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bloody pulp

Les enfants des neiges [Naruto] (déconseillé aux -12)


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7.4 Le bucheron et la couturière

 

    Des jours durant, ce petit groupe avait entrepris une escapade qui mit leur endurance à rude épreuve. Ils quittèrent leur pays d’accueil et s’en allèrent vers le nord. Pour la plupart d’entre eux, ils firent leur première entrée au Pays de le Terre. En début de voyage, le climat et la région étaient agréables. Des ruisseaux qui serpentaient au milieu de prairies aux hautes herbes, de rares collines, et des champs à perte de vue et leurs moulins à eau. Ce n’est que plus enfoncé dans les terres, que le temps se compliqua. Le sol devint plus rocailleux, un signe qu’ils étaient dans les environs du village caché d’Iwa. Ce n’était pas leur destination, et mieux valait bifurquer légèrement afin de ne pas être signaler par des patrouilleurs. Les heures se suivirent, et se ressemblaient de plus en plus. L’après-midi était certes ensoleillée, et le peu d’ombre disposée par des pics rocheux n’empêchait pas la naine jaune de cogner sur leur front. Le sentier resserré qu’ils foulaient était poussiéreux, d’une terre volatile et âcre. Tandis qu’ils se remettaient complètement au sens de l’orientation d’Ensei, des vents violents balayaient ces terres reculées. Leurs sillons semblaient même s’effacer dans d’irritants tourbillons. Shikamori malgré la protection qui lui conférait son large chapeau, parvenait quand même à grommeler sur les conditions climatiques.

 

– Où est-ce que tu nous emmènes comme ça ?!

 

Le chef d’expédition n’avait pas envie d’envenimer la situation, et lui assura qu’ils étaient sur la bonne voie. Le brun échevelé continua de se plaindre sur le temps que ça mettrait. Il regrettait même de s’être laissé embarquer dans pareille mésaventure. Il confia ses frustrations à sa comparse Shibe.

    En général, ils avaient évolué de cette manière. Ensei menait la meute en avant, accompagné de Yuritomi, et les deux nouveaux venus fermaient la marche. Il fallait se douter que l’équipe n’était pas homogène, et que des affinités prédominaient. Ce fut donc tout naturellement que Yuritomi échangea ses à-priori avec son ami qui jusque là était concentré sur le chemin qui s’effaçait et réapparaissait sans arrêt.

 

– Je pourrai avoir une idée de la prochaine personne que l’on va approcher ?

 

Ensei n’y vit aucune objection, et montra son assentiment en lui tendant un bout de papier bien chiffonné par les années. En le tournant dans tous les sens, elle essaya d’établir un profil, ne serait-ce qu’avec ce que dégage le portrait.

 

– Je me souviens de son affiche dans ta chambre… Rien que dans ses yeux, je ne vois plus une trace d’humanité. Qu’est-ce qu’il est marqué, alors qu’il était si jeune ! De quand date cet avis de recherche ? Le questionna-t-elle.

 

– Je devais avoir six ou sept ans, donc je dirai que ça remonte à quinze ans.

 

– Et tu l’as déjà rencontré ? Je te le demande parce que rien qu’à sa tête, il n’a pas l’air commode, insista-t-elle, dubitative.

 

– Oui, une vieille connaissance. Il doit bien avoir changé depuis. C’était du temps où j’œuvrai pour Yuki. J’ai hâte de savoir ce qu’il est devenu. Bon, je te concède qu’il est repoussant, mais dis-toi que ce n’est pas de sa faute. Et je sais qu’il pourrait faire un très bon partisan à notre cause, affirma-t-il tandis qu’il gardait pour lui le malaise que lui inspirait cette personne.

 

La jeune kunoichi voulait cependant en savoir plus, ses habitudes de chasseur de déserteurs prenaient facilement le pas :

 

– Mais là nous sommes à Tsuchi no Kuni, pas à Yuki ? Qu’est-ce qu’il t’assure qu’il se terre dans se désert, loin de tout ?

 

Ensei contint son exaspération en expirant bruyamment. Sa manie de vouloir tout savoir dans les détails l’embêtait un peu.

 

– Tu te rappelles quand je me suis servi de ma capacité sur toi ?

 

– Celle qui m’a fait t’oublier ? Oh que oui, et je m’en méfie maintenant.

 

– Hé bien, cet homme en a fait aussi l’expérience. Je ne lui ai pas effacé la mémoire comme à toi. À l’époque, je n’étais pas au courant du potentiel enfoui dans mes gènes. Je l’activais au moment où je voyais la mort de près, spontanément sans contrôle. Ce que cherchait alors, était de maintenir une emprise sur le psychisme de mon ennemi. Et lui, il l’y a survécu, il a même tenu bon. J’ai pu alors entrevoir par erreur, une partie de son histoire. Sur le coup, je n’avais pas compris que c’était son passé qui avait tourné dans ma tête.

 

– Qu’as-tu découvert ? Demanda la brune piquée au vif.

 

– Un aperçu de son mal être, de sa tristesse. Yuritomi, il a besoin de se sentir entouré. Déjà tout petit, il avait tout perdu. Peux-tu imaginer l’espace d’une seconde, un gamin de cinq ans enrôlé de force dans l’armée d’Iwa, considéré comme une arme sans sentiments ? Une fois bien embrigadé, ils l’ont jeté au beau milieu de Yuki, comme s’il n’était qu’une bombe à retardement. Agressé par les défenseurs, il n’eut d’autre choix que de laisser place à sa folie. Il sema la désolation. Ce fut un massacre sans nom qui resta dans les mémoires du village des flocons. Depuis ce jour, le climat de confiance s’est brisé entre les dirigeants et les gens du bas peuple. C’est ainsi que la Sandaime a pris le pouvoir de force à un Nidaime dont la popularité était au plus bas.

 

– Tous ces dérèglements politiques à cause de ce petit garçon ? Plus tu m’en parles, moins je me dis qu’il faille le retrouver. Si ce que tu me racontes n’a pas été exagéré, ce n’est pas un être humain, mais un monstre.

 

– Tu as certainement raison. Seulement j’ai le sentiment qu’il lui reste une part d’humanité. S’il y a bien une personne qui peut le comprendre c’est moi. Continuons d’avancer, je sais qu’il est dans les parages. Après lui avoir éveillé des souvenirs, il s’est échappé de la prison de Yuki. Il est forcément parti se réfugier dans un lieu familier, au pays de la Terre. D’ailleurs nous y sommes !

 

    Le quatuor tout neuf se rassembla au bord d’une butte, pas très haute. En contrebas, une piste sinueuse s’enfonçait doucement jusqu’à un amoncèlement de baraques désordonnées. Le style cubique et en planches faisait penser au Far West dans ce désert ocre. Toutefois pour une fin de journée, ce n’était pas très animé, même pas du tout. Pas le moindre racoleur ne démarchait dans les rues. La demoiselle aux lunettes noires présenta son rapport spontanément :

 

– Je ne capte quasiment pas de vies… Si, une seule en vérité. Sinon, un chakra étrange émane du village entier, fut-elle catégorique.

 

– Etrange ? Que veux-tu dire par là ? Demanda précision Shikamori qui avait repris une humeur supportable.

 

– Elle est sombre, je dirai même nauséabonde. Je n’ai senti ça nulle part ailleurs.

 

– Dans quel bourbier tu nous as amené, Ensei ?!

 

Les représailles du plus grand et brun ne firent pas mouche chez Ensei, qui avait le don d’ignorer les palabres futiles. Non, sa première réaction aux observations de son acolyte fut un tremblement impossible à canaliser à sa main. Il connaissait ce pressentiment. Commettait-il une grave erreur ? Il calma ses doigts encore agités avec son autre main, et la cacha dans sa manche. Il n’était plus temps de reculer.

 

– Je vous présente le village caché du clan Kadara, le clan maudit des roches.

 

Yuritomi, Shibe et Shikamori n’eurent pas l’occasion de lui demander des informations supplémentaires. Il descendit la piste s’en se soucier de ce qui les attendait. Les trois hommes de main n’eurent d’autre choix que de l’accompagner d’abord dans un silence gênant, avant que Shikamori ne commence à manifester ouvertement son agacement. La voie piétonne s’élargit avant de pénétrer dans cette bourgade tout droit sorti d’un western. Chacun fit vagabonder son regard, à tout va dans l’intention d’épingler une présence dans ces lieux poussiéreux, et bafoués par les vents. À l’entrée de la ville, ils tombèrent sur une écurie vide et ses mangeoires qui n’avaient certainement pas été remplies depuis un bail. Les hautes maisons à un étage étaient éparpillées ça et là, ne dessinant pas vraiment de ruelles particulières, si ce n’est un ou deux culs-de-sacs. Là encore, à l’image d’un crissement de pancarte, les habitations étaient laissées à l’abandon. Pourtant selon le rapport formel de Shibe, au moins une personne résidait dans ces taudis.

    D’autre part, plus il piétinait dans le sable, plus une curieuse impression les saisissait. Ils se sentaient lourds, oppressés. Sûrement un contrecoup du chakra dense suspendu dans la bourgade. « Ça sent la mort, et en même temps, on dirait qu’on est surveillé. C’est assez contradictoire. » Observa-t-il. À priori, personne ne vivait ici depuis des années, comme ils n’avaient reçu aucun accueil, si ce n’était un vent tourbillonnant. Shibe parvint à la même conclusion logique :

 

– Je ne perçois toujours qu’une personne, faiblement. Nous sommes bien dans une ville fantôme.

 

– Par où as-tu trouvé une source de chakra ? Se concentra sur l’essentiel le meneur.

 

– À l’autre bout de la ville, ce doit être dans une habitation. Ça ne bouge pas.

 

– Très bien, on va s’y diriger.

 

– Attendez ! Nous ne sommes pas seuls ! Les avertit Yuritomi qui avait commencé à mettre ses mains sur ses armes.

 

L’avertissement poussa Shikamori à l’imiter. La seconde femme du groupe n’en tint pas compte, et la rabroua froidement.

 

– Tu te fais des idées, je n’ai détecté aucune présence à proximité.

 

– Tu as peut-être un sens aiguisé des chakras, mais pour ma part, je sais discerner des mouvements derrière des fenêtres. Ces bâtiments sont habités, j’ai vu à plusieurs reprises des ombres qui reculaient dès que je les suspectais.

 

– Je pense que l’on peut se fier aux observations de Yuritomi, considéra Ensei. Mais l’absence de chakras distincts est aussi un fait à ne pas négliger.

 

La brune au chignon était fière d’elle. Même s’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, elle percevait l’autre femme comme une rivale pour gagner le cœur de leur chef. Le comportement était puéril, mais c’était un trait de sa personnalité. Pour ce qui était de Shibe, elle ne lui portait guère d’attention, le minimum pour une entente respectueuse. Elle fit comme si de rien était, alors que la demoiselle aux formes assumées lui faisaient des yeux noirs. L’homme aux mèches bleutées les recadra aussi sec :

 

– Ne nous chamaillons pas, suivons plutôt la piste que nous propose Shibe.

 

Le ninja de l’ombre allait reprendre une marche hésitante, quand des grincements les retinrent tous. D’un côté comme de l’autre, des formes s’agitaient. Des ombres apparurent de derrière les portes, de détour de ruelles. Toute une population vint dehors, à leur rencontre. Un tel mouvement de foule avait de quoi affoler. En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, le quatuor perdu se faisait cerner par ces gens qui tenaient maladroitement fourches, bèches, couteaux de cuisine, ou même sabres. Encore, ce n’était pas qu’ils se soulèvent contre des étrangers eux aussi armés qui était le plus déroutant, mais l’apparence des villageois. Leurs peaux même de loin, paraissaient froides, parcheminées et ternes. En s’efforçant de pousser le descriptif, ils firent un constat qui leur retourna l’estomac. Chaque membre de cette ville reculée, avait la bouche cousue, comme s’ils étaient interdits de parler avec autrui. Une scène effrayante, tandis qu’ils se rapprochaient les bras ballants le long du corps. Ensei faisait en sorte de ne pas perdre son sang froid :

 

– Bon sang, il y avait un risque, mais tous les membres du clan sont dans cet état. Qu’est-il arrivé dans ce village ?

 

– Tu étais au courant de ce foutoir ?! S’enflamma l’autre garçon, le hachoir au tranchant luisant.

 

Il acquiesça de la tête, pensif.

 

    L’amoncèlement de ces personnes décharnées avait cependant toute leur attention. Leur nombre grossissait, d’une douzaine, ils passèrent à une cinquantaine. La femme au menton et la bouche cachés par son col, très surprise, appuya son analyse de tout à l’heure :

 

– Ils n’ont plus rien de vivants, ils n’ont plus le moindre souffle de vie. Leur chakra ne leur appartient pas, et il ne se distingue pas des particules disséminées un peu partout.

 

Shikamori eut son visage qui se changea en un rictus mauvais. Il avait le cul entre deux chaises : obligé Ensei de cracher les réponses sur ce lieu de fous, ou se défendre contre ces citoyens défigurés. L’urgence du second point l’emporta sur le premier. En revanche, cela ne l’empêcha pas de l’injurier proprement. L’azuré n’y prêta guère attention, et leur fit une dernière recommandation :

 

– Je vous laisse vous occuper de ces créatures. Je pars devant, régler la situation.

 

Shikamori se retint de le planter avec son hachoir, et fut devancer par Yuritomi pour ce qui était d’ouvrir le clapet.

 

– T’es sûr que ça ira ? Tu ne veux pas que l’un de nous t’accompagne, au cas où…

           

– J’ai juste besoin que vous vous chargiez de ses erreurs de la nature. Que vous l’occupiez, pendant que je m’approche de lui, sourit-il amèrement.

 

Cette demande était pour le moins énigmatique, surtout pour le duo de nouveaux. Ensei décampa, en outrepassant la horde qui se formait. D’une facilité déconcertante, il esquiva l’un de ces zombis qui se rétama comme un balai désarticulé. Le commandant de l’opération quitta la zone de combat, et poursuivit en solo. Il avait pleinement confiance en ses comparses, même si ce n’était pas réciproque. Ils géreraient cet état de crise. « À moi de me montrer à la hauteur, je vais le retrouver avant que mes camarades ne s’épuisent. »

    Ses recherches ne seraient pas évidentes. Un calvaire, car un à un les habitants qui avaient perdu l’esprit et leur âme, sortaient de leur cachette. Combien étaient-ils à reposer dans cette ville fantôme ? Beaucoup trop à son goût. Il mit de côté l’horreur et fit en sorte d’éviter le corps à corps. Ce ne fut pas réalisable tout le temps, et il dût essuyer des griffures. Rien d’alarmant, puisqu’il les soignait d’un claquement de doigt, et en général il faisait en sorte de ne pas se faire toucher. Il se fit une percée au milieu de ces revenants, et enfin l’accalmie. On lui fichait la paix, même si du coin de l’œil, ces horreurs continuaient de pulluler. Bref, il ne s’en souciait plus, et revint sur sa piste. « Où en étais-je ? Ah oui, les fils. » Ce qu’il désignait comme fils, était en fait un réseau de câbles noirs qui trainaient et s’enroulaient dans tout le bourg. Selon les observations du révolutionnaire, ils étaient reliés aux êtres dépouillés qu’ils avaient à affronter. Certains se rassemblaient en un bouquet, fusionnaient, vers une direction similaire. Le metteur en scène de ce film d’épouvante, était forcément à l’autre bout de ce maillage.

    Le jeune shinobi se posta là où les fils du marionnettiste convergeaient. Dans une chaumière en périphérie ; Elle paraissait toute étriquée à côté des autres bâtiments. « Une branche de la famille Kadara, plus modeste. » Se dit-il. Même si l’effroi était en droit de le submerger, une force intérieure hors du commun le poussa à s’avancer. Des marches en bois le séparaient du porche d’entrée. Il les emprunta avec prudence. Ce n’est que sous l’abri qu’il perçut un être couturé, à la peau bruni par un quelconque maléfice, à l’arrière de la bicoque. Ce devait être un homme bien bâti, puisque ses bras robustes tenaient une hache qui s’abattait sur des buches. Un coup suffisait à chaque essai, et à chaque tronçon découpé, il remettait une buche. Une tâche, qui par le passé était nécessaire, mais maintenant qu’ils ne vivaient plus vraiment, qu’en était-il ? Ensei s’en désintéressa tant qu’il ne devenait pas une menace, et ouvrit la porte basse. Le salon était plongé dans l’obscurité, alors que la nuit n’était pas arrivée. Les deux ou trois fenêtres ouvertes n’offraient que de faibles raies jaunes et blafardes. L’invité ne savait pas trop où se mettre, et faillit chanceler. À ses pieds, les câbles formaient un entrelacs de racines, une déco dont il fallait s’accommoder. Une odeur persistance semblable au goudron chaud, le fit grimacer. Il ne fallait pas qu’il s’en tienne à ses détails qui de toute façon n’avaient pas de sens pour l’instant. Il inspecta donc la pièce à vivre. Une table entaillée, des chaises placées au hasard, des meubles de rangement sombres et intimidants placardaient une grande partie des murs. Ce n’est que l’inventaire effectué, qu’il remarqua un autre pantin qui devait être à l’effigie d’une femme. Elle aussi, comme l’homme de tout à l’heure, se désintéressait de lui. Elle était affairée. Ironie de la chose, elle était en pleine couture d’un voile, une aiguille en main, alors qu’elle-même avait les lèvres raturées et enlaidies. Du bout du pied, elle balançait machinalement un berceau. Un bébé était-il dedans ? Dans la même condition abjecte que sa mère ? Un hoquet de terreur envahit le ninja assassin qui mit sa main sur sa bouche. Un malaise le prenait tant l’aspect glauque, malsain de la scène le tourmentait. Il ne pouvait se laisser aller, il était ici pour une bonne raison. Alors que sa position devenait intenable, un protagoniste fit irruption, jusque là, abrité dans les ombres. Vu son physique, c’était encore l’un de ces monstres. Sauf que lui, jamais Ensei n’aurait pu l’oublier, tant il l’avait hanté. À peine, il émit un son. « Rumibayu… »                     

 

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Un chapitre digne d'un film glauque !

 

J'ai bien aimé l'ambiance style far west mélangé à de l'horreur, ce fut bien décrit et retranscrit. La nouvelle petite team qui ne cessera de grandir se rend dans un lieu animé par la frayeur et le malaise et on en comprend la raison quand on découvre ce qui y vit.

 

Surtout la fin qui est la très bonne surprise, on revoit enfin notre chère Rumibayu après tout ces années d'absence, il semble être devenu un puissant maitre marionnettiste. Bref j'attends la suite pour en découvrir sa réaction face à Ensei

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Un chapitre digne d'un film glauque !

 

Merci, enfin... je le prend comme un compliment !  ;D

 

J'ai bien aimé l'ambiance style far west mélangé à de l'horreur, ce fut bien décrit et retranscrit.

 

Je trouvai qu'il fallait un environnement qui sorte des chantiers battus de Naruto, pour faire revenir comme il se doit Rumibayu.

 

Surtout la fin qui est la très bonne surprise, on revoit enfin notre chère Rumibayu après tout ces années d'absence, il semble être devenu un puissant maitre marionnettiste. Bref j'attends la suite pour en découvrir sa réaction face à Ensei

 

Faut en effet voir comment peut s'y prendre Ensei, avec lui.  :-\

Et Rumibayu pourrait très bien être sur la défensive, s'il est capable de se souvenir de ce qui s'est produit à Yuki.

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7.5 L’enfant maudit

 

    La rencontre avait été soudaine, mais néanmoins voulue par Ensei. Ce n’était que maintenant, qu’il se demanda quelle folie lui avait pris. Ils n’étaient clairement pas du même monde. Ne serai-ce que par leurs apparences. Ensei était humain, ça il n’y avait pas de doute. En revanche, ce n’était pas aussi clair dès que l’on posait les yeux sur Rumibayu. Il n’avait pas changé, les mêmes cheveux châtains en pagaille, ce même sourire ravageur, un petit corps dans des vêtements miteux. En fait, il n’avait pas ou presque pas grandi. Il était resté le même depuis leur funeste rencontre dans les profondeurs de la tour de Yuki. Allez, peut-être exagérait-il ? Il n’empêche qu’auparavant, c’était lui qui faisait plus jeune, désormais c’était l’inverse. À l’époque, il lui aurait donné huit ans, et dix-sept ans après, il ne lui donnait que douze, pas plus ! Qu’était-il au juste ? Sa toile de câbles était connectée à lui par des coutures à ses avant-bras et ses poignets. D’autres tentacules passaient derrière son dos. L’expression dans ses yeux était toujours aussi perturbante pour un gosse de cette taille. Pleine d’angoisse, et de folie meurtrière. Ensei avait néanmoins pris du galon, il n’était plus aussi influençable.

    Comme le petiot ne faisait plus un pas, il osa une approche. D’une manière ou d’une autre, le ninja cherchait à communiquer. D’instinct, il surveilla les agissements de la femme, du moins ce qu’il en restait, qui tricotait et berçait son bébé de manière précise et calculée. Elle ne changea pas ses habitudes, le teint grisâtre de ses pommettes froissées comme du chiffon, perdait d’avantage de couleur à cause de ses longs cheveux collants. Elle avait un air de famille avec Rumibayu. Cela ne s’arrêtait pas au fil qui strié sa bouche, mais à des traits au niveau des joues et du menton. Il n’en fallut pas plus pour qu’une déduction fourmille dans sa tête fumante d’idées.

 

– La dame posée à tes côtés, Rumibayu… C’est ta maman ? Et donc l’homme qui coupe du bois dehors, ton papa ? On serait chez toi ?

 

Pas de réponse. Rien qui sortait de l’ordinaire puisque son bâillon morbide le lui interdisait, comme s’il avait fait vœu de silence.

    De toute façon, Ensei n’y avait pas cru. Il voulait juste créer un terrain calme et détendu entre eux deux. Lui montrer qu’il ne lui voulait pas de mal... ça revenait presque à venir en aide à un animal sauvage blessé, sauf que le bambin était bien plus imprévisible. Ensei se permit une infime tentative de venir auprès de lui, luttant contre ses à-priori. Son pas glissa doucement, hésitant quand des mouvements furtifs perturbèrent les ombres du salon. On vint derrière lui. Une forme qu’il reconnut en tournant la tête avec précaution. Ce qui s’était glissé à sa suite, fut le pantin principal du garçon. Lui non plus n’avait pas changé d’un cheveu, et donc intimidait moins malgré son apparence repoussante. Sa tête lui arrivait au torse, et sa petite taille lui servait à se faufiler, comme à cet instant. Là encore, l’ambiance était macabre, surtout que toutes les issues étaient bloquées dorénavant, à moins qu’il fracasse une vitre. Ensei avait peut-être un moyen de l’amadouer, en tout cas c’était maintenant qu’il devait abattre sa carte. Un bruit désagréable de succion ébranla le shinobi. Les mauvais souvenirs affluèrent de plus belle. Cette chose dénuée de sentiments venait de sortir ses ongles de sa main, longs et plats. Ils étaient acérés comme des lames de katanas. Ses griffes avaient fait couler beaucoup de sang innocent. C’était comme revivre un cauchemar, avec le sentiment que l’on n’arrivera pas à se réveiller à temps. Bientôt c’était de son liquide rouge que ces outils se nourriraient.

 

– Attend un peu ! S’il te plait, souviens-toi ! C’est moi qui t’es fait ressurgir ta petite enfance ! Grâce à moi, tu as retrouvé ta famille, et ton foyer.

 

Le métal éreinté cliqueta sinistrement. Ensei leva les mains en guise de drapeau blanc. 

 

– Je te jure que je ne l’ai pas fait exprès ! Je n’avais aucun contrôle sur ce pouvoir ! Excuse-moi, si je t’ai fait souffrir. Tu sais, moi aussi je me suis rappelé des évènements de mon enfance que je voulais garder enfoui à jamais.

 

Aussi improbable que cela puisse être, le dérangé eut un soupçon de brillance dans son regard. Le plus vieux avait capté son attention.

 

– À présent, je sais mieux m’en servir. Je me suis entrainé en autodidacte, et ça m’a plutôt réussi. Si tu en as envie, je peux créer l’effet inverse. Te prélever une partie de ta vie, celle qui te fait la plus souffrir. Au bout du compte, tu te sentiras mieux, dès que j’aurai allégé ton fardeau.

 

    Il avait tapé dans le mille. Rumibayu pencha sa tête sur le côté dans un grincement de tendon. Il était interloqué. En suivant, les griffes retombèrent en même temps que la pression autour de l’aura meurtrière. Sans rien lui cacher, le blafard lui tendit son doigt. L’index se raidit, se désarticula en une tige fêlée, noire et dure. Sur plusieurs points, ils se ressemblaient. Sans geste brusque, le membre poussa droit vers la cervelle malade de l’enfant seul en ce monde. Avant que le lien ne soit tissé, Ensei l’apaisa :

 

– Ne t’en fais pas, tout ira bien. Nous serons deux à traverser tes difficultés. Fais-moi confiance. Nous sommes amis, pas vrai ?

 

Le jutsu mémoriel des Makusa s’enclencha. Dans l’intimité des deux esprits entremêlés, un claquement d’étincelles, les tinrent tendus. Tout à coup, des images claires les maintinrent unis à un fil invisible. L’histoire de Rumibayu s’ouvrit comme un livre.

 

    Ensei se retrouve spectateur, transposé dans une modeste demeure. A bien y regarder, il était dans la même chaumière des années auparavant, sauf que la chaleur d’un âtre adoucissait le foyer. Par la fenêtre pour le coup en bon état,  une lune ressortait d’une soirée fraîche, légèrement rosée. À l’extérieur, les quelques passants baissèrent naturellement le ton. Il n’y avait plus que les lampes des résidences et le grésillement des moustiques pour y mettre un peu de vie. S’intéressant de plus près au salon, Ensei avait vu juste. La famille de Rumibayu n’était pas riche, mais se suffisait à elle-même, ne manquant de rien. La maman était au même endroit qu’il l’avait laissé, assise sur une chaise rembourrée. Certainement que c’était une position habituelle gravée dans sa mémoire. Au lieu de s’exciter sur ses pelotes de laine, elle s’occupait d’un enfant de deux ans environ. Elle le tenait tant bien que mal, tant il gesticulait de partout. Il jouait avec son doudou, une toute bête poupée de chiffon au large sourire, et aux yeux en boutons. Sa mère n’arrêtait pas de tourner son petit à chaque fois qu’il battait un peu trop de ses bras minuscules. Le voir déborder de vie, réjouissait celle qui l’avait mise au monde. Des rires aux éclats égayèrent la maisonnée.

    Ce fut le moment que choisit un autre membre de la famille, un jeune adolescent de douze ans, pour se ruer, la joie au cœur dans le hall-salon. Les yeux noisette et coquins, il se précipita auprès de la maitresse de maison, sa chevelure hirsute et brune comme le cuir, les mèches en pagaille. Cinq sabres japonais alourdissaient son dos, soigneusement rangés dans leurs fourreaux. Sa course n’en était que plus drôle.

 

– Maman ! J’ai été retenu pour faire partie de la police du village !

 

– Bravo, Keiji ! Tu l’as dit à ton père ? Se leva-t-elle brusquement, secouant en même temps son dernier enfant pelotonné contre elle.

 

– Oui, je l’ai vu dehors ! Il m’a dit qu’il était fier de moi.

 

– Nous le sommes tous les deux, le complimenta-t-elle sans faire attention qu’elle berçait le bébé avec énergie.

 

– Demain, je vais participer à l’entrainement matinal. Que j’ai hâte !

 

Une bonne nouvelle chez une famille qui n’en demandait pas tant. Le jeune et doué Keiji avait les joues qui rosissaient de bonheur. Souriant et rieur. Forcément sa bonne humeur était contagieuse. Dans cet élan, la maman ne fut pas attentive, et rata le moment où le poupon lâcha prise sur sa peluche. La poupée s’échoua sans un bruit sur le planché. La mère bien accaparée, bien sûr ne vit rien du tout. Une scène quotidienne qui se produit dans bon nombre de familles, où l’on est un peu étourdi. Afin de clamer son dû, le petit bout ne trouve qu’une solution : piquer une crise. Une réaction normale pour son âge, et sa colère de nourrisson alla grandissante. Ses pleurs furent plus stridents. La dame parut être prise au dépourvu. Ce n’était pas qu’elle ne savait pas si prendre avec un bébé, elle était quand même deux fois maman. Mais c’était la première fois qu’elle rencontrait une crise de nerfs aussi forte. Elle en était désemparée. Pour ne rien arranger, le bébé persévérait, pleurait toujours plus, à tel point qu’il devint tout rouge. Il braillait tellement fort, à en ameuter le quartier. Un éclair de lucidité survint chez la mère :

 

– Keiji, attrape sa poupée ! Vite !

 

Elle tenait fermement le garçon criard, elle ne pouvait donc pas tout faire. Keiji eut une seconde d’absence, avant de se lancer. C’est alors que le père qui buchait dans la cour, entra inquiet, la hache en main.

 

– Qu’est-ce qu’il se passe ? Vous n’arrivez pas à le calmer ?

 

C’était l’intervention de trop qui empêcha Keiji de prendre le doudou de son frangin.

    La suite se passa dans une violence inouïe. Un mal étrange s’échappa du nourrisson. Devenant incontrôlable, des fils d’un chakra machiavélique et dense évacuèrent de son corps recroquevillé. La vue du sang éclaboussa Ensei et Rumibayu qui ne faisaient qu’observer la scène, l’un avec horreur l’autre avec amertume. Les tentacules vinrent à bout une première fois sur la maman, dont il ne devait plus rester que de la bouillie de son système digestif. Keiji suivit, transpercé par l’un d’eux au niveau du cœur. À peine son père prépara sa hache qu’il fut emporter d’où il venait par une vague de mort. Des craquements d’os révélèrent qu’il ne s’en sortirait pas. Ce fut ainsi, qu’une toile géante s’étendit dans tout le village. Tous les Kadara ne purent éviter de se faire épingler par cette malédiction. En une nuit, un clan entier fut massacré, et ce par un être en apparence innocente. Lorsque la mère mourut, elle tomba d’abord à genoux, avant de s’effondrer sur le côté, comme si sa volonté de protéger son fils avait survécu. Le bébé rampa hors de son étreinte, vidé, apeuré, en larmes. Il se déplaça du mieux qu’il put, à quatre pattes. Ses gémissements ne pouvaient pas être consolés. Il avait assisté à un spectacle qui le hanterait le restant de ses jours. Alors qu’il ne pouvait se calmer, une petite voix entra dans ses pensées, distincte et rassurante : « Chhhhhuuuuttt… » Et soudain comme manipulé par une force étrangère, les lèvres tremblotantes de l’enfant se firent sceller par du fil noire. Plus de pleurs, plus de sanglots. Plus de rire, plus de joie. Plus de moments malheureux, plus de moments heureux. Il se retrouvait muselé par ce potentiel dévorant, qui n’avait soif que de sang. Il semblait toutefois qu’il avait eu sa dose.

 

– Petit frère…

 

La voix éteinte de l’ainé lui parvint. Il n’était pas mort, enfin pas encore. La tige qu’il avait encaissée, ornait sa poitrine. Son souffle était insistant, long et faible. Keiji, le sang perlant de sa bouche, lui tendit une main secourable ou de détresse, si ce ne fut les deux. Le cadet par amour fraternel, fit de même. Sa mimine s’ouvrit moite. Entre les deux frères, reposait la poupée de chiffon, dont son sourire forcé dans cette tragédie le rendait moqueur, insatiable. Un fil sortit plus fin que les précédents, et lentement s’étendit en avant, dans le prolongement du bras du bébé. Telle une racine, il s’insinua dans la poupée et en ressortit pour se lier à Keiji. Il n’en fallut pas d’avantage pour qu’il cesse de respirer, la tête pendante. Le dernier de ses proches mourut, et bizarrement, il ne le pleura pas. Il avait déjà pleuré toutes ses larmes, et sa bouche cousue l’empêchait de gémir. Non, son premier réflexe fut de récupérer, son bien précieux, sa poupée.

    Une poignée de minutes plus tard, deux individus aux gabarits bien différents, l’un large et grand, l’autre tout petit à côté, se présentèrent au pas de la porte, porte qui avait volé en éclats avec le père de famille. Quelque peu sur leur garde, ils se risquèrent à venir voir le seul survivant des Kadara. Le bambin était affairé sur le corps inerte de son grand frère. Ne sachant pas par quelle monstruosité il était animé, il avait retiré les katanas de Keiji pour les lui greffer sur ses doigts. Ce chakra violent était apparemment capable de finesse… faute de goût. Le personnage plus petit était un vieux monsieur. Il croisa les bras derrière son dos avant de s’exprimer :

 

– Ainsi, la malédiction qui planait sur le clan Kadara s’est abattue. Quel gâchis.

 

– Comment cela a-t-il pu arriver ?

 

– Un élément ne trompe pas Kitsuchi. La lune a des reflets rouges cette nuit. C’était un signe avant coureur.

 

– Maitre Tsuchikage, articula la Montagne les tempes en sueur, que faisons-nous du garçon ?

 

Le vieil homme demeura songeur.

 

– Nous allons l’emmener, et le prendre sous notre aile. Je sais exactement comment il pourra servir les intérêts du village.

 

– Vous ne craignez pas que ce phénomène se reproduise à Iwa ?

 

– Je saurai calmer ses ardeurs. De plus, nous le mettrons en isolement. Allez, viens mon enfant, on va s’occuper de toi.

 

L’appel avait été indulgent. Aucune animosité ne s’en échappait. Alors pourquoi ne pas lui faire confiance ? Vers qui pouvait-il bien se tourner ? Ce fut d’un sourire d’ange et balafré que le Kadara accepta. C’est ainsi que Rumibayu naquit.

 

    La folie furieuse qui s’était manifesté dans cet enfant, était en train de faire rage à l’adresse du trio shinobis renégats. Yuritomi, Shikamori et Shibe étaient à la lutte avec ce clan revenu d’outre tombe. Ils s’épuisaient sur eux, sans le moindre indice sur celui qui tirait les ficelles. Son niveau devait être incroyable pour manipuler autant de corps, des cadavres à mi chemin entre la chair putréfiée et du vieux tissu brun. Rien de bien avenant. Ils leur arrivaient dessus en masse. Pour l’instant, ils les repoussaient brillamment. Le problème étant qu’il n’avait aucune idée du temps que ça prendrait. Ça en devenait interminable. Shikamori faisait le plus gros du travail, en déblayant l’avenue des monstres d’une coupe de hachoir. Shibe les éliminait plus lentement, comme elle privilégiait le taijutsu. En général, elle les terrassait et son acolyte de longue date, les terminait avec son arme. Une combinaison sur laquelle ils avaient tendance à se reposer, voir trop souvent. Comme ils faiblissaient, et que les rangs adverses grossissaient, Shibe manqua un mort vivant qui s’allait lui sauter à la gorge. Heureusement pour elle, le gaillard de la troupe intervint comme il se doit, en se servant de son ninjutsu. Il pétrifia cette chose autrefois humaine, ce qui donna à son équipière le temps de l’avoir dans sa ligne de mire. Elle l’acheva généreusement. Les deux amis se comprirent, et hochèrent du menton. Ils pouvaient compter l’un sur l’autre.

    En ce qui concernait la fille du brouillard, elle faisait bande à part. Yuritomi avait été formée comme assassine, alors elle assassinait. Katanas, au clair, elle virevoltait. Rapide, souple, elle venait à bout des pantins avec une certaine sérénité. Ensei ne s’était pas trompé, elle était un atout de force. Malgré ses talents, elle n’en faisait néanmoins pas tomber assez. Il y en avait toujours plus qui revenaient tâter de ses lames. Elle avait encore une roue de secours : « Je peux toujours me servir de cette technique, elle irait parfaitement à ce cas de figure. Dans une mêlée. Seulement, Ensei nous a dit de l’attendre, et de les retenir. Que faire ? Je ne voudrai pas atteindre ma limite. » Il était légitime qu’elle se pose ce dilemme. Elle ferma les yeux pour se concentrer.

    Un silence ressemblant à une bouffée d’air s’installa. Elle les rouvrit prestement, et fut soulagée de voir cette marée décharnée cesser toute activité. Comme désactivés, ils avaient les têtes baissées, les bras ballants, flasques. Dans un même essor, ils se ramassèrent sur le seul, comme s’ils n’avaient plus de squelette, et rapetissèrent jusqu’à n’être qu’une sacrée collections de poupées de chiffon, aux bouilles identiques. L’armée s’étant redue, deux personnes, un enfant et un adulte borgne se montrèrent. Ensei et Rumibayu avaient fini de partager leurs sombres pensées, et marchaient tranquillement vers eux, main dans la main.

    La scène effara l’assistance, et la plus expressive fut la sulfureuse brune. Elle en eut le bec ouvert. Shikamori, lui, fronçait les sourcils. Il n’aimait pas la tournure que prenaient les évènements. Le physique du gosse qui était similaire aux marionnettes patchwork, le révulsa. Ensei fit comme si de rien était, et présenta son compagnon, à ses collègues, à l’image de camarades d’école qui font connaissance.

 

– Je vous présente Rumibayu. Il va se joindre à nous.

 

– J’en ai assez vu. Je refuse de travailler avec un type qui n’a aucune éthique. Sa tête ne me revient pas. Je me casse ! S’emporta-t-il.

 

Toutefois, ils l’avaient connu beaucoup plus en colère durant leur courte pérégrination. Ensei continua dans le même jeu avec lui : la provocation.

 

– Dis plutôt qu’il te met les chocottes ! Je ne t’aurai jamais cru froussard !

 

Le brun à la queue de cheval claqua des dents, un rictus mauvais. Il n’appréciait pas cette critique facile.

 

– Pense ce que tu veux, je m’en fous. Et tes rêves de pouvoir, tu peux te les mettre là où je pense.

 

Une insulte pour répondre à une insulte. Des gamins. C’était ce que devait penser les demoiselles. De toute évidence, le manieur de hachoir agit en conséquence. Il tourna les talons et partit. Shibe hésita à peine, mais le choix était vite fait. Elle le rattrapa. Leur association n’avait pas duré longtemps.

 

– Tu ne veux pas qu’on les retienne ? Lui proposa l’anbu de Kiri.

 

– Non, Yuritomi. On ne ferait qu’envenimer les choses. Tôt ou tard, ils seront bien obligés de nous rejoindre. Ils ne peuvent refuser mon offre.

 

Il paraissait sûr de lui. Elle ne connaissait que trop bien cette lueur de conviction qui illuminait son visage. Comme il annonçait, cela se réaliserait. L’azuré descendit soudain de la gravité de la situation :

 

– Hé maintenant, nous avons un fils ! Nous formons une vraie famille ! S’enthousiasma-t-il en indiquant Rumibayu.

 

La kunoichi fut déconfite en examinant la tronche du garçon. Elle était écœurée, et son sourcil ne pouvait s’empêcher de trembler. Puis, elle réagit :

 

– Mais… tu veux dire que nous sommes…, n’osa-t-elle pas prononcer tout haut.

 

– Non, non, je plaisantais. On repart ? Ricana-t-il.                 

 

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C'est un bon chapitre !

 

On découvre pour la première fois le passé de Rumi, et elle fut bien tragique et surprenante, il vient d'une famille touché par une malédiction, mais depuis quand ? Ils étaient pas au courant ? L'être qui habite Rumi vient de la poupée, qui est il ? Pleins de questions en suspend.

 

En tout cas, grâce à Ensei la team s'en sort mieux face à l'armée de zombie, mais il perd ses deux premiers nouveaux équipiers, enfin pas pour longtemps.

 

Bref j'attends la suite, qui semble imprévisible.

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On découvre pour la première fois le passé de Rumi, et elle fut bien tragique et surprenante, il vient d'une famille touché par une malédiction, mais depuis quand ? Ils étaient pas au courant ?

 

En effet, cette famille savait qu'elle était touché par une malédiction. Oonoki le savait aussi, raison pour laquelle ce clan est isolé d'Iwa. Seulement cette malédiction date du RS, voir plus loin encore. Vu l'effet de la malédiction, un déchainement de fils et de tentacules qui détruit toute vie sur son passage, elle n'avait jamais eu lieu auparavant. Plus le temps passe, et plus les Kadara ont manqué de vigilance. La malédiction s'est peu à peu transformée en légende.

 

L'être qui habite Rumi vient de la poupée, qui est il ? Pleins de questions en suspend.

 

J'ai sûrement mal détaillé ce passage de la voix qui demande à Rumi de se taire. Elle ne venait pas forcément de la poupée. Je ne dirai rien de plus, j'ai fait exprès de ne pas donner plus de précision. ^^

 

En tout cas, grâce à Ensei la team s'en sort mieux face à l'armée de zombie, mais il perd ses deux premiers nouveaux équipiers, enfin pas pour longtemps.

 

C'est exact, il ne va pas les laisser tranquille. Une sangsue cet Ensei !  ;D

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7.6 Le pacifiste

 

    Une nouvelle expédition se profila, et ce n’était pas près de s’arrêter, tant qu’Ensei n’était pas satisfait de sa bande. De sûr, il avait à sa botte, Rumibayu et Yuritomi. Pour l’élément juvénile de la team, il ne serait pas évident de l’associer avec d’autres, et encore moins que les futurs compagnons l’acceptent en retour. La seule dame présente s’était habituée à lui, son amour passionnel pour Ensei étant plus fort que l’horreur qu’elle lui inspirait.

    Ainsi, pour ne pas se faire trop remarquer, le couple se déplaçait en ensemble tandis que la marionnette gothique les accompagnait plus discrètement et à bonne distance. C’était les recommandations de son seul ami, alors il les suivit scrupuleusement. Yuritomi ne s’en plaignit pas, mais elle ne pouvait s’empêcher de le prendre en pitié :

 

– Tu es sûr qu’il ne peut pas nous accompagner ?

 

– Tu le défends maintenant ? Non, il vaut mieux pour nous et pour lui, qu’il nous suive à l’écart. Si nous sommes repérés, et qu’on nous attaque, il sera le mieux à même d’y répondre. Tu as oublié où nous sommes ?

 

Elle baissa les yeux, interdite et nostalgique.

 

– Au pays de l’Eau.

 

– Voilà, et nous sommes tous deux des fugitifs de Kiri. L’ANBU pourrait nous tomber dessus n’importe quand. Alors ses mesures préventives ne sont pas de trop.

 

Il n’avait pas tort, c’est pourquoi elle n’insista pas. Depuis le début, il semblait savoir ce qu’il faisait. C’était à elle de se montrait patiente, et de constater le résultat final. Néanmoins, elle ne pouvait garder pour elle, son anxiété à propos de leur prochaine recrue :

 

– Honnêtement, je pense que venir ici, est une perte de temps. Jamais il n’adhérera à tes principes.

 

– Tu l’as connu pour en être aussi certaine, parla-t-il sèchement.

 

– Non, j’étais trop jeune. En revanche ce que j’ai entendu de lui est suffisant. Il a été le seul représentant de son clan à intégrer Kiri. À l’époque, il voulait mettre fin aux tensions entre sa famille et le village. Ce fut un fiasco terrible, son clan s’est bêtement attaqué à Kiri, et a été réduit en pièces. Tout ça parce qu’ils ne lui faisaient pas suffisamment confiance, et que leurs envies de guerre étaient plus fortes. Déçu, ce shinobi seul rescapé qui n’a pas pris parti lors du conflit, a fini par se retirer du monde. Il est devenu un ermite.

 

– Tu ne m’apprends rien de plus sur ce que j’ai pu récupérer sur lui. Dis-moi plutôt une chose qui m’a laissé perplexe… Le Brouillard Sanglant est reconnu pour poursuivre jusqu’à extermination leurs fugitifs, alors pourquoi le laissait tranquille à proximité de leur juridiction ?

 

– Il parait qu’ils se seraient arrangés. Suite à la perte de tout son clan, il n’avait plus à cœur d’œuvrer avec le village, si c’était pour participer à d’autres massacres  de ce genre. Le Mizukage et ses conseillers ont bien compris qu’ils devaient se séparer de cet élément d’une manière ou d’une autre. Ils ont alors accepté qu’il vive en dehors de Kiri, seulement sur un site bien précis. De là, il arrive que des ninjas des forces spéciales le surveillent ou prennent de ses nouvelles.

 

– C’est ça que je n’arrive pas à saisir, pourquoi préserver une personne alors qu’elle ne leur est plus d’aucune utilité. Elle pourrait même devenir nuisible.

 

– C’est bien parce qu’ils sont convaincus qu’il ne l’est pas, malgré sa puissance. Ce ninja est un ermite, je te rappelle. Il s’est isolé de la civilisation, des arcanes de la politiques, et c’est bien pour ne plus en prendre parti. Il n’est plus un danger, surtout que Kiri devait l’honorer de ses loyaux services.

 

– Et pour l’avis de recherche à son nom ?

 

– Simple mesure préventive de la part de Kiri. Et ne pense pas t’en servir pour le retourner contre le village, il a été mis au courant, et l’a accepté sans broncher.

 

– Admettons, mais ça ne change rien à ma décision, se buta l’azuré.

 

– Tu veux quand même l’enrôler ?! Cet homme opte pour un modèle de paix, comment veux-tu qu’ils s’associent à des révolutionnaires tels que nous ?

 

– Ne t’inquiète pas pour si peu, nous avons après tout le même but. Observe attentivement c’est tout. On arrive, déclara-t-il en toute confiance.

 

    Il ne croyait pas si bien dire. Au sommet d’une butte, un homme d’âge mûr s’était posé en tailleur devant un beau panorama. Maintenant que les deux acolytes s’étaient rendu à son niveau, eux aussi pouvait admirer le paysage en contrebas, une vallée vallonnée, égayé par un ruisseau balloté par les reliefs. Au bout du bout, des lumières qui scintillent, preuve d’une activité humaine. Il n’était pas la peine qu’ils s’y attardent longtemps. Leur ancien village où Ensei avait reçu asile, n’était pas loin du lieu de recueillement de l’ermite. D’ailleurs, derrière eux, la résidence se limitait en un cabanon en bambous et point d’eau pour la toilette. Il s’était résigné à une vie de privation, en se contentant du minimum vital. Le solitaire s’était isolé sur un promontoire rocheux qui dominait la cuvette. Il méditait, les yeux fermés, le visage inexpressif bers le lointain. En venant auprès de lui, Ensei observa quelques similitudes avec son mentor Bangezo, principalement dans l’accoutrement. L’ermite portait une tunique blanche, semblable à un kimono mais cette fois avec des touches noires aux manches. Une ceinture en soie violette resserrait son vêtement sur son bassin. Sur ses genoux, était rangé un magnifique katana dans son fourreau noir et peint d’orchidées roses. Comme il était tourné vers la falaise abrupte, il n’y avait juste qu’une chevelure mi-longue, grise et impeccable qui ondulait dans le courant d’air.

    Yuritomi et Ensei en tête, arrivèrent à sa hauteur et se firent silencieux par respect. L’ermite était en pleine méditation, il n’était pas judicieux de l’en dégager sans la moindre délicatesse.

 

– Excusez-moi, maître. Je…

 

– Vous ne devriez pas être là, jeunes gens. Un ninja de Kiri pourrait vous surprendre d’un instant à l’autre. Et je sais de source sûre, qu’ils ne vous portent pas dans leur cœur.

 

Il les avait rabroués sans y ajouter d’animosité. La vue ne se détachant pas de l’étendue de collines de plaines, il ne semblait pas vouloir en découdre. De toute façon, selon les dires de Yuritomi, il était contre toute forme de violence inutile. La remontrance du vieil homme ne voulait dire qu’une chose, qu’il n’y avait pas à discuter. La brunette le fit comprendre par un hochement de tête approbateur. Elle avait eu entièrement raison, jamais il ne s’associerait à des renégats. Pourtant Ensei ne baissa pas les bras :

 

– Je vais alors droit au but. J’ai besoin d’un homme comme vous, droit, qui a des principes. Seul, je ne pourrai pas cadrer tous ceux que je vais rallier. Ce que je compte faire, ce n’est pas une révolution dans les normes, les civils ne doivent pas être touchés. Et avec vous à mes côtés, je sais que j’y arriverai. Alors, je vous le demande, Saki-sensei…, implora-t-il à genoux.

 

Ensei mettait le paquet pour le persuader, et cela lui valut que leur ainé se tourne doucement vers eux. Une peau claire, presque blanche, des yeux gris acier, le rendaient plus jeune qu’il ne l’était.  La pureté et la sévérité transparaissaient de ses pupilles noires et flamboyantes.

 

– Tu y mets de beaux sentiments, mon enfant. Seulement je n’en suis pas plus convaincu. Des révoltes, il y en a eu, et ça j’en ai vu. Et aucune n’a  apporté le changement auquel j’aspirai.

 

– Je suis certain qu’ensemble, nous pourrons accomplir n’importe quoi. Faites-moi confiance, s’il vous plait.

 

Le dénommé Saki, l’ermite de la Brume, se releva doucement. Certes, il n’était plus aussi juvénile, mais la demoiselle épéiste ne put ignorer une certaine aisance naturelle dans ses gestes, même le plus dérisoire comme lorsqu’il rangea son fourreau à sa ceinture. Elle savait d’avance qu’il la surclassait. Il se mit à regarder les arbres, des tilleuls, calmement, avant de se prononcer unanime :

 

– Tu me fais penser à moi, dans mes jeunes années, c’est fou. Moi aussi, je nourrissais plein de rêves. Je voulais faire changer les choses, surtout vis-à-vis de ma famille. J’ai essayé, mais je n’ai fait que battre de l’air. Je me suis rendu compte finalement, que mon esprit n’était pas tranquille. Une rage, de l’amertume était ancrée au fond de moi. J’ai alors décidé de m’écarté petit à petit de ce monde et trouver ce qui me manquait tant. La paix intérieure. Toi aussi, tu pourrais la trouver, je le sens. Tu as tendance à plonger dans les ténèbres de ton cœur, mais une lumière perdure en toi. Il n’est pas trop tard.

 

À ces paroles, un tout autre Ensei prit le relais. Il s’était jusque là laissé humilier, sûrement pour attendrir son interlocuteur. S’il tremblait par des gémissements, il n’en laissa plus rien paraitre. Saki en fronça les sourcils, tandis que Yuritomi attendait que son partenaire abatte sa dernière carte. Ensei, se redressa, les mèches bleutées dans les yeux.

 

– Alors comme ça, votre méditation de retraité sénile vous a poussé à celle conclusion. Tout le monde peut se repentir, et possède une part de bien en lui ?

 

– Hé ! Ne lui parle pas comme ça ! Fit la fille remontée, sauf qu’elle fut coupée par un mouvement de bras qui ne laissait place à aucune contestation.

 

– Alors, dites-moi, c’est bien ça ?

 

– Oui, c’est ce que j’ai retiré de ma vie d’ermite, garda-t-il son sang froid.

 

– Très bien, alors je vais vous présenter le contre-exemple. Tu peux venir, tu n’as rien à craindre ! Porta-t-il sa voix en arrière, dans les broussailles.

 

Les hautes herbes s’agitèrent quelques instants, le temps qu’une petite ombre s’en extirpe et se tienne, un peu mal à l’aise auprès d’Ensei. Rumibayu fit son entrée, et plus que remarquée. Saki en resta muet. Les mots lui manquaient. Son expérience lui permettait de lire dans les cœurs des gens, et ainsi les cerner en un claquement de doigts. Ce qu’il discerna en Rumibayu l’effraya. Un garçon aux sentiments si sombres, un cœur liquide, noire, salissant, qu’il ne valait mieux pas toucher. Du déchet, de la pourriture. Et surtout pas une lueur d’espoir qui brillait dans cette encre putride. Il ne pouvait croire en une telle vision. L’âme de cette petite personne, était-elle perdue à tout jamais ? Et encore, en arrière plan un spectacle abominable, ajouta à son malaise. Un pantin à son effigie était resté en retrait, son grand frère Keiji. Ses doigts surmontés de lames, ruisselaient de sang… Celui de la dizaine d’anbus de Kiri qui était venu intercepter les malfaiteurs. Ils étaient tous morts, mutilés, démembrés, plantés sur des branches. Le propre cœur de l’ancien se souleva de sa poitrine. Ses pieds perdirent de leur vigueur. Il chancelait presque, et même s’il faisait en sorte de masquer son attitude, Ensei sut tout de suite qu’il l’avait atteint.

 

– Alors, êtes-vous intéressé de rejoindre nos rangs, maintenant ? Sourit Ensei requinqué, d’un sourire suffisant. 

 

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Ensei agrandi son groupe de nouveau avec un maître épéiste qui aura le rôle de sage et de barrière contre les interdits dans ce groupe. Il fait penser à un Yoda, enfin tous les ermites ont ce style en eux.

 

La vue de Rumi l'a quand même bien marqué, mais nous ne connaissons toujours pas sa réponse, je pense qu'il acceptera.

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Ensei agrandi son groupe de nouveau avec un maître épéiste qui aura le rôle de sage et de barrière contre les interdits dans ce groupe. Il fait penser à un Yoda, enfin tous les ermites ont ce style en eux.

 

Oui, Saki sera la force tranquille, le sage du groupe. Ensei a jugé nécessaire d'en avoir un dans son équipe. Le problème est de le gérer, pour ne pas qu'il les trahisse. Il devait attiser sa curiosité, et Rumibayu est fait pour ça. Il va à l'encontre de tous les principes de Saki. 

 

La vue de Rumi l'a quand même bien marqué, mais nous ne connaissons toujours pas sa réponse, je pense qu'il acceptera.

 

Je ne l'ai pas donné mais tu auras la réponse que je jetterai dans le prochain chapitre.

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7.7 Au bazar des sables

 

    Rarement auparavant, Ensei n’avait été autant réchauffé par le soleil. En l’absence de nuages, accoudé au rebord d’un toit en terrasse, les rayons tapaient directement sur sa peau. Ce moment, il le savourait dans son coin. Néanmoins à force, son corps ne le supportait plus. Habitué aux grands froids, il s’accommodait des climats tempérés, mais celui-ci était bien plus aride que tout ce qu’il avait connu. Le pays du Vent, une contrée bien désertique, à se demander comment ce petit monde arrivait à se nourrir convenablement. « Du commerce, peut-être. » C’était ce qui lui apparaissait comme le plus évident. Il avait arrêté de compter le nombre de caravanes de marchands, de boutiques et d’épiceries qui cheminaient ou poussaient le long des routes ensablées. Les appels insatiables des vendeurs se répétaient et remontaient le long des murs blancs des baraquements. Le déserteur aurait bien aimé finir ses jours dans cette ville, si la chaleur ne le rebutait pas tant. Pour sa santé, il valait mieux revenir sur lieu aux températures plus douces. Il n’était pas loin d’une bouffée de chaleur. Il se couvrit rapidement la tête d’un foulard, et se persuada de retourner à l’intérieur. C’est alors, qu’au bord du retard, Yuritomi fit irruption. Silencieuse et franche, elle ne mâcha pas ses mots. On lui avait confié une mission, elle l’avait rondement menée.

 

– C’est bon, j’ai appris où il se cache. On peut y aller dès maintenant, si tu le souhaites.

 

– C’est parti, je me suis assez prélassé comme ça.

 

Pas de réplique cinglante de la part de son second. Depuis leur séjour dans ce pays, elle avait un peu perdu de son mordant. La canicule devait à elle aussi la ramollir.

    Sans se presser, pour ne pas être en nage dans leurs habits, ils descendirent de l’étage, et se lancèrent dans leur errance coutumière. Ici à Taiyo, ils n’étaient venus que tous les deux. Comme l’ermite avait eu la conscience vacillante, ils lui ont juste donné un rendez-vous intermédiaire. Ainsi, il montrait qu’il était libre de prendre ses décisions. Sauf qu’il n’y avait pas de doute, il avait mordu à l’hameçon. Quant à Rumibayu, il avait insisté pour qu’il les attende en dehors de toute cette animation. IL aurait attiré bien vite l’œil sur eux. Ils étaient donc en train d’avancer, parfois de profil, à cause de la fréquentation du marché géant. Il était aisé de se fondre dans la masse, où les badauds formaient des files qui se formaient et se découpaient sans cesse. Les sons en même temps que les odeurs étaient variées, le hennissement d’une bête, les clochettes des commerçants qui s’activaient à leur passage. Les effluves d’épices avaient de quoi leur ouvrir l’appétit. L’esprit et l’estomac avaient de quoi vagabonder dans ce fouillis d’aliments, de tapisseries, etc. Ensei tint le rythme de sa subalterne qui se voulait soutenu. La raison, éviter de louper leur cible, pour ne pas que ses efforts de renseignements ne tombent à l’eau. En deux, même trois détours de rues bondés, ils furent sur place :

 

– Nous y sommes ! Il tient cette boutique de ce que j’ai pu drainer comme infos.

 

– Le Bazar du Tisserand, pas si ingénieux comme couverture, m’enfin. Entrons voir ce qu’il propose comme articles.

 

Yuritomi eut un moment d’absence, deux secondes, tout au plus. Il lui arrivait de se demander si son ami était sérieux, ou parler avec détachement. Elle comprit cependant qu’il prenait le recrutement avec légèreté, et sans perdre une minute l’accompagna dans ce fourre-tout. 

    Dedans, le terme bazar était approprié. Il vendait de tout. Des bijoux à la breloque insignifiante, en passant par un rayon rempli de tapis et de rouleaux de tissus couteux. Il y avait de quoi se laisser tenter par ce bric-à-brac. En progressant plus en avant dans le magasin, l’assassin eut l’œil qui traina sur sa gauche. Deux rangées d’automates étaient en présentation, debout et suspendus à des fils. Ce genre d’articles pouvait en rebuter plus d’un, certes ce n’était que du bois, et des joints de métal, mais ils adoptaient tous une apparence humaine. Yuritomi en arrière n’était pas passé à côté non plus. Pour atteindre le bureau de vente, il fallait passer devant tout ce bataillon immobile. Leur procession au milieu de cet attirail en tout genre, mettait Yuritomi en alerte. Le souci était qu’elle ne savait pas exactement de qui se méfier. Ensei était détendu, en tout cas il faisait en sorte de l’être. Pour l’instant, pas de traces d’une présence, fait inquiétant dans une boutique. Ensei continua de s’enfoncer entre, d’une part, les mannequins pendus et de l’autre les étagères de bric-à-brac. Etait-il fermé aujourd’hui ? Ils verraient bien ce qu’il en était. L’office était en face, et une clochette pour signaler que le client était là, était posé sur un coin. Ensei allongea sa foulée. Cette pointe d’excitation lui fit alors défaut. Les mouvements rapides, fluides le prirent au dépourvu. Quelque chose surgit des mannequins articulés en un  clin d’œil et se saisit des épaules du gaillard en trop plein de confiance. Une clé de bras suffit à le tenir en bride. Sur ses talons, Yuritomi fut aussi dépassé. Elle avait simplement eu le temps de retirer de son fourreau, l’un de ses sabres. Elle, qui était entrainé à prévoir des assauts ennemis, s’était faite avoir par le subterfuge. Ensei était entre les mains de ce personnage, peut-être s’était-il reposé sur les capacités d’analyse de sa compagne. Peu importe, ils étaient désormais en mauvaise posture. N’importe quand, cette crapule pouvait lui rompre le cou. Elle s’attarda sur le physique de leur assaillant. L’observation pure et dure d’un individu pouvait en révéler pas mal, voir même une faiblesse. Elle comprit bien vite pourquoi elle ne l’avait pas repéré plus tôt. Il était recouvert de bandelettes de la tête aux pieds, en plus d’un short qu’il mettait plus par utilité que par envie. Des poches à sa ceinture indiquaient qu’il avait en sa possession des armes shinobis. Sans nul doute, il présentait un danger. La dame se mit à réfléchir à une solution, un moyen de le faire flancher. Elle ne le lâcha pas des yeux, craignant qu’il ne commette l’irréparable. Le Makusa ne fit aucun geste pour se dépêtrer de son étreinte, cela n’aurait fait qu’aggraver son cas. La pression s’accentua lorsque la momie fit pivoter sa tête, en guise de provocation à l’encontre de l’ex anbu. Yuritomi, frustrée, referma ses doigts sur le manche de son arme.

    Ils allaient en découdre, et dans la mêlée, Ensei en laisserait des plumes. Ni l’un ni l’autre, ne prit sa chance, avant qu’ils ne soient interrompus par une voix plus faible que calme :

 

– Ne t’emporte pas aussi rapidement, Rehiki ! Comment veux-tu que nous rassemblions une clientèle correcte, sinon !

 

Les divers acteurs perçurent par la suite un peu de remue ménage dans l’arrière boutique. En sortit un homme, assez petit sur ses jambes, dont la tête était cachée par deux gros cartons remplis de fournitures. Il les déposa, harassé, sur son bureau. L’homme qui s’était mis en travers de leur chemin, montra qu’il avait du répondant :

 

– Excuse-moi Mai, si j’ai tort de guetter une éventuelle intrusion ennemie. Ce sont des ninjas à n’en pas douter.

 

– Et alors ? Es-tu au moins sûr de leurs intentions ? Si ça se trouve, ils ne sont que de passage, grogna le responsable de l’établissement en apparence.

 

S’étirant un peu, comme son agresseur se relâchait, Ensei eut un aperçu plus clair de cet autre interlocuteur. En effet, il était vraiment de petite taille. Il lui arrivait aux épaules, même avec sa crinière bouffante rouge. Il était assez rond du visage, et avait un bel embonpoint. Des raies de peinture violette étaient tracées sous ses paupières, jusqu’à ses joues. Sinon ses vêtements se résumaient en une tunique légère d’artisan, ainsi que d’un pantalon noir des plus sobres. Il reporta toute sa curiosité sur les nouvelles têtes :

 

– Alors, jouons franc jeu. Qu’est-ce qui vous amène dans notre modeste magasin ?

 

Il lança un œil sévère envers son garde du corps. L’homme emballé de tissu se contraint, non sans un souffle de désapprobation, à libérer sa jeune victime. Ensei reprit un peu contenance en se redressant. Il vint à la rencontre du patron, tout en faisant de grands yeux émerveillés autour de lui. Rehiki n’abaissa pas sa vigilance en l’accompagnant, son expression bien dissimulée sous ses pansements. Le comploteur aux idées sombres fit en sorte qu’il y ait une distance raisonnable avec le nabot.

 

– Je suis intéressé par toute cette collection d’objets que vous proposez ! C’est impressionnant !

 

– Ah, vous êtes un client ! Baissa-t-il sa garde.

 

– Oui, et je suis encore plus intéressé par vos services, souligna Ensei.

 

    L’azuré s’était approché du rouquin, juste à portée de bras. Il arborait le sourire le plus amical qu’il avait en réserve. Chacun était désormais sur le qui-vive. Rehiki n’attendait qu’un ordre bref pour lui sauter dessus, et Mai leva ses barrières d’homme méfiant. Yuritomi, elle, n’agit pas la première. La tactique d’Ensei n’était pas encore arrivée à son terme. C’était le moment ou jamais pour se dévoiler.

 

– Mai Rudo, je me suis renseigné sur toi, et je dois dire que tu une personne fiable.

 

– Vous êtes au courant de mon identité ? Fit-il dans un mouvement de recul prudent.

 

– Je le savais, ils viennent nous éliminer ! S’énerva la momie.

 

– Si cela avait été le cas, je ne me serai pas mis à découvert. On aurait attaqué sans sommation. Non, ce que je suis venu faire ici, c’est vous faire une offre.

 

– De quel genre, se rasséréna le plus petit.

 

– Vous joindre à mon unité de ninjas, et faire tomber les têtes pensantes de ce monde corrompu.

 

– Encore un type aux idéaux ridicules. Ce que tu prévois est irréalisable, déblatéra le shinobi aux bandages.

 

– Pour un infirme tel que toi, qui ne peut même pas se débrouiller seul, je ne dirai pas le contraire, lança une pique leur recruteur.

 

Même si ses sourcils étaient cachés, Rehiki tiqua, les muscles tendus par l’insulte. Cependant, même si son ego était froissé, le pire était qu’il l’avait percé à jour.

 

– Comment… ?

 

– Lorsque tu t’es jeté sur moi, j’ai compris que tes mouvements n’étaient pas naturels, enfin passons. Mon idéal peut paraître ridicule, comme tu dis, mais j’ai un plan en tête.

 

– Je ne vois pas ce que l’on y gagne, se manifesta le principal intéressé.

 

Comprenant qu’il n’avait pas à se défendre dans l’immédiat, il s’était replacé derrière son comptoir, et entretenait ses outils d’ébéniste. Il s’exprimait sans animosité et clairement :

 

– Jusqu’à présent, mon ami et moi n’avons pas besoin d’une aide supplémentaire.

 

– Vous avez donc envie de continuer cette vie de fugitif ? Je suis au courant des péripéties que vous avez traversé. Certes, vous vous en sortez bien, mais pour combien de temps ? Vous avez beau vous faufiler au milieu des forces de Suna, ils finiront  par vous rattraper. Moi, je vous offre, une manœuvre de sécurité en plus.

 

Que ce soit, Mai ou son binôme, Rehiki, ils se figèrent. Enfin, le roux fit part d’un élément qui le retenait encore :

 

– Nous avons suffisamment fait confiance aux autres. Désolé, mais nous en avons marre d’être tout le temps trahi, par ceux qui sont censé nous soutenir.

 

– Voyez-vous, je ressens la même chose. Moi aussi, j’ai été trahi, on s’est servi de moi. Mais voilà, je ne me suis pas laissé faire. Je suis en train de rassembler des personnes qui sont passées par les mêmes désillusions que moi. Ce monde est à nous, les blessés, les meurtris de ce système. A nous de le changer. Si nous y parvenons, et nous y parviendrons, je vous laisserai le contrôle de Suna. Alors que diriez-vous de prendre votre revanche ?

 

    Les réactions ne se firent pas attendre entre un Mai qui rangeait ses outils dans leur caisse et la précipitation, et un Rehiki qui voyait d’un mauvais œil, cet individu sombre qui s’était pointé chez eux.

 

– Jamais on ne viendra avec vous ! S’égosilla-t-il. Depuis le début, on s’en est sorti à deux.

 

– Oui, mais jusqu’à quand…

 

Cette phrase fataliste n’avait pas été prononcée par Ensei qui aurait très bien pu répliquer de la sorte. Non, c’était son propre acolyte qui se mettait à douter. Un maillet et une lime dans les mains, il s’était stoppé net dans ses occupations. L’indécision laissa soudain place à une conviction dans son regard. Rehiki en baissa les bras, il n’avait plus son mot à dire. Sa décision était prise, et lui ne pouvait que s’y soumettre, accroché à son ami telle une huître sur un rocher.

 

– On vous suit. Attendez-nous à l’entrée. On rassemble nos effets personnels et on arrive.

 

Ainsi, petit à petit, le dessein de l’enfant de l’obscurité prenait forme. Son groupe grossissait, et son plan pourrait bientôt être exécuté.               

       

    Une poignée de jours plus tard, l’auberge de fortune perdue dans les contrées de Kusa avait retrouvée ses locataires. C’était comme qui dirait, une journée comme les autres pour Shikamori et Shibe. Le brave guerrier se prélassait à une table, le dos qui s’étirait sur son dossier. Tandis que la discrète frottait ses verres déjà propres à son bar. Shikamori avait de quoi être de bonne humeur, rares étaient les fois où il y avait du passage. Pour le coup, un voyageur étranger avait fait une halte dans leur modeste établissement. Il n’avait que peu parlé, un genre de bretteur vagabond au kimono usé par ses marches. Il avait commandé un thé vert, et se mettait systématiquement à la table au fond, gardant un œil sur la vue qu’il avait d’une fenêtre. Deux jours que ce manège durait.

    Mais ce n’était pas ce client en séjour qui le faisait ruminer sur sa chaise. Cela faisait depuis leur rentrée à leur domaine, qu’il faisait une mine renfrognée. Shibe préférait l’abandonner à ses maugréassions, il se calmerait tout seul. En réalité, le brun aux bras nus et musclés avait l’esprit tiraillé. La proposition d’Ensei l’avait séduit, même s’il avait du mal à l’avouer. Après tout, il ne pouvait déroger à ses principes. S’associer en plus avec une telle erreur de la nature, un monstre… il ne pouvait le cautionner. Il avait réagi au quart de tour. S’était-il sans doute emporté rapidement, comme à son habitude ? Voilà, il se remettait à s’accabler dans ses suppositions. Plus il y songeait, plus il s’enfonçait dans son siège, grognon. Il avait beau s’occuper, nettoyer son hachoir, participer aux tâches ménagères, il s’exécutait avec morosité. Comme restait actif n’y changeait rien, il se remit à flâner à sa place toute l’après-midi.

    Il allait enfin s’assoupir, au moment où les portes-saloon s’ouvrirent à la volée. Cette irruption le fit sursauter, et les personnages qui s’immiscèrent dans leur demeure le laissèrent hébété, le cou arqué, les yeux ronds comme des billes. Un défilé se présenta comme si de rien était. Ensei avait fait exprès de pousser les doubles battants du pied, et se précipita vers une table vide au centre de la grande salle. Yuritomi l’accompagnait de près. A leur suite, un petit homme rondouillard habillé d’une tunique en cuir était apparemment de la bande, dont un quatrième ninja bandé sur tout le corps. C’était un véritable défilé de voyous de bas étage. Jamais auparavant, Shikamori n’avait vu autant de monde pénétrer l’auberge. Comme ils s’étaient quittés en mauvais terme avec ce meneur d’hommes, il se ressaisit, et s’enragea :

 

– Qu’est-ce que vous foutez ici ?! J’ai pourtant été bien clair, non ? Je ne veux plus rien avoir à faire avec tes machinations de gamin immature !

 

Il se serait bien saisi de cette frimousse d’ange, s’il n’avait pas anticipé le dernier arrivant au pas de l’entrée. Une bouille défigurée par les horreurs traversées s’apprêtait à passer l’ouverture. Shikamori changea sa cible, et se rua sur Rumibayu. Le pauvre cadet du groupe, à l’expression statique, au sourire balafré, ne le vit pas venir. Le brun teigneux le repoussa méchamment d’un coup  pied. Il n’y alla pas avec le dos de la cuillère, mais après tout, face à cette chose…

 

– Oust ! Erreur de la nature ! Je ne te permets pas de souiller ma résidence !

 

Maintenant qu’il avait énoncé ses quatre vérités, il baissa le rideau de fer, malgré le fait qu’ils étaient toujours ouverts. Tant pis, tant que la vermine attendait dehors. De toute façon, il avait assez de squatteurs pour la journée.

    Ensei fit signe à ses compères, et les réunit autour d’une table. Il y déplia une carte, et s’y pencha avec un calme qui avait de quoi désarmer leur hôte. Shibe ne fit pour envenimer les choses. Elle avait l’occasion de faire marcher les affaires, alors pourquoi s’en priver ? Ils s’étaient invités et rien ne l’imposer de ne pas les héberger. Bref, elle demeura indulgente, derrière son bar. Sa compagnie autour de lui, Ensei pointa sur le papier quelques indications, des marquages sur cette carte qui représentait le pays du feu et ses frontières.

 

– Bien, tout le monde est là, on peut commencer, se gratta la gorge Ensei.

 

– Hep ! Je ne vous permets pas de vous servir de ma cache comme QG ! Revint à la charge Shikamori.

 

Tout à coup, des grattements à une fenêtre le retint de semer la pagaille. Le garnement monstrueux persévérait à vouloir se mettre au chaud.

 

– Non mais ce n’est pas vrai ! Je vais finir pas perdre patience avec celui-là !

 

Même opération, il ferma les volets, sous le regard pensif du samouraï gris. Shikamori fut alors à l’affut, et fit le tour du propriétaire pour ne laisser aucune voie au garçon poupée, pas le moindre trou de souris.

    L’azuré reprit son plan dans cette agitation. Pour le coup, Rumibayu se montrait une nouvelle fois utile, en accaparant le criminel. De ce fait, il appuya sur certains points au sujet de leur réunion.

 

– Ce que nous allons entreprendre, c’est la partie la plus délicate de mes ambitions.

 

– Laquelle ? Intervint sans prendre de gants la demoiselle au chignon.

 

– On va continuer à recruter, j’ai besoin d’aide supplémentaire. Le souci est que le prochain que l’on va approcher, n’est pas libre de ses mouvements. Il est retenu ici, déposa-t-il l’index sur un point de la carte. La prison du pays du Feu. Cette personne y est enfermée, j’aimerai donc que l’on joigne nos talents pour l’en faire sortir. Qu’en dites-vous.

 

Que ce soit Mai, Rehiki ou Yuritomi, ils ne bronchèrent pas. Ils attendaient un peu plus de détails. Ce fut l’instant choisi par le baroudeur au hachoir, de se mêler à la discussion. En fait, certains mots avaient piqué au vif sa curiosité, comme le pays du Feu. Ensei reprit,certain que ses auditeurs n’e  perdraient pas une miette :

 

– Alors, voilà comment nous allons opérer. Pendant que Rumibayu lancera les hostilités, ce sera le signal pour que chacun joue son rôle. Rehiki, Mai, leva-t-il les yeux vers eux. Veuillez retenir le directeur de la prison, il est vraiment costaud. C’est le seul qui pourrait poser problème sur place, alors je compte sur vous. Ensuite, Yuritomi et moi nous circulerons afin de tomber sur la bonne cellule. Ce ne sera pas compliqué, il doit être isolé là où les ninjas sont les plus dangereux et instables. Maintenant, j’ai peur que lors de notre assaut, Konoha sera alerté et réagira promptement en envoyant leurs jonins les plus compétents.

 

– Il faudrait une diversion, intervint sombrement la momie ambulante.

 

Ensei ne le contredit pas, au contraire :

 

– Je n’aurai pas pu mieux dire. J’aimerai que deux d’entre nous, s’en prennent à ce bâtiment-ci, éloigna-t-il son doigt plus vers le sud.

 

– Mm, c’est une tour de surveillance dont se sert Konoha afin de prévenir des attaques de ses voisins comme Kumo ou Kiri, remarqua Shikamori prit dans la stratégie.

 

– Oui, des équipes de quatre ninjas se remplacent régulièrement, des shunins et même des anbus sont chargés de guetter les environs. Ce serait bien que l’on sème la panique là-bas. Tu ne voudrais pas nous donner un coup de main, Shikamori. Je crois que tu as une dent contre eux, non ?

 

– C’est tentant… Par contre si l’on joue les appâts, on risque d’attirer tous les gros bras du village. Je n’ai pas trop envie de me sacrifier pour tes bêtises, tu vois.

 

– Pas d’inquiétude à avoir. Si des renforts arrivent, et que vous pensez ne pas pouvoir les gérer, retirez-vous. Mais normalement, je ne vois pas qui vous poserez problème, lui passa la pommade Ensei.

 

– Bon, rumina-t-il. Très bien, on prend part à ce plan foireux. Mais c’est vraiment parce que j’ai envie de jouer un sale tour à Konoha, rien d’autre.

 

– Ok, ça me va. Bon, nous avons notre diversion, et nous savons tous à peu près, quelle est notre tâche. Nous n’avons plus qu’à partir libérer notre prochain compagnon, se releva-t-il avant qu’on ne l’interrompe.

 

– Et moi, agita la main le plus ancien aux cheveux grisonnants qui restait à l’écart. Je ne viens pas ?

 

– Non, Saki, désapprouva le chef. Je préfère attendre avant que vous ne transigiez avec vos principes. Je ne doute pas en vos capacités, je veux simplement que vous preniez le temps de vous remettre en question. Et si vous me le demandiez, je prends Rumibayu avec nous. Vous pourrez converser plus tard, lui sourit-il.

 

Saki dédaigna répondre. Il l’avait cerné dans ses intentions. Il devait prendre son mal en patience, ce qu’il fit en buvant une goulée de son thé.

    Toute la clique était désormais au courant ce qui les attendait. Un sauvetage qui ne serait pas de tout repos. Ensei replia sa paperasse, tandis que chaises et jambes s’animèrent. Yuritomi lui glissa néanmoins quelques mots durs. En général, quand elle prenait un ton sérieux, c’était qu’il ne fallait pas la prendre à la légère.

 

– Nous sommes sur le point de nous découvrir à la face du monde. Tu en es conscient, pas vrai ? Ce prisonnier, en vaut-il vraiment la peine ?

 

– Oh que oui, et j’en suis convaincu, affirma-t-il sachant dans quel bourbier il se fourrait.           

 

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Un chapitre fort intéressant !

 

Que dire d'autre, j'ai beaucoup aimé le passage dans cette ville animé dont Ensei et Yuri ont fait une petite visite pour recruter deux nouveaux membres, le plus petit des deux m'intrigue vraiment, sa taille doit cacher un redoutable ninja et je doute pas que son acolyte doit être bien fort aussi.

 

On remarque que Shikamori ne supporte pas Rumibayu ;D, c'est assez drôle de voir ça, en tout cas on est fixé sur la prochaine mission de la Team Révolution, libérer un prisonnier, je crois qu'on part pour un arc explosif et pleins de combat. C'est dommage on ne verra pas le potentiel du samouraï ce coup-ci.

 

Bref vivement la suite ! 8)

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Que dire d'autre, j'ai beaucoup aimé le passage dans cette ville animé dont Ensei et Yuri ont fait une petite visite pour recruter deux nouveaux membres, le plus petit des deux m'intrigue vraiment, sa taille doit cacher un redoutable ninja et je doute pas que son acolyte doit être bien fort aussi.

 

J'ai fait de mon mieux pour que l'on plonge dans l'ambiance de ce village. Je dirai que tu ne te trompes pas sur le petit gars, mais quelque part, tous ceux que Ensei recrute seront plutôt balèzes.  Pareil pour Rehiki.

 

On remarque que Shikamori ne supporte pas Rumibayu ;D, c'est assez drôle de voir ça, en tout cas on est fixé sur la prochaine mission de la Team Révolution, libérer un prisonnier, je crois qu'on part pour un arc explosif et pleins de combat.

 

Au départ, je n'avais pas forcément prévu cette mésentente entre Rumi et Shikamori, mais voilà je voulais une touche d'humour type manga/anime. Quant à l'arc 7 qui est bien parti, en effet, vous aurez droit à trois chapitres avec de l'action, quelques révélations sur le style de combat de certains, avant que le recrutement reparte tranquillement. Et le prisonnier qu'ils veulent libérer... vous l'avez déjà vu.

 

C'est dommage on ne verra pas le potentiel du samouraï ce coup-ci.

 

Oui, Saki sera en retrait. Je le garde au chaud pour l'arc final.

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7.8 Une brèche dans la sécurité

 

    La journée était belle, un soleil inondait le ciel de ses rayons. Au beau milieu d’une forêt qui s’étendait dans les plaines bosselées du pays du Feu, une tour de guet dominait la canopée. L’après midi avait débuté, l’heure de la digestion dirait certains. Et au lieu de faire son job, c’était ce que faisait un jeune promu shunin de Konoha. Au sommet, le bâtiment était aménagé pour le confort des patrouilleurs. Une kitchenette tout le temps approvisionnée, et un salon pour ceux qui avaient besoin de se reposer, en attendant leur tour de garde. C’était sur l’une des banquettes, que le garçon s’était allongé, les bras en éventail. Il laissait le temps passée, à se prélasser. Après c’était dans sa personnalité de se montrer lasse, surtout pour une mission aussi routinière et ennuyeuse.

 

    Comme il préférait la facilité, il n’était pas loin de s’assoupir pour de bon. Il bailla à s’en arracher la mâchoire au plus mauvais moment. Son chef d’équipe déboula de nulle part. Un homme de corpulence tout à fait normal, aux bras musclés, les cheveux couleur marron. Néanmoins son expression était couverte d’un masque de chat peint avec quelques courbes vertes et rouges. Oui, le jeune shunin, avait été intégré dans une équipe de l’ANBU de Konoha, juste pour quelques jours. Soit disant, le Hokage voulait qu’il s’adapte à divers ninjas, l’ouvrir à d’autres personnes. Et pour cette période de mission à l’extérieur, il était sous le commandement de cet homme, des plus sérieux qui le prit de haut :

 

– Déjà en train de flâner, Shikamaru.

 

– Désolé capitaine Yamato, mais ce n’est vraiment pas une mission faite pour moi. Je suis du genre à vite m’ennuyer quand il ne passe rien, chercha-t-il à se justifier tandis qu’il se redressa sur le sofa.

 

– Peu importe, tu as été promu shunin depuis bientôt un an, si j’en crois ton dossier, tu devrais normalement être capable de te prendre en main.

 

– Je ne vous contredirai pas, Yamato senpai. Mais quand on sait que les probabilités qu’un danger survienne dans cette zone sont très minces, j’ai tendance à me relâcher.

 

– C’est là qu’est le piège, raffermit son ton l’anbu. Nous n’avons pas le droit de nous laisser aller, même si comme tu le dis, les chances que l’on est à intervenir soient faibles.

 

– Oui, je suis d’accord avec vous, se gratta-t-il l’arrière du crâne. Je ne suis pas du genre à négliger le risque, car il existe. La vie n’est pas qu’une histoire de stats. Voilà pourquoi, je ne dors que sur une oreille et un œil.

 

Tant de flegme et de répondant fit abandonné l’ainé dans cette joute verbale.

 

– Bon, tant que tu es conscient de l’importance de ce poste, je pense que je m’en contenterai. On ira faire notre ronde ensemble, ça te dégourdira les jambes.

 

– C’est vous qui décidez, haussa-t-il les épaules.

 

– D’ailleurs, Danbura et Inza auraient déjà dû rentrer. Ce n’est pas dans leurs habitudes, de me faire attendre. Je vais jeter un coup d’œil dans la forêt. Ils ne doivent pas être loin. Après on pourra partir ensemble, alors prépare-toi.

 

Sans un salut à son subalterne, il se retira, et de manière étonnante. Au lieu de quitter la tour de surveillance dans un nuage de fumée, il entra littéralement dans le mur de planches, comme s’il s’associait à lui. Shikamaru en leva un sourcil démontrant son intérêt sur sa technique, se demandant même si ce n’était du doton. Sa réflexion ne fut qu’éphémère puisqu’il retourna se coucher sur la couchette, un magazine dans les mains.

 

 

    Peu auparavant, le binôme issu des forces spéciales était en effet en pleine excursion. Dans cette forêt dense, inextricable, ils avaient suivi, ce qui leur avait semblé être une piste intrigante. En fin de compte, il se retrouvait dans une impasse, les deux shinobis fouillaient vaguement les fourrés à la recherche de quelque chose, d’une présence.

 

– T’es sûr de toi, Inza ? Non, parce que là on perd du temps pour rien. Le byakugan des Hyugas ne doit pas être aussi performant que sa renommée laisse à penser, le charia le type au masque de souris.

 

– Arrête un peu de rabaisser mon clan, se tourna une tête de perroquet. Ce n’était qu’un court instant, mais mes yeux ont bien détecté une source de chakra, et pas un chakra de civil. C’était dans les parages. On va bien trouver un indice.

 

– Ben, perso tout ce que l’on va trouver, ce sont les remontrances de notre capitaine.

 

– Ah, je le savais ! Viens voir ça !

 

Le Hyuga avait apparemment mit le doigt sur une preuve. Danbura vint s’en enquérir auprès de lui. Il s’était accroupi repoussant ses longs cheveux noirs, et en débarrassant la terre de feuilles mortes, il fit apparaitre des branches cassées.

 

– C’est récent, on est venu par ici.

 

– Bien joué, et pour le poursuivre, quelle direction doit-on emprunter ?

 

– C’est là que ça coince… Mon byakugan ne parvient à trouver personne d’étrangers dans le secteur.

 

– Tu crois que quelqu’un a réussi à passer outre ta vision, s’étonna la souris qui ne blaguait plus du tout.

 

L’effroi leur coupa simultanément le souffle. Il se passait quelque chose d’inexplicable, dont le voile mystérieux devait impérativement être levé. Ils cessèrent de partager leurs pensées ouvertement. Chacun avait ce pressentiment, celui de s’être jeté dans la gueule du loup, et que les mâchoires étaient sur le point de se refermer. Ils étaient sur leurs appuis, prêts à tirer leurs armes. Inza Hyuga ne démordait de l’usage de son atout. Il vit alors l’apparition d’un troisième intervenant. Qui était sur lui en une fraction de seconde. À peine eut-il le temps d’ouvris la bouche, qu’on fut sur son dos, et qu’on le poignarda dans la trachée. Danbura  se ressaisit tant bien que mal. Désormais ce n’était plus son acolyte qui était sur sa droite mais une femme aux lunettes noires d’aviateur et portant un grand manteau qui avait surgi. « Bon sang, d’où elle sort ! » Il avait été réactif, et serait le premier à lui infliger un coup de kunai vengeur. Sauf, qu’il fut bien plus surpris par un hachoir tranchant, lui aussi sortant de nulle part, qui le décapita sur place. Ces deux ninjas n’avaient rien vu venir.

 

    Le capitaine Yamato n’était pas un ninja masqué comme les autres. Il pouvait se déplacer d’une manière qui lui était propre, sous l’écorce des arbres. Il s’y confondait sans qu’on ne puisse soupçonner qu’un être humain y logeait. Dans cet amoncèlement de bois, il était dans son élément, et s’y déplaçait aisément, sans embuche, et ratissant une large zone. Plus il progressait, plus il s’inquiétait. Il ne devrait pas remuer ciel et terre pour retrouver ses collègues. Il leur était arrivé quelque chose. Il s’empressa, et c’est à cet instant précis, qu’il nota une envolée de corbeaux à une centaine de mètres de lui. Il y avait eu du grabuge. En un clin d’œil, il arriva sur place, toujours sous une forme d’aubier et d’écorce. Il valait mieux ne pas se mettre à découvert. Il ne put alors rater, les restes de ses compagnons. Cela le brûlait  de s’informer de leur état. Il se doutait qu’ils étaient décédés, mais au moins s’il pouvait enquêter sur la cause de leur mort… Personne, il ne percevait personne. Les malfaiteurs avaient certainement décampé. Avec prudence, il observa à distance respectable, les corps de ces défuntes personnes. Il ne les toucha pas. Ils exploseraient dès qu’il les fouillerait. Une sécurité qui était prise au sein de l’ANBU du village. Il se contenta donc de les ausculter de loin. Ses yeux se figèrent sur une observation bouleversante. Inza et Danbura étaient déjà bien entamés par la décomposition. Impossible, ce n’était pas naturel ! « Ils auraient subi un jutsu temporel ? Non, ça m’étonnerait. » Il discerna alors de petits trous sur leur peau, là où leurs vêtements le permettaient. Soudain, une ombre se détacha de celles des bosquets et atterrit derrière les cadavres. Une jeune femme brune qui ne trahissait aucune émotion. Yamato et Shibe se mirent naturellement en garde. Le shinobi dut faire un gros travail sur lui-même pour ne pas faire le premier pas.

 

 

    Pendant ce temps, le gaillard à la queue de cheval touffue était loin de s’imaginer qu’un drame venait de frapper. Bien à l’abri dans son confort, il s’était assoupi, sa revue sur le visage. C’était à prévoir, et ce n’était pas faute de la part de Yamato de l’en avoir averti. Il dormait léger et pourtant il ne devrait. La mort était tapie à l’entrée. Pas de bruit de pas, pas de changement de lumière, ni de grincement de battant ou de fenêtre qui claque. Si ce n’est que d’une seconde à une autre, ce hachoir assoiffé de sang le découperait de part en part, au-dessus de sa tête. L’arme blanche s’écrasa lourdement sur la couche qui fut bien tranchée en deux. Toutefois, ce ne fut pas le cas du ninja. Le garçon aux boucles avait fait semblant de somnoler, et d’une vivacité calculée, il bondit du divan. Il évita par là-même une fin douloureuse.

 

    Seulement il se retrouva seul dans la pièce. Il s’attendait à avoir un visiteur, mais non. En revanche, il pouvait compter sur une sensation qui ne le trompait pas. Premier point, le hachoir était bel et bien présent, enfoncé dans le meuble. Obligatoirement, il avait un manieur. Deuxièmement, il se sentait mal. Pas malade, mais nauséeux comme un vertige. Son chakra était semblait-il en effervescence. Quelque part, il reconnaissait le type d’assaut à lequel il avait survécu. Ou alors, cela lui était familier. Il arrêta de se poser trop de questions dessus. Une tension régnait, on lui préparait en coulisse une sale surprise. Il surprit  l’espace d’un instant un tintement métallique. Il savait pertinemment que dans ce cas de figure, le plus censé était de fuir. Cela ne servait à rien de rester alors que son ennemi était bien au chaud dans son subterfuge. Il fallait l’emmener ailleurs. Le shunin avait aussi préparé le terrain, il n’était pas aussi imprudent que le prétendait Yamato. Il tendit un fil d’acier très fin, et dès qu’il entendit des étoiles ninjas tournoyer, il tira dessus ce qui brisa la vitre derrière lui, et qu’il puisse se jeter dans les feuillages en contrebas. Les actions s’étaient enchainées dans une folie furieuse. Les shurikens lançaient dans plusieurs directions, levant un nuage de poussière, Shikamaru se sauvant in extremis en sautant au milieu des débris de verre. Une scène digne d’un film d’action.

 

    Il laissa derrière sa fuite, un aménagement dévasté, démontée par une centaine de shurikens, beaucoup trop qu’ils ne soient tirés que par un assaillant. Pourtant, un seul homme se tint au milieu de cette pagaille. D’une marche tranquille et assurée, il récupéra son bel objet de bourreau qu’il avait tenté d’asséner sur sa victime. Shikamori n’y allait pas de main morte avec ce petit jeune. « Je peux au moins ne pas lui enlever une chose… Il détale aussi vite qu’un lapin. » S’en amusa-t-il. « Bon, il est temps de se lancer dans mon passe-temps favori, la traque ! »

 

    Shikamaru n’avait pas filé trop loin non plus de leur repaire. Il fallait que ses supérieurs puisse venir lui prêter main forte dès qu’il reviendrait, pourvu qu’ils ne leurs soient rien arrivé. Il retira ses pensées négatives et fit l’inventaire de ce qu’il avait dans ses poches. Avec son matériel, il saurait sortir de son esprit ingénieux, une stratégie la plus efficace. L’œil avisé, il se dissimula dans l’ombre des arbres. Tout ce qu’il voulait, c’était de voir débarquer son agresseur. Par apparence, il pourrait déduire des indices sur son style de combat. Si bien sûr, il se manifestait…

 

 

    Le pays du Feu est une terre où il y fait bon vivre, le commerce est florissant, et de nombreux villages et bourgades y vivent paisiblement. Mais il ne faut pas s’y tromper, ce cadre de tranquillité n’est pas tout le temps maintenu. Il arrive que des criminels apparaissent dans la population et sévissent, et heureusement que Konoha fait la police. Ceux dont l’existence ne méritent une sentence imminente, sont envoyés de force à la prison Kazan. Les mécréants y purgent donc leur peine. Attention à ne pas la confondre avec la tour des Lamentations de Yuki. L’établissement était un peu plus respectable et vivable pour les détenus… à part pour quelques rares exceptions, mais là nous y reviendrons. C’est une prison tout à fait banale, où les voyous ont droit à un semblant de liberté durant des pauses, et les repas dans la cantine. C’était midi d’ailleurs qui venait de sonner, et la mauvaise herbe du pays se rassemblait dans l’ordre pour recevoir sa pitance. En file indienne, on les servait à la louche. La plupart des prisonniers étaient bien bâtis, et pour cette raison l’un d’eux ressortait de la ligne par sa taille chétive et ses bras qui devraient passer dans la salle de musculation. Les yeux à moitié morts et des cheveux d’un vert maladif, attachés en une petite couette étaient à peu de chose près ce qui ressortait d’une description succincte. Ah oui, en plus d’un pif assez rond au milieu de la figure. Il avait la tête de la victime de la classe, et il devait faire avec. Ses facultés reposaient essentiellement sur l’intellect au lieu du physique. Et c’est en grande partie pour ça qu’il avait été arrêté par les forces de Konoha. On l’avait compromis dans ses plans. Il grogna en ruminant sur l’une de ses connaissances qui avait été présente lors de son arrestation, même acteur de celle-ci. « Fichue Anko, je te le ferai payer. » En attendant, il devait se venger sur de la purée, et deux saucisses grillées. Les dernières à disposition. C’était jour de fête par rapport à d’habitude où on leur proposait une bouillie infecte. Il lorgnait sur les saucisses, et prit la pince pour les mettre dans son assiette. Sauf que la personne qui attendait son tour derrière lui, le poussa de son bide rond, et les mit dans sa bouche. Le gringalet voulut râler, mais comme il tenait à sa vie, il n’en fit rien. Il accusa le coup, c’était la même rengaine depuis qu’il était coincé ici. Surtout que là, le voleur était l’un des frères ‘‘Idiots légendaires’’, Fujin. Ce gros plein de soupe ne plaisantait avec la nourriture et pouvait tuer pour se rassasier. Autant faire profil bas avec de tels individus, qui étaient aux antipodes de ses principes.

 

    Il repartit dans le réfectoire, se consoler avec sa purée. Il se posa sur un banc, son plateau sur la table, et rompit son morceau de pain. Dommage ! On ne le laissa pas en paix. Le second frère Raijin, plus petit mais aussi gros, prit place en face de lui, et se servit dans sa purée comme il avait terminé la sienne. Décidément, à partir du moment où l’on est embêté par l’un, l’autre suivait derrière. L’intellectuel rougissait de colère. Mais avant qu’il ne commette l’irréparable, le sumo se fit reprendre :

 

– Arrête de profiter de sa gentillesse, Raijin. Ce n’est pas comme ça que l’on accueille un ami.

 

Le gourmand se ravisa, et croisa les bras, déçu.

 

– À qui dois-je ce qui reste de mon plat ? Demanda-t-il dans un sourire forcé alors qu’il essuyait son assiette du peu de purée qu’il avait, avec de la mie de pain.

 

En passant un regard furtif sur sa droite, il reconnut le détenu. Ces cheveux blancs lâchés derrière sa nuque, et son sourire sournois appartenaient à Mizuki, ninja de Konoha. Il faisait parti des plus craints dans ce bâtiment. Les tenanciers étaient  même très précautionneux quand il s’agissait de le raccompagner à sa cellule. « Qu’est-ce qu’il me veut, celui-là ? » Se méfia-t-il.

 

– Tu ne me dois rien, répondit le vieil ami d’Iruka. Avec le peu de choses que tu as récupéré de ces goinfres, se fit-il conciliant, alors que Fujin rejoignit son frérot à la table. Tu es Mashi, n’est-ce pas ?

 

Ah ! On en venait au sujet ! Qu’est-ce qu’un ex ninja de Konoha pouvait bien avoir affaire avec lui, un modeste scientifique dévoué à sa cause ?

 

– Oui…, retomba-t-il dans le silence, méfiant.

 

– Il parait que tu aurais des relations avec Orochimaru, là encore j’ai juste n’est-ce pas ?

 

Il hocha doucement de la tête, sentant un mauvais coup arriver.

 

– J’aimerai me rapprocher de lui. Pourrais-tu me le présenter ?

 

– Ce serait envisageable, mais pour ça, il faudrait que l’on soit libre, bougonna-t-il.

 

– Les frères Fujin et Rajin, et moi-même y travaillons. Qu’en dis-tu ? Ça te tente de t’évader avec nous ?

 

La proposition était alléchante, après il ne voulait s’attirer plus d’ennuis. Il n’empêche ce Mizuki était persuasif, et son envie de reprendre ses recherches furent tout à coup ravivée. Il accepta alors sans y réfléchir plus que de raison. Il verrait bien si leur plan tenait la route, après tout c’était la matière grise !

 

    Mashi aurait aimé lécher sa vaisselle si ce n’est qu’on l’interrompit. C’est même toute l’assistance qui cessa de faire tinter fourchettes et couteaux. La voix éperdue d’un gardien emplit la cantine, il avait accourut jusqu’au double battant de l’entrée. Même essoufflé, il s’arracha afin de communiquer l’état d’alerte :

 

– Levez-vous ! On évacue l’étage ! Les défenses de la prison ont été franchies ! Dépêchez-vous, sinon nous allons tous y passer !

 

Comme pour faire écho à ses avertissements, des cris ignobles percèrent dans les couloirs, suivis d’un cisaillement de métal. Le garde n’eut pas à le redire deux fois. Les incarcérés se levèrent, mitigé entre l’interrogation et la crainte latente. Qui sait, voyaient-ils là l’opportunité de se rebeller contre les représentants de l’ordre ? Si c’était le cas, ils changèrent rapidement d’avis, lorsque celui qui venait de les avertir, eut la tête en lambeaux sous la pression de deux griffes-katanas. Dès lors que le corps sans vie s’affaissa, un gamin aux allures inhumaines se présenta aux résidents de la prison. Pour ce monstre enfantin au faciès de poupée, ces humains n’étaient que des pièces de viande à pattes. Il en ferait une boucherie, selon les ordres de son petit frère, qui apparut derrière son dos. Rumibayu et Keiji firent forte impression, puisque la bande de criminels n’essayèrent même pas de les repousser. Au contraire, ils se bousculèrent vers un deuxième accès ouvert par un surveillant. Dans la panique, Mashi n’était pas le plus étoffé pour jouer des coudes, et forcément se retrouve à mordre le béton au sol. Quelque peu sonné, il se traina néanmoins sous la table. Une piètre cachette contre de tels tueurs. Il se recroquevilla sur lui-même, un peu comme un enfant apeuré. Il ne restait plus grand monde, excepté les assassins. Il les entendit se déplacer entre les places du réfectoire. Des bruits de souliers très légers, et le crissement écorché de lames émoussées. Il les vit. Ils étaient devant lui d’après leurs jambes juvéniles et rapiécées. Il ferma les yeux, se retenant à tout prix d’hurler dès qu’ils le tortureraient. Mais ils n’en firent rien, et reprirent leur marche macabre. Ils l’avaient épargné, le chercheur en était le premier choqué. Il avait la vie sauve pour le moment. Il prit cependant la peine d’attendre que ces deux gus empruntent le chemin, avant de ne crier victoire trop vite. Ce fut le soulagement lorsque le duo disparut derrière le pan de mur. Le stress retomba d’un coup, et il faillit s’allonger à même le carrelage. Il fut attrapé avec virulence par sa chemise de bagnard, ce qui le força à lâcher un cri suraigu. Quelle honte le poursuivit au moment où il s’aperçut que c’était Mizuki qui le sortait de ce pétrin.     

 

 

    Changeons un peu de décor. Dans ce même modeste établissement, un endroit bien défini servait à veiller au grain. De grands sièges à dossier étaient disposés face à une façade d’écrans qui visionnaient ce que filmaient des caméras de surveillance. Deux individus en avaient la charge, et derrière ces travailleurs investis, leur boss. Le responsable de la prison Kazan, Sojou Akimichi. Sans vraiment le manifester ouvertement, il était affecté par ce qu’il voyait sur les images. Il était plus que songeur. Il baissa les yeux sur sa bedaine proéminente, caractéristique des plus illustres ninjas de sa famille. À part ça, et sa bouille ronde, il avait sur la tête une crinière châtain, tenue en deux chignons noués en boucles sophistiquées. Il avait entre ses  mains puissantes un bâton en fer afin de mater les esprits les plus farouches. Son domaine était en train de partir en vrille, il en allait de sa réputation de régler ce contretemps. Il avait suivi le parcours de ces fauteurs de trouble, et jusque là personne n’avait pu enrayer leur avancée. Il s’arma en conséquence, lui seul avait les épaules suffisamment larges pour s’y opposer. Le mieux était de les arrêter avant qu’ils ne causent du grabuge au quatrième étage, le plus sensible. Il fit signe à ses larbins de ses intentions :

 

– Je vais m’occuper personnellement d’eux. Faites-moi parvenir un message si vous avez de nouvelles informations. Des détails sur leur manière de procéder.

 

Il se retira, chaque impact sous ses sandales impulsait une intensité presque sismique. Il était temps de neutraliser ces horreurs qui troublaient le calme de son pénitencier.

 

    Leur montée des escaliers fut à leur rythme, celui d’un pantin ni vivant ni mort, et du frangin qui n’avait pas terminé sa croissance. Assez lente. Ils prenaient leur temps. Ils atteignirent un palier, celui qui desservait au troisième étage. Ils s’y hasardèrent. Ensei leur avait demandé de mettre la prison s’en dessus dessous, alors il accomplissait sa tâche comme il se doit. En s’enfonçant dans la coursive, Rumibayu reconnut là, une série de dortoirs. Les cellules étaient toutes vides. On avait évacué. Une pointe d’amertume devait apparaitre derrière le sourire figé du garçon, s’il avait encore le plaisir d’avoir des sentiments même négatifs. Rumibayu ne ralentissait pas, sa marionnette maintenue à ses côtés grâce à sa laisse de chakra noir et dense.

 

    Cependant il n’eut pas à s’ennuyer bien longtemps. Dans un grondement à en faire vibrer les piliers de fondation, un géant aussi grand que large, s’écrasa de toute sa masse à l’autre bout du couloir. L’Akimichi était décidé de lui en faire voir de toutes les couleurs. Chacun patientait à sa façon. Rumibayu était de marbre, tandis que le directeur bouillonnait de l’intérieur. Etonnamment, ce fut le petit bout qui lança l’offensive,  envoyant son grand frère cadavérique droit sur le gros shinobi. Les cinq griffes étaient toutes sorties. Le pantin était à mi-chemin, quand Sojou réagit. En un signe d’apposition des doigts, tout son bras droit prit des dimensions folles. Sa main était assez large pour empoigner la créature. Il propulsa son membre gigantesque et heurta de plein fouet, l’abomination. Elle finit écrabouillée contre le mur du fond. Rumibayu avait eu le temps de s’en écarter, et le lien de chakra qu’il avait tissé avec Keiji n’avait pas été rompu, malgré la force exercée sur lui. Sojou retira sa poigne lentement, laissant un être désarticulé qui tentait de se remettre par une série de spasmes. Le maître des lieux n’était pas bête, quiconque qui avait encaissé cette frappe, ne pouvait y survivre. Le secret de cette résistance mystique était ce câble qui reliait le gamin à son jouet. « Si je réduis en bouillie le gosse, je n’ai pas à me soucier à couper le fil. » C’était d’une logique implacable. Il maintint son bras sous sa forme destructrice et le fit s’abattre de haut en bas sur le balafré. Il écrasa son vis-à-vis comme un vulgaire insecte agaçant. Des débris volèrent en tout sens, toutefois Sojou devint perplexe. Son coup n’avait pas fait mouche. On l’avait détourné, et il avait senti un point de pression sur son énorme pouce. Les quelques raies de fumée retombèrent en un rien de temps, mettant en lumière le sauveur du jeun et inconscient Rumibayu. Dans une position offensive d’art martial, un homme recouvert de bandelettes de la tête aux pieds s’était invité à la fête.         

 

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Une entrée en scène épique !

 

J'ai bien aimé le début calme avec Shikamaru qui va de paire avec sa personnalité et ça me fait plaisir de le revoir. Tout comme Yamato, j'ai vraiment hâte de voir comment tu vas les gérer dans cet arc. Mais c'est déjà bon avec Shika qui s'en sort face au manieur de Hachoir sa capacité me laisse dans le flou, c'est bien géré 8).

 

Les frères Raijin et Fujin toujours fidèles à eux-mêmes, par contre les deux autres j'ai oublié leur visage, il faudrait que je me rafraichisse la mémoire. Mais ce fut sensass de voir la pagaille qu'a foutu la team de Ensei.

 

Et encore bien mieux avec l'entrée de Sojou 8) face à Rumi :o, ça promet du lourd car il devra gérer Rumi et l'homme momie. Cet arc fera partie de tes meilleurs assurément !

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J'ai bien aimé le début calme avec Shikamaru qui va de paire avec sa personnalité et ça me fait plaisir de le revoir. Tout comme Yamato, j'ai vraiment hâte de voir comment tu vas les gérer dans cet arc. Mais c'est déjà bon avec Shika qui s'en sort face au manieur de Hachoir sa capacité me laisse dans le flou, c'est bien géré 8).

 

Oui, des têtes que l'on reconnait dans cet arc ! ^^ Durant ces deux ans d'absence de Naruto, je pense que j'avais de quoi faire avec les autres ninjas du village. Leurs combats seront assez intéressant surtout pour deviner les capacités de Shikamori et Shibe.

 

Les frères Raijin et Fujin toujours fidèles à eux-mêmes, par contre les deux autres j'ai oublié leur visage, il faudrait que je me rafraichisse la mémoire. Mais ce fut sensass de voir la pagaille qu'a foutu la team de Ensei.

 

Mizuki est l'ami d'Iruka, le type aux cheveux blancs qui se sert de Naruto au tout début du manga.

Pour Mashi c'est tiré d'un HS de la FG, comme Raijin et Fujin. C'est le scientifique qui travaillait avec Orochimaru pour mélanger l'ADN humain et poisson. On découvre une partie de l'histoire de d'Anko dans cet HS.

 

Et encore bien mieux avec l'entrée de Sojou 8) face à Rumi :o, ça promet du lourd car il devra gérer Rumi et l'homme momie. Cet arc fera partie de tes meilleurs assurément !

 

Je vais faire mon possible, ce combat qui se profile, sera compliqué à écrire. faire combattre un akimichi dans un espace aussi confiné...

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7.9 Embaumement

 

    Ainsi, une momie sortie de son tombeau, s’était interposée face au responsable du pénitencier de Kazan. Dans cette agitation, le petit Rumibayu s’était retrouvé sur le derrière, sans néanmoins se départir de son aura violente, et enfantine à la fois. La grosse voix de l’Akimichi retentit alors :

 

– Qui es-tu toi ?

 

Il s’adressait bien entendu au type aux bandelettes qui avait osé interférer. « Combien sont-ils, à s’être introduit dans ma prison ? Bon sang, et on n’a rien vu venir ! » Il avait de quoi remettre en cause son efficacité. Pendant qu’il était troublé, l’intervenant au visage masqué s’agenouilla auprès de Rumibayu. Il le redressa gentiment. Il ne semblait pas craindre ce que représentait le gamin.

 

– Tu n’as rien de casser ? S’enquit-il.

 

Rumibayu lui fit un non de la tête, à moitié hébété.

 

– Tant mieux. Tu dois quitter les lieux. Va t’amuser à l’extérieur, et attend que nous en ayons terminé avec lui. Ensei nous a demandé de gérer ce gars là. Tu ne voudrais pas lui faire de peine ?

 

Il mima encore par la négative, mais plus franchement.

 

– Tu es un brave petit.

 

Il était toujours aussi difficile de savoir ce qui traversait l’esprit du jeune Kadara. Néanmoins, il devait acquiescer, puisqu’il fit craquer ses articulations, et s’ébroua sa chevelure en épis. Il était décidé à suivre les instructions qu’elles soient pour son bien ou non. Ce n’était pas comme s’il se souciait de ce qu’il pourrait lui arriver. À l’intérieur du renfoncement dans le mur, son frangin décomposé revenait aussi à lui, comme il donnait une impulsion nouvelle grâce à son tuyau de chakra néfaste. Pour un petit gars de son gabarit, il se remettait vite, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter.

 

    C’était parler trop vite. Ils avaient quelque peu laissé de côté leur adversaire du jour, Sojou Akimichi. N’appréciant guère d’être ignoré, il passa à l’action. De colère, il décupla son poing pour aplatir la marionnette macabre. Rehiki ne se laissa pas décontenancé. Peu importe la taille du membre, il le dévia d’un coup de coude précis. La paume s’écrasa, tous doigts dehors, contre une façade. Elle s’écroula. Le shinobi ramena son bras géant vers lui. Il avait de quoi être blessé dans son amour propre. Le binôme se mettait en place en conséquence. La momie maintint sa position, le temps que Rumibayu et son pantin de frère déguerpissent. Le garçon fit des ronds avec sa tête, cherchant une voie praticable. Sojou ne leur laissa pas plus de délai :

 

– Vous n’irez pas plus loin tous les deux ! S’il le faut, je vous enterrerai vivants !

 

Il ne croyait pas si bien dire, vu ce qu’il entreprit. Par son jutsu de son clan, il élargit cette fois, ses deux paumes, et frappa de toute sa force sur le sol. Le couloir entier de cet étage s’effondra, ouvrant un trou béant vers l’étage de dessous. Des blocs bétonnés décomposés retombaient dans un énorme fracas. Pas sûr que l’un ou l’autre des deux camps aient survécus.

 

    Les dernières trainées de craie et de poussière s’estompèrent lorsque des formes se relevèrent à peu près dans le même temps. Rumibayu avait été protégé des débris par son grand frère. Il avait rétracté ses griffes, et portait à présent son frangin dans les bras.

 

– Vas-y, je me charge de lui, lui recommanda la voix étouffée de Rehiki.

 

Il s’en était fallu de peu pour qu’il finisse écrabouillé. Réfugié au creux de deux fragments explosés, il avait fait preuve d’une sacrée souplesse. Le fait qu’il s’en sorte indemne, était le plus étonnant. Radius, cubitus, fémur, tibia, tout était opérationnel. Rumibayu obéit prestement, et fuya dans les bras de son zombi vers une zone moins mouvementée. Au même moment une silhouette hirsute se leva et domina l’amoncèlement de gravats. Sojou était debout, et n’avait qu’à se soucier que de quelques ecchymoses ridicules. Il marqua sa déception de voir le bandé sans blessure, Rumibayu s’étant au préalable éclipsé. Ils n’étaient plus que tous les deux, et, l’un et l’autre se déchaineraient. Le gardien avait de quoi être rebuté, sa bouche s’affaissait avec sévérité. Ce fut Rehiki qui attaqua le premier échange. Sa vitesse d’approche et d’exécution était bien élevée, pour rappel la surprise qu’il avait faite au jeune azuré, Ensei. L’Akimichi ne se désarma pas pour si peu, et prépara une défense en fer, de quoi l’accueillir avec son bâton forgé. La première tentative fut osée, l’homme à mains nues chercha à lui porter un coup à la gorge, comme s’il essayait de la broyer entre ses doigts. Attaque beaucoup trop évidente, et qui fut repoussée d’un roulement de bâton. Elle laissait même une belle ouverture. Le gars aux chignons ne trembla pas en lui assénant un coup de son arme de bas en haut. Parfaitement synchronisé, La momie évitant d’un pas en arrière, comme s’il avait vu venir le coup. Les estocades du contondant plurent sur le criminel. Les esquives se succédèrent, et ça ne manqua d’impressionner l’Akimichi. Il ne faisait jamais un geste inutile, ne faisait que les mouvements les plus justes, ceux qui ne gaspillaient pas ses forces. Il le savait dorénavant, il avait affaire à un maître en taijutsu. En conséquence, il adapta son style. Son contondant qui était déjà de bonne facture, s’allongea en une perche. « Apparemment, il n’y a pas que les parties de son corps qu’il peut décupler. C’est intéressant. » Avisa la momie. Le bras de fer changea un peu de tendance. Sojou avait maintenant beaucoup plus d’ampleur en tenant la menace à une distance respectable. Sa perche frappait l’air dans un sifflement retentissant. « J’ai été l’élève le plus doué d’Hiruzen et du roi des singes, dans cet exercice. Je fais la promesse que tu ne pourras plus venir au contact. » Ce serment fait, il lui fallait l’accomplir. Il  se mit donc à provoquer sans relâche, le shinobi inexpressif, du bout de son arme, mettant en œuvre différents plans d’attaque. Il n’en revenait pas. Rehiki ne se laissait pas toucher, comme s’il prévoyait à l’avance. Ce n’était pas le géant qui était lent, mais lui qui le surpassait. Sa souplesse était effarante, parfois au point de se demander s’il n’était pas en caoutchouc. Prenant son mal en patience, il se servit d’une tactique. D’un balayage, il le força à sauter. Ce fut le cas, et à pieds joints. En plein vol, Sojou pouvait le cueillir. Sa perche tenue à une main, son autre bras libre grossit afin de le saisir. Le choc allait être cinglant, sauf que Rehiki avait un atout sous ses bandelettes. D’une apposition rapide des mains, il fit mouvoir un bout de son déguisement. Tel un serpent, un tentacule, il s’enroula autour de la longue baguette. Tirant dessus, Rehiki se plaça hors de la portée de la poigne puissante. Il retomba avec grâce et en toute quiétude sur le sol encombré. La frustration gagna le ninja enveloppé, il détestait que l’on se moque de lui de cette façon. Utiliser ses propres armes à son insu. Par contre il ne pouvait pas nier que son ennemi faisait preuve d’une clairvoyance et d’une aisance inégalées.

 

    Un temps d’arrêt s’imposa. Il fallait au balourd remettre ses idées en place, et analyser. « Je ne peux pas croire qu’il soit aussi fort par entrainement. Il a un secret, et je vais le percer. » En effet quelque chose clochait… Ce fut l’instant choisi pour que ses subalternes de la salle de contrôle lui fassent un rapport. Les hauts parleurs encore d’usage retentirent dans un bruit de décrochage de combiné :

 

– Capitaine Sojou, nous tenions à vous informer que nous avons perdu le visuel sur les caméras qui cernent le quatrième étage. Fin de la communication.

 

Le maitre de l’établissement se referma sur ses réflexions. « Serait-ce les enfants tueurs qui font des siennes ?... Non, j’en doute fortement. Ils ne se soucieraient pas d’être filmés par des caméras… » Le shinobi releva le menton.

 

– Combien êtes-vous ? Et pourquoi faire du grabuge à Kazan ? Fit-il insistant auprès du seul représentant devant ses yeux.

 

– Nous faisons ce pour quoi on nous a engagés. C’est apparemment tout ce que savent faire les ninjas que nous sommes tous, déclara amer Rehiki.

 

Cette réponse ne parut pas plaire au représentant de Konoha. Il bouillait de l’intérieur. Il le tournait en bourrique, tout en gardant un air supérieur. Il peina à se ressaisir, et si par un effort de surhomme, il y parvint, sa colère se ressentit dans l’impact suivant. Il joua de son bâton et démolit de cette manière le pavage en un sillon qui déferla sur l’acolyte d’Ensei. Le sol trembla en même temps que des fragments de pierre se fracassaient et qu’un nuage épais se soulevait. Le but n’était pas de l’atteindre directement, mais simplement de l’aveugler, l’empêcher de sortir une nouvelle esquive dont ce voyou avait le secret. Ce que le gardien avait escompté, se réalisa. Rehiki tournait la tête de gauche à droite, hésitant sur l’approche qu’allait adopter Sojou. L’imposant Akimichi opta pour une combinaison de techniques. D’abord, il créa un kage bunshin, puis les jumeaux se mirent sous la forme du boulet humain. De ce fait, deux sphères se mirent à rouler en écrasant tout ce qui était sur leur passage respectif, vu qu’elles se séparèrent dès le départ. L’écran de fumée joua son rôle à merveille. Même si Rehiki entendait qu’on lui fonçait dessus à toute berzingue, il ne savait pas à quoi s’attendre, ni dans quel angle on lui sautera dessus. Parfaitement synchronisé avec son clone, Sojou prit sa victime par la droite tandis que sa copie venait par la gauche. Ils allaient le lacérer sous leurs forces de rotation.

 

L’Etau du Boulet Humain ! Vociféra-t-il.

 

Rehiki ne pouvait pas subir plus terrible assaut de la part de ce tas de graisses et de muscles. Lorsque les boulets se rencontrèrent, le fracas gagna en intensité. La momie devait être brisée, ses bandelettes en charpie. Sauf que Sojou frappa dans le vide, il ne faisait que se cogner sur son homologue. Rehiki était subitement parti en arrière. Dans un élan venant de nulle part, il fit une pirouette avant de se réceptionner plus loin.

 

    L’Akimichi s’arrêta progressivement de tourner pour rien, et reprit une apparence aux proportions normales. Il annula dans la foulée son clone. L’effet de surprise étant tombé à l’eau, cela ne servait à rien de gaspiller son chakra inutilement. Il n’en revenait pas de ce qui était arrivé. « Je ne peux pas le croire ! Il est allé à l’encontre des lois de la gravité. Je suis sûr qu’il n’était pas sur ses appuis pour effectuer ce genre de figure. » Rehiki restait de marbre, essayant d’aborder le combat à sa façon, tandis que Sojou se rongeait les sangs, frustré. Le partisan révolutionnaire préféra ne pas réengager tout de suite. Il valait mieux le laisser s’enfoncer dans ses doutes. Il se tint le plus droit possible, et attendit que le manieur de perche fasse lui-même une erreur. Soudain, l’expression de Sojou vira totalement. Transpirant, un sourire vint grossir sa bouille.

 

– Je ne vois pas comment tu as pu m’échapper, seul face à ma tactique en binôme. C’est là que je comprends… Tu n’es pas tout seul, on t’aide depuis tout à l’heure ! Fit-il sur le ton de la moquerie. Tu ne sais même pas te battre d’homme à homme !

 

L’insulté fit deux pas en avant, sans répliquer quoi que ce soit. Aucun indice ne permettait de discerner s’il perdait son calme. En tout cas, il avança sans presser le pas, certain de sa victoire prochaine. Sojou n’y faisait guère attention, et pensant que la provocation fonctionnait, il persistait :

 

– Allez où es-tu ? Poussa-t-il la voix. Ce n’est plus la peine de te cacher, viens accompagner ton ami dans la mort. À moins que tu ne sois encore plus mauvais que lui ! Invectiva-t-il.

 

Personne d’autre ne se manifesta, et pourtant le shinobi savait qu’il avait visé juste. Rehiki finit sa marche, juste pour se tenir hors de portée du bâton. Aussi improbable que cela fusse, il baissa sa garde, et se mit à retirer ses bandes de lin. Il retira celles de sa tête. Sojou ne pensa même pas à contrattaquer, tant ce qu’il se passait, allait à contrepied du déroulement d’un combat. Il l’observa gravement. Les pans de tissus s’étendirent à ses pieds, avec légèreté. C’est alors que les yeux de Sojou s’écarquillèrent. Ses pommettes se figèrent et le reste de son visage se mua en une grimace horrifiée. À peine eut-il le temps de comprendre ce qu’il lui arrivait, que son cœur lâcha prise, et cessa de battre. Ainsi, l’homme qui matait les prisonniers de Kazan du bout de son bâton de fer, tomba de tout son poids, raide mort. Rehiki n’avait même pas frémi sous l’impulsion que sa mort avait causée. Il n’avait pas bougé, et se retrouvait dorénavant avec ce corps sans vie à ses chausses. Il resserra donc à leur place ses bandages, tandis qu’une voix qu’il connaissait bien s’échappa du trou béant au troisième étage dévasté.

 

– C’est bon, je peux ouvrir les yeux ? Se montra le rouquin Mai qui savait à quoi s’en tenir avec son vieil ami.

 

– Oui, c’est bon. Tu ne peux plus courir de risque, affirma-t-il en serrant ses derniers pansements.

 

Le petit ninja descendit en contrebas. Il félicita son compère :

 

– Dis donc, tu t’améliores. Tu as fait preuve de maitrise de soi alors qu’il t’insultait, laissa-t-il ses mots en suspens tout en posant son regard sur le corps inerte. Ce combattant fut valeureux, il était proche de la vérité. 

 

– Peut-être…, intervint Rehiki. De toute façon, ça n’aurait rien changé. Ensemble, nous sommes imbattables.

 

 

*

 

    Lors de cette confrontation qui fit pas mal de dégâts, les acteurs jouaient leurs rôles comme cela avait été orchestré. Deux individus progressaient, montant de larges escaliers, leurs visages baissés sous leurs capuches. Vraisemblablement, ils arrivaient au quatrième étage de ce centre carcéral, ici où était enfermé les cas les plus délicats. Sachant très bien ce qu’ils faisaient, ils prenaient leurs précautions. Avant de pénétrer dans une coursive qui ouvrait sur des cellules plongées dans l’obscurité, ils se plaquèrent contre le mur, chacun ayant choisi son côté. Ils vérifièrent un peu autour d’eux, le plus attentif fit un geste de la main, dans une direction.

 

– Par là ! Sonna une voix féminine.

 

Elle indiquait à son compagnon, une caméra, qui devait avoir une vue nocturne. D’un signe de main adroit, celle qui l’avait détecté, envoya un lasso aqueux à pleine vitesse et découpa l’enregistreur.

 

– On ne devrait plus avoir de problème, le système a été en majeure partie neutralisé, en conclut le second.

 

Plutôt satisfait jusque là, ils décidèrent de se montrer au grand jour. Les capuches tombèrent derrière les mines déterminées d’Ensei et Yuritomi. Ils déambulèrent dans cette aile sombre et inquiétante. Ce genre d’endroit rappelait de mauvais souvenirs à Ensei, enfin en avait-il de bons ? Il en frissonna. Certaines chambres sur leur passage étaient équipées de mobiliers et d’outils réservés aux soins très particuliers. Sinon, quasiment tous les dortoirs étaient sans locataire. Avaient-ils été évacués avant qu’ils n’interviennent ? Non, ou alors il avait largement sous-estimé leur temps de réaction.

 

    Le jeune homme aux cheveux mi-longs porta un coup d’œil et une oreille à chaque fenêtre à barreaux. Au bout de la quatrième, il fit signe à son garde du corps de venir.

 

– On l’a trouvé. Dans cette cellule. Je vous en prie, les dames d’abord, se retira-t-il malicieusement.

 

Bien entendu, il voulait simplement qu’elle se charge de déverrouiller la porte. Ensuite, il entrerait le premier, sachant pertinemment à qui ils auraient affaire. Ce trait taquin, il ne l’avait pas, il y a des années. Certainement que Bangezo le lui avait transmis, d’une manière ou d’une autre. Voilà à quoi il songeait, le temps que sa partenaire se débrouille à débloquer le loquet. Elle ne le faisait pas ouvertement, mais elle se servait d’un jutsu. Ensei s’en rappela du temps où il s’était réfugié à Kiri. Une apposition de la main sur le verrou, et clac ! Le tour était joué. C’était fort pratique, surtout lors de missions d’infiltration. Dans cette résidence modeste, qui se résumait à ces quatre murs, une forme ressortait du fond de la pièce. Il fallut faire le temps pour qu’ils discernent mieux ce qu’il en était. Osant quelque pas, ils virent le prisonnier. Un homme bien bâti en haillon, le torse lézardé de fines cicatrice. Le pire était sa position, en croix, poignets et chevilles retenues par des entraves et des chaines. En outre, information plus que convaincante sur son potentiel, on lui avait collé des parchemins un peu partout sur son corps, comme ses mains, ses bras. Même son visage n’était pas épargné ! Un grand recouvrait ses yeux, et un autre sa bouche, l’empêchant entre autre de parler. Yuritomi fit un examen détaillé :

 

– Ce sont des parchemins qui entravent le chakra et son malaxage. En temps normal, un seul suffit à faire effet. Les méthodes de Konoha, sont vraiment exagérées !

 

Inutile, du point de vue d’Ensei d’y redire à ce sujet. Tous les villages ninjas avaient leurs méthodes cachées et répugnantes. S’il devait en choisir une parmi les autres, autant tirer à la roulette russe. Finalement, il se tint face à cette victime. Rien qu’à le voir, cela renflouait de vieux souvenirs. Les lèvres scellées du hors-la-loi remuaient. Il avait perçu leur venue. Le blafard de Yuki voulut d’abord être apaisant, ou du moins détendre l’atmosphère :

 

– Ah ! Zenji ! Ça faisait un bail ! Je suis venu te chercher. Attend, je vais t’enlever ce que tu as sur la bouche.

 

Il mit son pouce sous le parchemin, et s’apprêta à tirer d’un coup sec. La demoiselle au chignon avait ses sens d’anbu en éveil, et elle ne le sentait vraiment pas, mais vraiment pas du tout.

 

– Arrête Ensei… !

 

Trop tard, l’impatience de son chef commit l’irréparable.

 

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Un super chapitre !

 

Rehiki vs Sojou était un combat bien classe et bien maitrisé au niveau de l'analyse du pouvoir de l'adversaire comme j'aime. Et que dire le gardien de la prison est mort au combat sans véritablement découvrir le secret de ce duo. Mais on a déjà quelques indices, le vieux doit rester en retrait et à l'aide d'un jutsu unique, il doit pouvoir rendre les esquives de Rehiki bien plus impressionnante, cependant ce dernier semble avoir un jutsu lié à son visage qui doit être une tête de squelette et quiconque le regarde meurt, une malédiction en somme.

 

Du côté de Ensei et Yumi, ces derniers parviennent à la salle du détenu qu'ils recherchaient et ma mémoire me fait défaut sur lui, il était là lors de l'examen chunin normalement ? Si je crois bien me rappelé Ensei va libéré une vraie bête  8) !

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Comme mon VDD, je ne peux que saluer tes scènes de combats plaisantes à lire  ^^

 

Intéressant le style de Rehiki. Moi je pense plutôt que le vieux est un expert marionnettiste qui "manipule" la momie comme Chiyo avec Sakura (mais en mieux).

 

Sojou qui fut élève d'Hiruzen (comme les Sanins) et d'Enma en personne ! ça peut en dire long sur la force de ce personnage. J'comprends qu'il soit le gardien pénitentiaire.

 

Donc le fameux détenu que recherche Ensei est ce Zenji. Le même "Zenji" qui participait à l'examen d'Ame ? Je me demande comment a t-il pu en arriver là ?  Prisonnier de guerre ? Espion à la Prison Break ? Un régénérat génocidaire prit en flag au Pays du Feu ?

Vu son traitement, je penche pour le dernier cas (si on parle bien du Zenji de l'examen)  ;D

 

 

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Mais on a déjà quelques indices, le vieux doit rester en retrait et à l'aide d'un jutsu unique, il doit pouvoir rendre les esquives de Rehiki bien plus impressionnante, cependant ce dernier semble avoir un jutsu lié à son visage qui doit être une tête de squelette et quiconque le regarde meurt, une malédiction en somme.

 

Tu vises plutôt bon, pour Mai. L'Akimichi a bien remarqué que les esquives n'étaient pas naturelles, donc forcément une aide extérieure. Pour Rehiki c'est une idée à peu près juste, de toute façon l'effet est tellement cheaté, dès qu'il enlève ses bandages, que l'on pense à une malédiction. Le mec est obligé de cacher la moindre parcelle de peau.

 

Du côté de Ensei et Yumi, ces derniers parviennent à la salle du détenu qu'ils recherchaient et ma mémoire me fait défaut sur lui, il était là lors de l'examen chunin normalement ? Si je crois bien me rappelé Ensei va libéré une vraie bête  8) !

 

Bingo, dans le mille !

 

Intéressant le style de Rehiki. Moi je pense plutôt que le vieux est un expert marionnettiste qui "manipule" la momie comme Chiyo avec Sakura (mais en mieux).

 

Théorie qui me plait, à voir.

 

Sojou qui fut élève d'Hiruzen (comme les Sanins) et d'Enma en personne ! ça peut en dire long sur la force de ce personnage. J'comprends qu'il soit le gardien pénitentiaire.

 

Je voulais un gros morceau pour rivaliser avec Rumi, Rehiki et Mai en soutien. Je me suis dit pourquoi pas un Akimichi qui aurait été élève de Hiruzen comme les Sarutobi forment en général les Nara, les Akimichis et les Yamanaka.

 

Donc le fameux détenu que recherche Ensei est ce Zenji. Le même "Zenji" qui participait à l'examen d'Ame ? Je me demande comment a t-il pu en arriver là ?  Prisonnier de guerre ? Espion à la Prison Break ? Un régénérat génocidaire prit en flag au Pays du Feu ?

Vu son traitement, je penche pour le dernier cas (si on parle bien du Zenji de l'examen)  ;D

 

C'est bien lui ! En fait, on le voit se faire capturer par le trio Ino Shika Cho lors du séjour d'Ensei à Konoha. Les raisons tu les auras rapidement.

 

 

7.10 Dans la gueule du loup

 

    Ensei retira le papier qui barrait la bouche du criminel. Et Yuritomi ne put que sonner un avertissement d’effroi avant que le fou dangereux  fasse quelque chose d’insensé. Il cracha un objet directement sur lui, il suivit une ligne droite sans que personne ne puisse faire le moindre geste. Il aurait pu se ficher dans le crâne du voyou azuré, au lieu de cela, il finit sa course dans le mur derrière lui. Ensei rouvrit les yeux, vu que son corps s’était attendu à subir une douleur quelconque. Mais en réalité le prisonnier n’avait fait que l’intimider. Il ne fallait pas plaisanter avec lui. Pour cette raison, Yuritomi tira un sabre. Il ne valait mieux pas se faire surprendre une fois de plus. « Bon sang c’est qui ce type ?! Rien qu’en enlevant un parchemin de réclusion, il peut malaxer du chakra avec sa bouche ? Ensei, j’espère que tu sais dans quoi tu nous as jeté. » Quant à son coéquipier, il se permit de se tourner légèrement, juste pour voir l’impact du tir. C’était un trou parfaitement rond, creusé dans le béton de la cellule. Un ou deux doux craquements leur parvinrent.

 

    Même s’il avait toujours les yeux bandés, le gaillard ne se laissait pas décontenancé. Et même, c’est lui qui avait l’ascendant. Maintenant qu’il avait les mâchoires libres, rien ne l’empêchait de déballer des paroles.

 

– Tu es sacrément inconscient pour venir à moi, en étant aussi confiant. J’ai fait exprès de te rater à l’instant… Comme je suis curieux de connaitre les raisons qui t’ont poussé à me sortir de prison, je te laisse la chance de t’expliquer.

 

Un silence de quelques secondes précéda la réponse mesurée du shinobi sans attache.

 

– Mon souhait serait que nous coopérions ensemble afin de faire tomber ce monde corrompu des ninjas. C’est l’offre que je te fais. Je sais que tu as une dent contre Konoha, alors c’est une bonne opportunité que je t’offre.

 

Aussitôt, le personnage violent éclata de rire. Un rire non forcé, celui d’un guerrier vorace qui aurait été le dernier survivant d’une bataille. Il reprit un ton carnassier et moqueur :

 

– Comment peux-tu me faire une telle proposition, alors que je ne sais même pas qui tu es ? Apparemment, tu as entendu parler de moi. Tu devrais savoir que le travail d’équipe n’est pas fait pour moi. Si tu me gènes, je te découperai en morceaux.

 

Yuritomi était visiblement celle qui prenait la menace la plus au sérieux. Elle referma sa poigne sur sa garde.

 

– Je veux bien prendre le risque, déclara Ensei avec un aplomb insolent.

 

– Je vais commencer à m’énerver, et j’ai tendance à m’emporter assez vite…

 

Le creux dans la pierre dû à l’attaque de Zenji, recommença à émettre des craquements peu rassurants. La menace n’allait pas tarder à se concrétiser. Ensei garda un œil sur l’ouverture dans le mur, tandis que sa subordonnée s’assura d’être prête à charger. Le recruteur fit une dernière tentative, avant que la situation ne tourne au désastre :

 

– Si nous devons mourir de ta main, autant que tu nous ayons l’honneur que tu nous abattes avec toutes tes armes et attributs. Je me souviens que tu possédais un sabre assez impressionnant.

 

Le béton cessa de grincer.

 

– Pendant que mon amie récupère ton sabre, je pourrai te retirer ce qui reste d’entraves, suggéra-t-il.

 

Un large sourire dévoila son envie irrépressible de se sentir enfin maitre de tous ses moyens.

 

    Ensei n’attendit pas son feu vert, et prit les devants.

 

– Yuritomi, tu veux bien lui ramener son épée ? Il doit être entreposé dans une armurerie.

 

– Allez ! Je dois maintenant faire tes courses ! Tu es vraiment insupportable, tu le sais ça !

 

Malgré ses remontrances, elle recula vers la sortie. Loin de s’y précipiter, elle ne lâcha pas du regard celui d’Ensei. L’inquiétude de la dame s’y lisait clairement. Elle attendait un signal silencieux. Il le lui donna en baissant la tête avec un sourire qui en disait long sur la confiance en ses capacités. Une fois hors de vue, Yuritomi se jeta dans la recherche du bien de cet assassin. Même si Zenji ne s’était pas présenté en tant que tel, elle n’était pas passée à côté de sa soif de sang. « Pourvu qu’Ensei ne fasse pas de bêtise… » Et elle accéléra.

    Les directives avaient été lancées, et elles avaient été suivies. Ensei n’en demandait pas mieux à sa comparse, qui savait tout autant que lui qu’il devait apparaitre comme un meneur digne de ce nom à cette forte tête enchainée. En plus, il était sur le point de dévoiler une carte maitresse que même Yuritomi ignorait. Autant la gardait bien au chaud le plus longtemps possible. Ensei effectua les deux pas qui le séparaient du malfrat.

 

– Je vais d’abord t’enlever celui que tu as aux yeux, l’informa-t-il, avant que Zenji ne reprenne sous des airs de bête sauvage curieuse.

 

– Ta voix… elle ne m’est pas étrangère. Où est-ce que j’ai pu l’entendre.

 

– Nous nous étions vus à Ame, durant le tournoi pour devenir shunin.

 

Alors que les souvenirs se mettaient à resurgir, le second parchemin fut enlevé franchement de la main du libérateur. Zenji eut alors un visuel sur l’impertinent.

 

– Toi ! Grinça-t-il.

 

À l’époque, il ne l’avait qu’à peine remarqué, le considérant comme un insecte à écraser, comme la plupart des aspirants. Il n’y avait que la jinchuuriki de Nanabi qui aurait pu l’amuser. Non, pas moyen de rejoindre les rangs d’un cancrelat pareil ! Il se mit à rassembler du chakra pour se libérer. La circulation était encore trop perturbée pour que ce soit immédiat. Le moment était choisi pour qu’Ensei expérimente son dojutsu. À son tour, il découvrit son œil, et prit son vis-à-vis dans un autre monde, illusoire.

 

    « Etrange… » Le noir complet. Logiquement, le kashingan devait faire apparaitre la plus grande peur de celui qui était sous son emprise. Mais rien, Ensei se retrouvait comme une âme égarée dans un lieu sans commencement ni fin, sans repères. Soudain, une lueur vint éclairer doucement ces ténèbres. Instinctivement, il s’en approcha. Deux formes identiques se détachaient du tableau noir dont ils étaient tous prisonniers. C’était la carrure grossière de Zenji, et elle faisait face à une autre identique, sans aucun doute son reflet. « Qu’est-ce que c’est ? Il aurait peur de lui-même ? » Qui sait ? Après réflexion, c’était même plus que probable. Ce ninja qui agissait comme une bête sauvage pouvait très bien craindre ce qu’il était devenu. Les personnes en suspension dans leurs subconscients le demeurèrent pendant un temps… trop long au goût d’Ensei. Les deux Zenji se fixaient sans rien dire, comme devant un miroir. Le possesseur du dojutsu ne savait pas trop s’il devait forcer le destin, ou laisser faire. Normalement la victime de ce type de genjutsu devait succomber dans sa propre tourmente. Et pourtant c’était le calme plat…

 

    D’un seul coup, Ensei se fit surprendre. Le vrai Zenji, pensa-t-il, frappa d’un méchant coup de boule son image qui se fractura sous le choc. S’ensuivit, un vent violent, une vague de chakra déferla. L’onde repoussa le manipulateur qui reprit ses esprits. De retour dans la cellule du rebelle, le ninja de Yuki était en sueur. La pression était forte, l’effroi le saisit dès lors qu’il vit l’incarcéré se débattre. Même si pour l’instant les chaines et les parchemins le retenaient, les maillons de métal n’étaient plus loin d’être brisés, et le papier de scellement devenir obsolète. Pas le temps de réfléchir sur ce qui avait fait pare feu au jutsu. Il garda le contact visuel avec son dojutsu, et alors que Zenji s’excitait de plus en plus fort, il ajouta au kashingan sa technique héréditaire. Son doigt noirci s’enfonça dans le front du récalcitrant à l’image d’une racine dans de la terre. Sous ce nouvel assaut, Zenji la bête s’immobilisa. Il valait mieux se dépêcher, avant qu’il ne redouble d’effort ou qu’il trouve une parade.

 

    C’était la première fois qu’Ensei faisait cette expérience sur un être humain, associer les techniques des Makusa et des Gomenaren. Le jeune homme trifouillait dans les souvenirs de Zenji, afin d’y trouver une faiblesse, un moment de sa vie qu’il ne pouvait supporter. Le kashingan jouait le rôle de radar dans les pensées du cobaye. Dès qu’une période de sa vie était ratissée, la recherche se poursuivit plus en profondeur. Ensei était une sorte de chercheur d’or qui fouillait inlassablement dans l’espoir de dénicher une pépite. Il lui sembla en déceler une, à un moment donné. Il lui fallut creuser profondément dans ses souvenirs. Ensei fit ressurgir un évènement qui n’était pas étranger à Zenji. Le gaillard qu’il est aujoud’hui, n’était qu’un enfant à ce moment là. Le décor flouté en fond, devait représenter les hautes tours d’Ame. Il était face à une bande de garnements qui s’y étaient pris à plusieurs pour le tabasser. Quelque part, s’y prendre en groupe équilibrait le fait qu’il les dépassait d’une tête. La baston fut à sens unique, le petit Zenji mit à terre ses assaillants en y allant à cœur joie. Il en récoltait un ou deux bleus, des salissures sur ses vêtements mais guère plus. Il en attrapa un au sol qu’il ne jugea pas suffisamment amoché. Il chargea son poing pour le cogner, quand on l’appréhenda.

 

– Ce n’est pas bien de t’en prendre à plus faible que toi, Zenji.

 

– C’est eux qui ont commencé, Asayo. Ils ont bien mérité ce qu’il leur arrive.

 

– Peut-être, mais en tant que leur ainé, c’est à toi de montrer l’exemple, d’accord ? 

 

Le garçon baissa la tête et fronça les sourcils. 

 

– Allez Zenji, ne te vexe pas. Il faut bien que je te sermonne de temps en temps. C’est à moi de t’éduquer maintenant.

 

– Oui je sais, cousine.

 

– Regarde-moi, et fais-moi ton plus beau sourire, s’adoucit-elle.

 

Le garçon se détendit et releva sa bouille. Il commençait déjà à avoir des traits tirés et émaciés à ses pommettes. Le visage ensoleillé de sa tutrice se découvrit. C’était une jeune femme, en fin d’adolescence, ninja de la Pluie, et qui lui répondit d’un magnifique et sincère sourire. Cette brunette était la seule famille qui lui restait, et qui pouvait le canaliser. Tout allait pour le mieux, sauf que se produisit un changement radical. La lumière bienfaisante que diffusait la demoiselle s’éteignit. Et à la place, le ciel devint rouge sang, les immeubles muèrent en des pics, et la mignonne Asayo passa du rayonnant au livide. La bouche perlant de son propre sang, les yeux morts. Son corps tomba raide, laissant apparaitre la bande de tueurs qui avaient osés la supprimer, comme ça du jour au lendemain. Ces pourritures avaient des bandeaux, ils indiquaient qu’ils venaient de la Feuille, Konoha.

 

    Zenji faisait maintenant pâle figure. Ensei quant à lui, retenait sa respiration. La brute était avachi, du moins comme le lui permettait ses entraves. Il était au moins aussi transpirant que le Makusa, en détresse.

 

– C’est bon, ça suffit ! Débarrasse-moi du reste…, ordonna-t-il d’une voix terne, sans vie.

 

Ensei n’y réfléchit pas à deux fois, il l’aida. Dès qu’il lui ôta l’ensemble de sa camisole, il s’écarta, préférant lui laissa un peu d’air pour se reprendre. Les épaules musclées de ce combattant aguerri commencèrent à rouler, à se relever au dessus de l’azuré.

 

    Yuritomi filait à vive allure, sans se soucier sur qui elle pouvait tomber. De toute façon, le pénitencier était désert. Des indications lui facilitèrent la tache pour ce qui était de trouver l’arsenal. La porte était verrouillée. Une broutille pour une professionnelle du crochetage comme elle. Dans ce local, Il y avait de quoi faire ses emplettes. Kunais, shurikens de différentes tailles, des bôs dans une corbeille, une caverne d’Ali Baba pour un féru des armes ninjas. Elle dénicha finalement le coin des lames en acier. Elle mit la main sur une poignée de katanas de moins bonne qualité que les siens, et alors qu’elle soupirait rien qu’à l’idée de devoir fouiller, un objet retint son attention. C’était un sabre imposant. Elle pouvait tenir le manche à deux mains, cependant elle ne se sentait vraiment pas de le manier. Elle était plus à l’aise avec des armes un poil plus léger. Sinon, elle n’avait jamais vu un tel outil de mort, le fil de la lame était protégé par des bandelettes de lin, en y jetant un coup d’œil, elle vit les dents qui la striaient. Cette épée si originale ne pouvait appartenir qu’à une brute épaisse, tout à fait le profil de leur recrue. Elle l’embarqua, et reprit le trajet inverse. Elle était presque dans la précipitation. Il fallait rapidement qu’elle sache comment avait tourné l’altercation entre son grand amour et l’autre vermine. Elle montra les étages qui la séparaient d’eux, et devant la porte en question… et étrangement elle actionna la clenche lentement.

 

 

    Aux abords de Kazan, trois personnages alliés rongeaient leur frein en haut d’une butte boisée. Rumibayu s’était accroupi et grattait la terre de ses doigts abimés. Le binôme de Suna partageait quelques observations sur cette mission d’assaut, en même temps qu’ils faisaient du gardiennage d’enfant. Deux têtes apparurent de la pente qui remontait. Ils reconnurent leur meneur et son bras droit. Comme ils revenaient que tous les deux, Rehiki partit dans des déductions :

 

– Il semblerait qu’il ait refusé de se joindre à nous. C’est dommage, on s’est dévoilé pour pas grand-chose. Pas trop déçu, Ensei ?

 

La mine du calculateur était neutre, il voulait certainement taire ses sentiments. Yuritomi l’accompagnait avec son expression des mauvais jours. Soudain, une détonation alerta avant tout la momie et le roux enrobé. Ce coup de tonnerre venait de la prison, et attira forcément l’attention de la troupe, si ce n’est Rumibayu qui avait pris deux poupées de chiffon et les faisaient se saluer. Sous leurs yeux interloqués, un pan de fortification se fissura et se renversa dans un fracas retentissant. Le courant d’air provoqué les atteignit, et les obligea à plisser les yeux. Un cri de fou furieux se fit échos sur les vallons. Une forme humaine se montra de la fracture causée dans le mur. Elle sauta et il ne suffit que de quelques instants pour rattraper la bande de mercenaires. A son atterrissage, il creusa le sol qu’il piétinait. Zenji, et son fidèle sabre sur les épaules, fit une entrée remarquée.

 

– Ah ! Ça fait du bien de se dégourdir les jambes ! C’est au tour de Konoha maintenant !

 

– Pas tout de suite, mon grand. On doit d’abord se rassembler avant d’entreprendre quoi que ce soit.

 

– Tu me l’as promis, c’était en contre parti de ma coopération ! Ragea-t-il.

 

– Oui, et pour l’instant, tu n’as rien apporté au groupe. Partons, nous avons encore du chemin à effectuer.   

 

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Le retour, et qu'il est fracassant 8).

 

Voilà Zenji enfin libéré et qui n'usurpe pas sa réputation et sa dangerosité. C'est la tour fou de la team.

 

J'aime bien son micro passé dévoilé, de plus j'ai l'impression que c'est l'ancêtre de Kisame lol.

 

Bref les choses avancent bien et j'attends la suite !

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Le retour, et qu'il est fracassant 8).

 

Et toi toujours là malgré les mois et les années ! ^^

J'essaierai d'éviter de telle pause à l'avenir... :-\

 

Voilà Zenji enfin libéré et qui n'usurpe pas sa réputation et sa dangerosité. C'est la tour fou de la team.

 

on peut dire en effet que c'est du costaud ce qu'il a recruté, une pièce maîtresse même.

 

 

 

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7.11 Parenté 

 

    Shikamaru ne pouvait se reposer sur ses lauriers. L’intrus pouvait à tout moment lui tomber sur le lard. Bon, avec les ressources à sa disposition, il avait envisagé un stratagème. Maintenant qu’il se terrait dans un arbre garni de feuilles, il était dans l’attente. Elle était un peu trop longue à son goût. Avait-on arrêté de le poursuivre ? Ou bien est-ce que de l’autre côté on plaçait soigneusement ses pions ? Il avait beau retourner les scénarii possibles, il avait élaboré le meilleur plan selon lui. Il s’était accroupi et avait joints ses doigts de deux mains, en une pose méditative, afin de bien se concentrer sur les faits et les moyens qu’il possédait. Ce ne fut pas évident, tant est que son ennemi avait bien fait de ne pas se montrer, donc peu d’indices sur son style de combat. Pour le coup, il devait rester parfaitement éveillé, pas le droit à une erreur quand on ignore comment fonctionne son adversaire.

 

    Il avait un visuel en contrebas, grâce à une trouée dans le feuillage. Une certaine tension vint lui hérisser le duvet de sa nuque. Un sens caché lui criait que quelque chose clochait.

 

– Je t’ai trouvé ! Lui souffla-t-on dans le dos.

 

Un froid glacial le parcourut, celui qui annonçait que la vie ne se réduisait qu’à un fil. Un réflexe le sauva. Il entendit passer un couperet de grande taille au dessus de lui, alors qu’il se baissait. Le jeune aux boucles fit tomber deux billes fumigènes, s’offrant instamment une porte de sortie. Déstabilisé par cet assaut en traitre, il fut forcé d’user d’un fil de fer retenu à une branche voisine. Shikamaru s’y agrippa et se balança, sous le couvert de la fumée épaisse, afin d’atterrir dans un abri similaire, à proximité. Cette mesure de sûreté n’avait pas été idiote. Le shunin se remit sur ses gardes. « Où est-il ? Ne me dis pas que je l’ai perdu de vue ! » Plus un son ne s’échappa de ces bois. « Heureusement je suis pile au bon endroit pour jouer l’appât. Allez, viens que je sache comment tu arrives à être aussi silencieux. » Ayant préparé le terrain plus tôt, il paraissait plus à l’aise. L’attente fut écourtée. Un bruissement bien marqué fit frémir les bras du géant végétal. Il lui arrivait dessus. Shikamaru avait en main trois, quatre fils d’acier. En tirant sur eux, il ferait tomber les branches alentour qui pourraient servir d’appui à ce combattant furtif. Et ainsi, lui donner une opportunité. C’était parfaitement étudié, toutefois ce n’est pas ce qui arriva. Sur sa droite, au niveau du tronc, émergea trois lances, aux bouts aussi larges que des cimeterres. Le shinobi de Konoha prit ses jambes à son cou, et prit la seule échappatoire qui lui restait, descendre le long de l’arbre. Une lance passa au niveau de son torse. Son gilet vert obtint une déchirure, mais sinon il fut épargné de blessures plus importantes. Alors qu’il était sur le point de mettre pied à terre, le voyou avait déjà anticipé sa fuite. Il vint de derrière le tronc, et avait tiré au clair son hachoir. Une poignée de shurikens virevolta en direction de cet assaillant nuisible. La volée fut repoussée d’une facilité déconcertante. En revanche, cette action laissa le temps au moins expérimenté, une opportunité qui ne se reproduirait pas systématiquement. Ses mudras s’enchainèrent et il joignit ses majeurs et index. La réaction du type au chapeau de paille asiatique fut aussi prompte. Il eut un mouvement de recul, avant que l’ombre de Shikamaru ne s’allonge anormalement. Le boucher s’était mis à la bonne distance de l’aire d’attaque du Kagemane no justu, et se tenait prêt à s’écarter dès que le Nara avancerait pour jouer au chat et à la souris.

 

    Aussi étrange que cela puisse être, Shikamaru n’engagea pas l’affrontement, maintenant qu’il sortait une technique qui mettait à mal les déplacements de son adversaire. D’abord, il analysa, c’était sa manière de fonctionner et elle lui avait tout le temps réussi.

 

– Tiens, c’est intéressant. J’ai beau ignorer encore comment tu fais pour me prendre au dépourvu à chaque fois, mais j’ai des indices sur qui tu es… Déclara le shunin.

 

Le hachoir fit un tintement lorsque l’assassin le fit tourner d’une torsion du poignet. Il n’aimait pas trop la parlote apparemment. Cela n’empêcha pas le brun juvénile de faire part de ses observations, juste pour savoir s’il avait visé juste.

 

– Dès que tu as vu les signes que j’opérais tu as immédiatement réagi et reconnu l’étreinte de l’ombre. Une personne qui en sait long sur les techniques qui font l’exclusivité d’un village… tu viens forcément de Konoha. Et comme tu fais tout pour l’éviter, tu ne dois pas avoir de technique qui puisse la contrer.

 

Shikamaru avait fait mouche, comme l’autre ninja sortit de son mutisme.

 

– Tu te crois malin, pas vrai ? Attend que je te mette en pièce ! Fit-il crachant son venin, et levant au dessus de sa tête son arme lourde.

 

Il fit un pas en avant, un autre. Il n’en fallut pas plus pour qu’il charge. Le paresseux se montra un peu plus entreprenant. Pendant qu’il faisait la discussion, il s’était saisi d’un bâtonnet muni d’une mèche. Il l’alluma et le lança sur la course de l’homme menaçant. En explosant, un flash éblouit l’homme de main d’Ensei, qui avait finalement manqué de jugement. Il plissa les yeux. Le regain de luminosité accentua les ombres, et offrit une portée plus confortable à Shikamaru. Au sol, la tache immatérielle s’étira et s’unit à celle de Shikamori. Ce dernier se fit arrêter en pleine furie. Tout son corps devint statique. La camisole était finement tissée autour de lui.

 

– Prise réussie ! Le nargua le cadet. On va pouvoir parler plus calmement maintenant que tu ne peux plus bouger.

 

Shikamori émit un rictus de dédain. Le stratège ne s’en formalisa pas.

 

– D’abord, si tu pouvais me dire qui tu es, et ensuite ce qu’il t’a pris de t’attaquer à une tour de surveillance de Konoha ?

 

– Je n’ai rien à te dire, Shikamaru.

 

– Alors tant pis pour toi, Kage kubishibari no jutsu – Etreinte mortelle de l’ombre !

 

Cette annonce sonnait comme une sentence. Cela correspondait à peu de chose près à la réalité. Une main d’ombre remonta le long de la jambe du révolutionnaire, et n’allait pas tarder à atteindre la gorge. Sa mort serait douce et rapide. Pourtant, le grand brun ne semblait pas s’en inquiéter, ce qui troubla Shikamaru. Tandis que l’ombre poursuivait son tracé macabre, le fidèle à Konoha eut un moment d’hésitation. Il n’avait pas tout de suite relevé, mais son esprit revint sur le déroulement des évènements. « Ce gars-là n’est pas idiot. Il avait venu arriver ma technique tout à l’heure. Malgré ça, il s’est rué sur moi. J’ai bien peur que… Attend ! »

 

– Tu sais comment je m’appelle ? Tu m’as appelé par mon prénom ! J’en suis certain !

 

L’immobilisé lui sourit, avec amusement.

 

– Il était temps que tu t’en rendes compte. Je t’ai fait croire que la manipulation de l’ombre m’embêtait. Tu es tombé dans mon piège. Regarde maintenant ce dont je suis capable.

 

La main immatérielle allait lui attraper la gorge. Les deux centimètres qui manquaient n’allèrent pas au bout. La poigne glissa sur la peau de Shikamori. Plus qu’insaisissable, il s’enfonçait dans le sol, non dans l’ombre même ! Avant de disparaitre complètement, il fit part de ses intentions :

 

– Tu ne peux pas savoir comme je suis comblé de t’avoir entre mes mains. Je vais faire enrager oncle Shikaku, dès qu’il apprendra que j’ai tué son fils !

 

    Shikamaru resta pétrifié sur place. Déjà, sa prise d’ombre n’avait plus aucun effet sur lui, à se demander si elle en avait eu un d’ailleurs. En plus de ce trouble, vint s’ajouter de vieux souvenirs d’enfance. Il avait pris du muscle, mais cet air supérieur, il ne l’avait que trop aperçu, jeune. Le stratège ne savait plus vraiment comment réagir, tant ses pensées se brouillaient entre elles. Il n’en fallait tant à Shikamori qui se remit en chasse. Il finit de s’enfoncer à l’intérieur de l’ombre sans que le garçon ne puisse faire quoi que ce soit. En effet, il n’était plus qu’un garçon inoffensif face à lui. Son sourire espiègle disparut en même temps que son corps, et fit ressortir le haut de son hachoir. Sans attendre, il fonça droit devant Shikamaru qui ne pouvait éviter une attaque provenant de son ombre. La lame imposante sillonna tel un aileron de requin. Le shinobi qui subissait, fronça les yeux, en prévention de la douleur imminente. Mais l’arme tranchante ne mordit pas sa chair, à la place un tintement puissant le fit sursauter. En reprenant connaissance, il put admirer l’individu qui était intervenu, pour qu’il ait la vie sauve. Son bandeau de la Feuille tenant, penché sur sa tête, une coiffure grise ébouriffée et un œil rouge à tomoes indiquaient qu’il ne pouvait s’agir que d’une personne. Le célèbre Kakashi, le ninja copieur ! Il était arrivé avec une vivacité digne des plus grands, en chargeant son bras de foudre. Il avait alors détourné l’arme massive que Shikamori relâcha. Le hachoir s’envola et glissa sur l’herbe.

 

    Shikamaru reprit ses esprits tant bien que mal. Et il allait de soi que le jounin s’enquit de son état :

 

– Tout va bien Shikamaru ?

 

– Oui, ça devrait aller. Mais que faites-vous là Kakashi sensei ?

 

– On a eu un message d’alerte de la part du capitaine Yamato.

 

– On… ?

 

Il s n’eurent plus vraiment l’opportunité d’échanger leurs ressentis, Shikamori avait émergé d’une ombre d’un sapin, à côté de sa lame. Il la récupéra en silence. Il jeta ensuite un coup d’œil, sur le nouvel arrivant, et sur les enjeux que cela comportait. « Dire que maintenant je dois compter avec Kakashi…ça me barbe ! Si ça se trouve, d’autres renforts vont arriver. Non désolé Ensei, mais je vais m’en tenir là. Nous avons assez pris de risques comme ça. »

 

– Ciao ! Les salua-t-il avec deux doigts.

 

Il replongea donc dans son domaine de prédilection, les ombres, là où on ne pouvait l’atteindre. Il ne revint pas. Un semblant de calme se posa sur les deux ninjas restants. La tension du combat avait quitté le lieu, et ce fut avec une certaine appréhension qu’ils croisèrent leurs regards.

 

 

*

 

 

    Peu avant que l’affrontement ne se déclare, un autre face-à-face n’était pas loin de dégénérer. Yamato faisait toujours face à la femme qui avait éliminé les deux hommes sous sa responsabilité. Inza et Danbura étaient couverts de trous, et ne se relèveraient pas de sitôt. Il valait meiux protéger ses arrières et sans attirer l’attention, il lâcha une graine de pissenlit qu’il lâcha dans le vent. Elle se poserait inévitablement sur son ami Kakashi. A présent que cette étape était réalisée, le capitaine d’expédition chercha des réponses auprès de leur agresseur, retenant pour ainsi dire ses invectives derrière ses dents :

 

– Qu’est-ce que tu leur as fait ?

 

Pas le moindre son en retour, cette femme faisait preuve d’un calme olympien, sous ses lunettes noires d’aviateur. Yamato n’était pas prêt à rester à ce qu’ils se regardent en chiens de faïence. Il fallait lui faire payer cet affront.

 

– Très bien, comme tu ne sembles pas être ouverte à la discussion, je vais te forcer à tout nous révéler, sur toi et tes intentions. A Konoha, nous avons des hommes qui sauront te faire parler.

 

Elle ne réagit pas d’avantage, alors aux grands maux les grands remèdes, le shinobi sortit un atout. De façon plutôt discrète et rapide, il effectua des mudras d’une seule main ! Frappant dans la foulée le sol, la terre se modela différemment. Des points acérées surgirent dans le but d’empaler la meurtrière. Bien sûr l’anbu souhaitait la neutraliser, en lui clouant les bras et les jambes par exemple. Cependant ses intentions étaient facilement lisibles, et Shibe, sur la défensive, enchaina les cabrioles, et autres figures pour éviter d’épuiser son chakra inutilement. Le combat n’allait que dans un sens, Yamato faisait pleuvoir ses pics rocheux, toutefois la dame avait la main mise sur la suite di combat. N’importe quand, elle pouvait se décider de changer la donne. Suite à l’esquive de trois harpons de pierre, la femme sans vergogne, se mit dos à un tronc d’arbre. Un moment d’accalmie qui n’était pas de refus. Du moins, elle ne put souffler qu’une poignée de secondes. L’écorce craqua et le chêne se retrouva découper en deux, tandis que des lances de terre durcie le traversait.

 

    Shibe dut se mettre en position de repli, et ce fut là que Yamato vint au contact. Il l’avait suffisamment gêné dans ses déplacements pour l’attaquer au corps à corps. Comme elle restait à bonne distance, il s’était dit que ce n’était pas son point fort. Il avait en partie raison, ses contres étaient moins percutants. Par contre, elle défendait de manière impeccable. Ses gestes, son jeu de jambes propre… Yamato reconnaissait cette rigueur. Elle était typique des forces de l’ombre de Konoha. La brune parvenait à lui faire des clés de bras au bon moment. Elle put même lui retenir un bras. Alors qu’elle se sentait en position de force, elle flancha. Elle reçut un coup au niveau des jambes. Avant de saisir ce qui lui arrivait, elle vit un second Yamato derrière elle. Le clone lui avait fait un croche-patte, ce qui l’avait déséquilibré. Le double ne s’arrêta pas en si bon chemin, il la plaqua au sol. Elle aurait pu tenter de se dérober de son emprise, mais instantanément ses mains furent prises. Celles du clone qui les retenaient, se transformèrent en des cercles de bois. Les menottes se plantèrent même dans la terre, elles ne cèderaient pas aussi facilement. Yamato pris une autre mesure de sécurité. Joignant ses mains, il lança :

 

Mokuton – Mokujôheki ! Enceinte de Bois !

 

Une grande carapace en bois se ferma au-dessus de sa proie immobilisée. Elle serait ainsi dans le noir complet, les conditions étaient rassemblées pour que son clone de bois fasse du bon travail et lui soutire des informations intéressantes. Il se concentra, elle ne devait pas lui échapper. Il commençait à se rassurer sur l’issue de ce combat, comme il ignorait beaucoup de choses sur elle et sa manière de se battre. L’interrogatoire s’apprêtait à débuter, que son chakra fut soudain troublé. La seconde d’après, l’enclos qu’il avait minutieusement déployé pète sur le côté droit, en une multitude de copeaux. Shibe venait de frapper la coque d’aubier assez fort pour se créer une porte de sortie. Il était inutile de se demander où était passé le double de Yamato. Il avait sûrement subi un sort similaire, d’où cette perturbation dans son chakra. Ils en étaient au point de départ, et cette ninja demeurait des plus placides. Quel pouvait être son secret ? C’était la principale interrogation qui tenaillait notre shinobi. « Si ça se trouve, elle est dotée d’une force surhumaine, un peu comme notre Hokage. Si c’est le cas, elle a bien caché son jeu. » C’était une théorie, mais sans trop dire pourquoi, elle coinçait quelque part.

 

    Pour ne plus être dans le flou, plus le choix… il fallait sortir l’artillerie lourde. L’homme au masque tendit son bras.

 

Mokuton - Daijurin no Jutsu ! Grande Forêt ! 

 

Il expulsa de son membre un bouquet de piliers en bois, qui formait un entrelacs désordonné. Ce fouillis d’énormes poutres se tordait dans tout les sens avant d’ensevelir le déserteur. Un lourd fracas mit à mal cette partie de la forêt, et souleva un nuage de poussière qui retomba aussi rapidement. Seulement la brunette avait limité les dégâts, aussi improbable que cela puisse paraitre. Elle s’était logée dans ce que l’on pourrait ainsi appeler un trou de souris pour un humain. Shibe n’avait pas à déplorer d’os cassés, toutefois elle se retrouvait bloquée. Elle devait se plier dans tous les sens si elle voulait s’extraire de cet amalgame de branches. Yamato ne l’en lui laissa pas le temps. Il émergea de l’écorce d’une de ses créations, à une distance respectable de la demoiselle. A en juger, par son expression, il allait  mettre un terme. Tant pis pour les renseignements qu’ils auraient soutirés oralement, ils se contenteraient de l’examen de son corps. Le maitre de ce décor émit donc ces mots d’une voix sans âme :

 

Mokuton - Jubaku Eisō ! Sépulture de Bois !

                       

Les racines qui entouraient la kunoichi se mirent à se mouvoir de manière frénétique. Elles l’encerclèrent, et se serrèrent contre elle, encore, encore plus… Normalement jusqu’à ce que son corps soit écrasé et méconnaissable. Alors même que son visage finissait d’être recouvert, elle ne plia pas, aucun signe de faiblesse. Le geste de Yamato serait le dernier… C’était fini. Non ! Des craquements remontèrent du tréfonds de cette enveloppe ligneuse. Shibe se libéra de cette prison, éclatant à bout de bras écorces, racines qui s’effritaient comme du bois pourri.

 

– Comment c’est possible ? balança Yamato, étourdi. Si tu possèdes une telle force, non… ça ne peut pas être ça. Tu avais plusieurs occasions de m’asséner de tels coups. Je n’y comprends…

 

Son incompréhension resta en suspens, car une réaction en chaine se produisit sous ses yeux. Ce n’était pas que le mokuton qui était proche de la femme aux lunettes qui avait été touché. Comme une peste, ce malheur se répandit sur tous les végétaux de sa composition. Ils se désagrégeaient. Le shinobi de l’ombre avait la ferme intention de percer ce secret, et observa de plus près. Il entendit grignoter. En s’approchant d’une arche issue de son bois, il les décela enfin. Des termites ! Elles étaient extrêmement nombreuses et efficaces pour ronger du bois contenant une certaine quantité de chakra. Lui qui avait hérité des cellules de Hashirama Senju se retrouvait neutralisé par ce type de justu. Une grande panoplie de ses techniques ne lui serviraient à rien. Il pouvait se rabattre sur du doton, du suiton ou du taijutsu pur, mais il avait perdu toute motivation. Il venait d’identifier à quel clan appartenait cette femme qui se percha sur un tronc arqué qui n’avait plus la bougeotte.

 

– Je ne peux pas y croire… tu serais de cette branche de la famille Aburame… je pensai qu’elle avait complètement disparue.

 

La brune aux couettes, ne laissait passer aucune émotion, mais Yamato semblait persuadé de ce qu’il avançait. La collègue de Shikamori effectua un signe simple, et aussitôt la grosse branche sur laquelle elle se tenait craqua comme si elle sortait de sa torpeur. Elle arrivait à manipuler le bras ligneux, et cela grâce à ses insectes qui y avaient élus domicile. Sur son serpent de bois, elle se jeta droit sur son adversaire désarmé. Le choc allait être brutal, et en effet la charpente animée s’éclata en un boucan terrifiant. Sauf qu’il n’y eut aucune victime à déplorer. Un nouvel individu avait fait son entrée en scène, et de manière théâtrale. Avec un simple revers du poing, ce type avait dégommé la racine. Il avait un physique atypique, une coupe au bol, un visage grimaçant et mature, et sa tenue verte lui moulait le corps. Gai Maito, le fauve de jade de Konoha fit une magnifique interruption. Un nouveau combat s’engageait.

 

    D’après sa veste vert foncé, cet énergumène avait le rang de jounin. Il prit une posture, main droite face à lui, pieds en équerre, paré à toute éventualité. Une aura bleue brillait et semblait s’évacuait des pores de sa peau. Shibe, ancienne ninja du village, avait eu connaissance de ce talentueux ninja. « Il a ouvert la porte initiale. J’ai intérêt à me méfier, sinon… » Elle ne croyait pas si bien dire. Ce temps de réflexion qu’elle prit, fut une aubaine pour le champion. Gai se déplaça presque à la vitesse de l’éclair, n’eut aucun hésitation à l’attaquer de front. Derrière, Yamato se sentait vidé. Les assauts se multiplièrent, et Shibe dut essuyer des coups équivalents à des bourrasques, non elle avait affaire à une tempête, une furie provenant d’une bête. Elle évitait, chaque fois sur le fil du rasoir. Parfois, le frottement de l’air lui provoquait une estafilade. Elle n’avait pas les bonnes armes pour lutter contre une telle force de la nature. Tout à coup, suite à un enchainement déroutant, elle allait recevoir un coup de pied aérien en pleine face. Elle réagit en conséquence, et déploya une nuée d’insectes basiques qui vint amortir le choc. La moitié de ses animaux de compagnie tombèrent, et Gai repartit à la charge. Les chances d’en revenir indemne, avoisinait le nul.

 

    Shibe s’arma de courage, elle pouvait essayer un coup de poker, même cela elle le paierait au prix fort. Ils furent tout proche, tout proche de se rencontrer une énième fois. Le poing ardent de la jeunesse s’apprêtait à faire mouche sur l’utilisatrice d’insectes. Seulement il ne fit que brasser de l’air. Shibe s’était enfoncé sous terre. En fait dans l’ombre d’une carcasse d’arbre. Shikamori l’y avait emmené, intervenant au bon moment. « Ça suffit Shibe, ne tentons pas le diable. » Et tous deux disparurent aussi brièvement qu’une brise d’été.

 

    Le fauve n’eut pas à réfléchir longtemps sur le comment on avait pu lui échapper. Kakashi et Shikamaru surgirent des bosquets encore debout.

 

– Tout va bien capitaine Yamato ? S’enquit le plus jeune.

 

Le jounin à la tenue osée le releva et le soutint. Quant à l’anbu, le fait qu’il ne donne pas de réponse immédiatement, prouvait qu’il était choqué par ce qu’il venait de vivre. Il reprit ses esprits, après avoir secoué la tête.

 

– Nous… Nous devons retourné au village, je dois rapporté certains faits au Godaime.

 

– On y va, ne t’en fais pas, l’apaisa son aîné à la touffe grise. Nous aussi, on doit écrire un rapport concernant notre mercenaire, assura-t-il avant d’imposer un léger silence. De plus, j’ai reçu un message express de la sphère de commandement du village. La prison de Kazan a été prise d’assaut, comme par hasard au même moment que votre tour de guet.

 

– Il semblerait que nous étions la diversion, en déduisit le Nara.

 

Kakashi acquiesça.

 

– Et je me demande pour quelle raison, ce groupe inconnu a pris autant de mal à monter ce plan, souleva-t-il, levant les yeux au ciel.

 

Ce qui les dominait était d’un bleu pastel qui laissait rêveur. Les nuages encore visibles, n’étaient plus que de fines bandes qui menaçaient de s’estomper. Le fils de Croc Blanc reprit :

 

– Déjà que nous avons fort à faire avec l’Akatsuki, voilà qu’une nouvelle organisation fait parler d’elle. Rentrons messieurs.         

 

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Yeah ! Ravi que l’histoire tourne toujours ^^

 

Pour aujourd’hui, de biens bons combats et pas de bol pour Shikamaru et Yamato ^^

 

Intéressante la faculté de Shibe. Une branche d’Amburame lié aux termites...

 

Et une victoire pour le groupe d’Ensei  (vont-il avoir un nom de bande ?).

 

Avec Zenji dans le groupe, l’ambiance ne sera que davantage électrique !

Encore d'autres membres à prévoir avant le début des opérations ?

 

Espérons pour eux que gagner de nouveaux alliés ne va pas allonger la liste de leurs ennemis. Manquerai plus qu’en plus des villages ninjas, ces derniers ne décident de mettre leur tête à prix et attirer l’attention de Kakuzu ^^

Et comme le dit si bien Shika' : "Déjà que nous avons fort à faire avec les villages shinobi..."

 

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Un super chapitre plein de rebondissements !

 

Les combats furent saisissant et captivant du début à la fin et encore plus quand on decouvre le pouvoir des ennemis qui sont en faite originaire de Konoha ça change la donne !

 

La venue de Gaï et Kakashi furent classe 😀.

 

Bref je veux la suite du lourd !

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7.12 Quoi d’neuf docteur ?

 

     Au détour d’un col, deux bons amis profitaient du temps clément au pays des rizières. Comme il fallait s’y attendre, en contre bas, un grand nombre de ces cultures faisaient office de paysage. Ensei et Yuritomi s’étaient posés sur un banc en pierre afin de se partager leurs en-cas. Ils avaient très peu parlé depuis qu’ils étaient partis ensemble, laissant le reste de l’équipe qui squattait l’auberge de Shikamori et Shibe. La bâtisse commençait à se remplir, bientôt ils auraient à changer de lieu de rassemblement. Ce fut le sujet que lança le déserteur de Kiri au chignon.

 

– Avec les numéros que l’on a dans l’équipe, il serait sage que l’on déménage, si l’on ne veut pas que le toit s’effondre sur nous.

– J’y ai pensé, et j’y songe depuis longtemps, ma vieille patrie pourrait nous recueillir. Ou plutôt je les forcerai à nous accepter.

– Yuki ? Tu en es sûr ?

 

La réponse ne méritait pas d’être redite, et au lieu de s’agacer, le comploteur se leva tout en rangeant les restes. Yuritomi ne se rendit pas compte du léger malaise, tout en l’imitant pour reprendre la route, lui fit part de ses sentiments.

 

– Ecoute-moi un peu Ensei ! On va finir par se taper dessus, même s’entretuer ! Il n’y a aucun esprit d’équipe. Zenji en est l’exemple type, il n’en fait qu’à sa tête.

– Oui mais on a besoin de lui.

– Ok, il est balèze, je veux bien le reconnaitre. Et encore si ce n’était que lui qui posait problème. Shikamori n’arrête pas de te dénigrer, et critique ton droit de diriger. Rumibayu fait peur à tout le monde. Mai et Rehiki font bande à part, et restent cloîtrés la plupart du temps dans leur chambre. Saki est le seul à se comporter à peu près normalement… et Shibe… elle m’insupporte, et j’ai envie de l’étrangler, lui faire bouffer ses lunettes, Oui comme ça, puis après… !!!

– Comme par hasard, la seconde femme de notre groupe.

– T’as dis quoi ?! Grinça-t-elle des dents.

– Non rien, allez, on a encore un peu de route avant d’atteindre Eiko.

 

Il ne valait mieux pas la contrarier. Sinon en soi, elle n’avait pas tort. Il serait mission impossible de faire cohabiter  tout ce monde sur la durée. Excepté Yuritomi et Rumibayu, les autres pouvaient l’abandonner ou bien se retourner contre lui. Heureusement une idée lui trottait dans la tête. Ensei poursuivit leur petit chemin, avec une Yuritomi grognonne, mais qui était sur le qui vive, habitudes d’une ninja masquée.

     Eiko était une ville où il y faisait bon vivre. On pouvait même dire que le commerce était florissant. A l’origine, ce n’était qu’un petit amas de cultivateurs et de pêcheurs en rivière. Dorénavant, c’était une des agglomérations les plus imposantes de Ta. Elle est devenu un centre culturel incontournable, avec de nombreux cultes religieux qui s’y sont installés. Les différents temples ne se comptaient pas, entre le culte de la rivière, celui des saisons, en passant par la virginité. Les différentes prêtrises semblaient coexister, et avec leur influence, ont permis à ce qu’Eiko prospère. Le duo marchait tranquillement dans les quartiers huppés de la ville. La rue était pavée, impeccable, des poubelles étaient à chaque angle de rue, des lampadaires droits égayaient les nuits de fête. Des calèches conduites par des hommes avec des hauts-de-formes se tenant bien droits, circulaient dans un ordre irréprochable. Les modes en ce lieu sortaient de l’ordinaire. Les femmes se saupoudraient de maquillage blanc, et sortaient en robe bouffante, voilette et parasol. Les hommes aussi avaient leur apparat, blouson en cuir, chemise et cravate, casquette ou gavroche. La plupart portait la moustache. Non vraiment c’était assez farfelue et déroutant pour nos deux shinobis tout droit sorti, du nippon traditionnel.

     Yuritomi en prenait plein les yeux, et même s’en amusait. Ensei paraissait ne pas s’en soucier plus que de mesure, sûrement parce qu’il était concentré pour ne pas qu’ils ratent leur itinéraire à chaque intersection. Alors que la demoiselle ne savait plus où donner de la tête, son acolyte l’interpella :

 

– Nous sommes arrivés.

 

Elle cessa d’un coup d’être impressionnée, et fit face à une porte deux fois plus grandes qu’elle dans un bois massif. Ils avaient longé ensemble une rangée de bâtiments en pierre grise qui s’élevaient sur deux étages. Ils s’étaient arrêtés devant l’une de ces innombrables portes, et sur celle-ci une plaque dorée brillante avec un nom inscrit dessus. « Dr P. Harimoto ». L’escrimeuse demeura dubitative.

 

– Tu as besoin de consulter ?  

 

Forcément, il ne daigna répondre. Et appuya sur la sonnette. L’interphone s’alluma avec un déclic électronique. Une voix féminine se prononça :

 

– Bonjour, cabinet du docteur Harimoto, je vous écoute…

– Nous voudrions voir le docteur, c’est un vieil ami à moi.

– Je suis désolé monsieur, il est vraiment très occupé en ce moment. Voudriez-vous peut-être prendre rendez-vous ?

– C’est gentil, mais ça ira.

 

Le lien téléphonique se coupa. Face à cet abandon facile, Yuritomi était assez déçue.

 

– Tu ne veux pas le rencontrer, tu en es sûr ? Ce serait dommage d’avoir fait tout ce chemin pour rien.

– Je sais, mais je n’ai pas envie d’attendre. J’ai trop attendu dans ma vie pour me le permettre. Sinon, est-ce que tu pourrais déverrouiller la porte avec l’un de tes sceaux ?

– J’aurai dû m’en douter, et c’est reparti pour une nouvelle effraction en amoureux, sourit-elle alors qu’elle se penchait déjà sur le dispositif.

 

Le tour fut plié en moins de deux, et la spécialiste laissa la voie libre à son meneur. Il lui adressa un sourire de remerciement et pénétra le premier. C’était à son tour de se montrer à la hauteur.

 

     Bien installé à son bureau, le médecin vérifiait tout une pile de documents. Il cherchait à se renseigner sur certains de ses patients. Enfin, c’était ce qu’il laissait paraitre. En vérité, il s’ennuyait à mourir. Ce travail n’était vraiment pas fait pour lui. Certes, il se faisait vieux, mais son esprit vif et enclin aux découvertes le poussait à faire plus que de soigner des gosses de riches. Qu’est-ce qu’il donnerait pour retrouver son laboratoire et ses cobayes… Ça le démangeait tellement… mais attendez… aussi pour de vrai au niveau du bras droit ! Ah oui c’est vrai, il avait oublié cette perfusion qu’il s’était lui-même implanté. Le liquide coulant dans le tuyau avait parfois cet effet gênant, mais rien d’insupportable. Tiens, le combiné à sa table se mit à sonner. Il décrocha. Miss Kawami, sa délicieuse secrétaire engagée par ses propres soins, lui glissa quelques mots :

 

– Monsieur, un visiteur qui se dit être un ami est à la porte. Dois-je le faire entrer ?

– Ce n’est pas la peine. En tout cas, merci de m’en avertir, ma douce, conclut-il sur un ton mielleux et répugnant.

 

 Il reposa le téléphone avec un soupir agacé. « Qui peut bien venir me voir à cette heure ? En plus ce serait une de mes connaissances… Pourvu que ce ne soit pas Orochimaru, ce serait le pire moment pour qu’il vienne fourrer sa langue ici. » il avait de quoi le craindre. Il était son supérieur, et avait eu le pouvoir de le destituer de son poste de responsable du secteur D. Disons que les erreurs survenues au sujet de l’affaire des frères Kanowashi, l’avaient déplu au plus haut point. N’ayant plus confiance en son subalterne, le vil serpent lui avait donné cette nouvelle vie de docteur, et ça pour mieux le surveiller. Ses activités étaient devenues si barbantes !

     Bref il reprit un stylo entre ses doigts, et hésita deux fois avant de le reposer. Il leva la tête vers la porte de son cabinet, et surprise, un invité s’état introduit sans sa permission dans ses locaux. Il avait attendu qu’il le remarque, accoudé au mur. Il prit d’ailleurs les devants :

 

– Je vois que vous avez changé de carrière, Pongoke Harimoto.

– Attend on se connait ?... Mais oui, ça y est, tu es celui qui m’a privé de mon rang privilégié auprès du maitre.

– Vous auriez bougé vos fesses pour rattraper vos sujets d’expérience, vous seriez encore là-bas. Alors je vous prierez de ne pas me mettre tout sur le dos.

– Qu’est-ce que tu fais là ? Se ravisa le vieillard aux cheveux dégarnis.

– Je viens pour une consultation, joua-t-il sur les mots. Je dois vous parler affaire.

 

Sans même que Pongoke ne le lui propose, il s’assit sur la chaise en face de lui. Il lui fit de but en blanc sa proposition :

 

– Je me suis renseigné sur vous. Vous êtes un ninja médecin aux multiples talents. J’ai besoin de quelqu’un de votre trempe parmi mes hommes.

– C’est une plaisanterie, le rabroua-t-il.

– Vous avez tout à y gagner, vous aurez carte blanche pour développer votre laboratoire.

 Peu importe tes promesses même si elles sont alléchantes. Nous avons eu des différends toi et moi. Désormais je suis obligé de rester à Eiko, sinon Orochimaru m’éliminera, et curieusement j’ai bien plus peur de lui que d’un môme qui se croit plus intelligent que les autres.

 

Il fallait s’y attendre, Ensei n’aurait pas les services de ce scientifiques avec de simples engagements.

 

– Je comprends ta position. Néanmoins, je me suis entouré de ninjas renégats particulièrement puissants. Orochimaru n’osera pas te toucher si tu es des nôtres.

 

Le savant fou n’en démordait pas,  il se renfrogna tout en s’enfonçant dans son siège. Heureusement, Ensei usa de son sens de l’observation aiguisé :

 

– Oh mais qu’est-ce que vous avez au bras ? Vous êtes malade ? lança-t-il attristé.

 

Il pointait du doigt le tube de transfusion. Pongoke n’avait pas su le cacher sous sa manche, et là c’était trop tard.

 – Ce n’est rien, voulut-il le passer derrière lui.

– Allons, si vous suivez un traitement, c’est que tout ne vas pas aussi bien, le contredit gentiment l’azuré.

 

Il quitta la place qu’il s’était octroyé, et glissa de l’autre côté du bureau. Il suivit du regard le tuyau qui disparaissait dans un interstice en bas du mur.

 

– Tiens, ça part je ne sais où, qu’est-ce que vous pouvez bien  cacher là derrière, pensa-t-il tout haut.

 

Il tapota la surface en question, et dévoila la supercherie. Un faux mur qui n’était que de la planche peinte pour imiter la blancheur de la pièce. Autant dire que le vieil homme n’arrêta pas de lui crier dessus, mais ça n’avait pas l’air de l’arrêter. Il était bien trop curieux. Dans cette petite réserve baignée dans l’obscurité, tout un matériel de savant était entreposé. Et ce qui attira l’œil du shinobi ce fut une cuve. Le produit que s’injectait le médecin provenait de ce que renfermait ce gros bocal en verre. C’était un liquide biologique mais avec quelque chose qui baignait dedans…. C’était une silhouette humaine. Une personne morte ou en stase.

 

– Bon sang, si j’avais cru ! Lâcha Ensei, avant de se ressaisir. Je ne sais pas ce que tu recherches en manipulant son corps, et mieux vaut que j’en sache le moins possible, mais si c’est en rapport avec son ninjutsu… J’ai encore plus envie de te prendre avec nous. Si tu refuses, un certain Orochimaru pourrait avoir ouï dire de ce que tu manigances.

 

 Vraiment, Ensei se servait de tous les stratagèmes, mêmes les plus vils pour parvenir à ses fins. Il guetta la réaction de Pongoke. Il avait les traits assombris, le visage prostré. Enfin, il s’exprima, et ses mots sonnèrent durs comme l’acier.

 

– Pars d’ici immédiatement ! Si tu crois que tu peux tout te permettre, c’est qu’il est temps de te recadrer. En plus, tu me menaces… tout compte fait, tu vas rester ici bien sagement.

 

Il tira sa langue vicelarde, bien longue pour un être humain normal. D’un coup, Ensei n’était plus aussi serein. Il avait quelque peu sous-estimé ce type à cause de son grand âge. Il n’en restait qu’il était un terrible ninja d’Oto. Cette histoire allait tournait au vinaigre.

 

– Ensei t’as fini ? La secrétaire commence à me taper sur le système, surgit de l’entrée principale Yuritomi.

 

Pongoke se retourna vivement vers elle. Et visiblement, d’après l’expression de visage de la dame, il devait faire une grimace grossière.

 

– Mais qui est cette charmante demoiselle ?

 

Ensei sauta sur l’occasion :

 

– Elle s’appelle Yuritomi, elle est mon bras droit. Mais bon, c’est dommage que vous ne nous accompagnez pas. Vous auriez pu faire plus ample connaissance.

 

Le docteur n’y réfléchit pas plus.

 

– Dites-moi où je dois vous retrouver. Je règle les derniers détails, prépare des affaires auxquels je tiens. Hé, hé.

 

Il n’était pas le seul à jubiler. Ensei aussi et pour des raisons tout aussi sombres. Innocente, Yuritomi était hébétée, et se demandait ce qu’il se tramait entre ces deux là.

 

*

 

     Un mois plus tard, sur les routes du pays du Feu,     

 

     Un autre voyage était en cours pour le couple qui n’était pas au bout de ses peines. Après avoir recruté Pongoke Harimoto, il leur restait encore un membre à dénicher. Ensei persévérait en silence, tandis que sa comparse s’impatientait. Après tout, Ensei n’était pas parti en bon terme avec les ninjas de Konoha, en particulier la Racine. Il était donc alerte tout au long de leur périple. Ils avaient plusieurs adresses, mais sans tomber sur leur cible. Mais Ensei savait qu’ils étaient sur la bonne voie. Ils traçaient alors côte à côte sur une route fréquentée par des marchands ambulants, en lisière de forêt. Il profita de ce moment de tranquillité pour sortir un morceau de papier, il était happé par ce qui y était imprimé et ralentit sa marche. Ne serait-ce que pour l’embêter, Yuritomi lui chipa la feuille et regarda de quoi il s’agissait.

 

– Un avis de recherche. Et d’après la couleur jaunie du papier, il date. D’où tu le sors ?

– J’étais jeune à l’époque. C’était une épreuve lors d’un examen ninja. On avait un bingo book, et cet homme était sur la liste que l’on m’avait affilié. Il était de rang A. j’ose imaginer qu’il a fait encore des progrès.

– Tu gardes ça depuis tout ce temps, pourquoi ?

– J’ai eu comme une intuition… je ne sais pas vraiment. Quelque chose sur son visage m’a interpellé. D’autre part, il m’intéresse puisqu’il est signalé qu’il est fortement intéressé par les dojutsus.

– Alors c’est pour ça que l’on fait un circuit de tous les vieux temples du Feu, qui avaient autrefois appartenu au clan Uchiha.

– Oui il doit être en train de récolter des informations sur le sharingan.

– Maintenant que tu en parles, les temples étaient saccagés, tu penses que ce serait son œuvre ?

– Il y a de fortes chances. Enfin, nous en aurons le cœur net.

 

     Il ne crut pas si bien dire. Au détour d’un lacet effectué par le chemin, un bâtiment rouge aux nombreuses toitures en pointe s’élevait dans un renfoncement dans les bois. Le dernier temple Uchiha qu’ils avaient répertorié. Ils avaient une ribambelle de marches à monter avant d’atteindre l’entrée. Mais même en contrebas, ils purent constater ce qu’il clochait. Yuritomi fut la première à le souligner :

 

– Les portes sont défoncées. Apparemment c’est récent.

– Laisse-moi y aller seul. S’il est là, je ne voudrai pas qu’il se sente agressé. Déjà qu’il doit être dans la ligne de mire de Konoha…

– Fais comme tu veux, souffla la kunoichi. Ne compte pas sur moi s’il décide de te trancher la gorge, l’avertit-elle en haussant les épaules.

 

Elle avait beau faire l’indifférente, elle était inquiète. Ensei avait tendance à prendre trop de risques. Elle le vit la devancer, puis disparut dans cet antre.

     Le blafard des neiges ne s’annonça pas, comme il n’était pas sûr de ce qu’il trouverait à l’intérieur. La salle principale était haute, retenue par deux rangées de colonnes pourpres. La décoration était sommaire, des guirlandes, des lampes suspendues et des encensoirs. Quelques persiennes rajoutaient de la lumière. Les visiteurs ne se bousculaient pas en tout cas. Un garde était posté juste à sa droite, et un étranger admirait une fresque murale au fond. A pas feutrés, le hors-la-loi vint devant le type immobile. Il portait le bandeau de Konoha ainsi que le gilet vert avec le tourbillon rouge sur le dos. Il était normal que ce genre de site soit placé sous la surveillance du village. Ce ninja ne le calcula même pas, il ne fit même pas un geste, n’éleva la voix ni le suivit du regard. A bien y regarder, il était comme figé sur place. «  Ça ressemble à du genjutsu » Il s’avança donc sans arme, vers la seule personne qui agissait le plus normalement du monde. Il étudiait attentivement les inscriptions. Ensei conjectura qu’il révélait des détails sur la lignée Uchiha, dont un arbre généalogique avec quelques noms manquants. Certainement que les dessins donnaient des renseignements sur les capacités du dojutsu issu de ce clan. Ensei s’en rapprocha doucement mais il savait pertinemment qu’il était repéré. D’après la figure du bonhomme, il correspondait trait pour trait à celle de la photographie, en excluant une ou deux rides. Il était de la même taille que lui, c'est-à-dire pas très grand, et portait un manteau à capuche, blanc. Son crâne était nu comme un caillou. C’était bien celui qu’il cherchait, enfin il arrivait au terme de son recrutement. Le fin manipulateur amorça la discussion de manière banale.

 

– J’avoue que ces inscriptions sont intrigantes. Vous savez les déchiffrer ?

 

Le chauve l’ignora complètement. Son petit nez et ses yeux noirs fixés sur une peinture. Il marmonnait quelque chose. Il lui passa devant sans même s’excuser. Ensei ne se laissa pas démonter, et alla droit au but :

 

– Si je viens vers vous, c’est parce que votre profil m’intéresse fortement. Rejoignez-nous et je vous assure que vous ne le regretteriez pas. Vous êtes Agekiro Fintai de Kusa, n’est-ce pas ?

 

Encore, une absence total d’intérêt. Ce chercheur était accaparé par le message que pouvait cacher ce temple.

     La fatigue accumulée, plus l’affront que lui faisait cet homme, il n’en fallut pas plus pour qu’Ensei ne s’impatiente. Il tenta de le frapper du revers de la main. Son intention était de dérégler son système nerveux en chargeant son coup d’électricité. Bien impétueux, il le manqua. Le chauve se décala dans un jeu de jambes méthodique, et le  gratifia d’un croche-pied, juste pour l’humilier. Ensei se retrouva à genoux. Son vis-à-vis aux bons réflexes, eut quelques mots à son intention :

 

– Et voilà ! Pesta-t-il. Je dois reprendre ma traduction à zéro ! Bon, je me fiche pas mal de votre proposition… je préfère agir en solo, être libre de mes mouvements. Alors… « snif, snif… »

 

Il arrêta soudain sa phrase, et se comporta de manière étrange. Il se mit à renifler dans l’air, une odeur que lui seul parvenait à sentir. C’était assez gênant du point de vue d’Ensei, surtout qu’Agekiro effectuait cette comédie en s’approchant de lui. Juste en face de lui, il se baissa pour que leurs trois yeux se jaugent.

 

– Cette odeur, cette sensation… est-ce que tu ne cacherais pas sous ton bandeau, un dojutsu par hasard ?

– Heu… oui mais comment… fit Ensei désemparé.

 

Agekiro posa ses doigts sur son menton :

 

  Bon je vois, tu as besoin de mes services… D’accord je veux bien m’associer à ton groupe de malfrats. Mais le paiement sera fort ! Je veux cet œil.

– C’est d’accord, accepta l’azuré sans vraiment réfléchir.

 

De son propre chef, cet étrange personnage lui retira délicatement le foulard, ce qui révéla la pupille étoilée aux cinq branches vertes. Agekiro ouvrit sa main dans sa direction et un globe oculaire s’ouvrit comme par magie. Son nouvel équipier lui fit part d’un dernier avertissement :

 

– Attention, ça pourrait piquer un peu.

 

La connexion visuelle établie, le jeune homme se sentit comme aspiré, sa pupille, cadeau de son ami d’enfance, comme arraché. Le pauvre ne put retenir un hurlement de douleur.

Edited by bloody pulp

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