Je poste quasi plus. Bientôt 40 piges... Je sais pas si c'est l'âge ou autre chose, mais donner mon avis sur le net ou des forums c'est clairement plus un truc qui me motive. Reste que lorsqu'une série que l'on suit depuis aussi longtemps que cela et qui se rapporte à votre adolescence se termine, bah laisser pour une fois impression, ça coule de source.
Clairement, quand je pense à Vinland Saga aujourd'hui, j'y vois surtout deux choses, deux principes, deux aspects.
Le premier c'est clairement l'évolution graphique, scénaristique et globale d'un auteur : Yukimura. Au début, faut pas se mentir ça sonnait shonesque à fond les ballons. Le trait. La structure. L'histoire. Le classique délire de vengeance d'un gosse perdu...
Mais rapidement tout a évolué vers quelque chose de plus "construit", moins binaire. Même si ça fait un moment qu'Askeladd est mort, CE personnage en particulier a tellement amené à l'oeuvre que même sur la fin, son ombre résonne toujours. Je suis pas sûr que l'auteur ait réellement pris l'ampleur de sa création sur l'instant, mais il a clairement réussi à poser son influence sur la suite du récit. Et surtout sur son principal protagoniste, Thorfinn.
Tout l'aspect guerrier, la détermination et surtout la conviction. La forme et le fond.
Bien plus que Thors, Thorkell ou même Leif. Le personnage d'Askeladd a pousser le récit vers un aspect plus "adulte". Moins shonesque. Se traduisant invariablement par une volonté assumée de rendre une copie quasi parfaite. Tant dans le récit que dans le trait. Je ne dis pas que le manga est parfait, loin de là, mais Yukimura a assurément changer sa façon de procéder à mesure qu'il développait l'importance d'Askeladd dans l'histoire.
Le second point est forcément lié à la mort de ce dernier.
Que faire une fois ce personnage disparu? Quelle intensité remettre dans le récit?
Et bien l'Héritage. Avec un grand H. Pas simplement reprendre les mêmes schémas, et reproduire les mêmes arcs narratifs. Mais voir au-delà.
J'avoue, au début, n'avoir pas bien compris le premier du second cycle, dans la ferme de Ketil. Le rythme a subitement prit un virage inattendu. Thorfinn n'était plus que l'ombre de lui-même. Son but initial atteint (sa vengeance contre Askeladd), quel intérêt à narrer la suite? Sa déchéance?
Yukimura a eu la bonne idée de continuer son histoire sous un autre angle : on avait eu le droit à une banale histoire de vengeance et maintenant il serait question de rédemption.
Tout un panel de nouveaux personnages sont donc venu se greffer à l'histoire pour ramener Thorfinn vers le chemin qu'Askeladd avait espérė pour lui :
Einar, l'amitié.
Hild, le pardon.
Gudrid, l'amour.
Et d'autres aussi, dont un qui malgré sa maigre apparition est d'une importance cruciale : Garm. Avec lui, les rôles s'échangent, Thorfinn devient Askeladd. Il comprend. Il ouvre les yeux. Sait maintenant qu'elle est la seule voie à suivre.
La suite, au Greenland, chez les Lnu est malheureusement un peu redondante mais fatalement attendue. Ce final manque de panache mais transcrit un combat perdu d'avance.
J'ai toutefois aimé la mort d'Einar. Pas par haine du personnage, au contraire, mais pour ce que cela représente. Que rien n'est jamais acquit. Que même toute la meilleure volonté du monde n'offre pas forcément une conclusion heureuse.
C'est l'anti pouvoir de l'amitié si propre au shonen.
C'est la réalité.
C'est la fatalité.
C'est la finalité qui nous échappe.
Chapeau l'artiste.