  • Tobirama, il faut les isoler et les dĂ©sarmer ! Utilise tes techniques d’eaux !
  • Ne me donne pas d’ordre, je sais ce que j’ai Ă  faire !

 

Le shinobi aux cheveux blancs crĂ©a alors de multiples clones de lui-mĂȘme, qui composĂšrent de concert, une sĂ©rie de signes :

 

  • Technique de la prison aqueuse !

 

Les enfants Ă  sa portĂ©e, furent enfermĂ©s dans des piĂšges aqueux. D’autres guerriers utilisaient leurs techniques afin de contenir les assaillants. Le but Ă©tant de les empĂȘcher de se tuer ; ils Ă©taient une mine d’informations prĂ©cieuses pour le village.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Aprùs plusieurs minutes de manƓuvres, le groupe soufflait enfin, ravi d’avoir pu stopper les mouvements ennemis.

 

  • Des enfants kamikazes
 MĂȘme nous, on ne fait pas ça ! Lança un guerrier, choquĂ©.

 

đŸ’„đŸ’„đŸ’„đŸ’„đŸ’„

 

Soudain, une chaüne d’explosion retentie, balayant toute la zone.

 

Tobirama se releva le premier. LĂ©gĂšrement assommĂ©, ses sens encore engourdis, il s’efforça de rester Ă©veiller. Devant lui, tout n’était que ruine, morts et dĂ©solation. L’eau si claire, Ă©tait dĂ©sormais parsemĂ©e de rochers, tronc d’arbres, cadavres et de sang. Titubant, il se dĂ©pĂȘcha de venir en aide aux shinobis encore en vie.

 

  • Eh Izuna, debout ! Il y a peut-ĂȘtre d’autres ennemis dans le coin !
  • Les Hagoromo sont dĂ©finitivement cinglĂ©s, murmura un guerrier, tentant de se relever.
  • Raison de plus pour les stopper et les annihiler dĂ©finitivement ! RĂ©pondit Izuna, furieux.

 

Parmi les kamikazes, aucun n’avait survĂ©cu. Bien vite, les guerriers rĂ©alisĂšrent que les bombes artisanales avaient Ă©tĂ© fabriquĂ©es avec un limitateur. Si les bombes n’étaient pas enclenchĂ©es manuellement, elles finissaient, tĂŽt ou tard, par exploser.  

 

Afin de ne pas s’attarder dans la zone, le groupe se divisa. Pendant qu’on rapatriait les corps, d’autres se sĂ©paraient Ă  la recherche d’ennemis. Tobirama sortit un rouleau duquel il invoqua un set de quatre Ă©tranges bambous.

 

  • Ce sont des bambous de foudre, utilisez-les en les pointant vers le ciel pour lancer l’alerte en cas d’autres attaques.

 

Sur ces mots, le groupe se sépara.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Du cĂŽtĂ© Est, Asuma s’enfonçait dans les bois. Les singes du clan se mouvaient d’arbre en arbre Ă  ses cĂŽtĂ©s. Il Ă©tait suivi de prĂšs par Sasuke et son groupe. Sans tarder, ils arrivĂšrent au beau milieu d’une clairiĂšre parsemĂ©e de grands arbres, ici et lĂ . Étrangement, il n’y avait pas Ăąme qui vive.

 

  • Il n’y a rien, jugea un combattant un peu trop tĂ©mĂ©raire.
  • Justement, c’est trop calme, rĂ©pondit Asuma, sentant le danger.

 

 Il scrutait le terrain en quĂȘte du moindre indice.

 

  • Oui, ils sont lĂ  et ils nous encerclent, informa calmement Sasuke.

 

Tout le monde Ă©tait sur le qui-vive, scrutant le ciel, le sol, les arbres, et mĂȘme attentif au moindre bruissement de feuille.

 

  • Formation en cercle dos Ă  dos ! Ordonna le vieux singe.

 

InstantanĂ©ment, Sasuke lança une attaque devant lui transformant la terre en mare boueuse, levant alors le camouflage ennemi et dĂ©butant les hostilitĂ©s. Les mercenaires s’élancĂšrent sur le groupe, prenant chacun un ou deux combattants adverses.

 

Sasuke Sarutobi, malgrĂ© ses quatre-vingts printemps, Ă©tait aussi agile et rapide qu’un singe. Ses sens aiguisĂ©s lui permirent d’identifier la technique « camouflage dans la roche » et de perturber la concentration de celui qui la maintenait. Ceux qui se jetĂšrent sur lui, piĂ©tinĂšrent la mare boueuse, se rendant compte tardivement, de la nature de la technique « marĂ©cages des limbes » qui les engloutie entiĂšrement.

 

De son cĂŽtĂ©, une jeune kunoichi du clan Yuhi se dĂ©fendait contre un imposant mastodonte. Il frappait fort, et la jeune femme esquivait ses coups facilement. Elle finissait de grimper Ă  un arbre et se jeta sur lui, atterrissant souplement sur ses Ă©paules. Elle utilisa les bandages, enroulĂ©s autour de ses avant-bras, pour l’étrangler. Une fois le mercenaire Ă  genoux et lĂ©gĂšrement sonnĂ©, elle se rĂ©ceptionna devant lui :

 

  • Puissante illusion distordue !

 

AussitĂŽt, l’assaillant se retrouva enfermĂ© dans une illusion oĂč il se voyait enchaĂźnĂ© par les racines d’un arbre, jusqu’à ĂȘtre totalement absorbĂ©. La guerriĂšre profita de ce moment pour lui porter un coup de kunai mortel Ă  la carotide.

 

Pas le temps de souffler. Elle se retourna pour contrer un autre malfrat, qui venait juste de tuer un membre de son groupe. Elle fit un bond en arriùre et tenta de l’enfermer dans une illusion, à son tour.

 

  • Les terribles genjutsus des Yuhi, complimenta le mercenaire avec un sourire mauvais.
  • Tsk

  • Le problĂšme, c’est qu’ils ne valent pas ceux des Uchiha, hahaha !

 

La Yuhi esquivait habilement ses attaques, l’entaillant parfois, et usant intelligemment de son environnement. Mais cette danse dura trop longtemps, au point oĂč elle se retrouva essoufflĂ©e. Elle fut prise de court lorsqu’elle ses pieds s’emmĂȘlĂšrent dans des branches tombĂ©es d’un arbre. Elle sentait sa fin arriver lorsqu’Asuma surgit derriĂšre l’ennemi et lui donna un violent coup Ă  la tĂȘte avec ses lames de chakra.

 

  • Reste sur tes gardes, ce n’est pas fini !

 

La jeune femme acquiesça, se releva et retourna au combat.

 

AprÚs presque une heure de lutte acharnée, les derniers mercenaires Hagoromo rendaient leurs derniers souffles. Bien que cela fut une victoire, elle était amÚre pour le groupe. Les guerriers, silencieux, se recueillaient sur les dépouilles de leurs frÚres tombés, tentant de refouler leurs rages.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Hashirama et Madara arrivĂšrent enfin sur le champ de bataille et ils constatĂšrent avec effroi la monstrueuse hĂ©catombe performĂ©e par le shinigami Hagoromo. Ce dernier se tenait fiĂšrement au sommet d’une pile de cadavres nettoyant sa lame ensanglantĂ©e. Il les attendait.

 

  • Les deux imbĂ©ciles heureux !!
  • 

  • On raconte que vous ĂȘtes en couple ! Hahahaha !!
  • Tu as assez fait de dĂ©gĂąts comme ça, Habu. Sonne le retrait de tes troupes, maintenant ! Nous avons l’avantage du terrain et du nombre, ordonna un Hashirama devenu blĂȘme.
  • Je ne parle pas avec les faibles


 

Le monstre se tourna alors vers le leader Uchiha.

 

  • Je suis Ă©tonnĂ© de toi, Madara. Je croyais que tu Ă©tais comme moi. Le combat avant tout !!
  • Les temps changent


 

Sans attendre, Madara s’élança sur son nouvel adversaire. Toute sa colĂšre et sa frustration contenues se dĂ©versĂšrent sur lui. Un combat ahurissant, mĂȘlant taijutsu et ninjustu se dĂ©roulait devant les yeux d’innombrables shinobis du village. Beaucoup Ă©taient admiratifs de sa force, d’autres furent renforcer par un sentiment de crainte. Hashirama se concentra sur les soins et l’évacuation des guerriers vers le village. Il dĂ©cida de laisser son ami se dĂ©chaĂźner, il en avait besoin.

 

Les cliquetis des armes s’entrechoquaient inlassablement. Parfois, l’odeur mĂ©tallique du sang envahissait les narines, des bruits sourds de corps tombant au sol, ou le craquement des os se faisaient entendre. Alors que le champ de bataille Ă©tait plus actif que jamais, un serpent blanc gigantesque fit son apparition. Ce dernier provoqua l’horreur et la fuite dans les deux camps, lorsqu’il se mit Ă  gober les cadavres, et les malheureux encore en vie. Au sommet de sa tĂȘte, trĂŽnait fiĂšrement le leader Hagoromo.

 

  • Il n’y a pas Ă  dire, tu es devenu un vrai monstre, Madara ! Ces yeux
 Ce ne sont pas les sharingans, n’est-ce pas ?
  • 

  • TrĂšs bien ! Laisse-moi te prĂ©senter le roi des Serpents ! Hahahaha ! Peu importe tes techniques, tu ne peux rien face Ă  lui ! Amuse-moi encore un peu !
  • Comme tu voudras


 

Sa colĂšre se muait dangereusement en folie. Un sourire machiavĂ©lique naquit sur ses lĂšvres. Le leader Uchiha semblait transformĂ©. Son chakra, habituellement bleu clair, s’assombrit, devenant dense. Son Ɠil se mit Ă  saigner abondamment, et un squelette se forma autour de lui. BientĂŽt, l’invincible armure Susanƍ fit son apparition.

 

  • Su
 Susanƍ ?!
  • 
 Qui a-t-il, Habu ? Tu sembles inquiet

  • J’en ai entendu parler, mais je ne pensais pas que tu avais une maĂźtrise aussi poussĂ©e de ton dƍjutsu !

 

Ce fut le dĂ©but d’un combat impitoyable aux ravages titanesques. Aucun des combattants ne lĂąchait. Madara avait fini de s’amuser. Les lames du samouraĂŻ de chakra battaient le sol dans le but d’empaler la crĂ©ature visqueuse. Cette derniĂšre, rapide et souple Ă©vitait les attaques, tout en avançant vers son adversaire. Lorsqu’enfin elle atteignit sa cible, elle s’enroula autour du guerrier gĂ©ant, tentant de l’immobiliser.

 

  • Amaterasu !

 

L’autre Ɠil de l’Uchiha saigna. InstantanĂ©ment, les mythiques flammes noires prirent d’assaut le gigantesque serpent blanc, qui se tortilla avant de relĂącher sa proie. Habu Ă©chappa Ă  cette attaque, miraculeusement.

 

  • Toujours en vie, Habu ?
  • 
Tsk


 

AprĂšs quelques secondes, Madara dĂ©cida d’éteindre ses flammes. La carcasse du monstre gisait au pied du Susanƍ.

 

  • Qu’est-ce que je vais faire de toi, hum ?

 

Il annula son armure et s’élança sur son adversaire. C’est Ă  ce moment, que le sol se fragmenta et que la carcasse du serpent fondit. La grande gueule bĂ©ante du monstre surgit de sous-terre, dans l’espoir de l’avaler.

 

  • Pauvre imbĂ©cile ! Les serpents muent, trĂšs cher  ! Haha !
  • C’est tout ce que tu as ?

 

Le serpent blanc fut Ă  nouveau immobilisĂ©. Sur ses rĂ©tines s’imprimaient dĂ©sormais trois tomoes*, signe distinctif du sharingan. Madara se rĂ©ceptionna nonchalamment sur la tĂȘte du serpent, dĂ©fiant l’ancien maĂźtre. Revanchard, il obligea l’animal Ă  utiliser son panel de techniques empoisonnĂ©es contre son propre invocateur. MalgrĂ© ses techniques de vent, Habu fut touchĂ© par l’animal. Le venin de ce monstre d’écaille Ă©tait violent. Madara, du haut de sa tour d’ivoire, observait l’homme se dĂ©fendre, attaquer, jusqu’à diminuer. AprĂšs plusieurs minutes qui semblĂšrent des heures, le quadragĂ©naire tomba Ă  genoux. Son chakra Ă©tait Ă©puisĂ© et sa faux brisĂ©e.

 

  • Une derniĂšre volonté ? Demanda un Madara hautain et supĂ©rieur.
  • Ma
Ma volonté  Ne
 Ne s’éteindra pas, gamin
 Mes fils
 Mes
 Ils continueront mon travail
 Jus
 Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de vous !!!

 

Alors que le chef Uchiha s’apprĂȘtait Ă  sonner le glas de sa vie, il fut arrĂȘtĂ© par des piliers de bois qui l’encerclĂšrent.

 

  • Non, Madara ! Nous avons besoin de lui en vie !
  • Pourquoi faire ? Tu crois que les Hagoromo ont quelque chose Ă  nous apprendre ?!
  • Jetons-le dans nos cachots et dĂ©cidons plus tard. L’essentiel est d’arrĂȘter le massacre !

 

Pour toute rĂ©ponse, Madara fit apparaĂźtre un bras armĂ© squelettique fait de chakra, qui trancha nette la tĂȘte de l’animal gĂ©ant. Il tourna le dos Ă  son ennemi.

C’est ainsi qu’Habu Hagoromo fut enchaĂźnĂ© et traĂźnĂ© fiĂšrement, comme un trophĂ©e de guerre au village nouvellement formĂ©.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Devant les portes du village, un groupe d’ennemis courait Ă  vive allure. Il s’approchait, mais n’était pas en mesure de voir le village, seulement l’attroupement. Les Kurama et les Yuhi avaient combinĂ© leurs techniques afin de camoufler le village.  

 

  • Cible en approche ! Indiqua un Uchiha Ă  ShĂšn.
  • Bien ! L’ennemi utilise essentiellement des techniques de vent et des parchemins explosifs. Messieurs, prĂ©parez-vous au combat !

 

Lorsque l’ennemi fut Ă  moyenne distance, les shinobis protecteurs s’engagĂšrent au corps-Ă -corps. Les ennemis n’étaient pas nombreux, mais ils Ă©taient forts. Cela promettait une longue et pĂ©nible bataille.

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Modifié par Mereoleona
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  • 2 weeks later...

 

Dans le chapitre précédent

Les Hagoromo passent à l’attaque.

La coalition entre en scĂšne.

 

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CHAPITRE VII

L'ARBRE APRÈS LE VENT EST ROBUSTE...

 

 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Les rues du village avaient Ă©tĂ© dĂ©sertĂ©es. Les cris et rires d’enfants s’étaient estompĂ©s, laissant place aux bruits de pas lourds et pressĂ©s, qui allaient et revenaient sans cesse. Sarutobi Ran avait pris le contrĂŽle de la situation en main. À ses cĂŽtĂ©s, quelques guerriers et civils compĂ©tents s’étaient organisĂ©s pour protĂ©ger et calmer la population. 

Lorsque l’alerte fut officiellement sonnĂ©e, les villageois s’étaient affolĂ©s. Les enfants et les personnes fragilisĂ©s Ă©taient envoyĂ©s au QG, l’endroit le plus Ă©loignĂ© des portes. En complĂ©ment des guerriers, les primates du clan Sarutobi s’étaient Ă©parpillĂ©s pour se positionner sur les structures les plus hautes du village, afin d’y monter la garde. Le chef Hatake avait laissĂ© derriĂšre lui son escouade de chiens traqueurs qui patrouillaient au sol. Dans chaque quartier, les habitants, anxieux, se rassemblaient dans les grandes maisons principales et patientaient.

 

Aux portes du village, des tentes de fortune avaient Ă©tĂ© levĂ©es. Mito, accompagnĂ©e de Hiyori et Ritsuko, filtraient et redirigeaient les retours des combattants, afin de ne pas engorger l’hĂŽpital. L’Uzumaki, comme tous les membres de son clan, Ă©tait douĂ©e dans l’art du fĆ«injutsu*. Elle l’utilisait judicieusement pour sceller, temporairement, les blessures nĂ©cessitant des soins importants et urgents.

 

Ritsuko pratiquait sur les blessĂ©s lĂ©gers, la technique de la « paume mystique », enseignĂ©e par son amie rousse Ă  certaines femmes du village. Bien que cette maĂźtrise fĂ»t rĂ©putĂ©e relativement basique, elle sollicitait un contrĂŽle prĂ©cis de son chakra. En complĂ©ment, elle appliquait des bandages et pansements aux combattants n’ayant pas besoin d’aller Ă  l’hĂŽpital dans l’immĂ©diat.

 

Enfin, trĂšs Ă  l’écart des autres tentes accueillant les blessĂ©s, Hiyori s’occupait des hĂ©ros tombĂ©s au combat. Elle avait pour rĂŽle, dĂ©licat, de rendre prĂ©sentable les dĂ©funts. Elle tenait une liste dans laquelle Ă©taient rĂ©pertoriĂ©s leurs prĂ©noms, lorsqu’ils Ă©taient connus, leurs clans d’appartenance et la tranche d’ñge. Tout cela afin de faciliter et guider les familles, le moment venu.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Pendant ce temps, Ă  l’extĂ©rieur du village, ShĂšn rĂ©sistait afin de contenir l’illusion intacte. Juste devant les portes du village, elle s’était assise en tailleur, formant et maintenant le mudrā* de la chĂšvre. Elle parvenait Ă  rester concentrĂ©e sur sa tĂąche, tout en dirigeant son groupe. Elle Ă©tait assistĂ©e de deux combattants, qui lui rapportaient les nouvelles du front.

 

ShĂšn Ă©tait une dame ĂągĂ©e d’une cinquantaine d’annĂ©es, au visage strict et tatouĂ© d’une fleur de lotus rouge au centre de son front. Ses yeux noirs, sans pupilles, semblaient toujours vides, ce qui lui valut sa rĂ©putation de femme intimidante ; car il Ă©tait impossible d’y lire la moindre parcelle d’émotion. Sa longue chevelure noire Ă©tait habituellement coiffĂ©e en un haut chignon soutenu par un long kanzashi. Toutefois, sur le champ de bataille, elle lĂąchait ses cheveux pour les unir en une natte en leurs bouts, le tout surmontĂ© par un chapeau conique en bambou, cachant une grande partie de son visage Ă  ses adversaires. Elle portait une longue et ample qipao*, de couleur verte forĂȘt, rattachĂ©e par un ornement dorĂ© au niveau du col. Ses manches larges et longues lui offraient la possibilitĂ© d’y cacher toutes sortes d’objets contondants, ainsi que de former des signes sans ĂȘtre vue.

 

  • Dame ShĂšn, l’ennemi a percé notre dĂ©fense sur le cĂŽtĂ© est !
  • Quelles sont les capacitĂ©s de l’ennemi ?
  • Il utilise des chakrams* de vent et de feu, et des parchemins explosifs ! Nous n’avons pas d’autres possibilitĂ©s que la dĂ©fense, et mĂȘme nos

  • Il a compris. Il cherche Ă  m’approcher

  • 
 Que devons-nous faire, maĂźtre ?
  • Renforcez vos dĂ©fenses autour de moi, laissez-les s’approcher, nous allons les prendre au piĂšge dans un genjutsu !

 

TrĂšs vite, les combattants se repliĂšrent en position de dĂ©fense. Ils s’éloignaient de l’ennemi tout en resserrant leurs rangs. Les shinobis Kurama et Yuhi se plaçaient autour de leur cheffe, se prĂ©parant Ă  lancer des illusions en masses.

 

Des murs de terre et d’eau s’érigeaient et des lignes de feu se traçaient. La coalition cherchait Ă  dĂ©limiter et Ă  freiner l’invasion.

 

  • Dame ShĂšn, ils savent que nos illusions ne se dĂ©clencheront qu’au contact visuel
 Le piĂšge va se retourner contre nous ! Il y a beaucoup trop de morts de notre cĂŽté ! DĂ©sormais, nous sommes en sous-nombres et nous

  • Vas-tu te taire ?! Menaça le leader.

 

La noble dame se leva et hurla ses derniers ordres avant l’arrivĂ©e de l’ennemi.

 

  • Écoutez-moi ! Ces imbĂ©ciles regarderont vos mains. C’est sur elles que vous devez reposer vos illusions ! Lorsqu’ils seront immobilisĂ©s, utilisez vos techniques les plus puissantes pour les tuer, sans tarder !

 

Les Kurama Ă©taient confiants, mais ce n’était pas le cas des autres shinobis. Ils acquiescĂšrent sans y croire.

 

  • Utiliser le genjutsu sur un champ de bataille
 Je n’ai jamais vu ça ! Murmura, dans sa barbe, un combattant.
  • On va tous y passer

  • Cette bonne femme n’a aucune expĂ©rience des champs de bataille
 Et Merde


 

Silence

 

Quelques secondes d’un silence angoissant, ponctuĂ© par des dĂ©glutitions nerveuses, des respirations de plus en plus rapides et des jambes de plus en plus tremblantes. Tout le monde se tenait prĂȘt à jouer sa partie.

 

  • Ils sont là ! Mima un Ă©claireur, lançant l’assaut.

 

ImmĂ©diatement, les utilisateurs de genjutsu composĂšrent leurs mudrās, mettant en Ă©vidence leurs mains, pendant que d’autres allaient au contact de l’ennemi, entrechoquant leurs armes. Le combat faisait rage, de nombreux morts Ă©taient Ă  dĂ©plorer. Le leader Kurama avait conscience que s’ils tombaient, le village serait massacrĂ© en grande pompe, sans Ă©gard pour les femmes et les enfants.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Sur le flanc ouest, le groupe de Yuhi Shinku se dĂ©battait, tant bien que mal. Tƍka faisait partie de cette unitĂ©. Elle s’était revĂȘtue de son armure rouge pour l’occasion, et performait son genjutsu auditif avec son instrument de musique de prĂ©dilection ; le shamisen*. La kunoichi s’était cachĂ©e en hauteur, sur les branches d’un arbre feuillu, restant Ă  distance de son groupe. Sa musique illusionnelle libĂ©rait des ondes sonores paralysantes ; quiconque entendait ses notes Ă©tait plongĂ© dans un Ă©tat d’hĂ©bĂ©tement.

 

Ainsi dissimulĂ©e, Tƍka avait une vue d’ensemble sur le champ de bataille. Elle ajustait la portĂ©e de ses techniques d’illusions, lorsque ses ennemis parvenaient Ă  se faufiler dans la zone qui la sĂ©parait de son groupe. Elle Ă©tait le dernier bastion qui protĂ©geait la muraille, momentanĂ©ment invisible, du village.

 

  • Tiens, tiens
 Je t’ai trouvĂ©, petit rat ! Entendit-elle.
  • Qu’est-ce que
 !!!
  • Il rĂ©siste Ă  mon genjutsu ! Comment est-ce possible ?! Plus important
 Je ne l’ai pas entendu, ni mĂȘme sentit s’approcher !!

 

La guerriĂšre se releva rapidement, cachant sa surprise. Son instrument sur le dos, elle s’élança, agilement, de branche en branche, jusqu’à atteindre son adversaire.

 

  • Si je frappe la premiĂšre, je garderai le contrĂŽle du combat !
  • Aiguilles empoisonnĂ©es ! Murmura-t-elle.

 

À quelques mĂštres de son adversaire, Tƍka tira des senbons imbibĂ©s de chakra et de poisons. L’homme, gigantesque et tout en muscle, prĂ©sageait un combattant exceptionnel. Alors, la jeune femme gardait ses distances, tout en veillant Ă  ne pas rester immobile.

 

De son cĂŽtĂ©, l’opposant semblait confiant. Son sourire en coin n’inaugurait rien de bon.

 

  • RĂ©essaye, petit rat !
  • Il n’a pas bougĂ© d’un iota ! J’étais pourtant sĂ»re que mes aiguilles le toucheraient !
  • Tsk
 Aiguilles empoisonnĂ©es !!!

 

Aucun effet. L’homme, hilare, continuait de la provoquer.

 

  • Encore une fois, petit rat ! Hahaha !!
  • Ce n’est pas possible ! Comment fait-il ?!!
  • Aiguilles

  • ÉpĂ©e du vent ! Contra le guerrier.

 

L’air sembla se distordre. Une lame invisible s’abattit sur la kunoichi. Cette derniĂšre, instinctivement, plaça son instrument devant elle, qui se brisa sous la force de l’impact. Elle fut projetĂ©e quelques mĂštres plus loin, mais rĂ©ussit Ă  se stabiliser et Ă  se replacer sur une branche.

 

  • Je vois
 Tu utilises des techniques de vent
 C’est comme ça que tu parviens Ă  rĂ©orienter mes senbons.
  • Je n’ai pas besoin de forcer avec toi ! Je n’ai pas eu besoin de forcer non plus, avec tes petits camarades ! Hahaha ! Vous ĂȘtes tellement faibles que ça en est pathĂ©tique !
  • Tsk


 

Ç’en Ă©tait assez. Tƍka, folle de rage, s’élança sur son adversaire, ignorant ses qualitĂ©s physiques Ă©videntes. L’homme, toujours aussi confiant, la laissa s’approcher. Dans un geste purement provocateur, il tendit ses bras, comme une invitation Ă  le blesser.

 

  • Hahaha !
  • La danse des aiguilles empoisonnĂ©es !!

 

Elle s’arma de trois longs senbons empoisonnĂ©s Ă  chaque main, qu’elle maintenait entre ses doigts fermĂ©s, comme des griffes. À la derniĂšre seconde, elle s’accroupit et entama alors une succession de rapides coup-de-poing, tentant de percer le bas du corps de l’homme
 En vain.

D’un geste rapide, ce dernier saisit la kunoichi par les cheveux, et la remonta jusqu’à son visage.

 

  • Armure du vent
 Petit rat ! Si tu ne peux pas me toucher Ă  distance, tu ne pourras pas faire grand-chose non plus de prĂšs
 Hahaha !
  • Sa maĂźtrise du chakra est exceptionnelle ! C’est pour ça que je n’arrive pas Ă  le jauger ! Jouons le tout pour le tout, alors !
  • 
 Tsk
 Il te faut tes deux mains pour composer tes signes, grand dadais !

 

Dans un dernier Ă©lan, elle lui planta l’une de ses aiguilles dans le cou.

 

  • Ahhhhhhh !

 

L’homme touchĂ©, posa un genou Ă  terre, libĂ©rant par la mĂȘme occasion son otage.

 

  • Haaa
Ha

  • 
 On ne t’entend plus jacasser

  • Technique de vent 
Pre
ssion ravageu..se ! VocifĂ©ra-t-il, dans un ultime effort tentant de rĂ©sister.

 

Le souffle, quoiqu’affaiblit par l’empoisonnement, restait tout de mĂȘme important. Une vĂ©ritable petite tornade prenait forme et ampleur. La jeune femme se releva et s’éloigna spontanĂ©ment. Elle fut tout de mĂȘme touchĂ©e. L’explosion la balaya violemment, sur plusieurs mĂštres, emportant aussi une partie de la vĂ©gĂ©tation. Tƍka heurta plusieurs branches d’arbres et reçut quelques projectiles ; son atterrissage fut trĂšs violent.

 

De son cĂŽtĂ©, l’assaillant convulsa ; ses yeux, son nez, ses oreilles saignaient abondamment. Sa peau prenait une teinte violacĂ©e.

AprĂšs plusieurs minutes allongĂ©e, Ă©vanouie au sol, Tƍka réémergea. Elle tenta de se relever, mais prit conscience de ses blessures. Son armure avait volĂ© en Ă©clats, elle avait de multiples entailles, la cheville cassĂ©e, et une blessure plutĂŽt sĂ©rieuse au niveau du ventre. Plus loin, elle distingua son adversaire, figĂ©, Ă  genoux.

 

  • Est-il mort ? 
 Dire qu’il n’était pas Ă  pleine puissance
.

 

Elle plaqua ses mains contre sa blessure Ă  l’abdomen avant de se rendre compte qu’elle Ă©tait surtout entourĂ©e de deux hommes accroupis Ă  quelques mĂštres d’elle. Ils l’observaient silencieusement. Ils s’approchĂšrent un peu plus tandis qu’elle s’obligeait Ă  rester Ă©veillĂ©e.

 

  • Ce n’est pas vrai
 Merde
 Je suis mal !

 

Tƍka se risqua Ă  une derniĂšre technique forçant sur ses ultimes rĂ©serves de chakra.

 

  • Nu
 Nuage de poison ! Souffla-t-elle en direction des deux hommes qui s’éloignĂšrent rapidement.

 

Se pensant Ă  l’abri, elle se releva et dĂ©cida de rejoindre le reste de son groupe tant bien que mal.

 

  • Tu es bien naĂŻve, femme !

 

Le duo avait tout simplement contournĂ© son nuage toxique. Ils la rattrapĂšrent et la mirent Ă  genoux, accentuant sa fracture Ă  la cheville. Tƍka comprit qu’ils n’avaient pas l’intention de la tuer, mais de l’humilier. Des larmes de rage coulaient maintenant le long de ses joues, alors que l’un de ses agresseurs commençait Ă  se dĂ©faire de la partie infĂ©rieure de son armure, pendant que l’autre la maintenait par ses cheveux dĂ©faits et liait ses mains derriĂšre son dos.

 

  • Amusons-nous un peu, avant de la tuer, mon frĂšre !
  • Cette salope a rĂ©ussi Ă  crever notre grand frĂšre !

 

Tƍka, Ă  moitiĂ© consciente, priait pour qu’un miracle se produise. La peur avait pris possession de son esprit, et petit Ă  petit ses regrets la submergeaient.

 

  • Qu’est-ce que je fais là ?! J’aurais dĂ» rester au village

  • Ce n’est pas trĂšs noble de votre part, messieurs


 

Tƍka ouvrit grand les yeux. Les deux hommes, eux, se tournĂšrent en direction de la voix. Ils tombĂšrent sur une paire de sharingan aux Ă©tranges motifs tournoyants.

 

  • Eh toi ! Qui est
.
  • Tsukuyomi.

 

Les agresseurs s’immobilisĂšrent, relĂąchant Tƍka dans le processus. Ils avaient succombĂ© Ă  la terrifiante illusion du kalĂ©idoscope hypnotique. Izuna, car c’était lui, ne prit pas la peine de les achever. Il les laissa souffrir et mourir de la plus ignoble des maniĂšres. Il s’approcha de la jeune femme qui gisait au sol.

 

  • Eh ! Tout va bien ?!

 

Aucune rĂ©ponse. La guerriĂšre s’était Ă©vanouie.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Aux portes du village, ShĂšn maintenait toujours l’illusion intacte. Sa stratĂ©gie, quoiqu’inhabituelle, avait pris au dĂ©pourvu l’ennemi. Les guerriers, regonflĂ©s de courage, avaient alors luttĂ© de plus belle, rĂ©ussissant Ă  travailler de concert.

 

  • C’est un vĂ©ritable exploit, dame ShĂšn ! FĂ©licita l’un de ses assistants.
  • Nous n’avons pas encore battu l’ennemi ! Restez concentré !

 

MĂȘme si les assaillants Ă©taient moins nombreux, ils restaient individuellement supĂ©rieurs. De ce fait, les contenir et les repousser n’étaient pas sans consĂ©quence. Ces derniers utilisaient judicieusement les explosions gĂ©nĂ©rĂ©es par leurs parchemins pour blesser, dĂ©sorienter, freiner leurs adversaires, et frapper au moment opportun. La coalition voyait ses effectifs se rĂ©duire sĂ©rieusement, pendant que les derniers mercenaires Hagoromo avançaient dangereusement vers le leader Kurama.

 

  • Visez la bonne femme !!
  • ProtĂ©ger le maĂźtre ! Avec vos corps s’il le faut !

 

La tension était à son comble.

 

Une explosion retentit. Un chakram de feu sortit de la fumée et fila tout droit sur la kunoichi. ShÚn se releva, levant accidentellement son illusion et révélant les portes du village.

 

  • Eh merde !

 

Un de ses assistants se positionna devant elle, recevant de plein fouet l’arme enflammĂ©e. Il tomba au sol, inconscient.

 

  • Ce n’est pas fini ! Dame ShĂšn, attention !!
  • Hmm ?!

 

Dans l’ombre du chakram de feu, s’était dissimulĂ© un chakram de vent. ShĂšn sortit son tantƍ de sa manche et contra l’arme.

 

  • Bien essayé ! Cette arme de vent a nourri les flammes du premier, et est mĂȘme beaucoup plus aiguisĂ©e ! Mais ça ne fonctionne pas contre moi


 

L’arme, ayant fini de tournoyer, fut repoussĂ©e et retomba au sol. Alors qu’elle s’apprĂȘtait Ă  entrer dans la danse, la kunoichi s’immobilisa. Au loin, le groupe d’Hashirama et Madara faisait son retour. Devant eux, Habu, blessĂ© et ligotĂ©, Ă©tait traĂźnĂ© par des Uchiha, dont les yeux Ă©carlates brillaient de fiertĂ©.

 

  • Hagoromo ! Vous avez perdu ! Vous ĂȘtes encerclĂ©s et votre leader a mordu la poussiĂšre ! Hurla la cheffe, tentant de mettre fin Ă  la bataille.
  • Huh ?!!
  • Vous n’avez qu’à regarder derriĂšre vous !

 

Les derniers shinobis de l’alliance, Ă©puisĂ©s, blessĂ©s, luttant pour leurs vies, voyaient une lueur d’espoir se rallumer.

 

  • C’est Hashirama-Sama et Madara-Sama !!!
  • Nous sommes sauvĂ©s !!!

 

Les mercenaires Hagoromo, pris aux piĂšges, s’élancĂšrent sur eux, prĂ©fĂ©rant la mort.

 

  • Ce n’est pas trop tĂŽt ! Lança la noble dame Kurama, soulagĂ©e.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Sur tous les champs de bataille, les derniers assaillants furent, peu Ă  peu, mis hors d’état de nuire. Les groupes d’Izuna, Tobirama et Sasuke arrivĂšrent en renfort des groupes protĂ©geant le village.

 

BientÎt, tout le monde fut réuni devant les grandes portes. Ils entrÚrent au village, acclamés par les médecins et shinobis qui avaient gardé le fort. Bien vite, les blessés et les morts furent pris en charge. Dans les quartiers, la nouvelle se répandit et les familles commencÚrent à sortir afin de rejoindre leurs proches.

 

Habu Hagoromo enchaĂźnĂ©, fut emmenĂ© Ă  la prison du village. Les habitants le regardaient traverser la grande rue principale. Certains lui crachaient dessus ou lui jetaient des pierres et d’autres encore le couvraient d’insultes.

 

  • Qu’il soit surveillĂ© 24 heures sur 24. Ne lui adressez pas la parole et n’entrez pas dans la cellule ! Ordonna Madara.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Les chefs de clans et leurs seconds s’étaient rĂ©unis au palais. Ils discutaient de leurs missions quand Madara se montra enfin.

 

  • Bien, maintenant que tout le monde est lĂ , nous pouvons commencer ! Annonça Hashirama.

 

Sasuke prit la parole le premier :

 

  • Nous avons Ă©tĂ© pris au piĂšge par des shinobis. Bien que l’emblĂšme des Hagoromo fĂ»t visible sur leurs armures, ils n’en Ă©taient pas. Peu d’entre eux utilisaient des techniques de vent.
  • Ce sont des mercenaires et fugitifs d’autres pays.
  • Je vois, si ce sont des fugitifs, ils ont probablement une certaine valeur aux yeux de ceux qui les recherchent ! Nous pouvons aisĂ©ment gagner de l’argent en les capturant


 

Les hommes se tournĂšrent vers la seule femme de la tablĂ©e, choquĂ©s par la teneur de ses propos. Les shinobis Ă©taient des guerriers dĂ©fendant des valeurs qui leur Ă©taient propres. Parler d’argent, lorsqu’ils venaient d’essuyer une telle dĂ©convenue Ă©tait dĂ©placĂ©.

 

  • Ce n’est pas le sujet ! Nous devons savoir s’ils restent des membres armĂ©s qui seraient susceptibles de nous attaquer encore ! Intervint Shinku Yuhi.
  • La guerre nous coĂ»te cher, les pertes d’aujourd’hui doivent ĂȘtre compensĂ©es et
.
  • Cela suffit !

 

Madara était lassé par ce discours abject. Il réorienta la discussion.

 

  • Il y a plus urgent ! Nous devons rĂ©pondre Ă  leur attaque. Nous devons pĂ©nĂ©trer le territoire Hagoromo et les mettre hors d’état de nuire !
  • Je refuse de commettre un gĂ©nocide, Madara !
  • Anija, nous avons Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  des enfants kamikazes !!!
  • C’est malheureux, mais je suis d’accord avec Madara-Sama ! RenchĂ©rit ChĆ«shin Hatake.
  • 

  • Ils entraĂźnent leurs enfants Ă  commettre des massacres. Les Hagoromo sont rĂ©putĂ©s pour perpĂ©trer des attaques ignobles sur des villages non armĂ©s !
  • Dans la mesure du possible, nous pouvons toujours tenter d’éliminer les mercenaires et les shinobis seulement, intervint Sasuke.

 

Le leader Uchiha n’aimait pas la tournure de cette conversation. Son regard se faisait sombre, la colùre le gagnait.

 

  • Il faut tous les tuer !
  • 

  • Leurs enfants sont comme nous, ils ont Ă©tĂ© Ă©levĂ©s pour haĂŻr. Que croyez-vous qu’ils feront lorsqu’ils seront adultes ?!
  • Madara ! Les enfants peuvent changer ! Ils sont le futur, si nous leur montrons la bonne voie, je suis sĂ»r qu’ils ne tenteront aucune vengeance !
  • Aniki*, les Hagoromo sont censĂ©s ĂȘtre aussi puissants que les Senju ou les Uchiha ! MalgrĂ© cela, bien que leur attaque fĂ»t aveugle et de front, ils ont mis en difficultĂ© six clans !! Lança Izuna Ă  l’adresse d’Hashirama.
  • C’est exact, nous avons Ă©tĂ© humiliĂ©s ! Et nos pertes sont lourdes ! S’emporta le leader Yuhi.
  • Les Hagoromo restent un grand clan du pays du feu, leur nature Ă©lĂ©mentaire est rare et trĂšs utile. N’oubliez pas que dĂ©truire un clan signifie diminuer la puissance d’un pays, tenta de tempĂ©rer le vieux Sarutobi.

 

AprĂšs plus d’une heure de dĂ©bat, les leaders choisirent de procĂ©der Ă  l’élimination pure et simple des guerriers et vassaux Hagoromo. Les femmes et les enfants seront Ă©pargnĂ©s et ramenĂ©s au village, oĂč ils seront gardĂ©s sous Ă©troite surveillance.

À la suite de cette rĂ©union, des Ă©quipes furent formĂ©es. GuidĂ©es par Madara et ChĆ«shin Hatake, elles auront pour mission de pĂ©nĂ©trer le territoire Hagoromo par des chemins sĂ©parĂ©s afin de prendre l’ennemi en tenaille.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le jour s’achevait enfin et le village comptait encore ses morts. Hashirama se dirigea vers les grandes portes du village, au campement de fortune mis en place. Sa fiancĂ©e Ă©tait encore au travail, Ă©puisĂ©e. Partout oĂč son regard se posait n’était que dĂ©solation et tristesse. Il fut rejoint par Shinku.

 

  • J’ai Ă©tĂ© bien naĂŻf de penser que les seuls problĂšmes qu’on aurait seraient d’ordre technique
 Avoua le Senju.
  • C’est une vĂ©ritable hĂ©catombe
 Une humiliation ! Nous n’avons pas Ă©tĂ© suffisamment prĂ©parĂ©s et avons sous-estimĂ© nos ennemis !
  • 

  • Hashirama-Sama, vous avez bon cƓur et c’est ce qui vous a permis de rendre votre rĂȘve rĂ©alitĂ©. Mais il vous faut savoir que certains problĂšmes ne peuvent pas ĂȘtre rĂ©glĂ©s avec de bons sentiments ! Vous devez accepter que pour que ce village fonctionne, le noir doit cohabiter Ă©troitement avec le blanc !
  • Que voulez-vous dire ?!
  • L’équilibre !

 

Shinku s’éloigna, laissant Hashirama en pleine rĂ©flexion. Il fut, tout de mĂȘme, dĂ©rangĂ© par un messager.

 

  • MaĂźtre, nous avons un problĂšme !
  • Que se passe-t-il ?
  • Le Hagoromo
 Il est mort

  • Quoi ?!! Mais comment ?!!
  • Il
 Il a avalĂ© sa langue


 

Hashirama soupira et rebroussa chemin.

 

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Dans le chapitre précédent

Le village se débat.

Les Hagoromo jubilent.

 

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CHAPITRE VIII

... ET SES RACINES SE FORTIFIENT.

 

 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le village se rĂ©veillait au lendemain de la bataille sanglante. Les nuages grisonnants s’étaient invitĂ©s, appelant avec eux, l’averse.

Les habitants, tout de noir vĂȘtu, formaient un cortĂšge en direction du cimetiĂšre. En cette triste matinĂ©e, les blasons claniques avaient Ă©tĂ© laissĂ©s au placard ; les habitants formaient un seul et unique peuple. La cĂ©rĂ©monie fut courte et tout en sobriĂ©tĂ©. La pluie s’intensifiait, faisant Ă©cho Ă  l’humeur gĂ©nĂ©rale, comme si le village pleurait, lui aussi.

Une statue symbolisant une flamme fut Ă©rigĂ©e, et les noms de chaque shinobis tombĂ©s y Ă©taient gravĂ©s. Ce fut un moment Ă©mouvant, oĂč les femmes et les enfants tentaient de ravaler courageusement leurs larmes, et les guerriers de refouler leur colĂšre et leurs impuissances. Le silence des reprĂ©sentants Ă©tait tout aussi Ă©loquent et leurs statures les faisaient redevenir, Ă  cet instant, de simples humains.

 

Lorsque sonna la fin de la cĂ©rĂ©monie, le flot humain s’éparpilla. Chacun retournait Ă  sa vie. NĂ©anmoins, cette Ă©preuve commune lia beaucoup d’habitants, pourtant issus de clans diffĂ©rents.

 

  • C’est dans les Ă©preuves les plus difficiles que se lient les amitiĂ©s les plus fortes ! Dit Sasuke.
  • En effet, on peut dire que cela a eu au moins un aspect positif, rĂ©pondit tristement Hashirama.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Les jours passĂšrent et la vie reprenait peu Ă  peu. En hommage Ă  ceux qui s’étaient sacrifiĂ©s, les enfants sortaient Ă  nouveau s’amuser, et les femmes se rejoignaient une fois de plus pour bavarder et commĂ©rer. Les shinobis avaient repris le chemin des terrains d’entraĂźnement et des missions. Le village rĂ©apprenait doucement Ă  vivre.

MalgrĂ© cela, l’ombre du clan Hagoromo planait encore. Madara, ChĆ«shin et leurs Ă©quipes avaient quittĂ© le village trois jours plus tĂŽt. Tout le monde attendait leur retour. Les gardes et les rondes avaient Ă©tĂ© renforcĂ©es ; les leaders et leurs seconds, eux-mĂȘmes, s’y aventuraient parfois.

 

Les chefs de clans s’étaient Ă  nouveau rencontrĂ©s, pour discuter de la bataille ; pointer les dĂ©fauts, et explorer de nouvelles pistes. Malheureusement, la discussion dĂ©riva ; chacun accusant son voisin.

 

  • Peu importe ! Madara-Sama et Hashirama-Sama n’auraient pas dĂ» partir tous les deux ! Vous ĂȘtes les plus forts, l’un de vous deux aurait dĂ» rester au village ! Accusa Shinku.
  • Les ravages les plus considĂ©rables Ă©taient Ă  l’endroit oĂč se trouvait Habu ! Contra Izuna, furieux.
  • Allons, allons ! Ce qui est fait est fait ! Nous avons pu stopper les groupes

  • Sasuke-Sama, nous devons notre salut Ă  vos retours miraculĂ©s ! Lança ShĂšn.
  • 

  • Oui, nous Ă©tions sur le point de tous nous faire tuer ! Ils Ă©taient Ă  un cheveu d’entrer dans le village ! Nous n’avons pas Ă©tĂ© organisĂ©s et il y a tant d’autres choses Ă  dire, continua l’unique femme du groupe, acerbe.

 

On toqua à la porte. Un garde se présenta.

 

  • Les maĂźtres Uchiha et Hatake sont de retour.

 

Les esprits échaudés se calmÚrent.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Par une aprÚs-midi ensoleillée, le groupe missionné en territoire ennemi faisait enfin son retour. Les leaders Uchiha et Hatake étaient acclamés par les guerriers et certains habitants du village ; la nouvelle se propagea rapidement.

 

Madara et ChĆ«shin n’étaient pas revenus les mains vides. DerriĂšre eux, des femmes et des enfants les suivaient docilement. Ils furent pris en charge par une Ă©quipe et menĂ©s vers les campements de fortunes Ă©rigĂ©s quelques jours auparavant lors de l’attaque.

 

  • Bien jouĂ©, Madara ! Bon retour, ChĆ«shin-Sama ! Salua Hashirama.
  • Bon retour, OnÄ«san !
  • Izuna, conduit nos invitĂ©s vers les campements et organise des Ă©quipes de surveillance, demanda l’aĂźnĂ©.

 

Les Uchiha avaient été désignés pour conduire les interrogatoires. Les survivants du clan Hagoromo resteront sous étroite surveillance ; aprÚs tout, ils demeuraient une menace pour le village.

 

AprĂšs avoir donnĂ© ses derniĂšres instructions, Madara rentrait enfin chez lui. Cela lui avait semblĂ© ĂȘtre une Ă©ternitĂ© qu’il n’était pas revenu au quartier Uchiha. En traversant le village, il lui a semblĂ© que le cours de la vie avait repris. Pourtant, l’homme ne pensait qu’à une chose ; retrouver son lit et reposer son corps endolori par les combats, les courses-poursuites, les veilles nocturnes et les discussions migraineuses sans fins.

 

Lorsqu’il entra dans son quartier, l’ambiance avait l’air plus chaude qu’à l’accoutumĂ©. Les femmes, d’ordinaire discrĂštes, avaient formĂ© un groupe et discutaient autour d’un pique-nique improvisĂ© dans les petites ruelles. Elles riaient, blaguaient, sans jamais se dĂ©faire de la surveillance de leurs enfants. Lorsqu’elles l’aperçurent, leurs sourires s’agrandirent. Elles se levĂšrent et s’inclinĂšrent pendant qu’il continuait sa marche.

 

  • Bon retour, Madara-Sama ! Le saluĂšrent-elles, de concert.
  • J’espĂšre que votre mission s’est bien passĂ©e ?
  • Bonjour, mesdames. Oui, la mission s’est bien passĂ©e.

 

Toujours aussi peu loquace, les Uchiha ne lui en tenaient guĂšre rigueur. Elles savaient lire entre les lignes.

Le leader continua sa route, nonchalamment. MĂȘme s’il ne le montrait pas, Madara Ă©tait satisfait de voir son clan aspirer Ă  la paix et s’acclimater Ă  ce nouveau mode de vie.

Il gagna finalement ses quartiers. Toujours Ă  l’heure, Nadeshiko, l’attendait. Comme d’habitude, la jeune femme Ă©tait allongĂ©e, Ă©clairĂ©e par la lumiĂšre naturelle du jour filtrant derriĂšre les shojis*.

 

  • Pas aujourd’hui.
  • Je resterai Ă  vos cĂŽtĂ©s, sans vous gĂȘner.

 

Le brun l’ignora. Il posa sa faux et son Ă©ventail sur les portes-armes muraux, et commença Ă  se dĂ©faire de son armure. La jeune femme se releva avec l’intention de l’aider.

 

  • Ne t’approche pas, femme.
  • Mais

  • Je suis couvert de sang.

 

Nadeshiko le regarda faire, lĂ©gĂšrement sonnĂ©e par ses ordres. Elle se ressaisit, et se hĂąta dans la salle d’eau ; elle ĂŽta le couvercle de la baignoire en bois oĂč l’eau Ă©tait encore Ă  bonne tempĂ©rature.

 

L’homme entra dans la piĂšce quelques minutes plus tard dĂ©barrassĂ© de sa tenue. Il s’approcha pour se nettoyer. Nadeshiko l’enlaça gentiment par les Ă©paules oĂč elle y dĂ©posa un baiser innocent. Elle l’aida ensuite Ă  se laver les cheveux, puis son dos et le quitta.

 

  • Je vais vous prĂ©parer un thĂ©, et votre kiseru, Madara-Sama.
  • J’ai appris pour ton pĂšre

  • 

  • Mes condolĂ©ances, Nadeshiko.

 

La jeune femme ne rĂ©pondit pas, elle se contenta de hocher la tĂȘte. Oui, son pĂšre faisait partie des shinobis tombĂ©s durant l’attaque, mais elle ne voulait pas en parler. Elle souhaitait simplement s’oublier dans les bras de l’autre homme qu’elle chĂ©rissait le plus au monde.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Au lendemain du retour de Madara et de ses troupes, les Uchiha, dĂ©signĂ©s pour conduire les interrogatoires, veillaient le reste des Hagoromo. Il y avait une trentaine de femmes de tout Ăąge et une cinquantaine d’enfants. En somme, des civils inaptes au combat.

 

Les descendants du clan Hagoromo Ă©taient physiquement proches de la plupart des clans du pays du Feu, Ă  l’exception de leur couleur de peau d’un blanc blafard, leur donnant un aspect presque maladif. Leurs infĂąmes actes et leur nature Ă©lĂ©mentaire, souvent liĂ©e Ă  la maĂźtrise traditionnelle de la faux, faisaient ressortir alors cet aspect sinistre, rappelant la lĂ©gende des shinigamis.

 

Habu fut un shinobi tristement cĂ©lĂšbre pour sa cruautĂ© sans Ă©gale. Il Ă©tait un maĂźtre exceptionnel du vent, et du maniement de la faux. CombinĂ© Ă  cela, il avait la particularitĂ© d’invoquer des serpents gigantesques Ă  qui il offrait des offrandes humaines au beau milieu des champs de bataille. Il se refusait Ă  respecter le sacrifice et les morts nobles de ses adversaires.

 

Il devint chef de clan dĂšs l’ñge de onze ans, puis se maria Ă  l’ñge de quatorze ans. Son Ă©pouse, plus ĂągĂ©e, lui donna cinq enfants dans la foulĂ©e puis mourut. Plus tard, ses fils dĂ©cĂ©dĂšrent Ă©galement au combat. N’ayant plus d’hĂ©ritiers, il se maria Ă  nouveau Ă  l’ñge de trente ans et il eut d’autres enfants qui succombĂšrent encore. Habu continua ainsi, ne voyant aucun dĂ©sagrĂ©ment Ă  user les femmes de son clan comme si elles n’étaient que des incubateurs Ă  bĂ©bĂ©s ambulants. À sa mort, il laissa derriĂšre lui quatre enfants : Sakishima faisant dĂ©sormais office d’hĂ©ritier, Honha, Tokara et enfin sa fille unique, Hime. Ils Ă©taient tous ĂągĂ©s de moins de treize ans.

 

Madara se souvient encore de la façon dont ils se sont laissĂ©s capturer. Les successeurs du clan contrĂŽlaient l’ensemble du village Hagoromo et parlaient comme un seul. Sakishima ne semblait nullement impressionnĂ© par l’escouade venue les arrĂȘter, et invoqua intelligemment son droit Ă  une sentence juste.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

AprĂšs un entraĂźnement matinal avec son vieil ami, le leader aux sharingans marchait vers les portes du village en direction des campements oĂč Ă©taient surveillĂ©s les reliquats de l’infĂąme clan. Il devrait boucler cette histoire en une matinĂ©e. Un groupe d’Uchiha conduit par Kagami, l’un des meilleurs shinobis du clan, donnait des directives afin de limiter le nombre de personnes par groupe.

 

  • Kagami, comment s’est passĂ©e ta nuit ?
  • Bonjour Madara-sama. PlutĂŽt bien, il n’y a eu aucune mutinerie. En fait, ils se sont Ă©trangement bien comportĂ©s.
  • Bien, je te remercie. Ton Ă©quipe et toi serez relevĂ©s dĂšs l’arrivĂ©e de l’équipe d’Obito.

 

Kagami s’inclina respectueusement et retourna à ses tñches.

 

Le leader entra dans la tente principale oĂč une table et deux chaises ont Ă©tĂ© installĂ©es. Un sceau au sol portant l’emblĂšme du clan Ă©tait visible, afin d’empĂȘcher toute discussion d’ĂȘtre espionnĂ©e. Enfin, un homme assis en retrait Ă  une table basse avec de l’encre et un parchemin vierge, attendait. Il salua le leader Ă  son arrivĂ©e et se prĂ©para Ă  Ă©crire.

 

  • Commençons ! Amenez-moi la premiĂšre personne.

 

Quelques minutes plus tard, une femme ĂągĂ©e fut amenĂ©e et assise sur la chaise face Ă  Madara. Ce dernier n’avait nullement l’intention de faire dans la dentelle. Il mit les pieds dans le plat, sans attendre.

 

  • Reste-t-il des shinobis vivants de votre clan ?
  • 

  • 
 OĂč sont vos vassaux ?
  • 

  • Tsk
 OĂč est fabriquĂ© votre armement ?

 

Silence radio.

 

Madara tentait de se tempĂ©rer. Il ne pouvait pas blesser des civils, encore moins lorsqu’il s’agissait de femmes et d’enfants. Mais il n’était pas connu pour sa grande patience. Et de toute Ă©vidence, les Hagoromo n’avaient pas l’intention de parler alors qu’ils avaient explicitement demandĂ© Ă  se dĂ©fendre.

 

  • Appelez-moi Obito !!

 

Le concernĂ© arriva en catastrophe et s’inclina en manquant de se cogner la tĂȘte au sol.

 

  • Obito, organise une Ă©quipe en parallĂšle. Vous allez interroger les femmes sans le sharingan. Surtout, ne les remettez pas dans leur groupe, gardez-les isolĂ©es de ceux qui n’ont pas Ă©tĂ© encore interrogĂ©s.
  • Bien, Madara-sama !
  • Kakiyaku, envoi moi l’hĂ©ritier du clan, ordonna Madara Ă  l’assistant installĂ© en retrait.

 

Quelques minutes plus tard, le jeune Sakishima entra. Son visage, serein, ne dĂ©montrait pas l’ombre d’un stress ou d’autres formes d’angoisse. Il sourit Ă  Madara et s’installa sans inquiĂ©tude face Ă  lui.

 

  • Ton nom ?
  • Sakishima Hagoromo, rĂ©pondit le jeune garçon, sans se dĂ©partir de son sourire.
  • Reste-t-il des shinobis au sein de ton clan ?
  • Aucun.
  • Qu’en est-il des mercenaires ?
  • Ils se sont enfuis.
  • Et vos armes ?
  • Tous utilisĂ©s durant notre dernier raid.
  • Bien, merci de ta coopĂ©ration !
  • 

  • Tu ne verrais pas d’inconvĂ©nient Ă  ce que je vĂ©rifie tes dires, alors ?

 

Madara activa ses pupilles Ă©carlates et entra dans la tĂȘte de l’enfant sans attendre sa permission. Cela ne fut l’affaire que de quelques secondes.

 

L’enfant et son sourire Ă©trange. Madara, frappĂ© par la stupeur. 

 

Les rouages se mirent en place, pendant que les derniĂšres paroles d’Habu lui revenaient en mĂ©moire : « Ma volontĂ© ne s’éteindra pas, mes fils continueront mon travail jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de vous ».

 

đŸ“œïžđŸŽŹđŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïžÂ ïžđŸŽžïž



  • Jeune maĂźtre Sakishima

  • Que se passe-t-il ?
  • Nous avons ceci pour vous.

 

Un vassal Hagoromo tendit un petit serpent blanc au garçon. Les quatre derniers enfants d’Habu Ă©taient rĂ©unis dans la maison principale de leur village.

 

  • C’est un des serpents de pĂšre. Il m’apporte certainement un message.
  • Que dit-il ?
  • Hum
 PĂšre a Ă©tĂ© capturé 
  • PĂšre a Ă©tĂ© capturé ?! Mais comment va-t-on faire ?
  • Ne t’inquiĂšte pas, petit frĂšre. PĂšre m’a confiĂ© des instructions. Nous les suivrons Ă  la lettre.

 

Sakishima avait organisĂ© le clan en supposant que ni les vassaux, ni les shinobis ne survivront. Ils seront Ă©liminĂ©s jusqu’au dernier, car tel Ă©tait le fonctionnement de tous les clans du pays. Suivant les consignes de son pĂšre, il ordonna alors aux jeunes femmes de se saisir des derniers matĂ©riaux, pour se fabriquer des plastrons blanc piĂ©gĂ©s. Ils devront ĂȘtre Ă©quipĂ©s sous les kimonos, juste sous la poitrine, donnant l’illusion d’une grossesse. Les petites filles, elles, colleront des parchemins piĂ©gĂ©s sur leurs corps.

 

  • Ils n’oseront jamais fouiller les petites filles et les femmes
 Surtout si elles ont l’air enceinte.
  • Je vais le faire aussi, grand frĂšre Sakishima !
  • Oui, Hime ! PĂšre sera fier de toi !

 

L’hĂ©ritier continuait de lire les consignes.

 

  • Les garçons seront fouillĂ©s et dĂ©sarmĂ©s. Les civils ne seront pas tuĂ©s. Nous, les hĂ©ritiers seront certainement soumis Ă  la question*

  • 

  • PĂšre dit aussi que les femmes ĂągĂ©es et les garçons doivent porter un sceau piĂ©gĂ© sur la langue


 

Il continua :

 

  • D’aprĂšs pĂšre, le sharingan est capable de pĂ©nĂ©trer notre esprit, et d’en prendre le contrĂŽle. Ils seront certainement ceux qui nous interrogerons. Si c’est le cas, nous n’aurons aucune chance.
  • Que devons-nous faire, Sakishima-Sama ?
  • Ne vous en faites pas ! Vous, vous serez tous tuĂ©s !

 

Le mercenaire, choquĂ© par le sourire presque fou de l’enfant, se retira.

 

  • Nous attendrons le moment opportun pour frapper.
  • À quel moment, grand-frĂšre ?
  • Lorsque le leader Uchiha sera sur place bien sĂ»r.
  • D’accord ! Je suis prĂȘt, moi !
  • C’est bien petit-frĂšre ! PĂšre sera fier de toi !

 

Ils n’avaient aucune chance. Habu haĂŻssait tant le pouvoir divin confĂ©rĂ© par le sharingan, qu’il ne voyait aucun inconvĂ©nient Ă  utiliser les civils de son clan. Ils attendront le moment propice pour les toucher Ă  grande Ă©chelle, et dĂ©cimer, une bonne fois pour toute, ce maudit clan, quitte Ă  emporter le reste des Hagoromo.

 

đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïžđŸ“œïžđŸŽŹ

 

Madara hurla des ordres afin d’ĂȘtre entendu par tout le campement !

 

  • Évacuez !! Ce sont tous des kamikazes !!!  

 

Â đŸ’„đŸ’„đŸ’„đŸ’„đŸ’„

 

Trop tard. Des explosions Ă  la chaĂźne retentirent emportant la plupart des shinobis. Un rire se fit entendre ; celui de l’hĂ©ritier Hagoromo.

 

  • Je crois que vous m’avez oublié !

 

L’enfant tira insolemment la langue, rĂ©vĂ©lant le sceau « explosion ». Une lumiĂšre intense envahie la tente.

 

đŸ’„đŸ’„đŸ’„đŸ’„đŸ’„

 

Le village tremblait et dĂ©tonnait. La peur gagna Ă  nouveau les villageois, pendant que les shinobis se dĂ©pĂȘchaient de rejoindre les portes du village, suivant le son des dĂ©flagrations.

 

Le tronc et le bras squelettique du susanƍ avait fait son apparition, protĂ©geant son hĂŽte et Kakiyaku. Madara contemplait les dĂ©gĂąts. La tente avait Ă©tĂ© soufflĂ©e rĂ©vĂ©lant le paysage dĂ©truit, des flammes ici et lĂ , des infrastructures effondrĂ©es, et bien sĂ»r, le mur protecteur du village en miette. Pris d’une rage incontrĂŽlable, ses sharingans captĂšrent certains enfants du clan Hagoromo qui avaient miraculeusement survĂ©cu. Sans une once d’hĂ©sitation, il se saisit d’un kunai dans les dĂ©combres et fonça sur eux, les fauchant tous. Dans sa vendetta, il finit par apercevoir Obito sous les dĂ©combres, sĂ©vĂšrement touchĂ©.

 

  • Obito !
  • Mada
Madara
Sa

  • Ne t’agite pas !

 

Le leader dĂ©plaça le mur de pierre sous lequel se trouvait le malheureux, et posa ses mains sur les blessures de son frĂšre d’arme. Il hĂ©la les secours qui arrivaient de toute part.

 

  • Pas encore
 Murmura-t-il, pour lui-mĂȘme.

 

L’homme s’asseyait sur les restes d’un dĂ©bris. Il observait ce qui se passait autour de lui, sans ĂȘtre prĂ©sent. Sa vue se teintait lentement de rouge. Était-ce la couleur du sang ou peut-ĂȘtre celle des tĂ©nĂšbres ? Il avait toujours dansĂ© sur le champ de bataille, mais n’avait jamais succombĂ© Ă  son ivresse
 Ou peut-ĂȘtre une fois, lorsque son prĂ©cieux petit frĂšre Izuna, avait Ă©tĂ© mortellement touchĂ©. Et comme cette fois-lĂ , il se sentait Ă  nouveau appelĂ©. Était-ce la voix des tĂ©nĂšbres ? Était-ce le dĂ©mon maudit de son clan ?

 

  • Madara !
  •  

  • Madara !!
  • 

  • Madara, rĂ©veille-toi !!! Cria Hashirama en le secouant.
  • 
 Qu’est-ce que tu veux ?!
  • Comment ça ?! Je veux savoir ce qu’il s’est passé !!
  • Ohh, tu veux savoir ce qui s’est passé ?

 

Madara se releva.

 

  • Il s’est passĂ© ce que tu souhaitais, Hashirama.

 

Le ton froid et le regard dur firent mettre sur ses gardes le Senju. Il resta, toutefois, silencieux.

 

  • Tu ne voulais pas massacrer un clan coupable des pires atrocitĂ©s, parce que ce sont des enfants et qu’ils peuvent ĂȘtre changĂ©s. Je te laisse admirer la consĂ©quence de tes choix !

 

Madara passa devant son vieil ami, et s’arrĂȘta un instant.

 

  • Oh, et je suis sĂ»r que tu es dĂ©solĂ© des pertes Uchiha, n’est-ce pas ?

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Quelques heures aprĂšs l’attentat, les Uchiha se cloĂźtrĂšrent dans leur quartier. À l’arrivĂ©e de leur chef, l’un d’entre eux l’interpela :

 

  • Madara-Sama, nous devons nous rĂ©unir pour vous parler, demanda-t-il en s’inclinant, genou Ă  terre.
  • TrĂšs bien, rĂ©unit tous nos hommes Ă  la maison principale dans une heure.
  • Merci beaucoup.

 

Madara ne prit pas la peine d’avertir le conseil. Il s’agissait d’une simple rĂ©union de clan sans incidence particuliĂšre. S’il doit y avoir des dĂ©cisions importantes, il les consultera en temps et en heure. Il entra dans ses quartiers et trouva son frĂšre attablĂ©.

 

  • Petit frĂšre, rĂ©union dans une heure.
  • Bien

  • Qu’est-ce qu’il y a ?
  • 

  • On en discutera Ă  la rĂ©union


 

Face au silence de son cadet, Madara s’approcha et lui caressa affectueusement la criniĂšre. Il le savait secouĂ© par l’attentat.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

C’est dans une piĂšce spacieuse et frappĂ©e par le sceau du clan au sol, gage de discrĂ©tion, que la rĂ©union commença. Madara Ă©tait dans le mĂȘme Ă©tat d’esprit que ses frĂšres. En tant que leader, il se devait, pourtant, de garder la tĂȘte froide et se modĂ©rer. Izuna s’était installĂ© Ă  ses cĂŽtĂ©s, assit en tailleur. Il avait devant lui un parchemin afin de noter toute les demandes ou remarques des membres du clan.

 

  • Commençons !
  • Madara-Sama, nous pensons tous que nous sommes ciblĂ©s alors que nous sommes le clan fondateur au mĂȘme titre que les Senju !
  • Oui, c’est bien vrai ! Ils nous ont accusĂ© lors de la bagarre il y a quelques semaines !
  • Ils ont fait exprĂšs de nous donner les Hagoromo pour rĂ©duire notre nombre !!
  • Maintenant, ils vont nous accuser d’avoir mal fait notre travail !!
  • Ils cherchent Ă  nous Ă©liminer depuis le dĂ©but !!
  • Ils nous regardent de travers et nous mĂ©prisent !!
  • Ils nous ont utilisĂ©s pour construire ce village et nous prendre notre territoire !

 

Tout le monde parlait en mĂȘme temps, mais Ă©tonnement, Madara percevait clairement chaque mot. Il y avait une part de vĂ©ritĂ© et il avait besoin d’entendre ces mots. Le jeune chef Ă©tait maintenant bien Ă©veillĂ© et il Ă©tait temps qu’il remette les choses en ordre.

 

  • Du calme !
  • 

  • Je vous ai entendu ! Soyez assurĂ©s que je dĂ©fendrais les intĂ©rĂȘts de notre clan en demandant rapidement une rĂ©union avec les autres chefs. Pendant ce temps-lĂ , agissez normalement, quoi qu’il puisse se passer ! Ne vous laissez pas aller Ă  la colĂšre, ça ne ferait qu’empirer les choses, compris ?

 

Ils s’inclinĂšrent tous en signe d’accord. MĂȘme si les Uchiha ne semblaient pas trĂšs expressifs, ils avaient en rĂ©alitĂ© beaucoup de respect pour leur chef, et une fiertĂ© dĂ©mesurĂ©e lorsqu’il s’agissait de louer sa force. Madara en avait conscience, et pour ces raisons-lĂ , il s’efforçait de garder la tĂȘte hors de l’eau.

Depuis quelque temps, il se sentait attirĂ© par les tĂ©nĂšbres, mais il luttait. Les rĂ©cents Ă©vĂ©nements ne l’aidaient malheureusement pas dans cette entreprise, et le comportement d’Hashirama lui donnait envie de tout envoyer en l’air. Parfois, il aurait prĂ©fĂ©rĂ© prendre son clan et partir. Mais depuis la construction du village, il a vu l’apaisement et le bonheur se dĂ©peindre sur les visages des femmes et des enfants ; il ne pouvait pas leurs ĂŽter ça.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Au village, les rumeurs allaient bon train et elles n’étaient pas favorables aux porteurs du sharingan. Un groupe de shinobis revenant des terrains d’entraĂźnement, discutait tranquillement, ne se souciant guĂšre d’ĂȘtre entendu :

 

  • J’ai vu le susanƍ de leur chef, c’est lui qui a tuĂ© tous les enfants et provoquĂ© ces dĂ©gĂąts.
  • Je ne suis pas Ă©tonnĂ©, j’ai entendu dire que le sharingan rend fou.
  • Ah ! Alors ça explique cette attaque ! Maintenant, ils vont se faire passer pour les victimes.
  • J’espĂšre qu’ils seront sanctionnĂ©s.
  • ArrĂȘtez ça tout de suite ! Lança une voix fĂ©minine, derriĂšre eux.

 

Le groupe fut saisi d’effroi. Face Ă  eux, se dressait une petite femme aux cheveux roux. La futur Ă©pouse d’Hashirama, Mito Uzumaki. Elle revenait de l’hĂŽpital et semblait extĂ©nuĂ©e.

 

  • Vous faites honte Ă  Hashirama-Sama !
  • Princesse Mito

  • Laissez-moi vous rappeler que les Uchiha font partie de notre village ! MĂ©dire sur eux est inconvenant ! Que je ne vous entende plus parler de cette maniĂšre !!
  • Bien Mito-Sama ! Dirent-ils en cƓur.

 

Ils disparurent de son champ de vision, sans demander leurs restes.

 

Mito Ă©tait bien la seule Ă  dĂ©fendre le clan Uchiha. Malheureusement, elle ne pouvait pas arrĂȘter les personnes de parler et de penser. Contrairement Ă  Tobirama, la jeune femme avait complĂ©tement embrassĂ© les idĂ©aux de son bien-aimĂ©. Alors, tout comme lui, elle croyait que les Uchiha et les Senju pouvaient s’entendre. Elle s’était faite de nombreuses amies parmi ce clan, et en Ă©tant proche d’elles, elle avait perçu la vĂ©ritable passion qui entourait leur nom. Au lieu de rentrer, elle dĂ©cida d’aller au quartier Uchiha.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Alors que Mito s’approchait du grand torī, elle croisa Madara qui sortait.

 

  • Madara-Sama, mes condolĂ©ances pour les pertes de ce matin, dit-elle en s’inclinant devant lui.
  • Merci, Princesse.

 

Il passa Ă  cĂŽtĂ© d’elle sans plus de cĂ©rĂ©monie.

 

  • Excusez-moi !

 

L'homme s’arrĂȘta.

 

  • Je sais que vous ĂȘtes en deuil, mais sachez que je ferais tout pour vous aider !

 

Cette fois, Madara se tourna complétement vers elle.

 

  • Nous n’avons pas besoin de votre pitiĂ©.
  • Ce n’est pas de la pitiĂ©. Je veux que notre cohabitation fonctionne !
  • Cet homme est rĂ©ellement intimidant, je me demande comment Hashirama fait pour ne pas tressaillir sous son regard !
  • Tu parles comme lui, s’en est Ă©cƓurant


 

Madara s’éloigna. Mito resta sans voix.

 

À cet instant, elle le rĂ©alisa. Il y avait une cassure entre les Uchiha et le reste du village. Elle ne s’en Ă©tait pas rendue compte depuis tout ce temps, occupĂ©e Ă  courir aprĂšs ses propres objectifs. Les Uchiha avaient dĂ©sormais des doutes, et les habitants du village ne semblaient leur accorder aucune chance. Elle s’approcha du mur du quartier et se laissa tomber jusqu’au sol, sanglotant silencieusement.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Kiku Uchiha Ă©tait, elle aussi, Ă©reintĂ©e. Elle avait passĂ© sa matinĂ©e Ă  l’hĂŽpital au chevet de son frĂšre. Les dieux Ă©taient de son cĂŽtĂ©, il s’en Ă©tait sorti de peu. En revenant au quartier, elle tomba sur Mito Uzumaki assise au sol, des larmes coulant sur son visage de porcelaine. Elle se prĂ©cipita vers elle.

 

  • Princesse ?!
  • Ohh !! Euh
 Tout va bien
 Juste un peu fatiguĂ©e !
  • Vous ĂȘtes sĂ»re ?
  • Oui, oui, ne vous en faites pas
 Euh
 Il faut que je rentre !
  • TrĂšs bien, mais pas avant de m’avoir suivi !
  • Non vraiment, ne vous en faites pas, je
.
  • Les Uchiha ont des bons yeux, vous savez ! L’interrompit-elle, en lui faisant un clin d’Ɠil.

 

Kiku aida Mito Ă  se remettre debout et la traĂźna Ă  travers le quartier, jusque chez elle. Elle lui offrit un thĂ© et lui prĂ©senta sa mĂšre. Mito lui conta alors ses pensĂ©es et sa brĂšve discussion avec Madara. La jeune fille, quant Ă  elle, lui fit la promesse qu’elle allait tout arranger.

 

  • Ne vous en faites pas, Princesse ! Je ne laisserais pas mon clan sombrer !
  • 

  • Reposez-vous !
  • Kiku, je crois que vous ne saisissez pas ce que je veux dire !
  • J’ai trĂšs bien compris. Mais avec tout le respect que je vous dois, ce n’est pas votre affaire !
  • Euh ?!
  • J’ai moi aussi entendu de nombreuses rumeurs Ă  propos de mon clan. Je suis aussi en colĂšre. Mais c’est mon travail. Je m’assurerai que les Uchiha ne soient pas rejetĂ©s ! Faites-moi confiance !
  • Dans ce cas, soit !

 

Mito remercia chaleureusement sa nouvelle amie.

 

  • C’est marrant, son aura est aussi chaude et bienveillante qu’Hashirama


 

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  • 3 weeks later...

Dans le chapitre précédent

Les Hagoromo s’illuminent une derniùre fois.

Les Uchiha tentent d’échapper Ă  leur destin funeste.

 

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CHAPITRE IX

FLEURIR L'AMITIÉ, CONQUÉRIR L'AMOUR.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le village semblait vivre ses instants les plus paisibles depuis le trĂ©pas des derniers Hagoromo. L’attentat, perpĂ©trĂ© quelques heures plus tĂŽt, avait emportĂ© de nombreux guerriers Uchiha, et abĂźmĂ© quelques structures. AussitĂŽt les corps et dĂ©bris Ă©vacuĂ©s, Hashirama faisait Ă©talage de son ninjutsu de bois, reconstruisant les bĂątiments et rĂ©tablissant la vĂ©gĂ©tation, sous les yeux admirateurs des habitants. Cet Ă©pisode n’était plus qu’un mauvais souvenir.

 

Dans les rues, femmes et enfants, vieillards et jeunes hommes retournaient Ă  leurs occupations. Les discussions prenaient des airs de commĂ©rages malsains, s’accentuant parfois autour des porteurs du sharingan. Oui, les rumeurs allaient bon train.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Au quartier Uchiha, il n’y avait pas Ăąme dans ses ruelles. Le clan s’était cloĂźtrĂ©, pleurant, prĂ©parant et veillant ses dĂ©funts. Il priait aussi pour le bon rĂ©tablissement de ses blessĂ©s.

AttablĂ©e devant son thĂ©, devenu froid, Kiku mĂ©ditait. Elle repensait inlassablement aux paroles de son amie Mito, dont la sollicitude et les inquiĂ©tudes l’avaient touchĂ©. La jeune femme s’était montrĂ©e optimiste et sĂ»re d’elle, malgrĂ© cela, un mauvais pressentiment persistait. Elle ne pouvait contester l’ambiance rendue tendue par ces Ă©vĂ©nements tragiques. La colĂšre des shinobis se muait en haine, affectant peu Ă  peu, les civils.

 

  • Ma fille, ton thĂ© est froid

  • Oups ! Pardon maman ! Je dois y aller !
  • Mais

  • Peux-tu prĂ©parer encore du thé ?
  • Euh
 Mais
 Mais oĂč vas-tu ?!
  • Oh ! Et s’il te reste quelques encas, prĂ©pare-les aussi !
  • Mais attends

  • Je reviens !

 

À la hĂąte, Kiku rĂ©ajusta son kimono, se chaussa et sortie de la maisonnĂ©e. Elle frappa Ă  toutes les portes du quartier et invita les femmes Ă  venir chez elle. Une idĂ©e avait germĂ©.

AprÚs presque une demi-heure à faire le tour du secteur, tentant, tant bien que mal, de convaincre les ménagÚres de délaisser leurs affaires en cours, tout le monde était enfin réuni dans son salon.

 

  • Bien mesdames ! Tout d’abord merci d’ĂȘtre venues !
  • J’espĂšre que tu as une bonne raison de nous dĂ©ranger ! Lança une mĂšre, un brin irritĂ©e.
  • Viens-en aux faits ! Ordonna une autre.
  • Oui ! Bon
 J’ai croisĂ© la princesse Uzumaki en dĂ©but d’aprĂšs-midi. Beaucoup d’entre vous la connaissent dĂ©jĂ  et

  • Qu’est-ce qu’elle voulait ?!
  • 
 Euh
 Elle
 Elle voulait nous apporter son aide pour redorer notre blason !

 

Silence. Le groupe était tout ouïe.

 

  • Vous savez qu’il y a de nombreuses rumeurs sur nous
 Dont de graves accusations !
  • Et quoi ? Cette femme a l’intention de faire taire ces rumeurs ?
  • Non ! J’estime que ce n’est pas Ă  elle de le faire ! RĂ©pondit fiĂšrement la jeune femme.
  • Hmm
 J’ai toujours pensĂ© que cette idĂ©e de village commun Ă©tait une mauvaise idĂ©e !
  • Mon mari m’a dit que les Senju avaient fait tout ça pour nous prendre notre territoire
 On s’est fait avoir !
  • Oui ! Et cette Uzumaki cherche simplement Ă  avoir sa part du gĂąteau !
  • Une intrigante


 

Et le brouhaha reprit de plus belle.

 

Les femmes Uchiha faisaient Ă©cho Ă  la colĂšre de leurs hommes. Elles ressentaient si peu d’empathie de la part du village, qu’elles se sentaient, elles aussi, acculĂ©es. Kiku tentait de rĂ©tablir le calme. Peine perdue, elle n’avait plus le contrĂŽle de la situation.

 

  • Ça suffit ! Tonna Ritsuko, jusqu’ici silencieuse.
  • 
.
  • Écoutez ! Mito est probablement la seule Ă  essayer de nous aider ! Avons-nous reçu des condolĂ©ances de la part des autres clans ? Seule elle, s’est dĂ©placĂ©e
 Alors, je ne peux pas croire que vous pensez ce que vous dites !

 

Le silence se fit, Ă  nouveau. Cette fois, la honte s’était invitĂ©e. Kiku, remercia Ritsuko d’un regard entendu, avant de reprendre la parole.

 

  • Ce n’est pas le moment de nous soulever contre le village ! C’est trop tard pour faire machine arriĂšre. Nos hommes ont mauvaise rĂ©putation et notre fiertĂ©, le sharingan, est considĂ©rĂ© comme une menace pour beaucoup de shinobis !!
  • Que proposes-tu, alors ? Je n’ai pas beaucoup de temps, mon fils est blessé !
  • Et moi, mon Ă©poux est mort !!
  • TrĂšs bien, trĂšs bien ! Pour
 Pour celles qui le peuvent uniquement, j’ai pensĂ© qu’aprĂšs les enterrements de demain, nous pourrions organiser un grand repas en leurs honneurs. Un grand buffet avec toutes les spĂ©cialitĂ©s culinaires de notre clan et inviter tout le village !!
  • Ils ne viendront pas, dit une jeune femme, sceptique.
  • Qu’est-ce que ça nous apportera ?
  • Je ne comprends pas la finalitĂ© de ton plan

  • Du calme, laissez-moi vous expliquer ! Tout d’abord, la plupart des villageois n’ont jamais mis les pieds ici. C’est l’occasion de briser la glace. Ensuite, la nourriture apaise les esprits Ă©chaudĂ©s. Ce sera Ă  nous de nous montrer accueillantes et courtoises ! Notre comportement influera sur celui de nos hommes, et ils seront perçus moins menaçants ! RĂ©torqua Kiku, convaincue.
  • 

  • J’adhĂšre, mĂȘme si je pense que ce village ne mĂ©rite pas nos efforts

  • Je suis de la partie ! J’en profiterai pour cuisiner quelque chose Ă  mes garçons !

 

La proposition, bien qu’ayant reçu un accueil mitigĂ©, avait eu le mĂ©rite de calmer et de faire rĂ©flĂ©chir la communautĂ©. Kiku Ă©tait dĂ©cidĂ©e Ă  sauver son clan. AussitĂŽt le meeting finit, la jeune femme se retroussait dĂ©jĂ  les manches.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

À mille lieux du village shinobi et de ses prĂ©occupations, se trouvait la flamboyante capitale du pays du Feu ; KyĆ«shĆ«*. Au cƓur de ce chef-lieu, sur sa plus haute falaise, trĂŽnait l’imposant chĂąteau oĂč rĂ©sidait son shƍgun, Bonjin.

ÂgĂ© d’une trentaine d’annĂ©es, le souverain prospĂ©rait. EntourĂ© de ses richesses, de sa cour et de ses concubines, il vivait dans l’opulence, tout en prenant soin de rester sourd aux cris de son peuple. AffalĂ© sur un large zabuton*, Ă©ventĂ© et nourrit par des servantes, il Ă©coutait paresseusement ses conseillers lire les derniĂšres dolĂ©ances. AprĂšs un temps, il bailla bruyamment, et d’un simple geste, fit taire son vis-Ă -vis.

 

  • Parions, ordonna-t-il.

 

Les paris Ă©taient l’une de ses activitĂ©s favorites. En compagnie de ses ministres, de quelques daimyƍs* et nobles de la cour, le monarque misait sur les victoires et pertes des clans de son pays. Ils Ă©taient tels des marionnettistes jouant avec la chance des hommes, ou alors un Ă©crivain dĂ©cidant du destin de son hĂ©ros.

Ces riches hommes fleurissaient d’idĂ©es, et allongeaient de plus en plus d’argent. Ils furent pourtant dĂ©rangĂ©s par un garde du chĂąteau. AprĂšs moult rĂ©vĂ©rences, ce dernier reçu finalement le droit de s’exprimer :

 

  • Mon seigneur, il y a un homme aux portes du chĂąteau. Il dit avoir des informations importantes concernant un coup d’état Ă  votre encontre.
  • Un coup d’état ? Rit le seigneur.

 

De concert, la cour s’esclaffa. Était-ce si dĂ©sopilant ?

 

  • Bien, amenez-le-moi !

 

Un homme habillĂ© de guenilles, sale et blessĂ© fit son apparition. Il Ă©tait escortĂ© par des soldats le maintenant fermement par les Ă©paules. Lorsqu’il fut Ă  quelques mĂštres du monarque, ils le frappĂšrent Ă  l’arriĂšre des genoux afin de le faire s’incliner.

 

  • Cette immondice Ă  quelque chose Ă  m’apprendre ?
  • C’est les Senj


 

Le pouilleux fut brutalement frappé au visage.

 

  • Le seigneur ne t’a pas donnĂ© la parole ! Hurla le serviteur en cuirassĂ©.
  • Non ! Laissez-le parler !

 

Le shƍgun se releva brusquement, arrachant au passage l’éventail des mains de sa servante. Il avait fini de rire.

 

  • Tu voulais dire Senju, n’est-ce pas ?!
  • Oui
 Les
 Les Senju et les Uchiha se sont alliĂ©s !!
  • Foutaise !! Hurla un conseiller.
  • 
 Et comment le sais-tu ? Demanda un ministre.
  • Je suis un mercenaire, ou plutĂŽt j’en Ă©tais un
 Au service des Hagoromo


 

Silence. La cour était pendue aux lÚvres du misérable. Ce dernier poursuivit :

 

  • Habu-Sama s’en Ă©tait rendu compte et nous avons attaquĂ© il y a quelques jours
 Ils nous ont exterminé !!
  • Continue !

 

Bonjin devenait pĂąle Ă  l’entente de l’information. Il s’éventait nerveusement, Ă  mesure qu’il transpirait.

 

  • Non, je ne dirais rien de plus

  • Je vois, tu veux nĂ©gocier, hum ?
  • 

  • Tuez-le ! Ordonna un conseiller.
  • Non ! Allons, messieurs, nous ne sommes pas inhumains ! Sourit le chef d’état, tentant de se calmer.
  • 

  • Que veux-tu en Ă©changes ?
  • Je suis un fugitif, le pays de la Terre me recherche. Alors, je veux une protection, une maison, et de l’argent bien sĂ»r !
  • Tu auras tout ce que tu veux si tes informations sont de qualitĂ©s. Maintenant parle !
  • 
 Ils
 Ils ont construit un village et ils ne sont pas seuls. D’autres clans les ont rejoints, les Sarutobi, les Yuhi, les Kurama et les Hatake. Ils ont l’intention de vous renverser et de prendre le contrĂŽle du pays
 Habu-Sama
 Habu-Sama l’avait compris, et il est mort pour avoir essayĂ© de vous protĂ©ger !

 

Ces informations, qu’elles furent vraies ou fausses, eurent l’effet escomptĂ©. Dans la salle du trĂŽne, tout le monde Ă©tait silencieux ; c’était l’effroi. Le shƍgun Ă©tait devenu si blanc que les servantes Ă  ses cĂŽtĂ©s prirent rapidement leurs distances.

 

Aprùs quelques minutes, le monarque reprit contenance. Il se leva et s’approcha du gueux, l’examinant. Il finit par hurler des ordres :

 

  • Enfermez-le !
  • Non, attendez ! Attendez !!!
  • Je vais vĂ©rifier tes informations et si elles s’avĂšrent fausses, je planterais ta tĂȘte au bout d’une pique !

 

Lorsque les gardes eurent emporté le prisonnier, Bonjin se tourna vers ses collaborateurs :

 

  • PrĂ©parez mes meilleurs guerriers, ma cour et le palanquin royal, je veux voir cela de mes propres yeux !
  • Mon seigneur, si vous me le permettez ! Commença un ministre.

 

Il prit son silence comme une invitation Ă  continuer.

 

  • Nous parlons des deux plus puissants clans du pays ! Ils ont dĂ©fait les Hagoromo ! Nous devons ĂȘtre sĂ»rs qu’ils ne vous attaqueront pas. Laissez-moi prendre contact avec eux et annoncer votre arrivĂ©e, Bonjin-Sama.
  • 

  • Je vous en conjure, mon seigneur !
  • Soit, fait comme il te plaira ! Conclut le suzerain, finalement calmĂ©.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Timide matinĂ©e. Le ciel peinait Ă  se revĂȘtir de ses plus belles couleurs. Le soleil boudait. Les nuages grisonnants annonçaient l’arrivĂ©e du Dieu du Tonnerre. Les Uchiha s’étaient donnĂ©s rendez-vous au cimetiĂšre ; la seconde fois en quelques jours. PlantĂ© devant d’innombrables cercueils, fraĂźchement mis en terre, le clan, tout de noir vĂȘtu, faisait ses adieux Ă  ses vaillants guerriers. La tristesse, mĂ©langĂ©e Ă  la colĂšre et Ă  l’incomprĂ©hension Ă©taient de mise, mais les Uchiha restaient obstinĂ©ment impassibles.

 

Sasuke, Hashirama et ChĆ«shin s’étaient joints Ă  leur peine, silencieux et en retrait. AprĂšs presque une heure de cĂ©rĂ©monie, Madara et Izuna, en tĂȘte d’escorte, guidĂšrent les femmes et les enfants vers la sortie du cimetiĂšre, laissant les hommes achever les sĂ©pulcres. Les leaders des autres clans en profitĂšrent pour prĂ©senter leurs condolĂ©ances.

 

De retour au quartier Uchiha, le cƓur n’était pas Ă  la fĂȘte. Le ciel zĂ©brait parfois, obligeant les femmes et les enfants Ă  se rĂ©fugier chez eux, accentuant leurs solitudes. Kiku elle, plus tĂ©mĂ©raire, resta plantĂ©e dehors, fixant le ciel
 Celui-ci mettait son plan en Ă©chec. Elle dĂ©cida de le dĂ©fier.

La veille, la jeune femme avait mis les hommes Ă  contribution en leurs faisant porter et dresser, tables et bancs, dans les ruelles du quartier. Elle avait Ă©galement missionnĂ© les enfants pour porter ses lettres d’invitation aux autres clans. Tout avait Ă©tĂ© organisĂ© selon ses ordres. MalgrĂ© cela, les Ă©clairs et la pluie Ă©taient au programme. Si le village semblait rester de marbre, le ciel se chargeait de pleurer et de rager pour les Uchiha.

 

  • Cette rĂ©ception aura lieu quoiqu’il m’en coĂ»te ! Se jura Kiku.

 

Et comme la veille, la jeune Uchiha fit le tour du quartier. Une idée avait germé.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Lorsque les hommes rentrĂšrent aux quartiers, qu’elle ne fut pas leurs surprises de voir du monde dehors. Pourtant, l’ambiance et le temps ne s’y prĂȘtaient pas.

 

  • Messieurs, merci pour votre travail !

 

Kiku, rĂ©fugiĂ©e sous son ombrelle, les accueillit poliment Ă  l’entrĂ©e du quartier.

 

  • Nous avons disposĂ© des plats et des boissons. S’il vous plaĂźt, prenez le temps de visiter les stands !

 

Les femmes avaient déposé leurs préparations sur les tables, préalablement protégés par de larges ombrelles, et tentes improvisées. Les enfants, chaudement habillés, tournaient autour des stands, piochant, ici et là, quelques gourmandises.

 

Madara, devant ce spectacle, eu un sourire sincĂšre
 Une raretĂ©. Il comprenait que les femmes avaient besoin de se sentir utiles, et les enfants d’oublier leurs calvaires.

 

  • Madara-Sama, Izuna-Sama, voici du thĂ© pour vous rĂ©chauffer ! Proposa Ritsuko.
  • C’est une bonne initiative ! Complimenta Izuna.
  • C’est une idĂ©e de Kiku
 Sans elle, rien de tout cela n’aurait Ă©tĂ© possible !

 

AprĂšs quelque temps, la pluie s’affinait et quelques rayons de soleil perçaient enfin Ă  travers les nuages. Le clan semblait aussi plus apaisé ; les hommes discutaient entre eux et les femmes s’affairaient tout en surveillant les enfants.

C’est ce moment que choisit Mito pour faire son entrĂ©e. Elle Ă©tait accompagnĂ©e de Ran et Hiyori Sarutobi.

 

Silence

 

Le regard dur des hommes en disait long sur leur ressentiment. Bien malgrĂ© cela, les femmes se dĂ©pĂȘchĂšrent de les accueillir, ravies. Petit Ă  petit, d’autres personnes se prĂ©sentĂšrent, si bien, que le quartier fĂ»t bondĂ© Ă  la grande surprise des frĂšres leaders. Les festivitĂ©s avaient permis de renouer les liens, de baisser la garde et d’apprendre Ă  se connaĂźtre.

La rĂ©ception se prolongea jusqu’à l’heure du dĂ©jeuner. Madara prit congĂ© et regagna son bureau. MalgrĂ© les Ă©vĂ©nements, il avait un clan Ă  administrer.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Seul dans la pĂ©nombre, Ă©clairĂ© par une lampe sur pied en bambou, Madara Ă©tait plongĂ© dans la lecture de ses parchemins. De temps Ă  autre, ses sharingans s’animaient, dĂ©chiffrant des caractĂšres illisibles pour le commun des mortels. Ainsi, l’aprĂšs-midi fila sans mĂȘme qu’il ne s’en rende compte, absorbĂ© par les affaires internes du clan.

 

  • Madara-Sama, puis-je entrer ?

 

Le leader fut interrompu par un coup Ă  la porte.

 

  • Entre, Nadeshiko.

 

Faisant coulisser les shojis, la brune fit son apparition dans un kimono traditionnel bleu nuit. Elle portait une bouteille de sakĂ©* et ses deux coupes. Ravissante et fĂ©line, Madara la contemplait, pendant qu’elle s’approchait, faisant le tour de son bureau. Nadeshiko les servit, puis s’appuya sur le meuble.

Comme d’habitude, tout n’était que silence entre eux. Jamais gĂȘnant, toujours empreint de quiĂ©tude et de sĂ©rĂ©nitĂ©. L’homme et la femme, qui aux premiers abords n’avaient rien Ă  faire ensemble, semblaient se rejoindre sur ce point.

 

Ainsi, lorsqu’ils finirent le breuvage, la jeune femme se leva, commençant à retirer son obi. Faisant ainsi, elle attira l’attention de l’homme.

 

  • Trop lent


 

Elle se trouva soudainement interrompue par son compagnon, qui la retourna face contre le pupitre. Il arracha d’un coup sec sa ceinture, l’envoyant valdinguer Ă  l’autre bout de la piĂšce, puis releva abruptement le bas de son kimono, libĂ©rant ses longues jambes d’albĂątre.

Dans cette quasi-obscuritĂ©, Ă©clairĂ©s par l’unique flamme vacillante de la lanterne, les amants exaltaient, soupiraient et gĂ©missaient. Ils faisaient monter la tempĂ©rature, pendant que leurs ombres, projetĂ©es contre les fines parois de la piĂšce, dĂ©peignaient leurs Ă©bats, sans se soucier du monde extĂ©rieur.

Ce fut un instant de plaisir et de perdition total pour le couple, relĂąchant finalement la pression des derniers jours.

 

Madara avait baissĂ© sa garde. C’est pourquoi, il fut magistralement interrompu par l’ouverture fracassante des portes. Le couple s’immobilisa.

 

  • 

  • Ne vous arrĂȘtez pas pour moi, Madara-Sama !

 

Kiku, se dressait fiĂšrement devant le couple. Seule Nadeshiko semblait surprise et honteuse, tentant de cacher sa nuditĂ©. Kiku, quant Ă  elle, entra sans y ĂȘtre invitĂ©e, un plateau entre les mains. Elle se dirigea vers la table basse, l’air de rien :

 

  • Lorsque vous aurez fini, ayez au moins la politesse de goĂ»ter le travail des femmes de votre clan !

 

Sur ces mots, elle leur adressa un dernier regard éclatant de mépris et de déception, avant de tourner les talons.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Sur le chemin de sa maison, Kiku menaçait de s’effondrer, retenant ses larmes. Elle devait rester brave. Depuis toute petite, l’Uchiha faisait de nombreux efforts afin d’avoir la chance de marcher aux cĂŽtĂ©s de son chef. Bien qu’elle fĂ»t intĂ©ressĂ©e par son titre et sa gloire, Kiku s’éprit de lui au fil du temps faisant de son mieux pour ĂȘtre digne de lui. MalgrĂ© cela, Madara ne la regardait jamais. Maintenant, elle comprenait pourquoi.

 

  • Je faisais fausse route


 

Kiku marmonnait.

 

  • Je me demande bien ce qu’il m’a pris de m’intĂ©resser Ă  lui !

 

Kiku bougonnait.

 

  • Il ne me mĂ©rite pas, oui, c’est ça, il
.
  • Kiku ? Te voilĂ , je te cherchais partout !

 

Mito lui faisait face. Elle avait une brochette de viande entre ses doigts et la cherchait pour la féliciter. Mais la mine, à la fois triste et colérique de la jeune fille, lui effaça tout sourire.

 

  • Kiku, est-ce que tout va bien ?

 

Silence

 

La jeune fille avait filé, laissant la future Senju en plan.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Les jours passÚrent depuis le banquet proposé par les Uchiha. Nul doute que la vision de la plupart des habitants avait changé.

En cette journĂ©e printaniĂšre, alors que la rosĂ©e du matin s’évaporait dĂ©licatement, Hashirama se trouvait seul au QG. Il s’était installĂ© dans la piĂšce prĂ©vue pour les rĂ©unions, attendant patiemment l’arrivĂ©e de ses collaborateurs, tout en apprĂ©hendant grandement la rencontre.

L’attentat l’avait bouleversĂ© plus que de mesure. Il se sentait responsable. Cette mĂ©saventure semblait avoir installĂ© un climat si malsain au sein de la communautĂ©, qu’il lui a semblĂ© perdre tout contrĂŽle. Comme si son rĂȘve lui Ă©chappait Ă  nouveau.

 

Faisant les cent pas et marmonnant dans sa barbe, Hashirama ne remarqua pas l’arrivĂ©e du vieux chef Sarutobi. Ce dernier le salua :

 

  • Tu as une tĂȘte Ă  faire peur ! Mauvaise nuit ?
  • Ohh ! Bonjour MaĂźtre Sarutobi ! Je ne vous avais pas entendu arriver ! Hum
 Disons simplement que je redoute un peu ce rassemblement

  • Il ne faut pas ! Cette rĂ©union est lĂ  pour poser tous les problĂšmes Ă  plat !

 

Le jeune homme Ă©tait reconnaissant envers le doyen. Il Ă©tait toujours de bon conseil. Poliment, le Senju invita Sasuke Ă  s’asseoir, avant de lui servir une tasse de thĂ©. Alors que le duo conversait, le reste des leaders arrivait progressivement :

 

  • Bonjour Messieurs ! Eh bien, il semblerait que vous soyez les plus matinaux !
  • Oh Dame ShĂšn ! Bienvenue ! Je vous en prie, prenez place ! Incita Hashirama.

 

Cette matinĂ©e commençait donc sur des notes lĂ©gĂšres. D’ailleurs, dĂšs lors que tout le monde fut rĂ©uni, ils ne tardĂšrent pas Ă  plonger leurs mains dans les sujets les plus Ă©pineux.

 

  • La derniĂšre fois notre rĂ©union a Ă©tĂ© Ă©courtĂ©e, et depuis, nous n’avons pas eu l’occasion de nous retrouver. Cela pourrait durer un moment ! Annonça Hashirama.
  • Dans ce cas, n’attendons pas ! Commençons ! Invita ShĂšn.

 

Sans détour, Madara fut le premier à lancer le débat.

 

  • Le clan Hagoromo


 

Il fallait battre le fer pendant qu’il Ă©tait encore chaud. Ce nom seul, suffit Ă  refroidir l’atmosphĂšre.

 

  • 
 Parlons donc de la gestion de cette attaque.
  • Madara, permet moi de te renouveler, encore une fois, mes excuses !

 

Hashirama se leva et s’inclina devant son vieil ami.

 

  • Il me semble t’avoir rĂ©pondu que les excuses ne ramĂšneront pas les membres de mon clan !
  • Au moins, il s’est excusé ! TempĂ©ra Sasuke sans se dĂ©partir de son sourire bienveillant.
  • Ce qui est fait, est fait ! Maintenant, nous devons apprendre de nos erreurs et voir ce qui a pu pĂȘcher ! Coupa Shinku Yuhi, passablement embarrassĂ©.
  • Notre unité !

 

Tous les regards se tournùrent vers l’unique femme du groupe, dubitatifs.

 

  • Je vous demande pardon ? Questionna Hashirama.
  • J’ai menĂ© le groupe qui protĂ©geait les portes du village, et laissez-moi vous dire qu’aucun clan ne s’intĂ©resse Ă  l’autre. Alors forcĂ©ment, en ne connaissant pas les habilitĂ©s des uns et des autres, on ne peut combattre ensemble. Et il me semble que vous m’avez vendu le village comme une unitĂ©. Je n’ai rien vu de tel jusque-là

  • Je suis assez d’accord ! RenchĂ©rit ChĆ«shin.
  • Vous avez parfaitement raison, Dame ShĂšn. Nous devons travailler notre unitĂ©. Actuellement, nous ne sommes pas Ă  l’abri d’une nouvelle attaque. Nous devons nous connaĂźtre suffisamment pour pouvoir attaquer et dĂ©fendre, augmenter notre efficacitĂ©, notre organisation et surtout
 Nous faire confiance, expliqua Madara.
  • Je ne vois qu’une façon de mettre cela en pratique. L’entraĂźnement ! Dit Sasuke.

 

De fil en aiguille, chacun racontait son expĂ©rience au combat. GrĂące Ă  cela, de nombreuses mesures ont Ă©tĂ© prises ; le renforcement des tours de garde sur tout le territoire, l’utilisation exclusifs des bambous de foudres, la construction de tours de guets autour du village, des ajouts de postes d’avant-garde, des patrouilles dans les villages voisins, des entraĂźnements communs Ă  tous les clans, des Ă©quipements standardisĂ©s, et enfin l’identification de capitaines.

 

L’aprĂšs-midi fut consacrĂ© aux problĂ©matiques liĂ©es au village et au vivre-ensemble. Madara, Ă  nouveau, ouvrit les festivitĂ©s et avait bien l’intention de rĂ©tablir l’honneur de son clan.

 

  • Suite Ă  certains dĂ©rapages, j’ai eu une rĂ©union avec mes hommes
 Nous en avons retirĂ© que quoiqu’il puisse se passer, notre clan est toujours montrĂ© du doigt. C’est

  • Ce n’est pas vrai ! Je fais de mon mieux pour que la cohabitation se passe du mieux que possible ! Coupa maladroitement, Hashirama.
  • Alors dis-moi, pourquoi ne pas avoir rĂ©tabli la vĂ©ritĂ© lorsqu’une bagarre a Ă©claté ? Ou lorsque les Hagoromo se sont fait exploser ? À moins que cela soit ton clan qui s’amuse Ă  rĂ©pandre ces viles rumeurs !

 

Madara fixait son ami d’enfance, ses yeux rougeoyants de colùre. Aussitît, les autres maütres se levùrent, toutes armes dehors, en position de combat. Seul Sasuke Sarutobi demeurait imperturbable.

 

  • Rasseyez-vous.

 

Le doyen avait murmurĂ© cet ordre, pourtant, il fut clairement entendu. Sa voix d’ordinaire douce et chaleureuse devint dure et sĂšche, ne laissant place Ă  aucune contestation. Madara resta debout, dĂ©fiant son autoritĂ©.

 

  • Madara-Sama, rasseyez-vous !
  • 


 

Le vieil homme n’en dĂ©mordait pas. Le plus jeune non plus. Ils se dĂ©visageaient, sans ciller. AprĂšs plusieurs secondes d’un combat mental intense, Madara cĂ©da. Il se rassit.

 

  • Vos sharingans

  • Tsk

  • Merci. Vous ĂȘtes adultes et Ă  la tĂȘte de vos clans respectifs
 Avez-vous besoin de vous comporter ainsi ?

 

Les remontrances terminĂ©es, Sasuke reprit la discussion comme si de rien n’était. Sa voix retrouva sa douceur coutumiĂšre.

 

  • Hashirama-Sama, vous devez tenir vos hommes. J’ai dĂ©jĂ  entendu Tobirama une fois, je ne doute pas que beaucoup pensent comme lui.
  • 

  • Nous avons tous une histoire, nous avons tous Ă©tĂ© ennemis au moins une fois en mille ans. Mais nous devons apprendre Ă  vivre ensemble, et cela ne se limite pas qu’à la sphĂšre dirigeante. Nous devons l’inculquer Ă  nos familles, c’est notre devoir.

 

Hashirama gardait la tĂȘte baissĂ©e comme un enfant pris en faute. Il dit :

 

  • Vous avez ma parole que je parlerai Ă  mon clan !
  • Pendant qu’on y est, Hashirama-Sama, Madara-Sama, vous ĂȘtes les clans fondateurs, mais ça ne veut pas dire que nous sommes Ă  votre service ou avez le monopole, dit ChĆ«shin.
  • En effet, certains de vos membres nous mĂ©prisent
 Ajouta Shinku.
  • Soyez assurĂ© que je sanctionnerai quiconque s’amuserait Ă  cela, assura Madara.
  • J’en ferai de mĂȘme de mon cĂŽtĂ©, promis Ă  nouveau Hashirama.
  • Nos femmes se dĂ©brouillent bien mieux que nous, on dirait ! Lança Sasuke, souriant.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Alors que les chefs sortaient enfin de la longue et pénible réunion, Tobirama vint à leur rencontre :

 

  • Pardonnez-moi, mais il va falloir rallonger la rĂ©union !

 

Face aux visages curieux, le cadet Senju montra un parchemin.

 

  • Qu’est-ce donc ? Interrogea Madara.
  • Le shƍgun.

 

Cela suffit Ă  jeter un froid sur l’assemblĂ©e. Ils retournĂšrent tous dans la piĂšce.

 

  • Le shƍgun a eu vent de la crĂ©ation du village et de notre guerre contre les Hagoromo. Il souhaite nous rencontrer dans une semaine. Nous avons un dĂ©lai de deux jours pour lui envoyer une rĂ©ponse, auquel cas, il considĂ©ra cela comme une dĂ©claration de guerre.
  • Que veut-il exactement ? Demanda ShĂšn.
  • Probablement Ă©valuer notre force, tenter de mettre fin Ă  notre alliance, connaĂźtre notre position et notre organisation et que sais-je d’autres encore ! Lança Shinku sceptique.
  • Hum, acceptons de le recevoir, voyons ce qu’il veut, proposa spontanĂ©ment Hashirama.
  • Tu n’apprendras jamais !!!

 

Madara tapa du poing sur la table. Il était sidéré par le comportement presque inconscient de son vieil ami. Il éclata :

 

  • Le coup des enfants kamikazes ne t’a pas suffi ?!
  • Allons, allons ! Cette fois, nous prendrons des prĂ©cautions ! Intervint le vieux singe.
  • De toute façon, si nous refusons, nous serons exterminĂ©s. Il y a encore une multitude de clans dans le pays ! Dit ChĆ«shin.

 

Sasuke demanda le silence d’un simple geste de la main.

 

  • Tobirama, rĂ©pondez que nous acceptons !
  • Quoi ?!
  • Sarutobi-Sama, ne prenez pas des dĂ©cisions sans

  • Du calme ! Nous allons nous prĂ©parer !
  • Je vois, vous voulez espionner le camp du seigneur ? Sourit ShĂšn.
  • En effet !
  • Bien ! Vous avez dans ce village les meilleurs espions du pays !
  • Dans ce cas, ne nous privons pas !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Mito avait pris la route du quartier Sarutobi afin de passer son aprĂšs-midi avec Hiyori. En entrant dans le district, elle fut saluĂ©e par les singes Ă  grands coups de piaillements et autres cris, ce qui fit rire ses nombreux habitants. Rouge de honte, elle pressa le pas. Arrivant Ă  proximitĂ© de la maison, elle rencontra Samura, l’époux de son amie :

 

  • Oh bonjour, Princesse Uzumaki !
  • Bonjour ! Est-ce que Hiyori est Ă  la maison ?
  • Oui ! DĂ©solĂ©, elle est en train de finir le dessert
 Les enfants lui rĂ©clament des dorayakis* depuis ce matin !
  • Je vois, je peux passer un petit peu plus tard, vous semblez occupĂ©s !
  • Certainement pas !

 

Du fond de sa cuisine, Hiyori l’avait entendu.

Les enfants s’étaient accrochĂ©s Ă  leur mĂšre, rĂŽdant autour d’elle, pendant qu’elle s’affairait. Cette derniĂšre, les envoya saluer Mito. Miza et Kika, les jumelles de cinq ans s’amusaient Ă  rendre folle la rouquine. Quant Ă  Iwamaru, le petit garçon de trois ans, essayait tant bien que mal de suivre ses sƓurs dans leurs escapades. Quand ce n’étaient pas les invitĂ©s, les enfants grimpaient sur leur pĂšre, semblant l’assimiler Ă  un toboggan humain.

 

  • Voici votre thé !
  • Merci !  

 

Mito, installĂ©e dans le salon devant un thĂ© chaud, conversa avec Samura jusqu’à l’arrivĂ©e de Hiyori. L’homme Ă©tait un blagueur invĂ©tĂ©rĂ©. Sa paternitĂ© avait Ă©veillĂ© en lui le devoir impĂ©ratif de faire rire ses trois petits monstres quoi qu’il puisse se passer. Au sein du clan, il avait le rĂŽle de dresser les primates les plus rĂ©calcitrants, et force est de constater qu’il Ă©tait douĂ©.

 

Lorsqu’enfin la jeune femme fit son apparition, celui-ci s’éclipsa emportant avec lui, les enfants et leurs desserts. Il les emmenait jouer avec les singes afin de laisser un peu d’intimitĂ© aux deux amies.

 

  • Tu sembles tendue, tout va bien ? Questionna Hiyori.
  • Je suis un peu stressĂ©e, je me suis rendue compte que j’avais plus de facilitĂ© Ă  discuter avec les femmes du village qu’avec celles de mon clan

  • Y a-t-il un problĂšme avec les Senju ?
  • Je crois oui. Elles ne m’apprĂ©cient pas. Depuis mon arrivĂ©e, elles m’ignorent. À chaque fois que je fais un pas vers elles, je rĂ©colte leur dĂ©dain.

 

Mito Ă©tait dĂ©pitĂ©e. C’est pourquoi elle cherchait rĂ©confort et conseils auprĂšs de la Sarutobi. Cette derniĂšre n’était pas langue de bois. Et puisqu’elles Ă©taient amies, la jeune mĂšre ne prenait pas de pincettes :

 

  • Hum, tu as sĂ»rement dĂ» faire quelque chose qui les a mis sur leurs gardes. Je suis sĂ»re que tu as une petite idĂ©e !
  • Je ne suis toujours pas mariĂ©e. Elles pensent que je me joue d’Hashirama-Sama

  • VoilĂ  un problĂšme ardu.
  • 

  • Traditionnellement, tu es censĂ©e te marier Ă  ta majoritĂ© et je comprends qu’elles nourrissent du ressentiment Ă  ton Ă©gard.
  • 

  • Si Hashirama-Sama dĂ©cĂšde et qu’il ne laisse pas d’enfants derriĂšre lui, tu ne seras pas uniquement pointĂ©e du doigt, on te tiendra pour responsable. Il a une particularitĂ© extrĂȘmement rare, et bien sĂ»r, le clan attend de voir cette facultĂ© se transmettre Ă  sa descendance !
  • Je suis au courant de tout cela ! Hashirama-Sama et moi avions convenu d’attendre que les temps soient moins durs

  • Alors tu as ta rĂ©ponse pour les aborder !
  • Comment ça ?
  • Le village a Ă©tĂ© créé pour calmer les guerres. Explique-leur que tu as l’attention de te marier maintenant qu’il y a moins de danger !
  • Oui, ça pourrait fonctionner.
  • Mito, je ne te juge pas. Je suis moi aussi passĂ©e par lĂ . Lorsque j’ai Ă©pousĂ© Samura, nous avons choisi d’attendre un an avant d’avoir des enfants. Et j’ai Ă©tĂ© soulagĂ©e lorsque j’ai donnĂ© naissance Ă  des filles. Je ne me voyais pas vivre en perdant mes petits sur un champ de bataille.
  • Je te remercie Hiyori, tu es vraiment de bon conseil ! Tu ressembles Ă  ton grand-pĂšre !

 

C’est sur cette conversation que les deux amies se quittĂšrent. Mito armĂ©e d’un dorayaki, fila vers le quartier Senju prĂȘte Ă  faire le premier pas.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le district Senju n’avait rien Ă  envier aux autres quartiers. Il Ă©tait situĂ© au sud-est du village. L’entrĂ©e s’ouvrait sur une large route pavĂ©e, coiffĂ©e en son long, d’arbustes magnifiquement taillĂ©s, agrĂ©mentĂ©s par des lanternes en pierre reprĂ©sentants des dragons enroulĂ©s. Les maisons Ă©taient toutes des plains-pieds en bois, collĂ©es les unes aux autres. En avançant le long de la rue, il y avait une petite place oĂč se dressait fiĂšrement un vieux chĂȘne. Cet arbre dĂ©corĂ© d’un Ă©pais shimenawa*, portait juste sous la naissance de ses premiĂšres branches, les kanjis du clan. Enfin, au fond du village, se trouvait la maison principale et accessoirement l’endroit oĂč elle avait Ă©lu domicile.

 

La rouquine se dirigea vers la petite place oĂč elle aperçut des femmes surveillants leurs enfants jouer. Elle s’avança vers elles :

 

  • Bonjour, pourrais-je avoir votre attention ?

 

Les femmes prirent leurs enfants et s’éloignĂšrent d’elle, sans plus de cĂ©rĂ©monie.

 

  • Non, attendez ! S’il vous plaĂźt ! Parlons, je suis prĂȘte Ă  vous Ă©couter !
  • Et si nous, nous ne voulons pas vous Ă©couter, hum ? Questionna abruptement une mĂšre.
  • Je sais qu’il y a des diffĂ©rends entre nous, mais j’aimerais les rĂ©gler, donnez-moi la chance de m’expliquer, s’il vous plaĂźt !

 

Mito s’inclina respectueusement devant elles. Faisant face Ă  un silence lourd, elle rĂ©itĂ©ra.

 

  • Pourrais-je vous inviter Ă  boire un thé ?
  • Ici, vous ĂȘtes l’invitĂ©e, Princesse Uzumaki ! Corrigea une dame.
  • Parlez ici, ou regagnez vos quartiers !

 

Mito se sentait humiliée.

 

  • Bien ! Hashirama-Sama et moi avons dĂ©cidĂ© d’attendre de nous marier. Je sais que cela vous a posĂ© problĂšme par le passĂ©, et je m’en excuse !  Aujourd’hui, je suis prĂȘte Ă  franchir le pas !
  • Vous avez Ă©tĂ© Ă©goĂŻste ! Je ne comprends pas pourquoi Ashina-Sama vous a laissĂ© faire !
  • Nous, nous n’avons pas eu le choix ! Comme toutes les femmes de ce village, nous avons Ă©tĂ© mariĂ©es, dĂšs nos dix-huit ans !
  • À cet Ăąge-lĂ , Hashirama-Sama aurait dĂ©jĂ  un hĂ©ritier avec les capacitĂ©s de manipulation et crĂ©ation du bois !
  • Oui, c’est bien vrai ! Nous sommes forts, et par vos choix stupides, vous avez affaibli notre clan !

 

Alors que les Senju s’acharnaient, une autre, plus jeune, venait ajouter son grain de sel :

 

  • Mesdames, elle n’est peut-ĂȘtre pas une Senju, mais elle reste la princesse des Uzumaki. Il faut la traiter avec plus de respect !

 

Sazanka, la plus belle femme parmi son clan, faisait une entrĂ©e théùtrale. Les autres femmes s’effacĂšrent aussitĂŽt. Ayant vu l’attroupement depuis sa maison, la jeune fille dĂ©cida de faire de cette humiliation, un vĂ©ritable lynchage public. Mito, quant Ă  elle, tenait bon, paupiĂšre close, mais tĂȘte parfaitement droite, elle prenait les remarques de pleins fouets, comme si on lui administrait des claques Ă  rĂ©pĂ©titions.

 

  • Princesse Uzumaki
 Si votre pĂšre est si concilient, pourquoi ne pas avoir annulĂ© vos fiançailles ?
  • J’aime Hashirama-Sama.

 

Sazanka tournait autour de Mito, tel un vautour. Elle allait et venait sans cesse, faisant virevolter sa longue jupe rose pùle composant son hanbok*. Elle continua son interrogatoire :

 

  • Alors si vous l’aimez, pourquoi ne pas avoir annulĂ© vos fiançailles ?
  • Pourquoi devrais-je annuler mes fiançailles ?
  • Pourquoi, demande-t-elle, hahaha !

 

Un rire contagieux.

 

  • Votre caractĂšre Ă©goĂŻste ne vous laisse pas voir le problĂšme tel qu’il est.
  • 

  • Hashirama-Sama Ă©tait l’hĂ©ritier Ă  l’époque oĂč vous l’avez rencontrĂ©. Puis, il est devenu notre chef. Son devoir avant tout, mais il a fait le choix de vous Ă©couter et d’attendre. Savez-vous combien d’ennemis, il a ?
  • 

  • Savez-vous qu’il n’est pas Ă©ternel ?!

 

L’effrontĂ©e laissa exploser sa colĂšre, approchant son visage de la rouquine, elle hurla :

 

  • Si vous l’aimiez vraiment, vous auriez renoncĂ© Ă  lui !
  • Peut-ĂȘtre, mais les choses ne se sont pas passĂ©es ainsi.

 

Mito ne se dĂ©robait pas Ă  son regard. Au contraire, de ses yeux bleus nuit jaillissaient des Ă©clairs. Elle reprit contenance et se tourna vers l’assemblĂ©e :

 

  • Aujourd’hui, nous sommes proches de la paix. Je

  • Aucune femme de ce clan ne vous soutiendra, vous n’ĂȘtes pas la bienvenue !

 

Sazanka venait de lui couper l’herbe sous le pied.

 

  • Oh et puis, histoire que ça soit claire, je n’ai pas l’intention de vous laisser avec le maĂźtre. Je lui montrerai qu’il se trompe et que vous n’ĂȘtes que de la poudre aux yeux !

 

Sur ces mots, la brunette quitta le regroupement, fiĂšre d’elle. Les femmes retournĂšrent Ă  leurs occupations toutes aussi fiĂšres, ignorant de nouveau « l’invitĂ©e ».

Mito se recomposa un visage neutre et reprit son chemin jusqu’à ses quartiers comme si de rien n’était.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

À l’hĂŽpital, Tƍka Ă©mergeait enfin aprĂšs une semaine de coma lĂ©ger. Sa blessure Ă  l’abdomen avait nĂ©cessitĂ© des soins plus poussĂ©s, mais la douleur avait eu raison d’elle. Les aides-soignantes, trĂšs attentionnĂ©es, lui avaient donnĂ© les derniĂšres nouvelles. Alors qu’elle rĂ©flĂ©chissait aux derniers Ă©vĂ©nements, Izuna vint toquer Ă  sa porte.

 

  • La princesse endormie est de retour parmi nous !
  • Que viens-tu faire ici ?
  • C’est marrant, il fait subitement froid, tu ne trouves pas ?
  • 

  • Tobirama est venu te voir plusieurs fois. Cette chambre Ă©tait Ă  deux doigts de devenir un igloo !

 

Alors qu’Izuna riait Ă  ses propres blagues, la jeune femme sourit lĂ©gĂšrement.

 

  • Plus sĂ©rieusement, j’étais inquiet pour toi !
  • ArrĂȘte ça, je ne suis pas faible ! Ce genre de blessures ne peut me tuer !
  • Je n’ai jamais dit que tu Ă©tais faible


 

Tƍka rougit. Elle changea de sujet.

 

  • Mes condolĂ©ances pour vos pertes.
  • Merci. Vous aussi, avez eu des morts
 Alors mes condolĂ©ances.
  • Hum.
  • Les aides-soignantes m’ont dit que tu pourras sortir d’ici peu, je me porte volontaire pour t’aider Ă  rentrer chez toi !
  • Je n’ai pas besoin d’aide !
  • Du calme, accepter de l’aide n’est pas un signe de faiblesse.
  • Je demanderais Ă  Tobirama, ne t’en fais pas.

 

Izuna fit la moue. Décidément, Tobirama prenait trop de place dans cette conversation.

 

  • J’insiste !
  • 

  • J’aimerais vraiment te raccompagner.

 

Tƍka rougit Ă  nouveau. Elle dĂ©tourna le regard vers la fenĂȘtre, cherchant une rĂ©ponse. Manque de bol, le jeune homme mit fin Ă  la conversation.

 

  • Je repasserai te voir demain !
  • Oh, trĂšs bien, merci d’ĂȘtre passé 
  • Oups, j’allais oublier !

 

L’Uchiha sortit de sa manche une petite boite, qu’il dĂ©posa dans le creux de sa main et disparut. Tƍka l’ouvrit et dĂ©couvrit un bashƍ* en ivoire enroulĂ©, formant un cĂŽne, dĂ©corĂ© d’une fleur de pĂȘcher de couleur bordeaux. Elle fut Ă©mue, mais tenta de retenir ses larmes. Elle repensa Ă  son shamisen dĂ©truit durant l’attaque.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le soleil dĂ©clinait doucement mais sĂ»rement, offrant aux habitants du village, un spectacle de toute beautĂ©. Les chaudes couleurs des soirs de fin de printemps Ă©taient comme une promesse d’un Ă©tĂ© oĂč la vie serait plus facile.

 

Hashirama rentrait enfin chez lui, extĂ©nuĂ© par cette journĂ©e, mais satisfait d’avoir enfin pu avancer. Il avait le sentiment que toute cette rancƓur, jetĂ©e sur la table, avait finalement permis Ă  Madara de faire un pas vers lui. Leur dispute d’aujourd’hui l’avait ramenĂ© Ă  leur enfance, oĂč l’Uchiha le grondait sans cesse. Le Senju avait le sentiment d’avoir retrouvĂ© son ami.

Il fut saluĂ© par son clan, et Sazanka lui offrit mĂȘme une petite boite pleine de sucreries. Hashirama la trouvait toujours resplendissante, elle Ă©tait Ă  ses yeux, la plus belle fleur du clan. Il reconnut qu’elle aurait fait une parfaite Ă©pouse pour lui, s’il n’avait pas eu Mito.

 

Pensant Ă  cette derniĂšre, il la rejoignit. La rouquine Ă©tait assise dans le jardin, semblant pensive. Il s’asseyait prĂšs d’elle et la regarda amoureusement, mais fut pris de court.

 

  • Mito !! Que
 Qu’es
 Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi pleures-tu ?

 

Perdant contenance, il se releva, ne sachant que faire face Ă  une femme en pleurs.

 

  • Laisse-moi seule, s’il te plaĂźt

  • Non ! Non, je ne vais pas te laisser seule alors que tu souffres !

 

Il se rassit prĂšs d’elle, et la saisit par les Ă©paules.

 

  • Ma douce, que se passe-t-il ?
  • J’ai tout essayĂ© pour me faire accepter dans ton clan
 Mais elles ne veulent pas de moi

  • Dans mon clan ? C’est aussi le tien !
  • Non, je suis l’invitĂ©e des Senju. Je l’ai appris aujourd’hui, Ă  mes dĂ©pens


 

Le shinobi se renfrogna.

 

  • Qui ?
  • Je ne te donnerais aucun nom.
  • Des membres de mon clan ont manquĂ© de respect Ă  ma fiancĂ©e, ça ne restera pas impuni !
  • Et puis quoi ? Elles obĂ©iront Ă  tes ordres, mais je ne gagnerais jamais ma place parmi elles !
  • Hum, peut-ĂȘtre devrais-tu rentrer aux Pays des Tourbillons quelque temps, retrouver tes sƓurs et tes cousins, ça te fera du bien. Puis une fois ressourcĂ©e, tu reviendras ici pour leur montrer qui est Mito Uzumaki !

 

Il avait réussi à mettre un sourire sur son visage.

 

  • Tu es si gentil.

 

Mito caressa la joue de son compagnon. Ce dernier s’empourpra.

 

  • Mais non, je vais rester ici et m’imposer ! Je vais leur montrer que j’y ai ma place !

 

Mito Ă©tait ce genre de femme, toujours stoĂŻque, semblant froide et inaccessible. Cependant, son sĂ©jour dans ce village et ses nouveaux liens crĂ©es l’avaient dĂ©ridĂ©. Elle souriait plus facilement, montrait ses sentiments en public et Ă  l'avenir, elle n’hĂ©sitera plus Ă  montrer les crocs. Oui, les Uzumaki provoquent des tourbillons partout oĂč ils passent, et il est temps qu’elle fasse honneur Ă  son nom.

 

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Dans le chapitre précédent

Le Shƍgun entre dans la danse.

Le gouffre des diffĂ©rences, empĂȘche l’expression des sentiments.

 

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CHAPITRE X

LES SOUVENIRS DU VENT ASSOMBRISSENT LES NUAGES.  

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Un petit matin peu commun. Le village s’affairait ; sa rue principale Ă©tait en effervescence. Les habitants affluaient et s’entassaient derriĂšre une longue barriĂšre de bois, placĂ©e tout le long de la route jusqu’au palais. Des lampions et des origamis suspendus Ă  l’effigie des clans dĂ©coraient la rue.  Quelques yatais s’étaient discrĂštement stationnĂ©s entre les ruelles, fournissant boissons chaudes et gourmandises. Les immenses portes du village, majestueuses, avaient Ă©tĂ© peintes en vert, et le kanji « feu » tracĂ© en rouge, pour l’occasion.

 

Les shinobis exceptionnellement inflexibles, hurlaient des ordres, interdisaient certains accĂšs aux habitants, et guettaient nerveusement les alentours. Ils Ă©taient Ă  l’image de leurs dirigeants. Ces derniers, Ă©lĂ©gamment vĂȘtus, attendaient Ă  l’entrĂ©e du palais.

 

Mais quelle était la cause de toute cette agitation ?

 

En cette si belle matinĂ©e, dĂ©jĂ  bien avancĂ©e, le village attendait l’arrivĂ©e imminente du shƍgun.

Et parce que le Seigneur du Pays ne se montrait que rarement au public, ses sorties Ă©taient contrĂŽlĂ©es au millimĂštre prĂšs. Pour les chefs de clans, il s’agissait de protĂ©ger, Ă  la fois, le monarque et les habitants d’une Ă©niĂšme tentative d’attentat.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Un long cortĂšge avançait pĂ©niblement Ă  travers des chemins de terre à peine tracĂ©s, au beau milieu d’une vĂ©gĂ©tation abondante. Il Ă©tait composĂ© de trois palanquins en bambou, dĂ©corĂ©s d’or et de rideaux de soies, conduit par des serviteurs robustes. De nombreux gardes entouraient ces vĂ©hicules, afin de contrer toutes attaques inopinĂ©es. Des servantes portaient, quant Ă  elles, de longs Ă©ventails Ă  plumes et des meubles lĂ©gers dans lesquels se trouvaient des victuailles. Enfin, sept hommes se distinguaient du reste du groupe par leurs armures dorĂ©es et capes rougeoyantes : deux marchaient de part et d’autre du palanquin situĂ© au milieu, trois ouvraient la route, et les deux derniers la fermaient. Il s’agissait des « sept lances enflammĂ©es », la puissante garde rapprochĂ©e au service exclusif du shƍgun.

 

Alors que le groupe approchait le nouveau territoire du village caché, un groupe de sentinelle se présenta, perché en hauteur :

 

  • Qui va là !! Hurla l’une des « sept lances ».
  • Nous appartenons au village. Nous avons ordre de vous guider !
  • 
 Nous vous suivons !

 

Au mĂȘme moment, la nouvelle arriva au village.

 

  • MaĂźtres ! Le shƍgun vient de franchir notre territoire. Son arrivĂ©e est imminente.
  • Parfait ! Ouvrez les portes du village et tenez-vous prĂȘts !

 

AprĂšs de longues minutes d’attentes, un son se fit entendre ; une corne soufflĂ©e par l’un des gardes du suzerain pour signifier leur entrĂ©e dans le village. Les chefs de clans se tenaient devant le palais principal, alignĂ©s, visages sĂ©rieux et droits.

 

Un long silence entrecoupé par les bruits de pas lourds des serviteurs portants les palanquins.

 

Le cortĂšge fit finalement son entrĂ©e. Les shinobis se mĂȘlaient Ă  l’escorte afin de former une ligne de part et d’autre de la rue principale, crĂ©ant une barriĂšre supplĂ©mentaire entre les habitants et les invitĂ©s. La population civile s’inclinait respectueusement au passage du shƍgun et de ses suivants.

Ce fut un moment agrĂ©able. Les habitants dĂ©voraient du regard les vĂ©hicules magnifiquement ornĂ©s, s’étourdissaient devant les beautĂ©s, et s’impressionnaient devant les guerriers renommĂ©s de Son Altesse Royale. Pourtant, les rideaux de soies du palanquin Ă©taient restĂ©s obstinĂ©ment fermĂ©s.

 

Le cortĂšge s’arrĂȘta devant le palais, au pied des marches. Les leaders du village s’inclinĂšrent poliment, tandis que Bonjin sortait enfin.

Étant l’aĂźnĂ©, le plus expĂ©rimentĂ© et le plus sage du groupe, Sasuke Sarutobi fut choisi pour reprĂ©senter le village durant cette rencontre. Il s’avança :

 

  • Seigneur Bonjin, j’espĂšre que vous avez fait bon voyage ! C’est un vĂ©ritable honneur de vous rencontrer.

 

Le souverain ne rĂ©pondit pas. Il regardait autour de lui, quelque peu dĂ©goĂ»tĂ© par les lieux. Le vieux singe n’en fit peu cas et guida le groupe Ă  l’intĂ©rieur du palais jusqu’à la salle de rĂ©union. Tout avait Ă©tĂ© mis en place pour son accueil.

Encore une fois, le suzerain s’installa nonchalamment, toujours indiffĂ©rent Ă  ses hĂŽtes. Autour de lui, les « lances enflammĂ©es » bouclaient la salle, ses ministres Ă  sa droite et Ă  sa gauche, et ses serviteurs Ă  ses pieds et derriĂšre lui.

 

Pendant que la cour finissait de s’établir, les chefs de clans s’asseyaient devant le MaĂźtre du Pays. Ce dernier ne les lĂąchait pas du regard. Il entama la conversation :

 

  • Ce n’était donc pas qu’une rumeur. Vous vous ĂȘtes bel et bien alliĂ©s et avez construit un village. Quelle est la raison de votre regroupement ?

 

Une nouvelle fois, Sasuke prit la parole en sa qualité de représentant :

 

  • Mon seigneur, permettez-moi de rĂ©itĂ©rer mes dĂ©clarations. Nous sommes honorĂ©s de votre prĂ©sence.

 

Le vieil homme savait qu’ils marchaient sur des Ɠufs. Il fallait Ă©viter de le froisser.

 

  • Nous avons pensĂ© vous parler de ce projet, mais avons fini par nous dire qu’il fallait que vous puissiez voir cela de vos propres yeux. Le village n’est pas tout Ă  fait fini, c’est la raison pour laquelle nous avons gardĂ© cela secret.
  • 

  • Pour rĂ©pondre Ă  votre question, la raison de notre regroupement est un dĂ©sir de paix mutuel.
  • Tiens donc ! Vous avez cessĂ© de vous entretuer, et avez dĂ©cidĂ© de vivre en osmose ?

 

Le seigneur ricana. Ses ministres sourirent Ă  sa plaisanterie.

 

  • Nous ne pouvions plus continuer Ă  nous dĂ©chirer. Mettre ses prĂ©jugĂ©s de cĂŽtĂ© est un signe de sagesse, mon seigneur.

 

Furibond, le monarque hurla :

 

  • Je n’y crois pas ! Mes sources m’indiquent que votre coalition vise uniquement Ă  me dĂ©truire !
  • Jamais !

 

Madara sourit discrĂštement, s’attendant Ă  ce comportement de la part d’Hashirama. Ce dernier, s’apprĂȘtait Ă  se lever, lorsqu’il fut saisi par le bras. Le vieux chef Sarutobi le sommait silencieusement de se rasseoir et de ne pas faire d’esclandre. Il poursuivit rapidement, espĂ©rant faire oublier ce moment :

 

  • Je peux vous assurer que nous n’avons en tĂȘte que de ramener la paix au pays, offrir un avenir meilleur Ă  nos enfants !
  • Remettriez-vous en doute mes informations ?
  • Mon seigneur

  • C’est lĂ  le rĂŽle de Bonjin-Sama, d’apporter la paix au pays ! Certainement pas le vĂŽtre ! Lança le ministre de gauche.
  • En effet, votre mission est d’obĂ©ir en silence ! Ajouta le ministre de droite.

 

Aprùs quelques secondes d’un silence pesant, Madara prit la parole :

 

  • Quelle rĂ©ponse attendez-vous ?

 

Cette question fit sourire le suzerain.

 

  • Vous saisirez la moindre occasion pour nous faire la guerre.
  • Comment osez-vous ?! S’insurgea le ministre de droite.

 

Bonjin aimait les impertinents, et l’Uchiha en Ă©tait dĂ©finitivement un.

 

  • Ceux qui mirent votre parole en doute se sont fait exterminer ! Accusa le ministre de gauche.
  • Ou peut-ĂȘtre ont-ils refusĂ© de vous rejoindre ? Provoqua le ministre de droite.
  • Tout ce que je vois, c’est un regroupement de six clans, dont deux sont monstrueusement puissants, les quatre autres excellent dans des domaines qui peuvent se complĂ©ter. Ce que je distingue, c’est un groupe dangereux, capable de renverser un pays, qui a construit sa base sur un territoire naturellement fortifiĂ©.

 

Le shƍgun Ă©tait fin observateur. Personne ne pouvait en douter, dĂ©sormais.

 

  • Votre paix ne m’intĂ©resse pas. Je vous demande de vous sĂ©parer. Pour les Yuhi, Kurama, Sarutobi et Hatake, je vous autorise Ă  regagner vos anciens territoires.

 

Le seigneur avait fini de rire.

 

  • Attendez, Bonjin-Sama, restez au village, visitez-le et vous verrez que nous ne sommes pas en train de prĂ©parer la guerre ! Je vous en prie ! QuĂ©manda Hashirama.
  • SĂ©parez-vous, je donnerais un coffre d’argent aux clans qui se montreraient disciplinĂ©s. N’oubliez pas, je suis votre supĂ©rieur, et vous me devez obĂ©issance. Je saurais me montrer clĂ©ment et extrĂȘmement gĂ©nĂ©reux. En cas d’insubordination, attendez-vous Ă  une pluie de sang !
  • Je vous en prie, restez au village et voyez par vous-mĂȘme ! RĂ©cidiva Hashirama.
  •  Je ne resterai pas une seconde de plus dans ce taudis !

 

Le seigneur se leva. Il se tourna une derniÚre fois vers le groupe, menaçant :

 

  • Vous avez une semaine ! J’attends votre rĂ©ponse.

 

Sur ces mots, le souverain et sa cour quittĂšrent le palais et bientĂŽt, sa prĂ©sence au village ne fut plus qu’un lointain souvenir. Le chef Sarutobi fut le seul Ă  raccompagner Bonjin jusqu’aux portes du village, tandis que le reste du groupe resta dans la piĂšce, sonnĂ© par la rencontre.

 

  • On s’est fait avoir
 Encore une fois ! Lança Madara.
  • Comment ça ? Questionna Hashirama.
  • On dit que le shƍgun est un imbĂ©cile. Il est dĂ©sormais clair que cet homme est entrĂ© dans ce village pour voir notre installation. Sa dĂ©cision Ă©tait dĂ©jĂ  prise depuis longtemps. Il n’a jamais eu l’intention de nous Ă©couter ! Vous aviez visĂ© juste Shinku-Sama ! RĂ©pondit ChĆ«shin.

 

Oui, Bonjin est le seigneur du pays du Feu, et un GĂ©nĂ©ral de guerre. En ces qualitĂ©s, il avait bĂ©nĂ©ficiĂ© des meilleurs enseignements aux arts de la guerre. L’homme royal Ă©tait un ĂȘtre perverti par le pouvoir et enivrĂ© par les plaisirs les plus cruels. Comme un enfant aime Ă  explorer et dĂ©couvrir, en arrachant les ailes d’une libellule, le vil seigneur jouait avec la vie de son peuple et observait son comportement.

Face aux six clans rebelles, il avait intelligemment semĂ© les graines de la discorde en promettant des morts et de l’argent. Les plus cupides viendront Ă  lui, et les plus inquiets se soumettront en retournant Ă  leurs terres d’antan.

VoilĂ  pourquoi aprĂšs cette dĂ©sastreuse rencontre, les clans se retirĂšrent dans leurs quartiers afin d’examiner les arguments du souverain.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le quartier Kurama se situait au centre du village. Il Ă©tait beaucoup plus petit que les autres districts. Ainsi, il s’ouvrait sur un haut portillon Ă  deux battants distinguĂ©s par les emblĂšmes du clan. À l’intĂ©rieur, un jardin fleuri, dans lequel poussaient des plantes parfumĂ©es, destinĂ©es Ă  l’utilisation des techniques d’illusions. Au fond de cet espace, une discrĂšte entrĂ©e donnant sur deux couloirs couverts menant aux habitations. Les maisons Ă  deux Ă©tages, richement dĂ©corĂ©es se suivaient les unes juxtaposĂ©es aux autres, fracturĂ©es par quelques passages Ă©troits et formant un carrĂ© parfait. Devant chacune de ces maisons se trouvaient un brĂ»le-parfum en cĂ©ramique finement garni de dessins Ă  la peinture, et un lampion sur pied en pierre enjolivĂ© d’un oni*. Au centre du quartier, une place offrait une vue sur la totalitĂ© du clan, et personne ne pouvait affirmer oĂč se trouvait la maison-mĂšre. De mĂȘme, c’est au centre de cette agora que se dĂ©roulaient les entraĂźnements et les rĂ©unions Ă  l’abri des regards indiscrets. Au sein mĂȘme de la communautĂ© du village, les Kurama continuaient Ă  vivre reclus. Les habitants ne s’aventuraient jamais prĂšs de ce quartier.

 

Suite au passage du shƍgun, ShĂšn avait rĂ©uni l’ensemble de son clan. La noble dame utilisait la totalitĂ© de ses ressources, incluant femmes et enfants. Tout n’était qu’une question de profits. Depuis sa prise de pouvoir, elle avait changĂ© les rĂšgles et conduit son clan Ă  la richesse absolue, et cela, malgrĂ© leur manque de puissance.

 

  • Nous changeons nos plans, le shƍgun propose de l’argent en Ă©change de notre sĂ©paration d’avec ce village. Il est parti il y a une heure. Qui est de garde ?
  • Je suis de garde !
  • Bien, assure-toi de te sĂ©parer du reste de ton groupe de surveillance et passe un message aux hommes du seigneur. Je veux nĂ©gocier un accord, qui sera profitable Ă  nos deux camps.
  • Oui Madame !
  • ExĂ©cution !

 

Sur ces mots, la place se vida ne laissant plus que la matriarche corrompue.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Durant une patrouille dans un village voisin, un groupe de cinq shinobis se sĂ©parait et se faufilait sur les toits afin d’avoir une vue d’ensemble sur toute la commune. Les habitants avaient pris l’habitude de les voir. Cela Ă©tait rassurant, car ils Ă©loignaient toute tentative de pillage ou de massacre. Parmi ce groupe, un Kurama se dĂ©tachait discrĂštement en crĂ©ant judicieusement une illusion de lui-mĂȘme, pendant qu’il retraçait la route empruntĂ©e quelque temps plus tĂŽt par le cortĂšge royal.

AussitĂŽt s’est-il assurĂ© d’avoir rĂ©ussi son illusion, l’homme filait Ă  toute vitesse. Il devait faire vite. Sa technique risquait encore d’ĂȘtre transpercĂ©e par les sharingans du seul Uchiha de son Ă©quipe.

 

AprĂšs plusieurs minutes d’une course effrĂ©nĂ©e, il aperçut enfin l’escorte rĂ©galienne. Il augmenta encore sa cadence et laissa son chakra fluctuer afin d’ĂȘtre rapidement repĂ©rĂ©.

 

  • Stop !!

 

Un garde royal alerta tout le groupement qui s’arrĂȘta, se retrancha autour des trois palanquins, en position de dĂ©fense. Il avait aperçu une silhouette s’approchant de leur cortĂšge Ă  vive allure, sans chercher Ă  se cacher.

L’une des lances enflammĂ©es s’éloigna de l’escorte en direction du ninja. A quelques pieds de lui, il brandit sa naginata*, prĂȘt Ă  dĂ©buter le combat.

 

  • ArrĂȘte-toi !
  • Je ne suis pas lĂ  pour me battre, je suis

  • DĂ©cline ton identité !
  • Je suis membre du clan Kurama ! Je dois m’entretenir avec Bonjin-Sama !
  • 

  • J’ai peu de temps
 Je risque d’ĂȘtre repĂ©ré !

 

Le guerrier royal s’approcha, toujours aux aguets. Il fouilla le shinobi et le dĂ©sarma rapidement. Enfin, il fut autorisĂ© Ă  s’approcher du Seigneur. 

 

  • MaĂźtre Bonjin ! Je suis un Kurama et je viens vous porter un message de la part de Dame ShĂšn.
  • Le clan Kurama, hum ? Parle !
  • ShĂšn-Sama m’a demandĂ© de transmettre un message, Ă  l’insu du village. Elle souhaite des nĂ©gociations qui seraient bĂ©nĂ©fiques pour nos deux parties.
  • 

  • SecrĂštement.
  • Vous ĂȘtes un clan d’espions

  • Oui.
  • Pourriez-vous agir en tant que mes yeux et mes oreilles au sein de ce village miteux ?
  • Je transmettrais cette demande. Pourrions-nous convenir d’une rencontre officieuse ?
  • 
 Hum
 Nous ferons une halte Ă  l’ouest. Nous y resterons jusqu’à demain matin. Soyez Ă  l’heure.

 

Le monarque sourit diaboliquement. Il était satisfait de voir ces pantins danser dans le creux de ses mains. AprÚs ces mots, le ninja fut repoussé sans ménagement et ses armes jetées au sol, permettant au cortÚge de reprendre sa route.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le terrain d’entraĂźnement Ă©tait juchĂ© d’armes de jet, de crevasses et de quelques jeunes arbres dĂ©racinĂ©s, tĂ©moins du travail acharnĂ© de Tƍka. Depuis sa sortie de l’hĂŽpital, elle avait repris ses vieilles habitudes. Bien sĂ»r, elle avait ignorĂ© les recommandations mĂ©dicales, et manifestement, ni sa cheville, ni son abdomen ne semblaient s’en plaindre. Tƍka Ă©tait dure envers elle-mĂȘme, car sa condition de femme l’empĂȘchait naturellement de rattraper celle d’un homme. Alors, elle compensait par un travail intensif, une rigueur inĂ©branlable, et une concentration parfaite. Ses blessures, au contraire de l’handicaper, lui permettaient de mettre en exergue ses faiblesses et de se concocter un entraĂźnement sur-mesure. 

 

Elle perçut le chakra familier du cadet Uchiha, mais continua son entraßnement, malgré tout.

 

  • J’étais sĂ»r de te trouver ici !

 

Izuna marchait tranquillement vers elle, contemplant le terrain.

 

  • Waouh ! Mais quelle mouche l’a piqué ?!
  • J’avais besoin de me dĂ©fouler

  • Je vois ça ! Mais tu devrais y aller doucement. Tu n’es pas tout Ă  fait guĂ©rie.
  • Je sais ce que j’ai Ă  faire et oĂč se trouvent mes limites !

 

Le jeune homme avait l’habitude de ses rĂ©ponses froides et agressives.

 

  • Et si tu arrĂȘtais de te dĂ©fouler ? Allons-nous promener !
  • Pour quoi faire ?
  • 
 Hum
 Prendre un bain de soleil !
  • 

  • Ça te fera le plus grand bien !

 

La jeune femme s’arrĂȘta. Elle observait Izuna. Il lui sourit, lĂ©gĂšrement gĂȘnĂ©. Il n’avait pas l’habitude de la voir le regarder ainsi.

 

  • Il porte une queue-de-cheval haute aujourd’hui
 Il est plus sĂ©duisant ainsi.
  • Tƍka ?
  • Euh
 Hum
 TrĂšs bien ! Laisse-moi ramasser mes affaires et me laver. Je te rejoindrai d’ici vingt minutes.
  • Parfait ! Au lac Naka, juste derriĂšre mon quartier.

 

L’homme la quitta sur ces mots.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Izuna attendait sur le pont faisant la connexion entre les deux rives du lac Naka. Il contemplait paresseusement les poissons sortir hors de l’eau et nager Ă  contre-courant. Ses pensĂ©es divaguaient vers Tƍka. Il la connaissait en tant que kunoichi implacable, mais pas encore en tant que femme. Alors il l’imaginait agir comme les jeunes femmes de son clan. Il en riait intĂ©rieurement.

 

  • Non, ce n’est pas son genre

  • Quoi donc ?
  • Ahh ! To
 Tƍka ! Je ne t’ai pas entendu arriver !
  • 


 

L’homme se redressa et contemplait la jeune femme face Ă  lui. Elle portait un joli kimono rouge Ă  motif floral noir, de hautes okobos sombres, et ses cheveux Ă©taient lĂąchĂ©s, coiffĂ©s en taregami. Tƍka Ă©tait mĂ©connaissable.

 

  • Tu es ravissante ! C’est pour moi ?

 

Pour toute rĂ©ponse, il se prit un coup de pochette. NĂ©anmoins, ses joues rosis n’échappĂšrent pas Ă  son regard.

 

  • Merci
 Qu’est-ce que c’est ?

 

Tƍka dĂ©signa un large paquet aux pieds du jeune homme.

 

  • Un cadeau
 Pour toi ! Mais marchons, je voudrais te montrer un endroit.

 

Izuna la guida le long du lac Naka. Bientît, ils s’enfoncùrent dans un minuscule petit bois.

L’atmosphĂšre avait changĂ©, le son des poissons nageant, des batraciens croassant, les oiseaux chantants, les lapins et Ă©cureuils se dĂ©plaçant Ă  vive allure se firent entendre. Le chant de la nature. Tƍka ne connaissait pas ce lieu. Il Ă©tait situĂ© juste derriĂšre les quartiers Uchiha et Yuhi. C’était un petit pan de nature sur cinq cents mĂštres, avant de revenir Ă  la vie citadine.

 

  • C’est sublime !

 

Elle était fascinée par le spectacle.

 

  • J’étais sĂ»r que ça te plairait !

 

Izuna prit la jeune femme par la main et la guida jusqu’aux bords du ruisseau. Il l’aida Ă  s’installer au sol aprĂšs avoir retirĂ© et Ă©tendu son haori. Il dĂ©balla alors le paquet rĂ©vĂ©lant un shamisen en bois et recouvert d’une peau de serpent. L’instrument Ă©tait peint en bordeaux et dĂ©corĂ© d’une fleur de pĂȘcher sur sa caisse de rĂ©sonnance. Tƍka, sans voix pendant un moment, admirait la finition de l’instrument. Elle ne put s’empĂȘcher de le toucher. Les larmes aux yeux, elle dĂ©clara :

 

  • Il est magnifique !

 

La jeune femme sortit de sa manche de kimono, le bashƍ en ivoire que l'Uchiha lui avait offert une semaine plus tît.

 

  • J’ai vu les restes de ton shamisen sur le champ de bataille. Je ne te savais pas musicienne.
  • J’ai toujours aimĂ© la musique

  • Alors tu as fait de ta passion, une arme ?
  • On peut dire ça. Lorsque j’ai effectuĂ© ma premiĂšre mission en tant que kunoichi, j’étais une petite fille de huit ans. À mon retour, je ne voulais plus entendre les cris, les larmes, et les cliquetis des armes. Je voulais aussi faire taire mes peurs et mes angoisses. Alors, je jouais de la musique avec mon ocarina*.

 

Izuna l’écoutait sans l’interrompre.

 

  • Plus tard, de retour d’une autre mission, nous avons fait une halte dans une maison de thĂ©. Il y avait une geisha qui jouait du shamisen. Elle Ă©tait si belle et sa mĂ©lodie m’apaisait. Alors, j’ai Ă©conomisĂ© et j’en ai achetĂ© un.
  • Celui qui a Ă©tĂ© dĂ©truit ?
  • Oui, j’allais souvent au village d’Ensousha. C’est lĂ  que j’ai appris Ă  en jouer. Je te remercie, ce cadeau me va droit au cƓur.

 

Tƍka se releva lĂ©gĂšrement et lui donna un baiser sur la joue.

 

Se mĂȘlant au chant de la nature, elle entonna un air mĂ©lodieux, faisant danser son bashƍ sur les fils de soie tendues de son instrument. C’était un moment de quiĂ©tude rare, alors que le village se prĂ©parait Ă  jouer une nouvelle partie de shƍgi* macabre face Ă  un adversaire redoutable.

 

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Dans le chapitre précédent

Le shƍgun visite la bergerie, et dĂ©voile ses intentions.

Face Ă  Izuna, Toka apprend Ă  baisser sa garde.

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CHAPITRE XI

MAÎTRE DES LOIS, ENNEMI SANS FOI.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

La visite Ă©clair du shƍgun continuait de faire jaser, suscitant l’apprĂ©hension parmi les clans. Le palais n’était dorĂ©navant, visitĂ© et administrĂ© que par ses fondateurs. Ces derniers avaient, d’un commun accord, acceptĂ© de laisser le temps de la rĂ©flexion Ă  leurs alliĂ©s.

 

Au quatriĂšme jour, les deux lĂ©gendaires shinobis dĂ©cidĂšrent de briser le silence. Ils prirent la route du quartier Sarutobi en quĂȘte d’espĂ©rance.

Il Ă©tait rare de recevoir la visite des chefs de clans Ă  domicile. Pourtant, depuis leur arrivĂ©e, les Sarutobi s’étaient accoutumĂ©s Ă  accueillir les civils et quelques guerriers curieux. Les primates du clan Ă©taient mĂȘme devenus l’attraction favorite des enfants.

 

Le centre du district s’était alors transformĂ© en haut lieu de spectacle. Chaque soir, alors que les yatais prenaient place, des reprĂ©sentations mettant en scĂšne ces fabuleux animaux, ravissaient les pupilles des plus jeunes enfants. Certains shinobis, encore en apprentissage, en profitaient aussi pour exposer, fiĂšrement, tout l’étendue de leurs talents.

Alors, lorsqu’Hashirama et Madara se prĂ©sentĂšrent, les habitants les accueillirent aimablement, leur indiquant la direction de la maison oĂč rĂ©sidait le maĂźtre.

 

  • Eh bien ça alors ! Je m’attendais Ă  un quartier vide !  
  • Hm

  • Avec l’épisode du shƍgun, je pensais vraiment que les Sarutobi se cloĂźtreraient


 

Hashirama continuait de converser, l’air de rien. Il savait que l’Uchiha l’écoutait.

Le duo finit par arriver devant la maison-mÚre du clan. La classieuse matriarche, Ran Sarutobi, semblait les attendre. 

 

  • Seigneurs Uchiha et Senju, soyez les bienvenus dans notre district !

 

Les deux hommes s’inclinùrent poliment.

 

  • Mon Ă©poux vous attend. Suivez-moi.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

L’entrĂ©e du domaine Kurama, Ă©tait ouverte. Ses hautes portes, austĂšres, habituellement closes Ă  toute heure de la journĂ©e et de la nuit, ne s’ouvraient que pour laisser passer quelques civils. Ce clan savait cultiver l’art du mystĂšre. Pourtant, depuis la visite express du suzerain, l’entrĂ©e demeurait ouverte. Les rares passants, curieux, s’y attardaient, espĂ©rant apercevoir quelque chose d’atypique. HĂ©las, seul le jardin fleuri laissait Ă©chapper quelques fragrances agrĂ©ables.

 

ShÚn, assise à son bureau, grattait assidûment un imposant ouvrage. Quelques fois, ses doigts jouaient habilement sur son suan pan*.

Elle s’arrĂȘta, soucieuse. Les yeux dans le vague, elle repensa Ă  sa rencontre avec le shƍgun.

 

đŸ“œïžđŸŽŹđŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž

 

  • MaĂźtre Bonjin, mes hommages.
  • Kurama ShĂšn... Vous avez changĂ©.
  • De camp, oui.
  • Je parlais de votre apparence.

 

La dame se releva et s’installa à la table du maütre.

 

  • Mon apparence importe peu. Je suis une kunoichi qui maĂźtrise l’art des illusions.
  • Et celui de la trahison.
  • Les shinobis ne sont rien d’autres que des mercenaires. Vous le savez aussi bien que moi. Nous louons nos services au plus offrant. Tel est le credo des Kurama.
  • Pourtant la croyance de votre clan Ă©tait bien diffĂ©rente, il y a des dĂ©cennies de cela ! Lança l’un des ministres.

 

Effroyable. Voilà ce que pensaient les suivants royaux. Ses yeux inexpressifs glaçaient la piÚce.

Kurama Shùn, elle, demeurait imperturbable et inflexible. Lorsqu’elle faisait affaire, rien ne comptait plus que les gains. Elle continua :

 

  • Parlons affaire si vous le voulez bien.
  • Je vais aller droit au but. J’ai besoin de vous dans le village. Je veux tout savoir.
  • Avant de vous louer mes services, rĂ©vĂ©lez-moi la somme que vous promettez d’offrir aux clans qui quitteraient le village.

 

Un serviteur royal s’approcha du maütre. Il reçut un morceau de papier, qu’il remit à la dirigeante. Aprùs un moment, elle reprit sa conversation :

 

  • Je ne vous crois pas.
  • Je vous demande pardon ?! Hurla un conseillĂ©, outrĂ©.
  • Vous consentez Ă  offrir cette somme colossale Ă  chaque clan ? MĂȘme pour des pouilleux comme les Hatake ou les Yuhi, c’est suspect.

 

L’homme sourit. Un sourire malsain.

 

  • Ce Bonjin est riche ! Hahaha !
  • 

  • Je n’ai nullement l’intention de vous dĂ©truire. Je sais bien que ce projet est celui des Senju et des Uchiha.
  • Je vois. Vous voulez isoler ces deux clans.
  • Exactement. C’est pourquoi, trĂšs chĂšre ShĂšn, j’ai besoin de vous.

 

La dame fronça les sourcils. Elle pensa :

 

  • Ce gamin ose m’appeler par mon prĂ©nom.

 

Elle reprit, loin d’ĂȘtre dupĂ©e par le ton mielleux du monarque.

 

  • Je considĂšre votre promesse et votre demande comme deux cas distincts. Payez-moi la somme promise.
  • Qu’en est-il de ma demande ?
  • Je consentirais Ă  vous Ă©couter lorsque vous aurez payĂ©, Bonjin-Sama.

 

AussitÎt, les gardes dégainÚrent leurs lances. Pourtant, les Kurama restÚrent immobiles. Le leader souriait.

 

  • Vous avez bon goĂ»t, Bonjin-Sama.
  • Pardon ?!
  • Je veux dire
 Cette piĂšce est exquise.

 

AussitĂŽt, le souverain se releva. Les suivants aussi. Les gardes se firent plus menaçants. Bonjin regardait autour de lui. La salle Ă©tait bien celle de son fief de l’Ouest. Mais Ă  y regarder de plus prĂšs, des brĂ»le-parfums en cĂ©ramique Ă©taient installĂ©s Ă  chaque coin de la piĂšce, et des discrets fanions portant l’emblĂšme des Kurama, ici et lĂ . De plus, un Ă©trange parfum, planait depuis le dĂ©but de leur rencontre.

 

  • Rasseyez-vous, Bonjin-Sama.
  • Que m’avez-vous fait ?!
  • Vous ĂȘtes dans mon genjutsu, et vos corps sont tenus en joue par mes shinobis.
  • ?!
  • Je ne suis pas si sotte.
  • 

  • Toutefois, mon seigneur, vos gardes et votre Ă©quipe d’élite ne sont guĂšre que du menu fretin.

 

L’homme royal se rassit.

 

  • Votre force rĂ©side dans votre richesse et dans les clans du pays.
  • Et si je ventais notre rencontre ?
  • Alors je venterais votre plan

  • Vous ĂȘtes une femme terrifiante. Je comprends pourquoi les Kurama sont si rĂ©putĂ©s.
  • 

  • LibĂ©rez l’une de mes lances enflammĂ©es. Il vous donnera un coffre.

 

La vile dame fit un signe à l’un de ses shinobis. Il se dissipa.

 

  •  Je suis tout ouĂŻe, Bonjin-Sama.

 

đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïžđŸ“œïžđŸŽŹ

 

  • Dame ShĂšn.
  • 

  • Dame ShĂšn.
  • Oui. Je t’écoute.
  • Tout est en place.
  • Parfait. Tu peux disposer.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

  • Vous avez une bien belle demeure, Dame Ran.
  • Je vous remercie. Voici mon Ă©poux. Entrez donc.

 

Madara et Hashirama entrĂšrent dans le bureau du patriarche. Ils le saluĂšrent poliment.

 

  • MaĂźtre Sarutobi !
  • Je suis surpris de vous voir tous les deux !

 

Son sourire espiĂšgle et, son regard fixait l’Uchiha. Ce dernier feignit l’indiffĂ©rence, pendant qu’Hashirama riait nerveusement.

Ran revint avec du thé. Elle demanda :

 

  • Alors, que nous vaut l’honneur de votre visite ?
  • Nous nous interrogeons
 Commença Hashirama.
  • Nous voulons des rĂ©ponses

  • Le clan Sarutobi n’a aucune intention de quitter ce village, Ă©lucida Ran.
  • Vraiment ?!

 

Hashirama était heureux. Son sourire était si expressif et contagieux, que le couple Sarutobi en fut attendri. Seul Madara demeurait impassible.

 

  • La vie est beaucoup plus agrĂ©able ici. Je pensais que c’était Ă©vident. Nous nous sommes retirĂ©s en attendant les rĂ©ponses des autres clans.
  • Ohh, c’est vraiment une excellente nouvelle !
  • La ferme, Hashirama !

 

L’homme sursauta mais obĂ©it, pestant contre l’Uchiha dans sa barbe.

 

  • Vous connaissez les consĂ©quences de votre dĂ©cision, n’est-ce pas ?
  • Nous sommes aussi nombreux que vous, et je suppose que vos clans resteront unis ?
  • En effet, mais ce ne sera probablement pas le cas pour les autres clans.
  • Nous avons encore deux jours pour donner une rĂ©ponse, et un jour pour l’envoyer, informa le Senju.
  • Il faut convaincre les autres clans de la force de notre unitĂ©.
  • Hm
 Nous avons en face de nous un shƍgun bien renseignĂ©.
  • TrĂšs juste, mais comment garantir la protection des autres clans ?
  • Tentons de nous rĂ©unir cet aprĂšs-midi ? Proposa Hashirama.

 

Les hommes acquiescĂšrent.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Hashirama avait conscience que le village essuyait une terrible tempĂȘte. Tiendra-t-il ? MalgrĂ© la nouvelle rassurante des Sarutobi, ce problĂšme Ă©pineux continuait Ă  lui donner des sueurs froides. AprĂšs avoir quittĂ© le vieux singe, il dĂ©cida de visiter les autres clans pour les informer d’une rĂ©union imminente, avant de rejoindre son quartier. Il avait, malgrĂ© cela, un clan Ă  administrer.

 

  • Je ne sais pas quoi en penser


 

Assis Ă  son bureau, le jeune chef se parlait Ă  lui-mĂȘme.

 

  • Je ne suis pas Ă©tonnĂ© de Dame ShĂšn
 Elle est la version fĂ©minine de Madara. Mais les autres
.
  • Tu sembles soucieux, Anija


 

Le shinobi aux cheveux blancs, prĂȘtait une oreille attentive Ă  son aĂźnĂ©. Il percevait des bribes de mots, sans queue ni tĂȘte. Il posa ses parchemins et s’approcha de lui.

 

  • Toujours la mĂȘme chose
 Mon rĂȘve s’éloigne Ă  nouveau.
  • De quoi parles-tu ?
  • Par chance, les Uchiha restent quoiqu’il en coĂ»te.

 

À l’entente de ce nom, Tobirama se renfrogna.

 

  • Tu devrais faire attention. Les Uchiha ne sont pas ce qu’ils veulent nous faire croire, ils

  • Cela suffit !!

 

Hashirama explosa.

 

  • Cesse de parler ainsi, Tobirama !
  • Anija, Ă©coutes moi ! MĂȘme s’ils font tous les efforts du monde, leurs sharingans les rendra dĂ©ments ! Ils dĂ©truiront ton rĂȘve ! Madara le premier !

 

Le plus jeune Senju voulait Ă  tout prix sauver son frĂšre de la confiance absolue qu’il accordait aux Uchiha. Il avait longtemps observĂ© et Ă©tudiĂ© ce pouvoir oculaire. Tobirama pensait mĂȘme en avoir percĂ© le mystĂšre.

 

  • Leur dƍjutsu n’est pas clair. Ils sont frappĂ©s par la dĂ©mence aprĂšs un temps. Mon frĂšre, tu dois garder

  • Tobirama


 

Pour toute réponse, le cadet prit la porte.

Tobirama s’évertuait Ă  garder ses distances avec ce clan depuis le dĂ©but, pensant qu’aprĂšs avoir fondĂ© le village, les alliĂ©s et les Senju finiraient par les repousser et les exclure. Pour le shinobi, le rĂȘve de son frĂšre Ă©tait incompatible avec un peuple aussi instable et dont la majeure partie est susceptible de commettre de graves crimes au beau milieu des civils.

Cette vive tension venait s’ajouter Ă  celle dĂ©jĂ  prĂ©sente depuis plusieurs jours. C’est la raison pour laquelle aucun des deux frĂšres ne discerna une ombre cachĂ©e, buvant leurs paroles.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Loin de ces prĂ©occupations, Mito se baladait dans les rues. Le vide s’y ressentait, car le village avait Ă©tĂ© conçu pour y abriter des dizaines de clans. Les zones inhabitables Ă©taient traditionnellement peu frĂ©quentĂ©es, laissant le champ libre aux enfants, jeunes adultes et couples qui souhaitaient s’isoler.

La princesse aux cheveux de feu aimait se promener. Plus encore, ces derniers jours. Les reliefs étaient différents de son pays natal ; le paysage était plus doux, le climat plus radieux.

 

Alors que ses pas la guidaient vers un champ de fleur Ă  perte de vue, elle s’arrĂȘta subitement, Ă©mergeant de ses pensĂ©es.

 

  • Hiyori


 

Elle fit demi-tour. Direction le quartier Sarutobi.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

  • Ouh Ouh Ah Ah !!
  • Chrrrr !

 

Comme d’habitude, les primates saluaient Mito, perchĂ©s sur les branchages et les maisons. Et comme de coutume, elle rougissait au point de se confondre avec sa chevelure. Elle pressa Ă  nouveau le pas, saluant briĂšvement quelques villageois.

Arrivant devant la maison de Hiyori, elle fut surprise d’y voir Iwamaru. Le petit garçon Ă©tait assis au sol, tenant dans ses bras un bĂ©bĂ© capucin et sa banane.

 

Attendrie, elle s’avança et s’accroupit devant l’enfant.

 

  • Bonjour trĂ©sor ! Ta maman est là ?
  • Je suis là ! Entre, Mito ! Entendit-elle.
  • J’espĂšre que je ne dĂ©range pas ?

 

Mito entra et s’installa dans le salon. Les jumelles Ă©taient dĂ©jĂ  attablĂ©es.

 

  • Tu ne dĂ©ranges jamais !

 

Hiyori récupéra son garçon et le petit primate.

 

  • Je vais nous prĂ©parer du thĂ©.

 

La maman abandonna momentanĂ©ment son amie. Les enfants en profitĂšrent pour s’approcher et embĂȘter la rouquine.

 

  • Alors dis-moi, comment vas-tu depuis la derniĂšre fois ?
  • Eh bien, j’ai eu une discussion avec les femmes de mon clan

  • Et ?
  • Ça ne s’est pas bien passé 

 

Mito raconta en dĂ©tail son altercation et le lynchage public dont elle a Ă©tĂ© victime. Hiyori attentive, tempĂȘtait Ă  mesure que son rĂ©cit avançait. Elle finit par Ă©clater :

 

  • C’est honteux !! Je suis si en colĂšre ! Rahh
 Comment osent-elles ! Ne savent-elles pas Ă  qui elles s’adressent ?!
  • 

  • Je suis si dĂ©solĂ©e, Mito. C’est moi qui t’ai suggĂ©rĂ© cette idĂ©e

  • Non, tu n’y es pour rien. Mais tu sais, je n’ai pas dit mon dernier mot.
  • Bon, alors rĂ©flĂ©chissons Ă  une nouvelle approche !

 

Les deux amies passÚrent leur matinée à discuter. Un semblant de sérénité. Elles étaient conscientes des enjeux qui secouaient le village, beaucoup plus que le reste de la population.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

En dĂ©but d’aprĂšs-midi, les chefs de clans se rĂ©unissaient enfin. Contre toute attente, ce fut Madara qui dirigea cette rĂ©union.

 

  • Je suppose que vous savez tous pourquoi nous sommes rĂ©unis, n’est-ce pas ?

 

Son visage stoĂŻque et naturellement menaçant n’aidait jamais les discussions Ă  se dĂ©tendre. Les dirigeants, le regard fuyant, semblaient vouloir Ă©viter cette discussion.

 

  • Les Yuhi sont les alliĂ©s des Uchiha depuis des dĂ©cennies. Nous avons pris la dĂ©cision de rester au village et faire front !
  • Certains de mes membres ont Ă©mis des rĂ©serves, alors les Hatake ne s’engageront que si la totalitĂ© des clans de ce village restent.
  • Les Kurama restent.
  • Madara a le regard et l’instinct les plus acĂ©rĂ©s parmi nous. Ce petit con pourrait me percer Ă  jour sans effort.
  • Les Sarutobi feront face Ă  Bonjin-Sama aussi. 
  • Qu’en est-il des Senju et des Uchiha ? Sans vous, nous nous ferons balayer facilement, aprĂšs tout ! Interrogea ChĆ«shin.
  • Il est Ă©vident que nous restons alliĂ©s, rĂ©pondit Hashirama.
  • ChĆ«shin-Sama, est-ce que cela change votre position ? Demanda Sasuke.
  • En effet. Puisque tout le monde semble rĂ©solu Ă  rester, les Hatake en feront de mĂȘme.
  • Parfait ! Je suis si heureux !
  • Ne le soyez pas ! Le village s’engage officiellement contre l’armĂ©e du shƍgun ! Gronda Shinku.
  • Tout Ă  fait ! Son armĂ©e, c’est-Ă -dire, les clans du pays ! Ajouta ChĆ«shin.

 

Si les clans restaient alliés, cela ne résolvait aucunement leurs problÚmes. Au contraire, cette alliance était vouée à faire couler beaucoup de sang, en dépit de son désir de paix.

 

  • Bien, maintenant que c’est clair, nous pouvons rĂ©pondre honnĂȘtement au shƍgun ! Annonça Madara.
  • Tobirama ! Appela le leader Senju.

 

Le shinobi à la chevelure neige entra aussitît. Il avait pris pour habitude de toujours rester dans le palais, lorsque son frùre s’y trouvait.

 

  • Tobirama, rĂ©pond au shƍgun que nous refusons de nous plier Ă  son ordre.
  • Bien.
  • Attendez ! Nous nous devons de trouver une solution pacifique. Et nous devons le faire savoir Ă  Bonjin-Sama ! Dit Sasuke.
  • Ça ne sert Ă  rien. Il ne veut rien entendre ! RĂ©pondit Shinku.
  • Sarutobi-Sama a raison. MĂȘme si nous connaissons sa rĂ©ponse, nous devons quand mĂȘme lui refaire la proposition. S’il y a des rĂ©percussions, il niera.

 

Le village dĂ©plaçait enfin son premier pion, espĂ©rant secrĂštement qu’un retournement de situation leur serait favorable.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

 De retour dans ses quartiers, ShĂšn fut visitĂ©e par l’un de ses espions :

 

  • J’ai une information capitale.

 

La dame se leva et plaça des parchemins frappĂ©s du kanji « silence » sur les portes, les fenĂȘtres et le plafond.

 

  • Parle.
  • Les frĂšres Senju ont eu une dispute Ă  propos des Uchiha.
  • Continue.
  • Tobirama craint le pouvoir du sharingan. D’aprĂšs lui, il rend instable. C’est pourquoi il a demandĂ© Ă  son frĂšre de limiter sa confiance.
  • Parfait. Nous allons semer les graines de la discorde dans ce village.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

La nouvelle de la coalition des clans face au shƍgun, se rĂ©pandit comme une trainĂ©e de poudre. Les habitants commençant Ă  se connaĂźtre, discutaient entre eux, et repeuplaient peu Ă  peu les ruelles abandonnĂ©es quelques jours plus tĂŽt. Au contraire de les effrayer, la population montrait une grande confiance en ses guerriers et leaders.

Ritsuko se dirigeait vers le quartier Senju. Elle Ă©tait accompagnĂ©e de Kiku et de quelques femmes issues des clans Yuhi et Hatake. L’Uchiha souhaitait rendre visite Ă  son amie, Mito. N’ayant jamais pris le temps de s’aventurer dans ce quartier, elle fut heureuse de constater un district dynamique. Ritsuko s’arrĂȘta prĂšs du grand chĂȘne majestueux, saluant quelques connaissances, avant de reprendre sa route.

 

Lorsque la princesse Uzumaki accueillit le groupe, elle fut décontenancée par le nombre. Plus encore, elle repéra quelques femmes Senju.

 

  • Bonjour Mito ! J’espĂšre qu’on ne te dĂ©range pas ?
  • Du tout ! Mais je suis surprise par tout ce monde ! Que se passe-t-il ?

 

Elle les invita à entrer et prépara du thé.

 

  • As-tu entendu la nouvelle ? Commença Ritsuko.
  • Oui. Je ne trouve pas que cela soit une nouvelle qui nĂ©cessite tant d’enthousiasme.
  • En effet. Mais Ă  vrai dire Kiku et moi avons eu une idĂ©e

  • J’aimerais l’annoncer ! Coupa Kiku.
  • Kiku ! Comme je suis heureuse de te voir ! Je m’inquiĂ©tais

  • Tu n’as pas besoin de t’inquiĂ©ter. Je suis forte !

 

L’Uchiha restait jeune malgrĂ© ses airs. Son comportement la trahissait parfois. NĂ©anmoins, Mito n’avait eu de cesse de s’inquiĂ©ter pour elle, depuis qu’elle lui avait racontĂ© sa mĂ©saventure avec Madara. De toute Ă©vidence, cette histoire Ă©tait derriĂšre elle.

 

  • Bien, dans ce cas, je t’écoute !
  • Apprends-nous des techniques de ninjutsu ! AprĂšs tout, nous nous prĂ©parons au pire, face Ă  ce shƍgun de malheur !
  • Eh bien

  • Mito, tu nous as enseignĂ© la technique de la « paume mystique », et cela a Ă©tĂ© utile. Nous nous prĂ©parons Ă  nous battre contre un seigneur de guerre qui a de nombreux clans sous sa coupe. J’aimerais que tu puisses nous enseigner d’autres choses, qui nous permettraient d’aider nos hommes dans le village, expliqua Ritsuko.

 

Mito, silencieuse, réfléchissait.

 

  • Ce serait une idĂ©e gĂ©niale, sauf que les hommes refusent de nous impliquer ! Intervint une Hatake.
  • Oui ! Mais nous pouvons changer leur façon de penser, en leur prouvant notre utilité ! RĂ©pondit enfin la rouquine.

 

Le groupe était suspendu à ses lÚvres.

 

  • Nous pourrions occuper des fonctions de support ou de soins aisĂ©ment, car cela ne nous met pas en contact avec le danger. Hashirama-Sama nous sera certainement d’une grande aide.
  • Dame Mito, il y a de trĂšs nombreuses femmes qui aimeraient faire quelque chose ! Nous avons mĂȘme une kunoichi dans notre clan, informa une Yuhi.
  • Oui ! Dame Tƍka pourrait aussi nous aider ! Lança une Senju.

 

Mito fixait la Senju. Elle Ă©tait l’une de celle qui avait participĂ© Ă  la mascarade de Sazanka. Elle balaya ses sombres pensĂ©es et reprit.

 

  • Je vais rĂ©flĂ©chir Ă  d’autres techniques de soin ou de soutien. J’en parlerais aussi Ă  mon fiancĂ©, pour connaĂźtre son opinion. Pourquoi n’essayerons-nous pas de nous revoir ? Je tĂącherais d’inviter Tƍka. Et vous inviterez Ă©galement cette kunoichi Yuhi. Qu’en pensez-vous ? 

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Non loin de lĂ , le village d’Ensousha. RĂ©putĂ© pour attirer de nombreux artistes ambulants, il accueillait chaque annĂ©e de fourmillantes festivitĂ©s. Ses habitants fĂȘtaient les quatre saisons en chants et en danses. Comme tous les villages civils, ils Ă©taient protĂ©gĂ©s par les clans de leurs rĂ©gions en Ă©change de vivre, d’un savoir-faire particulier ou d’argent.  

Ce jour-ci, des fermiers se déplaçaient à dos de buffles. Comme à leur habitude, ils tractaient des charrettes remplies de denrées alimentaires. Les chemins conduisant au village shinobi étaient sinueuses, instables et parfois obstrués.

 

Ils rencontrĂšrent un groupe de cinq personnes, composĂ© de quatre hommes masquĂ©s et d’une femme. Les prenants pour des shinobis du village venu les escorter, ils ne se mĂ©fiĂšrent pas le moins du monde.

L’unique femme du groupe s’avança. Elle Ă©tait vĂȘtue d’une qipao bleue nuit, fendue sur un cĂŽtĂ© remontant Ă  sa hanche. Sa longue jambe dĂ©nudĂ©e Ă©tait tatouĂ©e d’un dragon noir s’enroulant de ses orteils et remontant Ă  sa cuisse. Sa chevelure d’encre aux lueurs bleutĂ©es Ă©tait sĂ©parĂ©e en deux macarons hauts de chaque cĂŽtĂ© de sa tĂȘte. Elle marchait dĂ©licatement sur des getas* hautes Ă  trois dents, et tenait au-dessus d’elle une ombrelle vert Ă©meraude. 

 

Elle fit tournoyer innocemment son ombrelle et s’inclina. Son comportement et sa beautĂ© firent rougir les braves agriculteurs.

 

  • Salutation, chers messieurs.
  • Bonjour, ma p’tite dame. Z’ĂȘtes perdue ?
  • Allez-vous en direction du village shinobi, mes aĂŻeux ?
  • Oui, faut bien qu’ils mangent, haha !
  • Alors ceci est un adieu


 

Une nouvelle fois, son ombrelle tournoya. Des aiguilles mortelles filĂšrent dans la direction des pauvres malheureux. Les hommes encapuchonnĂ©s se jetĂšrent sur leurs victimes, brĂ»lant les vivres, et tuant les bĂȘtes.

 

Ceci fait, le groupe disparut laissant Ă  la vue de tous, le carnage. Les loups ne font pas la paix avec les brebis, ils restent friands de tueries.

 

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Les clans rĂ©affirment leur union face au shƍgun.

Les femmes souhaitent, elles aussi, s’illustrer.

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CHAPITRE XII

NUAGES DE RÊVES, PERLE DE PLUIE.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

  • Je n’arrive pas Ă  croire ce que tu me dis !
  • Eh bien si, cet Ɠil rend instable. D’ailleurs, ça se voit

  • Oui, tu as raison. On dirait qu’ils sont possĂ©dĂ©s quand ils se battent !
  • C’est effrayant

  • Comment nos chefs peuvent laisser des bombes Ă  retardement se promener dans notre village ?!
  • Hashirama-Sama a bon cƓur. Notre maĂźtre souhaite certainement les sauver.
  • Tu parles

  • Je comprends mieux pourquoi Tobirama-Sama souhaite les rejeter.
  • Bien sĂ»r ! Il n’agit jamais sans raison !
  • Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! C’est juste une lutte de pouvoir, rien de plus !
  • Qu’est-ce que tu en sais, toi ?! Les Yuhi sont les chiens des Uchiha !
  • Quoi ?! RĂ©pĂšte un peu !
  • Hashirama-Sama n’est pas intĂ©ressĂ© par le pouvoir !
  • Tsk
 Pourquoi est-il chef alors ?
  • Il est nĂ© pour nous guider !
  • Hahahaha ! Vous ĂȘtes si naĂŻfs !
  • Laissons de cĂŽtĂ© les Uchiha. Avez-vous entendu les rumeurs sur les Hatake ?

 

VoilĂ  quelques jours que des commĂ©rages en tout genre frappaient le village. Tous les clans se retrouvaient en ligne de mire. Une vĂ©ritable zizanie. Cependant, en bon shinobis obĂ©issants qu’ils Ă©taient, seuls les mots cognaient. Pour l’instant.

 

Izuna n’était pas un guerrier obĂ©issant. Il Ă©tait aussi chaud que les flammes qu’il soufflait. Faisant face au leader Senju, une nouvelle fois, son visage dĂ©formĂ© par la colĂšre, il menaçait d’exploser Ă  tout moment.

 

  • On y est
 Encore !!
  • Allons Izuna, rien de tout cela n’est vrai !
  • Les rumeurs naissent d’une part de vĂ©ritĂ©, aniki !
  • VoilĂ  presque deux ans que nous vivons en communautĂ©, s’il devait y avoir trahison, cela serait fait depuis belle lurette.
  • C’est ton frĂšre ! Il est plein de haine, et il la transmet aux membres de ton clan !
  • 

  • Je te le jure que je vais craquer et le

  • Choisis consciencieusement tes prochains mots, Izuna.
  • Je vois. Alors les Senju ont le droit de cracher sur les Uchiha, mais quand on menace les vĂŽtres, c’est une autre histoire
 Tsk
 Quel hypocrite tu fais !
  • Mon petit frĂšre

  • Rien Ă  faire ! Ton frĂšre est un homme et un shinobi ! S’il s’amuse encore Ă  comploter, je le tuerai !

 

Cette fois, ses sharingans faisaient miroiter ses ressentiments. Izuna Ă©tait l’un des rares membres de son clan Ă  avoir Ă©veillĂ© le « kalĂ©idoscope », lui confĂ©rant des pouvoirs pharamineux. De ce fait, ses menaces n’étaient jamais Ă  prendre Ă  la lĂ©gĂšre.

Hashirama n’était pas impressionnĂ©. AprĂšs tout, n’était-il pas le rival de Madara ? Le Senju Ă©tait tout autant capable de destruction que les deux frĂšres.

 

  • Je tĂącherais de remettre de l’ordre.
  • 

  • Tu as ma parole, Izuna.
  • Parfait.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Non loin du village, dans un abri, judicieusement installĂ© Ă  l’intĂ©rieur mĂȘme d’un grand arbre, des shinobis attablĂ©s jouaient aux cartes et buvaient du sakĂ©. Un moment de dĂ©tente interdit, en attendant l’arrivĂ©e de la relĂšve.

 

  • Le perdant se coltine la prochaine ronde !
  • Surement pas ! Tu aurais dĂ» le dire avant de commencer la partie !
  • Haha ! Calme-toi, tiens, reprend une coupe ! Ça va
 Hik
 Te dĂ©tendre un peu !
  • Et toi, tu devrais y aller mollo ! Tu commences Ă  t’embrumer

  • Oui, ralentit. Il ne faudrait pas que tu rentres au village complĂ©tement grisĂ©.  

 

Les postes de garde étaient situés aux points névralgiques du territoire. Des groupes de sentinelles alternaient continuellement. Les villages alentours étaient aussi briÚvement surveillés. DerniÚrement, les chefs de clans avaient pris des dispositions supplémentaires en surélevant et camouflant ces points. Les sentinelles, équipées de nouveaux outils, avaient reçu de nouvelles tùches visant à prévenir toutes attaques.

HĂ©las, ces agencements n’empĂȘchĂšrent guĂšre une dĂ©couverte macabre, prĂšs du village d’Ensousha.

 

  • Merde, qu’est-ce que c’est que ça ? Qui a fait ça ?
  • Attends, du calme ! Regarde, le sang est caillé  Et l’odeur
 Mais
 Ils sont morts depuis plusieurs jours !

 

Le groupe pĂąlit.

 

  • 
 Pourquoi
 Pourquoi ne l’a-t-on pas remarquĂ© plus tĂŽt ?
  • C’est toi le chef d’équipe, non ?!
  • Qu’est-ce que ça veut dire ?!

 

PrĂšs du village de Shukuba, d’autres sentinelles faisaient le mĂȘme constat. Des cadavres de civils jonchaient les routes qui menaient au village shinobi.

 

  • Ils sont morts.
  • TrĂšs bien, on se sĂ©pare en deux groupes. Le premier, retourne au poste pour envoyer un signalement. Les autres, avec moi.
  • J’ai une autre proposition


 

Aussitît, les guerriers s’armùrent. Ils se rassemblùrent.

 

  • Que diriez-vous d’une exĂ©cution ?

 

Devant eux, une femme avec une ombrelle et quatre hommes capés et masqués. Ils étaient apparus comme par magie.

 

  • Qui es-tu ? Que veux-tu ? Parle, femme !

 

L’inconnue plaça son ombrelle devant elle et la fit tournoyer, disparaissant soudainement. Elle rĂ©apparut depuis le ciel, faisant pleuvoir des aiguilles meurtriĂšres. Les guerriers tentĂšrent de les Ă©viter en se sĂ©parant. Grand mal leur en a pris, car ils furent aussitĂŽt encerclĂ©s par les quatre hommes :

 

  • BarriĂšre de terre !
  • Le souffle divin !
  • Meurtre Ă©lectromagnĂ©tique !
  • Boules de feu !

 

Cette rencontre ne dura quelques secondes. Une exécution parfaitement orchestrée. Les mystérieux assassins tournÚrent les talons sereinement. La jeune femme qui ne se départait jamais de son sourire, faisait tournoyer son ombrelle en fredonnant un air mélancolique.

Alors qu’ils s’éloignaient, un bruit sourd suivit d’une vive explosion rougeĂątre envahie le ciel. Dans un dernier Ă©lan de volontĂ©, un survivant utilisa son bambou de foudre, avant de rendre son dernier souffle.

 

  • On va avoir de la visite.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Au village, les entraĂźnements supervisĂ©s par les capitaines, et quelques tĂȘtes dirigeantes prenaient des airs de rĂšglement de compte. Madara, observait un combat, faisant fi des regards haineux que s’envoyaient les shinobis. Il Ă©tait devenu las de ces rumeurs. Plus que les autres clans, les Uchiha Ă©taient une cible facile depuis la crĂ©ation du village. Le sharingan, faisait des jaloux. Il Ă©tait plus aisĂ© de le qualifier d’anomalie, Ă  dĂ©faut de ne pouvoir lui trouver un pendant.

 

  • Ça suffira pour aujourd’hui. Saluez-vous ! Ordonna Madara.

 

Les shinobis s’exĂ©cutĂšrent. Alors que le chef Uchiha s’apprĂȘtait Ă  dĂ©livrer des conseils, le ciel gronda avant de s’illuminer.

 

  • Qu’est-ce que c’est que ça ? Questionna Kagami.
  • Des bambous de foudre, lui rĂ©pondit son leader.
  • 

  • C’est la direction de Shukuba

  • Une attaque ?!
  • Probablement. Kagami, prĂ©pare une Ă©quipe. Attendez-moi aux portes du village. Dans cinq minutes.
  • Oui, maĂźtre !

 

Madara fila au palais. Hashirama et quelques chefs de clans y étaient déjà.

 

  • Oh Madara ! Tu tombes bien

  • Je m’en occupe ! Coupa l’Uchiha.
  • Bon
 TrĂšs bien ! Dans ce cas

  • J’y vais aussi ! Coupa cette fois-ci, Tobirama.
  • Pas besoin, Kagami monte dĂ©jĂ  une Ă©quipe.
  • Tsk
 Veux-tu cueillir tous les lauriers ?!
  • Une Ă©quipe est amplement suffisante.

 

MĂȘme dans les hautes strates, les rumeurs faisaient des ravages


 

  • Allons, allons ! Messieurs, nul besoin de se fĂącher pour si peu, intervint le vieux singe.
  • 

  • Madara-Sama ira, puisqu’il a dĂ©jĂ  une Ă©quipe de prĂȘte. Tobirama-Sama, rassemblez quelques mĂ©decins. Ils ne seront pas de trop, n’est-ce pas ?
  • Bien


 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Alors que Tobirama se prĂ©parait, Madara et ses Ă©quipes filaient vers la zone d’oĂč avait Ă©tĂ© envoyĂ© l’appel.

Un groupe de sentinelle, des civils, des charrues, des animaux. Tout n’était que destruction et mort. La vue des cadavres en putrĂ©faction, les odeurs du sang et de brĂ»lĂ© prenaient le groupe aux tripes. Kagami s’avança pour examiner les civils. Madara, s’approcha des shinobis.

 

  • Madara-Sama, les civils sont morts depuis un moment

  • Évidemment. La question est de savoir pourquoi on ne le sait que maintenant ?!
  • Ils ont Ă©tĂ© tuĂ©s avec des armes blanches. Aucune trace de ninjutsu.
  • Tout le contraire des sentinelles. Ils ont Ă©tĂ© tuĂ©s avec des techniques Ă©lĂ©mentaires, et ces aiguilles. Ils n’ont pu porter aucun coup
 À peine pu se dĂ©fendre.
  • 
 MaĂźtre, il y a un Uchiha.
  • Oui. Encore


 

Madara restait calme, au contraire de son acolyte, dont les sharingans brillaient dangereusement.

 

  • Peux-tu m’en dire plus sur les civils ? Interrogea le leader.
  • 
 Oui. Je doute que cela soit des malandrins. Ces villageois ont encore leurs bourses et objets de valeurs
. Les charrues sont encore pleines.

 

Le chef se releva et observait les environs, ses sens en alertes.

 

  • Madara-Sama, je n’ai pas le souvenir d’avoir lu un rapport attestant d’attaque sur des civils.
  • Moi non plus
.
  • 

  • Kagami, prend la moitiĂ© de l’équipe et allez au poste de garde le plus proche. Envoie un message au village.
  • Bien MaĂźtre. Qu’allez-vous faire ?
  • L’autre moitiĂ© reste ici pour surveiller. Tobirama ne va pas tarder Ă  arriver avec les secours. Je vais aller voir aux alentours, quelque chose me dit que l’ennemi est dans les parages.
  • D’accord.
  • Kagami.
  • Oui ?
  • Sois vigilant. Ils sont bien organisĂ©s et rapides.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Mito Ă©tait bien matinale. Depuis peu, elle se sentait presque Ă  sa place. Dans le quartier, certaines femmes s’étaient mises Ă  la saluer, quand d’autres continuaient de l’ignorer superbement. L’étĂ© Ă©tait presque-lĂ , alors elle profitait des derniers jours de fraĂźcheurs.

 

Entrant dans le bureau de son fiancé, elle tomba sur Tobirama.

 

  • Tobirama-Sama ?!
  • Belle-sƓur, que fais-tu ici ?
  • Toujours aussi froid et mĂ©fiant

  • Je suis Ă  la recherche de Tƍka. Puisqu’elle est conseillĂšre, j’étais sĂ»re de la trouver ici.
  • Oui, quand elle ne s’entraĂźne pas.
  • Oh...
  • Tu devrais aller voir aux terrains d’entraĂźnement.
  • TrĂšs bien, merci.
  • Un conseil

  • !?
  • Chausse-toi de zƍris

  • Haha ! Merci !

 

Mito fit demi-tour. DĂ©cidant d’écouter les sages paroles de son futur beau-frĂšre, elle regagna sa demeure avant de visiter Tƍka.

De son point de vue, Tƍka n’avait rien Ă  envier Ă  Tobirama. Ils avaient tous les deux le mĂȘme tempĂ©rament. La princesse aux cheveux de feu Ă©tait mĂȘme persuadĂ©e qu’ils Ă©taient faits l’un pour l’autre.

 

  • Dommage qu’elle soit kunoichi


 

Cette Ă©poque brillait par ses rĂšgles archaĂŻques et cruelles. Les femmes en payaient le prix, mĂȘme si elles Ă©taient conditionnĂ©es Ă  accepter leur rĂŽle primaire. Les kunoichis Ă©taient rarement mariĂ©es. Mito se demandait si Tobirama accepterait une femme comme Tƍka Ă  ses cĂŽtĂ©s, ou s’il en prĂ©fĂ©rait une plus conventionnelle.

Arrivant aux terrains d’entraĂźnement, la rouquine chercha des yeux la kunoichi. Elle fut surprise de voir autant de monde au mĂȘme endroit.

 

  • Princesse ?
  • 

  • Euh
 Pardon
 Je voulais dire majesté  Non, non
 Ma
 Dame ?
  • Hahaha !

 

Mito Ă©clata d’un rire franc. Elle se ressaisit bien vite et observa l’homme qui lui faisait face. C’était un Uchiha. Chevelure courte et ébouriffĂ©e. Il portait un cache-Ɠil, et une partie de son visage Ă©tait couverte de cicatrices.

 

  • Princesse suffira.
  • Oh... Euh
 D’accord. Princesse, que vous faites-vous là ? C’est dangereux.
  • Je suis venue voir Tƍka.
  • Tƍka-Sama se trouve plus loin. Je vais vous guider.
  • Merci. Et vous, quel est votre prĂ©nom ?
  • Oups ! Pardon, j’étais si tendu que j’ai oubliĂ© de me prĂ©senter !
  • Haha !
  • C’est le premier homme Uchiha qui ne me fusille pas du regard

  • Obito !
  • Alors, je suis ravie de vous rencontrer, Obito !
  • Moi aussi ! Au fait, c’est Obito Uchiha !

 

Le jeune homme était, de tout évidence, fier de ses origines.

 

  • Je l’avais deviné ! Vous me faites penser Ă  une autre personne de votre clan.
  • Vraiment ?
  • Oui. Elle s’appelle Kiku.
  • Ohhh, C’est ma petite sƓur !
  • VoilĂ  qui rĂ©sout le mystĂšre !

 

Le duo arriva Ă  un terrain d’entraĂźnement Ă©loignĂ©. Tƍka se battait contre l’autre tĂȘte pensante des Uchiha, Izuna.

 

  • Ils ont l’air de bien s’entendre.
  • Oui ! Izuna-Sama s’entraĂźne toujours avec Tƍka-Sama. Ils font une bonne Ă©quipe !
  • Je vois.

 

Mito resta lĂ , observant le duo danser. La guerriĂšre était gracieuse et ne semblait pas infĂ©rieure Ă  l’homme qui lui faisait face.

 

  • Elle est incroyablement douĂ©e ! S’émerveilla-t-elle.
  • Oui ! Mais vous ne l’avez pas vu se battre avec son tantƍ. Elle est encore plus effrayante !

 

Lorsque Tƍka aperçut Mito, elle s’arrĂȘta et se rapprocha.

 

  • Princesse Mito.
  • Bonjour Tƍka. Je suis dĂ©solĂ©e de te dĂ©ranger durant ton entraĂźnement.
  • Ce n’est rien. Avez-vous besoin de quelque chose en particulier ?
  • Oui. Pourrions-nous discuter un moment ?
  • Bien sĂ»r.

 

Elle se tourna vers Obito, lui sommant d’aller divertir Izuna.

 

  • Je vous Ă©coute.

 

Mito raconta son projet et ses attentes pour les femmes du village. Tƍka fut surprise. Mais elle le fut encore plus, lorsqu’elle entendit sa requĂȘte.

 

  • Mito-Sama, je crois que vous vous fourvoyez au sujet de notre mĂ©tier

  • Je souhaite simplement que tu viennes Ă  notre prochaine rĂ©union et que tu parles de ton expĂ©rience de

  • Ça ne les aidera pas.
  • Tƍka

  • Je puis vous assurez que vos compagnes fuiront, puisqu’elles n’auront plus envie d’aider.
  • 

  • Je suis dĂ©solĂ©e, Mito-Sama.

 

La kunoichi s’inclina et retourna auprĂšs d’Izuna. L’Uzumaki, quant Ă  elle, resta plantĂ©e lĂ , pensive. Elle ne s’attendait pas Ă  une telle dĂ©convenue.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Elle Ă©tait lĂ . Au sommet d’un rocher, assise en tailleur et faisant nonchalamment virevolter son ombrelle. L’assassin fredonnait son air mĂ©lancolique tout en fixant le ciel si semblable Ă  ses prunelles. Les quatre guerriers encapuchonnĂ©s, droits et dos Ă  elle, surveillaient les environs.

 

  • Le ciel s’est enflammé  Attirant son serviteur enragé 

 

Elle chantait tandis que Madara approchait.

 

  • Une femme.
  • Étonné ?

 

Elle se releva, époussetant sa qipao.

 

  • Les kunoichis que j’ai croisĂ© au cours de ma vie Ă©taient plutĂŽt rares

  • 

  • Elles avaient toutes un trait commun.
  • La beauté  Devina-t-elle, comme une Ă©vidence.
  • Non, la faiblesse.

 

Le regard de la brune s’assombrit.

 

  • Vous sous-estimez grandement les femmes.

 

AussitĂŽt, ses serviteurs disparurent avant de rĂ©apparaĂźtre Ă  quelques mĂštres de l’Uchiha ; ils l’entouraient. Avec une rapiditĂ© dĂ©concertante, ils formĂšrent leurs mudrās et lancĂšrent simultanĂ©ment leurs techniques.

 

  • Rapides et synchronisĂ©s.

 

Le leader les Ă©vita avant de les prendre lui aussi par surprise. Sa vitesse n’avait rien Ă  leur envier. Il se lança dans un ballet infernal, mĂȘlant coups-de-pied et poing ravageurs, les laissant pour morts. Ceci fait, il se tourna vers la jeune femme.

 

  • À ton tour.

 

Loin d’ĂȘtre impressionnĂ©e, la kunoichi souriait.

 

  • Chevelure longue et hirsute, Ă©ventail et faux sur le dos. Vous ĂȘtes Uchiha Madara. Quel honneur ! Hahaha !
  •  

  • Les hommes du pays du feu sont bouillonnants.
  • Pour qui travailles-tu ?

 

Ignorant sa question, l’ennemie referma son ombrelle, avant de former des signes.

 

  • Technique d’eau, dĂ©tection par la pluie ! Annonça-t-elle, calmement.

 

Quelques secondes s’écoulĂšrent, puis il se mit Ă  pleuvoir abondamment. Madara freina ses ardeurs. Il admirait le dĂ©luge sans sourciller, bras croisĂ©s, attendant de voir la suite. Les kunoichis utilisaient toujours des techniques de combat Ă  distance, alors il Ă©tait curieux de voir comment elle allait s’y prendre.

 

  • Camouflage dans la pluie.

 

La kunoichi disparût des radars. Elle se déplaçait autour de lui à grande vitesse, décochant ses aiguilles. Lui, esquivait sans grande difficulté.

 

  • Ennuyeuse.

 

PiquĂ©e au vif par tant d’arrogance, elle se rĂ©tablit Ă  quelques mĂštres de lui, mettant fin Ă  son invisibilitĂ©.

Exit son calme de façade. Ses traits, déformés par la colÚre, la faisaient littéralement fulminer. Composant, à nouveau, une succession de mudrās, elle hurla :

 

  • DĂ©ferlante brĂ»lante !

 

Un raz-de-marée fumant se dirigea tout droit sur le guerrier. Ce dernier savait désormais sur quel bouton appuyer.

 

  • Pas mal du tout. Mais ce n’est pas toujours pas suffisant, kunoichi.

 

LassĂ©, l’Uchiha activa ses sharingans puis s’élança Ă  une vitesse vertigineuse. Il fit pleuvoir un dĂ©luge de coups, qu’elle rĂ©ussit Ă  contrer grĂące Ă  son ombrelle. Le squelette mĂ©tallique de cette arme en faisant un bouclier idĂ©al. Les combattants jouaient au chat et Ă  la souris ; s’observants et frappants au bon moment. Madara jouait, l’assassin fulminait.

Aprùs un temps, il finit par l’attraper à la gorge et la souleva sans effort.

 

  • Tu ne danses plus ?

 

Il continua de serrer, si fort et si bien que la terroriste explosa, s’éparpillant en milliers de gouttes d’eau. Madara, Ă©tonnĂ©, observait la kunoichi se solidifier non loin de lui.

 

  • Vous ĂȘtes un piĂštre danseur

  • 

  • Technique vaporeuse, brume acide !
  • ?!!!

 

La guerriĂšre libĂ©ra un nuage de vapeur extraordinairement corrosif par la bouche. Madara, prit au dĂ©pourvu, libĂ©ra le tronc de son susanƍ.

 

  • Pas mal du tout, une technique hĂ©rĂ©ditaire
 Et rare, qui plus est.

 

Elle se jeta alors sur l’armure squelettique, distribuant une multitude de coups, pendant que la brume fragilisait l’armure de chakra. En rĂ©ponse, Madara crĂ©a un shuriken rotatif Ă  l’aide de son armure, et le projeta sur la jeune femme.

 

  • Je reconnais que tu es une puissante combattante. Ce don hĂ©rĂ©ditaire rehausse la piĂštre performance que tu m’as servi


 

Le shinobi reconstruit son armure, l’air de rien.

 

  • Tsk
 Je ne t’ai pas attendu pour le savoir !

 

L’amazone perdait son sang-froid. Elle dĂ©testait son ton hautain
 Si supĂ©rieur. Cette technique utilisait les affinitĂ©s du feu et de l’eau. Si elle avait une grande maĂźtrise de l’eau, celle du feu se faisait dĂ©sirer. L’assassin se reconstitua un visage impassible et composa une sĂ©rie de mudrās.

 

  • Je ne reconnais pas cette sĂ©rie de signes


 

Madara se préparait à essuyer une technique inédite. La jeune femme, souriait, comme si elle signait sa victoire.

 

  • Je me suis bien amusĂ©e !

 

AussitĂŽt, sa peau se mit Ă  rougir et Ă  fumer par tous les pores. Ses vĂȘtements et ses bijoux fondaient Ă  vue d’Ɠil.

 

  • Technique vaporeuse, Ă©crasement !

 

Augmentant dangereusement la tempĂ©rature de son corps, elle rejeta un nuage de brume qui dĂ©truit la zone autour d’elle. Madara s’éloigna de justesse et forma la totalitĂ© de son susanƍ. Il cria :

 

  • Tu m’es encore utile !

 

Son kalĂ©idoscope tournoya et son Ɠil droit libĂ©ra « Amaterasu ». En un clin d’Ɠil, les lĂ©gendaires flammes noires s’illuminĂšrent sur le corps de la femme, avant de se propager sur ses bras. Elle s’écroula relĂąchant sa technique.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Au village, Hashirama et Sasuke prenaient connaissance des derniĂšres nouvelles. Il Ă©tait Ă©vident qu’il y avait eu nĂ©gligence. Ce problĂšme creusait un peu plus le gouffre de la mĂ©sentente entre clans. Des regards haineux non dissimulĂ©s, des rumeurs, et dĂ©sormais, des accusations Ă©taient Ă  prĂ©voir.

 

  • Comment en est-on arrivĂ© là ?
  • Hashirama-Sama, il faudra remettre de l’ordre dans nos rangs, c’est indĂ©niable. Mais pour l’instant nous devons nous questionner sur notre nouvel ennemi.
  • Oui, pardonnez-moi MaĂźtre Sarutobi.
  • C’est plutĂŽt Ă©vident, non ?

 

Shinku Yuhi entra dans la piÚce sans se faire annoncer. Il continua :

 

  • C’est l’Ɠuvre du shƍgun !
  • Si tĂŽt ? S’étonna Hashirama.
  • Bien sĂ»r ! Il n’a pas perdu de temps. Il a frappĂ© le jour mĂȘme de notre rĂ©ponse.
  • Je pense plutĂŽt Ă  l’Ɠuvre d’un autre clan. Nous avons de nombreux ennemis.
  • Sarutobi-Sama, ne vous laissez pas avoir. Le shƍgun nous a laissĂ© une semaine pour rĂ©pondre, ce n’est pas pour rien. Pendant que nous Ă©tions dans le doute, lui se prĂ©parait.
  • Shinku-Sama, nous parlons du shƍgun tout de mĂȘme. MaĂźtre du pays du Feu. Oserait-il assassiner son propre peuple ?

 

Silence

 

Pour l’avoir rencontrĂ©, le groupe savait pertinemment que ce Roi en Ă©tait capable. Un marionnettiste hors-pair, dont le peuple est son pantin. Ses prĂ©cieuses poupĂ©es du destin.

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Au village, les Kurama soufflent le feu,

Mais le malheur ne vient jamais seul.

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CHAPITRE XIII

ÉTINCELLES D'ESPOIR, FEU DU DÉSESPOIR.

 

 🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Cette journĂ©e s’annonçait pourtant pleine de fĂ©licitĂ©, malgrĂ© les quelques racontars. Les habitants du village se prĂ©paraient Ă  vivre des jours plus longs et plus doux Ă  mesure que le printemps filait, et que se dessinait l’étĂ©. Le vent apportait avec lui, les chuchotis d’un prochain agrandissement communautaire.

Malheureusement, le ciel en avait dĂ©cidĂ© autrement. Un bruit sourd et une lumiĂšre vive, transformĂšrent cette journĂ©e en chaos. À nouveau, les habitants s’interrogeaient, non pas sur la nature de l’évĂ©nement, mais sur l’identitĂ© de l’ennemi. Il Ă©tait plus difficile d’embabouiner les villageois aprĂšs avoir accumulĂ© autant de malchance, ces derniers mois.

 

Lorsque Madara revint au village en conquĂ©rant, les habitants, Ă©tonnĂ©s, s’arrĂȘtaient pour l’observer. On murmurait, le fĂ©licitait, le saluait Ă  son passage. Mais quelle Ă©tait la raison de cet emballement ?

AprĂšs avoir menĂ© sa mission Ă  bien, le chef Uchiha rentrait avec un butin de guerre d’une grande valeur. Il portait sur son Ă©paule, une femme ligotĂ©e, et manifestement blessĂ©e.

 

  • Qui est-ce ? Murmuraient certains.
  • Elle ne ressemble pas Ă  une femme du pays ! Remarquaient d’autres.

 

Comme d’habitude, il ignora les remarques, filant tout droit vers les geîles.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

  • Qui est-ce ? Interrogea Hashirama.
  • C’est le respons

  • Ohh, je sais ! C’est ta petite amie ? Petit coquin, tu ne
 !

 

Hashirama d’humeur taquine, jugea que le moment Ă©tait bien choisi pour faire un trait d’humour. Mal lui en a pris, Madara lui colla son poing Ă  la figure.

 

L’air de rien, ce dernier reprit :

 

  • Il s’agit du responsable de tout ce dĂ©sordre.
  • 
 Il devrait se dĂ©rider un peu
 Il m’a probablement cassĂ© le nez !
  • En
 En es-tu sĂ»r ?
  • Oui. Soigne-lĂ .
  • Je croyais

  • Soigne-lĂ , juste un peu. Nous allons l’interroger.

 

Son acolyte s’exĂ©cuta. MalgrĂ© tout, il avait encore du mal Ă  croire en la culpabilitĂ© de cette femme.

 

  • Parle-moi d’elle. L’équipe de Tobirama est revenue avec les cadavres de nos camarades, et des civils

  • Cette femme Ă©tait accompagnĂ©e d’une Ă©quipe de quatre hommes utilisant des techniques Ă©lĂ©mentaires distinctes. Ils Ă©taient organisĂ©s, rapides
 Au point de ne laisser aucune chance de riposte Ă  leurs adversaires.
  • Impressionnant. Et elle ?
  • Elle utilise le ninjutsu aussi. Techniques d’eaux, et
 Elle dispose d’un don hĂ©rĂ©ditaire trĂšs rare.
  • Ohhh ?! Qu’est-ce donc ?
  • La vapeur.
  • C’est, en effet, trĂšs rare !
  • Mais il n’y a pas que cela. Son style est d’un genre particulier.
  • Qu’entends-tu par-là ?
  • Hozuki.
  • Quoi ?! Hozuki ? Comme le clan Hozuki du Pays de l’Eau ??
  • Hm
 Elle a la capacitĂ© de liquĂ©faction.
  • MisĂšre, il ne manquait plus que ça ! On a dĂ©jĂ  bien du mal avec nos propres clans pour qu’un autre clan Ă©tranger se mĂȘle de nos affaires


 

Quelques secondes furent suffisantes pour effacer les traces de brûlures, engendrées par les flammes noires. Le Senju se releva et Îta son haori. Il recouvrit la jeune femme, dont la tenue calcinée, découvrait un peu plus son corps. Madara, lui, enroula des sceaux marqués des kanjis « altération », autour de ses bras et de ses jambes. 

 

  • Parfait. Elle ne sera pas en mesure d’utiliser son chakra.

 

L’Uchiha s’adressa ensuite aux gardes :

 

  • Installez-lĂ  dans sa cellule et ne la quittez pas des yeux !

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

  • A-t-elle parlé ?  

 

Shinku, passablement en colÚre, interrogea les fondateurs, à peine venaient-ils de passer les portes de la piÚce. La nouvelle avait fait le tour du village, contraignant les maßtres à se réunir au palais. Bien malgré les conseils avisés du vieux Sarutobi, le reste du groupe avait du mal à contenir son impatience. Il imaginait toutes sortes de scenarii.  

 

  • Nous n’avons pas encore pu l’interroger, rĂ©pondit Hashirama.
  • Qu’attendez-vous ?!
  • Commencez par baisser d’un ton, menaça l’Uchiha.
  • Deux de mes hommes sont morts !!
  • Vous n’ĂȘtes pas le seul.
  • Installons-nous d’abord. Nous avons besoin de vos Ă©claircissements ! Conseilla ShĂšn.

 

La kunoichi, d’apparence calme, bouillonnait intĂ©rieurement. Elle n’avait aucune intention d’aider le village Ă  se dĂ©pĂȘtrer, mais elle s’interrogeait sur la nature de cet acte.

 

  • Ça ne peut pas ĂȘtre Bonjin-Sama. AprĂšs tout, parmi les shinobis assassinĂ©s, il y a des membres de mon clan

  • Madara-Sama, vous avez Ă©tĂ© sur le terrain. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

À nouveau, l’Uchiha se confia. Au fil de son rĂ©cit, le groupe semblait tomber des nues. Shinku s’exprima encore :

 

  • Cette femme appartiendrait au clan Hozuki du pays de l’Eau ? Je n’y crois pas une seconde !
  • Pourtant, elle a dĂ©montrĂ© des capacitĂ©s propres Ă  ce clan ! RĂ©torqua Hashirama.
  • Pourquoi des clans Ă©trangers viendraient dans notre pays ? Interrogea ChĆ«shin.
  • Tobirama m’a dit un jour que les clans Ă©trangers tendaient Ă  disparaĂźtre, elle a peut-ĂȘtre fui son pays.
  • Je ne vois pas l’utilitĂ© de spĂ©culer
 Messieurs, il nous faut l’interroger.
  • Elle ne s’est pas encore rĂ©veillĂ©e. Lorsque ce sera fait, elle goĂ»tera Ă  mes sharingans.
  • Si vous ne voyez pas d’inconvĂ©nient, je souhaiterais le faire.

 

Cette demande de ShĂšn, cloua le groupe. Les Kurama Ă©taient d’excellents espions, mais ne possĂ©daient aucune habilitĂ© quant Ă  l’art d’interroger.

 

  • Dame ShĂšn, il y a-t-il une chose dont vous voudriez nous faire part ? Interrogea Sasuke.

 

D’apparence douce, le vieil homme Ă©tait aussi agile et malin que les animaux qu’il Ă©levait. À ses yeux, cette demande n’était pas anodine. Ses dĂ©cennies d’expĂ©riences furent suffisantes pour Ă©veiller sa mĂ©fiance. 

 

  • Hahaha. Messieurs, mon clan est expert dans le domaine

  • De l’espionnage ! Coupa Madara, suspicieux.
  • Tout Ă  fait ! Mais je souhaiterais Ă©tendre nos capacitĂ©s grĂące Ă  des illusions et Ă  nos herbes.
  • Vous croyez que c’est le moment de se faire les dents sur une kunoichi qui dĂ©tient des rĂ©ponses indispensables ?!

 

Shinku ne décolérait pas.

 

  • Madara-Sama dispose d’une pupille parfaite pour faire cracher le morceau ! Il n’y a pas Ă  tergiverser ! Madara-Sama est celui qui doit conduire cet interrogatoire ! Et le plus tĂŽt sera le mieux !
  • Calmez-vous, Shinku-Sama ! Tenta Hashirama.
  • Certainement pas ! Avez-vous oubliĂ© que Habu Hagoromo s’est suicidĂ© alors mĂȘme qu’il Ă©tait saucissonnĂ© dans sa cellule, sans aucune chance de fuite ?!
  • Allons, allons ! Shinku-Sama, il faut vous calmer. Cette femme est ligotĂ©e et surveillĂ©e.

 

L’homme se rassit. AprĂšs quelques secondes de silence, Hashirama prit la parole sur la suite de ce sujet Ă©pineux :

 

  • Bien. Parlons de ces civils morts sur nos chemins.

 

Silence

 

  • Les civils Ă©taient morts depuis plusieurs jours, au contraire de nos sentinelles. Cet incident a rĂ©vĂ©lĂ© un grave manquement.
  • Et je suppose qu’il faut trouver un coupable ? LĂącha ShĂšn.
  • Il ne s’agit pas de s’accuser, mais de

  • C’est pourtant ce que vous essayez de faire. Les clans fondateurs et les Sarutobi ne peuvent pas ĂȘtre accusĂ©s. Il faut chercher de notre cĂŽté !
  • Allons Dame ShĂšn, je n’ai encore rien dit. J’expose des faits.
  • Soit. Exposez !
  • Aucun rapport n’a fait mention d’attaque ces derniers jours. Cela signifie deux choses : soit nos sentinelles ont cachĂ© intentionnellement ces faits, soit elles n’ont pas fait leurs rondes.
  • C’est bien ce que je dis, vous essayez de faire porter le chapeau Ă  l’un d’entre nous !

 

Madara, silencieux, observait la kunoichi. Il ne la lĂąchait pas du regard, et cette derniĂšre se savait Ă©tudiĂ©e. De nature mĂ©fiante, le shinobi Ă©tait dotĂ© d’un effroyable sixiĂšme sens, qui ne le trompait jamais.

 

  • Kurama ShĂšn.

 

Silence. La tablĂ©e observait l’Uchiha.

 

  • À quoi jouez-vous ?
  • Je vous demande pardon ?
  • Maudit Uchiha
 Ce gamin est sur le point de me percer Ă  jour ! Gardons notre calme, il ne fonctionne que par preuve concrĂšte.
  • Vous voulez d’abord interroger la dĂ©tenue, et maintenant, vous essayez de nous monter l’un contre l’autre.
  • Hahaha. Ce n’est absolument pas mon intention. Vous vous mĂ©prenez, Madara-Sama. J’essaye juste de dĂ©fendre mon clan.

 

Le vieux singe se leva, marchant vers la sortie. Il était las de cette conversation qui tournait en rond. Il dit :

 

  • Soit nous acceptons de discuter de maniĂšre civilisĂ©e sans se sauter Ă  la gorge, soit je retourne Ă  mon quartier. J’ai du travail et un enfant Ă  pleurer.
  • MaĂźtre Sarutobi, attendez, je vous en prie ! Supplia Hashirama.
  • 

  • Nous sommes tous Ă©prouvĂ©s


 

Le vieil homme s’arrĂȘta aux portes.

 

  • Et je le comprends. Nous devons pourtant demeurer unis, face au shƍgun, et face Ă  tout autre ennemi.
  • MaĂźtre, une fois de plus, vos paroles sont sages. Pardonnez mon attitude ! S’excusa le leader Yuhi.

 

Sasuke fit demi-tour et se réinstalla à sa place. AprÚs cela, la conversation se fit plus fluide et agréable.

 

  • Si ces villageois sont morts depuis plusieurs jours, cela implique de nombreuses Ă©quipes.
  • En effet ! C’est tout un dispositif qui est dĂ©faillant

  • Pour comprendre, je pense qu’il faudrait interroger les chefs d’équipe.
  • Oui et fouiller les postes.

 

Finalement, le groupe parvint Ă  une solution. ShĂšn retourna Ă  ses quartiers, la tĂȘte pleine de doutes.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Au milieu de l’agora du district Kurama, ShĂšn faisait face Ă  son clan. Les civils assis, les guerriers tĂȘtes inclinĂ©es et genoux au sol, Ă©coutaient attentivement leur cheffe.

 

  • Nos efforts n’ont pas Ă©tĂ© concluants. Les clans restent unis malgrĂ© les rumeurs et tentatives de sabotages. Impliquez-vous davantage. Nous disposons de peu de temps.
  • Madame, il y a des combats dans le village, et nous avons Ă©veillĂ© l’animositĂ© de beaucoup de guerriers jusqu’ici.
  • Je le sais. Continuez.
  • Oui.
  • Qui est de garde aux Archives ?

 

Quelques shinobis se levĂšrent.

 

  • Les informations que vous m’avez donnĂ©es ne sont pas exploitables. Il est possible que ce Tobirama ait consignĂ© ses observations sur les Uchiha et leur dƍjutsu. Trouvez-les !
  • Oui, madame !
  • Qui est de garde Ă  la prison ?

 

D’autres shinobis se manifestùrent.

 

  • La femme. Il faut savoir d’oĂč elle vient, et pour qui elle travaille.
  • Oui, madame.
  • Apportez-moi ces informations avant les fondateurs.

 

La place se vida. ShĂšn resta seule. Non. Ses doutes l’accompagnaient. Elle se remĂ©mora les promesses de Bonjin.

 

đŸ“œïžđŸŽŹđŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž

 

  • Je suis tout ouĂŻe, Bonjin-Sama.
  • Les Uchiha et les Senju sont individuellement puissants. Ensemble, ils sont indestructibles. Ce n’est nullement Ă©tonnant, ils forment originellement la premiĂšre famille shinobi.
  • Je suis surprise. Vous connaissez donc l’histoire ninja ?
  • Oui. Mais lĂ  n’est pas le sujet. Je souhaite des informations capitales.
  • Je vois. Vous voulez les dĂ©manteler de l’intĂ©rieur.
  • Vous ĂȘtes remarquablement intelligente.
  • Je ne serais pas Ă  la tĂȘte de ce clan, sinon. Dites m’en plus.
  • Votre rĂŽle sera de me confier autant d’informations possibles sur tous les clans du village.
  • C’est tout ?
  • Les Kurama sont des espions, alors faites ce pourquoi vous excellez !
  • Hahaha. Les Kurama peuvent faire bien mieux.
  • Comment ?
  • Les Kurama brillent en fonction de leur rĂ©tribution, messire.
  • Hahahahaha ! TrĂšs bien, j’aime ça ! Mis Ă  part les fondateurs, contentez-vous de faire fuir les autres clans. Je me chargerais du reste.

 

đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïžđŸ“œïžđŸŽŹ

 

  • Quelque chose cloche. Que peut-il faire de plus si ce n’est payer des clans pour nous attaquer ? Mais cette femme semble Ă©trangĂšre


 

La rĂ©gente marchait seule dans l’agora, elle rĂ©flĂ©chissait.

 

  • Je dois avoir un coup d’avance sur le village, et sur ce roi
 Mais quelque chose m’échappe


 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Sa vue était brouillée.

 

Non. Elle se trouvait dans un endroit peu éclairé.

 

  • OĂč suis-je ?!

 

Elle tenta de bouger.

 

Elle ne pouvait pas.

 

  • Qu’est-ce que ?!

 

Ses mains au-dessus d’elle Ă©taient enchaĂźnĂ©es au mur sur lequel elle se reposait. Ses jambes Ă©cartĂ©es Ă©taient chacune reliĂ©e Ă  une chaĂźne murale. Enfin, sa bouche, sĂ©parĂ©e par un torchon imbibĂ©, l’empĂȘchait de se blesser intentionnellement.

 

La mĂ©moire lui revint progressivement ; une vive douleur, d’étranges flammes noires, puis le nĂ©ant. Ses yeux s’habituant Ă  l’obscuritĂ©, et ses pieds au touchĂ©, elle commença Ă  discerner la silhouette d’une Ă©trange cellule.

 

  • Hummmmm ! Appela-t-elle.
  • Une cellule de bois ?! Qui est le crĂ©tin qui a ordonnĂ© la fabrication de cachots en bois ?

 

AprĂšs quelques minutes, oĂč elle s’évertua Ă  gĂ©mir le plus bruyamment possible, elle entendit des pas.

 

  • Deux paires de pieds


 

Madara ouvrit la cellule. Il faisait face Ă  la prisonniĂšre. Son regard narquois semblait la faire enrager. À ses cĂŽtĂ©s, un homme, lĂ©gĂšrement plus grand, et au visage plus doux.

 

  • Ohh ! Elle a des yeux bleus !
  • La ferme.
  • 


 

Un shinobi apporta un siĂšge, sur lequel Madara s’installa. Ses sharingans en Ă©vidence, il commença son interrogatoire.

 

  • Ton nom ?
  • Hmmm !!!!
  • On dirait que tu as des choses Ă  dire. Hashirama, retire-lui son bĂąillon.

 

Le Senju s’exĂ©cuta. Tout sourire, il retira le torchon, essuya la salive, lorsqu’elle tenta de le mordre.

 

  • Du calme, j’essaye de vous aider !
  • Je vous tuerais pour ce que vous m’avez fait !
  • Heureusement que vous ĂȘtes bien attachĂ©e, haha ! S’amusa le Senju.
  • Ton nom ?

 

Son regard passa vers l’Uchiha. Elle dĂ©cida de lui rendre la tĂąche difficile.

 

  • Je ne m’en souviens plus.
  • Tu veux jouer ? Bien. Cet homme te soignera autant de fois qu’il le faudra. Juste un peu pour que tu restes consciente, pas assez pour que tu souffres atrocement. Quant Ă  moi, je me ferais une joie d’utiliser mon dƍjutsu, je briserai chaque parcelle de ton esprit jusqu’à avoir les rĂ©ponses que je cherche.

 

Le regard de Madara changea ; il semblait fou. Hashirama ne paraissait pas en adéquation avec son acolyte, mais garda le silence.

 

  • J’ai peur


 

La prisonniĂšre dĂ©fiait l’Uchiha. Si son regard pouvait tuer, les deux hommes seraient morts. Elle dĂ©clara :

 

  • Je suis une kunoichi, vous ne me ferez pas parler ! Pas mĂȘme sous la torture !
  • Tsukuyomi.

 

Et la session débuta.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Kiku marchait Ă  vive allure en direction du district Senju. D’allure furibonde, ses connaissances n’osaient ni l’approcher, ni mĂȘme la saluer. D’ailleurs, elle ne les voyait mĂȘme pas. Arrivant prĂšs du grand chĂȘne, elle regarda autour d’elle, avant de remarquer une propriĂ©tĂ© en retrait ; la plus grande du quartier.

 

  • Ah c’était par-là !

 

Elle reprit sa marche effrĂ©nĂ©e, ne se souciant guĂšre des regards Ă©tonnĂ©s, parfois mĂ©prisants des habitants. Elle passa les portes et s’émerveilla malgrĂ© elle. Le bĂątiment principal visible depuis l’entrĂ©e du quartier Ă©tait si imposant qu’il cachait de nombreux pavillons et des jardins magnifiquement taillĂ©s. La jeune fille s’attarda sur une rangĂ©e de bonsaĂŻs, oubliant pour un temps la raison de sa venue.

 

  • Mais qu’est-ce que je fais ?!

 

À nouveau, elle regarda autour d’elle, tentant de repĂ©rer l’objet de sa convoitise.

 

  • Les quartiers de Mito sont de ce cĂŽtĂ©. Cela signifie que cette partie est privĂ©e. Alors


 

Elle prit la direction opposĂ©e, empruntant au hasard, un couloir la menant Ă  l’intĂ©rieur du bĂątiment, s’arrĂȘtant, ici et lĂ , pour vĂ©rifier les piĂšces. AprĂšs des minutes de recherches, elle s’écria :

 

  • Eh vous !!

 

Tobirama s’arrĂȘta et observa la petite furie, courant dans sa direction.

 

  • Je vous trouve enfin !!
  • Qui es-tu ?
  • Ne me tutoyez pas !!
  • 

  • Bon, je suis Uchiha Kiku. Et je suis ici pour vous dire vos quatre vĂ©ritĂ©s !
  • Je n’ai pas le temps de jouer avec une enfant. Rentre chez toi.
  • Ne me mĂ©prisez pas ! Vous en avez assez fait. À cause de vous, le village est sens dessus-dessous !
  • Tu ne sais pas de quoi tu parles, gamine. Pour la derniĂšre fois, rentre chez toi.

 

Tobirama n’avait nullement l’intention de discuter. Encore moins avec un Uchiha.

 

  • Vous ĂȘtes un dirigeant, mais vous transpirez la haine ! Je ne vous laisserai pas dĂ©truire mon clan. Vous n’avez aucune idĂ©e de l’impact de vos mots sur mon peuple. Alors moi, je vais vous donner un conseil, et vous feriez mieux de le suivre ! Cessez de vomir votre immonde haine sur mon clan !
  • Que se passe-t-il ici ?

 

Mito avait entendu des cris. Alors, elle s’était approchĂ©e.

 

  • Il n’y a rien. Elle allait s’en aller, rĂ©pondit Tobirama.
  • Surement pas !
  • Cela suffit, Kiku ! Gronda la princesse.
  • Quoi ?!
  • Tobirama-Sama, veuillez excuser mon amie.
  • Belle-sƓur, tu devrais la raccompagner.
  • Mito, avec tout le respect que je te dois
 Reste en retrait. Tu ne sais pas ce qu’il a fait !
  • Nous pouvons en discuter calmement. Mais pour l’instant, Tobirama-Sama n’est pas

  • Parfait ! J’irai voir votre chef.

 

Sur ces mots, la jeune fille tourna les talons.

Mito salua briĂšvement son futur beau-frĂšre, avant de rattraper son amie.

 

  • Kiku, attend !
  • 

  • Attend, s’il te plaĂźt !

 

La rouquine attrapa le bras de son amie, la faisant s’arrĂȘter. Cette derniĂšre se retourna, les larmes aux yeux. Cet Ă©tat dĂ©sarma lĂ©gĂšrement l’Uzumaki.

 

  • Je t’invite Ă  boire un thĂ©.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Devant son thĂ©, Kiku tentait de se calmer. Un mĂ©lange de colĂšre et de tristesse l’envahissait.

 

  • J’ai ajoutĂ© du miel. C’est comme ça que tu l’aimes, n’est-ce pas ?
  •  

  • Parle-moi, Kiku.
  • Tu ne comprendrais sĂ»rement pas

  • Seulement si tu ne m’expliques rien.
  • 
 Il y a toujours eu des rumeurs sur notre compte. Depuis que nous habitons ce village, nous avons toujours Ă©tĂ© victimes. Je sais qu’une partie des habitants en font fi, mais elles nous atteignent malgrĂ© tout. Et j’apprends que Tobirama Senju est le principal instigateur de ces rumeurs

  • Mais tu sais qu’une partie des Senju ne sont pas du mĂȘme avis que lui, n’est-ce pas ?
  • Est-ce que ça sera toujours le cas ? Nous avons l’impression d’ĂȘtre sur la sellette Ă  chaque instant.
  • Tobirama-Sama a vu sa fratrie se faire anĂ©antir par les Uchiha, alors qu’ils n’étaient encore que des enfants.
  • Ce n’est pas une exclusivitĂ©. Nous aussi, nous avons perdu des proches de la main des Senju !
  • Il a besoin d’un peu plus de temps pour s’accoutumer.
  • Tu dĂ©fends l’indĂ©fendable, Mito

  • 

  • Je suis amie avec des tas de personnes, peu importe leur clan. Mon pĂšre et mon frĂšre sont morts de la main d’un de ces clans. Je n’ai pourtant aucune haine Ă  leur Ă©gard


 

Mito n’avait pas de mot. Elle Ă©tait d’accord avec son amie. NĂ©anmoins, elle ne souhaitait nullement d’incident diplomatique. Tobirama restait un homme difficile Ă  convaincre. Elle se remĂ©mora les paroles de Ran Sarutobi.

 

  • Nous sommes diffĂ©rentes des hommes, parce que nous n’avons pas foulĂ© le champ de bataille, Kiku. Mais c’est notre devoir de les apaiser et de les aider Ă  faire la paix. Alors j’ai une proposition !
  • Qu’est-ce donc ?
  • Nous allons reprendre ton idĂ©e du repas dans ton quartier, et le transposer au village

  • Un festival ?
  • Oui !
  • Tu crois que ça va calmer cet ours mal lĂ©ché ?
  • Nous ne le saurons pas sans avoir essayé !
  • Je veux bien essayer, mais c’est la derniĂšre fois. AprĂšs cela, je convaincrai mon clan et Madara-Sama que nous n’avons plus notre place dans ce village !
  • Allons Kiku, pas besoin d’aller jusque-lĂ  pour un seul homme. Tu donnerais raison Ă  Tobirama-Sama

  •  
 Je ne l’aime pas

  • Hahaha !

 

Kiku avait repris du poil de la bĂȘte. Elle aimait organiser et diriger. Peut-ĂȘtre qu’un nouveau regroupement ferait du bien au village ?

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Des cris, des tremblements, des soubresauts. Le cƓur d’Hashirama s’emballait aprĂšs un aprĂšs-midi de discussion musclĂ©e avec la kunoichi. Cette session de torture avait fini par l’atteindre. Il dĂ©cida de couper Madara dans ses expĂ©rimentations :

 

  • Ça suffit ! C’est une femme, Madara !
  • C’est une kunoichi

  • 

  • Elle a des informations importantes, et elle va les cracher, j’ai tout mon temps.
  • Je ne peux plus te laisser faire, il y a d’autres moyens !
  • Oh ?! Laisse-moi deviner
. Un repas chaud, une cellule confortable, promenade libre au beau milieu du village ?
  • 

  • Tu n’apprends jamais de tes erreurs, Hashirama. Il te faut encore combien de morts pour que tu comprennes que tes mĂ©thodes sont mollassonnes !
  • Tu as jusqu’à la tombĂ©e de la nuit. Je prendrai le relais si tu n’as aucune information !

 

Hashirama quitta les geĂŽles sur ces mots.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

Le soleil se couchait, l’air frais du soir parvenait par courant d’air, faisant frissonner la prisonniĂšre, malgrĂ© elle. Madara n’en avait cure. La prisonniĂšre non plus. Cette derniĂšre possĂ©dait d’ailleurs un esprit puissant
 Tout du moins, suffisamment rĂ©sistant aux pupilles Ă©carlates. L’Uchiha s’était heurtĂ© Ă  une multitude de verrous alors qu’il se baladait dans sa tĂȘte. MalgrĂ© cela, il la sentait s’amoindrir.

 

  • Hehehe. Vous voyez
 Fl
 Flou ?
  • 

  • On dirait que
 L’uti
 L’utilisation de vos pupilles
 Vous
 Commence Ă  vous coĂ»ter
 Cher
 Hahaha !

 

Madara lui assena un coup de pied au visage. Elle cracha hargneusement du sang. Provoquante, elle répliqua :

 

  • Encore

  • Avec plaisir.

 

L’homme recommença encore, et encore, mĂȘlant torture physique et mentale.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

L’aube approchait. Madara n’en dĂ©mordait toujours pas, rĂ©pĂ©tant pour la Ă©niĂšme fois ses questions. Il sentait que sa prisonniĂšre n’allait plus tarder Ă  se mettre Ă  table.

Il prit un torchon et effaça ses larmes de sang. Observant le tissu, il rĂ©alisa que cette kunoichi n’avait probablement pas tort. Sa vue se troublait
 Des questions plein la tĂȘte, il oublia pour un court instant sa mission.

 

  • Il faudrait que j’en parle aux mĂ©decins du clan
 Ce n’est peut-ĂȘtre pas grand-chose.
  • Je
 Je veux
 NĂ©gocier

  • Je n’avais jamais eu une si vive douleur aprĂšs l’utilisation de mon sharingan sous sa forme premiĂšre

  • Je veux nĂ©gocier !!

 

Revenant Ă  lui, il contempla la kunoichi. Ses cheveux de jais aux reflets bleutĂ©s Ă©taient dĂ©faits, cascadant jusqu’au bas de son dos. Ses yeux d’ordinaires bleus comme les ocĂ©ans, avaient pris une teinte orageuse. ReflĂ©taient-ils son humeur ? Sa peau autrefois pure et laiteuse, Ă©tait parsemĂ©e de brĂ»lures, blessures, et traces de sang. Ses poings Ă©taient ensanglantĂ©s, aprĂšs les avoir serrĂ©s si forts, jusqu’à plantĂ©s ses ongles dans ses paumes. Le shinobi lui trouva un certain charme. Sans pitiĂ©, il rĂ©pondit :

 

  • J’ai bien peur que ça ne soit trop tard.
  • A
 Asatsuyu.
  • 

  • Je m’appelle
 Asatsuyu.
  • Je n’en ai que faire de ton nom.
  • C’est
 La
 PremiĂšre question
 Que
 Que vous m’avez posé .
  • 

  • 
 Je veux
 NĂ©gocier !!

 

Le shinobi se leva et quitta la cellule, alors qu’Hashirama faisait son apparition.

 

  • J’ai
 J’ai des informations de valeurs


Le duo s’arrĂȘta. La jeune femme ajouta :

 

  • Mon employeur
. Votre shƍgun m’a


Elle s’évanouit, Ă©puisĂ©e par une journĂ©e intense.

 

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  • 3 weeks later...

Dans le chapitre précédent

Pendant que les Kurama sĂšment discrĂštement la discorde,

Madara s'octroie un tĂȘte-Ă -tĂȘte sanglant avec une nouvelle venue.

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CHAPITRE XIV

LE MASQUE DE LA LIBERTÉ, LE CIMENT DE L'UNION.

 

🍃🍂🍃🍂🍃🍂

 

« Mon employeur
 Votre shƍgun  »

 

L’aurore Ă©tait proche. Le crĂ©puscule avait apportĂ© avec lui, de fines gouttelettes d’eaux, caractĂ©ristique de la rosĂ©e du matin. D’humeur maussade, Hashirama et Madara mĂ©ditaient. Ils digĂ©raient les confessions d’Asatsuyu. Les deux hommes avaient passĂ© une partie de leur nuit dans les cachots, avant de rejoindre les quartiers privĂ©s de l’Uchiha.

 

  • Qui penses-tu que ça soit ?

 

L’homme Ă  la criniĂšre hirsute, sirotait son sakĂ©, les yeux dans le vide.

  • Madara ! C’est grave, cette femme a laissĂ© entendre qu’il y avait un espion au village !
  • Elle n’a pas dit qu’il y avait un espion

  • Peut-ĂȘtre pas dans ces termes-lĂ , mais

  • Ses mots exacts Ă©taient « les graines de la discorde doivent ĂȘtre semĂ©es Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur du village. ».
  • Hum

  • Le shƍgun souhaite notre sĂ©paration, sa stratĂ©gie est perfide, mais logique. Il nous coupe les vivres en faisant tuer des innocents. Ces villages ne souhaiteront plus faire affaire avec nous. Quant Ă  nous, nous nous retrouvons dĂ©munis, et peu Ă  peu dĂ©sarmĂ©s. Au village, les habitants s’entretuent dĂ©jĂ  avec toutes ces rumeurs
 Le cocktail idĂ©al pour provoquer des scissions claniques.
  • Shinku-Sama avait raison depuis le dĂ©but. Le shƍgun a frappĂ© le jour mĂȘme de notre rencontre
 Nous devons nous rĂ©unir !
  • Non.
  • Madara, nous ne pouvons pas prendre de dĂ©cisions sans le consentement des autres clans !
  • RĂ©flĂ©chis une minute. Si le groupe de cette Asatsuyu se charge de l’extĂ©rieur du village, qui s’occupe de l’intĂ©rieur ?
  • C’est ce que je dis, il y a un espion !
  • Je ne parlerais pas d’espionnage, mais de sabotage. Quelque chose me dit que les Kurama y sont pour quelque chose.
  • Les Kurama ?! Madara, tu n’y penses pas ! Nous ne pouvons pas accuser un clan de traĂźtrise, sans preuves !
  • ShĂšn aime l’argent plus que tout. Elle a dĂ» se laisser tenter par l’offre du shƍgun.
  • Madara, ces accusations sont graves. Sur quoi te bases-tu ?
  • Notre derniĂšre rĂ©union

  • Qui ne chercherait pas Ă  protĂ©ger les siens ?! Nous pouvons aussi bien accuser Shinku-Sama, qui a devinĂ© qu’il s’agissait du shƍgun, dans ce cas ! Peut-ĂȘtre cherche-t-il Ă  nous sĂ©parer plus rapidement, hum ?!
  • TrĂšs bien. Coupons la poire en deux. Nous divulguerons uniquement une partie des informations concernant le shƍgun. Nous ne dirons rien Ă  propos d’un potentiel traĂźtre.

 

Sur ces mots, les deux hommes se sĂ©parĂšrent. Lorsque le Senju fut suffisamment Ă©loignĂ©, Madara rĂ©veilla son cadet. Un deuxiĂšme tĂȘte-Ă -tĂȘte avec la mercenaire, s’imposait.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Aux portes des geĂŽles, deux gardes affaissĂ©s dormaient paisiblement. Il en allait de mĂȘme avec le gardien d’une cellule particuliĂšre.

 

  • Bien dormie ?

 

Deux paires de sharingans brillaient dans la pénombre. La prisonniÚre émergea.

 

  • Je vous ai dĂ©jĂ  tout dit ! Vous ne m’avez rien donnĂ© en Ă©change !
  • C’est faux. Tu as reçu une couverture et de la nourriture.
  • Ne jouez pas avec moi !!
  • Woah ! OnÄ«san, elle est vraiment sanguine !
  • Asatsuyu, j’ai besoin de plus d’informations

  • J’ai dĂ©jĂ  tout dit

  • Oui, mais je n’ai rien vu

  • Je refuse qu’on entre dans ma tĂȘte ! Il faudra vous contenter de mes mots

  • Izuna.

 

Le dƍjutsu du cadet brilla avant de tournoyer. Les tomoes semblaient s’élargir au point de former trois barres distinctes.

 

  • Tsukuyomi.
  • Nooonn ! Pas ça !

 

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Le ciel grondait et pleurait. Il zébrait quelquefois, transpercé par une vive lumiÚre qui disparaissait aussitÎt.

Un champ de bataille dĂ©sertĂ©, des cadavres de guerriers, des armes Ă©parpillĂ©es. Il n’y avait nulle odeur de sang
 Seule celle de la pluie.

Au loin, une minuscule silhouette. Une petite fille et son ombrelle. Elle faisait les poches des morts, rĂ©cupĂ©rant objets, argents, armes et vĂȘtements.

 

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  • Non, ce n’est pas ça


 

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Une taverne remplie d’hommes
 Des chasseurs de primes.

 

Asatsuyu, pieds croisés sur la table, beugla :

  • Tavernier !
  • Qu’est-ce qu’il y a ?!
  • C’est ma tournĂ©e ! AprĂšs tout, je viens de capturer l’un plus grands criminels de ce pays !
  • Bien parlĂ©, femme !!

 

Brouhaha général.

 

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  • Elle rĂ©siste mĂȘme aux « arcanes lunaires » 

  • Tu as vu quelque chose ?
  • Je l’ai fragilisĂ©, et elle a rĂ©agi Ă  mes illusions
 Mais pas de la bonne maniĂšre.
  • Qu’as-tu vu ?
  • Seulement des bribes de son passĂ©, mais rien en lien avec le shƍgun.
  • SuggĂšre-lui une entrevue avec le shƍgun
 

 

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Une piÚce majestueuse. Un homme couché sur son zabuton se faisant éventer par des servantes.

Autour de lui, une cour qui semblait vivre au rythme de ses envies.

  • Vous m’avez fait appeler, monseigneur ?
  • Vous ĂȘtes bien « l’enfant de la pluie », n’est-ce pas ?
  • En effet.

 

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  • J’y suis, mais je ne perçois presque rien, elle continue de me rĂ©sister !
  • 

  • Elle m’a rejeté !
  • Concentre-toi et focalise ton chakra sur cette partie de son souvenir, Izuna. 

 

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Une piÚce majestueuse. Un homme couché sur son zabuton se faisant éventer par des servantes.

Autour de lui, une cour qui semblait vivre au rythme de ses envies.

 

  • Vous m’avez fait appeler, monseigneur ?
  • Vous ĂȘtes bien « l’enfant de la pluie », n’est-ce pas ?
  • En effet. Mais je ne suis plus une enfant. « La femme de la pluie » serait plus appropriĂ©e. 
  • J’ai entendu parler de toi. Tu es un mercenaire redoutable. Les daimyƍs des pays voisins louent tes services et tes exploits.
  •  


 

D’un geste de la tĂȘte, l’homme dĂ©signa un coffre. Un serviteur l’ouvrit, rĂ©vĂ©lant ses trĂ©sors : argents, bijoux, et tissus de soie.

 

  • C’est pour vous.
  • 

  • Mais Ă  une condition.
  • Je vous Ă©coute.

 

Asatsuyu posa un genou au sol et inclina sa tĂȘte en signe d’obĂ©dience.

 

  • Il y a un village shinobi non loin d’ici
 À l’est. Voyez-vous, il me pose problĂšme. C’est un rassemblement de clans qui essaye de me renverser.
  • Quelle est ma mission ?
  • Tuez tous ceux qui entrent ou sortent de ce territoire.
  • Soyez plus clair, monseigneur.
  • Femmes, enfants, ninjas et tous autres personnes, peu m’importent leurs identitĂ©s. Je veux que ce village soit isolĂ©.
  • Quel est le but de cette manƓuvre ?
  • Les graines de la discorde doivent ĂȘtre semĂ©es Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur du village.
  • Dois-je me prĂ©parer Ă  m’infiltrer Ă  terme ?
  • Non, c’est dĂ©jĂ  fait. Prenez votre Ă©quipe et faites ce pourquoi je vous paye !

 

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La jeune femme, mentalement anĂ©antie par le pouvoir de la pupille Ă©carlate s’était Ă©vanouie.

 

  • As-tu reconnu quelque chose ou quelqu’un, Izuna ?
  • Son escadron spĂ©cial l’entourait, sa cour et ses ministres. Tous ceux que j’ai vus durant sa visite au village.
  • C’est tout ?
  • Il a dĂ©signĂ© notre village comme Ă©tant Ă  l’est et non loin d’ici. Or, la capitale se trouve au nord et Ă  plusieurs jours de marche. Pour tout le reste, cette femme a dit vrai. Il y a dĂ©jĂ  quelqu’un qui sĂšme la discorde Ă  l’intĂ©rieur du village

  • Les rumeurs des derniers jours

  • Oui, tout le monde est Ă  cran, il y a des accrochages partout mĂȘme durant les entraĂźnements.
  • Hmm... Il y a eu quelques disputes durant nos rĂ©unions aussi.
  • À quoi penses-tu, onÄ«san ?
  • J’ai un doute sur les Kurama.
  • Ça ne sent pas bon pour nous
 Ce sont nos alliĂ©s Ă  la base. S’ils trahissent le village, le reste des clans ne va pas se gĂȘner pour nous accuser
 Encore.
  • Raison de plus pour les attraper avant qu’ils n’agissent. Je serais certainement en rĂ©union au palais aujourd’hui. Hashirama a prĂ©vu de nous rassembler. Prends une Ă©quipe et quitte le village, discrĂštement.
  • TrĂšs bien, je vais aller voir Ă  l’ouest, si je ne trouve pas trace de passage de ce Bonjin.
  • Fait attention Ă  toi.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Kiku, Ă©tonnamment matinale, quittait son district. Elle portait un petit panier garni de confiseries ; spĂ©cialitĂ©s Uchiha. Tournant Ă  l’angle, elle tomba sur Nadeshiko. Les deux jeunes femmes ne pouvaient cacher leurs surprises. Elles se toisĂšrent briĂšvement, puis Kiku se recomposa un visage neutre, passant Ă  cĂŽtĂ© d’elle comme si de rien n’était.

 

  • Tu n’as rien dit. Pourquoi ?

 

Kiku s’arrĂȘta.

 

  • À propos de quoi ?
  • Tu le sais trĂšs bien.
  • Tes parties de jambes en l’air avec Madara-Sama, je n’en ai que faire !
  • Tu semblais pourtant trĂšs touchĂ©e


 

Kiku bouillonnait.

 

  • Ne me tente pas, Nadeshiko. Je n’ai qu’un mot Ă  dire et tu seras la risĂ©e de notre clan. Ce trĂšs cher Madara-Sama ne fera rien pour te protĂ©ger
 AprĂšs tout, tu n’es qu’une traĂźnĂ©e Ă  ses yeux.
  • Une traĂźnĂ©e, dis-tu ? Je lui ai offert ce que j’avais de plus cher. Ce n’est qu’une question de temps

  • Une question de temps ? Ma pauvre
 Le Conseil des Anciens n’a jamais rĂ©ussi Ă  le faire marier Ă  la moindre femme de notre clan. Feu Tajima-Sama, non plus d’ailleurs. Et tu penses qu’il fera une exception pour toi ?!
  • 

  • Tu peux te fourrer ton doigt dans l’Ɠil
 Et jusqu’au coude ! C’est un homme et un shinobi. Il prend ce que tu lui offres, mais ne te mĂ©prends pas, tu n’obtiendras rien en retour !

 

Sur ces mots, Kiku reprit sa marche, conquérante. Nadeshiko resta là, seule et dépitée.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Madara approchait les portes de son district. Son visage austĂšre ne laissait rien paraĂźtre de ses doutes. Pourtant, il n’a eu de cesse de rĂ©flĂ©chir. Son instinct ne le trompait jamais. Il Ă©tait persuadĂ© de l’implication de ShĂšn Kurama dans l’affaire qui opposait le village d’avec le shƍgun.

 

Il croisa Kiku, sa cousine Ă©loignĂ©e, qui parut surprise Ă  sa vue. Comme d’habitude, il passa Ă  cĂŽtĂ© d’elle.

 

  • ?!

 

Il s’arrĂȘta, fronçant les sourcils. Habituellement, elle ne manquait jamais de le saluer.

 

  • Kiku.
  • Madara-Sama ?
  • Tu ne me salut pas ?
  • L’avez-vous fait ?
  • Je suis ton chef de clan.
  • Et moi, un membre de votre clan. Le respect, c’est dans les deux sens !

 

Elle reprit sa marche, furibarde.

 

Madara quant Ă  lui, sourit. Il se remĂ©mora ce jour oĂč le quartier cĂ©lĂ©brait ses hĂ©ros. De toute Ă©vidence, elle ne lui avait pas pardonnĂ© son tĂȘte-Ă -tĂȘte avec sa maĂźtresse.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Il y avait foule chez les Senju. Les femmes s’étaient rĂ©unies dans les quartiers privĂ©s de Mito, rapportant quelques mets et boissons.

L’Uzumaki observait tout ce monde frĂ©tiller. Elle Ă©tait satisfaite et Ă©mue de voir que sa cause parlait Ă  autant de monde.

 

  • Princesse Mito !
  • Dame Ran et Hiyori ! Je suis heureuse de vous voir ici.
  • Bonjour Mito ! Je crois qu’il n’y a jamais eu autant de femmes rĂ©unies au mĂȘme endroit !
  • Avez-vous pu entrer en contact avec les kunoichis Ă©voquĂ©es quelques jours plus tĂŽt ? Interrogea la matriarche Sarutobi.
  • Tƍka ne viendra pas. Elle n’est pas convaincue par notre projet. Quant Ă  la Yuhi, je n’ai pas eu de nouvelles, mais j’espĂšre qu’

  • Princesse Mito !
  • Hum ?
  • Je vous prĂ©sente KurenaÄ«, la kunoichi de notre clan.

 

Mito fut subjuguĂ©e par la beautĂ© lui faisant face. Grande et Ă©lancĂ©e, KurenaÄ« Ă©tait une femme aux allures fĂ©lines. Son regard Ă©carlate, finement maquillĂ© d’un trait de khĂŽl, semblait sonder les esprits. Sa chevelure de jais, mi-courte, aux airs faussement indisciplinĂ©s, et ses lĂšvres peintes en rouge carmin, la rendaient presque indomptable. Elle portait un hanfu* pourpre dont les tons tiraient vers le rouge corail. Un vĂȘtement bien pensĂ© pour qui voulait paraĂźtre prĂ©sentable tout en Ă©tant Ă  l’aise dans ses mouvements. Bien que ses manches furent longues et amples, Mito distingua une manucure des plus inhabituelles ; sous ses ongles dĂ©licatement vernis de rouge prune se cachaient de fines lames, suffisantes pour entailler quiconque s’approcherait de trop prĂšs.

 

  • Une guerriĂšre jusqu’au bout des ongles


 

La rouquine reprit contenance, lorsqu’elle se rendit compte qu’elle fixait son invitĂ©e depuis un long moment.

 

  • Je suis ravie de vous rencontrer, KurenaÄ«. Je vous remercie de nous accorder un peu de votre temps. Nous parlions justement de vous !
  • C’est moi qui vous remercie. Les filles m’ont parlĂ© de votre projet. Alors si je peux aider, je le ferai volontiers.

 

Alors que Mito continuait de discuter, elle aperçut, Ă  sa grande surprise, Tƍka. Cette derniĂšre semblait revenir de son entraĂźnement matinal. Sa chevelure, habituellement tirĂ©e en un chignon impeccable, laissait filtrer quelques mĂšches rebelles. Ses mains, rougies, dĂ©voilaient quelques Ă©raflures aux poings.

 

  • Tƍka ! Tu es venue, finalement !
  • Princesse Mito, je ne participerais pas. Je souhaite seulement Ă©couter.
  • Ce n’est pas grave. Je suis heureuse de te voir ici. Je t’en prie, prends place.

 

AprĂšs plusieurs minutes, l’Uzumaki jugea qu’il Ă©tait temps de commencer. Aussi, s’exprima-t-elle suffisamment fort pour obtenir un silence religieux en quelques secondes. AssurĂ©e d’avoir l’attention, elle poursuivit :

 

  • Mon fiancĂ© est au courant de notre rĂ©union. Il est celui qui m’a inspirĂ© ce projet, alors nous avons ses encouragements.

 

Des chuchotements, des rires de satisfaction. L’assemblĂ©e s’enthousiasmait. Tƍka, elle, fronça les sourcils.

 

  • Pour celles qui ne sont pas encore conscientes de ce que le village s’apprĂȘte Ă  traverser, sachez que nous avons dĂ©clarĂ© la guerre au shƍgun. Cet homme ignoble, est capable de toute sorte de fourberies pour tenter de nous toucher, nous les femmes et nos enfants. C’est la raison pour laquelle cette rĂ©union est importante. En cas d’attaque, nous nous devons d’ĂȘtre utiles, tout en veillant Ă  ne pas ĂȘtre un poids pour nos hommes. KurenaÄ« Yuhi est une kunoichi qui a acceptĂ© de se joindre Ă  nous et de partager ses connaissances et son expĂ©rience. Ses conseils nous seront prĂ©cieux.  

 

La guerriùre se leva, s’inclina briùvement devant le parterre de femmes, avant de rejoindre la maütresse de maison.

 

  • Il y a quelques jours, certaines d’entre vous m’ont demandĂ© de vous enseigner des techniques de soins, et quelques mouvements martiaux. Aussi, j’aimerais recueillir les conseils de KurenaÄ«, Ă  ce sujet.
  • Je ne pense pas que les civils aient besoin d’apprendre le taijutsu.

 

Stupéfaction.

 

  • Comment ça ?! Nous voulons obtenir de nouveaux rĂŽles, et apprendre Ă  se battre est primordial ! Lança une femme, mĂ©contente.
  • C’est bien vrai ! Nous voulons aussi apprendre des techniques de ninjutsu ! RenchĂ©rit, une autre.
  • Si vous voulez apprendre Ă  vous battre, alors vous devez devenir kunoichi. Pensez-vous que c’est un choix ?! Gronda KurenaÄ«.

 

Silence dans la piùce. Mito continuait d’observer la jeune femme avec fascination.

 

  • Quand vous vous confrontez Ă  ces hommes armĂ©s jusqu’aux dents, vous faites face Ă  la mort. Ce n’est pas un jeu !
  • 

  • Il existe, toutefois, une forme de taijutsu se basant sur l’esquive. C’est ce que je prĂ©conise. En ce qui concerne le ninjutsu, je trouve, en effet, utile d’apprendre des techniques de soins.
  • L’hĂŽpital a Ă©tĂ© créé pour ça. Les femmes ont simplement besoin de rester Ă  l’écart !

 

Tƍka se leva, jaugeant KurenaÄ« avec sĂ©vĂ©ritĂ©. Cette derniĂšre, loin d’ĂȘtre intimidĂ©e, contra :

 

  • Les femmes ne sont pas justes bonnes Ă  rester Ă  la maison. Nous avons des capacitĂ©s, et des cartes Ă  jouer dans ce village.
  • Quelles cartes ? Vous vendez du rĂȘve Ă  ces femmes, qui ne connaissent rien de nos conditions !
  • Et vous, vous faites partie de ces gens-lĂ  qui contribuent Ă  nous enfermer dans des cases qui ne nous siĂ©ent plus. Si nos hommes ont Ă©voluĂ©, pourquoi pas nous ? Je trouve le combat de Dame Mito, tout Ă  fait honorable.
  • Mito-Sama est la future matriarche de notre clan. Son rĂŽle devrait ĂȘtre de protĂ©ger la communauté !
  • Alors, nous devons simplement rentrer chez nous et regarder nos hommes et nos enfants mourir ? S’indigna Hiyori.
  • Oui.

 

Mito se leva, tentant de mettre fin Ă  la joute verbale.

 

  • Tƍka, je ne comprends pas.
  • C’est bien cela le problĂšme. Vous mettez les pieds dans un monde que vous ne comprenez pas.

 

Mito resta sans voix. Tƍka, de nature calme, ressemblait Ă  cet instant, Ă  un dragon. Ran, prit le relais, devant l’aphonie de la rouquine. D’un geste de la main, elle mit fin Ă  l’animositĂ© ambiante de la salle.

 

  • Tƍka Senju
 Il est possible que vous ayez eu une mauvaise expĂ©rience. Toutefois, vous conviendrez que notre monde est en train de changer, n’est-ce pas ?
  • Oui, je le reconnais. Ceci Ă©tant, je ne pense pas que les femmes doivent avoir un rĂŽle actifs. Nous sommes actuellement protĂ©gĂ©es. Les hommes prennent tous les risques pour nous. Et cela doit rester ainsi.
  • Vous n’ĂȘtes donc pas pour l’égalité ?
  • Je pense que chaque personne a un rĂŽle. Le nĂŽtre, Ă©tant de servir, d’enfanter et d’élever.
  • Je suis dĂ©solĂ©e, grand-mĂšre, je ne veux pas en entendre davantage
 Cette femme nous insulte !
  • Du calme, Hiyori.

 

La matriarche Sarutobi, reprit :

 

  • Tƍka Senju, vous ĂȘtes pourtant une kunoichi.
  • Je n’ai pas choisi cette voie. J’ai traversĂ© l’enfer pour me faire entendre, et pour ĂȘtre respectĂ©e. C’est pourquoi, je pense que ce chemin ne doit pas ĂȘtre empruntĂ© par les femmes.
  • Je comprends mieux.
  • Non, vous ne comprenez pas. Vous non plus, KurenaÄ«. Aucune d’entre vous, en fait.

 

La Senju avait refroidi l’audience. Toutes l’écoutaient, choquĂ©es.

 

  • Les shinobis sont des armes, les kunoichis des objets. Nous encensons un guerrier lorsqu’il revient d’une mission, victorieux. Nous mĂ©prisons une kunoichi qui revient de mission. Savez-vous pourquoi ?
  • 

  • Parce qu’un guerrier utilise sa force
 Une guerriĂšre, son corps.
  • 

  • Vous souhaitez devenir kunoichis ? PrĂ©parez-vous Ă  perdre votre dignité ! PrĂ©parez-vous Ă  voir le mĂ©pris dans le regard de vos hommes ! Aucun d’entre eux ne vous Ă©pousera ! Vous terminerez seule, mourez, et vous serez oubliĂ©e ! VoilĂ  ce qu’est la vie que vous propose Mito-Sama.

 

Mito, sonnée, chercha à se relever. Kurenaī posa une main sur son épaule pour la rassurer. Elle lui murmura :

 

  • Laissez-moi faire.

 

La brune Ă  la criniĂšre de lionne se redressa. FiĂšrement, elle regarda l’assemblĂ©e, oĂč elle dĂ©cela de la dĂ©ception, et mĂȘme de la peur.

 

  • Tƍka, vous ressemblez Ă  maĂźtre Shinku. Vous n’aimez pas le changement, parce qu’il vous fait peur.
  • Quoi ?!
  • Vous savez, Shinku-Sama n’était pas pour ce projet de village. Il voulait continuer Ă  obĂ©ir Ă  notre daimyƍ, tout en sachant que ce dernier nous envoyait au casse-pipe, Ă  chaque fois.
  • 

  • Les six clans de ce village ont choisi de changer les rĂšgles. D’autres choisiront de continuer Ă  jouer selon des rĂšgles qui ne leur conviennent pas, en attendant des jours meilleurs. Mais, si personne ne fait d’effort, il n’y aura pas de jours meilleurs.
  • Ce ne sont que des paroles vaines !
  • Non ! Tƍka, je suis aussi une kunoichi. Je sais de quoi vous parlez ! Je suis passĂ©e par là !
  • Alors pourquoi est-ce que vous agissez ainsi ?!
  • Parce que je veux que ça change !!!

 

La Senju était interloquée.

 

  • Contrairement Ă  moi, vous ĂȘtes la conseillĂšre d’Hashirama Senju ! Cet homme est en train de changer le pays ! Il est d’accord avec le projet de sa fiancĂ©e !! Est-ce que vous vous rendez compte ?!

 

Mito, galvanisée, reprit contenance. Elle se leva à son tour.

 

  • Tƍka, nous avons besoin de ton aide. Je ne demande pas Ă  ce qu’on devienne des kunoichis
 En tout cas, pas pour l’instant. Mais nous pouvons leur montrer que nous sommes capables d’apprendre, de rĂ©genter, et d’ĂȘtre efficaces !
  • Les efforts d’aujourd’hui, mĂȘme s’ils sont minimes, pourront ĂȘtre bĂ©nĂ©fiques pour nos descendantes, ajouta Ran Sarutobi.

 

Tƍka resta silencieuse. Elle commençait Ă  comprendre les fondements de ce combat. AprĂšs quelques secondes, elle s’inclina respectueusement devant la salle, comme pour se blanchir. Elle dĂ©clara :

 

  • Je m’engage Ă  vous aider, et Ă  parler en votre nom auprĂšs d’Hashirama-Sama.

 

Sur ces promesses, la discussion se poursuivit pour quelques heures. Les femmes du village Ă©taient si excitĂ©es par cette idĂ©e, qu’elles imaginaient aisĂ©ment un avenir oĂč elles se sentiraient utiles. Certaines se prĂȘtaient mĂȘme Ă  se rĂȘver en mĂ©decin ou en apothicaire.

 

Au terme de cette rĂ©union, Ran Sarutobi se proposa d’enseigner la mĂ©ditation dans le but de canaliser les peurs et les angoisses, en cas de nouvelles attaques. KurenaÄ« offrit ses services pour enseigner l’esquive en combat. Quant Ă  Mito, accompagnĂ©e de Ritsuko et Hiyori, la maĂźtrise du chakra et quelques techniques de soins.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Cette matinĂ©e avait beau dĂ©marrer sur les chapeaux de roue pour sa compagne, Hashirama, lui, l’apprĂ©hendait. Il avait passĂ© une mauvaise nuit, et bien qu’il eĂ»t acceptĂ© de cacher des Ă©lĂ©ments importants aux restes des leaders, il demeurait troublĂ©. Il dĂ©cida de dĂ©barquer Ă  l’improviste chez le plus sage des maĂźtres, Sasuke Sarutobi.

 

  • Tu es bien matinal, mon garçon.
  • J’ai croisĂ© votre Ă©pouse et votre petite fille en sortant de chez moi.
  • Oui, il faut dire que ta fiancĂ©e sait se montrer convaincante.
  • 

  • Mais tu n’es pas lĂ  pour ça. Peut-ĂȘtre qu’un thĂ© de notre cru te dĂ©liera la langue, hum ?

 

Hashirama n’avait nul besoin de se revĂȘtir de sa cape de chef en prĂ©sence du vieil homme. Il savait qu’il avait son respect en tant que maĂźtre de clan, guerrier, et homme. Il se souvient encore de la façon dont il avait mis les pieds dans ce costume de chef, si large, laissĂ© par son pĂšre. En tant qu’hĂ©ritier, il avait dĂ©jĂ  la rĂ©putation d’un rĂȘveur. Les alliĂ©s des Senju Ă©taient alors persuadĂ©s que Tobirama sera le prochain maĂźtre.

 

Lorsqu’il se prĂ©senta pour la premiĂšre fois en tant que tĂȘte de clan, il put distinguer aisĂ©ment le dĂ©dain et la dĂ©ception dans le regard de ses partenaires. Ses mots ne furent d’aucune aide. Alors mĂȘme que sa famille cherchait Ă  le dĂ©possĂ©der en faveur de son jeune frĂšre, il perdit la confiance des clans aux rĂ©putations prestigieuses ; les Shimura, Mitokado, Utatane dĂ©sertĂšrent l’alliance. Alors que l’étau se resserrait autour de lui, Sasuke Sarutobi fut celui qui l’encouragea Ă  ne pas se laisser abattre. Ses mots rĂ©sonnaient encore en lui, jusqu’aujourd’hui. Ils Ă©taient sa force.

 

« Tu es assez fort pour ne pas te dĂ©courager. Tu pourras outrepasser leurs mĂ©pris. Ceux qui resteront, seront peut-ĂȘtre lĂ  par curiositĂ© ou pour te voir t’effondrer. Mais sache qu’une infime partie d’entre eux sera lĂ  parce qu’il sera las des horreurs, de la souffrance engendrĂ©es par nos guerres. Ceux-lĂ  croiront en toi. »

 

  • MaĂźtre Sarutobi
 Vous savez
 Je n’ai jamais oubliĂ© vos mots
 Si j’ai pu aller jusqu’au bout de ce projet avec les Uchiha, c’est parce qu’au fond de moi, je savais que Madara voulait la paix.  Nous avons perdu beaucoup d’alliĂ©s, mais les meilleurs sont restĂ©s
 C’est grĂące Ă  vos mots, maĂźtre ! Je suis tellement reconnaissant envers vous

  • Tu peux tout me dire. Je peux tout entendre, mon garçon.
  • Vous ĂȘtes toujours de si bon conseil et

  • Hashirama.
  • Bien.
  • 

  • Cette nuit, nous avons interrogĂ© la kunoichi

  • Si tu es lĂ , sans les autres chefs, c’est qu’il y a un problĂšme avec l’un d’entre nous ?
  • Madara pense que oui. C’est la raison pour laquelle, nous avons choisi de ne rien dire, mais

  • Tu peux tout me dire.
  • Cette kunoichi a bien Ă©tĂ© missionnĂ©e par le shƍgun. Elle devait crĂ©er la discorde Ă  l’extĂ©rieur du village. Mais, d’aprĂšs Madara, le shƍgun a Ă©galement quelqu’un au sein de notre village.
  • Les Kurama.

 

Le jeune homme Ă©tait stupĂ©fait. Le vieil homme partageait les mĂȘmes pensĂ©es que son ami aux sharingans.

 

  • Madara le pense aussi ! Mais nous n’avons aucune preuve

  • Tu ne devrais pas douter de Madara. Son instinct est aussi aiguisĂ© que sa faux.
  • Hahaha ! Oui, vous avez raison ! D’aprĂšs lui, il ne faudrait livrer qu’une partie des informations.
  • C’est une sage dĂ©cision. Je pense qu’il faut, en effet, garder cette information pour nous, en attendant d’en savoir plus. Cela pourrait ĂȘtre les Kurama, tout comme un autre clan

  • TrĂšs bien. Alors je vous revois Ă  notre rĂ©union, tout Ă  l’heure.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

SitÎt que le rassemblement toucha à sa fin, Mito se précipita aux fourneaux. Accompagnée de quelques femmes Senju, elle cuisinait quelques spécialités de son clan.

 

  • Mito-Sama, ce que vous avez fait est incroyable !
  • À quel sujet ?

 

MalgrĂ© elle, la jeune femme ne pouvait s’empĂȘcher de demeurer froide avec ses comparses. Elle faisait de son mieux, mais son esprit refusait d’oublier leurs comportements passĂ©s.

 

  • Pour les femmes, je veux dire. Vous ferez une bonne matriarche !
  • Tiens donc, j’ai votre bĂ©nĂ©diction maintenant ?
  • Dame Mito
 Euh

  • N’en dites pas plus. Vous ĂȘtes lĂ  par pure hypocrisie


 

Une mĂšre, farouche, s’approcha d’elle. L’attrapant par le bras, elle dĂ©tourna la rouquine, qui rĂ©pandit, par inadvertance, sa pĂąte sur la table de prĂ©paration et sur son tablier.

 

  • Eh !
  • Regardez-moi, Dame Mito !
  • 

  • Je vous ai vu grandir. Lorsqu’Ashina-Sama vous a amenĂ© pour la premiĂšre fois dans notre ancien village, vous n’étiez qu’une simple princesse, fade
 Sans saveur.
  • Je ne vous le permets pas !
  • Je m’en fiche ! Écoutez ce que j’ai Ă  dire. Je parle pour les femmes de ce clan !

 

À ces mots, Mito se redressa, tĂȘte droite, braquant son regard bleu nuit dans celui, chocolat, de la Senju. Elle dit :

 

  • TrĂšs bien. Je vous Ă©coute.
  • Vous nous mĂ©prisiez, en Ă©talant vos kimonos de soies, vos kanzashis de jade et vos bijoux. Vous avez, vous-mĂȘme créé cette distance entre nous. Nous nous adressions Ă  vous uniquement pour vous saluer devant nos dirigeants, ou pour vous servir. Bien sĂ»r, il fallait que ça soit une Senju qui vous serve, et non une Uzumaki !

 

Claque mentale. Mito tenait bon.

 

  • Puis ensuite, comme si humilier nos femmes ne suffisait pas, vous avez dĂ©cidĂ© de vous en prendre Ă  votre fiancĂ©. Notre Hashirama mĂ©ritait des Ă©pousailles dignes de son rang et de sa bravoure ! Mais non, il fallait que vous le teniez entre vos griffes, et que vous le fassiez languir, pour nous faire comprendre que notre maĂźtre danse dans le creux de votre main !
  • Jamais !
  • Laissez-moi finir !

 

Mito Ă©tait rĂ©voltĂ©e. À ses yeux, ce portrait Ă©tait factice.

 

  • Puis, vous ĂȘtes venue vous installer ici. Et vous attendiez certainement qu’on vous serve, devant les autres clans !
  •  


 

Mito pouvait paraitre froide et stoïque. Pourtant, à cet instant, son esprit se brisait. Des larmes, qu’elle tentait de ravaler, commençaient à perler.

 

  • Aucune de nous ne s’excusera ! En revanche, je reconnais que vous n’étiez pas celle que nous pensions. Notre mauvais jugement ne vient que de votre comportement. Comment savoir ce que vous pensez, si vous ne vous adressez Ă  nous que pour nous donner des ordres ?
  • 

  • Depuis quelques jours, certaines femmes ont changĂ© d’avis. Nous avons entendu parler de vos efforts pour nous Ă©lever dans ce village et pour nous rĂ©concilier avec les autres clans. Bons nombres d’entre nous ont des amies hors de ce quartier grĂące Ă  vous ! Si nous sommes ici, ce n’est pas parce que nous voulons ĂȘtre vues
 Nous voulons nous battre Ă  vos cĂŽtĂ©s, nous vous supportons !

 

Les mots frappent l’esprit, plus que les blessures physiques. L’expression de la douleur est pourtant la mĂȘme. Cette fois, ses larmes dĂ©valĂšrent ses joues, comme un torrent sauvage, inarrĂȘtable. Mito, s’effondra au sol, sanglotant comme une enfant.

 

Les femmes se pressĂšrent autour d’elle, tentant de la remettre debout, paniquĂ©es Ă  l’idĂ©e de faire face Ă  Hashirama.

 

  • Vos mots
 Ils
 Ils n’étaient pas plaisants Ă  entendre, mais
 Mais je suis heureuse de connaĂźtre le fond de vos pensĂ©es.
  • La, la ! Tout va bien.
  • Je ne vous ais jamais mĂ©prisé ! En fait, je pensais que vous me dĂ©testiez depuis toujours

  • Eh bien, maintenant, tout est dit. Recommençons Ă  zĂ©ro !
  • Bien, cela me convient !
  • Maintenant, relevez-vous, nous avons des festivitĂ©s Ă  organiser ! Il est hors de question que nous perdions la face devant les autres clans !

 

L’atmosphĂšre se dĂ©tendit. Mito, plus lĂ©gĂšre, se remit d’aplomb.

 

C'était, définitivement, une bonne matinée.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Ils arrivaient au compte-goutte. La mine grave, ils se saluaient briĂšvement avant de prendre place autour de la grande table de rĂ©union. C’était devenu une habitude. Les chefs s’impliquaient dans l’administration du village, dĂ©laissant peu Ă  peu leurs propres affaires Ă  leurs seconds. Le shƍgun avait au moins rĂ©ussi Ă  les rassembler autour d’une mĂȘme cause ; l’avenir du village.

 

  • Merci d’ĂȘtre venu !
  • Assez avec les formalitĂ©s, Hashirama-Sama, venez-en aux faits ! Lança Shinku.
  • Les hommes
 Avez-vous besoin de vous conduire comme des barbares ?!
  • Dame ShĂšn
 Vous ĂȘtes un chef de clan, vous devez savoir que chaque minute compte, nous avons un shƍgun fou dans

  • Nous avons remontĂ© les bretelles Ă  nos sentinelles ! Je peux vous garantir qu’au moindre oiseau qui piaille, nous le saurons !
  • Dame ShĂšn a raison. Prenons notre temps pour nous saluer, et commençons notre rĂ©union sous de meilleurs auspices ! Conseilla le doyen du groupe.

 

Madara gardait son air indiffĂ©rent, zyeutant de temps Ă  autre, l’unique femme de la tablĂ©e.

 

  • Madara-Sama, avez-vous pu interroger cette femme ?
  • Oui.

 

ShĂšn se tendit. Madara ne le manqua pas.

 

  • Eh bien alors ? Qu’attendez-vous, pour nous en dire plus ? S’agaça le leader Yuhi.

 

Il dĂ©tourna son regard de la Kurama, pour le braquer sur l’homme au regard Ă©carlate. Il commençait Ă  lui taper sur le systĂšme.

 

  • Shinku-Sama, la patience n’est pas votre fort, n’est-ce pas ? Je vais laisser passer pour cette fois.

 

Il reprit, l’air de rien.

 

  • Cette kunoichi est bien Ă  la botte du shƍgun, m

  • Qu’a-t-elle dit d’autres ? Coupa ShĂšn.
  • Maudits soient-ils ! Ils ont failli Ă  leur mission

  • Le shƍgun lui a donnĂ© la mission de nous couper les vivres et de tuer toute personne s’aventurant sur notre territoire.
  • Ce shƍgun
 Il est derriĂšre la mort de mes hommes ! Il cherche Ă  me doubler

  • Hum
 Les villages alentours vous couper les ponts avec nous. Peut-ĂȘtre mĂȘme que les clans ou mercenaires travaillant pour Bonjin, chercheront Ă  proposer leurs services, tout en nous encerclant.
  • Allons plus loin, ChĆ«shin-Sama ! Pas seulement les vivres ! Les forgerons qui nous fabriquent nos armes vivent dans ces villages ! Ce chien cherche Ă  nous dĂ©sarmer !
  • A-t-elle livrĂ© d’autres secrets, Madara-Sama ? Interrogea, Ă  nouveau, ShĂšn.
  • Elle travaille seule. C’est une mercenaire qui vagabonde d’un pays Ă  l’autre, et qui se constitue ses propres Ă©quipes. En tout cas, les hommes qui l’accompagnaient Ă©taient recrutĂ©s hors du pays, et n’étaient reliĂ©s Ă  elle que par cette mission.
  • Est-ce tout ?
  • Que voulez-vous savoir d’autre ?
  • 
 Haha. Madara-Sama, je veux savoir, comme nous tous ici, tous les secrets de cette femme.
  • Je viens de vous les dire, Dame ShĂšn

  • J’ai la sensation qu’il manque quelque chose
 Pourquoi ne pas me laisser l’interroger ?
  • Ça ne va pas recommencer !!
  • Cette femme a rĂ©sistĂ© Ă  mes mangekyƍ sharingans
 J’ai dĂ» la travailler pendant toute une journĂ©e et toute une nuit, pour lui faire lĂącher le morceau

  • C’est prodigieux !

 

Le groupe se tourna vers le vieil homme, étonné par son commentaire, qui ressemblait davantage à un compliment.

 

  • Elle a beau ĂȘtre une ennemie, cette kunoichi est rare.
  • En effet, Sarutobi-Sama. D’ailleurs, elle sera placĂ©e sous bonne garde et

  • Pourquoi cela ?
  • Dame ShĂšn, cette kunoichi est restĂ©e trop longtemps au mĂȘme endroit. Pour ne pas qu’elle s’y habitue, je pense que l’enfermer au quartier Uchiha est la meilleure solution ! Expliqua Hashirama.
  • Laissez-moi l’interroger avant ! J’ai besoin de connaĂźtre d’autres dĂ©tails !
  • Dame ShĂšn, du calme ! Cela ne vous ressemble pas
 Avez-vous des choses Ă  nous dire ? Questionna le vieux singe.
  • Messieurs. Cette femme est le seul lien que nous avons avec le shƍgun. J’ai l’impression d’ĂȘtre la seule Ă  me prĂ©occuper des plans de Bonjin !
  • TrĂšs bien. Je l’interrogerai à nouveau ! Promis Madara.

 

Ce mensonge calma Shùn. Cette derniùre, se recomposa un visage stoïque. Seulement de façade. Son esprit s’agitait.

 

  • Bien ! Maintenant que c’est dit, nous devons nous prĂ©parer !
  • Oui, Hashirama-Sama. Nous devons aussi attaquer ! Lança Shinku.

 

Cette partie de shƍgi semblait donner l’avantage au Roi. Il avait intelligemment bougĂ© ses pions, isolant ses adversaires en un rien de temps. Mais dans ce jeu de stratĂ©gie, rien n’est jamais gagnĂ© d’avance.

 

Aussi, la rĂ©union se dĂ©roula sans aucune autre anicroche. Les chefs s’accordĂšrent rapidement sur la conduite Ă  Ă©tablir. Les Kurama furent missionnĂ©s pour une tĂąche d’espionnage dans les rangs du shƍgun, espĂ©rant, cette fois-ci, un rĂ©sultat.

 

  • Venons-en maintenant Ă  nos relations avec les villages alentours !
  • Il nous faut les convaincre de rester Ă  nos cĂŽtĂ©s.
  • Oui, mais malgrĂ© tout, je ne miserais plus sur eux.
  • Que voulez-vous dire ?
  • Beaucoup de civils sont morts de la main de cette mercenaire. Ils sont mĂ©fiants, et c’est normal. Nous devons garder nos liens avec eux, mais ne pas trop compter sur eux.
  • Pourquoi ne pas nous rapprocher du village des artisans ?
  • Le village des artisans est une simple lĂ©gende, mon ami !
  • Non, il existe. Il se trouve au pays des RiviĂšres, Ă  l’ouest d’ici ! RĂ©vĂ©la Sasuke.
  • Dans ce cas, essayons d’établir un contact. Pouvons-nous vous confier cette tĂąche, ChĆ«shin-Sama ?
  • Bien sĂ»r ! Je m’en occupe.
  • Parfait. En ce qui concerne la diplomatie, Sarutobi-Sama et moi irons visiter ces villages pour tenter de recoller les morceaux, proposa Hashirama.
  • Plus que les villages, nous devons nous assurer que nos clients nous sont encore loyaux. Si nous n’avons plus de missions, nous serons Ă  court d’argent.
  • TrĂšs juste. Nous devons devancer notre daimyƍ
 Il est aussi un messager de Bonjin dĂ©sormais. Nos seconds peuvent largement s’en charger.
  • Parfait. Qu’en est-il de ces terres, en jachĂšre ? Pourquoi ne pas essayer de les cultiver ?
  • Ces terres sont rĂ©servĂ©es Ă  nos futurs collaborateurs.
  • Cela tombe bien ! Que diriez-vous de nous agrandir ? Proposa Sasuke.
  • J’y pense depuis un moment. Mais le shƍgun nous y oblige. Avez-vous une idĂ©e, maĂźtre Sarutobi ? Demanda Madara.
  • Pas dans l’immĂ©diat. Je dois y rĂ©flĂ©chir avant de vous donner des noms. En espĂ©rant qu’ils ne soient pas tombĂ©s dans le camp ennemi.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Une douce odeur de lavande Ă©manait du jardin fleuri, dĂ©corant l’entrĂ©e du district Kurama. Le vent dispersait le parfum jusqu’à la rue principale. Cette derniĂšre semblait s’agiter sous les pas et les cris des habitants. Des stands prenaient progressivement place, pendant que des tables longues et rondes, des tabourets et siĂšges en bois inondaient la rue.

 

ShĂšn admira ce remue-mĂ©nage quelques secondes avant de s’engouffrer dans son quartier. Comme d’habitude, elle plaça des parchemins frappĂ©s des kanjis « silence » sur les shojis, murs, et plafond de son bureau. Dans l’ombre, un homme masquĂ©, genou au sol et tĂȘte inclinĂ©e, attendait l’ordre de sa supĂ©rieure. AprĂšs quelques secondes, elle s’installa, fin prĂȘte.

 

  • Parle.
  • Nous n’avons rien trouvĂ© aux archives.
  • 

  • Mais nous avons rĂ©ussi Ă  faire une copie de quelques pages du journal de Tobirama.
  • Parfait. Je vais les Ă©tudier. OĂč les avez-vous trouvĂ©s ?
  • Dans ce qui semble ĂȘtre sa salle d’étude personnelle.
  • Vous avez Ă©chouĂ© Ă  interroger cette femme.
  • Pardonnez-nous, maĂźtre.
  • Elle va ĂȘtre dĂ©placĂ©e vers le quartier Uchiha. Cela tombe Ă  pic, cet aprĂšs-midi, le festival battra son plein. Vous allez tenter une derniĂšre fois, mais ne prenez pas de risques inutiles
 Ce sont les Uchiha, aprĂšs tout.

 

L’homme disparut, laissant ShĂšn avec sa nouvelle trouvaille. Elle piqua une tĂȘte hors de son bureau, intimant l’ordre de rĂ©unir les membres, immĂ©diatement.

 

Aussi rapide que l’éclair, les Kurama s’engouffrĂšrent dans l’unique agora de leur quartier. Les shinobis se stationnaient sur les toits et prĂšs des portes, Ă©vitant toute tentative d’espionnage.

 

  • Le festival risque de faire grand bruit. Les spĂ©cialitĂ©s culinaires de notre clan doivent se retrouver dans les stands. Nous devons ĂȘtre irrĂ©prochables afin de ne pas attirer l’attention.
  • Oui, madame ! RĂ©pondirent de concert les habitants.
  • Toutefois, ajoutez quelques brĂ»le-parfums, ça ne fera pas de mal.
  • Oui, madame !
  •  Je suis sĂ»re que mĂȘme dans ce brouhaha, vous serez capables de prĂȘter une oreille attentive. Les autres leaders et leurs plus proches conseillers seront aussi prĂ©sents.
  • Oui, madame !
  • Faites attention Ă  ce maudit Uchiha
 Madara doit rester Ă  distance de notre clan, oĂč il pourrait dĂ©monter notre supercherie ! Pendant que vous serez au festival, je vais constituer une Ă©quipe, officiellement en partance pour la capitale. Nous avons de grands projets pour les jours Ă  venir !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Une journĂ©e qui n’avait pas Ă©tĂ© de tout repos. Mito surfait sur sa popularitĂ© grandissante auprĂšs des femmes, leur insufflant ses rĂȘves et ses espoirs. Hashirama se dĂ©battait dans un ocĂ©an de sang ; dĂšs lors qu’il pansait une blessure, une autre s’ouvrait. Elles devenaient de plus en plus bĂ©antes. De quoi briser ses rĂȘveries.

 

  • Dire qu’il a fallu tout ça pour qu’on s’unisse enfin

  • Ce n’est pas ton genre de te lamenter.
  • Je ne suis qu’un homme, Madara !
  • D’un optimisme exaspĂ©rant

  • Ehh !!
  • 

  • Ohh ! C’était un compliment ! Hahaha !

 

L’aprĂšs-midi Ă©tait bien avancĂ©. AprĂšs leur rĂ©union, les deux amis avaient choisi de sortir du village, se dirigeant vers une vallĂ©e, presque aux confins du territoire. Contrairement Ă  d’habitude, ils dĂ©ployĂšrent leurs plus puissantes attaques, se dĂ©chaĂźnant comme jamais auparavant. Ils en avaient besoin.

 

AprĂšs cela, ils mirent le cap vers le festival.

 

  • Bon sang, c’est dĂ©jĂ  bondé ! S’esclaffa Hashirama.

 

Les shinobis avaient dĂ©laissĂ©s leurs accoutrements pour des habits plus traditionnels. Les femmes et les petites filles s’étaient revĂȘtues de leurs plus beaux apparats. Partout oĂč leurs yeux se posaient n’étaient que stands de jeux, spectacles improvisĂ©s, restaurations et ventes d’objets manufacturĂ©s.

 

Madara s’arrĂȘta devant un Ă©tale portant l’emblĂšme des Kurama.

 

  • Je ne savais pas que les Kurama Ă©taient des fabricants de masques. 
  • Ohh ! Magnifique ! S’extasia Hashirama, devant un masque de renard.
  • Nous avons plusieurs cordes Ă  notre arc. Nous fabriquons des masques, des poteries et sculptons des statuettes reprĂ©sentant les arts.
  • Il est vrai que vous ĂȘtes d’excellents artistes. J’ai ouĂŻ dire que Dame ShĂšn Ă©tait un peintre d’exception.
  • Oui. Le maĂźtre n’a pas d’égal dans ce domaine.

 

Les clans shinobis disposaient d’un savoir-faire militaire non-nĂ©gligeable. Ce monde ne les reconnaissait d’ailleurs que pour cela. Ces rĂ©jouissances, en plus de rassembler, mettaient en lumiĂšre, pour quelques heures, les talents et traditions claniques.

 

Mito, Ă  l’autre bout de la rue, s’affairait en compagnie de ses nouvelles amies. Elle avait conçu un double stand honorant aussi bien son clan de naissance que celui d’adoption. Il rencontrait d’ailleurs un vif succĂšs. Kiku, Ritsuko et d’autres Uchiha s’étaient Ă©galement jointes aux festivitĂ©s. Elles portaient fiĂšrement les couleurs, rouge et blanc, du cĂ©lĂšbre Ă©ventail martial.

 

Toujours aussi pĂ©tillante, Kiku apostropha Hashirama, alors qu’il tentait de rejoindre sa fiancĂ©e, un masque de renard sous le bras.

 

  • Hashirama-Sama ! Vous ĂȘtes venu visiter notre Ă©tale !
  • Euh
 Non en fait

  • Prenez place !

 

Sans attendre, la femme-enfant l’attrapa par le bras et l’installa Ă  une table. Le malheureux fut servi aussitĂŽt, sans mĂȘme ĂȘtre consultĂ©.

 

  • Du sakĂ© et du Sakura Mochi* !
  • C’est gentil, euh

  • Kiku ! Je suis Uchiha Kiku !
  • TrĂšs bien, alors je te remercie Kiku !

 

La jeune fille, s’éclipsa Ă  la recherche de nouveaux clients.

 

  • Elle est incroyablement agitĂ©e ! C’est drĂŽle, j’ai toujours imaginĂ© les Uchiha, calmes et pas remuant pour un sou, haha !
  • Te moquerais-tu de mon clan, aniki ?
  • Ohh Izuna ! Je ne t’ai pas vu t’entraĂźner avec Tƍka aujourd’hui !

 

Le jeune Uchiha, en uniforme, s’installa à sa table. Il fit signe à Ritsuko, qui le servit aussitît.

 

  • J’étais en mission pour le clan ! D’ailleurs, oĂč est mon frĂšre ?
  • Je l’ai laissĂ© prĂšs d’un stand d’armes des Hatake.

 

Izuna mangeait sans se soucier du Senju. Ce dernier devint, subitement, plus sérieux.

 

  • T’en a-t-il parlé ?
  • Quoi donc ?
  • Je ne suis pas si naĂŻf.
  • Aniki, je ne sais pas de quoi tu parles.
  • Oublie ça ! Dis-moi plutĂŽt
 Tƍka, qu’est-ce qu’il y a entre vous ?
  • Rien qui ne te concerne, aniki

  • Cette froideur
 Pas de doute, tu es bien le frĂšre de Madara ! Haha !
  • On ne pas en dire autant de toi et de Tobirama, hihi !
  • Ne te moque pas, Izuna ! J’essaye de le dĂ©tendre un peu, mais

  • C’est peine perdue ! Haha !

 

L’aprùs-midi passa à une vitesse folle.

Le soleil dĂ©clinait. Le ciel se teintait de somptueuses nuances ; celles de l’or et du rubis. Majestueux.

Les lampions s’allumaient et Ă©clairaient les ruelles des Ă©clats de l’arc-en-ciel. Les parfums de la verveine et des agrumes que dĂ©gageaient les brĂ»le-parfums, se mĂȘlaient Ă  celles des mets encore chauds. Ni le brouhaha, ni les habitants, n’avaient quittĂ© le festival. Les chefs de clans s’étaient retrouvĂ©s prĂšs du stand rĂ©servĂ© aux Senju. Ils avaient laissĂ© leurs prĂ©occupations au placard. Pour une fois, les discussions Ă©taient lĂ©gĂšres. Les masques tombaient, laissant apparaĂźtre des sourires, des rictus sincĂšres. Le village oubliait ses contrariĂ©tĂ©s.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

  • Ahhh, quelle douce nuit ! Chantonnait Hashirama.

 

Il rentrait tranquillement chez lui. Il avait passĂ© une belle soirĂ©e. La sachant occupĂ©e, l’homme avait rĂ©ussi Ă  se frayer un chemin jusqu’à Mito. Il lui offrit son prĂ©sent. Elle s’en Ă©tait amusĂ©e. Hashirama aimait l’entendre rire, la voir sourire. Pour le faire patienter, elle lui avait promis de l’attention aprĂšs les festivitĂ©s. Alors, il se dĂ©pĂȘchait de rentrer.

 

Au loin, il distingua pourtant la silhouette de Sazanka. Elle semblait l’attendre. Hashirama, surprit, se rapprocha.

 

  • Hashirama-Sama !
  • Oh, Sazanka, tout va bien ?
  • Tout va bien ! Je voulais juste vous faire part de quelque chose d’important !

 

La jeune fille rosie, baissant son regard, intimidée.

 

  • Je t’écoute ! L’incita l’homme.

 

Hashirama n’avait aucunement conscience des sentiments, ni mĂȘme des plans, qu’elle nourrissait Ă  son Ă©gard.

 

  • Il y a eu une dispute aujourd’hui

  • Oh ? Que s’est-il passé ?!
  • Je ne voulais pas vous le dire, mais votre fiancĂ©e profite de sa position et incite les autres femmes des autres clans Ă  me dĂ©tester !
  • Vraiment ?

 

La peste faussement larmoyante, rĂ©duit la distance, en l’enlaçant. Le shinobi, prit au dĂ©pourvu, tenta de se sĂ©parer d’elle.

 

  • Je parlerai à Mito. Ne
 Ne t’en fais pas !

 

Ses promesses n’eurent aucun impact. Sans crier gare, Sazanka resserra son emprise, enfouissant son visage contre sa poitrine. Le pauvre homme, mal Ă  l’aise, perdit l’équilibre. Sanzanka le suivit au sol. Se relevant la premiĂšre, elle saisit l’occasion et lui vola un baiser.

 

  • 
 Sa
 Sazanka !

 

Sans un mot, elle se fit la malle.

 

Hashirama se releva. Il Ă©tait gĂȘnĂ© par la situation. Cette gĂȘne devint pourtant problĂ©matique, lorsqu’il aperçut la silhouette, Ă©tonnement claire, de Mito. Pas besoin de dƍjutsu pour dĂ©celer l’incomparable colĂšre silencieuse, qui faisait rage dans ses pupilles bleu nuit.

 

  • Mito


 

Aucun mot. L’Uzumaki tourna les talons. Les jours prochains promettaient des intempĂ©ries
 Le Senju pressentait mĂȘme un cyclone, d’une rare intensitĂ©.

 

  • Douce nuit
 Je dirais plutĂŽt, froide nuit


 

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Dans le chapitre précédent

Un soupçon d’instinct acĂ©rĂ© ; l’éventail se dĂ©ploie, le singe est aux aguets.

Le temps de quelques réjouissances, le village oublie ses contrariétés.

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CHAPITRE XV

LA RUSE DU RENARD, SILENCIEUSE TRAHISON.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le soleil n’avait pas entamĂ© son ascension, qu’Hashirama Ă©tait dĂ©jĂ  debout. Seul au milieu du terrain d’entraĂźnement, il rĂ©pĂ©tait machinalement ses mouvements martiaux. Cette routine Ă©tait un bon moyen d’oublier, momentanĂ©ment, ses tracas. AprĂšs une heure, seul avec lui-mĂȘme, il fut rejoint par les frĂšres Uchiha.

 

L’homme continuait de frapper, nullement surpris, pendant qu’Izuna admirait le terrain dĂ©figurĂ©.

  • Il y a comme un air de dĂ©jĂ -vu
 Pensa le cadet.
  • Aniki ! J’avais envie de m’incruster, ça ne te dĂ©range pas ?
  • Pas du tout ! Approche, je ne me suis encore jamais mesurĂ© Ă  toi !

 

Hashirama arrĂȘta sa sĂ©rie, rĂ©ajusta sa tenue et ses bandages aux mains. Il fit face Ă  Izuna. Ce dernier s’échauffa rapidement, avant de se placer Ă  quelques mĂštres de son frĂšre de cƓur. Madara, spectateur, se mit Ă  l’ombre d’un arbre, ayant miraculeusement Ă©chappĂ© au courroux du Senju.

 

Les deux shinobis entamĂšrent le combat. Izuna, agile et rapide, s’entrechoquait, sans peur, contre la force brute du Senju. Ses sharingans analysaient Ă  une vitesse impĂ©tueuse, esquivant brillamment les poings dĂ©vastateurs boostĂ©s au chakra.  

  • Je comprends mieux pourquoi vous ĂȘtes rivaux ! Lança Hashirama, Ă©bahi.
  • Et tu n’as encore rien vu !  

 

Le mudrā du serpent. AussitĂŽt, Izuna se prĂ©para Ă  malaxer son chakra de feu. Des piliers de bois surgirent sur l’ensemble du terrain, tentant de restreindre ses mouvements. L’Uchiha, parvint Ă  les Ă©viter, les utilisant parfois comme un tremplin. Il tira quelques flammĂšches au passage, obstruant la vue de son opposant.

  • N’importe qui avec des sharingans peut percevoir mes jutsus, mais rares sont ceux capables de les Ă©viter ! Bravo, Izuna !

 

Joueur, le jeune homme s’élança dans les airs, tirant quelques Ă©toiles d’aciers, avant de les enflammer.

  • Technique de la balsamine pourpre !
  • Technique des racines souterraines !

 

Pendant qu’Hashirama Ă©vitait adroitement la horde de shurikens ardents, il fit surgir des racines prĂšs de la zone d’atterrissage d’Izuna. Ce dernier, pensant se rĂ©ajuster sur ses pieds, fut attrapĂ© aux chevilles et balancĂ©, sans mĂ©nagement, Ă  travers le terrain.

  • Keuf, keuf, keuf

  • Tout va bien, Izuna ?
  • Oui
 Tu as eu de la chance, je n’ai pas utilisĂ© mes techniques les plus ravageuses !
  • Hahaha !

 

Le maĂźtre du bois tendit sa main, qu’Izuna attrapa pour se relever. Naturellement, ils exĂ©cutĂšrent le signe de rĂ©conciliation.

 

Du coin de l’Ɠil, le Senju distinguait Madara. Ce dernier, semblait dĂ©connectĂ©. Bras croisĂ©s, dos reposant contre un arbre, ses yeux fixaient l’horizon Ă  peine rougeoyant.

 

  • Quelque chose le tracasse


 

Il finit de rĂ©tablir le terrain saccagĂ©, ramassant au passage ses armes et ses rouleaux. Il se rapprocha enfin de son ami dont la mine semblait plus sombre qu’à l’accoutumĂ©.

  • Madara, que se passe-t-il ?
  • Hm ?
  • Tu as la mine grave.

 

AprĂšs un moment de silence, le jeune chef se livra enfin.

  • Hier, juste aprĂšs ton dĂ©part, je suis allĂ© voir la mercenaire.
  • Quoi ?! Mais pourquoi ? N’avait-elle pas tout dit ?
  • En fait, j’ai fouillĂ© sa mĂ©moire, aniki. Nous avons obtenu de nouvelles informations !
  • Hum, je vois. La « mission pour le clan », c’était ça ?
  • Oui, avoua Izuna.

 

Le jeune homme Ă©vitait le regard presque irritĂ© du Senju. Ce dernier, aprĂšs un moment de flottement, s’adressa Ă  Madara.

  • Pourquoi tu ne m’as rien dit ?! Ne sommes-nous pas supposĂ©s ĂȘtre partenaires ?
  • Tu compliques toujours tout, Hashirama.
  • J’ai consenti Ă  me taire !
  • Pour combien de temps ? Tu ne peux jamais t’empĂȘcher d’ĂȘtre honnĂȘte.
  • Il a raison, aniki. Tu es juste, et cela peut parfois te porter prĂ©judice.

 

Le Senju bouillonnait . Il se sentait trahi par son ami d’enfance, qui n’en faisait qu’à sa tĂȘte.

  • Soit. Si Izuna Ă©tait en mission, c’est qu’il y a quelque chose de nouveau ?
  • Oui. Izuna, explique-lui.

 

Le cadet regarda autour de lui, comme pour s’assurer qu’il n’y avait personne aux alentours. Aprùs quelques secondes, il confessa :

  • Asatsuyu a rencontrĂ© le shƍgun le jour de sa visite au village. À l’ouest d’ici, il y a un petit domaine, non loin du chĂąteau de notre daimyƍ.
  • Oui, le shƍgun a des rĂ©sidences secondaires dans chaque province. Et alors ?
  • Je me suis faufilĂ© dans le chĂąteau, cherchant des indices sur ce traĂźtre qui sĂ©vit au sein de notre village.
  • Je ne comprends pas. Je croyais qu’Asatsuyu avait tout dit.
  • Nous avons dĂ» stimuler sa mĂ©moire et nous concentrer sur les dĂ©tails de ses souvenirs. Il y a bien quelqu’un au village qui rĂ©pand des rumeurs dans le but de nous fragiliser ! Informa Madara.
  •  Je vois.

 

Le cadet poursuivit son récit.

  • J’ai constituĂ© une Ă©quipe, et je suis allĂ© enquĂȘter. LĂ -bas, j’ai hypnotisĂ© et interrogĂ© quelques serviteurs, qui ont confirmĂ© la venue d’une femme.
  • Asatsuyu. Rien d’étonnant.
  • Non. Une femme encapuchonnĂ©e et masquĂ©e. Elle Ă©tait suivie par un groupe qui portait de grands rouleaux et des masques d’argiles. Ils se sont entretenus avec le shƍgun pendant presque une heure.
  • Je ne vois toujours pas oĂč vous voulez en venir.
  • Hashirama
 Des masques


 

Face Ă  l’incrĂ©dulitĂ© du Senju, les Uchiha poussĂšrent un soupir Ă  l’unisson.

  • Aniki, les Kurama sont des artistes fabricants des statuettes et des masques, entre autres.
  • Ce n’est pas inhĂ©rent Ă  ce clan ! Est-ce lĂ  tout ce que vous avez ?!
  • Avec mon Ă©quipe, nous avons examinĂ© la salle dans laquelle a eu lieu l’entretien. Il n’y avait rien
 Mais en revanche, des rĂ©sidus d’un parfum Ă©trange continuaient de planer.
  • Quel type de parfum ?
  • Le type qui embrume les sens et favorise le genjutsu, Hashirama.

 

Si le brun Ă©tait sceptique au dĂ©but, ne voulant croire en la culpabilitĂ© du clan Kurama, ces petits dĂ©tails rassemblĂ©s, semblaient pointer vers les illustres espions. Les mots du vieux Sasuke lui revinrent en mĂ©moire ; il choisit de faire confiance Ă  son ami d’enfance.

  • Hashirama, je sais que tu ne veux pas y croire. Ce clan fonde ses alliances sur les gains et non sur la loyautĂ©. Ils sont restĂ©s loyaux envers les Uchiha durant des dĂ©cennies, jusqu’à l’arrivĂ©e de ShĂšn, qui a conclu un accord pĂ©cunier avec mon pĂšre. Cette femme a changĂ© le clan jusqu’à sa fondation.
  • Exactement. En plus, le shƍgun a promis un coffre d’argent aux clans qui se sĂ©pareraient de nous
 Aniki, je suis sĂ»r que cette femme a l’intention de nous trahir
 Elle est trop avide.
  • Je dois vous avouer quelque chose.

 

Silence. Les Uchiha froncÚrent les sourcils, attendant patiemment le déballage du Senju.

  • J’en ai parlĂ© Ă  maĂźtre Sarutobi


 

Et Madara explosa de colĂšre.

  • Tu te fous de moi ?!
  • Attends, laisse-moi t’expliquer !
  • Tu oses me blĂąmer quand j’agis, alors que tu en faisais autant !
  • Écoute-moi !

 

Izuna s’éloigna, se moquant intĂ©rieurement de la mine dĂ©confite d’Hashirama. Il adorait voir son frĂšre et ses sharingans en Ă©bullition.

  • Madara ! MaĂźtre Sarutobi est d’accord avec toi !!!
  • Quoi ?!
  • Oui, il pense la mĂȘme chose que toi !
  • Allons le voir.
  • Pourquoi ?
  • Hashirama, ramasse tes affaires. Nous allons voir maĂźtre Sarutobi avant que le jour ne se lĂšve.
 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le jour ne s’était pas encore levĂ©. Pourtant, Nadeshiko l’était. Les mots de Kiku l’avaient heurtĂ©. Aussi, s’était-elle empressĂ©e de visiter son amant, la nuit venue. Elle avait cherchĂ© des preuves de son amour dans chacun de ses gestes, avant de se convaincre que Madara n’était pas un homme dĂ©monstratif.

  • Ne suis-je rĂ©ellement que sa maĂźtresse ?

 

Nadeshiko Ă©tait proche de sa mĂšre. Elle l’avait toujours Ă©tĂ©. Cette derniĂšre, s’agenouilla prĂšs de sa fille, qui fixait son reflet dans le miroir de sa coiffeuse. Elle dĂ©posa un baiser sur sa joue, avant de lui brosser les cheveux.

  • Patience ma fille, la chance te sourira bien assez tĂŽt.
  • MĂšre
 J’ai bien peur que cette petite peste de Kiku ait raison.
  • Tu ne devrais pas Ă©couter les sottises d’une enfant jalouse.
  • Madara-Sama ne m’aime pas
 Je l’ai vu cette nuit
 C’est comme si je n’avais aucune valeur Ă  ses yeux.
  • Ma fille
 Ton pĂšre agissait aussi ainsi.
  • Comment avez-vous fait pour conquĂ©rir pĂšre ?! Je vous en prie, mĂšre ! J’ai besoin de vos conseils
 Plus que jamais. Cette Kiku
 Elle

  • Du calme ! T’ai-je dĂ©jĂ  donnĂ© de mauvais conseils ?
  • Non
 Bien sĂ»r que non, mĂšre.

 

La dame dĂ©posa le peigne sur la coiffeuse, et prĂ©para les kanzashis, et les rubans de soie. Jouant avec la longue chevelure de sa fille, elle l’arrangeait afin de lui donner l’aspect d’un chignon fendu.

  • Tu n’as aucune valeur Ă  ses yeux, parce que c’est le cas.
  • Mais

  • Ne bouge pas. Les shinobis vivent pour se battre. Ils meurent pour la gloire, et pour faire perdurer le nom des Uchiha. Alors ma fille, dis-moi, qui rĂ©colte la gloire, lorsqu’ils se meurent ?
  • Leur famille.
  • Oui. Tu auras de la valeur pour Madara-Sama lorsque tu lui donneras une famille. Un fils qui portera son nom et sa gloire.
  • Mais mĂšre

  • Ne bouge pas, j’ai presque fini.
  • MĂšre. Madara-Sama ne veut pas se marier.
  • Ton pĂšre non plus.
  • Mais alors, comment avez-vous fait ?
  • Je me suis donnĂ©e de la valeur. Lorsque ton pĂšre a appris ma grossesse, il s’est empressĂ© de m’épouser.
  • 

  • T’ai-je, une seule fois, donner de mauvais conseils ?
  • Non, mĂšre. Ma vertu n’avait que pour but de le piĂ©ger ?
  • Oui.
  • 

  • Nadeshiko. Tu portes le nom d’une fleur ; l’Ɠillet a de multiples couleurs et autant de significations. Tu es l’amour pur, Ă©ternel, la fidĂ©litĂ©, la chance. Madara-Sama est capricieux. Et toi, tu dois saisir ta chance.
  • Il me haĂŻra.
  • Entre l’amour et la haine, il n’y a qu’un pas.

 

La mÚre se releva aprÚs avoir finalisé la coiffure de la jeune femme. Dans son reflet, elle perçut pourtant de la déception.

  • Nadeshiko, les femmes savent jouer la comĂ©die. VoilĂ  pourquoi les kunoichis sont espionnes et les shinobis, guerriers.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Une Ă©trange et imposante bĂątisse bleue au milieu de la forĂȘt. Des cris, des piaillements, se faisaient entendre. Sasuke Sarutobi s’était agenouillĂ© devant un parterre de jeunes primates ; il les nourrissait, et communiquait avec eux.

  • Splendide !

 

Le vieil homme se dĂ©tourna un instant de ses prĂ©cieux petits compagnons, accueillant l’arrivĂ©e d’Hashirama et des frĂšres Uchiha.

  • Quelle surprise ! L’entraĂźnement, je suppose ?
  • Vous supposez bien, Sarutobi-Sama.

 

Hashirama et Izuna se rapprochùrent des animaux, qui les reçurent en fanfare, s’agitant et piaillant.

  • Je me suis toujours interrogé  Pourquoi, seule, cette remise, est peinte en bleu ?
  • Le bleu et le vert sont les couleurs favorites des singes, si je puis le dire ainsi. Disons simplement que c’est un code de couleur social.
  • VoilĂ  pourquoi les dĂ©corations du quartier sont en vert, bleu et rouge

  • Vous avez l’Ɠil, jeune Uchiha ! Le rouge est, toutefois, une couleur crainte par nos amis. Nous la plaçons judicieusement afin de limiter leurs actions.

 

Madara fixait le vieil homme. Son regard perçant capta la curiosité du doyen.

  • Pourquoi cette mine grave, mon garçon ?
  • Hashirama vous a parlĂ© de la mercenaire

  • Oui.

 

Le vieil homme se releva, et se rapprocha du jeunot.

  • Tu peux t’exprimer sans retenue. Ici, il n’y a que les primates et moi.

 

Madara, de nature mĂ©fiante, semblait baisser sa garde en prĂ©sence du patriarche. Ne dit ont pas que ce n’est pas au singe qu’on apprend Ă  faire la grimace ?

 

L’Uchiha soupira, avant de lui narrer les derniùres nouvelles.

  • Supposons que les Kurama soient bels et bien derriĂšre ces attaques, pensez-vous rĂ©ellement que le shƍgun les rĂ©compensera ?
  • ShĂšn est du genre Ă  prendre avant de donner. C’est toujours ainsi que nous avons fonctionnĂ© avec eux.
  • Dans ce cas, si elle a reçu ses gains, ils doivent ĂȘtre dans ce village. C’est la preuve de leur culpabilitĂ©.
  • Comment espionner les meilleurs espions du pays ?
  • OnÄ«san
 Les dĂ©tenteurs de l’Ɠil blanc sont bien meilleurs en la matiĂšre !
  • Le lĂ©gendaire byakugan ! J’ai entendu dire que cet Ɠil Ă©tait aussi puissant que le vĂŽtre et


 

Un regard aussi glacial, pouvait-il geler jusqu’à l’ñme ? À cet instant, Hashirama ravala sa salive, et se maudit d’avoir la langue bien pendue. Il Ă©tait pourtant de notoriĂ©tĂ© publique, que les Uchiha et les HyĆ«ga s’entendaient comme chien et chat.

  • Je rendrai une visite Ă  Dame ShĂšn, dans la matinĂ©e. Une visite de courtoisie ne fait jamais de mal, dit Sasuke.
  • Bien, dans ce cas, nous nous en remettons Ă  vous, maĂźtre Sarutobi !
  • Je tĂącherais d’ouvrir l’Ɠil.

 

Hashirama s’inclina respectueusement. Le groupe prit congĂ©.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Depuis la crĂ©ation du village, le ciel semblait veiller au grain ; comme si les dĂ©itĂ©s protectrices des clans s’étaient rassemblĂ©es au-dessus des nuages. Ainsi, le ciel pleurait, zĂ©brait, rayonnait au grĂšs des saisons et de l’humeur de ses habitants.

 

Pour un premier jour d’étĂ©, les nuages cotonneux prenaient d’espiĂšgles formes, incitant les enfants Ă  sortir. Le soleil brillait de mille feux, guidant les habitants vers les berges du lac Naka. La magie du festival et le temps s’étaient unis pour continuer d’illuminer l’ambiance du village. Les femmes, avaient abandonnĂ© leur doute au printemps, les shinobis redoublaient d’efforts durant leurs missions et entraĂźnements. Les chefs de clans, bien malgrĂ© la situation politique, se conformaient Ă  l’humeur gĂ©nĂ©rale.

 

Sasuke, accompagnĂ© par son petit-fils, Asuma, marchaient en direction du district Kurama. La matinĂ©e Ă©tait dĂ©jĂ  bien avancĂ©e et le vieil homme n’avait pas encore eu l’occasion de croiser la Dame de Fer.

 

Alors qu’Asuma s’approchait des portes fermĂ©es, le vieil homme s’arrĂȘta :

  • Attends !
  • Hum ?!

 

Le vieux singe aux aguets, ferma les yeux. Il relĂącha son chakra, et se concentra.

  • Grand-pĂšre, que se passe-t-il ?

 

Tobirama, ayant aperçu le duo, s’approcha. D’un geste de la tĂȘte, il s’enquit de la situation auprĂšs du jeune Sarutobi.

  • Je n’en sais rien
 Il y a quelque chose qui cloche.

 

À son tour, Tobirama se concentra.

  • Quelle est cette odeur ?
  • Le parfum des Kurama
 Non ?
  • Asuma
 Tu ne sens pas l’odeur Ăącre ?
  • Comme une odeur de fumĂ©e ?
  • Oui.
  • Tobirama
 Je fume

  • Ne sois pas stupide !

 

Sasuke rouvrit les yeux.

  • Il a raison. Il y a une odeur de fumĂ©e. Elle est camouflĂ©e par le parfum qui Ă©mane sĂ»rement de leur jardin.
  • Qu’as-tu senti d’autres, grand-pĂšre ?
  • Il n’y a personne.
  • ?!

 

Les deux jeunes shinobis demeuraient interdits. Tobirama, n’en croyant pas ses oreilles, rĂ©cidiva. Il se concentra Ă  nouveau, tentant de capter des signatures d’énergies.

  • Merde !!
  • Tobirama, oĂč allez-vous ?!

 

Le guerrier aux cheveux blancs, s’éloigna, courant en direction du quartier Senju.

  • Grand-pĂšre, entrons !!
  • Non Asuma ! Attendons encore un peu.
  • Attendre quoi ?! Il est certainement arrivĂ© malheur aux habitants de ce quartier !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Une multitude de pensĂ©es bousculait l’esprit d’Hashirama. Le pauvre homme jonglait entre son clan, le village, et ses amours. Il avait bien de la chance d’avoir Tobirama Ă  ses cĂŽtĂ©s ; le cadet Ă©tait si mĂ©ticuleux, que l’administration du clan marchait comme sur des roulettes.

 

À cet instant, son esprit Ă©tait tournĂ© vers sa fiancĂ©e. Il n’avait pas fermĂ© les yeux de la nuit, ressassant encore, et encore, sa dĂ©sastreuse fin de soirĂ©e. Mito, Ă©tait d’une nature calme. Ainsi, l’expression de ses colĂšres ne se manifestait qu’à travers des mots incisifs mais justes, des actes voilĂ©s, mais vindicatifs. Et lorsqu’elle se sentait blessĂ©e, elle se repliait dans sa forteresse de solitude. Comme un fĂ©lin, elle lĂšche ses blessures, en attendant de dĂ©ployer Ă  nouveaux ses griffes.

 

AprĂšs le dĂ©part de Sazanka, Hashirama avait tentĂ© de lui expliquer la situation. Seul le silence lui rĂ©pondit. Le Senju s’en retourna alors Ă  ses quartiers.

  • Oh Tobirama ! Tu tombes bien, j’ai besoin de tes conse

  • Nous n’avons pas le temps !
  • Mais


 

Tobirama entra sans frapper, se ruant sur son bureau pour attraper son épée et ses parchemins.

  • Il se passe quelque chose de louche chez les Kurama ! DĂ©pĂȘche-toi, je t’expliquerai cela en cours de route !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Devant l’entrĂ©e du quartier Kurama, Sasuke et Asuma discutaient avec le leader Yuhi. Ce dernier, le visage blĂȘme, fronça les sourcils de colĂšre, lorsqu’il vit surgir la fratrie Senju. Il s’écria :

  • Hashirama-Sama, vous avez des comptes Ă  nous rendre ! Vous et Madara-Sama !
  • Shinku-Sama, que
 Que se passe-t-il ?!
  • Ne faites pas l’innocent !
  • Nous en discuterons plus tard ! Pour le moment, concentrons-nous sur ce problĂšme ! Ordonna Sasuke.

 

Tobirama prit la suite des opérations.

  • Asuma et moi entrerons. S’il n’y a personne dans ce quartier, comme le pense maĂźtre Sarutobi, il faut prĂ©parer une Ă©quipe de chasseurs.
  • Je vais prĂ©venir Madara et ChĆ«shin ! Dit Hashirama.
  • Je vais envoyer des messages Ă  nos sentinelles. Je resterai au palais pour contrĂŽler l’enquĂȘte, dit Sasuke.
  • Tobirama ! Vous comptez entrer Ă  deux dans ce quartier ? Les Kurama sont les maĂźtres des illusions ! Ne vous surestimez pas ! Gronda Shinku.
  • 

  • Constituez une Ă©quipe sĂ©rieuse ! Notre KurenaÄ« et la Senju sont expertes en genjutsu !
  • Soit. Faites appeler Tƍka et KurenaÄ«. Je les veux ici dans moins de dix minutes ! ConcĂ©da le cadet Senju.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Izuna se dĂ©plaçait rapidement d’arbre en arbre. Deux autres groupes avaient, eux aussi, pour mission de rejoindre deux autres postes de gardes. Suite Ă  l’absence de rĂ©ponses Ă  certains points, Sasuke ne tarda pas Ă  constituer des Ă©quipes de traqueurs.

 

Lorsqu’il arriva au point de surveillance, tout semblait silencieux.

  • Restez sur vos gardes ! Murmura-t-il Ă  ses Ă©quipiers.
  • Pas d’odeur de sang
 Et il n’y a personne


 

Un shinobi fit signe Ă  son capitaine. Izuna s’approcha discrĂštement, et entra dans l’abri. Il dĂ©couvrit les sentinelles endormies et ligotĂ©es.

  • Ils ont Ă©tĂ© assommĂ©s !
  • Non ! C’est un genjutsu.

 

Rapidement, les chasseurs exécutÚrent le contre-sort, en perturbant le flux de chakra des victimes. Ces derniÚres, reprenaient peu à peu leurs esprits, étonnées de se voir ligotées et entourées par autant de monde.

  • Que s’est-il passé ? Pourquoi sommes-nous

  • Tout va bien. Vous Ă©tiez dans un genjutsu. Vous ne savez pas qui vous l’a lancé ?
  • Nous Ă©tions en train de faire notre travail comme d’habitude

  • Izuna-Sama, il n’y a aucun Kurama parmi eux.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Dans les trois postes de garde visitĂ©s, les constats Ă©taient les mĂȘmes ; des sentinelles ligotĂ©es, et plongĂ©es dans un genjutsu. Aucune d’entre-elle ne fut capable de dĂ©signer un coupable.

 

Sasuke, lisant les derniers rapports, donna finalement l’assaut sur le quartier Kurama, avant de lancer officiellement la traque.

  • Ils sont dĂ©sormais traĂźtres, il n’y a plus de doute !
  • MaĂźtre Sarutobi, Ă©tait-ce une bonne idĂ©e de laisser Madara s’en occuper ?
  • Hashirama-Sama, les Uchiha sont de formidables traqueurs ! Complimenta Shinku.
  • Je n’en doute pas. Je crains que Madara assassine les civils Kurama, voilĂ  tout !
  • Peut-on les considĂ©rer comme des civils ? ShĂšn a toujours utilisĂ© l’ensemble de son clan. À ses yeux, chacun avait une utilitĂ©.
  • ChĆ«shin-Sama a raison. Nous ne nous mĂ©fions pas des civils, mais de toute Ă©vidence, ils Ă©taient les plus fourbes. Ce sont eux qui ont rĂ©pandu les rumeurs !
  •  

  • À ce propos, ChĆ«shin-Sama, vous avez envoyĂ© votre disciple
 Comment se nomme-t-il dĂ©jà ?
  • Kakashi. Il est l’espoir de notre clan.
  • Et votre hĂ©ritier ?
  • C’est exact. Je l’ai formĂ© pour qu’il devienne un guerrier et un leader d’exception ! Son nez sera utile pour cette mission. Les Kurama semblent avoir tout planifiĂ©.
  • En effet, les trois seuls postes de garde tombĂ©s, pointent dans trois directions diffĂ©rentes ; l’ancien territoire Hagoromo, vers l’ouest, et en direction de la capitale.
  • Elle veut nous faire croire qu’ils se sont sĂ©parĂ©s, mais seule une direction est la bonne.
  • Vous pensez Ă  la capitale, Shinku-Sama ?
  • Oui, puisqu’ils ont un contact avec le shƍgun.
  • J’en doute.

 

Sasuke n’a eu de cesse de s’interroger sur la mascarade performĂ©e par les Kurama.

  • Ils ont habilement effacĂ© leurs traces, semĂ©s la confusion dans nos rangs. Ils cherchent Ă  gagner du temps ou Ă  diviser notre puissance. Qui nous dit que le shƍgun n’est pas derriĂšre tout cela ? Pendant que nous traquons, d’autres forces armĂ©es pourraient nous submerger.

 

Le groupe fut saisi d’effroi.

  • Qu’attendons-nous pour nous renforcer ?!
  • Du calme, Shinku-Sama ! J’ai dĂ©jĂ  pris les dispositions nĂ©cessaires. Les postes de garde ont accru leurs vigilances, et sont actuellement en train d’ĂȘtre renforcĂ©s. EspĂ©rons que l’équipe de Tobirama nous apportera quelques indices.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Asuma força les portes du district Kurama, d’un bon coup de pied, les faisant s’affaisser au sol. Tobirama, Ă  sa suite, lança une bombe fumigĂšne Ă  l’intĂ©rieur. Ils patientĂšrent quelque secondes avant d’entrer.

 

Les deux hommes entrĂšrent les premiers, Ă©voluant cĂŽte Ă  cĂŽte, tout en guettant les alentours. DerriĂšre eux, KurenaÄ« et Tƍka surveillaient les toits et le sol.

  • Ils ont retirĂ© leurs fleurs ! Indiqua la Senju.
  • Leurs fleurs servent Ă  la fabrication de parfums et de poisons. Mais ce n’est pas leur seul atout ! RĂ©vĂ©la KurenaÄ«.

 

Le groupe passa le jardin dĂ©sherbĂ©, et entra par l’unique portillon donnant sur l’intĂ©rieur du quartier. Les shinobis grimpĂšrent sur les toits, pendant que les kunoichis se sĂ©paraient, prenant chacune un couloir. La vigilance et la concentration Ă©taient de mise. Le silence pesant, et la crainte de voir surgir des piĂšges meurtriers, ralentissaient l’expĂ©dition.

  • Il n’y a pas Ăąme qui vive ! Lança la guerriĂšre Ă  la criniĂšre bouclĂ©e.
  • Oui ! Ils ont abandonnĂ© nourriture et vĂȘtements
 Ils semblent avoir quittĂ© le village dans la hĂąte ! RĂ©pondit l’autre kunoichi.

 

AprĂšs quelques minutes de recherches infructueuses, le groupe se rejoignit au centre de l’agora. Seule, une table en pierre, sans siĂšge, demeurait lĂ . Dessus, un tableau semblait tenir miraculeusement debout. Attisant la curiositĂ© du groupe, ils s’approchĂšrent.

  • C’est une magnifique peinture !
  • Nous ne sommes pas lĂ  pour de la critique d’art ! Gronda Tobirama.
  • Ce tableau est retenu par des fils


 

Tƍka toucha l’un des fils et le suivit. Dans chaque coin de l’agora, d’autres tableaux suspendus Ă©taient reliĂ©s Ă  celui du centre.

  • Regardez ça, il y a quatre tableaux, liĂ©s Ă  celui du milieu.
  • Qu’est-ce que ça veut dire ? Questionna Asuma.

 

Le groupe observait les tableaux, comme attiré par son contenu. Les formes abstraites et colorées, paraissaient bouger.

  • Ressaisissez-vous ! C’est un genjutsu ! Alerta KurenaÄ«.

 

Elle se mordit la lĂšvre jusqu’au sang, avant de rĂ©veiller le groupe.

  • Bon sang ! On s’est fait avoir !

 

Tobirama regardait autour de lui, avant de tirer un shuriken en direction de l’extĂ©rieur de l’agora. L’arme se fracassa au sol aprĂšs avoir rebondi sur un champ de chakra invisible.

  • ?!
  • C’est un piĂšge ! On est enfermĂ© Ă  l’intĂ©rieur de cette place !
  • Tobirama ! Cette odeur Ăącre, je commence Ă  la sentir !
  • L’odeur Ă©tait supposĂ©e nous attirer, et les peintures nous enfermer ! Conclu le Senju.

 

Le groupe se reforma, dos Ă  dos, guettant une attaque imminente.

  • C’est quoi ce bruit ? Demanda KurenaÄ«.
  • Un crĂ©pitement ?
  • On dirait que c’est autour de nous.

 

Soudain, Tƍka s'Ă©cria :

  • Ça vient des tableaux !  Chaque toile est semblable Ă  un parchemin explosif !
  • Et les fils sont censĂ©s activer l’explosion du tableau du milieu ?
  • Non Asuma ! C’est surement un autre piĂšge ! Si nous les coupons, ils pourraient dĂ©clencher l’explosion plus tĂŽt que prĂ©vu !
  • Cette bonne femme a bien calculĂ© son coup. Je suis presque impressionné ! Lança Asuma.

 

Embourbé dans le traquenard, le groupe peinait à trouver une solution. Alors que le compte à rebours était lancé, Tobirama prit les devants.

  • Tout le monde, au centre !
  • Qu’est-ce que tu comptes faire ?

 

Il composa une sĂ©rie de mudrās, avant d’annoncer :

  • Technique d’eau, BarriĂšre !

 

Quelques secondes avant l’explosion, un gigantesque bouclier d’eau prit la forme d’une tornade. Elle enferma le groupe pendant que les explosions à la chaüne, s’entrechoquaient, faisaient s’effondrer l’agora, et l’ensemble des fondations du district.

 

En dehors, un lĂ©ger tremblement de terre se fit sentir dans le village, et une Ă©paisse fumĂ©e noire se propagea rapidement, faisant fuir les villageois vers leurs quartiers. Bien vite, les shinobis se prĂ©sentĂšrent, utilisant leurs jutsus de terre et d’eau pour limiter les dĂ©gĂąts. 

 

Quelques minutes s’écoulĂšrent. Tobirama surgit de sous les dĂ©combres. Il dĂ©gagea un morceau de mur, avant d’aider Tƍka à Ă©merger. De son cĂŽtĂ©, Asuma s’en sortait avec de lĂ©gĂšres blessures.

  • OĂč est Kurenaī ?

 

Tobirama sonda les environs avec son chakra. Il capta quelques shinobis, venus les aider.

  • OĂč est Kurenaī ? RĂ©pĂ©ta Asuma, passablement agacĂ©.
  • Patience, je cherche !

 

Le Sarutobi se mit à déplacer les débris les plus proches.

  • Elle Ă©tait juste Ă  cĂŽtĂ© de moi ! OĂč a-t-elle Ă©tĂ© ensevelie ?!
  • Je l’ai trouvé ! Appela Tƍka.

 

KurenaÄ« se trouvait sous l’un des 4 piliers, soutenant autrefois l’agora. Les hommes dĂ©placĂšrent la colonne avec prĂ©caution, avant de dĂ©gager la kunoichi. Tƍka l’inspecta.

  • Elle est Ă©vanouie, mais je crois qu’elle a quelques cĂŽtes cassĂ©es

  • Il faut l’emmener Ă  l’hĂŽpital !
  • Je m’en charge ! Dit le Sarutobi.
  • Dans ce cas, Tƍka et moi retournons au QG
 Les leaders attendent notre rapport.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Quelques heures auparavant.

 

Au milieu de la luxuriante forĂȘt du Pays du Feu, un groupe, tout de noir vĂȘtu, masquĂ© et encapuchonnĂ©, se dĂ©plaçait d’une branche Ă  une autre. Le premier groupe Ă©voluait sur les plus hauts et fins branchages, pendant qu’un deuxiĂšme bondissait sur les solides branches Ă  quelques mĂštres du sol. Enfin, le troisiĂšme escadron courait au sol.

  • MaĂźtre, nous arrivons Ă  la frontiĂšre de l’ancien territoire Hagoromo.
  • Parfait. Maintenez l’allure. DĂšs que nous aurons franchi la limite, nous serons Ă  l’abri.

 

Kurama ShĂšn Ă©tait une kunoichi rĂ©putĂ©e pour son esprit tactique. Chacune de ses dĂ©cisions a menĂ© le clan vers la gloire et la richesse. Les Kurama, d’aussi loin que l’histoire shinobi se souvient d’eux, formaient originellement un groupe d’artistes voyageurs. Ils considĂ©raient les arts comme une forme de communication. Ainsi, leurs plus anciens Ă©crits parlaient d’une langue universelle ; celle qui capte les cƓurs. Les guerres des clans, les forcĂšrent Ă  abandonner une partie de leurs croyances. Les Kurama, autrefois nomades, se sĂ©dentarisĂšrent alors, dans l’un des endroits les plus fabuleux du pays du Feu : une forĂȘt de bambous entourant un petit lac, miroitant les cieux. À cet endroit, ils affĂ»tĂšrent leurs arts, et comme des camĂ©lĂ©ons, s’amusĂšrent Ă  prendre diffĂ©rentes couleurs, Ă©coutant, observant et mimant leur environnement.

 

ShĂšn, Ă©tait destinĂ©e Ă  poursuivre cette volonté ; revĂȘtir un masque aprĂšs l’autre, effaçant son ĂȘtre pour la gloire du clan. Elle mena ses missions avec brio, faisant danser ses pinceaux sur les toiles des plus grands chĂąteaux du pays. Mais son cƓur reprenait le dessus, et son esprit d’enfant se mit Ă  jalouser la vie de ses victimes. Chaque rĂŽle qu’elle endossait lui donnait envie de ne jamais le quitter. Oui, comme une pie voleuse, ShĂšn Ă©tait attirĂ© par la vie de chĂąteau et ses richesses.

 

La jeune kunoichi, intrĂ©pide, enchaĂźna alors les missions, apportant son lot de gloire, et de rĂ©putation. Elle cherchait Ă  se constituer une petite fortune, avant de s’évaporer. Ses plans tombĂšrent Ă  l’eau, lorsqu’elle attira l’attention de son chef de clan, bien malgrĂ© elle. L’homme, veuf et ĂągĂ©, n’eut aucun scrupule Ă  demander la main d’une femme aussi jeune. À sa grande surprise, ShĂšn l’accepta.

 

Du haut de ses vingt printemps, ShĂšn devint la matriarche Kurama. Au fil des annĂ©es, son Ă©poux s’était chargĂ© de rendre son cƓur aussi froid que la glace et aussi dur que la pierre. Elle fit secrĂštement assassiner les hĂ©ritiers, et demeura auprĂšs de son Ă©poux jusqu’à sa fin. Sur son lit de mort, elle cueillit ses derniĂšres paroles devant une assemblĂ©e composĂ©e des plus influents shinobis du clan ; « je te confie les rĂȘnes du clan, toi qui m’as Ă©tĂ© si dĂ©vouĂ©e, dans mes moments de gloire, comme d’affliction ».

 

  • Que de nostalgie
 Je ne vais pas me laisser devancer par ce village miteux !

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Modifié par Mereoleona
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  • 3 weeks later...

Dans le chapitre précédent

Les Kurama tombent le masque, révélant leurs méfaits,

Le village essuie une nouvelle déconvenue.

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CHAPITRE XVI

LE RENARD MONTE À CRU, VERS LE BERCEAU DES ILLUSIONS.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Un bourdonnement. Celui des rumeurs. Cette fois, les Kurama Ă©taient au centre de tous les sujets, soulevant un peu plus la confusion. Les habitants avaient regagnĂ© leurs quartiers, et les portes du village s’étaient refermĂ©es. Elles s’entrouvraient quelquefois pour laisser passer des groupes de shinobis. Dans chaque quartier, certaines femmes prenaient les choses en main ; elles s’assuraient de calmer la population, de pratiquer quelques jutsus de soins, si besoin.

 

Sur ordre des leaders, tous les points nĂ©vralgiques du territoire unifiĂ©, avaient Ă©tĂ© renforcĂ©s. D’autres escadrons avaient Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s pour des missions de reconnaissance dans les trois directions de fuites supposĂ©es.

 

L’Équipe de Madara Ă©voluait en direction de l’ancien territoire Hagoromo. Le jeune chef, armĂ© de sa faux et de son cĂ©lĂšbre gunbai*, ouvrait la marche, pendant qu’Izuna et Kagami Ă©voluaient en retrait, Ă  sa gauche et droite. Cette formation permettait d’accroĂźtre la visibilitĂ© du groupe, et de ratisser un large pĂ©rimĂštre.

  • Devant vous Ă  onze heures ! Indiqua Madara.
  • MaĂźtre, pouvons-nous rĂ©ellement entrer dans ce territoire ? Un clan a peut-ĂȘtre pris possession de ces terres ? Interrogea Kagami.
  • Nous en aurions entendu parler, si tel avait Ă©tĂ© le cas.

 

Suite Ă  la dĂ©chĂ©ance des Hagoromo, aucun clan, ni famille, n’avaient revendiquĂ© ces terres. Ce n’était pas Ă©tonnant. Cette partie du pays Ă©tait connue pour ĂȘtre l’une des plus pauvres. Les Hagoromo avaient rĂ©duit en esclavage tous les villages de la rĂ©gion, accueillant au passage, des mercenaires et criminels de toutes contrĂ©es.

 

  • Nous allons entrer. Restez sur vos gardes, cet endroit est un nid de scĂ©lĂ©rats !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Il semblait toujours dĂ©sabusĂ©. Son regard Ă©tait la seule partie visible de son visage. Le reste Ă©tait camouflĂ© derriĂšre un masque sombre. Sa chevelure d’argent, courte et Ă©bouriffĂ©e, Ă©tait tenue par un large bandeau frontal, frappĂ© de l’emblĂšme de son clan. Kakashi Hatake, fils d’un des plus grands shinobis de son clan, et disciple du chef en personne, avait pris la tĂȘte d’une Ă©quipe, et suivait une piste inĂ©dite.

 

S’il Ă©tait connu sur le champ de bataille comme un impitoyable combattant, peu lui reconnaissait un esprit stratĂšge. AprĂšs avoir visitĂ© l’un des postes de garde, il fit volteface, et invoqua son escouade de chiens-traqueurs. Son Ă©quipe, sceptique, se demandait encore oĂč il voulait en venir.

 

  • Capitaine ! MaĂźtre Sarutobi, nous a demandĂ© d’aller explorer la piste menant Ă  l’ouest. Pourquoi faisons-nous demi-tour ?!
  • Les Kurama auront beau effacer leurs traces, mes chiens ont un bien meilleur odorat que moi. S’ils sont passĂ©s par lĂ , je serai prĂ©venu.
  • Mais

  • Les Kurama sont avant tout des artistes. Parmi eux, il y a des personnes ĂągĂ©es, des enfants, et des femmes qui ne peuvent tenir la cadence d’une course effrĂ©nĂ©e.
  • Que faisons-nous alors ?
  • Mettons-nous Ă  leur place
 Si je ne peux me dĂ©placer, que ferais-je ?
  • 

  • Allons, un peu d’imagination

  • Eh bien
 Moi, je me cacherais !
  • Exactement. Nos ennemis sont capables de se fondre dans la masse. Je connais un endroit oĂč ils se sentiraient comme des poissons dans l’eau.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Tobirama et son groupe exploraient la forĂȘt, en direction du nord. AprĂšs avoir parcouru quelques kilomĂštres, ils firent une halte.

 

Le guerrier s’agenouilla, composa une sĂ©rie de signes et murmura :

  • Technique de perception !

 

Son chakra, puissant et abondant, lui permettait de dĂ©ployer ce jutsu sur une large zone. AprĂšs quelques secondes, ses doigts, posĂ©s contre le sol, semblaient s’enfoncer. Ses mĂąchoires se serrĂšrent quand il lui sembla capter une infime signature chakraĂŻque.

  • J’ai senti une Ă©nergie, mais je ne saurais dire s’il s’agit d’un Kurama. Il est sorti de ma zone.
  • Dans quelle direction, maĂźtre ?
  • Toujours au nord.

 

Le groupe se remit en chasse, plus déterminé.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

  • Je ne m’attendais pas Ă  autant de misĂšre

  • Oui, j’ai toujours pensĂ© que c’était des rumeurs infondĂ©es, mais force est de constater que cette rĂ©gion est laissĂ©e Ă  l’abandon.

 

Le groupe Ă©voluait dĂ©sormais en territoire Ă©tranger. Les Hagoromo n’avaient laissĂ© derriĂšre eux que crimes et dĂ©solation. Partout oĂč leurs regards se posaient, les shinobis n’y voyaient que pauvretĂ© et souffrance.

 

De jeunes enfants, sales, pieds nus, erraient, l’air hagard. Les habitats, en partie dĂ©truits, Ă©taient encore occupĂ©s par des familles. Seuls, quelques Ă©tablissements de vente et service semblaient en Ă©tat.

 

Kagami et deux guerriers se rapprochaient d’une taverne. Il murmura :

  • Restez silencieux. Il y a certainement des criminels qui peuvent nous repĂ©rer !

 

L’équipe se faufila silencieusement entre les ruelles, tout en laissant traĂźner une oreille. Kagami, siffla discrĂštement un enfant. Il s’approcha.

  • Est-ce que tu sais s’il y a un groupe de personnes qui est passĂ© par là ?
  • 


 

Devant le silence du garçonnet, le jeune guerrier sortit un petit rouleau, qu’il dĂ©ploya, et fit apparaĂźtre une petite besace. Le regard de l’enfant sembla s’animer.

  • Est-ce que tu as une famille ?

 

L’enfant lui dĂ©signa du doigt une femme, portant un bĂ©bĂ©, nichĂ© contre son dos.

  • Il y a quelques piĂšces lĂ -dedans. Je te les donne, si tu as une rĂ©ponse. Est-ce qu’il y a un groupe de personnes qui est arrivĂ© depuis hier ?

 

L’enfant hocha la tĂȘte, et dĂ©signa les montagnes. Comme convenu, Kagami lui offrit la petite bourse d’argent. Il monta sur le toit, et transmit le message au groupe d’Izuna. Petit Ă  petit, l’équipe de Madara s’infiltraient dans l’ancien bastion des illustres shinigamis. Pendant que certains espionnaient, d’autre allaient Ă  l’assaut, parcourant les montagnes sombres, peuplĂ©es de rĂŽdeurs. Madara, quant Ă  lui, entra dans le village en conquĂ©rant.

 

Son armure rouge flamboyante, et ses armes sur le dos, le guerrier marchait d’un pas nonchalant jusqu’à la bĂątisse la plus imposante
 Bien que ruinĂ©e. Un groupe de mercenaires, se tenait devant lui.

  • Uchiha ! Que viens-tu faire ici ?
  • Ça dĂ©pend de vous

  • Ce territoire nous appartient ! Habu Hagoromo nous avait offert ces terres de son vivant !
  • Oh ? Dans ce cas, je devrais vous punir pour l’attaque sur notre village, hum ?
  • 

  • C’est bien ce qui me semblait. Vous ĂȘtes arrivĂ©s aprĂšs la tempĂȘte, et vous avez pris possession de ces terres sans Ă©gards pour ses habitants.
  • Que voulez-vous
 Nos affaires se portent bien, et ces misĂ©reux ont bien de la chance de nous avoir !
  • Vous ĂȘtes des criminels Ă©trangers, recherchĂ©s
 Vous devez bien valoir une petite fortune. Que diriez-vous si je rapportais vos tĂȘtes Ă  vos anciens seigneurs ?

 

Ses sharingans en Ă©vidence, firent dĂ©glutir les mercenaires. Les Uchiha Ă©taient reconnus par-delĂ  les frontiĂšres pour cet artefact unique en son genre ; un pouvoir combinant Ă  la fois, la lecture, l’imitation et l’hypnose. Le « kalĂ©idoscope hypnotique », restait quant Ă  lui, un mystĂšre, voire mĂȘme un mythe.

 

  • Tsk
 MĂȘme si tes prouesses au combat sont indiscutables, tu es seul ! Te croirais-tu surhomme ?!

 

Madara souriait de toutes ses dents. Il aimait le combat, et voilĂ  bien des lustres qu’il n’avait pas nourri sa lame. Aussi, la saisie-t-il, et chargea, sans plus de cĂ©rĂ©monie.

 

Quelques secondes.

 

Madara s’élança sur ses adversaires, tel un dĂ©mon assoiffĂ©. Ses pupilles Ă©carlates remuaient, comme prises d’une frĂ©nĂ©sie ardente ; elles semblaient prendre vie, et contrĂŽle sur les gestes de son hĂŽte. Les bruits effroyables des lames s’entrechoquant, des os se brisant, de la chaire se faisant trancher et arracher, rĂ©sonnaient jusqu’aux alentours. Les quelques villageois, abattus par des annĂ©es de souffrance, rassemblĂšrent le peu de force qu’ils leurs restaient pour prendre leurs jambes Ă  leurs cous.

 

Ce remue-mĂ©nage finit par ameuter d’autres combattants, agglutinĂ©s, pour la plupart dans la taverne principale du bourg.

  • OnÄ«san
 Marmonna le cadet Uchiha, dĂ©pitĂ©.
  • Izuna-Sama, devrions-nous prĂȘter main forte Ă  Madara-Sama ?
  • Non. Il les retient ici. Profitons-en pour aller visiter ces montagnes
 Les Kurama vivaient dans des forĂȘts. Il y aura certainement des piĂšges, alors restez sur vos gardes !

 

Izuna fit un signe Ă  l’équipe de Kagami, l’intimant de recueillir des informations avant de les rejoindre.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Les montagnes du pays du Feu Ă©taient aussi envoĂ»tantes que ses forĂȘts. GravĂ©es de lĂ©gendes et de mythes, elles furent, et demeurent encore, des lieux sacrĂ©s, habitats des dieux.

ShĂšn Kurama avait choisi les montagnes du nord-est pour leurs fortifications naturelles. Le clan ayant baignĂ© dans une forĂȘt de bambous durant des dĂ©cennies, n’aurait alors aucun mal Ă  se dissimuler derriĂšre les hauts branchages, jouant de son environnement Ă  la fois imposant et flexible. Les montĂ©es, raboteuses et dĂ©sĂ©quilibrĂ©es menaient Ă  un ocĂ©an de nuage, oĂč la visibilitĂ© est limitĂ©e, mĂȘme pour une paire de sharingan.

 

Outre ses fortifications, les montagnes du nord Ă©taient aussi la porte de sortie vers le Pays des RiziĂšres et celui du Gel. Au-delĂ , le shƍgun du pays de la Foudre les accueillera sans concession.

 

Les Kurama Ă©taient arrivĂ©s aussi discrĂštement qu’ils ont quittĂ© le village de la coalition. Tous de noirs vĂȘtus, ils se faufilĂšrent sans inquiĂ©tude aucune, parmi les mercenaires Ă©mĂ©chĂ©s, les maisons de passe et de pari. Ils s’aventurĂšrent ensuite vers ses rĂ©gions inhospitaliĂšres aprĂšs s’ĂȘtre entretenus avec les mercenaires.

  • Hum

  • MaĂźtre, que disent ces messages ?
  • Tout va bien. L’équipe chargĂ©e de brouiller les pistes, se dirige vers la capitale.
  • 

  • Soyez sans crainte. Tout se dĂ©roule selon mon plan. Lorsque nous aurons passĂ© ce dernier message au shƍgun, le sort de ce misĂ©rable village sera scellĂ©.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

  • Technique de Terre, Ă©treinte tectonique !

 

Un groupe encercla Madara Ă  distance, abattant leurs paumes contre le sol. AussitĂŽt, la terre se fragmenta avant de s’affaisser sous les pieds du dĂ©mon en armure.

 

Ce dernier, imbiba ses pieds de chakra, s’élança dans les airs et souffla :

  • Technique de feu, embrasement suprĂȘme !

 

AussitĂŽt, une immense cascade de flammes s’abattit sur ses adversaires. Les plus courageux, contrĂšrent avec des techniques d’eau, quand d’autres se protĂ©geaient avec des murs de terre. HĂ©las, ils furent submergĂ©s, et annihilĂ©s. Lorsque le guerrier reposa ses pieds au sol, les effluves des corps calcinĂ©s lui montĂšrent au nez.

 

  • Tsk
 Le plus faible clan de ce pays ferait mieux que vous.
  • Ma
 Madara ! At
 Attends !

 

L’Uchiha s’approcha.

  • Pourquoi avoir survĂ©cu ? C’est dommage
 Ta peine n’en sera que plus douloureuse.
  • Tu es venu pour les Kur
 Kurama

  • Je t’écoute. Voyons quelles informations pourraient m’ĂȘtre utiles.

 

Madara attrapa le dernier survivant par la criniĂšre et le traĂźna, sans mĂ©nagement, jusqu’au mur de la bĂątisse en ruine.

  • Parle !
  • Qu’aurais-je en Ă©change ?

 

Le leader Uchiha n’en croyait pas ses oreilles. Il se mit Ă  rire bruyamment. Pendant quelques secondes, le mercenaire l’observait, hĂ©bĂ©tĂ©. Ses Ă©motions vacillaient entre la peur et l’espoir.

  • N’ai-je pas Ă©tĂ© suffisamment clĂ©ment avec toi ? N’as-tu pas la vie sauve, hum ?

 

Brusquement, la lame faucheuse s’abattit sur lui. Elle s’arrĂȘta Ă  un centimĂštre de son visage
 Juste entre ses deux yeux. Une lĂ©gĂšre chaleur, une brĂ»lure, un liquide qui coule. Le malheureux cueillit une goutte du bout de sa langue, et reconnut le goĂ»t mĂ©tallique du sang.

  • Je
 Je vous dirais tout ! Pitié !!
  • J’attends.

 

La faux menaçante n’avait pas bougĂ© d’un iota. L’homme se mit Ă  table sans attendre.

  • Les Kurama sont arrivĂ©s ce matin, peu de temps aprĂšs l’aube. Les villageois Ă©taient dĂ©jĂ  aux champs, et dans nos usines. Les enfants les ont mĂȘme comparĂ© Ă  des fantĂŽmes

  • 

  • Ils ont une femme pour leader ! Pas Ă©tonnant qu’ils soient tous des chiffes molles. Elle nous a donnĂ© de l’argent, et nous a dit ĂȘtre en affaire avec le shƍgun. C’est la seule raison pour laquelle nous ne les avons pas rejeté 
  • Les Kurama ne sont pas des combattants aguerris. Ils excellent dans un tout autre domaine. Combien Ă©taient-ils ?
  • Je dirais une trentaine. Il y a un groupe qui a rendez-vous avec le shƍgun. Elle nous a dit que le moment venu, elle parlerait en notre nom. Ainsi, nous serons propriĂ©taires de ces terres, et ferons partie des sujets du Roi.
  • C’est tout ?
  • Oui. Nous les avons laissĂ© investir la forĂȘt
 Personne ne s’y aventure de toute façon. Il y a des bĂȘtes sauvages, en plus d’ĂȘtre un vrai labyrinthe.

 

Madara observa les montagnes. Leurs monts s’enfouissaient parmi les nuages.

  • Qui y a-t-il derriĂšre ces montagnes ?
  • Le pays des RiziĂšres.

 

Madara se tendit. Il venait de comprendre le plan des Kurama.

  • Cette maudite vieille sorciĂšre cherche Ă  quitter le pays.
  • Hahaha !
  • Qu’est-ce qui te fais rire ? Tu veux mourir ?

  • Non
 Madara-Sama
 C’est juste que
 Personne ne peut atteindre la frontiĂšre depuis ces montagnes. C’est une route pĂ©rilleuse, mĂȘme pour des experts.
  • Les Kurama vivaient parmi une nature dangereuse, et ils ont su l’amadouer. Cette route, quoiqu’elle soit, est tout Ă  fait praticable pour eux.

 

Le leader aux sharingans, se détourna de sa victime.

  • Quitte ce territoire.
  • Mais oĂč vais-je aller ?
  • Je n’en ai que faire.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

  • Ils sont quatre !
  • Dispersez-vous, et augmentez la cadence !

 

AussitÎt dit, aussitÎt fait. Les shinobis malaxaient leurs chakras et sortaient leurs armes. Ils se préparaient à frapper.

  • DĂšs qu’ils entrent dans votre champ de vision, attaquez !

 

Tobirama et son Ă©quipe Ă©taient parvenus Ă  rattraper les fuyards. À sa grande surprise, ils Ă©taient peu nombreux.

  • Il faut les capturer avant leur arrivĂ©e Ă  la capitale !

 

Une course-poursuite sur plusieurs kilomĂštres n’était qu’une question de minutes pour des shinobis entraĂźnĂ©s Ă  parcourir des longues distances. Les fugitifs s’étaient dispersĂ©s dans diffĂ©rentes directions, pendant que l’un d’eux performait un genjutsu.

 

~ Les racines des arbres prenaient vie. Les feuilles devenaient aussi tranchantes que des lames
 Et elles tombaient par milliers. ~

đŸƒđŸ—ĄïžđŸƒđŸ—Ąïž

 

Bien vite, le groupe de Tobirama s’immobilisa, se battant contre un ennemi fantomatique. Ils gesticulaient, usaient de leurs armes, fendant l’air avec fĂ©rocitĂ©. Lorsque le guerrier aux cheveux neige rouvrit les yeux, un shuriken volait dans sa direction. Il l’évita miraculeusement. Bondissant sur l’un de ses coĂ©quipiers, il apposa sa paume contre son torse, performant le contre-sort aux illusions.

  • Ça va ?
  • Oui.
  • RĂ©veille les autres !

 

Tobirama s’élança seul Ă  la poursuite d’un ennemi. Lorsqu’il fut en vue, il hurla :

  • Technique d’eau, cĂŽne du dĂ©luge !

 

Un puissant jet d’eau crachĂ© par sa bouche, trancha net les branches et les arbres, coupant sa route. Il enchaĂźna :

  • Technique du Dieu du Tonnerre volant !

 

Tobirama se dĂ©plaça instantanĂ©ment dans la zone de son ennemi, avant de le frapper avec le pommeau de son Ă©pĂ©e, au visage. Il s’évanouit.

 

Sur les quatre Kurama, seuls deux étaient captifs. Quant au reste, il fut tué. Les corps furent fouillés et dépouillés de leurs rouleaux de parchemins, armes et autres effets personnels.

  • BrĂ»lez-les ! Ordonna le Senju.
  • Oui.
  • Lorsque ce sera fait, re

  • MaĂźtre
 Regardez !

 

Un shinobi apporta un livre, et une lettre. Ils faisaient partie des affaires trouvĂ©es sur les captifs. Tobirama parcourut le livret des yeux. Ses yeux s’agrandirent, sa mĂąchoire se serra. Il Ă©tait stupĂ©fait.

  • Ce sont mes recherches sur les Uchiha, et mes crĂ©ations de jutsus ! Comment ont-ils mis la main sur mes Ă©crits ?!
  • Tobirama-Sama ?
  • BrĂ»lez les cadavres ! RĂ©veillez ces deux-là !
  • Ne vaudrait-il pas mieux attendre de les ramener au village ?
  • Faites ce que je vous dis !

 

Le Senju n’était pas tranquille. Si le village apprenait ses recherches sur les Uchiha, les Senju pourraient ĂȘtre mis en cause.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Les rues Ă©taient noires de monde. Des enfants s’émerveillaient devant des spectacles de marionnettes, des jeux, et des chefs d’Ɠuvres culinaires aux formes arrondies et colorĂ©es. Les femmes s’extasiaient devant des bijoux faits de Jade, de pierres prĂ©cieuses, et des tenues venues d’ailleurs. Leurs esprits s’envoĂ»taient Ă  la senteur des parfums Ă©picĂ©s et floraux. Les hommes rougissaient devant le bal des geishas, enivrĂ©s par leurs beautĂ©s, leurs danses et leurs musiques. Les diffĂ©rents sons des instruments s’accordaient et crĂ©aient une atmosphĂšre unique. C’est ainsi qu’était reconnu le village d’Ensousha ; un endroit oĂč s’entremĂȘlaient les arts et les diffĂ©rences culturelles.

 

ÉparpillĂ©e sur les toitures, Ă  l’abri de toute cette agitation, l’équipe de Kakashi sondait les visiteurs.

  • Ils peuvent ĂȘtre partout. Du simple cordonnier, Ă  la geisha la plus en vue. Ouvrez l’Ɠil, et ne vous laissez pas tenter.

 

Les guerriers avaient dĂ©laissĂ© leurs armures, et ajustĂ© leurs tenues. Ils Ă©taient dĂ©sormais de parfaits visiteurs. Les Kurama n’étaient pas reconnaissables, Ă  l’instar des Hatake ou des Uzumaki. Leur chakra n’avait pas de signature particuliĂšre non plus. Leur unicitĂ© rĂ©sidait dans la normalitĂ©. Quoi de plus surprenant pour un clan capable de prendre tous les apparats ? Ils Ă©taient comme une aiguille dans une botte de foin.

 

  • Ce sont probablement les pires adversaires

  • Les Kurama sont insaisissables, mais ont une odeur que je peux repĂ©rer.

 

Kakashi avait fait tomber le masque. Ses cheveux d’argents tirĂ©s en arriĂšre, Ă©taient cachĂ©s par un Ă©pais foulard. Il avait troquĂ© son attirail pour un yukata* sombre, empruntĂ© dans une maison alentour. Dans ses bras, un petit bulldog au pelage caramel, examinait les ruelles grĂące Ă  sa truffe.

  • Alors ?
  • Ils sont malins.
  • Tu trouves ? Je n’ai eu aucun mal Ă  deviner qu’ils Ă©taient dans ce village.
  • Ils masquent leurs odeurs en s’imprĂ©gnant d’autres effluves

  • Alors le grand Pakkun va ĂȘtre mis en Ă©chec par de simples villageois ?

 

Pakkun, Ă©tait le chef de l’escouade des chiens-traqueurs. Une invocation canine dont l’apparence mignonne Ă©tait faite pour dĂ©sarmer l’ennemi. Toutefois, son odorat demeurait le plus puissant parmi ses semblables.

  • Dis Ă  tes hommes de se regrouper vers les Ă©tales de nourritures, les Ă©piceries, parfumeries, et autres.
  • C’est bien ce qui me semblait. Les enfants, quant Ă  eux, agissent comme des Ă©claireurs


 

Kakashi fit un signe discret Ă  son Ă©quipe. Rapidement, ils disparurent en direction des sorties du village, pendant que d’autres se rapprochaient des Ă©tales, prĂȘts Ă  attaquer.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

  • Ces piĂšges sont enfantins ! Ils me tapent sur les nerfs !
  • ImbĂ©cile ! Ces piĂšges ne sont lĂ  que pour nous retarder et nous faire repĂ©rer. Maintenant, fermez-la et restez concentrĂ©s !

 

L’équipe d’Izuna tentait, tant bien que mal, d’évoluer dans cette forĂȘt qui ne ressemblait en rien Ă  celle de leur rĂ©gion. Sa beautĂ© masquait sa couardise.

  • Izuna-Sama
 Je crois que nous sommes dĂ©jĂ  passĂ©s par-là

  • Je crois aussi. Impossible de distinguer quoi que ce soit, avec des arbres de cette hauteur.

 

Finalement, le second leader se mordit le pouce et apposa son sang au sol.

  • Technique d’invocation !

 

Un faucon aux plumes brunes apparut. Il Ă©tait suffisamment grand pour porter son invocateur. Un Uchiha dĂ©cocha son shuriken fuma* de son dos et l’envoya valdinguer, tranchant les longs bambous afin de dĂ©gager de l’espace, et accroĂźtre la visibilitĂ©. La bĂȘte prit alors son envol, explorant les cieux, en quĂȘte d’indices.

 

Au loin, Madara aperçut le volatile.

  • Izuna !

 

Le pensant en danger, l’aĂźnĂ© se mit Ă  courir en direction de la forĂȘt.

  • Madara-Sama !

 

L’équipe de Kagami le rejoignit. Ce dernier ne semblait pas tranquille.

  • Nous avons des informations

  • Les Kurama cherchent Ă  quitter le pays par ces montagnes.

 

Kagami sembla surpris par ces révélations.

  • Nous ne pourrons peut-ĂȘtre pas les atteindre. Ces montagnes sont rĂ©putĂ©es pour avoir dĂ©vorĂ© de nombreuses Ăąmes en perdition. Les Hagoromo avaient pour habitude de punir les villageois en les jetant dans cette fosse, habitĂ©e par des bĂȘtes Ă©tranges. Aucun n’en ait revenu

  • Le faucon d’Izuna nous guidera depuis le ciel. As-tu eu des nouvelles des autres Ă©quipes ?
  • Non, ils explorent les autres villages, en particulier celui des Hagoromo.
  • Laisse quelques hommes dans ce village pour monter la garde.
  • Bien, maĂźtre !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

  • Madame, certains piĂšges se sont enclenchĂ©s !
  • Si tĂŽt ?!
  • Nos Ă©claireurs n’ont pas encore la confirmation de l’identitĂ© de nos poursuivants, mais si ce sont des

  • N’attendons pas ! Rassemblez les affaires, nous nous remettons en marche !

 

🩅 Un huissement🩅

 

Depuis le ciel, ShÚn aperçut un gigantesque rapace. Il tournait en rond, et continuait de réclamer.

 

  • Qu’est-ce que c’est que ça ?! Sh
 ShĂšn-Sama, qu

  • Restez dans l’ombre des arbres !
  • Mais madame, c’e

  • C’est une invocation ! Je n’avais pas pensĂ© Ă  cette mĂ©thode de recherche ! Merde !
  • Et l’équipe d’éclaireurs ?!
  • Nous n’avons plus le temps ! Nous devons quitter cet endroit ! Notre position a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e !
  • Qui pourrait invoquer un rapace ? Tsk
 Je miserais sur les Yuhi, Senju ou les Uchiha
 Les Hatake invoquent des canidĂ©s et les Sarutobi, des primates.

 

Le groupe dĂ©laissa alors une partie de son chargement. Il devait s’allĂ©ger pour mettre le plus de distance possible entre les deux factions. ShĂšn, en tĂȘte, Ă©voluait de branchage en branchage, utilisant la souplesse des tiges pour se propulser.

  • Économisez vos mouvements et ajuster votre souffle. Nous montons, l’oxygĂšne se rarĂ©fie.
  • Oui, madame !

 

Du coin de l’Ɠil, la dame comptait.

  • L’équipe d’éclaireurs servira au moins Ă  ralentir l’ennemi.
  • Madame ! Allez-vous nous sacrifier, nous aussi ?!
  • Les shinobis sont des outils. L’avez-vous oublié ?! Ce n’est pas le moment de contester mes ordres.
  • 


 

AprĂšs plusieurs minutes de course, un tremblement de terre.

  • Qu’est-ce que c’est encore ?!
  • Du calme ! Continuez de courir ! Ordonna ShĂšn.

 

Un frisson lui parcourut l’échine. La kunoichi se retourna. Elle Ă©carquilla les yeux de stupeur avant de se jeter sur le cĂŽtĂ©. Juste Ă  temps pour Ă©viter une attaque. Quelques shinobis furent fauchĂ©s.

 

  • Un gĂ©ant ! HurlĂšrent les guerriers, choquĂ©s.

 

La noble dame avait perdu son masque. Ses prunelles, habituellement, dĂ©barrassĂ©es de toute trace d’émotions, avaient repris vie
 Une premiĂšre. ShĂšn Kurama ressentait la peur. Son cƓur de glace, semblait se rĂ©chauffer, battant Ă  tout rompre.

  • Susanƍ ! Ce sont ces maudits Uchiha

  • Madame !

 

Prise de panique, ses sens s’obstruaient.

  • Ils viennent pour moi ! Non

  • Madame !
  • Je ne vais pas mourir ici ! J’ai amassĂ© tellement d’argent
 Ce

  • ShĂšn-Sama ! Ressaisissez-vous ! Nous avons besoin de vous ! 

 

Des flĂšches de flammes noires tombaient comme une pluie, un soir d’automne. La forĂȘt prenait feu
 Des flammes inextinguibles. Pendant ce temps, ShĂšn s’était figĂ©e. Elle assistait Ă  l’effondrement de ses espoirs, de ses efforts.

  • Des dĂ©cennies de patience
 Pour me faire tuer, ici ?!

 

Son calme lĂ©gendaire reprit la main. En quelques secondes, elle ordonna Ă  ses hommes de s’éparpiller, et d’aller Ă  la rencontre de l’ennemi. Elle dĂ©posa son grand rouleau au sol, et le dĂ©roula. Une toile vierge apparue.

 

La dame inspira, et expira. Elle gagnait de la concentration Ă  mesure, qu’elle isolait ses sens. Sa main traça un premier trait, suivit d’un autre. BientĂŽt, sa toile dĂ©crivait son environnement. Ses mains dĂ©gageaient une Ă©nergie Ă©carlate ; la couleur de son chakra. Sa palette de couleur et ses pinceaux Ă  disposition, elle rĂ©ajustait la rĂ©alitĂ© Ă  sa guise.

  • Et la touche finale.

 

Des pandas gigantesques, des tigres blancs, mais aussi des Ă©lĂ©phants se dressĂšrent sur leurs pattes arriĂšre. Ils Ă©taient affublĂ©s de changshans*, et de chapeaux coniques. À chacun, ShĂšn crĂ©a une arme unique ; des chakrams, une lance, des daos*, des Ă©pĂ©es, et un bĂąton. Elle augmenta la densitĂ© corporelle des vipĂšres, des araignĂ©es et des panda roux.

  • Mon armĂ©e de prĂ©dateurs
 À l’assaut ! Leur ordonna-t-elle.

 

Ceci fait, elle retourna Ă  sa peinture.

  • Un peu de pluie, pour Ă©teindre ces flammes. De la foudre, pour dĂ©stabiliser ces titans de chakra.

 

Les flammes noires demeuraient.

  • Hum
 La lumiĂšre cĂ©leste fait honneur Ă  sa rĂ©putation
 J’aurais au moins essayĂ©.

 

ShĂšn admira un instant sa crĂ©ation, qui prenait vie. Le ciel lançait des Ă©clairs, empĂȘchant les ennemis de s’approcher. AprĂšs un moment, la dame abandonna son Ɠuvre d’art. Elle plia bagage en comitĂ© restreint.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Aprùs plusieurs heures, le village rouvrait ses portes en grands. Kakashi et son escouade revenaient, d’un pas tranquille. Derriùre eux, les Kurama.

  • Bien jouĂ©, Kakashi ! Le fĂ©licita ChĆ«shin.
  • MaĂźtre, nous les avons apprĂ©hendĂ© grĂące aux flairs de nos ninkens*. Ils ont Ă©tĂ© fouillĂ©s et dĂ©sarmĂ©s.

 

Hashirama usa de ses techniques de bois pour crĂ©er une immense prison, dans la zone oĂč furent autrefois gardĂ©s les derniers Hagoromo. Cette fois, des mesures ont Ă©tĂ© prises. Bien qu’ils soient des civils, leurs bras et chevilles furent scellĂ©s par des talismans, interdisant toute effusion de chakra.

 

  • Nous les interrogerons le moment venu. Et nous prendrons une dĂ©cision concernant leurs avenirs ! Dit Sasuke.
  • Avez-vous des nouvelles des autres Ă©quipes ? Interrogea Kakashi.
  • Pas pour le moment. Madara-Sama est sĂ»rement en territoire ennemi. Quant Ă  Tobirama, je ne sais pas quelle piste, il suit. Aucun d’entre eux n’a envoyĂ© de message, pour l’instant.

 

Le village s’était vu dĂ©figurĂ© par la destruction du district Kurama. Des Ă©quipes avaient Ă©tĂ© montĂ©es pour fouiller les dĂ©combres, et empĂȘcher les curieux d’y entrer.

  • Avez-vous trouvĂ© quelque chose d’intĂ©ressant ?
  • Malheureusement, ShĂšn a effacĂ© toute trace


 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

L’oxygĂšne se rarĂ©fiait Ă  mesure que ses pas la menaient vers le sommet. AprĂšs plusieurs minutes de marche, elle le perçut enfin ; l’ocĂ©an blanc qui s’étendait Ă  l’infini.

 

  • Ce spectacle vaut toutes les toiles, que j’ai dessinĂ©.

 

Les monts enneigĂ©s, si purs et dĂ©nuĂ©s de brume, comme si un nouveau monde se dressait devant elle. Le ciel d’un bleu royal s’étendait Ă  perte de vue. Au loin, la matriarche distinguait mĂȘme les montagnes du pays voisin.

  • Ne nous retournons pas.
  • Madame
 Nous avons abandonnĂ© la majeure partie du clan.
  • Non. Ils sont morts pour nous permettre de prospĂ©rer. Quand le village sera rasĂ©, nous pourrons retrouver les autres.
  • N’en sois pas si sĂ»re !
  • ?!

 

Des battements d’ailes suffisamment puissants pour battre la mer de nuages. Des sueurs froides. ShĂšn se retourna lentement, les yeux exorbitĂ©s, la gorge sĂšche.

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Dans le chapitre précédent

Émoi au village, les Kurama quittent le navire,

La chasse est ouverte.

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CHAPITRE XVII

LES CENDRES DU RENARD, L'INCANDESCENCE DU RENOUVEAU.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

« N’en sois pas si sĂ»re ! »

 

  • ?! Ce gamin arrogant
 Comment a-t-il

  • Aurais-tu perdu ta langue, Kurama ShĂšn ?
  • 
 C
 Com
 Comment est-ce possible ?!
  • Ma technique aurait dĂ» considĂ©rablement les ralentir !

 

Les derniers shinobis Kurama se placĂšrent devant leur leader, kunais et tantƍs en avant, prĂȘt Ă  attaquer.

  • MaĂźtre, allez-y ! Nous allons le retenir ici !
  • 

  • MaĂźtre !!

 

ShĂšn Ă©tait mĂ©dusĂ©e. Uchiha Madara, se tenait debout sur le rapace diurne. L’animal, serre en avant, bec coupant et aiguisĂ©, n’attendait qu’un geste, pour fondre sur ses proies. De surcroĂźt, l’armure du guerrier semblait plus rouge qu’à l’accoutumĂ©. Était-ce le sang de ses ennemis ?

 

  • Tu disposes de la technique hĂ©rĂ©ditaire des Kurama. Une particularitĂ© extrĂȘmement rare, mĂȘme parmi tes semblables

  • 

  • Donner vie aux illusions, modifier la rĂ©alité  VoilĂ  un pouvoir bien effroyable.

 

ShĂšn jeta son chapeau conique, et reposa son rouleau au sol. Alors qu’elle s’apprĂȘtait Ă  le dĂ©rouler, le rapace chargea. Les guerriers Kurama tentĂšrent d’esquiver les serres, et les coups de bec. Ils encerclĂšrent l’animal, essayant de l’endormir Ă  l’aide de brĂ»le-parfums. En rĂ©ponse, la majestueuse crĂ©ature les balaya d’un coup d’aile.

 

Pendant ce temps-lĂ , Madara se rĂ©ceptionna au sol. Il exĂ©cuta une sĂ©rie d’acrobaties, se servant des roches, comme appui, dans le but d’atteindre la kunoichi. Au passage, il lui jeta quelques cailloux, et pavĂ©s, qui se dĂ©grafaient de la montagne. La femme, elle, esquivait adroitement, sautant et virevoltant gracieusement. En retour, elle tira, quelques aiguilles envenimĂ©es dans sa direction, et des shurikens sur les roches, provoquant d’autres Ă©boulements. Bien vite, les deux leaders s’isolĂšrent du reste du groupe. ShĂšn, comprenant qu’elle ne pourrait user de son rouleau, planta son pinceau dans une petite boite noire, laquĂ©e, Ă  sa ceinture.

 

  • De l’encre ?

 

Les mains de ShÚn reluisaient de chakra rougeoyant. Elle traça un simple kanji sur sa main, avant de la présenter au guerrier.

 

  • « Mur » ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

L’Uchiha eut sa rĂ©ponse, lorsqu’il se heurta Ă  un mur invisible. ShĂšn en profita enfin pour dĂ©rouler son parchemin, et invoquer une toile vierge.

  • Tsk


 

Si elle parvint Ă  glaner quelques secondes, ce ne fut pas suffisant. Les sharingans brisĂšrent aussitĂŽt le genjutsu. Madara surgit sur elle, rageur. La kunoichi plaça son pinceau entre eux, se prĂ©parant Ă  recevoir son coup de pied ; elle fut rejetĂ©e sur plusieurs mĂštres, jusqu’à heurter durement les rochers.

 

  • On dit que ceux qui ont possĂ©dĂ© ce kekkei genkai furent frappĂ©s par une forme de schizophrĂ©nie.

 

Madara avait jetĂ© la toile dans le vide, rĂ©cupĂ©rĂ© le rouleau et s’en servait comme d’un siĂšge. Il dĂ©posa ses armes Ă  ses cĂŽtĂ©s. La dame se releva, s’époussetant, comme si de rien n’était. Elle examina son pinceau, cassĂ©, puis le jeta nonchalamment au sol. ShĂšn fixait le sharingan, sans peur.

 

  • En effet. Je suis dĂ©tentrice de ce kekkei genkai. La premiĂšre depuis des gĂ©nĂ©rations.
  • Et tu t’es bien gardĂ© de le dire. Tu ne nous as jamais fait confiance, n’est-ce pas ?
  • La confiance
 Peux-tu rĂ©ellement lire les cƓurs ? Tu ne connaĂźtras jamais leurs pensĂ©es vĂ©ritables, quoi qu’ils puissent dire.

 

Madara n’aimait pas sa rĂ©ponse.

 

  • Pourquoi as-tu rejoint notre coalition, si ce concept ne t’a jamais effleurĂ© l’esprit, hum ? Quel Ă©tait ton but ? Ne me dis pas que ce n’était qu’une question d’argent.
  • C’était une question de survie. Un jour ou l’autre, nous aurions Ă©tĂ© fauchĂ©s par un autre clan. Pourquoi refuser la protection des deux plus puissants boucliers du pays ?
  • Eh bien, l’un de ces « boucliers » va mettre fin Ă  ton clan.
  • Je ne te laisserai pas faire, maudit gosse arrogant !!

 

La fureur froissait chaque ride de son visage, et noircissait sa peau. À cet instant, ShĂšn n’était plus.

 

  • Est-ce la lĂ©gendaire entitĂ© dĂ©moniaque dans l’ombre des Kurama ?

 

La dame avait tout d’une crĂ©ature. Sa peau semblait se dĂ©former ; des dents proĂ©minentes dĂ©chiraient ses lĂšvres, des cornes perçaient son front, le blanc de ses yeux se mĂȘlait aux noirs pupilles sans Ăąmes. Son Ă©chine se courbait, lui donnant l’air bossu.

 

  • Un vrai monstre de foire
 Provoqua Madara.

 

Elle attrapa un autre pinceau, piocha le sang coulant de son visage, et utilisa les roches comme support. La créature peignait à une vitesse extraordinaire.

  • ?!

 

Madara saisit sa faux et s’élança sur elle, lorsqu’il rĂ©alisa qu’elle brossait son portrait. D’un coup de tĂȘte cornĂ©e, elle l’envoya valser, avant de retourner Ă  son Ɠuvre.

  • Un monstre nĂ© de son subconscient, avec une force brute
 Tsk


 

S’il ne pouvait pas l’approcher, alors il la toucherait Ă  distance. Le terrain n’était pas adaptĂ© au taĂŻjutsu, car les chemins sinueux donnaient sur le vide et des pentes mortelles. Alors, ses sharingans tournoyĂšrent : les tomoes se creusaient et changeaient de direction, avant de se lier. Le « kalĂ©idoscope hypnotique » fit son apparition. Il lança hargneusement :

  • Amaterasu !

 

Un sourire en coin, Madara admirait le déluge noir se propager. Il était satisfait.

  • Voyons combien de temps, tu peux tenir !

 

Soudain, il tomba Ă  genoux. Sa main contre son Ɠil ensanglantĂ©. Sa vue se brouillait. Les flammes vacillaient.

  • Ce n’est pas le moment !

 

Alors que la bĂȘte hurlait, Madara au sol, faisait face Ă  une Ă©trange douleur. Son monde se teintait graduellement de rouge et de noir. Il suait Ă  grosse goutte. Pour ne rien arranger, il avait Ă©tĂ© frappĂ© par la technique secrĂšte de l’ennemie. Ses Ă©pauliĂšres et son plastron s’étaient dĂ©tachĂ©s. Il avait subi des coupures au niveau des bras, et une entaille Ă  la gorge.

 

AprĂšs un moment, il se releva.

  • Tu as presque failli m’égorger ! Dit-il, en crachant une gerbe de sang.

 

Il examina sa blessure. AprĂšs quelques instants, il rassembla son Ă©nergie et fit disparaĂźtre les flammes. La dame avait retrouvĂ© son apparence, bien que des cicatrices subsistaient. Elle s’était effondrĂ©e au sol, presque vaincue.

  • Ton sharingan
 On dirait que tu es arrivĂ© Ă  ta limite, gamin


 

L’Uchiha la saisit et l’enfonça dans les rochers. Il rageait.

  • Il nous sera trĂšs facile de rĂ©cupĂ©rer les derniers membres de ton clan. Nous les exĂ©cuterons aussi.
  • Ce ne sont que des civils !!
  • Des civils qui ont brillamment mit le village sens dessus-dessous, et qui ont certainement gagnĂ© des informations.

 

Madara l’attrapa Ă  la gorge. La femme se dĂ©battait entre ses mains. Elle Ă©touffait.

  • Tu es dĂ©cevante. Tes choix ont conduit Ă  l’annihilation des Kurama.
  • Haa
aaa
aah

  • Tu es lĂąche

  • Haaaa
. Ça
 S
 Su
 Ffit !

 

Madara la relĂącha. Elle Ă©tait Ă  court de chakra, et l’exposition du dĂ©mon avait endommagĂ© son corps et probablement son cerveau. AprĂšs un temps, ShĂšn reprit son souffle.

  • J’ai sincĂšrement voulu faire partie de ce village. J’y ai vu une prospĂ©ritĂ© certaine
 Jusqu’à l’arrivĂ©e du shƍgun

  • Unifier un pays est un projet de longue haleine.

 

Le leader aux sharingans s’éloigna. Il regardait le paysage. Du coin de l’Ɠil, il perçut le faucon, et ses proies mortes.

  • Prends ma tĂȘte, mais je ne te demanderais qu’une chose

  • Tu n’es pas en position de nĂ©gocier.

 

L’homme se dĂ©tourna du spectacle cĂ©leste, et attrapa sa faux. Il s’apprĂȘtait Ă  la dĂ©capiter. ShĂšn n’avait pas peur. Ses yeux avaient retrouvĂ© leurs Ă©clats. L’espace d’un instant, Madara pouvait la lire ; il n’y voyait que regrets et tristesse.

  • Notre savoir-faire, et notre kekkei genkai
 Il n’y en aura pas d’autres.

 

Madara stoppa son mouvement.

  • Je suis Ă©goĂŻste
 Regardez-moi
 J’ai envoyĂ© mon clan Ă  la mort.
  • 

  • Épargnez les civils. Formez les enfants au combat. Ils seront utiles.

 

Le guerrier nota le vouvoiement. Ils se ressemblaient. La kunoichi rendait les armes, et il avait regagné son respect pour le bien des Kurama.

  • Me prends-tu pour Hashirama ?! Je ne crois pas en ces choses-lĂ .
  • 


 

Madara soupira, lassé.

  • Est-ce lĂ , ta derniĂšre volonté ?
  • Oui.
  • Je l’exaucerai, en l’honneur de notre longue alliance.

 

TĂȘte droite, ShĂšn le fixait, reconnaissante. Elle se mit Ă  genoux.

  • Laissez-moi vous avertir, Uchiha. Ce village est une supercherie. Votre clan ne sera jamais en paix, aussi longtemps qu’on vous jalousera et craindra. L’illusion est la vĂ©ritable pa


 

La tĂȘte de la noble dame roula au sol.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le ciel d’un bleu Ă©clatant, et ses nuages d’une blancheur cotonneuse donnaient l’illusion d’une journĂ©e agrĂ©able. Pourtant, ce premier jour d’étĂ© Ă©tait Ă  marquer au fer rouge, aussi bien pour les habitants que pour les shinobis. 

 

Ce n’est qu’en fin d’aprĂšs-midi, que la menace avait Ă©tĂ© officiellement Ă©cartĂ©e. La population fut de nouveau autorisĂ©e Ă  se promener dans le village. Sur les berges, les commĂ©rages sur les Kurama allaient bon train.

 

  • Je n’en crois pas mes oreilles ! Les Kurama Ă©taient les manipulateurs ?!
  • Quelle histoire !
  • Oui ! Mais ne vous inquiĂ©tez pas ! C’est notre travail de vous protĂ©ger !
  • Vous ĂȘtes si vaillants !

 

Les accĂšs vers le quartier sinistrĂ©, et la nouvelle prison pleine-air Ă©taient interdits d’accĂšs. Ils attiraient malgrĂ© cela la foule.

  • C’est Tobirama-Sama qui est entrĂ©, et qui a dĂ©couvert le pot au rose !
  • Non ! C’est notre Asuma, qui Ă©tait lĂ  le premier !
  • Vraiment ?
  • Oui, Asuma-Sama et MaĂźtre Sasuke ont Ă©tĂ© les premiers Ă  se mĂ©fier. J’étais là !

 

Au palais, les leaders s’étaient Ă  nouveau rĂ©unis. Au centre de la table, trĂŽnait un sac blanc tachĂ© de rouge. Madara, le dĂ©fit, exposant la tĂȘte de l’ancienne matriarche Kurama.

Personne ne dĂ©tourna le regard. On contemplait son visage, blessĂ©, serein, dĂ©nuĂ© de toute Ă©motion ; Ă©gal Ă  la femme qu’elle fut.

 

  • Si l’envie vous prend de trahir le village, vous terminerez sur cette table.

 

La menace Ă©manait de Madara. Toutefois, personne ne trouva rien Ă  redire. AprĂšs quelques minutes, Sasuke fit signe Ă  un garde d’emporter la tĂȘte.

  • Il y a tant de choses Ă  dire. Madara-Sama, vous avez Ă©tĂ© le dernier Ă  voir Kurama ShĂšn en vie. Avez-vous pu l’interroger ?
  • Hum
 Elle ne croyait plus en notre alliance, depuis la visite du shƍgun.
  • C’était Ă  prĂ©voir ! Cette sorciĂšre n’avait d’yeux que pour l’argent !
  • Shinku-Sama ! Elle n’est plus. Il n’y a plus de raison de l’insulter ! Tonna Sasuke.

 

Pour le vieil homme, dĂ©grader la mĂ©moire d’une personne dĂ©cĂ©dĂ©e, quoi qu’elle ait pu faire de son vivant, Ă©tait inappropriĂ©. Le leader Yuhi, baissa le regard, honteux. AprĂšs un moment, Madara reprit.

  • Elle m’a demandĂ© une chose
 Qui mĂ©rite rĂ©flexion.

 

Le groupe s’interrogeait.

  • Elle souhaitait que les civils restent en vie, notamment les enfants.

 

Hashirama eut un sourire tendre Ă  l’égard de son ami d’enfance. Les Uchiha, comme bons nombres d’autres clans du pays, appliquaient le prĂ©cepte d’éradication pur et simple. Ainsi, de nombreux clans, se sont Ă©teints au cours de ces derniers siĂšcles. L’histoire s’était chargĂ©e de les oublier.

  • En effet, cela mĂ©rite rĂ©flexion.
  • Et puis quoi ? Ils grandissent, et cherchent vengeance ?!

 

Le Yuhi n’aimait guùre cette conversation.

  • Shinku-Sama, ce sera diffĂ©rent des Hagoromo ! Tenta le Senju.
  • En quoi ?! Qu’est-ce qui nous dit, qu’ils n’en profiteront pas pour nous dĂ©truire ?
  • Je suis d’accord avec Shinku-Sama. Mais, dans ses derniers instants, ShĂšn semblait regretter ses choix.
  • Nous avons dĂ©jĂ  dĂ©cimĂ© les Hagoromo, et avec eux, les techniques de vent, et leur art-martial liĂ© au maniement de la faux. Les Kurama ont un savoir-faire non-nĂ©gligeable, et de toute Ă©vidence, un don hĂ©rĂ©ditaire rĂ©el, bien qu’il ne se manifeste que rarement. Pouvons-nous rĂ©ellement faire l’impasse ?

 

La tirade du doyen eut le mérite de faire réfléchir les plus réfractaires.

  • Nous devons encore questionner les derniers membres. DĂ©cidons de cela Ă  l’issue de leurs interrogatoires ! Proposa Hashirama.

 

Le groupe tomba d’accord. Sasuke continua de dĂ©rouler les Ă©vĂ©nements.

  • L’équipe de Tobirama a pourchassĂ© une Ă©quipe rĂ©duite de quatre shinobis, en partance pour la capitale. Ils ont refusĂ© de se rendre et ont donc Ă©tĂ© tuĂ©s.
  • Tobirama a pu obtenir des informations quand mĂȘme ?
  • Une lettre, dans laquelle ShĂšn a dessinĂ© une carte du village, ainsi qu’une liste de nos forces et nos faiblesses, incluant nos facultĂ©s militaires et nos portraits psychologiques.

 

Silence.

 

  • Nous l’avons Ă©chappĂ© belle ! Soupira ChĆ«shin.
  • Oui. Cet incident nous oblige, plus que jamais, Ă  nous renforcer
 Et trĂšs rapidement.
  • MaĂźtre Sarutobi, avez-vous pensĂ© Ă  d’autres clans susceptibles de nous rejoindre ?
  • Oui. J’ai chargĂ© Ran d’envoyer des Ă©quipes Ă  la pĂȘche aux informations. Lorsque nous aurons un retour, nous choisirons, ou non, de les contacter.
  • De mon cĂŽtĂ©, je pense Ă  envoyer Kakashi au village des artisans dans les prochains jours.
  • Alors tout va pour le mieux. Nous devons maintenant surveiller nos frontiĂšres, et renforcer nos troupes. Dame ShĂšn avait bien des dĂ©fauts, mais elle avait pointĂ© du doigt notre unitĂ©. Travaillons sur cela, en attendant d’avoir des nouvelles ! Dit Hashirama.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Assise sur un zabuton, Mito mĂ©ditait. L’alerte passĂ©e, la jeune femme rejoignit ses quartiers. Elle avait ressenti l’envie de se calmer, aprĂšs avoir passĂ© presque une journĂ©e avec le reste du clan, parmi les enfants, les complaintes et le brouhaha.

  • Dame Mito ?
  • ?
  • Vous avez de la visite.

 

L’une de ses suivantes, s’inclina respectueusement avant de laisser passer l’invitĂ©e.

  • Kiku !
  • Bonjour, Mito !
  • Comment vas-tu ? Est-ce que le confinement s’est bien passé ?
  • Oui. Si tu nous avais vus !

 

La jeune fille piqua la curiosité de la rouquine.

  • C’était la panique, surtout chez les enfants. Figure-toi, que les techniques de mĂ©ditation nous ont permis de gĂ©rer cet incident avec calme. Ritsuko a Ă©tĂ© gĂ©niale !
  • Ritsuko doit avoir un don avec les enfants. Dame Ran a seulement eu le temps de ne dispenser qu’une session.
  • Oui. Je ne pensais pas qu’elle serait si bonne professeur. Elle a mĂȘme rĂ©ussi Ă  faire plier les plus grincheux.
  • C’est prodigieux ! Dans mon cas, je n’ai pas rĂ©ussi Ă  faire mĂ©diter, le moindre enfant.
  • Hahahaha !

 

Mito se releva et s’approcha de la table basse, oĂč trĂŽnaient un thĂ© chaud et deux tasses. Elle servit son amie, et ne manqua pas d’ajouter une pointe de miel.

  • J’étais en train de me demander si je ne devrais pas visiter les chefs de clans.
  • Pourquoi ?
  • Avec ce qui s’est passĂ© aujourd’hui, nous avons besoin d’officialiser notre combat.
  • Je ne pense pas que cela soit le moment idĂ©al.
  • Ils sont tous rĂ©unis au palais. Je crois, au contraire, que c’est le moment d’aller prendre la tempĂ©rature.
  • TrĂšs bien, dans ce cas, je t’accompagne !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Depuis son arrivĂ©e, Mito suscitait des rĂ©actions. On ne pouvait s’empĂȘcher d’admirer sa beautĂ©, si unique, sa dĂ©marche assurĂ©e, son port de tĂȘte royal, et mĂȘme ses goĂ»ts vestimentaires. On la jalousait, pour avoir Ă  ses cĂŽtĂ©s l’un des hommes les plus puissants du pays. Elle Ă©tait devenue une source d’inspiration pour la majoritĂ© des femmes du village. Ces derniĂšres, se permettaient maintenant de rĂȘver, chose impensable auparavant.

 

GuidĂ©es par l’un des gardiens du palais, elles arrivĂšrent finalement devant les lourdes portes en bois de la salle de rĂ©union. Kiku semblait fĂ©brile. Mito le remarqua.

  • Tout ira bien.
  • Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre cinq chefs de clans
 En mĂȘme temps.
  • Respire. Nous ne sommes lĂ  que pour discuter.
  • Mesdames ! Invita le garde.

 

Elles entrùrent. Les hommes, surpris, s’interrogeaient sur la raison de leurs venues.

  • Messieurs, mes hommages et mes fĂ©licitations ! Commença l’Uzumaki.

 

Ils se levĂšrent, et les saluĂšrent poliment.

  • Vous avez dirigĂ© cette crise avec brio !

 

Une fois n’est pas coutume, Sasuke mit les pieds dans le plat.

  • Que nous vaut l’honneur de votre visite, mesdames ?
  • Nous vous avons apportĂ© quelques encas, vous devez ĂȘtre affamĂ©s.
  • Votre sollicitude nous touche, princesse Mito.

 

Kiku dévoila le contenu du panier, révélant quelques mets sucrés et salés.

  • Aussi, chefs de clans, nous sommes ici pour vous faire une demande officielle.

 

Madara se renfrogna. Il n’aimait guĂšre cette femme, qui se pavanait comme si le village lui appartenait. Voir Kiku Ă  ses cĂŽtĂ©s, le crispait d’autant plus. Hashirama, tout sourire, leur proposa des siĂšges.

  • Depuis sa crĂ©ation, ce village a subi de nombreuses attaques ; les Hagoromo, les mercenaires Ă  la solde du shƍgun, et aujourd’hui, la trahison des Kurama. Malheureusement, l’avenir n’en sera pas plus, meilleur.
  • OĂč voulez-vous en venir, princesse Mito ? Interrogea l’Uchiha, mĂ©fiant.
  • Eh bien, je voudrais mettre en lumiĂšre la contribution des femmes lors de ces Ă©vĂ©nements, et discuter de notre rĂŽle au sein du village.
  • Allons, princesse Mito, les femmes contribuent beaucoup au village. Vous portez nos enfants, les Ă©levez. N’est-ce pas suffisant ?
  • Je ne parlais pas de ce genre de contribution, Yuhi-Sama. De nombreuses femmes se sont montrĂ©es douĂ©es pour les arts ninja, et

  • Vous voulez faire de nos femmes, des kunoichis ?!
  • Shinku-Sama, calmez-vous ! RĂ©primanda Sasuke.
  • Je pense que les femmes peuvent ĂȘtre utiles Ă  ce village.
  • Vous l’ĂȘtes dĂ©jà

  • Pourriez-vous ĂȘtre plus prĂ©cise, princesse Mito ? Coupa ChĆ«shin, agacĂ©.
  • J’ai enseignĂ© la technique de la « paume mystique » Ă  certaines de mes compagnes. Comme vous le savez, ce jutsu requiert un contrĂŽle prĂ©cis du chakra.
  • C’est remarquable ! Complimenta Sasuke.
  • Les femmes sont capables, et on l’envie d’assumer d’autres tĂąches.

 

DĂ©cidĂ©ment, Shinku n’aimait pas la tournure de cette conversation.

  • Les femmes ne sont pas faites pour cette vie-lĂ . Vous devez rester en dehors de ces conflits. Votre rĂŽle est clair, et cela, depuis toujours. Je ne vois pas de raison d’en changer !
  • Messieurs, le rĂŽle des ninjas est en train d’évoluer. Je vois ici, l’opportunitĂ© d’en faire de mĂȘme pour nous. Ne rĂȘveriez-vous pas d’un avenir oĂč les kunoichis pourraient se spĂ©cialiser, devenir vos Ă©gales ? Pourquoi ne pas nous donner le choix ? AprĂšs tout, ce village ne se bat-il pas pour la paix ? Je pense que le moment est venu de changer les mentalitĂ©s.

 

Kiku Ă©tait admirative. Mito n’avait pas hĂ©sitĂ© Ă  se jeter dans l’arĂšne. Elle voyait Madara et Shinku s’impatienter. Le reste semblait mesurĂ©, mais ouvert Ă  la discussion.

  • Les kunoichis devenir les Ă©gales des shinobis ?

 

Madara fixait Mito avec dédain.

  • Elles resteront toujours faibles. C’est ainsi qu’est leurs constitutions.
  • N’avez-vous pas fait face Ă  une mercenaire au talent exceptionnel, rĂ©cemment ?
  • Comme vous venez de le dire
 Elle est une exception.
  • Cela peut changer ! Je vous en prie, pourriez-vous y rĂ©flĂ©chir ?

 

Mito ne se dĂ©montait pas. Courageuse, elle se releva et s’inclina respectueusement, espĂ©rant une rĂ©ponse positive Ă  sa requĂȘte.

  • Peut-ĂȘtre devriez-vous nous apporter des propositions plus concrĂštes ? Par exemple, dans quel domaine, dans quel rĂŽle vous verrez-vous ? Comment concilierez-vous vos vies de famille et professionnelle ? Proposa ChĆ«shin.
  • Cela me convient. Je tĂącherais de vous apporter des rĂ©ponses prĂ©cises.

 

Une nouvelle fois, Mito s’inclina, imitĂ©e par Kiku. Elles prirent congĂ©.

  • C’est une femme de caractĂšre ! Dit Sasuke.
  • Hahaha ! C’est l’une des raisons pour laquelle je l’ai choisi ! Avoua le Senju.
  • Vous n’ĂȘtes pas encore mariĂ©, Hashirama-Sama. Vous dĂ©couvrirez bientĂŽt Ă  quel point une Ă©pouse peut ĂȘtre autoritaire et effrayante ! Blagua ChĆ«shin.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Les chefs de clans sortaient du palais, aprĂšs une rĂ©union longue et difficile. Le soleil dĂ©clinait progressivement et Asuma attendait patiemment l’arrivĂ©e de son grand-pĂšre. Bien qu’il ne fĂ»t pas impliquĂ© dans les affaires administratives du clan, il restait l’un des capitaines Sarutobi, excellant sur le terrain.

Lorsque le vieil homme se montra enfin, ils marchĂšrent cĂŽte Ă  cĂŽte, silencieusement. Aucune question. Le plus jeune savait lire entre les lignes. Alors qu’ils dĂ©ambulaient sur la grande rue principale, Asuma se raidit. Cela n’échappa guĂšre au vieux singe.

  • Qu’y a-t-il ?
  • Hm
 Rien...

 

Sasuke suivit le regard de son petit-fils. Il sourit. Devant eux, Kurenaī Yuhi. Elle marchait en direction de son district.

  • Eh bien, qu’attends-tu ?

 

Asuma en perdit sa cigarette.

  • Je ne vois pas de quoi tu parles, grand-pĂšre.
  • Me crois-tu tombĂ© de la derniĂšre pluie ?

 

Finalement, Asuma s’éloigna pour rejoindre la jeune femme. Il la hĂ©la.

  • Hey, Kurenaī !
  • Hum ?
  • Je suis surpris. Tu as Ă©tĂ© autorisĂ©e Ă  sortir de l’hĂŽpital ?

 

Asuma s’alluma une nouvelle cigarette.

  • De toute Ă©vidence. Le ninjutsu mĂ©dical m’étonnera toujours.
  • Oui, les Senju se dĂ©brouillent bien Ă  ce niveau-lĂ .
  • Tu voulais quelque chose en particulier ?

 

Le Sarutobi rougit, ne s’attendant pas à ce qu’elle soit aussi directe.

  • Eh bien, je me demandais

  • Oui ?
  • Si tu serais d’accord

  • Je suis d’accord.
  • ?
  • D’accord avec quoi ? Tu ne sais mĂȘme pas ce que j’allais te demander ! S’étonna-t-il.
  • Tu rougis. Tu es gĂȘnĂ©. Tu viens juste d’allumer ta cigarette, et elle est dĂ©jĂ  presque finie.

 

Si Asuma avait l’habitude de cĂŽtoyer sa cousine, championne de la franchise, aussi brutale soit-elle, il ne s’attendait dĂ©cidĂ©ment pas Ă  un caractĂšre similaire de la part de KurenaÄ«. Elle lui paraissait si calme d’apparence.

  • Je suis d’accord pour un rendez-vous ! Reprit-elle, devant son mutisme.
  • TrĂšs bien
 Dans
 Dans ce cas, demain ?
  • Non. À la tombĂ©e de la nuit.
  • Mais c’est dans peu de temps.
  • J’habite la seconde maison Ă  droite. Tu la reconnaĂźtras
 Il y a des fleurs aux fenĂȘtres.

 

La jeune femme s’en alla, aprĂšs l’avoir saluĂ© respectueusement. Elle avait pris les devants, ne lui laissant aucune chance de se dĂ©rober. L’homme resta plantĂ© quelques secondes, la tĂȘte dans les nuages.

 

Lorsqu’il sentit des picotements aux lĂšvres, il se ressaisit. Sa cigarette n’était plus qu’un tas de cendre.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

  • Que me vaut l’honneur de votre visite ?
  • Tu es toujours en vie

  • Surpris ?
  • Déçu.

 

Son regard s’assombrit. Cet homme lui hĂ©rissait le poil. Son sourire en coin, provocant, fonctionnait Ă  tous les coups. AprĂšs tout, Madara savait sur quel bouton appuyer. Il observait Asatsuyu, toujours enchaĂźnĂ©e.

  • Qu’est-ce que vous voulez ? Demanda-t-elle, encore une fois. Sa voix trahissait sa colĂšre.

 

L’Uchiha entra dans sa cage, et lui retira ses chaünes.

  • ?
  • Tu es libre.
  • Qu’est-ce qui vous dit que je ne reviendrais pas chercher vengeance ?

 

Elle fit face aux sharingans. À son tour, elle lui offrit un sourire en coin. Pure provocation. Elle savait aussi sur quel bouton appuyer.

  • Le shƍgun aura bientĂŽt vent de la mort de ShĂšn. Quant Ă  toi, il a probablement estimĂ© ta mort, ou du moins l’échec de ta mission.
  • 


 

Alors que la nuit tombait, Madara raccompagna la jeune femme jusqu’aux portes du village.

  • Quitte ce pays.
  • 

  • Asatsuyu.
  • Hm ?
  • Tu es originaire du pays de la Pluie, mais tu as la technique de liquĂ©faction des Hozuki.

 

La jeune femme déploya son ombrelle de Jade.

  • La pluie
 Les larmes de ses habitants venus de tout horizon. Une pluie de larmes et de sang


 

Asatsuyu se tourna vers son ancien geîlier, l’admirant une derniùre fois. Elle fit tournoyer son ombrelle, et disparue.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

  • Au final, elle ne m’a pas rĂ©pondu


 

Madara resta devant les portes quelques instants, contemplant le ciel décliner en une combinaison de couleurs chaudes et harmonieuses. Un moment de sérénité.

 

AprĂšs son dĂ©part, les portes furent scellĂ©es jusqu’au petit matin. L’Uchiha regagna calmement son quartier. Il Ă©tait temps. Cette journĂ©e fut aussi longue qu’une semaine entiĂšre. Il dĂ©ambulait nonchalamment, profitant de l’air frais de la soirĂ©e. La rue principale, les berges, et mĂȘme les petits ponts Ă©taient bondĂ©s. Les cris d’enfants, les rires d’adultes, rĂ©sonnaient avec ceux des criquets et des grillons.

 

  • Beaucoup plus agrĂ©able que les cliquetis des armes


 

Il passa le majestueux torÄ« du district Uchiha. Ici aussi, les habitants ne s’étaient pas dĂ©cidĂ©s Ă  rentrer.

  • Bonsoir Madara-Sama !
  • Passez une bonne soirĂ©e, MaĂźtre Madara !
  • Reposez-vous bien, Madara-Sama.

 

On le saluait, lui souriait. Le chef de clan Ă©tait toujours chaleureusement accueilli. Ses absences de rĂ©ponses n’étaient jamais perçues comme irrespectueuses. On reconnaissait ses rictus. AprĂšs tout, les Uchiha ont une bonne vue.

 

Arrivant prĂšs de ses quartiers privĂ©s, il aperçut Nadeshiko. Elle l’attendait. Habituellement, elle ne se gĂȘnait pas pour entrer. L’homme passa devant elle, sans un mot. Il ouvrit les shƍjis menant Ă  sa chambre.

  • Madara-Sama.

 

Il ĂŽta ses vĂȘtements et jeta ses rouleaux sur son bureau. Il fit craquer son cou, et les articulations de ses bras et mains.

  • Madara-Sama.
  • Que se passe-t-il ? Tu n’es pas aussi bavarde, d’habitude.
  • Je dois vous parler

  • Alors parle.

 

Madara se tourna vers elle. Il fronça les sourcils. Elle avait le regard fuyant, triturant nerveusement ses mains.

  • Je suis


 

La patience n’était pas son fort.

  • Mais encore ?
  • 
 Enceinte.

 

Ses oreilles devaient lui jouer des tours.

  • Qu’as-tu dit ?!
  • J’ai dit
 Que
 Je
 Je suis enceinte.

 

Cette journĂ©e tardait Ă  s’achever. Le shinobi sentait sa patience s’effriter, et la colĂšre poindre dangereusement.

  • Maudites bonnes femmes
 Toutes des nuisances !
  • Penses-tu ĂȘtre la premiĂšre Ă  me faire le coup ?!

 

Il n’aimait guĂšre user de ses artefacts face aux femmes sans dĂ©fenses. Nadeshiko, Ă  la vue de son regard Ă©carlate, se jeta Ă  ses pieds.

  • Mada
Madara-Sama ! Attendez !
  • Me penses-tu idiot ? Qu’attends-tu de moi, hum ? Des Ă©pousailles ?

 

Nadeshiko implorait son pardon. Elle était paralysée par la peur.

  • Je
 Je
 Je ne voulais pas


 

Elle n’avait pas les Ă©paules pour assumer un tel mensonge. Madara Ă©tait beaucoup trop sauvage, et incontrĂŽlable. Maintenant, elle s’en rendait compte.

  • Qu’ai-je fait ?! Kiku avait raison. Personne
 Non, jamais personne n’a rĂ©ussi Ă  le marier, alors pourquoi est-ce que cela fonctionnerait avec moi ?!
  • Madara-Sama ! Je vous conjure de me pardonner.
  • Sort d’ici.
  • Madara-Sama

  • Et ne reviens plus.
  • Madara-Sama ! Je vous ai offert ma vertu ! Ne comprenez-vous pas ?!
  • Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-mĂȘme, si tu t’es cru suffisamment futĂ©e pour me manipuler et me contraindre au mariage.
  • Je ne voulais pas vous manipuler. Je
 Je vous aime, voilĂ  tout !

 

Madara se moquait d’elle, et de ses sentiments.

  •  Je n’ai que faire d’une faible femme.
  • Vous ĂȘtes le chef de clan, et l’un de vos devoirs est d’apporter

  • Sort d’ici.

 

Face à sa colùre, Nadeshiko n’en dit pas plus. Elle se releva à la hñte, et disparue.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

De l’autre cĂŽtĂ© du village, une autre personne Ă©tait tout aussi nerveuse. Plus tĂŽt, Hashirama s’était illuminĂ© en rencontrant sa compagne au palais. Il espĂ©rait que sa colĂšre s’était amoindrie. Alors, il marchait en direction de ses quartiers privĂ©s. Il s’arrĂȘta devant une rangĂ©e de bonsaĂŻ.

  • Il faudrait que je pense Ă  les tailler, Ă  nouveau.

 

Il dĂ©ambula dans le grand jardin. Il Ă©tait fier de voir ce petit coin de paradis grandir, s’abreuvant du temps ensoleillĂ©, et des nuits fraĂźches du village. Il cueillit une rose, prenant soit d’îter ses Ă©pines, avant de reprendre sa route.

 

Lorsqu’il arriva devant les appartements de Mito, il s’étonna de voir les portes ouvertes.

  • Hashirama-Sama, vous m’avez fait peur ! S’écria une des suivantes de Mito.

 

Elle était en train de finir quelques tùches ménagÚres.

  • Je suis dĂ©solé ! Mito est ici ?
  • Je vais lui dire que vous ĂȘtes ici !

 

Il attendit quelques secondes, avant d’apercevoir sa fiancĂ©e. Elle ne semblait pas Ă©tonnĂ©e.

  • Que puis-je pour toi ?
  • Mito


 

S’il y a bien une chose qu’il a apprise Ă  son contact, c’est la discrĂ©tion. Mito n’aimait guĂšre Ă©taler sa vie privĂ©e aux yeux de tous. Ainsi, elle agissait comme si de rien n’était en prĂ©sence d’autres personnes, qu’ils fussent des chefs de clans, des amies ou des serviteurs.

Son regard bleu ne le lĂąchait pas. Elle examinait son visage, ses yeux, ses lĂšvres. Hashirama Ă©tait expressif mĂȘme lorsqu’il demeurait silencieux. Quant Ă  elle, si ses lĂšvres souriaient et incitaient Ă  la courtoisie, ses yeux, pour quiconque la connaissait, lançaient des Ă©clairs. Elle l’invita Ă  entrer. Hashirama se dĂ©barrassa de ses sandales, puis la suivit.

  • C’est pour moi ?
  • Euh
 Oui ! C’est une rose
 Je viens juste de la cueillir !

 

Elle se saisit de la fleur, et la sentit. La servante à leur cÎté rougit, attendrit par leur affection mutuelle.

  • Je vais la mettre dans un petit vase ! Proposa la suivante.

 

Le couple s’installa Ă  la table basse. AprĂšs quelques minutes, on vint leur servir du thĂ©. Mito, tout sourire, s’adressa Ă  son amie.

  • Vous pouvez rentrer chez vous.
  • TrĂšs bien.
  • Je vous verrais demain. Passez une belle soirĂ©e !

 

Lorsque Mito fut assurĂ©e que la servante avait bien quittĂ© ses quartiers, elle se tourna vers Hashirama. Son sourire n’était plus. Ses sourcils lĂ©gĂšrement froncĂ©s, signalaient son impatience.

  • Sois bref.

 

Le pauvre homme ne se fit pas prier. Il raconta sa mĂ©saventure ; un cocktail de hasard et de maladresse, qui avait fini par lui exploser Ă  la figure. Mito l’écoutait. Le regard d’Hashirama, plein d’espoir, et si sincĂšre, lui fit mal au cƓur. Elle le savait maladroit, mais profondĂ©ment gentil. Elle en vint Ă  regretter son comportement.

  • Sazanka fera tout pour nous sĂ©parer. Je ne suis pas inquiĂšte, elle n’est qu’une enfant immature, aprĂšs tout.
  • Je suis heureux que tu le prennes ainsi !
  • Toutefois, tu dois modifier ton comportement.

 

Le Senju s’étonna.

  • Je ne comprends pas oĂč tu veux en venir.
  • Hashirama
 Tu dois te montrer ferme. Tu es le chef de clan, et mon fiancĂ©. Comment peux-tu encore agir sans penser aux consĂ©quences de tes actes ?
  • 

  • Ton non doit signifier non. Ton oui doit signifier oui. Tu dois discuter avec Sazanka, et mettre fin Ă  cette mascarade.
  • Je comprends. Madara dit souvent que je suis trop mollasson.
  • Tu es trop gentil.
  • 

  • Mon amour, tu n’es pas n’importe qui. Les personnes qui s’adressent Ă  toi, doivent connaĂźtre les limites Ă  ne pas franchir. Sazanka se permet tout cela, parce qu’elle sait qu’elle peut aisĂ©ment te manipuler.
  • Me manipuler ?!
  • Oui. Elle a parfaitement conscience de tes dĂ©fauts. La gentillesse, dans ton cas, est un dĂ©faut.
  • 

  • C’est le dĂ©faut d’un chef de clan. En tant qu’homme, la gentillesse est l’une de tes plus grandes qualitĂ©s.

 

L’homme rougit, avant de lui offrir un sourire lumineux.

  • Est-ce que tu me pardonnes ?
  • Bien sĂ»r. Je suis bien incapable de t’en vouloir aussi longtemps.

 

Elle se releva, et s’approcha de lui. Mito lui donna un baiser, par lequel il ressentit toute sa tendresse.

  • Mito

  • 

  • Je te promets, que je serais Ă  la hauteur de tes espĂ©rances !

 

La rouquine sourit.

  • J’irais discuter avec Sazanka. Et par la mĂȘme occasion, j’annoncerais notre mariage dans les mois Ă  venir. Es-tu d’accord ?
  • Ma
 Mariage ?

 

À l’entente de ce mot, la jeune femme piqua un fard.

  • Peut-ĂȘtre que je me fourvoie. Mais tu m’as semblĂ© si vivante, et heureuse depuis ton arrivĂ©e.
  • 
 Tu
 Tu as raison ! Marions-nous, et faisons en sorte que ce village devienne le foyer de nos descendants.

 

 🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Lorsque Hashirama quitta les quartiers privĂ©s de Mito, il rencontra Tƍka. Cette derniĂšre l’attendait devant sa chambre.

  • Tƍka ?
  • Hashirama-Sama. Je dois vous parler.
  • Est-ce que

  • C’est urgent.

 

Son air laissait prĂ©sager quelque chose de grave. Alors, Hashirama fit demi-tour. Il suivit la kunoichi jusqu’au bureau administratif. Elle entra la premiĂšre, avant de verrouiller les issues.

  • Que se passe-t-il ? Tu m’inquiĂštes.
  • C’est Ă  propos de Tobirama-Sama.
  • ?
  • J’ai bien peur, qu’il ne vous ait pas tout dit.
  • De quoi parles-tu ?
  • Un membre de son Ă©quipe a rapportĂ© des faits diffĂ©rents de ce qui vous a Ă©tĂ© annoncĂ©.

 

Estomaqué, Hashirama gagna son siÚge.

  • Sais-tu ce qu’il s’est rĂ©ellement passé ?
  • Je n’ai pas toutes les informations. Toutefois, sur les quatre fuyards, seuls deux ont Ă©tĂ© tuĂ©s au combat. Les autres ont Ă©tĂ© capturĂ©s.
  • Il n’a pas fait Ă©tat de capture.
  • D’aprĂšs ce shinobi, deux ont Ă©tĂ© capturĂ©s, puis exĂ©cutĂ©s aprĂšs s’ĂȘtre entretenus avec Tobirama.

 

Hashirama se sentait subitement migraineux.

  • Y a-t-il autre chose ?
  • Oui. Une lettre de ShĂšn vous a Ă©tĂ© remise, n’est-ce pas ?
  • En effet. Une longue lettre, dans laquelle elle livrait toutes les informations sur le village, et les habitants.
  • Il y avait aussi un livret.
  • ?!

 

Tƍka posa un genou au sol, et inclina respectueusement sa tĂȘte.

  • MaĂźtre Hashirama, son Ă©quipe Ă©tait composĂ©e d’autres membres de clans. Vous devez agir avant que cela n’arrive aux oreilles des autres chefs.
  • Je dois parler Ă  Tobi !
  • Permettez-moi d’enquĂȘter.
  • Tƍka, as-tu perdu la tĂȘte ?! Il s’agit de mon frĂšre !

 

La guerriĂšre se releva et s’avança vers le bureau. Elle se pencha et posa ses mains sur la table, fixant Hashirama. Son regard brun semblait confus, il vacillait entre la colĂšre et l’incomprĂ©hension. Elle dit :

  • Agissez en tant que chef de clan, et non en tant que frĂšre !!

 

Sur ces mots, la brune quitta la piÚce. Hashirama resta seul, méditant ses derniÚres paroles.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Asuma s’alluma une cigarette et quitta tranquillement le quartier Sarutobi. Il s’était habillĂ© d’un simple hakama et d’un haori bleus nuit. Ses courts cheveux de jais, habituellement hĂ©rissĂ©s, en raison du port de son bandeau frontal, retombaient platement et encadraient son visage. Sans son attirail de shinobi, il semblait diffĂ©rent.

 

Il traversa la grande rue, admirant les décorations de nuits. Le rouge dominait les autres couleurs. Il fut surpris de voir quelques yatais de son quartier, installés dans les petites ruelles. Ces petites cuisines sur roulettes, faisaient fureur au village. Entre les primates et leurs spécialités culinaires, les Sarutobi avaient tout pour plaire.

 

Il se dĂ©tourna de ses observations, lorsqu’il aperçut les contours du district Yuhi. L’homme tirait de plus en plus de taffes, Ă  mesure que la nervositĂ© le gagnait. Bien sĂ»r, il Ă©tait habituĂ© Ă  cĂŽtoyer les femmes, mais KurenaÄ« lui paraissait diffĂ©rente, Ă  bien des Ă©gards.

Il avait pu admirer ses exploits en tant que kunoichi ; au combat rapprochĂ© face Ă  des mastodontes, ses compĂ©tences d’illusionniste, son flegme, et sa vivacitĂ© d’esprit. Il s’était fait l’image d’une femme qui n’était ni aguicheuse, ni rĂ©servĂ©e. Et c’est peut-ĂȘtre ce mystĂšre qui l’a tenu en haleine depuis tout ce temps. L’aborder, et dĂ©couvrir une partie d’elle, le temps d’une petite conversation l’avait, Ă  la fois, charmĂ© et intimidĂ©. Le guerrier s’arrĂȘta un instant, admirant la devanture du quartier.

 

  • C’est clinquant


 

Un gigantesque mur Ă©carlate, tapissĂ© de quelques lierres, se dressait devant lui, fracturĂ© par une porte de lune. De chaque cĂŽtĂ©, des statuts de chiens fu*, protecteurs du district, affichaient leurs fĂ©rocitĂ©s Ă  travers leurs gueules bĂ©antes et leurs imposantes fourrures bouclĂ©es, l’emblĂšme du clan autour du cou.

Asuma jeta sa cigarette au sol, et entra. C’était un endroit diffĂ©rent, peut-ĂȘtre le plus atypique du village. Les maisons en bois, alignĂ©es, Ă©taient toutes pourvues de petits jardins. L’allĂ©e principale Ă©tait Ă©clairĂ©e par des lampions rouges, accrochĂ©s Ă  une rangĂ©e d’arbres biscornus. Ces derniers, en raison de leurs formes irrĂ©guliĂšres, jetaient sur le quartier, des ombres inquiĂ©tantes. La nuit aidant, il lui sembla distinguer quelques crĂ©atures Ă©tranges, tirĂ©es de son imaginaire. Au bout de l’allĂ©e, une maison plus large et grande ; sa cour intĂ©rieure laissait entrevoir des tissus suspendus. Ses portes, closes, portaient fiĂšrement l’emblĂšme du clan.

 

  • Hum
 Des tisseurs


 

Le jeune homme se souvint de l’histoire que lui avait contĂ© son grand-pĂšre, peu de temps avant son arrivĂ©e au village. Les Yuhi, Ă©taient les plus proches et les plus vieux alliĂ©s des Uchiha. Bien qu’ils soient craints pour leurs imparables illusions, les femmes du clan Ă©taient des tisseuses, qui se transmettaient un savoir-faire, jalousement gardĂ© depuis les temps immĂ©moriaux. De ce fait, les tenues des shinobis, Ă©taient inimitables ; ignifuges et extensibles. Ces particularitĂ©s avaient permis Ă  ce clan de dĂ©velopper, en prime, des jutsus exclusifs.

 

Asuma Ă©mergea de ses pensĂ©es, lorsqu’il aperçut la fameuse maison de Kurenaī ; celle dĂ©corĂ©e de fleurs aux fenĂȘtres. Il se maudit :

  • Des roses rouges
. J’aurais au moins dĂ» lui apporter des fleurs !

 

Il s’approcha et toqua. Aprùs quelques instants, la porte s’ouvrit.

  • Bonsoir.

 

Asuma s’immobilisa. KurenaÄ«, habillĂ©e d’un shenyi* rouge et noir, sans manches, se tenait devant lui. Devant l’absence de rĂ©ponse, elle se chaussa de ses hautes okobos noires, sans tabis, et passa devant lui. Elle claqua, intentionnellement, la porte. Cela eut l’effet escomptĂ©.

  • Bonsoir, Kurenaī  Tu
 Tu es magnifique !
  • Merci.

 

La jeune femme lui sourit. Ses cheveux de jais, habituellement ondulés et libres, étaient rassemblés en une coiffure shimada taka*, ornée par trois kanzashi dorés. Cette fois-ci, elle opta pour un rouge à lÚvres écarlate, au lieu de son habituelle couleur carmin. Son regard perçant était maquillé par un savant mélange de rouge et de noir. Elle aussi, semblait différente, sans son attirail de kunoichi.

 

Asuma continuait de l’admirer ; ses yeux devaient lui jouer des tours.

  • OĂč va-t-on ?

 

Il s’alluma une cigarette, et lui tourna le dos.

  • Je viens de penser Ă  un endroit qui pourrait te plaire.
  • Alors, je te suis.

 

Le duo s’aventura hors du quartier. Asuma en profita pour assouvir sa curiositĂ©.

  • Vos genjutsus
 J’ai entendu dire qu’ils prĂ©sentaient toujours des arbres Ă©tranges.
  • Nous tirons nos illusions de notre environnement. Ces arbres, que tu vois, sont distordus pour une raison.
  • Ah ?
  • Les arbres créés des ombres. Ces derniĂšres crĂ©aient des formes. Et ce sont ces formes qui stimulent notre imagination. Nous autres Yuhi, nous baignons, chaque jour, dans la rĂ©alitĂ© et dans les illusions. Nous pouvons alors reconnaĂźtre les genjutsus, et s’en sortir facilement. De mĂȘme, nous pouvons stimuler notre imagination, peu importe le terrain oĂč nous nous trouvons.
  • Impressionnant !

 

Le duo s’aventura Ă  travers le village, jusqu’aux endroits les plus mĂ©connus. Une clairiĂšre menant Ă  la forĂȘt du district Sarutobi.

  • C’est un bel endroit !

 

KurenaÄ« admirait un champ de fleur Ă  perte de vue. Elle y entra, laissant ses mains caresser les bourgeons. Elle avait ĂŽtĂ© ses okobos, et marchait pieds nus. Asuma la suivit, cueillant quelques fleurs, qu’il accrocha Ă  la coiffure de sa compagne. Cette derniĂšre s’empourpra, avant de lui donner un baiser, juste aux coins des lĂšvres.

 

Alors qu’il rougissait, elle se dĂ©roba, courant, jouant et s’extasiant comme une enfant. Asuma la contemplait. VoilĂ  une partie de son caractĂšre qu’il ne pouvait imaginer.

  • Tu es vraiment surprenante !

 

AprĂšs quelques minutes, Asuma guida KurenaÄ« Ă  l’ombre d’un arbre ; le seul trĂŽnant au milieu de ce vaste champ. Il Ă©tendit son haori, et la laissa s’installer.

  • Parle-moi de toi.
  • Que veux-tu savoir ?
  • Pourquoi es-tu devenue kunoichi ?
  • Tu ne le devines pas ?
  • Non.
  • Je suis surprise. Est-ce qu’au sein de ton clan, les femmes deviennent kunoichis pour d’autres raisons que la survie ?
  • Nous n’avons pas de kunoichis. La seule qui puisse avoir ce titre est ma grand-mĂšre, mais nous ne la considĂ©rons pas ainsi.
  • Je vois.

 

KurenaÄ« se rapprocha de son compagnon. Elle attrapa son bras qu’elle passa par-dessus son Ă©paule, avant de se blottir contre lui. Asuma ferma les yeux, et Ă©coutait son histoire. Sans surprise, KurenaÄ« Ă©tait orpheline, qui devint une kunoichi pour subvenir Ă  ses besoins. Elle s’était rĂ©vĂ©lĂ©e presque naturellement douĂ©e pour le genjutsu.

  • AprĂšs avoir foulĂ© le champ de bataille, je suis tombĂ©e malade. Je n’avais jamais vu de cadavres mutilĂ©s.
  • On ne s’y fait jamais vraiment

  • Oui. À cette Ă©poque, le fils de Shinku-Sama, m’avait entraĂźnĂ©, avec des illusions plus vraies que nature. C’est grĂące Ă  lui, que j’ai pu m’amĂ©liorer.
  • Lui es-tu destinĂ©e ?
  • Il est mort.
  • NavrĂ©.
  • Hm
 Puisque les Sarutobi n’ont pas de kunoichis, saches que nous ne sommes pas mariables. Encore moins Ă  un hĂ©ritier


 

Cette révélation laissa le guerrier songeur.

  • Mis Ă  part le champ de bataille, as-tu accompli d’autres missions ?
  • Bien sĂ»r. Essentiellement, de l’espionnage et de la collecte d’informations.
  • Tu as des compĂ©tences aiguisĂ©es.
  • Hahaha ! Je crois que les kunoichis surpasses les shinobis Ă  ce niveau-lĂ .
  • Oh ? Alors, tu penses m’avoir cerné ?
  • Tu n’es pas diffĂ©rent des autres hommes, quand il s’agit de courtiser.

 

Devait-il se sentir vexé ?

 

  • Vous avez tendance Ă  devenir trĂšs confus quand vous vous rendez compte qu’une femme n’est pas ce qu’elle paraĂźt ĂȘtre.

 

Non, il ne l’était pas. KurenaÄ« Ă©tait simplement, inhabituelle.

 

  • Je ne suis pas déçu.

 

Son regard Ă©carlate l’observait. Elle se releva, lui retira sa cigarette qu’elle jeta au loin. Il expira sa fumĂ©e une derniĂšre fois, avant de capter son regard.

Ils s’étreignirent passionnĂ©ment, sous un clair de lune splendide. La faible brise nocturne faisait s’élever la mĂ©lodie florale du champ, dissimulant leur tango de langues ardentes et de leur Ă©bat enflammĂ©. Ce soir, le village se couchait sous le signe de la voluptĂ©.

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Dans le chapitre précédent

 La désillusion des Kurama,

Mito entre dans l’arùne.

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CHAPITRE XVIII

FAÇONNER LE DESTIN, CONJURER LA RÉALITÉ.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Une mer d’arbre aux couleurs flamboyantes, la terre se tapissait de feuilles mortes. Les rafraĂźchissantes soirĂ©es d’automnes et ses larmes qui durent. Une saison profitable pour le village. L’arbre faisait virevolter ses feuilles, pour les voir s’élever vers les cieux.

 

La transition Ă©tait bel et bien prĂ©sente. Des cendres des Kurama, les racines de l’arbre s’étaient raffermies. Hashirama et Madara, assis sur la plus haute falaise du village, admiraient l’Ɠuvre de leurs vies.

  • MaĂźtre Sarutobi a rĂ©ussi un sacrĂ© coup !
  • Il n’y a rien de surprenant, les Sarutobi ont toujours Ă©tĂ© liĂ©s Ă  eux. Mais il est vrai que sans lui, nous n’aurions probablement pas eu une si grande avancĂ©e.  
  • Notre puissance militaire a significativement augmenté  Et notre village devient cĂ©lĂšbre, Madara !
  • Ne te rĂ©jouis pas trop vite. Si nous avons tant gagnĂ©, n’oublie pas que le pays a effectuĂ© un retour en arriĂšre.
  • Tu as raison ! La situation me semble plus mauvaise qu’auparavant.
  • Hm
 D’ici, j’aperçois le pays en feu. Notre situation est loin d’ĂȘtre rĂ©glĂ©e.

 

Un Ă©tĂ© embrasĂ©. AprĂšs la chute des Kurama, le shƍgun, rendu fou de rage, s’était Ă©vertuĂ© Ă  envoyer des groupes de mercenaires Ă©trangers et des clans du pays Ă  la charge, forçant le retour des Uzumaki. La guerre ouverte, avait mis en lumiĂšre l’alliance entre les Uchiha et les Senju. Au pays du Feu, cette nouvelle s’était rĂ©pandue comme une traĂźnĂ©e de poudre, suscitant la curiositĂ©, l’effroi et parfois mĂȘme, la convoitise.

 

Le hideux visage du monarque se cachant sous son masque d’or et d’hypocrisie, maniait savamment ses fils, mouvant ses pantins Ă  sa guise. Les flammes de la destruction, semaient des cadavres, aussi bien chez les guerriers que parmi les civils. Des villages et des clans pĂ©rirent ; par fidĂ©litĂ© ou insubordination. Les consĂ©quences dĂ©sastreuses qui suivirent, Ă©taient sans prĂ©cĂ©dents ; des populations acculĂ©es, rĂ©duites en esclavage par des Ă©trangers. Des familles sĂ©parĂ©es et en fuites, traversaient les frontiĂšres, en quĂȘte d’un nouveau paradis. Dans cette zizanie, des voix commencĂšrent Ă  s’élever, bien qu’elles restent encore inaudibles.

 

Sous la chaleur Ă©crasante de l’étĂ©, le village accueillit de nouveaux alliĂ©s. L’arrivĂ©e des clans Yamanaka, Nara et Akimichi ; les plus vieux alliĂ©s du pays. Leurs liens fraternels Ă©taient indĂ©niables, au point d’ĂȘtre confondus. Les Sarutobi avaient longtemps partagĂ© la mĂȘme rĂ©gion et combattus Ă  leurs cĂŽtĂ©s. À leurs tours, ils pliĂšrent bagages, tournant le dos Ă  leurs infĂąmes maĂźtres.  

Au village, les habitants leur avaient consacrĂ© les districts de l’est.

 

Les Nara, partageaient un pan de forĂȘt avec les Sarutobi. Tout comme ces derniers, ils Ă©levaient des mammifĂšres, majestueux et protecteurs. Les cerfs Ă©taient les gardiens de leurs trĂ©sors martial et mĂ©dicinal. Ils Ă©taient Ă  la fois, guerriers et apothicaires ; maĂźtres des ombres et crĂ©ateurs de breuvages miraculeux. Shikaku Nara Ă©tait Ă  la tĂȘte de ce clan depuis des dĂ©cennies. Au pays du Feu, son nom Ă©tait citĂ© parmi les plus grands stratĂšges de son histoire. Pour Sasuke, il Ă©tait l’incomparable atout, qui les fera sortir de cette crise.

 

PrĂšs de la rue principale, juxtaposĂ© aux Nara, le clan Akimichi. D’effrayants colosses, aussi grands que larges, aux visages tatouĂ©s et portant fiĂšrement une criniĂšre sauvage aux couleurs rutilantes. Ces guerriers, conformĂ©ment Ă  leurs statures, Ă©taient dotĂ©s d’une immense force, capables de fracturer le sol et faire s’effondrer des bĂątisses. Eux aussi, jouissaient d’un hijutsu* se reposant sur la manipulation de leurs masses corporelles. De ces techniques, ils avaient dĂ©veloppĂ© un art martial des plus pugnace ; le sumƍ. Dans leur ancienne province, ils organisaient annuellement des tournois, mettant en scĂšne leur fĂ©rocitĂ© et leurs rites, pour le plus grand plaisir des nobles. Leurs femmes n’étaient pas en reste non plus. SpĂ©cialistes culinaires, elles ne cessaient de crĂ©er et d’affiner des mets, exquis et nutritifs.

Chƍza Akimichi Ă©tait Ă  la tĂȘte de cette fĂ©roce tribu. Il Ă©tait rĂ©putĂ© pour possĂ©der une force Ă©gale Ă  celle d’Hashirama. Ce dernier, eut la surprise de constater qu’ils partageaient d’autres points communs.

 

De l’autre cĂŽtĂ©, accolĂ©s aux Nara, contre les remparts limitant le village, se trouvaient les Yamanaka. Tout comme leurs frĂšres d’armes, ils se transmettaient, gĂ©nĂ©ration aprĂšs gĂ©nĂ©ration, un art secret. Si les Nara maniaient les ombres, les Yamanaka dominaient aisĂ©ment les esprits. Redoutables sur le champ de bataille, ils brillaient aussi durant des missions notoirement pĂ©rilleuses, dĂ©robant les secrets les plus enfouis. Tout comme les Uzumaki ou les Hatake, les Yamanaka Ă©taient dotĂ©s d’une physionomie particuliĂšre ; une chevelure blonde et des yeux cĂ©rulĂ©ens. Ils semblaient originaires de contrĂ©es lointaines. Leur coutume et leur croyance semblaient le confirmer.

Inoichi Yamanaka, maĂźtre du clan, n’avait pas l’intellect de Shikaku, ni mĂȘme la puissance dĂ©mesurĂ©e de Chƍza. En revanche, il jouissait d’une aisance hors pair pour manipuler les corps et sonder les esprits, Ă  la seule force de son regard. Rares Ă©taient les shinobis capables de performer sans avoir Ă  composer de mudrās.

 

L’arrivĂ©e de ces trois clans renforçait considĂ©rablement la force militaire du village. À cela, s’ajoutaient leurs compĂ©tences particuliĂšres dans les domaines du mĂ©dical et du renseignement.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Ino Yamanaka Ă©tait l’unique enfant d’Inoichi ; la prunelle de ses yeux. Bien qu’elle naquĂźt fille, il avait fait le choix d’en faire une hĂ©ritiĂšre. Une raretĂ© pour le pays. Cela aurait pu faire jaser, si les Yamanaka n’avaient pas comptĂ© quelques dirigeantes dans leur histoire.

 

La traversĂ©e des rĂ©gions s’était avĂ©rĂ©e difficile, obligeant le village et les Uzumaki, Ă  sĂ©curiser les routes, contrant des attaques de bandits et de mercenaires Ă  la solde du shƍgun. Leur arrivĂ©e fut accueillie comme un soulagement, une vague d’espoir. Mais bien qu’on les festoyĂąt, aucun n’avait vĂ©ritablement le cƓur Ă  l’ouvrage. Si le village avait gagnĂ© de nouveaux alliĂ©s, ce fut aussi au prix de nombreuses pertes.

 

Ino avait aussitĂŽt pris la suite de son pĂšre. Ce dernier pu se consacrer aux affaires du village, pendant qu’elle Ă©tablissait les clans.

En ce dĂ©but d’automne, la jeune femme partait enfin Ă  la dĂ©couverte du village. AprĂšs avoir passĂ© des semaines Ă  agencer et harmoniser les quartiers, ordonnant quelquefois de nouvelles constructions, la jeune femme s’octroyait, enfin, son jour de repos.

 

Devant sa coiffeuse, elle tressait son interminable chevelure d’or. Son regard cĂ©leste, accentuĂ© par un Ă©pais trait de khĂŽl noir, et ses lĂšvres roses, brillantes et fruitĂ©es. Elle rĂ©ajusta son lhenga chori* aux nuances amĂ©thystes et aux broderies dorĂ©es, avant d’admirer son reflet, une derniĂšre fois.

 

À peine eut-elle passĂ©e les portes de son quartier, qu’elle captait dĂ©jĂ  tous les regards. Ino Ă©tait singuliĂšre ; sa beautĂ© tirĂ©e des imaginaires les plus fous, son accoutrement peu conventionnel. On jasait d’admiration. L’hĂ©ritiĂšre dĂ©ambulait le long de la grande rue principale, faisant peu cas des Ɠillades. Elle s’arrĂȘtait de temps Ă  autre, Ă©bahie par les devantures des boutiques ; des objets de dĂ©corations manufacturĂ©s, des accessoires de beautĂ©, des armes ninja. Alors qu’elle examinait un peigne, elle fut hĂ©lĂ©e par un groupe de femmes. Elle se retourna. Il lui sembla reconnaĂźtre l’une d’entre elles.

 

  • Une chevelure de feu
 Serait-ce la fameuse princesse Uzumaki ?

 

Arrivant Ă  quelques pas d’elle, le groupe la salua respectueusement. En retour, Ino joignit ses paumes et se courba trĂšs lĂ©gĂšrement.

  • Vous ĂȘtes certainement Mito Uzumaki, ai-je bien deviné ?
  • C’est bien cela ! Je suis heureuse de faire votre connaissance, Princesse Yamanaka.
  • C’est moi qui suis honorĂ©e ! J’ai tellement entendu parler de vous !
  • Vraiment ?

 

Le trio clanique vivait reclus dans une rĂ©gion forestiĂšre, peu frĂ©quentable, en raison de ses gardiens aux intimidantes couronnes de bois. À cela, des lĂ©gendes urbaines sur d’immenses onis, se dĂ©plaçant d’ombre en ombre, pour prendre possession des Ăąmes Ă©garĂ©es. Pour ces raisons, les informations circulaient difficilement. 

 

  • Je suis trĂšs aux faits de vos accomplissements.
  • Vous avez piquĂ© ma curiositĂ©, Princesse Yamanaka.
  • Nous avons une amie en commun.

 

Mito, stupĂ©faite, rĂ©flĂ©chissait. Sur le moment, elle n’avait aucune idĂ©e de qui cela pouvait bien ĂȘtre.

 

  • Hiyori Sarutobi !

 

Kiku s’avança et s’inclina poliment. Mito sourit, se souvenant que les Sarutobi servaient autrefois le mĂȘme daimyƍ.

  • Pardonnez-moi, je ne voulais pas m’immiscer dans votre conversation.
  • Ce n’est rien, voyons !
  • Je suis Uchiha Kiku.
  • Uchiha ? 
 Eh bien, je suis ravie de vous rencontrer.

 

Kiku en profita pour prĂ©senter l’ensemble du groupe. Le regard d’Ino, si expressif, semblait tomber des nus.

  • Eh bien ça alors, il faut le voir pour y croire ! C’est donc bien vrai que les clans de ce village s’entendent Ă  merveille !
  • Il y a encore beaucoup de travail.
  • Ne minimisez pas vos actes. Je comprends pourquoi Hiyori ne tarit pas d’éloges sur vous !

 

Mito guida la nouvelle venue vers une boutique de dango*.

  • Il y avait des rumeurs sur un village Uchiha-Senju, mais elles n’étaient que fantaisies pour nous. Peu de temps aprĂšs, les Sarutobi ont quittĂ© notre province. Notre daimyƍ nous a racontĂ© qu’ils avaient rejoint le village pour renverser le shƍgun et prendre le pouvoir.
  • Ce n’est pas vrai ! S’insurgea Kiku.
  • Ne vous en faites pas, nous n’y avons pas cru. Nous connaissons bien maĂźtre Sasuke, et il n’est certainement pas quelqu’un de malfaisant. Puis, Ă  la seconde oĂč nous avons quittĂ© notre maison, notre daimyƍ ne s’est pas gĂȘnĂ© pour nous attaquer
 Ce vil renard !

 

Mito conta la naissance du village et leurs mĂ©saventures. Au fil du rĂ©cit, Ino s’extasiait, se rĂ©voltait parfois. D’aprĂšs la rouquine, la jeune femme lui semblait ouverte d’esprit. Elle ne put rĂ©sister Ă  son envie de lui confier ses rĂȘves pour les femmes du village.

  • Vous avez tant fait, alors que le village est si rĂ©cent. Je vous fĂ©licite !

 

Les femmes rougirent devant tant de compliments. Ino semblait intéressée par ce projet. Aussi, questionna-t-elle Mito, sans détour.

  • Dites-le clairement. Vous voulez une Ă©galitĂ©, n’est-ce pas ?

 

Mito fut si dĂ©contenancĂ©e, qu’elle en perdit momentanĂ©ment la voix. Ino poursuivit.

  • Cela va ĂȘtre trĂšs compliquĂ©. Ce sont des siĂšcles de coutumes, et changer la vision des hommes est peut-ĂȘtre l’entreprise la plus difficile.
  • Mais ce n’est pas impossible. J’ai rencontrĂ© les chefs de clans au dĂ©but de l’été 
  • Je parie qu’ils ont fait la grimace !
  • C’était presque ça ! RĂ©pondit Kiku.
  • Racontez-moi !
  • Eh bien, lorsque Mito leur a expliquĂ© notre projet, Shinku-Sama et Madara-Sama n’avaient pas l’air trĂšs contents. Mais MaĂźtre Hatake a dit ĂȘtre prĂȘt Ă  Ă©couter lorsque nous aurons un projet viable.
  • Donc des idĂ©es concrĂštes.
  • Oui.
  • Je vais vous aider ! AprĂšs tout, je suis celle qui prendra la tĂȘte de mon clan !

 

StupĂ©faction. Devant le silence de l’assemblĂ©e, Ino rĂ©itĂ©ra :

  • Vous avez devant vous, la prochaine maĂźtresse Yamanaka !
  • Comment est-ce possible ?! S’étonna une Yuhi.
  • Notre clan a Ă©tĂ© gouvernĂ© par quelques femmes, autrefois. Par chance, elles ont contribuĂ© Ă  la grandeur des Yamanaka grĂące Ă  leurs exploits. C’est la raison pour laquelle nos rĂšgles peuvent paraĂźtre inhabituelles, en comparaison des Akimichi ou des Nara.
  • Alors, le premier-nĂ© est l’hĂ©ritier ? Interrogea Mito.
  • Oui ! Quel que soit son sexe, le premier-nĂ© est destinĂ© Ă  gouverner.
  • Êtes-vous une kunoichi ?
  • Oui. Chaque gĂ©nĂ©ration d’hĂ©ritier a l’obligation d’apprendre notre hijutsu, de le dĂ©velopper, et de le transmettre.

 

Mito était subjuguée. La jeune femme qui lui faisait face était un allié de poids. Elle pensa :

  • L’arrivĂ©e de ce trio est une vĂ©ritable bĂ©nĂ©diction !

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le groupe dĂ©cida de faire visiter le village Ă  leur nouvelle amie. Les spĂ©cialitĂ©s culinaires, les savoir-faire des diffĂ©rents clans, leurs districts, les paysages, les animaux ; Ino ne cessait de s’émerveiller.

 

  • Je n’en crois pas mes yeux ! Comment deux clans ennemis, irradiant de haine l’un envers l’autre depuis tant de siĂšcles, ont pu construire ce paradis ?!

 

Elles arrivùrent devant une confiserie, et s’y installùrent.

  • Il se trouve que Madara-Sama et Hashirama-Sama Ă©taient des amis d’enfance.

 

La rĂ©vĂ©lation de l’Uzumaki les laissa sans voix. Plus encore, les Uchiha. Ritsuko lança :

  • C’est tout bonnement impossible. Notre chef n’aurait jamais Ă©tĂ© l’ami d’un Senju Ă  cette Ă©poque-lĂ .
  • Et pourtant, c’est vrai. Ce village reprĂ©sente leur rĂȘve d’enfance. Hashirama-Sama et Madara-Sama voulaient protĂ©ger leurs fratries.  
  • Je veux bien vous croire pour MaĂźtre Senju, mais Madara-Sama


 

Cette remarque d’une Senju fit bondir Kiku.

  • Avez-vous un problĂšme avec notre chef ?!
  • Allons calmes toi, Kiku ! RĂ©primanda Ritsuko.
  • Certainement pas ! Tout le monde le voit comme un dĂ©mon, mais le maĂźtre est bon !
  • Je m’excuse ! Je voulais simplement dire que Madara-Sama n’a pas l’air

  • Uchiha-Sama n’est pas aussi loquace que Senju-Sama. Cela ne signifie pas qu’il ne rĂȘve pas de paix.

 

Ino avait clos le sujet. Elle se leva et admira la boutique.

  • Durant notre tour, j’ai remarquĂ© que les Ă©choppes affichaient toujours fiĂšrement leurs blasons.
  • C’est une façon d’honorer nos clans.
  • Corrigez-moi si je me trompe, mais les Uzumaki n’appartiennent pas Ă  ce village, n’est-ce pas ?
  • Les Uzumaki et les Senju sont cousins. Ils ont participĂ© Ă  la construction et Ă  la protection du village. C’est pourquoi j’ai transmis l’hĂ©ritage culinaire Ă  mon clan d’adoption.
  • Je vois. Les Uzumaki sont donc aussi les fondateurs. Et qu’en est-il des commerces dont les devantures n’abordent aucun blason ?
  • Ah. Vous n’ĂȘtes probablement pas encore au courant, parce que vous ĂȘtes arrivĂ©es, il y a un petit mois, seulement. Comme vous le savez, le pays a Ă©tĂ© secouĂ© par d’innombrables incidents, notre village a donc pris ses responsabilitĂ©s en accueillants des groupes de rĂ©fugiĂ©s dont les villages ont Ă©tĂ© brĂ»lĂ©s. Nous les avons aidĂ©s Ă  ouvrir ces commerces, afin de leur confĂ©rer une indĂ©pendance financiĂšre rapidement.
  • Je comprends.
  • Amaguriama* fait partie des nouvelles boutiques tenues par des familles civiles.
  • Princesse Yamanaka ! Actuellement, l’échoppe la plus populaire du village est tenue par un ancien rĂ©fugiĂ© et sa fille. Vous devriez y aller un de ces jours.
  • Oui ! Ichiraku Ramen est trĂšs cĂ©lĂšbre. D’ailleurs, la file d’attente ne dĂ©semplit jamais ! C’est encore plus populaire que les Sarutobi et leurs yatais !

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

  • Ce n’est pas suffisant ! Mets-y plus de force !

 

Toka s’arma de ses shurikens, et s’élança Ă  nouveaux dans les airs. Elle virevoltait tout en lançant ses armes, les faisant ricocher entre elles, pour les guider vers des cibles accrochĂ©es aux arbres. Certaines d’entre elles Ă©taient hors d’atteinte.

 

  • On reprend !

 

La jeune femme s’entraĂźnait d’arrache-pied depuis des jours pour faire sienne, l’une des techniques de shuriken les plus redoutables. Elle rĂ©alisa qu’Izuna Ă©tait implacable dans son rĂŽle de maĂźtre. MalgrĂ© tout, elle ne bronchait pas, et continuait d’obĂ©ir.

  • J’ai besoin d’une nouvelle dĂ©monstration. Je ne parviens pas Ă  atteindre les cibles cachĂ©es.

 

Le duo s’exerçait deux heures chaque jour, avant de se quitter. Ils devaient encore s’acquitter de leurs devoirs d’assistants.

Bien que les habitants semblaient avoir laissĂ© leurs conflits au passĂ©, aprĂšs s’ĂȘtre solidement liĂ©s Ă  travers leurs victoires et leurs peines communes, les rumeurs d’un amour entre un Uchiha et un Senju ont fini par dĂ©terrer les vieilles rancunes.

 

Izuna Ă©tait l’un des hĂ©ritiers, et maĂźtre du clan Uchiha. Tƍka, une femme kunoichi, orpheline, n’appartenant mĂȘme pas Ă  la branche principale des Senju. Ces rumeurs Ă©taient fondĂ©es ; le couple gardait jalousement son histoire secrĂšte, se refusant d’apparaĂźtre au grand jour. Si une partie des villageois fut enchantĂ©e par une telle nouvelle, les membres des clans Uchiha et Senju grinçaient des dents.

 

Subitement, on trouva bien des dĂ©fauts Ă  la Senju ; pas assez gracieuse, ni mĂȘme docile. Elle Ă©tait une femme guerriĂšre, dont le corps fut, Ă  la fois, souillĂ© par ses ennemis, et qui gardait d’innombrables cicatrices hĂ©ritĂ©es du champ de bataille. Pour ces raisons, la jeune femme n’était pas digne d’ĂȘtre l’épouse d’un noble guerrier.

 

De son cĂŽtĂ©, Izuna Ă©tait encensĂ©. Il avait rĂ©ussi Ă  faire fondre le cƓur, rĂ©putĂ© de glace, de l’inaccessible Tƍka. On pensait que ce n’était qu’une petite passade ; tout comme son frĂšre, le jeune homme se refusait au mariage depuis de nombreuses annĂ©es. Du cĂŽtĂ© des Senju, on lui trouva quelques dĂ©fauts, dont l’indĂ©modable sharingan et sa dĂ©faillance psychique.

 

Bien que le couple entendĂźt ces rumeurs, seul Izuna semblait en tirer de la colĂšre. Mais par amour pour Tƍka, il avait acceptĂ© de ravaler sa rage, et de laisser jaser. Était-elle rĂ©ellement si impermĂ©able Ă  ces ragots ? Nostalgique, il se remĂ©mora la façon dont il avait gagnĂ© son cƓur.

 

đŸ“œïžđŸŽŹ đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž

 

Tƍka avait pris l’habitude de venir jouer du shamisen prĂšs du petit ruisseau s’écoulant derriĂšre le district Uchiha. C’est Ă  cet endroit, qu’elle eut son premier rendez-vous avec Izuna. Il lui avait offert son instrument, qu’elle chĂ©rissait depuis lors.

 

AprĂšs une journĂ©e d’enquĂȘte dans les rĂ©gions de l’ouest, le shinobi rentrait chez lui. Alors que le village festoyait, le jeune homme ne cessait de ressasser sa mission. Marchant en direction de son quartier, il fut sorti de ses songes par un chant mĂ©lodieux. Il reconnut aisĂ©ment le shamisen de Tƍka. Suivant le son, ses pas le menĂšrent dans les bois. Elle Ă©tait lĂ , assise devant le ruisseau, les yeux fermĂ©s. Elle baladait son banshƍ sur les cordes de son instrument, semblant s’accorder aux chants des animaux, rĂ©pondant Ă  leurs cris avec la mĂȘme intensitĂ©. Un tableau enchanteur.

 

  • Un orchestre harmonieux !
  • Qui va là ?!
  • DĂ©tends-toi, ce n’est que moi !

 

Izuna s’avança et prit place Ă  ses cĂŽtĂ©s aprĂšs avoir dĂ©posĂ© ses armes.

  • Tu aimes cet endroit ?
  • Oui.

 

Il rit. DĂ©cidĂ©ment, ses rĂ©ponses courtes refroidissaient l’atmosphĂšre. Elles Ă©taient comme une invitation Ă  dĂ©guerpir.

  • Te moques-tu de moi ?
  • Je pensais seulement que la canicule ne rĂ©sisterait pas Ă  tes rĂ©ponses glaciales ! Hahaha !

 

Elle le cogna. Lui, se massa l’épaule, avant de reprendre la conversation :

  • Pourquoi n’es-tu pas au festival ?
  • J’y ai fait un tour, mais j’avais envie d’un peu de calme.

 

Izuna sortit un objet de sa manche. Il le lui tendit. Interdite, la Senju dĂ©visageait l’objet.

  • Je suis dĂ©solĂ©. Je n’ai pas eu le temps de l’emballer. Je reviens de mission, Ă  l’instant.
  • 

  • Tƍka ?

 

Elle observait l’omamori*. Elle n’avait pas les mots. AprĂšs un instant de flottement, elle dĂ©clara :

  • Je
 Je n’en veux pas ! Offre-le Ă  quelqu’un d’autre !

 

Elle se dĂ©tourna, triturant son banshƍ.

  • Je l’ai achetĂ© pour toi.
  • 
 Pourquoi
 Pourquoi est-ce que tu fais tout ça pour moi ?
  • Tu n’as pas une petite idĂ©e ?
  • 


 

Parfois, ils se ressemblaient. Tout comme elle, Izuna n’aimait guĂšre tourner autour du pot. Ses tentatives de rapprochement s’étaient toujours soldĂ©es par des Ă©checs. À ses yeux, les femmes le rendaient confus
 Leurs gestes, maniĂšres, expressions
 Il ne savait jamais comment les interprĂ©ter. Peut-ĂȘtre devait-il cesser de prendre des pincettes ?

Alors, il attrapa son menton et pivota son visage vers lui. Il déclara :

 

  •  Je suis fou de toi.

Silence

 

Comme si le temps avait subitement ralenti sa course, Izuna dĂ©chiffrait chaque rictus de son visage. Ses joues rosirent intensĂ©ment. Ses yeux, aux nuances chocolat, brillĂšrent et se dĂ©robĂšrent Ă  son regard. Mais avant de disparaĂźtre sous ses paupiĂšres, l’homme ne manqua pas le dĂ©filĂ© de ses sentiments ; parmi eux, il y reconnut la peur, la tristesse, mais aussi l’amour. Ses lĂšvres pourpres, se retroussĂšrent. Elle se mordit la lĂšvre.

 

  • Tu
 Tu
 Tu ne peux pas !
  • Et pourquoi ?
  • Parce que je suis une Senju !!
  • Je m’en fiche !
  • Et une kunoichi !!
  • Je m’en fiche !
  • Serais-tu inconscient, ou peut-ĂȘtre


 

Izuna la fit taire d’un baiser fougueux. Elle, ahurie, finissait par lui rĂ©pondre aprĂšs quelques secondes, tout aussi ardemment. AprĂšs un temps, ils se sĂ©parĂšrent, reprenant leurs souffles.

 

Le temps reprit son cours

 

  • N’as-tu pas peur pour ta rĂ©putation ?
  • Tƍka, ce village est une famille maintenant.
  • Je ne pense pas que nos clans respectifs acceptent. Tu es le second. Tu es destinĂ© Ă  une femme de ta lignĂ©e et de ton rang.
  • Aucune d’entre elles n’est digne de moi.
  • 

  • Tƍka
 Le village a Ă©tĂ© créé dans un but de paix durable. Il a supprimĂ© les limites qui nous empĂȘchaient autrefois de nous comprendre. N’as-tu pas vu les femmes de tout clan devenir amies ? Et les hommes, ne font-ils pas affaire ensemble ?
  • C’est vrai.
  • Alors notre amour sera acceptĂ©.

 

Un doute subsistait.

 

  • Izuna
 Gardons cela secret.
  • 

  • S’il te plaĂźt.

đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïžđŸ“œïžđŸŽŹ

 

  • Je n’aurais jamais dĂ» accepter sa requĂȘte


PrĂšs de trois mois s’étaient Ă©coulĂ©s. À ses cĂŽtĂ©s, il avait appris Ă  lire entre les lignes, dĂ©chiffrant ses mimiques et ses gestes. Il rĂ©alisa que sa compagne ne se confiait jamais, pas mĂȘme Ă  lui. Elle n’avait pas d’ami, gardant dĂ©libĂ©rĂ©ment son masque de froideur et de rigiditĂ©, Ă©loignant toute tentative de rapprochement amical. La femme se confondait avec la kunoichi.

 

  • Les mots atteignent l’ñme. Ils sont plus violents que les blessures physiques, Tƍka


 

Izuna n’était pas un shinobi obĂ©issant. Il Ă©tait semblable aux flammes qu’il soufflait. Devant lui, un groupe de guerrier qui palabrait Ă  propos de son aimĂ©e
 Ses sharingans scintillĂšrent.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Le palais s’agitait. Depuis l’arrivĂ©e du trio clanique, le village avait gagnĂ© en force. Shikaku s’était rapidement illustrĂ©, en rĂ©organisant les troupes sur le territoire, balayant l’ennemi Ă  leur porte. Le village cumulait ses petites victoires, se muant, petit Ă  petit, en lĂ©gendes. Ces derniĂšres faisaient leurs chemins parmi les clans du pays, gagnant les oreilles du shƍgun. Au village, les guerriers, plus vigoureux que jamais, semblaient enfin former une unitĂ©.

 

  • MalgrĂ© nos victoires, nous finirons par nous Ă©puiser. Nos ressources, et nos forces militaires ne sont pas illimitĂ©es.
  • Vous avez raison, MaĂźtre Sarutobi. Pour le moment, nous avons l’aide du village des artisans, et les routes ne sont pas obstruĂ©es.
  • Et les Uzumaki sont lĂ  en renforts.
  • Oui, mais jusqu’à quand ?! S’écria Shinku.
  • Il y a bien une solution
 Mais j’ai bien peur qu’aucun d’entre vous ne l’accepte

  • Madara-Sama, peut-ĂȘtre pensons-nous Ă  la mĂȘme chose ?

 

Shikaku et Madara s’accordaient souvent. Excellents chefs de guerres et pragmatiques.

 

  • Vous pensez Ă  l’assassinat du shƍgun, rĂ©vĂ©la de but en blanc le Nara.

 

La piÚce se refroidit immédiatement. Hashirama ne tarda pas à protester.

 

  • Êtes-vous devenus fous ?! C’est impensable !!
  • Hashirama
 Cet homme a anĂ©anti le pays en quelques mois seulement.
  • Cela m’a traversĂ© l’esprit aussi ! Avoua ChĆ«shin.

 

Shinku semblait nerveux, alors que le reste du groupe restait silencieux, Ă©tudiant l’idĂ©e.

 

  • Shikaku, n’y a-t-il pas une autre solution avant d’envisager le meurtre ? Questionna Inoichi.
  • Il y en a une.
  • Nous vous Ă©coutons, Shikaku-Sama, incita Sasuke.
  • La solution serait de rencontrer le shƍgun et

  • C’est dĂ©jĂ  fait ! Il a visitĂ© ce village et exigĂ© notre sĂ©paration !!
  • Shinku-Sama
 Laissez-moi finir.
  • 

  • Encore une fois, nous devons le rencontrer Ă  la capitale. Nous devons tenter d’apaiser les tensions. Notre pays est en feu, et il y a de plus en plus d’étrangers. Peu importe sa rĂ©ponse, le fait est que nous devons faire cette dĂ©marche pour montrer patte blanche.

 

Le groupe buvait ses paroles.

 

  • Les clans du pays ont le regard braquĂ© sur nous. Chacune de nos actions sera dissĂ©quĂ©e et interprĂ©tĂ©e. Cela signifie que nous devons Ɠuvrer de maniĂšre Ă  ce que nos actions paraissent justes, et celles du shƍgun, injustes.
  • Je comprends mieux. En faisant ainsi, certains clans seraient tentĂ©s de se joindre Ă  nous ! Élucida le leader Hatake.
  • Oui, mais pas que ! Nous avons dĂ©jĂ  reçu quelques missives de clans souhaitant nous rejoindre. Nous n’avons pour le moment aucun moyen de connaĂźtre leurs positions. Agissent-ils pour le compte de Bonjin ? C’est le moment de faire d’une pierre deux coups. Madara-Sama et Hashirama-Sama reprĂ©sentent les clans fondateurs. Je les accompagnerais Ă  KyĆ«shĆ«. De votre cĂŽtĂ©, vous enverrez une simple rĂ©ponse Ă  ces clans, indiquant que nous rĂ©flĂ©chirons Ă  leurs demandes, tout en « fuitant » notre rencontre, quelques jours aprĂšs notre dĂ©part.
  • Ohh, pas mal ! Nous serons alors capables d’identifier l’ennemi. Par les temps qui courent, tous les volatiles sont tuĂ©s, et les messages dĂ©codĂ©s. Ils enverront forcĂ©ment un shinobi messager Ă  la capitale ! Lança Hashirama.
  • Exactement. Durant notre absence, il y aura certainement du grabuge. L’idĂ©e est de faire pencher la balance en notre faveur. Un plan simple, mais qui nous permettra de voir plus loin.
  • C’est une excellente idĂ©e. Mais qu’en est-il du shƍgun lui-mĂȘme ? Questionna le Yuhi.
  • J’y viens. Il s’agit de notre plan principal. Depuis la guerre ouverte, deux daimyƍs ont trouvĂ© la mort.
  • RĂ©jouissons-nous !
  • Non, Shinku-Sama ! Ces daimyƍs s’étaient soulevĂ©s contre Bonjin.
  • OĂč avez-vous entendu cela ?!

 

Le groupe était décontenancé. Personne ne parvenait à comprendre la finalité du plan. Inoichi prit la parole.

 

  • Ces informations viennent des Yamanaka. Nous avons de bonnes techniques d’espionnage, nous aussi.
  • Au Nord-Est, rĂ©side un daimyƍ ouvertement hostile Ă  Bonjin. Mais il est intouchable.
  • Pourquoi cela ?
  • Le clan HyĆ«ga
 Clarifia Madara.
  • C’est cela. Au Nord-Est, la rĂ©gion est contrĂŽlĂ©e par ce clan. Leur bastion est imprenable.
  • Alors quoi ?!
  • Alors, aprĂšs notre rencontre avec le shƍgun, nous devons absolument rencontrer ce daimyƍ.
  • ?!
  • Bonjin n’est qu’un prĂ©texte. Sa rĂ©ponse n’est pas importante, seulement notre action. Il nous faut un appui plus important. N’oubliez pas, nous ne sommes qu’une petite armĂ©e, comparĂ©e aux centaines de clans du pays. Un daimyƍ a des clans, et de l’influence. Le voir, nous permettrait de sonder sa bonne volontĂ©.
  • Et Ă  terme, un remplaçant Ă  Bonjin.
  • Oui.

 

Remplacer le shƍgun. Hashirama souffla intĂ©rieurement. Shinku aussi semblait quelque peu rassuré ; Ă  ses yeux, l’assassinat d’une tĂȘte couronnĂ©e Ă©tait gage d’une succession de malheur. Ce plan Ă©tait audacieux, voire dangereux. Mais il restait prĂ©fĂ©rable Ă  la proposition initiale du leader Uchiha. Ce dernier, n’hĂ©sita pas Ă  rappeler les enjeux qui pesaient sur le village.

 

  • Bonjin n’est pas en odeur de saintetĂ©. Beaucoup le craignent, mais attendent un retournement de situation. Soyons honnĂȘte, faire entrer des Ă©trangers, tuer des civils, et envoyer les clans du pays Ă  l’abattoir
 Il ne cherche pas la paix.

 

C’était une invitation implicite Ă  se prĂ©parer au pire. Une mise en garde.

 

  • Madara ! Il y a toujours une solution pacifique. Nous pouvons encore essayer de le convaincre !
  • Hashirama, je pensais que tu avais appris de nos malheurs

  • 

  • Notre village a presque trois ans d’existence, et pourtant, notre cimetiĂšre dĂ©borde.

 

Silence

 

Les hommes adressÚrent une priÚre silencieuse à leurs héros. AprÚs un temps, Madara reprit la parole.

 

  • Vous ĂȘtes ici, cela signifie que vous embrassez les mĂȘmes idĂ©aux que nous. La paix, ne peut s’obtenir qu’à l’issue d’une guerre et la mort de ce shƍgun. Sa famille rĂšgne depuis des siĂšcles
 Qu’ont-ils fait de bien pour nous, ou pour le pays ? Nous avons Ă©tĂ© aveuglĂ©s par notre haine, trop occupĂ©s Ă  nous battre, pour s’apercevoir que nos seigneurs se fichent bien d’apporter la paix, ils ne pensent qu’à s’enrichir et Ă  s’accaparer le pouvoir.
  • Vous avez raison, Madara-Sama. J’ai bien peur qu’il faille envisager d’au moins dĂ©loger Bonjin et de le remplacer par un homme digne, empreint de paix.
  • Et ce daimyƍ, est-il « empreint de paix » ? Interrogea Chƍza, jusqu’ici discret.
  • C’est la raison pour laquelle nous devons le rencontrer. Peut-ĂȘtre dĂ©sire-t-il changer le pays
 Ou simplement prendre le pouvoir ! RĂ©pondit Shikaku.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

La fin de journée pointait le bout de son nez. Les jours, plus courts et frais, incitaient les habitants à se terrer chez eux.

En cette fin d’aprùs-midi, Ino guidait à son tour, ses nouvelles compagnes vers son quartier.

 

Le district Yamanaka Ă©tait tout aussi original que ses habitants. Les maisonnettes, rosĂ©es, et toutes en rondeurs, Ă©taient construites en pisĂ©, et protĂ©gĂ©es par des toits de chaume. Un parfum floral flottait le long de ses ruelles. Et pour cause, le quartier vivait en osmose avec des arbres Ă  fleurs ; des magnolias, des cerisiers, des pommiers, et mĂȘme des lilas.

Des lanternes en pierres de toutes tailles dĂ©corĂ©es de l’emblĂšme du clan, parsemaient ses rues. Les murs et ses pavĂ©s, d’une blancheur immaculĂ©e, laissaient courir de tous leurs longs, des fresques, mettant en scĂšne les divinitĂ©s locales, figĂ©es dans des poses guerriĂšres et harmonieuses.

 

  • C’est magnifique ! S’extasia Mito.
  • Nous n’aurions jamais pu faire pousser ces plantes si rapidement. C’est Ă  votre fiancĂ© qu’on le doit !
  • Je vois. Et pourquoi ne pas avoir acceptĂ© la fabrication de maisons en bois ? Cela aurait Ă©tĂ© plus rapide.
  • Les Yamanaka ont toujours vĂ©cu dans des maisons en terre.
  • En tout cas c’est pittoresque, et tellement joli ! Ça me donne envie de m’y installer ! Lança Ritsuko.

 

Le groupe poursuivait son chemin. Les Yamanaka Ă©taient des ĂȘtres amicaux. Ils semblaient disponibles et bienveillants. Peut-ĂȘtre parce qu’ils savent lire les cƓurs ?

Les rues donnaient sur des petites cours communes, enfermées par quelques maisonnettes. Des statues, grandeurs nature, de quelques divinités Yamanaka, des offrandes à leurs pieds. Devant leur air curieux, Ino expliqua :

  • Certaines dĂ©itĂ©s, esprits de la nature, sont particuliĂšrement prisĂ©es chez nous. Nos divinitĂ©s nous protĂšgent oĂč que nous soyons. Alors nous les honorons et leur faisons des offrandes.
  • N’avez-vous pas de temple ?
  • Nous sommes en train d’en construire un.

 

Le groupe s’enfonçait dans le quartier, prùs de la limite du village. D’ici, les jeunes femmes percevaient les hautes murailles de bois.

  • J’ai cru comprendre qu’il y avait un champ de fleur, non loin d’ici.
  • Oui. Je vais en exploiter une partie.
  • Pourquoi faire ?
  • Pour ma passion !

 

Curieuses, les jeunes femmes pressĂšrent le pas.

  • Je suis en train de monter une boutique de fleur. Je vous la montrerais Ă  l’occasion !

 

Elle n’eut pas le temps d’en dire plus. BientĂŽt, les ruelles se faisaient plus Ă©troites, elles slalomaient entre les enfants agitĂ©s, les adultes occupĂ©s, les petites boutiques du quartier, et les chantiers en cours.

  • Il y a encore du travail, alors faites attention de ne pas glisser ! PrĂ©vint la blonde.

 

AprĂšs quelques minutes de marche, le groupe arriva au centre du district.

 

Fascination

 

Un palais au milieu d’un petit lac, connectĂ© par quatre ponts situĂ©s aux points cardinaux.

  • Mais
 Ça flotte ! S’écria Kiku.
  • Bah ça alors ! Un palais flottant !
  • Non, ce n’est pas un palais flottant. C’est l’Ɠuvre de Tobirama-Sama.

 

Personne ne s’attendait Ă  cette rĂ©ponse. Encore moins Kiku, qui fit la moue.

  • Tobirama-Sama ?
  • Oui. Il se trouve que dans cette partie du village, il n’y a pas d’étendue d’eau, comme du cĂŽtĂ© du lac Naka. J’ai alors ordonnĂ© de creuser tout autour de la maison principale. Tobirama-Sama est l’un des rares shinobis capable d’utiliser de puissant jutsus d’eau, quel que soit le terrain. 
  • C’est splendide !
  • Les fondations sont immergĂ©es. Cela donne l’impression d’ĂȘtre un palais flottant. Mais ce lac n’a aucune utilitĂ©. Notre clan vivait dans une forĂȘt, entourĂ© de plantes rares, et de ruisseaux. L’eau est un Ă©lĂ©ment important pour nous.
  • Et ce palais ?
  • Il abrite les affaires du clan, le dƍjƍ, nos archives, et bien sĂ»r, les quartiers privĂ©s de la famille gouvernante. Suivez-moi.

 

Le palais Ă©tait le cƓur du district Yamanaka. La communautĂ© semblait vivre au rythme de ses pulsations. Il s’ouvrait par de hautes portes de bois rouges, frappĂ©es de l’emblĂšme du clan. Ils juraient avec l’édifice d’un blanc pur. À l’intĂ©rieur, une gigantesque cour pavĂ©e, dĂ©corĂ©e par des fleurs grimpantes, et une fontaine en pierre, sur laquelle semblait danser Ă  cloche pied, une divinitĂ© Ă  tĂȘte d’élĂ©phant, et pourvue de quatre bras.

Les couloirs se dĂ©ployaient dans diffĂ©rentes directions, menant aux Ă©tages supĂ©rieurs. Il n’y avait nulles portes. Les piĂšces, richement dĂ©corĂ©es, Ă©taient dĂ©limitĂ©es par des rideaux fins, arborant le symbole du mandala*.

 

BientĂŽt, le groupe passa une autre cour, plus petite, dans laquelle Ă©taient entreposĂ©s d’immenses pots, remplis de poudres odorantes et colorĂ©es.

 

  • Princesse Yamanaka, qu’est-ce donc ? Interrogea Mito, curieuse.
  • Ce sont des Ă©pices ! Elles viennent du pays du Vent.
  • J’en reconnais quelque unes ! Dit Ritsuko.
  • Oui, vous utilisez les plus connues. Je vous ferais dĂ©couvrir d’autres parfums Ă  l’occasion.

 

Quelques couloirs supplémentaires. Le groupe arriva enfin à destination. PrÚs des quartiers privés de la jeune femme, une piÚce remplie de livres et de parchemins. En son centre, une longue table basse en bois vernie.

 

  • Depuis que vous m’avez parlĂ© de votre projet, mon esprit fourmille d’idĂ©es. Cet endroit sera notre quartier gĂ©nĂ©ral ! Annonça la maĂźtresse de maison.

 

Le groupe entra. Silencieux, il admirait la piĂšce.

  • Il est temps de faire sortir les femmes de l’ombre imposante de nos hommes !

 

Mito ne s’attendait dĂ©cidĂ©ment pas Ă  ce que sa nouvelle amie s’implique autant dans leur combat. Elle Ă©tait heureuse. Alors, elle s’approcha d’elle et l’enlaça.

  • Merci.
  • Allons, pas besoin de me remercier. Je suis une femme aussi.

 

Ino lui rendit son Ă©treinte, Ă©mue. Elle s’approcha ensuite d’une Ă©tagĂšre, pleine de parchemins et de livres.

  • Cet endroit est normalement une salle d’étude. Je demanderais Ă  ce qu’on dĂ©mĂ©nage certains Ă©crits, et qu’on mette Ă  disposition des parchemins vierges, dans les prochains jours. Ici, nous pourrons rĂ©flĂ©chir et dĂ©velopper nos idĂ©es.
  • Je n’avais pas pensĂ© Ă  nous trouver un QG ! Jusque-lĂ , nous nous sommes surtout rĂ©unies un peu partout.
  • Et pourtant, c’est une des choses les plus importante Ă  faire, si vous voulez ĂȘtre organisĂ©es, et paraĂźtre sĂ©rieuses !
  • Vous avez raison !

 

Elles s’installĂšrent autour de la table. MĂȘme si elles n’étaient pas nombreuses, elles reprĂ©sentaient les clans du village, Ă  l’exception des Nara et Akimichi. IntimidĂ©es par l’aura de la Yamanaka, et comprenant peut-ĂȘtre les enjeux de leurs combats, aucune femme n’osait prendre la parole. Pas mĂȘme Kiku.

 

Mito finit par s’exprimer, et rappela tout ce que les femmes avaient accompli depuis la naissance du village. Ino semblait fiĂšre. D’autres rougirent Ă  l’évocation de leurs actions. En ce monde, les femmes Ă©taient peu habituĂ©es Ă  briller autrement que par leur statut d’épouse ou de mĂšre. Alors, les encouragements et les fĂ©licitations de la Yamanaka semblaient leurs donner des ailes.

 

Peu Ă  peu, les langues se dĂ©liĂšrent. Les femmes Ă©voquaient, sans honte, leurs rĂȘves pour elles et leurs enfants. Dans ce nouveau monde, leur museliĂšre devenait leste.

  • Pourquoi ne pas entraĂźner nos petites filles en mĂȘme que temps que les garçons ? Je veux dire
 Euh
 Vous
 Vous avez dit que les temps changent ! Lança timidement une Hatake.
  • Ce serait une excellente idĂ©e
 Mais Ă  terme. Pour le moment, je pense que nous devrions nous soucier de ce que nous pourrions faire pour supporter nos hommes.
  • Mito-Sama a raison. Le changement doit ĂȘtre progressif. Il ne faut surtout pas les brusquer, en leur imposant un dĂ©sir d’égalité ! RenchĂ©rit Ritsuko.
  • Bien. J’ai notĂ© toutes nos idĂ©es sur ce parchemin. Et pour les prochains jours, nous continuerons Ă  rĂ©flĂ©chir et Ă  organiser nos demandes. Puisque nos rares kunoichis se sont proposĂ©es Ă  vous enseigner des techniques, ce serait honteux de ma part de ne pas faire de mĂȘme. Puisque vous vous souciez de vos enfants, sachez que je donne des cours sur l’art floral ; connaĂźtre les fleurs pour composer des remĂšdes ou des poisons. Je l’enseigne aux petites filles de nos trois clans, mais je ne l’ai jamais fait pour les femmes. Si vous le souhaitez, amenez vos enfants, et vous pourriez aussi y participer !
  • Mais je croyais qu’il n’y avait aucune kunoichi dans vos clans ? Interrogea une Yuhi, dubitative.
  • Il n’y en a aucune. Les femmes aident Ă  la confection des armes, en les enduisant de poison. De mĂȘme, elles aident Ă  la prĂ©paration de pommades et autre dĂ©coctions utiles sur le champ de bataille. Mon savoir va de pair avec l’hĂ©ritage mĂ©dicinal des Nara.
  • Je comprends mieux. Dans ce cas, Princesse Yamanaka, ce sera avec plaisir que nous nous joindrons Ă  vos cours.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

La lune blanche resplendissait au-dessus du village. Sasuke, Madara et Shikaku Ă©taient encore au palais. Alors que la guerre ravageait le pays, le village n’était nullement Ă  l’abri d’une attaque. AprĂšs avoir convenu du jour de leur dĂ©part vers la capitale, les trois hommes rĂ©flĂ©chissaient Ă  la fortification du village en leur absence.

 

En tant que nouveau venu, Shikaku avait un regard neuf, décelant quelques défauts.

 

  • Ce village ne doit pas ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une alliance de clans qui fait face Ă  un ennemi commun. Nous devons nous voir comme une seule et unique famille.  
  • Shikaku-Sama, c’est ce Ă  quoi nous travaillons depuis sa construction ! RĂ©pondit Sasuke.
  • Oui. Mais maintenant que nous sommes nombreux, il faudrait envisager de crĂ©er des institutions basĂ©es sur les forces de chaque clan.
  • Nous avons commencĂ© Ă  employer nos forces de cette maniĂšre. Mais plus que des institutions, nous devrions aussi transmettre certains de nos savoirs
 Ce qui semble ĂȘtre inenvisageable pour certains clans, confessa Madara.
  • Je n’y vois aucun inconvĂ©nient. Nous les Nara, disposons d’une encyclopĂ©die mĂ©dicale. Elle pourra largement ĂȘtre utile Ă  nos mĂ©decins. Mais qu’en est-il des autres clans ?
  • C’est lĂ  toute la difficultĂ©.
  • Sasuke-Sama, en notre absence, peut-ĂȘtre pourriez-vous y rĂ©flĂ©chir ?
  • Bien-sĂ»r ! Ne partez pas avec la tĂȘte pleine d’inquiĂ©tudes. Je convoquerai les autres chefs, et nous avancerons aussi bien dans la gestion de la guerre, que dans l’administration du village.

 

🍃🍂 🍃🍂 🍃🍂

 

Sazanka n’était pas dans son assiette. VoilĂ  quelques mois qu’elle se cachait dans ses appartements privĂ©s. La plus belle fleur parmi les Senju se fanait. Quelle Ă©tait la cause de son dĂ©sarroi ? Était-ce l’inquiĂ©tante croisade du shƍgun, qui s’immisçait rĂ©guliĂšrement jusqu’au perron du village ?

Non.

Sazanka vivait des heures sombres. Depuis l’annonce du mariage d’Hashirama et Mito, elle enrageait. Alors, la guerre tombait Ă  pic ; elle retardait l’inĂ©vitable. La Senju espĂ©rait secrĂštement que le conflit s’enlise, au point oĂč la Princesse Uzumaki n’aurait plus d’autres choix que d’abandonner.

Depuis l’arrivĂ©e de la rouquine au village, Sazanka avait pris un malin plaisir Ă  l’humilier. Multipliant les coups bas, et Ă©chafaudant toutes sortes de stratagĂšmes pour tuer dans l’Ɠuf ses tentatives de rapprochement.

 

Mais voilĂ , Sazanka se pensant intouchable, s’était retrouvĂ©e prise sur le fait. À l’aube de l’étĂ©, elle vola un baiser Ă  son chef de clan. Un plan parfaitement exĂ©cuté ; face Ă  un homme lĂ©gĂšrement ivre, et une femme qui l’attendait de pied ferme. À l’ombre de la nuit, l’effrontĂ©e sema les graines du conflit.

Des rumeurs circulĂšrent alors sur une possible rupture entre les fiancĂ©s. Quand Hashirama se prĂ©senta Ă  sa porte, Sazanka s’était imaginĂ©e avoir gagnĂ© la guerre.

Le leader semblait doux comme un agneau. Toutefois, gare Ă  ceux qui le sous-estimeraient. Elle en fit l’amĂšre expĂ©rience ; celui d’un implacable chef de clan. Depuis lors, les souvenirs de ce jour, ne cessaient de la tourmenter.

 

đŸ“œïžđŸŽŹ đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž

 

Sazanka, docile, guida l’homme jusqu’au salon, oĂč se trouvait son pĂšre. Elle ne pouvait rĂ©primer son sourire comblĂ© et victorieux.

 

  • PĂšre ! Hashirama-Sama est venu vous voir !
  • Ohh, MaĂźtre Hashirama ! Je vous en prie, prenez place.

 

Le leader obĂ©it. Pendant que Sazanka leur servait du sakĂ©, les deux hommes discutaient de banalitĂ©s. Ce ne fut que lorsqu’elle demanda Ă  prendre congĂ©, qu’Hashirama l’arrĂȘta :

  • Prends place Ă  nos cĂŽtĂ©s, Sazanka. À vrai dire, je suis venu pour toi !
  • Bien, Hashirama-Sama ! RĂ©pondit-elle, enjouĂ©e.

  • Enfin ! Enfin ! Psalmodiait-elle en pensĂ©e.

  • Tu es la resplendissante fleur du clan. Et tu n’es toujours pas mariĂ©e !
  • Hashirama-Sama
 Je suis si honorĂ©e !
  • C’est en partie de ma faute. Tu as longtemps espĂ©rĂ©, et je n’ai rien vu.
  • Comment ça?!  Qu’est-ce que cela signifie ?! S’insurgea le pĂšre.
  • Pardonnez-moi, Tsubaki-Sama ! J’ai Ă©tĂ© aveugle aux sen
.
  • Non, Hashirama-Sama, vous n’y ĂȘtes pour rien ! Mito-Sama et vous ĂȘtes liĂ©s depuis bien avant sa naissance !

 

L’homme sĂ©vĂšre, se tourna vers sa fille. Ses yeux lançaient des Ă©clairs. Dans ce monde, les apparences comptaient autant que les faits d’armes des guerriers.

 

  • Jeune fille ! Les raisons pour lesquelles tu t’es refusĂ©e au mariage sont en rapport avec le maĂźtre ?

 

Sazanka Ă©tait mĂ©dusĂ©e. Elle n’y comprenait rien. Un silence lourd s’installa.

  • RĂ©ponds !!!

 

Ramenée à la réalité, elle bégaya :

  • Ou
 Oui
 Oui, pĂšre
.

 

Elle se sentait si petite
 Si effrayĂ©e
 Si honteuse. Elle n’avait rien vu venir. Son regard ne quittait pas Hashirama, comme s’il quĂ©mandait une explication.

  • Je t’ai trop gĂątĂ©. Je le regrette maintenant. Tu couvres notre famille de honte !
  • Allons Tsubaki-Sama, ne soyez pas si dur. Elle est encore jeune.
  • Et capricieuse !! Dites-moi qu’elle n’a pas dĂ©shonorĂ© dame Mito ?
  • N’aillez crainte. Vous avez trĂšs bien Ă©levĂ© votre fille.

 

Hashirama braqua enfin son regard sur Sazanka. Les nuances marronĂ©es de ses pupilles ; Sazanka s’y perdait. Elle dĂ©cela nĂ©anmoins une lueur plus sombre qu’à l’accoutumé ; celle de la sĂ©vĂ©ritĂ©. Alors, comme un chat qui plaque sa queue contre son ventre en signe de soumission, elle rompit le contact et baissa son regard au sol. Elle avait compris le message.

 

Aprùs quelques secondes, le leader reprit la conversation, l’air de rien.

  • Je sais Sazanka difficile. Toutefois, j’ai apportĂ© avec moi quelques noms. Des shinobis renommĂ©s, vous les reconnaĂźtrez vous-mĂȘme.

 

Hashirama tendit un parchemin Ă  Tsubaki.

  • Je voudrais choisir moi-mĂȘme ! Tenta la jeune fille.
  • Tu n’as plus ton mot Ă  dire !
  • S’il vous plaĂźt, pĂšre ! Hashirama-Sama !

 

Silence

 

  • Je ne chercherais plus Ă  vous nuire
 D’aucune maniĂšre !

Non. Décidément, cet Hashirama-là, elle ne le connaissait pas. Malgré son regard ruisselant de larmes, ils demeurÚrent sourds à ses priÚres.

 

đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž đŸŽžïž 🎬 đŸ“œïž

 

Sa vie était devenue un enfer. Officiellement fiancée à un shinobi, la jeune fille redoutait son mariage. Finalement, la guerre avait frappé à la porte au bon moment.

  • Peut-ĂȘtre que d’ici l’hiver, cet imbĂ©cile sera mort


 

Assise Ă  la fenĂȘtre de son jardin privĂ©, Sazanka Ă©crivait. Non. Sazanka planifiait.  

  • Tu ne vas pas t’en tirer Ă  si bon compte, maudite Ă©trangĂšre !

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Bonsoir @Davubuntu,

 

Je vais bien, merci. Et toi ?

 

Je te remercie en retour, d’avoir pris le temps de lire cette fiction.

 

Je dispose bien d’un fichier Word qui regroupe la totalitĂ© de mon travail (idĂ©es, et prochains chapitres inclus). Je pourrais peut-ĂȘtre t'envoyer les 18 chapitres en format PDF. Saches nĂ©anmoins, qu’actuellement, la totalitĂ© de ces chapitres fait 184 pages.

Est-ce bien l’objet de ta demande ?

 

Je trouve que le forum a un « effet illusion » des plus charmants ; il ne donne pas l’impression de chapitres tirant en longueur.

Modifié par Mereoleona
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Il y a 7 heures, Mereoleona a dit :

Bonsoir @Davubuntu,

 

Je vais bien, merci. Et toi ?

 

Je te remercie en retour, d’avoir pris le temps de lire cette fiction.

 

Je dispose bien d’un fichier Word qui regroupe la totalitĂ© de mon travail (idĂ©es, et prochains chapitres inclus). Je pourrais peut-ĂȘtre t'envoyer les 18 chapitres en format PDF. Saches nĂ©anmoins, qu’actuellement, la totalitĂ© de ces chapitres fait 184 pages.

Est-ce bien l’objet de ta demande ?

 

Je trouve que le forum a un « effet illusion » des plus charmants ; il ne donne pas l’impression de chapitres tirant en longueur.

Bonjour @Mereoleona.

 

En fait je n'ai pas tout lu.

J'ai commencé et pour aller plus vite, j'ai parlé du fameux format ^^.

 

L'idée est géniale, la mise en forme via le forum... Est trÚs jolie.

Cependant, moi j'utilise mon tĂ©lĂ©phone et donc la recherche peut ĂȘtre laborieuse et pour reprendre une lecture... assez difficile. 

 

On va dire, que je parle au nom des forumeurs utilisant un téléphone :).

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Bonsoir @Davubuntu,

 

Je suis dĂ©solĂ©e. En effet, je m’aperçois que sur tĂ©lĂ©phone portable, la navigation est laborieuse. J'avais pourtant mis des titres/liens en dĂ©but de page pour accĂ©der facilement Ă  un chapitre de son choix.

 

Saches que je suis aussi présente sur WATTPAD.

Cette fiction est disponible à l’adresse ci-dessous :

https://www.wattpad.com/963739487-les-femmes-de-l'ombre-le-démon-du-temps-danse

Peut-ĂȘtre que tu auras plus de facilitĂ© en la lisant sur ce site.

Toutefois, je suis disponible si tu souhaites tout de mĂȘme avoir une copie informatique.

 

Je te remercie de l’intĂ©rĂȘt et du temps que tu portes Ă  cette fiction.

Je remercie également les contributeurs et anonymes qui prennent le temps de lire cette histoire.

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