Le 2x02 est un peu en dessous du reste, même s'il y a quand même des passages énormes (toute la scène d'ouverture, John qui se sert de son rang dans l'armée, la tirade de Sherlock au pub...).
Le 2x03. Les scénaristes ont été plutôt malin sur ce coup là, surtout sur la structure de l'épisode. La difficulté d'adapter le Problème Final, c'est que le cliffhanger (qui à la base n'en était pas un en fait) est éventé depuis plus d'une centaine d'année. Dès que les titres des épisodes de la seconde saison ont été annoncé, on savait que c'était l'épisode où Sherlock mourrait... pour de faux. Du coup c'est plutôt bien vu d'annoncer dès la première scène la mort de Sherlock (pas de tentative inutile de suspens sur ce point, qui de toute manière n'aurait pas fonctionné sur une bonne partie de l'audience, c'est bien du problème final dont il s'agit).
L'autre bonne idée c'est d'avoir placer l'intérrogation de fin de saison sur comment Sherlock s'y ait pris et non par sur est-ce qu'il est mort. Parce qu'honnêtement, vouloir tuer Sherlock Holmes, c'est de toute façon voué à l'échec et vouloir faire croire à la possibilité de sa mort l'est tout autant. Conan Doyle a essayé, il n'a pas réussi et depuis, faire mourir Sherlock Holmes est un peu près impossible. Alors quand, en plus, on est dans le contexte d'une série tv où la saison suivante est déjà signée et où l'annonce de la prochaine saison aurait été de toute manière faite à plus ou moins court terme après la fin de l'épisode....
Mais comment rendre l'épisode tout de même intéressant ? En jouant sur l'impact émotionnel malgré tout. Le personnage de Moriarty a souffer de ce choix au demeurant, parce que l'intérêt de l'histoire ne repose plus sur l'affrontement de deux grands génies, mais sur ce que vont perdre Sherlock et John et comment ils y réagissent. Sherlock va perdre sa réputation et John va perdre son meilleur ami. C'est assez douloureux de voir Sherlock dénigré et passer pour un affabulateur. Mais surtout il y a John. Plus exactement John intéprété par Martin Freeman. Au fil des adaptations cinématographiques et télévisuelles on a déjà vu plusieurs Sherlock Holmes mémorables. Cumberbatch peut prétendre à faire partie du lot. Par contre des Watson qui ont marqué, il y en déjà nettement moins. Martin Freeman, aidé des scénaristes, est vraiment en train de créer un Watson d'anthologie. Il est impécable durant tout l'épisode et plus encore dans la scène d'ouverture et les dernières scène où il est vraiment poignant. L'interprétation sans faute de Freeman joue beaucoup dans l'intensité dramatique de l'épisode. Et c'est vraiment une des réussites de cette adaptation de faire redécouvrir le personnage de John Watson.