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Les enfants des neiges [Naruto] (déconseillé aux -12)


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Les enfants des neiges

 

Arc enfants des neiges :

 

1.0 Le nécro-village  

 

    Un village parmi tant d’autres.  Un petit village oppressé parmi tant d’autres recueillait en son sein la pauvreté, la famine. Yuki No Kuni… Le village caché des neiges ou des flocons. Comme la plupart de ces villes de même instance, la guerre et ses conséquences se faisaient que plus ressentir chez eux que chez les cinq grands pays. Et cette troisième guerre ninja s’éternisait au grand damne de la population. Heureusement que le dirigeant, un Kage plus craint qu’aimé, avait su montrer les crocs à ses voisins, et faire les bons traités. Il dirigeait Yuki d’une main de fer. Son tempérament guerrier ne le présentait pas pour autant comme un sauveur. Une minorité commençait à s’agacer. Mais ils ne pouvaient rien y faire, ni même demander une audience auprès de leur Eminence. Ce redoutable ninja vivait au cœur de la ville dans une enceinte sécurisée et barricadée par ses hommes. En dehors de ce fort aux nombreux malaxeurs de chakra, la vie des citadins n’était pas rose. Les réquisitions des uns et les attaques des autres en avaient démunis plus d’un. Le pays n’était plus le même. Les gens n’étaient plus les mêmes. Ils étaient plus froids, distants. L’ambiance devenait aussi glaciale que lors des mois d’hiver dans ce pays. Plus on s’écartait du centre de Yuki, plus les quartiers étaient malfamés, insalubres, et respiraient la misère. Un port à l’Est et ses entrepôts étaient un nid de délinquance et de crapules formant des bandes violentes. Les ninjas peinaient à faire régner l’ordre dans toutes les zones sensibles. L’hiver avait commencé et les sans abris et les orphelins dans les rues allait le sentir passer. Qui sait combien de victimes de ce système allaient reposer dans la neige éternellement…

 

    Des gamins s’étaient en effet retrouvés sans famille, sans chez soi. Leurs parents avaient été victimes de la guerre ou alors les avaient abandonnés ne pouvant subvenir aux besoins de tout le monde. Il arrivait qu’à la fin de l’automne, Yuki grouillait de gosses frêles et sales. L’hiver ferait une sélection naturelle et cruelle. Dans le quartier Sud, une petite mamie portant son lot de pain et de riz pour la semaine, s’attristait de dessous son foulard qui couvrait ses cheveux grisonnants. L’œil blafard sur les bordures de ruelle, elle ne pouvait que s’épouvanter du décor. Ne pas pouvoir offrir une miche de pain à ces jeunes mendiants lui arrachait le cœur. Elle les regardait errer ça et là, sans but réel, les bras ballants à cause d’un manque de force évident. Ceux qui se sentaient défaillir, se meurtrissaient la peau juvénile de leurs cuisses sur des morceaux de trottoirs verglacés. Puis, au fond d’un cul-de-sac, elle entraperçut un autre bambin, un garçon de six ans pas plus, prostré contre une barrière de planches pourries. Il était assis, les genoux refermés sur ses bras, et collés à son front. Des mèches bleues grises trempaient ces articulations cagneuses. Il faisait par contre partie des jeunes qui venaient de se jeter dans cette vie de débauche. Sa tenue vestimentaire moins rongée en témoignait. Rares étaient ceux de son âge qui arrivaient à se débrouiller dans pareil merdier. Il était incapable de contrôler ses tremblements. Cette image était plus que ce que la vieille femme pouvait en supporter, voir ce pauvre petit grelotter et mourir à petit feu était une vision atroce. Elle se rebiffa, ses rides s’étant accrues, et claudiqua jusqu’à retrouver sa maisonnette. Tout comme cette dame d’un certain âge, les villageois ne faisaient qu’encaisser sans rien dire. Un jour peut-être, la guerre aura fini de les harceler…

 

    Le petit recroquevillé dans ses membres continuait à trembler. Le fait de se tenir dans l’ombre omniprésente d’une allée avait de quoi intensifier la sensation de froid. Ses lèvres étaient gercées, et ses doigts présentaient des engelures. Les mêmes symptômes le déformaient aux orteils, malgré les sandales dont il était chaussé. Il ne pouvait empêcher sa figure se rougir au sommet de ses pommettes et ce, même s’il tentait de le réchauffer au creux de son corps en position fœtale. Il respirait lentement. Etrangement, le gosse ne tremblait pas vraiment de froid, il ne le ressentait pas, ou du moins il en faisait abstraction. C’était plutôt des gémissements provenant d’une crise nerveuse. Il s’était volontairement isolé dans un coin reculé et assombri, ne voulant pas encore se confronter aux personnes du dehors. Ses troubles et ses peurs le hantaient. Ses larmes ne tarissaient pas. Il ne comprenait pas… Que faisait-il ici, sans parent ni personne le réclamant ? Pourquoi était-il dans un état aussi déplorable, délaissé dans une ville où ses habitants n’étaient que des pierres tombales qui se trainaient ? Une même bande de film défilait à n’en plus finir. Plus rien n’avait de sens. Il était perdu sans aucune attache sûre. Il était prêt à ce qu’une trainée de convulsions le prenne de cours. Mais il trouva une seule pensée dans son for intérieur… en fait c’était plutôt un sentiment, mais il valait mieux qu’il s’en contente si cela pouvait lui valoir de rester conscient. Aussi saugrenu que cela puisse paraitre, ce n’était pas de la tendresse ou une chaleur lointaine. Il se saisit de cette dernière échappatoire, cette corde de survie. Ce qui lui donna un semblant de courage pour envisager l’avenir, était une haine qui le bouffait. Il n’avait que cette solution, nourrir sa haine, même si celle-ci n’avait aucun fondement. Il aurait voulu se rabattre sur autre chose, de plus positif et réconfortant. Mais rien d’autre ne lui venait, alors il prit sur lui-même. « Non, je ne peux pas… pourquoi… pourquoi je les déteste ? Que m’ont-ils fait ? Je n’y comprends rien… Que m’arrive-t-il ? Suis-je un monstre ? Je veux des réponses… Pourquoi ne sont-elles pas dans ma tête ? » Ce néant le détruisait, et il vint à ce qu’il le préoccupait, l’essence de son être. « Qui suis-je ? » Mais il se reprit. A ces moments d’égarements, il ne pouvait que revenir sur sa haine, il s’en sustentait. Il pouvait ainsi se sentir plus fort, plus vivant. Il les détestait… Il détestait les ninjas de Yuki, le Yukikage, et dans une plus large mesure tout ce qui faisait le shinobi. Finalement, un timide rayon solaire qui s’était perdu, imbiba son cou d’une tiédeur. Il sortit de sa torpeur et leva sa caboche amochée. Il avait oublié que des poubelles étaient plaquées contre le mur à sa droite, et que des piles de cartons ouverts tapissaient une parcelle de neige. Ce devait être sa couche provisoire… si seulement elle pouvait l’être ! Ce qu’il vivait était un cauchemar à durée illimitée. Il était temps d’arrêter de pleurnicher, sa vie pouvait avoir un sens grâce à cette prise floutée de son esprit tâtonnant. Il ne devait plus sombrer, mais survivre, faire front à une réalité, une horrible réalité qu’il n’aura de cesse que de chercher à la braver. La neige avait retenu ses flocons, le temps de son introspection. Une fois revenu à lui, elle délivra une poignée de ses cristaux d’eau sur cet innocent et les alentours. Une vague de froid se profilait, chacun devra s’y préparer, peut-être même à aller jusqu’à s’entretuer.                         

 

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Cool ! Voilà une fic sur Naruto que je pourrais suivre.

 

J'ai bien noté l'autre fic que tu a écrite, mais l'univers où tout est à découvrir et le retard que j'avais (des dizaines de pages) m'avaient dissuadé de la suivre.

 

J'ai le sentiment que tu te lances dans un travail assez ambitieux avec plusieurs arcs.

 

Ce premier chapitre est dans un style très littéraire. De ce que j'ai pu voir rapidement des autres fictions sur ce forum, c'est d'un autre niveau, concernant le vocabulaire notamment. J'ai bien accroché aux descriptions que tu fais du village Yuki no Kuni. Et du gamin abandonné dans le froid. Il me fait penser à Haku...

 

En tout cas bonne continuation !

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Une nouvelle fic de Bloody, et je l'attendais cette fic sur Naruto, elle commence bien :).

 

Comme d'habitude les descriptions sont toujours aussi bonne, on ressent vraiment l'ambiance de pauvreté et de tristesse dans ce village.

On découvre un enfant qui est victime du mauvais système de ce village, qui nourrit une haine envers ses malheurs et son existence. Sera t'il le personnage principal ? Si c'est lui on aura droit à une grande ellipse vu qu'il n'a que 6 ans.

 

En tout cas j'attends la suite pour en découvrir plus ! Continue !

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J'ai bien noté l'autre fic que tu a écrite, mais l'univers où tout est à découvrir et le retard que j'avais (des dizaines de pages) m'avaient dissuadé de la suivre.

 

Ah, je comprend que la longueur puisse rebuter. Dommage, j'aurai bien aimé avoir aussi ton avis ! ^^

 

J'ai le sentiment que tu te lances dans un travail assez ambitieux avec plusieurs arcs.

 

Oui, en effet. J'ai quatre arc en tête, mais ils ne seront pas énormes.

 

Il me fait penser à Haku...

 

Oui, surtout cette scène où il est dans la rue, assis dans la neige au moment où Zabuza le rencontre. Mais ce personnage est bien différent, déjà qu'il n'a plus aucun souvenir de son passé. Puis, cette haine va plus le caractériser alors que Haku est pur comme la neige.

 

On découvre un enfant qui est victime du mauvais système de ce village, qui nourrit une haine envers ses malheurs et son existence. Sera t'il le personnage principal ? Si c'est lui on aura droit à une grande ellipse vu qu'il n'a que 6 ans.

 

Oui, je vais rester sur cet enfant complètement paumé.

Ce premier arc sera sombre, ce sera peut-être le plus sombre déjà à cause de la situation du village.

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Chapitre lu.

 

Je suis un peu surpris que tu te sois décidé à te lancer sur une fan fiction Naruto. Ca fait un changement par rapport à ton univers médiéval fantastique.

 

Mais, on retrouve quand même ta patte dans l'écriture, mise à part le fait que pour l'instant c'est beaucoup beaucoup plus sombre ce que tu nous proposes là. C'est même moins rêveur on peut dire tellement c'est sombre.

En tout cas, je pense que tu as bien pris note de toutes les critiques que tu as reçues. Tu fais plus d'effort dans les descriptions, on est bien ancré dans le lieu et dans les personnages c'est bien. J'ai hâte de voir comment tu vas gérer les transitions entre chapitres, les scènes d'actions et de paroles.

 

D'ailleurs, les scènes d'actions étaient un peu courtes dans Alderan souvent, ce qui pouvait un peu laisser sur sa fin. Je me demande comment tu vas les gérer là :).

 

Bonne continuation.

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@ beck31

 

C'est un peu pour ça que je me lance dans ce genre de fic, je vais devoir plus travailler et faire durer les combats si je veux qu'ils soient attrayants. Ca m'obligera ainsi à revoir les combats dans Alderan.

 

1.1 La loi du plus fort

 

 

    Ce jeune amnésique ne voulait plus se laisser mourir. Par un instinct combattif, il se campa sur ses jambes parcourues de fourmillements. Reprendre du poil de la bête avait dû prendre une sempiternelle minute pour que ses membres puissent s’enhardir de leur motricité. Il se massa l’épaule tout en réfléchissant sur ce qu’il allait entreprendre. Partir de zéro comme ça, de ses propres moyens lui instillait quelques doutes.

      Il constata bien vite que sa réflexion était altérée par un creux à l’estomac. Son ventre allait guider ses pas pour la journée, si ce n’est pour toute la saison. Pour en arriver jusque là, il fallait d’abord qu’il sache comment se nourrir. Première option qui s’offrit à lui : les bennes gelées et dézinguées à portée de main. Il n’eut pas de honte à fouiller leur contenu, de toute façon presque tout le monde devait le faire. Pourquoi alors se sentir gêné ? Sa taille réduite ne lui permettant pas de brasser les ordures sans y fourrer son nez, il se hissa pour tomber pieds joints à l’intérieur d’une benne. Il touchait le fond, la chambre d’immondices avait été vidée il y a peu. Des fragments de ferraille, des chaines rouillées, un ressort tordu étaient les seuls détritus qu’il estima. Autant dire qu’il n’allait pas faire de festin là dedans. La benne voisine devait certainement recueillir le même bric-à-brac. Il n’allait donc pas prendre la peine de l’ouvrir. Il n’avait d’autre choix que d’explorer les environs. Il poussa du bout de ses sandales des débris de verre, et s’essouffla à descendre de la grosse poubelle.

      La journée n’avait pas encore décliné, il pouvait partir en quête de pitance, en demeurant cependant dans les quartiers Sud. Le nouveau contact de ses petons avec la neige qui tombait au ralenti, lui fit parcourir un frisson jusqu’au sommet du crâne. La précipitation hivernale commençait en douceur, ses perles aux contours artistiques voletaient comme de petites plumes duveteuses. Le garçonnet n’était pas du genre à se laissait désemparer comme tout enfant de sa tranche d’âge. Survivre était une seconde nature qu’il se découvrit. Il était aussi méfiant, plus qu’il ne le fallait. C’était une paranoïa qui devait être fondée, mais dont il ne trouva pas les raisons. Ah ! A chaque fois qu’il voulait parcourir ses souvenirs noircis, une affreuse douleur au milieu du front le mettait en garde. Peut-être que son passé lui reviendrait comme une bouffée d’oxygène quand il aurait repris des forces.

 

    Pour progresser à une allure régulière, la couche de poudreuse était bien assez fine pour ne pas s’y enfoncer. Parfois à découvert sur des chemins, il trottinait avec une respiration saccadée ne voulant pas être vu. C’était plutôt assez bête de fuir des villageois qui pouvaient être des amis, mais c’était plutôt une crainte inconsidérée vis-à-vis de l’entourage qui le tenait à l’écart. Quelque chose enfouie en lui, lui certifiait que les adultes au moins, ne lui voulaient que du mal. Un gamin comme lui était une proie facile pour des ravisseurs. Alors sa première règle était que la prudence était mère de sureté.

      Il passa comme dans un commando, deux carrefours successifs. Des courants d’air les traversaient dans un hurlement de fantôme. Les voies étaient désertes, à la grande joie du sans abri. Dans un angle fermé de sa pupille, il dénicha ce qu’il pouvait appeler une caverne d’Ali Baba, au vu de sa situation précaire. Il fit marche arrière, et monta dans une benne bien plus entretenue que ces autres consœurs.

      En s’attelant un peu à la tache, il trouva son bonheur, de quoi raffermir le tube digestif : le coin d’un pain et sa croute avait été jeté, jugé trop ranci par un villageois. La mie avait quand même été bien rongée par la dentition du bonhomme. C’était un début, puis deux autres trouvailles vinrent égayer sa frimousse glacée aux cheveux crasseux qui naturellement avait un reflet bleu. La saleté lui collant, sa couleur capillaire restait sur un ton de gris terne. Il mangea dans la poubelle même, une boulette de riz séchée. Même si une huile avait dénaturé son goût, il la dévora. En guise de dessert, une tomate qui commençait à pourrir lui fournirait des vitamines. Il l’économisa pour plus tard, l’empoignant comme une bourse de pièces d’or.

    Il s’extrayait de cette enceinte nauséabonde, quand il anima sa surveillance. Il se maudit en pensant qu’il l’avait négligé un moment. C’est en se concentrant qu’il crut voir un observateur s’intéresser à sa petite personne. Ca avait été succinct, bref. Il se faisait peut-être des idées. Quoi qu’il puisse retirer de ses suppositions, il s’en inquiéta et courut jusqu’à se mettre derrière un mur de briques à une intersection. Son cœur sous l’exercice faisait le yoyo dans son torse. Aucun passant ne déboucha à sa suite, que ce soit en le prenant en chasse ou en se promenant dans la neige. Bon, il avait perdu son calme sans raison apparente.

      Il s’était adossé à l’arrière d’un bar où la fréquentation laissait à désirer. Par terre, il trouva une cagette de bouteilles vides qui avaient déjà servi à l’emploi. C’était du saké. Même si l’alcool de riz ne l’attirait pas plus que ça, il ne nia pas qu’il avait soif. Il en prit une qui était débouchée, et chercha comment la remplir. Il avait rangé sa tomate sur lui le temps qu’il se désaltère. Son cerveau tourna alors bon train. Son regard vide se posait vaguement sur la nappe scintillante de débris célestes. « Mais la neige… c’est de la pluie gelée ! » Il bourra donc de neige son récipient avec son doigt qui glissait aisément dans l’embouchure. Une fois qu’il avait recueilli ce qu’il pensa suffisant, il expira son air des poumons dans la bouteille. La chaleur de son souffle viendrait à bout de la cristallisation. Néanmoins, la fonte prendrait un temps fou à ce rythme et avec ce système de réchauffement.

      De dessous ses mèches qui s’affalaient sur son front, ses yeux noirs s’ouvraient en grand et les pupilles se promenaient aux quatre coins du blanc de l’œil, hésitantes. Ils ne clignaient pas. Demeurer statique au fil des minutes l’épouvantait. Il se souciait plus des chats de gouttière que de son eau. La neige s’était presque totalement liquéfiée, quand du mouvement accompagné du bruit apaisant de poudreuse écrasée se déclara dans le prolongement de la rue à sa droite. Son pouls s’accéléra tant qu’il n’était pas sûr de ce qu’il se tramait. Ses doigts affolés ratissèrent la surface gondolée et translucide de son ustensile quand il vit un rassemblement grossir.

      Rien de bien méchant, des enfants des rues s’étaient réunis certainement pour effectuer les emplettes pour l’hiver. Ils étaient comme lui, mais par contre plus organisés. Parmi la meute, l’un d’entre eux les menait à la baguette, et comme par hasard, c’était le plus grand, le plus costaud et le plus âgé qui se faisait respecter. Les plus petits prenaient en considération toutes ses directives à voix basses. Autre chose qui montrait une supériorité chez le garçon, c’était un large bâton d’appui qu’il tenait avec fermeté tel un sceptre. Autant dire que si l’un de ses soumis ne suivait pas les règles, il devait s’en servir pour le lyncher.

      L’enfant solitaire, bouteille en bouche, ne les lâchait pas des yeux une seconde. Cette insistance à ne vouloir rien laisser en dehors de portée de vue, lui fit oublier que la glace pilée avait laissé place à un liquide plus facile à avaler. Il en profita à étancher sa soif et à adoucir sa gorge enflée. Une lampée au goulot lui suffit, cet arrière goût d’alcool avait freiné son enthousiasme. A force de la vider et de la remplir, ce flacon perdrait de cet arôme qu’il trouvait assez désagréable.

    Il reporta rapidement son attention incisive sur la bande qui s’était agitée. Pour ne pas changer ses habitudes dans ce monde incertain et pourri, la pâleur du gringalet tira encore d’avantage sur un blanc vitreux et maladif. Une bonne douzaine de marmots empestant l’égout s’avançaient, le choisissant pour cible, tous envieux. Leur chef était aussi là, et lança la charge, le bout de bois brandit :

 

-Attrapez-le ! Ce fils de chien a une tomate ! Rapportez-la-moi !

 

Celui qui se retrouvait seul contre tous bondit en même temps que son cœur. Le gosse à la perche avait une dent du haut qui sortait de la lèvre supérieure, et affichait cette méchanceté gratuite dans son regard qui caractérisait tous ceux qui étaient empreints d’un pouvoir de persuasion sur leur entourage.

      La chasse à l’homme était inévitable, et il dût s’arracher les jambes et les genoux pour maintenir une avance sur ses poursuivants. Ils devaient monter les cuisses le plus possible afin de surmonter la neige éreintante. Il en devenait haletant, et n’allait pas tarder à s’écrouler. Un virage à angle droit serait certainement son dernier subterfuge avant de se faire écraser au sol. Il le prit sans se poser de questions, sa vie était en jeu pour de vrai cette fois-ci.

 

    A peine, il échappa aux cris de rage et aux insultes qu’il se vit ouvrir la première porte sur le bas côté. En temps normal, jamais il n’aurait osé faire voler en éclats l’intimité d’un foyer, mais là, sa situation n’avait rien de normal. Entre des murs couverts de moisissure, le miséreux était mort de peur, et heureusement le résident légitime ne s’était pas montré. Il espérait qu’il prenne son temps pour que les bougres de l’extérieur le perdent de vue. Une lampe à huile brillait faiblement et il s’aperçut que le taudis qu’il avait sous les yeux n’avait pas grand-chose à envier à l’extérieur, à part le toit. Il plaqua l’oreille contre l’entrée et renifla de son nez bouché. Il avisa et jugea que le groupe acharné à le dépecer s’était fait la malle.

    Quand sa respiration se fit plus lente, il put s’appesantir sur cet environnement tout aussi mort. Il préféra même s’agglutiner à la plaque de cèdre qui tanguait sous son poids. Ses poumons faisaient encore ce même gonflement exagéré dans sa poitrine. Sous la lueur mi-teinte de la lampe de chevet, un lit portait une femme allongée. Il ne douta pas de son état. Elle était souffrante. Une respiration sifflante, une toux sèche et son visage incendié de fièvre faisaient peine à voir. Il s’imaginait déjà à sa place, et réfléchit à la chance qu’il avait, d’être dans une santé fébrile mais tenace.

    Il éprouva une pointe d’empathie quand tout à coup un homme bourru déboula de l’arrière du logement. Il venait de tirer un rideau pourpre pour s’assurer que ses intuitions n’étaient pas avérées. Il avait tort et s’en désola. Ne cherchant pas la moindre excuse ou argument expliquant la présence de ce galopin, il l’attrapa par son chemisier troué, et le mit dehors sans remord.

 

-Ca t’apprendra à pénétrer n’importe où sans que l’on t’y autorise ! Allez ! Dégage d’ici avant que je ne m’énerve, fit-il en se frottant les mains plus à cause du froid que pour l’envie de frapper.

 

    Le gosse avait la joue pétrifiée contre les flocons collés. Ca le démangeait. Comme premier ressentiment, il était furieux. Se faire maltraiter de la sorte, le mettait hors de lui. Toutefois, au final, il s’en fichait. Que ce soit lui, ou ce villageois, ils étaient pareils, des victimes. Son épouse malade était une préoccupation que lui ne connaissait pas, un fardeau qu’il n’avait pas à porter. Il se releva chancelant et accepta la triste fatalité : chacun portait son lot de douleurs en ce bas monde. Les idées noires l’assaillant, il constata que sa bouteille d’eau ragoutante lui avait échappé dans sa chute et s’était éparpillée en une multitude de bouts de verre sur une brique. Sa beuverie s’arrêtait là.

 

    Les doigts de pied frigorifiés, il se traina sur des mètres et des mètres et finit par reprendre son parcours de retour. Ses yeux étaient dans le vague, inattentifs à ce qu’il pouvait lui sauter dessus. Il n’était que plus touché par cette misère qui se répandait non seulement sur ceux qui avaient tout perdu mais aussi sur ceux qui avaient de quoi s’abriter. Ses os craquelaient avec la fraicheur tombante.

    Il reconnut alors son impasse chéri mais en y regardant de plus près, il se sentit tressaillir. Il n’était pas au bout de ses peines. Son squat avait trouvé preneur. Un vagabond s’était laissé tenter pour s’installer sur son divan cartonné. Nullement renfrogné, il jaugea qu’il valait mieux pour lui de déménager. Ce petit bout pas plus haut que trois pommes s’était résolu à encaisser sans se plaindre. De toute façon, il n’aimait pas la compagnie d’adultes, surtout ceux étant capables du pire imaginable. Pour l’instant il ne pouvait compter que sur lui et ses ressources. Son souci maintenant, était de se pourvoir d’un coin pour la nuit. La soirée était maitresse sur Yuki, et pour se consoler de sa dure journée, le garnement croqua dans son fruit ramolli tandis qu’il se frayait sa route.     

       

                   

 

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Chapitre lu !

 

Le style est dans la continuité du précédent.

Des descriptions très pointues. Très réalistes.

Le passage où le gamin cherche de la nourriture dans les poubelles était très bien écrit. C'est travaillé.

 

Je me pose juste une question (ne le prend pas mal) : Est-ce que le style n'est pas en décalage avec l'univers que tu veux décrire ? J'ai parfois l'impression de lire du Balzac alors qu'on est dans Naruto. Je ne dis pas qu'il ne faille pas élever le niveau mais tu pourrais formuler les choses plus simplement sans changer la profondeur de ta narration.

 

En tout cas bon courage pour la suite !

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Je me pose juste une question (ne le prend pas mal) : Est-ce que le style n'est pas en décalage avec l'univers que tu veux décrire ? J'ai parfois l'impression de lire du Balzac alors qu'on est dans Naruto. Je ne dis pas qu'il ne faille pas élever le niveau mais tu pourrais formuler les choses plus simplement sans changer la profondeur de ta narration.

 

Je pense voir ce que tu veux dire.

Comme c'est le début, et qu'il ne se passe rien de bien mystérieux, ni même de l'action pur et dur. Je me repose beaucoup sur la description, et il se peut qu'elle soit trop fournie. Le peu de dialogue doit aussi jouer, mais ça devrait changer.

Pour l'instant je mets le lecteur dans l'univers. Il doit y avoir des formulations un peu trop compliqués, je vais essayer de simplifier. 

 

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Du Naruto revisité et mis à la sauce roman!

 

On peut dire que pour l'instant tu réussis bien ton coup et ce qui te faisait défaut avant, là tu le maîtrise bien mieux.

On a cette fois-ci des descriptions à foison, et un protagoniste détaillé sous toutes ses coutures. Si, bien qu'on se voit presque à sa place.

 

Je comprends, pourquoi tu as l'air de prendre ton temps pour poster les chapitres, car ça fourmille de détail et de travail. Et Même si tu prévois que 3 ou 4 arcs, en continuant avec ce rythme tu feras quand même une grosse fiction.

 

En tout cas, donc c'est bien, par contre ne t'attarde pas trop non plus sur la misère du bonhomme, cet aspect peu rebuté à force, surtout que tu n'y vas pas de main morte et que ça peut donner lieu à un style morbide ne plaisant pas forcement au grand public loin de là peut être.

 

Personnellement j'ai envie que ça avance un peu plus. Le ton et l'image sombre donnée sont bon, mais, à trop rester sur une phase disons, ça peut faire un peu sadique.

 

Ce n'est que mon ressentis, et après, il faut avouer que tu es dans la mise en place, de la trame là et que tu te lances dans une fiction très riche.

 

Ceci dit, à mon humble avis, je commencerais à poser quelques bases de la trame et d'un scénario d'arc persos là. (en plus des détails sur le pays et le kage... un truc plus concret quoi.

édit: ceci dit, si le premier arc concerne justement que la survie du gosse dans ce village et/ou aux alentours, alors je reverrais ma critique dans les prochains chapitres

 

Sinon, tu devrais espacer plus tes paragraphes pour rendre la lecture plus attrayantes, car là ça fait gros paté de livre et ça passe moins bien sur un forum.

 

Voilà, j'ai attaqué fort là lol, mais ceci dit, ta fiction s'annonce être un vrai beau et grand projet!

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En tout cas, donc c'est bien, par contre ne t'attarde pas trop non plus sur la misère du bonhomme, cet aspect peu rebuté à force, surtout que tu n'y vas pas de main morte et que ça peut donner lieu à un style morbide ne plaisant pas forcement au grand public loin de là peut être.

 

D'accord je prend note, ça sera déjà moins sombre dans les prochains chapitres. Je ferai en sorte de moins m'arrêter sur la pauvreté.

 

Personnellement j'ai envie que ça avance un peu plus. Le ton et l'image sombre donnée sont bon, mais, à trop rester sur une phase disons, ça peut faire un peu sadique.

 

Ca devrait s'accélérer au fur et à mesure et rendre l'histoire plus intéressante. Disons que là on n'a du mal à voir que c'est du Naruto, mais il faut le prendre comme le passé de Nagato.

Je t'avais dit que le premier arc serait sombre, morbide mais après on devrait entrer dans du naruto traditionnel.

 

Ceci dit, à mon humble avis, je commencerais à poser quelques bases de la trame et d'un scénario d'arc persos là. (en plus des détails sur le pays et le kage... un truc plus concret quoi.

édit: ceci dit, si le premier arc concerne justement que la survie du gosse dans ce village et/ou aux alentours, alors je reverrais ma critique dans les prochains chapitres

 

Tu anticipes bien, c'est ce qui va arriver par la suite. Je vais obligatoirement venir à parler du yukikage. Après c'est sûr que tu pourras mieux juger avec l'arc complet. ^^

 

Sinon, tu devrais espacer plus tes paragraphes pour rendre la lecture plus attrayantes, car là ça fait gros paté de livre et ça passe moins bien sur un forum.

 

C'est vrai ça fait gros pavé qui peut facilement décourager. Je pense que je vais faire comme toi, c'est clair, lisible et espacé. Peut-être qu'en faisant ainsi, j'arriverai à plus simplifier les descriptions.

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Bon chapitre comme d'habitude :) !

 

Le chapitre déborde de détail et de description qui sont toujours aussi bien retranscris. Le jeune garçon vit vraiment dans la misère et ce quelque soit l'endroit où il va c'est vraiment une guerre pour lui de vivre.

Sinon je suis un peu d'accord avec Shiki et Beck31 qui disent que ton style d'écriture se décale un peu avec l'univers de Naruto, mais je me dis que c'est ta marque de fabrique aussi, tu y es déjà habituer, personnellement ça ne me dérange pas trop, mais je pense que par la suite ça changera ;).

 

Allez j'attends la suite :D !

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1.2 Ryusuke et Kamuhita

 

    Une goutte entra en contact avec son front, sa fraicheur extrême vint à bout de sa léthargie. Il s’était fourré pour la nuit dans un tas de sac remplis de déchets verts et de foin. Il n’avait pas si mal dormi dans ces conditions. Pour définitivement émerger, il ouvrit grand la bouche sur les gouttelettes qui se jetaient de stalactites suspendues à des gouttières. Se voyant requinqué, il opéra de la même manière pour se nettoyer sa première couche de purin. En se dégageant de son matelas improvisé, il se tortura à fouiller ses souvenirs. « Comment j'ai fait pour me retrouver ici moi, déjà ?» Ses troubles de la mémoire l’agaçaient, il fallait pourtant qu’il s’y accommode.

      Il devait se remettre au boulot, au lieu de s’attarder sur des problèmes mineurs. Son ventre l’avait rappelé à l’ordre, il se préoccupa alors de son petit déjeuner. Il allait procéder différemment de la veille. Rentrer et sortir des bennes des quartiers Sud délabrés l’épuiseraient à la longue. Dans le pire des cas, il pourrait s’écorchait sur un objet tranchant ou trébucher sur un autre contondant. Il opina que ce n’était pas la meilleure solution pour lui et son gabarit de jeunot. « Je suis dans une ville plutôt peuplé... Il doit bien y avoir des magasins, voir un marché !» Là-bas, il aurait de quoi entretenir son alimentation. Cependant, il ne pouvait pas se lancer dans une recherche comme ça, sans savoir où il mettait les pieds. Il serait capable de tourner en rond pendant des jours sans que ce soit fructueux. Cela le tracassait mais il devait s’informer auprès d’un citadin, seulement fallait-il choisir le bon. Les activités matinales s’enchainèrent pendant qu’il errait ça et là. De plus en plus de personnes bondaient les avenues. Il prit donc son courage à deux mains, et demanda son chemin à un monsieur d’une cinquantaine d’années vêtu d’un veston blanc et d’un pantalon noir, ample, occupé à réparer une devanture :

 

-B’jour m’sieur…

 

-Oui, qu’est-ce que tu veux ? Le remarqua l’homme aux paupières tirées.

 

-Vous sauriez où se trouve le marché ?

 

-Oui, petit. Il suffit que tu remontes cette allée et ça te sera indiqué. L’aire commerciale est en plein dans les quartiers Ouest. Tu ne pourras pas les rater.

 

-Merci, s’inclina-t-il timidement.

 

Ca y est, il était fixé sur sa destination et son itinéraire. Il pouvait être plus serein. Son vieil informateur avait été le rayon de soleil de la journée, car celle-ci s’annonçait grise et bien portante de ces précipitations glaciales. Il lui avait apporté du baume au cœur. Contrairement à ce qu’il prétendait depuis le début de son épreuve de survie, l’homme en général n’était pas forcément mauvais. Il entrevit une toute autre perspective bien plus avenante que pouvait lui réserver son futur. Ainsi, il traça son sillon dans la neige.

 

    Grâce à sa volonté, il surmonta ce pénible temps lors de son trajet. Il espérait que la tombée des flocons se maintienne suffisamment longtemps pour qu’il puisse repérer les lieux. Il avait hâte que ça se termine, ce gel persistant l’engourdissait. Après avoir traversé la longue allée, il  nicha ses mains contre son abdomen. Une demi-heure plus tard, il parvint à ses fins. Il déboucha sur une immense place, à peine décorée. Les bâtiments qui l’entouraient et qui se serraient entre eux, étaient majoritairement des boutiques, des épiceries. Deux ou trois restaurants retinrent son regard malicieux. Mais dans ces magasins fermés, difficile de voler des produits sans se faire attraper. Le marché qui s’ouvrait face à lui était bien plus propice à ce genre de larcin. Sur une grande esplanade, des étals s’amoncelaient dans un léger brouhaha. La dureté du régime et la période de guerre avaient dû vider le centre commercial. Ca n’allait pas vraiment l’aider à se faire discret entre les stands. Mais pour le coup, son visage d’innocent et sa taille réduite seraient des atouts. Ces stratagèmes venaient les uns après les autres, pendant qu’il vagabondait sous les toiles de tente. Il était bien plus à son aise quand la nourriture était à portée de main.

    Son tracas à présent était de se coucher dans une demeure qui serait sécurisante. Il avait commencé son investigation dans les rues adjacentes à la vaste place, mais aucune planque ne convenait. Avec son esprit de déduction hors norme pour cet avorton, il conclut que ce havre de produits amènerait d’autres enfants perdus. Il ne pourrait pas se faufiler à chaque bagarre dans laquelle il serait impliqué, et en loup solitaire qu’il est, il ramperait bientôt sur le verglas. Comme disait le proverbe : l’union fait la force. Mais avec qui il pourrait s’associer ?

 

    Une rude semaine avait endeuillé un bon nombre de villageois. La vague de froid avait frappé bien plus fort, avec de brusques bourrasques régulières et intempestives. La neige ne frigorifiait plus, elle brûlait. Malgré ce rideau de pois blanc, un garçon s’en sortait courageusement. Son œil aiguisé et sa vivacité retrouvée, lui permis de commettre vol sur vol. Il passait inaperçu et osait des manigances très risquées. S’accroupir sous un étal et enfourner au fur et à mesure ses poches de victuailles, était sa préférée. Autrement pour les encas, il se munissait d’un fil de pêche avec un crochet en bout de ligne. Posté sur une tente, il tirait adroitement à lui des poignées d’amuse-gueules. Le sans famille était sur son terrain de chasse. Et pour l’instant il n’avait pas été pris à part par des voyous. Il se trouvait dans une bonne dynamique enfin… tant que les commerces lui fournissaient ce dont il avait besoin.

    Ce n’est que huit jours après qu’il se soit lancé dans une vie en lutte permanente, qu’il fit la rencontre idéale. Il venait de se rassasier en fin de matinée au nez et à la barbe d’un vendeur de légumes, quand une grossière voix vola au dessus des autres discussions et des marchandages. La personne était plutôt en colère à en croire le ton rempli d’invectives poisseuses.  Ah ben tiens ! C’était un poissonnier, il trouvait que ceux-ci avaient la voix qui portait plus haut que les autres. Toutefois il ne braillait pas pour annoncer les prix ou une offre spéciale. Il bouillonnait à l’encontre d’un enfant clochard qui avait eu les yeux plus gros que le ventre. Le spectateur salua son toupet car il venait de dérober un thon énorme dont la mâchoire gigotait dans sa fuite. L’homme en tablier avait juste hurlé en guise d’avertissement. Mais là, s’en était trop, il s’était déjà fait chouré une brochette d’anchois. Il se rua en dehors de son stand sans surveillance. Il fulminait, cependant il eut un contre temps qui lui fit  siffler les oreilles. Un autre bambin aux cheveux bleus défraichis s’était emparé d’une langouste. Il le narguait même, en lui tirant la langue. Encore plus furieux, le poissonnier se serait transformé en un boucher psychopathe s’il n’avait pas été pris de cours par la situation. Le garçon avait abandonné le crustacé et prit la fuite sans demander son reste. Le commerçant fit aussitôt volte-face mais le voleur au thon avait aussi disparu.

    C’est au détour d’une ruelle surplombée de rangées de fenêtres rayées, que le délinquant qui l’avait échappé belle, s’arrêta son gros poisson posé à terre. Il avait à peine suivi ce qui lui avait valu de s’en sortir à si bon compte. Une personne était venue à son secours. Soudain, il vit bel et bien une personne face lui. Elle devait avoir le même âge que lui, environ six ans. Il avait une intuition comme quoi c’était lui son bienfaiteur.

 

-C’est toi qui m’es venu en aide ?

 

Le jeune errant, à son tour toisa, son compagnon de mésaventure. Un petit maigrichon, jusque là ils se ressemblaient, mais il avait des yeux verts  incroyables et sa coiffure  faisait penser à la crête d’un coq, une crête ébène en panache.

 

-Oui, mais…

 

-Mon nom est Ryusuke, le devança-t-il à la limite du rire aux éclats. Je te remercie du fond du cœur, mon ami !

 

« Mon ami... »

-Est-ce que ça te dirais que l’on s’allie, que l’on se sert les coudes ? Rougit le plus introverti.

 

-Oui, comme je ne suis pas très doué pour prendre mon pain…, rigola le brun avec une pointe d’embarras. Mais dis moi ton nom, ce serait cool !

 

-Je n’en ai pas… ou plutôt je ne m’en rappelle plus, s’assombrit-il.

 

-Non, c’est une blague ?! Bah, tant pis, je n’ai qu’à t’en donner un ! Kamuhita ça te va ?

 

Ce nom lui était venu par instinct et était si particulier qu’il se demanda quel était son origine. Bon, peu lui importait.

 

-C’est d’accord, je m’appellerai Kamuhita.                                         

 

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Très bon chapitre, avec un bon dosage entre description et phase d'action.

 

On a là un peu de douceur dans ce monde de brute bien mené et la rencontre d'un autre délinquant. Un espèce de Naruto du pauvre si j'ose dire ce petit Ryusuke qui semble bien joyeux dans ce monde dur. Je sens qu'il va beaucoup apporter au héros sans nom qui en a désormais un d'ailleurs.

 

le poissonnier se serait transformé en un boucher psychopathe

 

J'ai adoré le passage du poissonnier et ce petit extrait m'a particulièrement fait rire :D! On a là une scène qui peut se produire dans un manga et qui est bien amené.

 

Bref, très bon chapitre!!

 

Bonne continuation.

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Bon chapitre !

 

Le jeune errant se donne un nouveau objectif, et décide de se rendre dans l'allé des marchands pour trouver plus de nourritures à voler. Après une semaine dans son nouveau lieu de survie, il fait la rencontre d'un jeune du même âge que lui, mais qui montre un regard plus joyeux malgré la vie qu'il mène. Cette rencontre inattendue donnera lieu à une très grande amitié :).

 

J'attends la suite et voir ce que deviendront le nouveau duo Ryusuke et Kamuhita !

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Chapitre sympathique.

 

Le jeune garçon montre une nouvelle fois ses aptitudes de survie malgré sa condition misérable. C'est toujours bien décrit.

 

Le jeune garçon a à présent un nom et il vient de se faire un nouvel ami.

Le pitch prend forme.

 

Reste à savoir ce que nous réserve ces deux jeunes gens en aventures...

 

Bon courage pour la suite !

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Nous y sommes, tu as commencé ta fiction Naruto et que dire de cette fiction ? Ce n'est vraiment pas une histoire sympathique, on est pas dans le pays des bisounours. Tout nous rappelle les premiers chapitres de Naruto avec beaucoup moins de joie et plus de réalisme. C'est très bien fait au point que lors du premier chapitre j'en sois sorti légèrement perturbé. On sent que dans ce village quelque chose de néfaste se propage, et que même après l’éviction du Kage ( si elle arrive ) le village sera souillé à jamais. J'imagine déjà des scènes assez dures étant donné le contexte.

 

Et j'ai vu ça au tout premier chapitre c'est dire si ton introduction est réellement de qualité. Cette longue description du village pour en venir à l'enfant. C'était bon, sur la même lancée que les derniers chapitres d'Alderan. Je vois donc que tu prends vraiment du plaisir à décrire et que tu aimes te surpasser. C'est bon !

 

Maintenant venons-en au petit. Pour le moment je n'ai rien à dire si ce n'est qu'il m'attriste mais qu'il me fait peur. Il me rappelle ces monstres qui naissent à l'abri de tous. J'ai en tête l'ancien personnage de @DG : Epsilon le machiavélique. Ton personnage serait-il de la même veine ?

 

Je reviens tout de suite en éditant. J'vais me lire les trois chapitres d'une traite !

 

Le chapitre deux est sur la lancée du premier. Et étrangement il est plus difficile à lire. J'imagine pas à quel point c'est dur de débuter sur une oeuvre comme celle de Naruto qui est basé action. Du coup je me suis senti un peu comme a l’arrêt. C'était comme si l'action était arrêtée. C'est vraiment difficile à lire. J'ai l'impression que ton style est trop haut pour un tel univers qui nécessite plus une approche basique des choses. Je me dis que le manque d’élément en ce moment font que tu dois plus travailler les descriptions donc je ne me fais pas de soucis sur le fait que tu trouves le juste milieu.

 

Sinon le reste du chapitre ou on continue de voir la souffrance de l'enfant confirme ce que j'ai dit. C'est tres perturbant et on risque d'avoir une fic complexe et ce n'est pas pour déplaire. Il me tarde de voir quelles épreuves notre héros va affronter, on est sur d'avoir des intrigues d'un bon niveau.

 

Le chapitre trois ou 1.2 est bon. Je l'ai lu assez facilement je dois dire car ici tu fusionnes la description à l'action et on avance vraiment, il y a un rythme qui s'installe. L’épreuve de survie continue et notre Kamuhita se montre de plus en plus vif, c'est un enfant qui gagne jour après jour comme une bête si j'ose dire. J'aime la manière dont il agit avec les autres. La façon dont tu fais intervenir Ryusuke, c'est bon. Maintenant nos deux amis sont ensembles, vont-ils accueillir quelqu'un d'autre ? Sachant que dans Naruto les choses vont souvent en trio...

 

De plus je me demande moi aussi si ellipse il y aura... Car nous n'avons pas encore vu l’élément perturbateur qui va lancer l'histoire. Qu'avons-nous encore à découvrir dans ce passé ?

 

On y est ! L'histoire commence à se mettre en place.

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@beck31

 

Oui, chapitre plus léger. En fait, je trouve que Ryusuke ressemble à Naruto en FG en effet, c'est ça spontanéité et sa positivité. Mais il y aussi un peu de Yahiko. Et Kamuhita ressemblerait à Nagato.

Pour le passage avec le poissonnier, l'expression m'est venu comme ça.  :D

 

@Kyojin

 

Oui ça va être une belle amitié dans la difficulté en plus, ça renforce les liens.

 

@Shiki Fujin

 

J'essaye d'accélérer un peu les choses. Content que tu n'en sois pas lassé. ^^

 

@Kaname

 

Tu n'as pas tort de le comparer à Epsilon.

Tu as bien vu, il va y avoir un trio.

Tes intuitions font toujours mouche,j'en reste sans voix. Mais j'espère te surprendre un peu pour la suite. Tu n'as pas pas fait de supposition sur son amnésie par contre. ^^

 

 

 

 

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Déjà qu'avec Alderan tu étais un rival trop fort à mes yeux, mais avec ta fic sur Naruto, je n'ai plus qu'à fermer boutique l'ami =D. Bon, plus sérieusement, de ce que j'ai pensé de tes premiers chapitres :

 

Chapitre number one :

 

Bon déjà, le village caché de Yuki est un village que j'adore, faut dire que la neige & glace c'est le + mieux des éléments. Donc  l'histoire se situe au niveau de la troisième guerre. Si je ne me trompe pas, c'est durant celle-ci qu'entre autre, Dan est mort et qu'Hanzô a vaincu Jiraya, Tsunade et Oro non ? Triste visage en tout cas que tu nous présente pour ce village ninja. Un instant j'ai pensé que la mamie, au contraire de fuir parce que ne pouvant supporter de voir la gamin ainsi, l'aurait embarquer chez elle, mais d'un autre côté je comprends. Si elle commence à vouloir tous les ramener chez elle, elle n'en finira jamais. Le gamin va donc devenir une pièce maitresse de ta fic, vu toute " l'attention " que tu lui apporte avec le gros paragraphe à son sujet. En tout cas, tu commence sur les chapeaux de roues ta nouvelle fan-fic Bloody-sama.

 

Chapitre Nombre two :

 

Chapitre centré sur notre nouvel ami. Je le trouve assez touchant. Devoir se débrouiller ainsi seul, pour ne pas prendre le risque de se mêler aux autres. Ce qui lui donne bien raison, c'est l'attitude du grand dadais qui dirige le groupe d'enfants.Quand on voit ce genre d'organisation, il est normal de choisir la solitude. Au moins il aura trouvé de quoi remplir son estomac, bien que ce soit somme toute, plutôt léger, mais mieux que rien comme on dit. Un second chapitre tout aussi bon quoi qu'il en soit Bloody-sama.

 

Chapitre  Number Tres :

 

Ah c'est une bonne nouvelle qui se déroule dans ce dernier chapitre. Le fait qu'il ne soit plus seul va lui permettre de voir d'un oeil nouveau son avenir et surtout, avec un ami comme Ryusuke, qui semble avoir l'expérience du vol à l'étal, il ne devrait plus trop avoir de mal pour se nourrir et trouvera sans doute comment rendre service à son camarade. Ne manque plus qu'une fille pour compléter le trio, qui me fait penser à celui d'Ame.

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Déjà qu'avec Alderan tu étais un rival trop fort à mes yeux, mais avec ta fic sur Naruto, je n'ai plus qu'à fermer boutique l'ami =D.

 

Mais non, voyons, faut pas dire ça !  :D

Ca me rappelle que je n'ai pas vu ton dernier com' sur Alderan... Tu as décidé de la bouder parce qu'elle s'est terminée ?  ;D

 

Bon déjà, le village caché de Yuki est un village que j'adore, faut dire que la neige & glace c'est le + mieux des éléments. Donc  l'histoire se situe au niveau de la troisième guerre. Si je ne me trompe pas, c'est durant celle-ci qu'entre autre, Dan est mort et qu'Hanzô a vaincu Jiraya, Tsunade et Oro non ?

 

Je ne sais plus pour Dan et les Sanins, comme la chronologie est souvent bafouée par l'auteur. Ce qui est sûr, c'est que Kamuhita a six ans tandis que kakashi a dix ans. C'est mon repère. Donc, pour l'instant il n'y a pas eu l'attaque sur le pont kanabi et la soit disante mort d'obito. Donc, Hanzo est encore le chef d'Ame (mais pas pour longtemps).

 

Ne manque plus qu'une fille pour compléter le trio, qui me fait penser à celui d'Ame.

 

Oui, on voit des ressemblances avec le trio d'Ame.

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Ca me rappelle que je n'ai pas vu ton dernier com' sur Alderan... Tu as décidé de la bouder parce qu'elle s'est terminée ?  ;D

 

Oui voilà je boude :D

Non, plus sérieusement, c'est juste que je n'ai plus autant de temps libre qu'avant, ajoute à cela les soucis avec le net, ce qui fait que je ne peux pas forcément tout lire et vu que je suis une tonne de fic T.T. Sans compter que je prends du retard sur la mienne --".

 

Je ne sais plus pour Dan et les Sanins, comme la chronologie est souvent bafouée par l'auteur. Ce qui est sûr, c'est que Kamuhita a six ans tandis que kakashi a dix ans. C'est mon repère. Donc, pour l'instant il n'y a pas eu l'attaque sur le pont kanabi et la soit disante mort d'obito. Donc, Hanzo est encore le chef d'Ame (mais pas pour longtemps).

 

Dan est mort à vingt-sept ans et durant la seconde guerre, du moins si l'on se fie au wiki naruto...

Les Sannins ont en SG environ cinquante-sept ans et Kakashi trente. Donc si on pars du principe qu'au présent, Dan aurait eu le même âge que Tsunade and co, Kakashi est née durant l'année de la seconde guerre, durant laquelle tombe au champ d'honneur Dan. (mode délire on : Kakashi est donc la réincarnation de Dan mode délire off). Donc dans ma tête, ta fic se passe dix ans après la deuxième guerre ninja, sauf erreur de ma part. Tention si tu fais du mal à Hanzô *-*

 

 

 

 

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Oui voilà je boude :D

Non, plus sérieusement, c'est juste que je n'ai plus autant de temps libre qu'avant, ajoute à cela les soucis avec le net, ce qui fait que je ne peux pas forcément tout lire et vu que je suis une tonne de fic T.T. Sans compter que je prends du retard sur la mienne --".

 

T'inquiète je comprends totalement ! Je sens que moi aussi je rentre dans ce genre de phase où j'aurai du mal à continuer ma fic... ><

 

Donc dans ma tête, ta fic se passe dix ans après la deuxième guerre ninja, sauf erreur de ma part. Tention si tu fais du mal à Hanzô *-*

 

Voilà c'est surtout sur kakashi que je me base. Mais ton raisonnement sur les sannins etc... me parait tout à fait juste. Mais ça se passe bien lors de le troisième guerre ninja... enfin je ne sais pas combien de temps elle dure... si elle dure que deux ans ça change juste un peu la physionomie historique. Et donc Yuki subirait les conséquences de la deuxième guerre...

Mais Kakashi à l'âge de dix ans, la troisième guerre n'a pas encore commencé ??

 

Bref, ça montre bien que la chronologie de ce manga laisse à désirer.  :-\

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T'inquiète je comprends totalement ! Je sens que moi aussi je rentre dans ce genre de phase où j'aurai du mal à continuer ma fic... ><

 

Bon courage alors :D.

Voilà c'est surtout sur kakashi que je me base. Mais ton raisonnement sur les sannins etc... me parait tout à fait juste. Mais ça se passe bien lors de le troisième guerre ninja... enfin je ne sais pas combien de temps elle dure... si elle dure que deux ans ça change juste un peu la physionomie historique. Et donc Yuki subirait les conséquences de la deuxième guerre...

Mais Kakashi à l'âge de dix ans, la troisième guerre n'a pas encore commencé ??

Bref, ça montre bien que la chronologie de ce manga laisse à désirer.  :-\

 

Si on pars du fait que Kakashii est devenu jonin à onze ans et que c'était la fin de la guerre, elle pouvait aussi bien avoir commencer plusieurs semaines/mois qu'un, voir deux ans, comme tu le dit, la chronologie est loin d'être le point fort du manga. Enfin, tant que tu nous fait d'autres chapitres tout aussi bon et plaisant à lire o/

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1.3 Sous le courroux des éléments 

 

    Les deux vagabonds étaient ravis de pouvoir enfin partager leurs appréhensions avec quelqu’un à l’écoute et qui comprenne. Vivant dans le même bourbier frigorifiant, ils étaient tous les deux motivés pour la survie. Seuls, ils auraient pu se décourager, mais voyant l’autre se cramponner à la vie, leur entrain n’était que plus endiablée. Une tempête de neige était programmée pour le lendemain, un vent hurleur faisait l’éclaireur dans tout Yuki, rien de bien réconfortant pour ces deux larrons. Ils avaient passé le plus clair de leur temps à se nourrir convenablement en adoptant les stratagèmes et autres subterfuges malins du récemment baptisé Kamuhita. Ryusuke était impressionné par sa débrouillardise. Leur joie n’était que de façade, depuis leur rencontre fortuite qui datait désormais de quatre jours moribonds.

    Ce qui avait accaparé le garçon à la tignasse d’un bleu ciel effacé, lui avait littéralement échappé. Il devait absolument dégoter un lieu de repos, avant que les rafales de gel ne terminent leur travail d’éradication. Le pâlichon déposa son inquiétude sur les épaules plus fermes de Ryusuke.

 

-On a besoin d’un abri avant la tombée de la nuit !

 

-Mm… Je sais ! Nous allons nous installer dans mon ancien terrain de jeux, s’excita le brun.

 

A quoi pouvait bien ressembler cet endroit ? Cernant le personnage, Kamuhita admit qu’il avait quelques réticences à le suivre dans cette proposition. Si cela n’était pas convenable, ils auraient perdu des minutes considérables. Heureusement, cette aire était perdue dans le quartier commercial. Les pieds sautillant dans la neige fondue, ils feignirent de s’amuser sous l’impulsion joueuse du garçon aux yeux verts, pour enfin deviner l’endroit qu’ils devraient visiter avant de s’y projeter. C’était bien discret, au fin fond d’une ruelle où devait s’y déverser les égouts. La chaussée était glissante, Kamuhita en venait même à patiner sur des flaques glacées. Il souleva donc que comme la neige ne les avaient pas recouvertes, la cachette était un abri efficace face aux intempéries qui frappaient quotidiennement le village. Le plus petit de taille, l’appela pour qu’il ne le perde pas de vue. En effet, il avait retiré des barres d’une voie d’aération qui étaient préalablement fragilisées. Puis, il s’y introduisit comme pour s’élancer sur une rampe de toboggan. Il fut happé par l’obscurité. Nerveux, Kamuhita déglutit et prit un bol d’air. Il imita son ami, possédé par un élan de confiance. Il se réceptionna comme il fallait, à son grand étonnement.

 

-J’ai bien cru que tu n’allais pas venir ! Tu as été long !

 

-Désolé… 

 

    Il s’était excusé de manière expéditive, sans vraiment y mettre du cœur comme il se doutait que Ryusuke plaisantait. Pour ce qu’il avait discerné de son complice, il ne pouvait nier que c’était un plaisantin. Il riait même dans son malheur, ce qui était une qualité rare mais qui en revanche pouvait déranger. Ces impressions sur l’humain mis de côté, il s’appesantit sur leur potentiel repaire. C’était une cave abandonnée et pas très chaude, des outils étaient rangées dans des cartons, dont une échelle.

 

-Regarde ! Je m’en servais pour sortir ! Comme on est encore trop petit, elle nous sera d’une grande aide, appuya Ryusuke qui comptait bien mettre de son côté l’avis du plus indécis. Cela lui valut de se confondre avec un vendeur immobilier dans son attitude, en vantant les mérites du logement comme sa fonctionnalité par exemple.

 

La salle, même si elle n’était pas isolée du froid, était incroyablement spacieuse, de quoi entreposer des vivres pour qu’ils songent à dire stop à leurs membres sans cesse sollicités, au moins un jour sur deux. Ainsi, la survie prenait une forme plus organisée. Ils ne trouveraient peut-être pas mieux dans les environs. Les atouts que comportait le local lui suffisaient. Il l’adopta, et Ryusuke en fut soulagé.

 

    Ils firent alors une dernière escarmouche contre les marchands, avant d’hiberner sous leur toit. Il avait au moins une petite réserve sous le bras, et ce fut une sage prévision, car la tempête tant redoutée, se déchaina. Les flocons n’étaient plus égaillés, gentils et doux, mais fonçaient dans une furie innommable. Le vent violent faisait tanguer les toitures en tôle. Les deux voûtés dans leur baraquement, en étaient presque amenés à prier. Des grondements sourds se déclaraient au dessus de leurs têtes juvéniles, ainsi que des craquements de charpentes. Les potes enfermés comme des rats dans un caniveau, s’étaient mis face à face, s’encourageant à ne pas devenir fous. « Tout se passera bien. » était ce qui attisait leur regard, se portant l’un et l’autre encore plus haut. Le chaos qui régnait à l’extérieur se manifestait par un véritable déluge hivernal.

    Au fil du temps, ils s’habituèrent à ce remue-ménage. Et ce fut Ryusuke qui voulut détendre l’atmosphère en premier en posant une ou deux devinettes foireuses. Cette tentative fit arracher un sourire sincère de la mine gelée de son locuteur. Le maigrelet en vint finalement à passer à une discussion plus sérieuse :

 

-Pourquoi m’as-tu donné ce prénom… Kamuhita ?

 

-C’est parce que mon père s’appelait comme ça, bougonna-t-il perplexe, pourquoi ? Il ne te plait pas ?

 

-Non, non, il est juste spécial…

 

-Attend, je vais te montrer mon seul bien, gesticula le gosse à la crête provocatrice. Il prit un objet assez petit pour tenir dans sa poche décousue. Sans même une arrière pensée, il le tendit à son collègue de mésaventure :

 

-Ca appartenait à mon père. Il est magnifique, pas vrai ?

 

Ryusuke lui montra une plaque de métal cloutée sur un morceau de tissus bleu. Gravé dans le métal gris, le symbole des ninjas de Yuki, des flocons désordonnés, en suspension. A cette vue, le traumatisé eut un regain de colère et de frayeur. Sans en comprendre les raisons qui le menaient à haïr cette caste de shinobis, il gifla la main du plus enjoué, faisant volé le bandeau frontal un peu plus loin. Ryusuke demeura coi… Cette réaction immédiate était la réaction instinctive d’un mal être frappant. Son ami avait bafoué le dernier souvenir de son géniteur. Mais il ne lui en tint pas rigueur, il devait y avoir des antécédents à cette haine qui le rongeait. S’il y a bien quelque chose où leur point de vue divergerait, ce serait sur comment considérer la force militaire du pays. Kamuhita considérait que le malheur qui les accablait, était de la faute des ninjas. Contrairement à lui, Ryusuke voyait en eux, la possibilité de se rétablir, de renaitre de leurs cendres et que ce qu’ils subissaient n’était que la fatalité de la guerre, pas de l’homme à proprement parlé. Celui qui passait au dessus des travers de son compagnon d’infortune, s’éloigna afin de récupérer son souvenir. Le contact physique virulent, avait refroidis l’ambiance, déjà qu’elle n’était pas terrible à cause de ce temps pourri.

    Après une journée catastrophique où ils crurent que leurs jambes allaient s’atrophier, un rayon ensoleillé perça au travers de la bouche d’aération. Le vent s’était tu. Ils se hâtèrent se rapprochant l’un et l’autre, l’entente au beau fixe, et leurs frimousses baignèrent dans la clarté bénéfique du jour. C’était l’accalmie. Un nouveau jour demanderait leur implication. Réchauffé par l’astre, étaient-ils bénis par lui ? Etait-ce aujourd’hui que leurs vies allaient prendre un tout autre destin ?                 

 

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Bon chapitre.

 

Je trouve personnellement le style beaucoup plus digeste que les premiers chapitres sans pour autant te limiter dans les descriptions qui restent très détaillées.

 

Il y a un tout léger détail qui m'interpelle. Je me demande si le vocabulaire global appartenant plutôt au registre soutenu mélangé avec des expressions appartenant plutôt au registre familier est un effet de style volontaire de ta part.

 

Un exemple parmi d'autre

Une tempête de neige était programmée pour le lendemain, un vent hurleur faisait l’éclaireur dans tout Yuki, rien de bien réconfortant pour ces deux larrons.

 

Je trouve que le terme de "larrons", plutôt familier, dénote dans le reste de la phrase.

 

Autre exemple :

 

[...] déjà qu’elle n’était pas terrible à cause de ce temps pourri

 

Ici, alors que tout le paragraphe ou presque est dans un registre soutenu voire très soutenu, le mot "pourri" fait figure d'intrus je trouve.

 

Je te dis ça car des fois ça me déroute. Mais je suis peut-être le seul sachant que ce n'est pas bien grave.

 

En tout cas l'histoire avance.

 

La psychologie de Kamuhita se dévoile et on commence à en apprendre sur son passé.

 

L'amitié entre les deux protagonistes qui s'installent permet aussi d'entrevoir leur différence de point de vue sur les ninjas.

 

Comment cela évoluera-t-il ? Affaire à suivre !

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Bon chapitre !

 

Avec toi je découvre toujours de nouveaux mots ;D, les descriptions tu gères comme d'habitude. Mais à travers ce chapitre on découvre un peu plus la personnalité des deux nouveaux amis. Si Ryu est plus joyeux et intrépide, Kamu lui est plus calme et réservé.

On apprend aussi que le père de Ryu était un ninja mais qui est mort au combat, et on note une divergence entre les deux, lui il porte une grande admiration aux ninjas, alors que Kamu c'est plus du dégoût voir de la haine.

 

Je me dis que cette divergence va peut être amener à une séparation entre les deux dans l'avenir. Oui ? :P

 

En tout cas, une fois la tempête passé, il se réconcilie et regarde ensemble le soleil percé les nuages, l'aube d'un nouveau jour commence. On aura droit à une ellipse dans le prochain chapitre ?

 

J'attends la suite !

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